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  • il y a 23 heures
Avec Muriel Gestas, avocate au barreau de Draguignan
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##C_EST_A_LA_UNE-2026-07-30##

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Transcription
00:00Ce matin, je vous pose la question, où est la place des pyromanes ? En prison ou en hôpital psychiatrique
00:04?
00:050826 300 300, venez participer au débat.
00:08Avant de vous entendre, nous sommes avec une avocate qui a déjà défendu dans sa carrière des pyromanes.
00:12Bonjour Muriel Gestas.
00:14Oui, bonjour.
00:15Et un grand merci maître d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:18Vous êtes avocate au barreau de Draguignan.
00:20Je disais, durant votre carrière, vous avez défendu en l'occurrence une dizaine de pyromanes.
00:25Vous avez finalement décidé de ne plus défendre ce type de personnes, de mise en examen.
00:30Pour quelles raisons vous avez pris cette décision maître ?
00:34Alors, j'ai décidé de ne plus défendre des gens qui mettaient volontairement le feu,
00:40pas les départs de feu involontaires.
00:44Les pyromanes, pas ceux qui mettent le feu involontairement effectivement.
00:48Voilà, tout à fait.
00:48On rappelle cette différence, elle est importante où y mettre.
00:52Oui, j'ai le choix à l'heure actuelle de défendre telle ou telle personne.
01:00Et malheureusement, ce que je constate, c'est que le pyromanes est souvent quelqu'un qui,
01:07j'allais dire, est peu curable, entre guillemets.
01:10C'est-à-dire, soit il a une pathologie et effectivement sa place n'est pas en détention,
01:16soit il le fait pour des raisons pécuniaires.
01:18Par exemple, quand il est pompier volontaire, c'est arrivé souvent.
01:22Ou alors, celui qui a le syndrome du sauveur, c'est tout à fait autre chose.
01:25Là, je peux accepter de le défendre.
01:29Soit des chasseurs.
01:30J'ai eu un peu ce type de profil.
01:36Ce qui fait qu'aujourd'hui, oui, j'ai choisi de ne pas défendre certaines de ces personnes.
01:41Vous l'avez dit, vous avez défendu un pompier pyroman ou des...
01:46J'en ai défendu plusieurs.
01:48Plusieurs.
01:50Pourquoi ils agissent ainsi ?
01:52Alors, l'idée, ce n'est pas de jeter de l'opprobre sur l'ensemble des sapeurs-pompiers.
01:56Je précise, c'est important, bien évidemment.
01:58Mais pourquoi ces pompiers-là mettent le feu ?
02:03C'est une forme de fascination pour le feu, pour les flammes ?
02:06Ou c'est tout autre chose, maître, vous qui avez eu, justement,
02:09vous avez défendu des pompiers pyromanes ?
02:12Alors, comme vous le dites, c'est très juste de rappeler que ceci est marginal par rapport à l'ensemble
02:19des pompiers.
02:21J'ai eu deux exemples complètement opposés, on va dire.
02:26J'ai eu des pyromanes pompiers qui ont mis le feu par rapport à ce qu'on appelait avant les
02:31vacations.
02:32Aujourd'hui, ce sont des indemnités horaires.
02:34Il faut savoir que lorsqu'ils sont en intervention, il y a des majorations.
02:38Ce sont des sommes qui sont versées qui ne sont pas imposables.
02:43Et malheureusement, quand ils sont d'instruintes, de gardes, les montants sont très très bas.
02:49On est de l'ordre de 8 euros par heure, alors que les majorations sont importantes quand ils interviennent.
02:55Il faudrait peut-être revoir aussi ce genre d'indemnités.
02:59Et d'autres qui ont le syndrome du sauveur.
03:02En réalité, j'ai eu quelqu'un qui a été très surpris de l'ampleur du feu.
03:06Il pensait mettre un petit feu, appeler, ce qu'il a fait d'ailleurs, intervenir et sauver le monde, entre
03:13guillemets.
03:15Malheureusement, quand on a des terres arides, sèches, avec des pommes de pain qui sont des vraies grenades,
03:23on ne peut pas maîtriser un feu.
03:25Non, oui, ce n'est pas maîtrisable dans ces cas-là.
03:30Sur la dizaine de pyromanes, je ne parle pas que des pompiers que vous avez défendus dans votre carrière,
03:35vous avez depuis arrêté de les défendre.
03:38Quelle est la défense en général de ces personnes-là ?
03:43Comment ils expliquent leurs gestes ?
03:46Alors, hormis celui qui était dans le syndrome du sauveur,
03:50on est, oh, j'ai jeté une cigarette, j'ai pas fait exprès.
03:54Ce sont des arguments pauvres, ce sont des arguments de...
03:59C'est presque un gamin qui est pris.
04:02Il n'y a aucune empathie, aucune considération pour les animaux,
04:06pour les gens qui ont pu être évacués, pour les maisons qui ont été brûlées,
04:10pour toutes ces centaines d'arbres qui sont complètement ravagés.
04:14Et ces mots-là, de regret, sont des mots de circonstance.
04:19Ça laisse attention, du coup, que pour certains, comme vous dites,
04:22en tout cas, les exemples que vous avez donnés,
04:25le sous-entendu, c'est qu'il y a une maladie peut-être psychiatrique derrière, dans ces cas-là.
04:29Alors, il faut savoir qu'en matière d'incendie volontaire,
04:32une expertise psychiatrique est obligatoirement ordonnée.
04:35Toujours, toujours.
04:36Toujours, oui, en matière d'incendie volontaire, j'insiste.
04:40Et ces expertises psychiatriques nous révèlent parfois qu'il y a une pathologie
04:46qui peut conduire à une abolition du discernement ou une altération,
04:51ce qui n'est pas du tout la même chose et qui n'ont pas les mêmes conséquences juridiques.
04:56Une altération, ça signifie que vous êtes partiellement, j'allais dire, apte
05:01à comprendre ce que vous avez fait et les conséquences.
05:03Dès lors, c'est la prison qui s'impose.
05:05En revanche, si vous avez un discernement abolique, comme ça peut l'être dans le cas des sociopathes,
05:10vous n'avez pas d'empathie, vous jouissez de ce feu, de ces flammes,
05:16du fait que tout brûle,
05:18on a des conclusions qui tendent à une abolition du discernement.
05:22Et là, en revanche, on transfère ces gens-là en hôpital psychiatrique
05:26et c'est un collège d'experts qui va ensuite décider s'ils sont libérables ou pas.
05:31Ça a été le cas pour certains de vos clients qui se sont retrouvés derrière un hôpital psychiatrique ?
05:38Je ne sais pas, vous avez suivi, ça s'est passé comment dans ce cas-là ?
05:42Malheureusement, ils sont très vite remis en liberté.
05:47Très vite, ça veut dire quoi pour avoir une idée maître ?
05:51Un ou deux ans, on est sur un ou deux ans.
05:55Par rapport aux crimes, je vous rappelle qu'à l'heure actuelle, on en court perpétuité dans certains cas.
06:02Donc, les gens ne peuvent pas comprendre en fait cette...
06:07Je trouve, pardon, c'est mon point de vue,
06:10que les hôpitaux psychiatriques font ce qu'ils peuvent pour soigner,
06:13mais quand ils sont ces gens sous la main,
06:16effectivement, on arrive à les réadapter et à les sociabiliser entre guillemets.
06:23Malheureusement, lorsqu'ils sortent, s'ils ne font pas régulièrement leurs visites,
06:27s'ils ne reçoivent pas des injections ou autre, selon le cas,
06:32ils sont remis en liberté et ils sont dans la nature.
06:35Les lois existent, en réalité, contrairement aux effets d'annonce qu'on peut entendre.
06:40Les lois existent.
06:41Et les peines sont lourdes, vous avez parlé, les perpétuités.
06:45Et les peines sont lourdes.
06:45Je ne sais pas si c'est s'y appliqué, d'ailleurs, vous qui avez été en première ligne à
06:49ce niveau,
06:51quand vos clients ont été condamnés, ça a donné quoi ?
06:56Ah non, moi j'ai toujours eu des peines relativement...
07:00Il faut quand même revenir dans le contexte.
07:03La plupart du temps, on est sur une première infraction.
07:08Donc, moi je pense que le maximum que j'ai eu de mémoire, c'est 4 ans ferme.
07:124 ans ferme, ouais.
07:15Maître, vous restez avec nous, juste une petite minute ou deux supplémentaires.
07:200826 300 300, on a Joanne qui est avec nous.
07:23Bonjour Joanne.
07:24Bonjour.
07:25Des bouches du Rhône, Joanne.
07:26Bienvenue sur Sud Radio.
07:28Comment ça va ?
07:28Merci.
07:29Ça va bien.
07:29Bon, tant mieux.
07:31La question qu'on posait, alors, c'était très intéressant ce qu'on entendait, effectivement,
07:35et peut-être que ça vous a éclairé par rapport à la réponse que vous avez donnée à cette question,
07:40c'est de savoir où est la place des pyromanes, est-ce en prison ou en hôpital psychiatrique ?
07:44Vous, vous en pensez quoi, Joanne ?
07:47Ben oui, c'est vrai que le témoignage de l'avocat est clair, effectivement,
07:53parce que chaque cas est un petit peu différent, il doit être traité différemment.
07:59Il y a un peu des deux, clairement, dans ce qui a été dit.
08:01Alors, je suis rassuré de savoir qu'il y a quand même des analyses psychiatriques
08:05qui sont faites en amont.
08:08Ce truc, c'est après, effectivement, comme elle l'a bien souligné,
08:10c'est après quels sont les moyens qui sont mis à disposition,
08:12notamment sur les hôpitaux psychiatriques en France,
08:15on est vraiment très en retard et qu'il y a très peu de prises en charge.
08:21On sait que les prises sont sur peuples aussi, de par ailleurs.
08:23Donc, dans les deux cas, de toute façon, ça devient compliqué.
08:28Ben oui.
08:29Forcément, ça interroge.
08:31Ben oui, quelle solution quand les deux sont mauvaises, en tout cas,
08:35dans les conditions qu'on a et qu'on observe actuellement ?
08:38Joanne, oui, vous vouliez rajouter quelque chose
08:41avant de redonner la parole à Maître Muriel Gestas ?
08:44Non, c'est juste, après, je comprends aussi la position de Maître Gestas
08:50qui, à un moment donné, on arrive aussi à une trop-plein quand il y a des personnes
08:57qui, clairement, ont une démotivation, en tout cas, n'ont pas du tout conscience du risque.
09:05Et je pense que c'est aussi un facteur agravat dans la société,
09:08c'est qu'il y a des choses aussi.
09:09Les gens font des choses sans derrière avoir conscience de ce qu'ils sont en train de faire.
09:14Et je trouve ça, effectivement, peut-être dommage.
09:18Dans ce qu'elle disait, le maximum qu'elle ait eu, c'était 4 ans fermes.
09:22Je trouve ça peut-être un peu dommage que, effectivement, soit peut-être un petit peu...
09:25au moins qu'un petit peu de fermeté là-dessus.
09:27Surtout, au vu de la situation environnementale et écologique
09:33qui ne fait que s'aggraver, je pense qu'il y a peut-être quelque chose à travailler là-dessus.
09:37Merci beaucoup, Johan, d'avoir appelé au 08126 300 300.
09:40Je vous souhaite une très belle journée, Maître, juste pour conclure sur ce point-là.
09:47Et notamment sur la difficulté, parce que la frontière n'est pas toujours évidente,
09:51j'imagine, à distinguer entre celui qui va être responsable de son acte pleinement
09:56et celui qui va souffrir d'une maladie.
10:00Alors, tout à fait.
10:01Et en plus, vous pouvez souffrir d'une pathologie et être responsable de vos actes.
10:05En réalité, c'est la raison pour laquelle nous faisons appel à un expert,
10:10voire à une contre-expertise, voire à un collège d'experts.
10:15Mais nous n'avons que cet outil-là.
10:17Nous n'avons que l'expert psychiatrique qui peut nous dire
10:21si, oui ou non, on a un discernement altéré, aboli,
10:24ou un discernement plein et entier.
10:27Alors, juste une précision pour rassurer votre auditeur sur les peines.
10:30Oui, tout à fait, j'allais y venir.
10:33C'est un petit peu l'image, j'allais dire, de ce qui se passe pour les femmes à l
10:36'heure actuelle
10:37ou pour les enfants.
10:38La société, depuis, a vraiment pris conscience de la dangerosité de ses personnages.
10:48Et effectivement, la loi a changé.
10:51Et les peines sont beaucoup plus lourdes maintenant.
10:54Merci beaucoup, Muriel Gestas.
10:57Avec plaisir.
10:57Avocate au barreau de Draguignon, merci pour votre témoignage.
11:01Et puis, pour toutes ces explications, je vous souhaite une très belle journée.
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