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  • il y a 23 heures
Lundi 20 avril 2026, retrouvez Guillaume Pakula (Vulgarisateur climat, Docteur physicien), Noémie Arnal (cofondatrice, Greez), Catherine Guerniou (vice-présidente, CPME) et Rose-Marie Besnier (dirigeante, Abeilles et Botanique) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:08Bonjour à tous, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif et voici le sommaire.
00:13C'est Catherine Guerniou, la dirigeante de la fenêtrière, vice-présidente de la CPME, qui sera l'invité du grand
00:18entretien tout à l'heure.
00:1926 minutes pour détailler ses actions en faveur du développement durable, de l'économie circulaire dans son entreprise et dans
00:26le secteur du bâtiment.
00:27Mais d'abord, je reçois Rosemarie Beignet, qui est dirigeante d'Abbaye et Botanique, marque de soins cosmétiques engagée.
00:33Elle nous présentera notamment les recherches sur les bienfaits du miel de thym.
00:36Le zoom de notre émission, il sera consacré à la pédagogie, à la création de contenu pour mobiliser les salariés
00:42sur les enjeux climat, biodiversité.
00:45Vous découvrirez le projet Celsius et son fondateur, Guillaume Pacula.
00:49Et puis, dans notre rubrique consacrée aux startups éco-responsables, je vous présenterai Grise, plateforme anti-gaspi de produits cosmétiques.
00:57Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:05L'invité de Smart Impact, c'est Rosemarie Beignet, bonjour.
01:09Bonjour Thomas.
01:09Dirigeante d'Abbaye et Botanique que vous avez racheté il y a deux ans, c'est quoi Abeille et Botanique
01:14?
01:14Alors Abeille et Botanique, c'est une marque de cosmétiques naturels fabriquées en France, utilisant quasiment entre 98 et 100
01:24% d'ingrédients naturels issus du végétal et de la ruche.
01:28Est-ce que ça veut dire aussi qu'il y a des produits que vous avez bannis des compositions ?
01:34Absolument, tout ce qu'on entend en marketing, je dirais classique, de l'acide hyaluronique à d'autres ingrédients du
01:43même type qui sont très efficaces certainement et promus un peu en top 3 des charts marketing.
01:52Eh bien nous, on remplace ces actifs-là par des actifs végétaux qui ont des propriétés qui, quand on sait
02:00bien les combiner, sont aussi efficaces, totalement naturels et surtout avec une histoire en fait.
02:10C'est un peu l'utilisation ancestrale d'un certain nombre d'ingrédients, de la ruche notamment.
02:15Et oui, abeille et botanique, c'est un trésor.
02:17Évidemment, et on parlera de miel de thym notamment, on va découvrir les bienfaits du miel de thym.
02:22Alors, votre histoire c'est quoi ? Parce que vous n'étiez pas dans les produits de beauté.
02:28Alors pas du tout, non, mon métier d'origine c'est la physique, la physique des matériaux.
02:34Je viens du monde de l'aéronautique et du spatial, dans lequel j'ai évolué pendant une vingtaine d'années
02:40avec beaucoup de plaisir dans à la fois les achats stratégiques
02:44et ensuite le business développement pour plein de sujets dans lesquels on utilise en fait des composites à la place
02:52du métallique pour gagner en puissance, en performance.
02:54D'accord, et comment on passe du spatial aux abeilles ?
02:56Alors comment on passe ?
02:57Alors on ne se réveille pas un jour, mais en gros j'avais un petit feu intérieur et l'envie
03:04d'être entrepreneur depuis toujours.
03:07L'occasion ne s'était pas vraiment présentée, je l'avais un peu challengée mais ça n'avait pas abouti
03:12jusque-là.
03:13Et puis dans la société dans laquelle je travaillais, chez Ariane Group, en 2022 il y a eu une proposition
03:20de rupture conventionnelle collective.
03:22Alors au départ je ne me sens pas du tout concernée puisque c'est plutôt la pré-retraite en fait
03:28qui était ciblée.
03:30Et puis en dernière page du livret que je feuillette par curiosité, je tombe sur une offre de 50 tickets
03:36pour la France pour création ou reprise d'entreprise.
03:40Et là mon cœur n'a fait qu'un tour et je me dis c'est peut-être le bon
03:45moment puisqu'il me reste 20 ans globalement de carrière
03:49que je peux faire avec grand plaisir et dans différents domaines chez Ariane Group parce que j'ai cette double
03:55compétence en fait, achat et physique.
03:58mais que je peux aussi aller mettre à profit pour quelque chose qui peut-être va m'animer encore plus
04:06ou différemment.
04:07Et alors deux ans après, le bilan ?
04:10Pas de regret, ça se voit, c'est radieux.
04:12Oui, merci.
04:14Alors non, aucun regret.
04:15Bien au contraire, un challenge et un tremplin vers quelque chose qui est l'inconnu et le champ des possibles,
04:22clairement.
04:23Et du coup, je le prends vraiment comme un champ des possibles en montant petit à petit ma stratégie, on
04:30va dire, de développement vers toujours des choses qui m'animent
04:34et dans lesquelles en fait on peut trouver sa place.
04:38Alors on va s'intéresser effectivement à ce que vous proposez, ces produits de beauté à base de miel essentiellement
04:46et de miel de thym.
04:47Qu'est-ce qu'ils ont ? Qu'est-ce qu'il a de particulier ?
04:48Alors le miel de thym est le miel qui a le plus de propriétés régénérantes et cicatrisantes.
04:58Tous les miels sont connus pour être cicatrisants.
05:02C'est un produit qui a des vertus extraordinaires que vous connaissez certainement pour les légers coups de froid à
05:09ingérer avec ou sans citron et sans eau chaude ou avec.
05:15Mais pour le visage, en tout cas pour le corps même, il a été étudié pendant plus de 25 ans,
05:22principalement au CHU de Limoges.
05:24Mais il y a d'autres CHU qui l'ont aussi utilisé dans certaines thèses.
05:28Mais au CHU de Limoges, il y avait un professeur dans les années fin 90, début 2000,
05:34qui a mis en place un protocole d'étude du miel en général et d'autres cicatrisants pas forcément naturels.
05:44Un, parmi lesquels le miel de thym, sur les peaux des grands brûlés.
05:49Et il a passé toute sa carrière, ou en tout cas plus de 25 ans, à démontrer les bienfaits du
05:56miel de thym spécifiquement.
05:58Et pour cela, il avait monté un protocole d'étude de miel de thym français, issu d'une société assez
06:06connue qui s'appelle Baloflurin,
06:08et qui est toujours présente au pied des Pyrénées, qui développe ses propres produits justement phyto-cosmétiques que vous pouvez
06:18retrouver en parapharmacie.
06:19Et à l'origine, ils avaient monté un protocole d'utilisation du miel de thym sur les grands brûlés.
06:28Et alors comment on passe des grands brûlés à une peau qu'on va quoi ? Régénérer ?
06:34Régénérer, absolument. C'est exactement ça.
06:37Et bien en fait, il se trouve que les résultats d'essais cliniques ont dit que tous les miels sont
06:44effectivement cicatrisants,
06:45mais que le miel de thym, lui, permet de cicatriser plus vite et de laisser moins de traces sur la
06:52peau d'un grand brûlés.
06:53Donc si c'est le cas sur un grand brûlés, imaginez au quotidien même une petite quantité, mais de manière
06:59régulière,
07:00puisque c'est ça aussi la clé de la beauté, c'est la régularité dans l'utilisation des produits, sur
07:06votre teint, sur l'élasticité de la peau.
07:09Alors après, on est malin, j'ai envie de dire, on a ajouté des ingrédients aussi issus de la ruche
07:15qui ont des propriétés complémentaires,
07:17comme la cire d'abeille, qui va vous apporter un effet glow, glissant, et au fur et à mesure nourrir
07:23votre peau et lui redonner de l'élasticité.
07:26Donc c'est un combo gagnant, en fait, végétal et...
07:29Alors c'est une question que je vous pose et qu'on peut poser à toutes les marques de cosmétiques,
07:34comment on évalue cette efficacité ?
07:36Moi je me pose toujours la question quand je vois les publicités, les rides en moins, l'efficacité en une
07:41nuit, etc.
07:42Enfin bon, comment on évalue ça ?
07:43Alors il y a un protocole d'évaluation qui est très réglementé, qui consiste pour chaque labo à réaliser des
07:52essais cliniques,
07:53spécifiquement sur chaque référence de produit que vous mettez en œuvre, avec un panel de représentatifs, en fait, de personnes
08:02qui vont se soumettre à l'utilisation de ces produits
08:06dans un temps et une sorte de protocole défini, de manière...
08:13Et on va au fur et à mesure prendre des clichés, clairement, assez près de leur épiderme, d'évolution, en
08:22fait, sur X jours.
08:23Donc tout ça, c'est très réglementé.
08:25Ça permet d'avoir, effectivement, ce qu'on appelle une allégation, c'est-à-dire dire que mon produit est
08:33efficace et je peux le prouver par ces tests.
08:35Et puis vous avez, à côté de ça, je dirais, en plus, et quelque chose qui est quelquefois encore plus
08:42générateur, en fait, de joie.
08:47C'est valorisant, effectivement.
08:49C'est vos clientes qui reviennent pour racheter le produit que vous leur avez fait tester, en vous disant qu
08:59'elles ont un confort extraordinaire le matin quand elles se réveillent,
09:02que toute la journée, leurs collègues leur demandent « Mais qu'est-ce que t'as fait ? T'es
09:06parti ce week-end ? »
09:08Alors que ce sont des produits naturels et que, du coup, elles ont...
09:13Ce marché des produits naturels, qu'est-ce qui pèse aujourd'hui ?
09:18C'est encore un marché de niche et puis quel est son potentiel de développement ?
09:21Alors c'est encore un marché de niche, bien qu'il commence vraiment à avoir son assise, je dirais, dans
09:29le marché global.
09:31Et puis surtout, par rapport aux tendances du marché global des cosmétiques, c'est encore, et de manière pérenne, depuis
09:41quelques années déjà, voire une dizaine d'années, une croissance à deux chiffres.
09:45Pourquoi ? Parce que, malgré le fait que la plupart des marques naturelles n'aient pas l'aura de certaines
09:53marques cosmétiques, de belles maisons, de luxe que l'on connaît,
09:57Il y a quand même une prise de conscience qui est crescendo, je dirais, de la part du consommateur pour
10:06que des produits qui soient...
10:09Des formules qui soient plus courtes, plus clean et plus claires.
10:15Je me disais, en venant, je pensais à ces trois C, là, on peut trouver dans d'autres règles beaucoup
10:21plus industrielles.
10:23Mais je trouve que la plupart, en fait, des sociétés aujourd'hui qui se lancent dans le domaine de la
10:29cosmétique,
10:30ou qui y sont depuis des années, Caudalie les premiers, qui ont été précurseurs sur ce marché-là,
10:36qui sont là depuis 20 ans, on voit bien, en fait, qu'ils ont une pérennité, une assise aujourd'hui,
10:43qu'on leur en vit.
10:44Et un peu de croissance plus important que les produits non naturels.
10:47Vous reversez 1% de vos bénéfices à l'association Bifund.
10:51Alors, on voit bien pourquoi.
10:53C'est un fonds ? Quelles actions ?
10:55Alors, ça a été le cas pour...
10:57C'était Bifund jusque-là, parce que c'est une fondation internationale qui a pour objectif de protéger les abeilles
11:08à travers des projets, des actions de terrain.
11:11Et ça, c'est super.
11:12C'est une fondation qui était sous l'égide de la Fondation de France pendant des années,
11:18raison pour laquelle on a commencé par Bifund.
11:23Et aujourd'hui, pour être un petit peu plus proche de nous,
11:25en fait, à partir de cette année, on va reverser ce pourcentage,
11:30alors qui est 1% pour l'instant et que j'espère pouvoir faire grossir,
11:34soit en pourcentage direct de nos bénéfices, soit par des actions caritatives annuelles.
11:39On va le reverser à la Fondation Lune de Miel,
11:43qui a été créée il y a 15 ans maintenant par Famille Michaud Apiculteur,
11:48qui, cette fondation, est sous l'égide de la Fondation de France aujourd'hui.
11:52et, justement, travaille pour, comme Bifund, comme je le disais,
11:58pour la protection des abeilles, pour l'accompagnement des apiculteurs,
12:03mais aussi, et ça c'est très très important quand on entend aujourd'hui
12:07pas mal de sujets sur la loi du plomb, par exemple,
12:11ils travaillent, enfin, ils accompagnent les chercheurs
12:14dans la mise au point, en fait, de produits phytosanitaires
12:20qui soient, ben, clean pour l'environnement
12:24et nos chères abeilles, et là, il y a du travail.
12:28Effectivement, merci beaucoup, Rose-Marie Abessin,
12:30à bientôt sur Bsmart Fortin.
12:32J'en passe tout de suite au Zoom de notre émission.
12:35Quel contenu pour embarquer les salariés dans la transition ?
12:45Le Zoom de ce Smart Impact, on parle de création de contenu,
12:48de pédagogie auprès des salariés sur les enjeux de climat,
12:51les enjeux de biodiversité.
12:52J'accueille Guillaume Pekula, bonjour.
12:53Bonjour.
12:54Bienvenue, vous êtes le président du projet Celsus.
12:56C'est un cabinet d'expertise scientifique et pédagogique.
12:59C'est quoi le projet Celsus ?
13:00Effectivement, c'est un cabinet d'expertise,
13:02donc l'objectif, c'est d'accompagner les entreprises
13:03dans leur transition, par le volet de la quantification,
13:06c'est-à-dire le bilan carbone, l'analyse du cycle de vie notamment,
13:09mais aussi avec tout le volet pédagogique,
13:11c'est-à-dire accompagnement,
13:12essayer de faire en sorte que le sujet prenne au sein des organisations
13:16pour avancer une véritable transition,
13:17l'ajuste des éléments stratégiques.
13:19Quand vous avez une idée, pourquoi vous l'avez créé ?
13:21À la base, moi je suis physicien de formation,
13:23donc j'ai un doctorat de physique,
13:25et j'ai eu une prise de conscience assez aiguë en 2019,
13:27juste avant la fin de ma thèse.
13:30J'ai été un peu Jean-Covicisé,
13:32comme on peut dire, dans les milieux du climat,
13:35et l'idée c'était d'essayer de porter le message scientifique
13:38qui reste un peu confiné dans les cercles de recherche.
13:41Il y a un gap que nous on considère assez énorme
13:43entre ce qu'on sait du constat climatique et de la crise climatique,
13:47et de ce que le grand public peut en savoir.
13:49Et on a commencé d'abord par de la formation et de la sensibilisation
13:53et des cours dans les écoles d'ingénieurs,
13:54qui est un environnement qu'on connaissait plutôt pas mal.
13:56Puis de proche en proche, on a développé une expertise
13:58autour de la quantification, comme je le disais,
14:00pour finir par émerger sur l'activité que je mentionnais tantôt.
14:03Et alors vous voyez évoluer la maturité des entreprises
14:06et des salariés avec lesquels vous êtes en contact depuis quelques années ?
14:10Oui, dans les deux sens.
14:12Il y a eu un essor assez magistral, si je reprends un peu l'historique.
14:162020, on sent l'essor de la cause climatique.
14:19Tout le monde commence à faire, comme vous disiez,
14:21des exercices de quantification, de la sensibilisation,
14:23la fresque du climat par exemple.
14:25Ça a tenu et les entreprises se tenaient par la chaîne de valeur,
14:29si j'ose dire.
14:30C'est-à-dire que quand vous demandez à quelqu'un de quantifier,
14:32vous avez aussi besoin de savoir ce que sont les éléments de quantification.
14:34On demande aux autres, avant ou après son activité,
14:39de quantifier aussi.
14:40Toutes les entreprises adjacentes.
14:41Et là, il s'avère que depuis un an et demi,
14:43de par la situation géopolitique notamment,
14:46on constate qu'il y a un retrait assez manifeste.
14:48C'est ce que nous, on appelle le backlash écologique,
14:50qui a fait pas mal de mal.
14:51On le ressentez vraiment ?
14:53On le ressent quotidiennement.
14:54On le ressent à la fois dans les interactions,
14:57dans les demandes des clients,
14:58qui sont beaucoup plus réglementaires et un peu moins,
15:00j'allais dire, philanthropiques qu'auparavant,
15:01presque un peu moins morales aussi.
15:04Et on le ressent aussi clairement au plan du marché
15:06et des acteurs historiques
15:09qui ont beaucoup plus de mal à en vivre de manière directe.
15:12Avec, parce que si on...
15:13Alors le backlash, il n'est pas seulement américain.
15:15On peut parler des élections européennes
15:17et des coups de retrait ou de perte d'ambition du pacte vert.
15:23Mais il y a l'effet supplémentaire aux Etats-Unis,
15:27c'est quand même le fait que le président américain
15:30porte un discours assez largement anti-science quand même.
15:34Comment vous réagissez à ça ?
15:35Et est-ce que vous, vous sentez l'obligation,
15:38peut-être un peu plus qu'avant justement,
15:40de défendre la science ?
15:41Ce qui est dingue dans l'absolu.
15:43Oui, le plus difficile,
15:45donc il y a les éléments vraiment purement entrepreneuriaux disons,
15:48mais le plus difficile, c'est ce que vous évoquez,
15:50c'est le désaveu moral.
15:52C'est qu'une grande puissance comme les Etats-Unis,
15:54qui sont quand même censées être le socle éthique
15:56et qui régissent quand même un peu les échanges au travers du monde,
15:59commence à se retirer des traités internationaux
16:02sur le sujet du climat.
16:03Et on sent que ça ruisselle aussi au plan moral et éthique en France.
16:08Et donc vous mentionnez aussi le retrait de confiance en la science.
16:13Moi, il y a un élément qui m'a marqué,
16:14c'est un confrère qui s'appelle Serge Zaka,
16:16que peut-être vous connaissez,
16:17qui est un agroclimatologue assez éminent,
16:19qui fait de la vulgarisation en France,
16:21qui aujourd'hui a été mis sous protection policière,
16:24au motif qu'il recevait de plus en plus d'insultes
16:28de la part de climato-sceptiques,
16:30vis-à-vis de l'exercice de son travail à lui,
16:34qui est la science.
16:34Donc il décrit la science, il décrit la réalité
16:37de ce qu'est l'agroclimatologie.
16:38Et pour ça, il reçoit lui-même
16:41des conséquences assez dramatiques.
16:42Donc effectivement, au plan moral et au jour le jour,
16:47c'est difficile à vivre, en tout cas quand on est scientifique.
16:48Alors on va voir quels leviers on peut activer,
16:51lesquels sont les plus efficaces.
16:53Il y a le levier de l'humour, on y reviendra dans un instant.
16:55Et puis alors il y a ces formats,
16:57ces contenus pédagogiques que vous proposez.
16:59Il y a notamment, je crois, un atelier
17:00qui s'appelle MyCO2, c'est ça ?
17:03C'est quoi cet atelier ?
17:04C'est un atelier, alors qu'il n'y a pas de nous,
17:06mais que nous on anime, en fait on a toute une panoplie
17:08d'ateliers qui permettent de sensibiliser.
17:11Et MyCO2, c'est un petit exercice
17:14qui dure une demi-heure, une heure.
17:16Vous pouvez calculer votre empreinte carbone personnelle
17:18dont l'objectif, c'est de voir un peu
17:20ce que sont la répartition de vos émissions de gaz à effet de serre,
17:23c'est-à-dire votre impact sur le climat,
17:24pour essayer de mener les actions qui comptent
17:28en ordre de grandeur.
17:29L'idée sous-jacente étant que, par exemple,
17:31on parle très régulièrement de trier ses déchets,
17:34de faire attention à sa consommation d'eau, par exemple.
17:37Tout ça, ce sont des gestes environnementaux
17:39qui sont extrêmement importants.
17:40Pour autant, il y a quand même des ordres de grandeur
17:42qui sont très différents, disons,
17:45entre renoncer à prendre l'avion une fois de temps en temps,
17:49essayer de devenir flexitarien ou végétarien idéalement,
17:52et tous ces autres gestes-là qui peuvent être considérés
17:54comme beaucoup plus marginaux au plan du prisme climatique.
17:57Alors ça, ça peut être pour les salariés eux-mêmes,
18:00mais pour les entreprises aussi,
18:02c'est-à-dire identifier le levier qui sera le plus efficace
18:05en termes de décarbonation, c'est ça ?
18:07Oui, c'est le pendant, en fait.
18:08Donc, MyCO2, ça émane de Carbon4,
18:11qui est l'entreprise de Jean-Marie-Jean-Covici,
18:12justement, encore lui.
18:14Et le pendant pour entreprise, c'est le bilan carbone,
18:16c'est faire l'inventaire de ses émissions de gaz à effet de serre
18:19et donc de quantifier son impact climatique.
18:21Et donc de voir que, parfois, c'est l'utilisation des produits
18:24que vous vendez qui va avoir l'impact le plus prégnant.
18:27Et donc, vous pouvez travailler autant que vous voulez
18:29sur l'éclairage, sur les poubelles, etc.
18:32Mais ce qui va compter le plus,
18:33ça va peut-être être les déplacements de vos collaborateurs,
18:36l'énergie que vous mettez dans les produits que vous vendez.
18:38Un exemple assez simple, qui est assez choquant,
18:41c'est que vous prenez n'importe quel rassemblement sportif,
18:43le premier poste de très loin, pour 80%.
18:45C'est les déplacements, mais des visiteurs, effectivement.
18:48Donc, mettre en place des initiatives de transport en commun,
18:53de même faire des coups de com' autour du fait de venir à vélo.
18:57Je me dis, si Mbappé est une fois en vélo au Sancteo-Bernabéhu,
19:01je pense qu'il aura plus d'impact que tout ce qu'on peut faire
19:03sur le bilan carbone au plan strictement stratégique.
19:05Quelques followers, oui, sur ces réseaux sociaux.
19:07Oui, voilà, me semble, me semble.
19:08Quelques milliers, je crois.
19:09Ah, peut-être qu'il me manque deux ou trois zéros.
19:11Bref, sur les contenus que vous proposez aux entreprises,
19:15c'est-à-dire, est-ce que vous proposez de créer des contenus
19:18qui sont spécifiques aux entreprises,
19:22et pour quelle efficacité ?
19:23Je pense que ça, c'est vraiment la clé.
19:25C'est parler le même langage.
19:27L'enjeu, il est quand même essentiellement culturel.
19:29C'est-à-dire qu'on peut faire l'inventaire des émissions de gaz à effet de serre.
19:33La plupart du temps, on sait déjà en amont ce que vont être les postes prépondérants.
19:37Après, changer, c'est ça qui est difficile.
19:40Je vous donne un exemple très concret.
19:42On a fait le bilan carbone de l'Institut Pasteur ou de l'Institut Curie,
19:45deux entités qu'on connaît bien.
19:46La moitié de leurs émissions, c'est l'utilisation des médicaments.
19:50Donc, quand vous faites un plan de transition,
19:52vous devez les faire décarboner d'environ 6% par an.
19:55C'est difficile de leur dire d'arrêter de dispenser des médicaments.
19:59Donc, ce qu'on peut faire, c'est travailler avec les autres hôpitaux,
20:02faire des analyses sectorielles, aller voir l'industrie pharmaceutique
20:05pour qu'elle-même essaye de faire ce qu'on appelle des analyses de cycle de vie,
20:09décarboner les médicaments pour qu'on puisse avoir davantage d'affichage,
20:12pour pouvoir choisir entre un paracétamol ou un autre,
20:15et essayer comme ça de proche en proche de décarboner de manière systémique.
20:18Donc, la clé de voûte, c'est quand même l'approche culturelle et parler le même langage.
20:22Alors, vous êtes également très présent sur les réseaux sociaux,
20:25vous êtes le gars du climat.
20:27C'est ça, en toute sa modestie.
20:29C'est retenant sur les réseaux, avec des contenus, tiens, comme cette vidéo.
20:34Bienvenue dans Est-ce que les climato-sceptiques vont bien ?
20:37Est-ce que les climato-sceptiques vont bien ?
20:41Aujourd'hui, on s'interroge. Est-ce que les climato-sceptiques vont bien ?
20:45Ils agressent à coups de gaz tout ce qui est suspecté d'être un tant soit peu écolo.
20:49Les vélos, comme les passants.
20:53Excusez-moi, madame, vous fumez ?
20:55Ça m'arrive.
20:56Alors, bougez pas.
21:02Oui, donc la réponse à est-ce que les climato-sceptiques vont bien, c'est non.
21:06Là, bien entendu, on pourrait rajouter qu'ils ne sont pas seulement climato-sceptiques, ceux qui font ça.
21:10L'humour, comment vous l'utilisez et à quel point ça peut être un levier efficace pour faire passer des
21:16idées ?
21:16Là, on a beaucoup parlé de pédagogie, de science, de données, de métriques, etc.
21:21L'humour, ça pèse comment ?
21:23Je pense que c'est majeur.
21:25Et dépendamment du réseau et du canal, ça peut être la partie prépondérante.
21:32Nous, ce qu'on souhaite, enfin nous, les scientifiques et ceux qui sont engagés pour le climat, ce qu'on
21:35veut, c'est véhiculer le message.
21:38Mais moi qui viens d'un milieu scientifique, j'ai vite compris que restituer très précisément ce qu'étaient les
21:42constats rationnels de la science,
21:44ce n'est pas forcément ce qui va avoir le plus d'impact.
21:46Et d'ailleurs, ça, c'est ce que fait très bien la science, le GIEC et compagnie.
21:49Donc essayer de trouver d'autres médias, d'autres moyens.
21:52Et je trouve que l'exemple le plus joli, c'est Instagram ou TikTok, c'est que vous avez un
21:58temps d'attention qui est extrêmement limité.
22:00Et si vous n'arrivez pas à capter l'attention en moins de trois secondes, vous perdez déjà l'audience.
22:05Et en fait, le message a beau être aussi bon qu'il veut, si vous voulez transmettre 100% du
22:08message, mais que 0% des personnes y adhèrent, c'est quand même compliqué.
22:12Donc il faut les capter par l'humour en quelque sorte ?
22:14Oui, je pense que l'humour, je pense que la narration, je pense qu'essayer de comprendre ce qui est
22:19le lien émotionnel que les gérants entretiennent avec le sujet,
22:22ça c'est vrai auprès du grand public, mais c'est aussi vrai auprès des entreprises.
22:25Je veux dire, on n'est que des humains et ça demande de réformer parfois son mode de vie, son
22:30modèle d'activité.
22:31Et donc si vous n'y trouvez pas du sens, c'est à peu près caduque 100% du monde.
22:35Vous êtes présent sur Instagram, sur d'autres réseaux ?
22:39Oui, Instagram, mais en fait j'ai commencé beaucoup sur LinkedIn.
22:42Avec des contenus qui sont les mêmes ?
22:43Non, pas du tout, justement.
22:44Justement, vous adaptez.
22:45Si vous voulez, j'ai opéré ma mue entre le milieu scientifique, LinkedIn c'était un bon compromis,
22:50entre avoir des espèces de petits éditos beaucoup plus courts, mais qui permettaient quand même de développer une pensée et
22:56des arguments,
22:57et donc le public est quand même beaucoup plus sensible.
22:59Et sur Instagram, évidemment, le nerf de la guerre, c'est l'humour, c'est l'image, c'est les
23:04formats comme celui-ci qui sont à mon avis un peu plus prenants.
23:06Avec un enjeu qui est majeur, c'est vrai qu'on a commencé par le constat scientifique, par aussi la
23:13culpabilisation, j'y arrive,
23:16ou le côté anxiogène de l'évolution climatique, et on se rend compte tous, médias y compris, qu'il faut
23:23inventer autre chose.
23:25Vous êtes, j'imagine, conscient de ça.
23:28Est-ce que c'est aussi pour ça que vous utilisez ce levier de l'humour aujourd'hui ?
23:35Oui, en fait...
23:36Peut-être contre l'anxiété climatique, la fatigue même...
23:39Oui, exactement.
23:40Mais je pense qu'il faut démultiplier les voix, les discours et les incarnations.
23:45C'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'influenceurs qui existent sous des formats variés.
23:48Vous avez ce que fait Bonpote, vous avez ce que fait Vers le Média,
23:51vous avez des gens qui, effectivement, sont plus vindicatifs ou plus revanchards, ça arrive parfois.
23:55Et c'est une frange qui, à mon avis, est très importante.
23:57Mais moi, ce que je souhaitais faire, c'était incarner l'écologie banale, commune,
24:02un peu plus désirable au sens quotidien, en réalité.
24:07Et d'ailleurs, c'est pour ça que j'ai choisi le nom Le gars du Climat.
24:08C'est quelque chose qui doit passer presque inaperçu,
24:12et que je souhaiterais qu'il fasse partie du quotidien des Français, des gens qui me suivent.
24:15Donc pour moi, c'était à peu près essentiel.
24:17Et la difficulté étant de faire passer le message sans le dénaturer,
24:22parce que ça peut être un message scientifiquement complexe à faire passer.
24:25Oui, alors il faut faire la part des choses, il faut faire des compromis, tout dépend des formats.
24:29C'est vrai que, pour ça, Instagram est un peu plus frustrant,
24:32parce que pour développer un raisonnement, pour donner les éléments un peu plus scientifiques,
24:38quand on vient du milieu académique, on a parfois l'impression de se travestir un peu.
24:42Mais à nouveau, je crois que c'est nécessaire,
24:43et c'est pour ça qu'on peut aussi utiliser différentes plateformes,
24:46pour différentes manières de communiquer, je pense.
24:49Merci beaucoup, Guillaume Peculat.
24:51À bientôt sur Bsmart4Chain.
24:52Bsmart4Chain, c'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact,
24:55avec Catherine Guerniou, qui est dirigeante de la fenêtrière, vice-présidente de la CPME.
25:05Bsmart4Chain, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre économie.
25:10Et je reçois aujourd'hui Catherine Guerniou, bonjour.
25:13Bonjour Thomas.
25:14Bienvenue, heureux de vous accueillir.
25:15Vous êtes dirigeante de l'entreprise La Fenêtrière, vice-présidente déléguée de la CPME.
25:19Alors, vous étiez déjà venue en émission, mais on essayait de retrouver la date,
25:22ça fait peut-être 4 ou 5 ans, 5 ans au moins.
25:25C'est quoi La Fenêtrière ?
25:26Eh bien, La Fenêtrière, en fait, c'est une entreprise familiale qui a 42 ans cette année,
25:32que j'ai repris en 2005.
25:34On est fabricant de menuiserie extérieure.
25:37Quand on parle de menuiserie extérieure, c'est de fenêtres.
25:40On est fabricant à Champigny-sur-Marne.
25:42On est Origine France Garantie depuis pas mal d'années.
25:47Et voilà, une entreprise de proximité.
25:49À Calumène, c'est combien ça a l'arrivé aujourd'hui ?
25:51Oui, c'est 13 collaborateurs, donc on est 14, avec moi compris, je ne me mets pas de côté.
25:56Vous pouvez vous compter dedans.
25:58Exactement, je peux me compter dedans.
25:59Et donc nous, on travaille avec des professionnels du bâtiment.
26:02Et c'est vraiment une volonté de gouvernance.
26:0695% de nos menuiseries restent sur Paris et l'Île-de-France.
26:10En fait, on a un atelier de proximité et on a à la fois un industriel, mais on est aussi
26:16à la fois un artisan.
26:17Alors justement, j'allais vous poser cette question-là.
26:19Comment on concilie les deux ?
26:20C'est-à-dire que c'est de l'artisanat, mais vous avez industrialisé.
26:24Ça semble antinomique.
26:25Non, parce qu'en fait, c'est tout simplement, on garde les valeurs de l'artisanat, de la production,
26:33ce qui a du sens, on fabrique sur place.
26:36Et en même temps, on a des outils industriels qui sont performants et qui permettent de rentrer, on va dire,
26:43dans l'univers de l'industrie.
26:45Et on intègre également des systèmes de production comme le Lean, le Lean Production, le Lean Management,
26:54qui sont aujourd'hui des méthodes classiques, innovantes pour nos ateliers.
27:00Vous le disiez, ça fait plus de deux décennies que vous avez repris l'entreprise.
27:04Qu'est-ce qui a changé fondamentalement ?
27:05J'ai appris hier, ça faisait 21 ans.
27:08Vous avez oublié.
27:09Oui, j'avais oublié.
27:11C'est LinkedIn qui me l'a rappelé, vous savez.
27:13Merci LinkedIn.
27:14C'est ça, oui.
27:15De temps en temps, on aimerait ne pas...
27:16Oui, voilà, exactement.
27:17Qu'est-ce qui a changé fondamentalement pour vous ?
27:19Ce qui a changé fondamentalement, déjà, l'ADN de l'entreprise, moi je suis en transmission familiale,
27:25je pense qu'elle a évolué, mais je dirais que mes parents avaient peut-être une orientation
27:32où le collaborateur était plus un exécutant.
27:39Aujourd'hui, le collaborateur est un acteur.
27:43Et je pense que c'est vraiment ce qui a changé.
27:46Au niveau de la qualité, au niveau du service, c'est la même chose.
27:51L'ambiance familiale est aussi toujours là.
27:54Ensuite, bien entendu, il y a des innovations technologiques qui se sont faites,
27:59mais c'est dû aussi à notre réglementation.
28:01On a une réglementation thermique qui est quand même très impactante.
28:06Et donc, ça a évolué.
28:07Mais je pense que vraiment, le changement, ça a été la posture du collaborateur.
28:14Alors ça, c'est un élément important.
28:16Il y en a un autre, qui est l'engagement environnemental.
28:19Je vais vous citer.
28:20Depuis 10 ans, je milite en faveur de la fabrication française du circuit court,
28:24à la fois évidemment pour dynamiser l'économie locale,
28:26mais aussi par conscience éco-citoyenne.
28:28Je considère inutile et dangereux d'acheter des menuiseries moins performantes
28:31à 10 000 kilomètres de chez soi.
28:33Vous faites ce choix, donc, il y a une dizaine d'années.
28:36Est-ce que c'est si simple ?
28:38C'est-à-dire, entre, ok, je veux faire ça,
28:41c'est-à-dire favoriser le circuit court,
28:43et puis trouver le moyen de le faire, est-ce que ça a été compliqué ?
28:46Ça n'a pas été simple.
28:48Déjà, il y a...
28:49En fait, je l'ai vraiment initié au moment...
28:53Souvent, vous savez, ce sont des crises qui vous permettent justement de basculer.
28:57Et cette bascule, en fait, je l'ai opérée au moment où on a eu de l'importation massive des
29:02pays de l'Est,
29:03avec des prix qui étaient ultra compétitifs.
29:05C'est toujours le cas, mais aujourd'hui, je trouve que c'est un petit peu moins présent.
29:09Et donc, là, je me suis dit, sincèrement, économiquement, c'était hyper compliqué.
29:13On a dû arrêter une chaîne de production.
29:17Donc, c'est quand même un impact.
29:18On a licencié économiquement, 4 salariés.
29:21Enfin, ça a été dur pour l'entreprise.
29:22On a dû emprunter parce qu'on avait des difficultés de trésorerie.
29:26Donc, ça a vraiment été une période difficile.
29:28Au point d'avoir peur pour la pérennité de l'entreprise ?
29:31Ah bah, bien sûr.
29:31Ah bah, bien sûr, bien sûr.
29:33Moi, la première, pendant plusieurs mois, je ne me suis pas payée.
29:36Mais dans ces cas-là, vous savez, c'est justement l'entrepreneur qui prend des risques.
29:43C'est vraiment ces périodes-là où vous dites, vous faites face, en fait, aux difficultés de l'entreprise.
29:50Mais j'ai bien fait.
29:51J'ai bien fait parce qu'en même temps, j'ai reposé notre chaîne de valeur.
29:57Et quelle était notre chaîne de valeur ?
29:59De la production locale, du service, de la rapidité, de la proximité,
30:05de la réactivité.
30:06Et ça, vous ne l'avez pas quand vous achetez des menuiseries à 10 000 kilomètres.
30:11De même, comme vous le voyez, quand on voyage et quand on est à travers la France,
30:18on a des modes constructifs qui sont complètement différents.
30:21Nous, notre mode constructif, c'est un mode constructif.
30:23On fabrique des fenêtres pour Paris et pour l'Île-de-France.
30:26On ne fabrique pas des fenêtres pour le nord de la France, pour le sud de la France.
30:29Elles sont adaptées à notre région.
30:30Quand vous importez des fenêtres des pays de l'Est ou du sud de l'Europe, désolé.
30:35Elles sont standards.
30:36Elles sont standards.
30:37Elles ne sont pas du tout adaptées.
30:38Et c'est comme ça aussi que malheureusement, ça dégrade la qualité des produits.
30:44Alors, ça, c'est la volonté de départ.
30:49Et vous dites, j'ai réussi et j'ai bien fait parce que sauvetage d'entreprise.
30:54Ensuite, il faut trouver quoi ?
30:55Des partenaires, des entreprises avec qui vous allez travailler, sur la durée ?
31:01Comment vous avez fait ?
31:02C'est un tout.
31:03Déjà, il faut avoir des convictions.
31:04Je pense que c'est la première des choses.
31:06Et avoir une gouvernance solide.
31:08Et ça, déjà, je pense qu'il faut partir de ce point de départ.
31:12Ensuite, effectivement, il y a tout l'écosystème que nous avons autour de nous.
31:16Les fournisseurs.
31:17Nos fournisseurs étaient déjà français.
31:19Donc, la traçabilité, elle est assurée.
31:23Et c'est comme ça, d'ailleurs, qu'on a décidé de devenir Origine France Garantie.
31:28Et puis, vous vous entourez aussi d'acteurs locaux.
31:30Et vous vous apercevez que vous tombez dans un vortex vertueux, justement, du local.
31:39Ensuite, nous avions déjà nos clients.
31:41Nos clients, ils ont été goûter.
31:44Ce qui se passait en dehors de nos frontières.
31:46Et ils sont assez rapidement revenus parce qu'ils se sont aperçus qu'ils n'avaient pas le service.
31:51Qu'ils n'avaient pas cette proximité.
31:53Qu'ils n'avaient pas l'écoute.
31:54Vous dites qu'on est à un atelier du dernier kilomètre.
31:56Oui, bien sûr.
31:57À Champigny-sur-Marne, on approvisionne les chantiers de proximité.
32:01Donc, un client passe, par exemple, la veille ou le matin.
32:05Et va, sur son chantier, le jour même, installer les menuiseries.
32:09Et faire les différents travaux qu'il a prévus sur ce chantier.
32:12Donc, c'est vraiment de la proximité.
32:14Maintenant, s'il a un aléas sur son chantier, il peut revenir aussitôt à l'atelier.
32:19Et de même, on a beaucoup de nos clients qui invitent leurs clients,
32:25que ce soit des architectes, des bailleurs privés, des particuliers,
32:32à venir visiter notre atelier.
32:34C'est ça aussi la force.
32:36Alors, est-ce que ça veut dire que vous faites le choix de rester en Ile-de-France ?
32:42Et que donc, ça limite l'ambition de l'entreprise ?
32:45Oui.
32:45Oui, oui, clairement, ça limite l'ambition de l'entreprise.
32:48Il est certain qu'on pourrait peut-être partir dans le 77.
32:51Là, on est dans le 94.
32:53Champigny, une ville qui est très dynamique, avec plein d'activités différentes,
32:58ce qui fait justement sa singularité.
33:00Et on pourrait très bien doubler, on a 1000 mètres carrés de commandes d'ateliers.
33:06C'est tout petit.
33:07C'est un peu comme les appartements parisiens, en fait.
33:09On est habitués à organiser les choses.
33:12On pourrait très bien aller dans le fin fond du 77.
33:14Je n'ai rien contre le 77.
33:16Mais avoir 3-4 fois plus de place.
33:19Mais toute notre singularité, toute notre spécificité, on ne l'aurait plus.
33:23Donc aujourd'hui, oui, volontairement, on fabrique entre 15 et 20 mètres par jour.
33:28Oui, c'est une décision de limiter le développement de l'entreprise.
33:34Mais ça ne veut pas dire, en fait, on est toujours à la course du chiffre d'affaires.
33:39Mais ce qui est important, c'est le bénéfice que l'on en tire.
33:42Et surtout, après, comment vivre aussi dans cette entreprise.
33:46Donc, il y a des années qui sont plus compliquées que d'autres.
33:49Il y a des années qui sont plus prospères.
33:52Quand elles sont plus prospères, on investit.
33:54Et d'ailleurs, on a fait toute la rénovation énergétique de notre bâtiment.
33:57Alors, ça s'est passé comment ?
34:00Comme tout chantier.
34:01Oui, compliqué.
34:02Ça a été un peu compliqué.
34:04Mais écoutez, on a revalorisé, redynamisé notre entreprise.
34:08Mes parents avaient acheté ce terrain, avaient construit le premier bâtiment.
34:12Aujourd'hui, il est beaucoup plus harmonieux.
34:16Et vous voyez, ça m'a fait plaisir.
34:17Un client, il y a un an et demi, passe et me dit,
34:21Catherine, maintenant, votre atelier est à l'image de l'entreprise que vous avez su faire évoluer.
34:28Donc, je pense que c'était...
34:29Et voilà, je me suis dit, bon, on a bien fait.
34:32Est-ce que ça vous rend aussi moins sensible ou fragile face aux crises énergétiques ?
34:39C'est une robustesse.
34:41Effectivement, c'est aussi un développement que j'ai souhaité.
34:44Souvent, je fais le parallèle, la métaphore, avec le bateau sur une mer agitée.
34:49Nous sommes un petit voilier.
34:52Parfois, nous avons la chance de pouvoir larguer plus facilement les voiles.
34:57Et puis, il y a des moments, effectivement, on est vraiment obligé de border.
35:00Parce qu'on sent que c'est un peu plus compliqué.
35:02Et en ce moment, c'est plus compliqué.
35:03Alors, c'est la question que j'allais vous poser.
35:04Là, on est dans un contexte.
35:05Alors, on va voir.
35:06Mais c'est vrai que la guerre au Proche-Orient, depuis quoi ?
35:10Six semaines.
35:12Oui, oui, oui, peut-être un peu plus même.
35:15Et vous en voyez assez vite, vous en avez vu assez vite les effets ?
35:20Écoutez, ça a été quasiment direct.
35:23Alors déjà, il faut savoir que dès qu'il y a des événements sur Paris et l'Île-de-France,
35:26ça bloque très rapidement les rendez-vous de chantier.
35:29Ça, c'est quelque chose...
35:30Voilà, il y a un impact de suite.
35:34On a une chute des demandes, une chute d'activités qui s'opère quasiment instantanément.
35:41Deuxième événement, de suite, on a commencé à entendre que la surcharge énergétique allait revenir.
35:47La surcharge énergétique, c'est cette augmentation que nous avions eue au moment de la guerre en Ukraine,
35:52qui avait un petit peu tardé, parce que je pense que tout le monde, au tout début de la guerre
35:57en Ukraine,
35:58était dans l'observation.
35:59Et ensuite, on a vu la surcharge énergétique sur l'ensemble de nos matières premières.
36:03Et là, elle est arrivée, mais quasiment instantanément.
36:07Ça veut dire que les matières premières que vous achetez vous ont coûté très vite plus cher, c'est ça
36:12?
36:12Oui, alors en fait, on a notre tarif de base.
36:15Et à la fin de chacune de nos factures, on a une surcharge énergétique.
36:19Aujourd'hui, par exemple, pour le PVC, elle est de 9,7 chez notre gamiste.
36:26Sur le vitrage, on est à 3,5 et là, on nous annonce l'augmentation aussi de l'aluminium.
36:31Et ça a été quasi instantané.
36:35Qu'est-ce que ça représente pour une entreprise, pour une PME comme la vôtre ?
36:39C'est-à-dire que vous n'allez pas répercuter ça directement sur vos clients ?
36:44Vous le faites ? Vous ne pouvez pas le faire ? Comment ça ?
36:46Alors en 2022, je m'étais dit, bon, on prend un petit peu de recul.
36:50Si on... Voilà, vu déjà la situation qui était celle qu'elle était, je m'étais dit, bon, on prend
36:57un petit peu de recul.
36:58Ça nous a coûté très cher fin 2022.
37:00Vraiment, on a eu une baisse du bénéfice qui a été nette, dû justement à cette répercussion que j'ai
37:07fait trop tardivement.
37:08Donc là, cette année, un peu, je pense, comme les industriels avec lesquels nous travaillons,
37:14eh bien, on a eu exactement la même réaction, c'est-à-dire, de suite, on a réintégré la surcharge.
37:21Alors, il ne faut pas non plus se faire peur, parce qu'on a toujours...
37:25Il y a quand même beaucoup d'annonces qui sont très anxiogènes.
37:29Sur une fenêtre, par exemple, de 600 euros, c'est 25 euros.
37:33Donc, bon, il y a un coût, mais je pense que ce coût est quand même absorbable.
37:38Et acceptable ?
37:39Oui.
37:41Parce que, vous voyez ce que je veux dire, là, acceptable par des clients qui sont bien conscients du côté
37:46géopolitique.
37:47On n'accepte jamais, surtout que sur un chantier, vous allez additionner.
37:51Il n'y a pas que la menuiserie, il peut y avoir de la peinture, il peut y avoir de
37:55l'isolation,
37:56changement de... il peut y avoir de l'électricité.
37:59Enfin, voilà, ce n'est pas uniquement lié à une menuiserie.
38:03Donc, il est certain qu'on a toujours du mal à absorber les augmentations.
38:07Ça, c'est certain.
38:08Mais ensuite, il y a un contexte.
38:10Je pense que, quand même, on a encore une belle vie en France.
38:14Et je pense que, souvent, on le néglige.
38:16Donc, amenons aussi un peu de positivisme dans ce monde très...
38:23qui est quand même, qui est aujourd'hui...
38:26Anxiogène.
38:27Anxiogène.
38:27À minima, oui.
38:28Je cherchais le mot anxiogène.
38:30Vous dites qu'il faut faire du beau, de l'utile et du durable.
38:33Ça, ça donne le sourire tout de suite.
38:35Bien sûr.
38:36Est-ce que c'est facile à mettre en œuvre ?
38:40Du durable, par exemple, ça veut dire quoi ?
38:42Oui, parce que le beau, c'est assez facile.
38:44L'utile, on espère qu'une menuiserie va être utile.
38:47Alors, du durable, c'est un petit peu plus compliqué.
38:49Et c'est là où ça a été très intéressant.
38:51On a beaucoup développé sur ces dernières années.
38:53On a travaillé avec la BPI.
38:56On a fait une éco-conception.
38:58C'est très intéressant.
38:59Où, en fait, on travaille sur la circularité complète de notre fenêtre.
39:06Et suite à cette éco-conception,
39:10nous avons décidé, justement,
39:12d'augmenter la durée de vie de nos menuiseries.
39:15Parce qu'on le sait, de toute façon,
39:17toutes nos activités humaines ont un impact sur l'environnement,
39:22sur notre terre.
39:23Et donc, si nous voulons avoir moins d'impact,
39:26moins de pression,
39:27je pense que c'est à chacun de voir comment il peut diminuer cet impact.
39:33Et le fait d'augmenter la durée de vie d'une menuiserie,
39:37forcément, vous diminuez l'usage de matières premières,
39:43la consommation massive que l'on peut avoir en ce moment
39:46sur beaucoup d'autres produits.
39:47Et donc, à travers cette éco-conception,
39:49nous en avons déterminé un axe stratégique
39:53qui est d'intégrer dans notre menuiserie
39:56un QR code de traçabilité.
39:58Et en même temps, un QR code, en fait,
40:01qui permet de faire comprendre à l'utilisateur final,
40:05que ce soit un privé, un public, peu importe,
40:07mais comment une fenêtre va pouvoir durer plus longtemps dans le temps.
40:12Donc, en fait, il y a de l'acculturation, je pense, aussi,
40:15beaucoup à apporter dans l'usage des produits finis.
40:20Vous parlez de menuiserie évolutive.
40:22Oui.
40:22Ça veut dire quoi ?
40:23C'est quoi une menuiserie évolutive ?
40:24Alors, en fait...
40:25Ma fenêtre, elle reste ma fenêtre, quoi.
40:27Elle reste votre fenêtre, mais comme vous le savez,
40:29souvent, en région parisienne, on a des usages qui peuvent changer.
40:33Vous pouvez très bien souhaiter mettre un meuble devant votre fenêtre
40:39et dans ces cas-là, elle n'ouvre plus.
40:41Ou accueillir un chat, par exemple, dans votre famille.
40:44Ça peut être aussi le cas.
40:45Et là, vous vous dites, ma fenêtre, elle est entièrement vitrée.
40:47Et comment je vais faire le chat ?
40:49Je ne sais pas comment il va pouvoir sortir dans le jardin.
40:52Eh bien, c'est très facile.
40:54Grâce à notre atelier de proximité, nous arrivons à transformer la fenêtre.
40:58Nous arrivons à y intégrer une traverse.
41:00Un sous-bassement qui permet d'intégrer une châtière.
41:02Et votre fenêtre, elle n'a pas été changée complètement.
41:05Elle a juste évolué en fonction de vos besoins.
41:08Et ça, on peut le faire sur plein d'applications.
41:11Alors, il y a une tradition...
41:12Mais c'est une volonté.
41:13Oui.
41:14Il faut savoir que...
41:15Voilà.
41:15C'est une volonté de l'entreprise.
41:17C'est une volonté de l'entreprise.
41:18Et il faut savoir aujourd'hui que beaucoup de modes industriels ne permettent pas cette flexibilité.
41:24Et nous, justement, notre côté artisanal permet cette flexibilité.
41:28Alors, question de celui qui était à votre place la semaine dernière,
41:31Pierre-Henri Grenier, directeur exécutif de la Banque de la Transition Énergétique.
41:35On l'écoute.
41:36Bonjour Catherine.
41:37Moi, j'aurais une question.
41:39On parle beaucoup de l'électrification.
41:41Est-ce qu'il y a une concurrence entre pompe à chaleur et isolation ?
41:47Ou plutôt une synergie ?
41:49Ah, bonne question.
41:51C'est une très bonne question.
41:52Parce qu'on a des annonces du Premier ministre, notamment, sur l'électrification.
41:58Et c'est très bien, qui va booster le marché des pompes à chaleur.
42:01Sauf que je crois comprendre que si on ne fait pas la rénovation énergétique avant,
42:05ça ne sert pas à grand-chose de mettre une pompe à chaleur.
42:07Comment vous appréhendez ça ?
42:08Il faut avoir une cohérence, en fait, dans ce que l'on fait.
42:11La pompe à chaleur n'est pas la réponse à tout.
42:14Surtout que quand vous êtes dans du collectif, vous ne pouvez pas mettre forcément de la pompe à chaleur.
42:18Ce qui est important, dans un premier temps, c'est l'isolation.
42:21Il faut savoir traiter le bâti.
42:23Et ensuite, on adapte la source énergétique dont on a besoin.
42:29Bien entendu, il faut aller vers de la décarbonation.
42:33Il faut aller vers du mix énergétique.
42:36Maintenant, il est certain que parfois nous avons des orientations qui sont un peu dogmatiques.
42:43Et puis, il y a aussi une réalité du coût.
42:46Parce qu'une rénovation énergétique coûte cher.
42:50Donc nous, en tout cas, moi, ce que je préconise,
42:53et dans le monde du bâtiment, à travers la Fédération française du bâtiment aussi,
42:58ce qu'on préconise surtout, c'est un parcours de rénovation.
43:01Parce que la rénovation, elle est lourde.
43:05Et donc, il faut savoir travailler l'enveloppe.
43:07Et également, travailler le comment, ensuite, toute la partie technique du bâtiment, du logement, du bâtiment tertiaire que l'on
43:19peut avoir.
43:19Ma prime rénov', elle fonctionne à peu près ?
43:22Non, c'est une catastrophe.
43:23Ma prime rénov', c'est toujours des start and stop.
43:26C'est des budgets qui sont très orientés.
43:30Et ça, c'est très bien vers les ménages en plus grande difficulté.
43:36Donc ça, c'est quelque chose de très bien.
43:38Mais on a des gros points de blocage sur des dossiers.
43:40Il y a des entreprises qui se substituent aux particuliers et donc qui avancent l'argent.
43:46Et aujourd'hui, on a des gros problèmes de remboursement pour certaines des entreprises.
43:50Ensuite, il y a eu beaucoup d'annonces, on y va, on arrête.
43:54Et ça, ça a été très préjudiciable.
43:56Là, on est redevenu à quelque chose de beaucoup plus stable.
44:00Et donc, ça y est, on commence à en revoir le bénéfice.
44:03Mais il est certain qu'en fait, il faut qu'on ait des politiques qui soient sur du long terme.
44:07Là, on est en permanence.
44:08On avance, on arrête, on avance, on arrête.
44:11C'est pas assez bien budgété.
44:13Et donc, ça, c'est pas possible.
44:15Mais c'est ni toucher plus, c'est un outil qui permet, c'est un accompagnement qui permet de répondre
44:21à une partie de la population française.
44:23Maintenant, ça ne répond pas non plus à celle qui, justement, a la possibilité de faire de la rénovation.
44:29Et là, il faut que ça soit un peu plus incitatif.
44:32Alors, il existe les C2E, mais les C2E ne sont pas non plus d'une grande clarté.
44:36Donc, il faut vraiment un programme, mais national, pour embarquer les gens vers la rénovation énergétique
44:44et vers vraiment une évolution de cette rénovation.
44:47Le dogmatisme de dire qu'il faut faire tout d'un coup, oui, ça, c'est le monde idéal.
44:52Nous, les entreprises du bâtiment, bien entendu qu'on est très heureuses de faire de la rénovation.
44:57Sauf que tout le monde ne peut pas se la payer.
44:59Mais tout le monde ne peut pas se la payer.
45:00Donc, il faut savoir ajuster, adapter.
45:04D'ailleurs, je pense que nous, en tout cas, on est dans un monde qui est de plus en plus
45:07fluctuant.
45:08Et je pense que nos pouvoirs publics peuvent comprendre que nous, en tout cas, les entreprises, on s'adapte régulièrement.
45:14Alors là, vous commencez à parler comme vice-présidente déléguée de la CPME.
45:20À quel point les petites et moyennes entreprises, elles sont un...
45:26Comment je peux dire ça ?
45:27Elles jouent un rôle majeur dans la souveraineté économique de notre pays.
45:30Mais c'est plus de 90% du tissu économique français.
45:33Donc, toutes ces PME, ces TPE et ETI aussi, ce n'est pas limité simplement juste à la PME, vous
45:41les avez autour de vous.
45:42C'est ce qui fait marcher l'économie française.
45:45Donc, on est vraiment un acteur du quotidien, du local, du moins local.
45:49On a des très, très belles PME et ETI qui sont aussi à l'international.
45:54Et ça, c'est vraiment la richesse et la singularité de ce que l'on défend à la CPME.
46:01On défend l'entreprise patrimoniale.
46:03Et comment on les défend, ces entreprises ?
46:05Notamment face à une concurrence internationale qui peut parfois être déloyale.
46:10Bien sûr.
46:10Alors, c'est toute la difficulté.
46:12En plus, on représente plus de 125 fédérations.
46:15Donc, des métiers qui vont être complètement différents.
46:17Donc, les besoins vont être aussi différents.
46:19Mais on a, bien entendu, on essaye de balayer au plus large.
46:24Et puis, il y a quand même beaucoup de sujets sur lesquels on se retrouve.
46:28Donc, on les défend.
46:30On les défend à la fois sur le social.
46:32On les défend sur l'économique.
46:35Ce qui est important aussi, on a un gros travail sur la réindustrialisation.
46:39Parce que ça, je pense que c'est de la robustesse de la France.
46:42De travailler sur cette réindustrialisation.
46:45Il y a un gros travail qui a été fait par une de mes collègues, Clarisse Maillet et toute l
46:50'équipe de la CPME, justement, sur cette réindustrialisation.
46:54Mais est-ce qu'on n'est pas encore un peu au stade de l'incantatoire sur la réindustrialisation ?
46:58Il y a la volonté des politiques et puis il y a les chiffres et...
47:03Eh bien, derrière, il y a des difficultés.
47:05Il y a des difficultés parce que nous avons des PLU qui ne le favorisent pas forcément.
47:09Nous avons des plans locaux d'urbanisme.
47:12Nous avons également de la surtransposition de l'Europe.
47:16Donc, il faut aussi pourvoir harmoniser le tout.
47:19Et il faut, au contraire, que l'Europe devienne vraiment une force motrice,
47:26mais pas une force qui désaccélère, en fait, l'activité.
47:32Et vous avez entièrement raison.
47:33Je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à faire sur nos territoires
47:37de façon à vraiment redonner une dynamique.
47:40Parce qu'à côté d'une réindustrialisation, il faut aussi l'infrastructure.
47:44Il faut aussi qu'il y ait du logement.
47:45On sait très bien que c'est hyper tendu en France aujourd'hui.
47:49On a une politique du logement qui commence à renaître.
47:52Mais pendant des années, on a été sur des difficultés énormes.
47:57Puisqu'on parle de rapports avec les politiques, de messages à faire passer,
48:04le bon interlocuteur d'une PME, c'est le maire ?
48:07Le maire, oui.
48:08Oui, oui, franchement.
48:09Ou la communauté de communes.
48:11Oui, la commune.
48:12Voilà, exactement.
48:13Ça, je pense que déjà, c'est un premier lien qui est très important.
48:17Les députés également, députés, sénateurs.
48:20Moi, j'apprécie aussi cette relation.
48:24Mais après, vous savez, ça dépend des hommes et des femmes.
48:26Tout le monde n'est pas forcément à l'écoute non plus de l'entreprise.
48:29Après, on a tout le réseau consulaire.
48:31On a les chambres des métiers, les chambres de commerce
48:33qui sont aussi très présentes sur les territoires.
48:37Mais est-ce qu'il n'y a pas une lassitude des chefs d'entreprise
48:39vis-à-vis des politiques ?
48:41Ah si.
48:41De toute façon, on le voit au moment des urnes.
48:44Est-ce qu'on peut se tourner vers les politiques pour...
48:46Je n'ai pas besoin d'eux pour faire avancer ma boîte.
48:48C'est tout le paradoxe.
48:49C'est qu'en fait, on peut avancer sans eux.
48:51Et je pense que l'économie française, en tout cas,
48:54le démontre chaque jour.
48:56Et en même temps, on a aussi besoin d'eux.
48:58Parce que quand on voit qu'un PLF n'est pas voté,
49:01il n'est pas voté où ?
49:02Projet de loi de finances, pardon.
49:04Il n'est pas voté où ?
49:05Il n'est pas voté à l'Assemblée nationale.
49:07Et ça, c'est des points de blocage.
49:08Et ça, on en est quand même impacté directement
49:12sur nos territoires, dans nos entreprises.
49:14Aujourd'hui, nous avons des retards de trésorerie
49:16qui sont liés à un PLF qui est arrivé tardivement.
49:19On n'en parle pas assez.
49:21Et vous voyez, le PLF a été voté début d'année.
49:24Et bien...
49:24Il est censé être voté fin décembre.
49:27Ah bah, même un petit peu avant.
49:28Et même un peu avant, il a été voté...
49:30Et bien, enfin, mi-janvier, mais le temps de la mise en application,
49:34c'est facilement deux à trois mois de retard.
49:36Et bien, aujourd'hui, on le ressent.
49:38Nous avons tous quasiment les entreprises des retards de trésorerie
49:43qui sont liées justement à ces PLF tardifs.
49:45Donc, c'est là où, en fait, toute la difficulté,
49:48c'est qu'une entreprise s'est avancée sans les politiques.
49:52Mais il y a un moment où notre cinquième République, en tout cas,
49:56l'organisation comme elle est, il y a des points de blocage.
49:59Et en même temps, clairement, ce qui crée aussi des tensions.
50:03Des tensions et ce qui est aussi le résultat des urnes, malheureusement,
50:07et des taux de participation.
50:08Oui, effectivement, qui sont de plus en plus faibles à toutes les élections,
50:12même aux municipales, alors qu'on s'attendait à une participation peut-être.
50:15Le soir d'élection, je trouve ça toujours très drôle,
50:17quand tout le monde, il y a une forme d'excitation sur le nombre et sur les pourcentages.
50:23Mais il faut voir aussi les gens qui ne se déplacent pas.
50:26Les gens qui ne peuvent plus voter.
50:27Exactement.
50:27Effectivement.
50:28Merci beaucoup, Catherine Guerniou, d'avoir participé à ce grand entretien.
50:33On se retrouve dans quelques semaines,
50:34parce que Bismarck accompagne la CPME dans l'organisation de son événement annuel.
50:39C'est la Grande Assemblée des Entrepreneurs, 25 juin prochain.
50:43Notez déjà le rendez-vous.
50:44La chaîne sera l'un des principaux partenaires médias
50:48et plus de 4000 personnes qui sont attendues ou dans un cadre prestigieux
50:52au Parc des Princes.
50:53On se retrouvera là-bas.
50:54Avec grand plaisir.
50:56Beaucoup.
50:56On passe tout de suite à notre rubrique Startup.
51:04C'est notre rubrique consacrée aux startups éco-responsables.
51:08Smart Ideas, j'accueille Noémie Arnal.
51:10Bonjour.
51:10Bonjour.
51:11Vous êtes la fondatrice de Grise, créée en septembre 2023 avec Logan Favier.
51:14Vous étiez déjà venue sur notre antenne il y a un an et demi.
51:18Il y a un an et demi, c'est ça.
51:19Mais je peux bien quand même que vous nous présentiez de nouveau Grise.
51:22C'est quoi ?
51:23Grise, c'est une plateforme anti-gaspi sur le e-commerce
51:25où on travaille avec les marques de cosmétiques
51:27pour revaloriser leur surplus, leurs produits abîmés
51:30à destination des consommateurs.
51:32Comment vous avez venue l'idée ?
51:33Parce que je viens de l'entreprise de la cosmétique.
51:36J'ai moi-même fabriqué les nouveaux produits et il y avait un paradoxe entre une société
51:42qui consomme de plus en plus, une industrie qui veut qu'il y ait toujours de la nouveauté
51:45et en même temps un pouvoir d'achat qui diminue avec des consommateurs
51:48qui peuvent même plus acheter des gels douche.
51:50Donc pour rééquilibrer un peu cette balance, l'idée c'était de récupérer ces invendus
51:55qui n'étaient pas vendus, les mettre à petit prix pour les consommateurs à faible budget.
51:59Alors qu'on va faire un premier bilan, septembre 2023, ça fait quoi ?
52:04Ça fait deux ans et demi bientôt.
52:06Donc quel bilan vous faites ?
52:07On a eu une forte croissance de plus de 73% la deuxième année
52:11qui est liée aussi à la prise de conscience écologique des personnes
52:14au pouvoir d'achat, comme je le disais, qui avait un peu diminué.
52:17Et là, du coup, la levée de fonds, elle va venir un peu accélérer un peu cette notoriété
52:22et du coup recruter davantage de personnes.
52:26Parce que vous avez annoncé une levée de fonds de plus de 600 000 euros en décembre dernier.
52:31Ce secteur des cosmétiques, que vous connaissez très bien,
52:35à quel point il est impacté par le gaspillage aujourd'hui ?
52:39Aujourd'hui, c'est 4 tonnes de produits qui sont jetés par jour en France.
52:43Par jour, 4 tonnes par jour.
52:44C'est ça.
52:44Ça représente à peu près 1 milliard d'euros de produits qui sont jetés.
52:48Ça représente une somme colossale pour les entreprises,
52:51surtout pour les petites boîtes et les PME.
52:53Mais ça représente également chez les consommateurs énormément de budget.
52:58Aujourd'hui, nous, on a revalorisé en 2 ans et demi 35 tonnes de produits
53:03au lieu qu'ils soient jetés à la poubelle.
53:05Donc rien que ça, ça montre aussi l'impact écologique qu'il y a eu.
53:10C'était la question que j'allais vous poser.
53:12Vous avez évalué le bilan carbone de Grise ?
53:15On a évalué le bilan carbone.
53:16On est en train de travailler avec des professionnels
53:18pour calculer l'analyse du cycle de vie,
53:20pour voir l'impact d'une revalorisation versus un recyclage.
53:23Mais l'avantage du modèle Grise, c'est qu'on ne fait pas que de la vente.
53:26On propose aussi du don à des associations en précarité,
53:29mais également du recyclage sur tous les produits périmés.
53:32Alors, comment vous récupérez ces produits ?
53:34Je veux bien qu'on rentre dans le détail.
53:35Vous avez des marques partenaires ?
53:36C'est ça. En fait, on toque chez les marques.
53:38On leur demande est-ce que vous avez des invendus
53:39ou elles viennent nous contacter.
53:41Et nous, on prend du coup toute catégorie de produits.
53:44Donc des produits d'hygiène, de soins, de maquillage,
53:47de parfums, d'hommes, compléments alimentaires.
53:50Et on ne prend que les produits qui ont des défauts,
53:52donc pas les produits les plus vendables sur le marché,
53:54c'est-à-dire ceux qui ont des légers défauts esthétiques,
53:57ceux qui sont à date courte, des surplus de stock
53:59ou alors les anciens calendriers de l'Avent qu'on n'a pas sortis.
54:02Et donc ces produits-là, nous, on va les vendre de manière éphémère
54:05pendant une semaine.
54:06Et à la fin, on commande tous les produits
54:09qui ont été achetés par nos clients
54:10et on réceptionne tout à notre entrepôt à Orléans
54:13et le client reçoit un colis.
54:15Mais alors, ce sont des colis,
54:16parce que quand vous dites des dates de péremption,
54:20déjà, on ne sait pas forcément
54:22qu'il y a une date de péremption sur un produit d'hygiène
54:24ou sur un produit cosmétique.
54:26Oui, alors, il n'y a pas forcément un produit,
54:28une date libellée.
54:30Il y en a qui fonctionnent plus en PAO,
54:33mais un produit cosmétique reste utilisable
54:36trois ans, fermé et non scellé.
54:38Donc, mine de rien, une boîte,
54:40elle est toujours obligée de créer du neuf.
54:41Et après, il y a aussi une contrainte pour les distributeurs
54:44où ils veulent toujours le produit le plus frais
54:46et donc ils vont chercher à se débarrasser des stocks
54:50qui restent un peu dans le rayon.
54:51Comment ?
54:52Qui sont vos clients ?
54:54Nos clients, ça va être principalement des femmes,
54:56à 80%.
54:57Ça va être des personnes qui sont soit adeptes des bonnes affaires,
54:59donc le bon coin, Vinted ou autres,
55:02ou alors qui ont plus d'un impact écologique,
55:05qui vont vouloir faire un geste en se disant
55:08« Ok, j'aime toujours me maquiller,
55:09par contre, si je peux au moins sauver des produits. »
55:13Vous le voyez évoluer, ce public ?
55:16Vous la voyez évoluer, cette clientèle, en deux ans et demi ?
55:18Oui, on avait beaucoup de personnes
55:20qui étaient là plus pour le prix.
55:22On voit qu'il y a quand même une trajectoire
55:24où les gens sont quand même plus intéressés
55:25aussi par leur impact de leurs gestes au quotidien
55:28et ça, ça compte, je pense, au sein des entreprises
55:32mais aussi au sein des foyers.
55:33Vous avez des concurrents français, européens ?
55:36On a quelques concurrents.
55:38On reste quand même sur un secteur assez petit,
55:40du coup la cosmétique est assez ciblée,
55:42mais on a des concurrents dans l'alimentaire,
55:46dans tout ce qui est les vêtements
55:47ou un peu dans la cosmétique, mais voilà.
55:52Avec une ambition de grandir, évidemment.
55:54C'est aussi pour ça que cette levée de fonds a été effectuée.
55:58Merci beaucoup Noémie Arnal, bon vent à Gris.
56:01Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
56:04Je vous remercie Nathalie Croizet à la coordination éditoriale,
56:07Alexis Mathieu à la prod,
56:09Pierre Loubergoni le réalisateur
56:10et Alexis Oustabassidis au son.
56:13Belle journée, salut.
56:14Sous-titrage Société Radio-Canada
56:18Sous-titrage Société Radio-Canada
56:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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