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Arthur Keller expert reconnu des vulnérabilités systémiques et des stratégies de résilience décrypte ici l'illusion de nos réponses face à la crise écologique.
Accueilli par Julien Devaureix sur la chaîne partenaire Sismique il explique pourquoi s'attaquer au changement climatique sans toucher aux racines du productivisme est une erreur de diagnostic fondamentale. Cette analyse profonde distingue les traitements symptomatiques d'une véritable thérapie pour notre civilisation machine qui transforme la nature en déchets.
Comprendre cette distinction est vital pour ne plus se laisser aveugler par de fausses solutions techniques ou politiques.

#Keller #Sismique #Resilience #Systemique #Ecologie

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Réponses au quiz de fin :
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Quelle métaphore médicale illustre un dérèglement systémique global ? ➡ le cancer généralisé.

Quel type de système économique accélère la maladie de la Terre ? ➡ le système productiviste.

Quel facteur manque souvent pour résoudre les problèmes selon la foule ? ➡ la volonté politique.

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Éducation
Transcription
00:00On pense que par l'accumulation des solutions aux différents symptômes, on soigne quoi que ce soit.
00:05Alors ce n'est vrai que si ces symptômes sont séparés, mais s'ils ont une cause commune,
00:09si en réalité ce ne sont ces différents problèmes, pardon,
00:12si ce ne sont que différents symptômes du fait que vous avez un cancer généralisé,
00:15c'est-à-dire un dérèglement systémique de votre organisme,
00:18alors on ne soigne pas le cancer avec paracétamol, plus pommade, plus tisane.
00:28Il y a beaucoup de gens qui ont fait leur propre diagnostic du problème,
00:32et notamment on a énormément parlé du climat, il y a beaucoup de choses qui sont faites,
00:35et on parle de pollution plastique, on parle de plein de choses,
00:40et il y a beaucoup de gens qui dans leur coin se bougent,
00:42que ce soit au niveau de, enfin il y a plein de types d'organisations, y compris des entreprises,
00:46pour essayer de trouver des solutions, pour résoudre typiquement la pollution plastique,
00:50pour résoudre tout un tas de choses, pour essayer d'innover, d'inventer des nouvelles manières de faire.
00:56Toi tu dis qu'en fait c'est s'adresser aux symptômes, c'est essayer de soigner le symptôme,
01:04et que ça peut être potentiellement contre-productif.
01:08Je voudrais que tu développes cette idée pour qu'on puisse commencer à réfléchir,
01:13ok, est-ce que quelqu'un qui est en train d'essayer de s'attaquer à un problème de manière
01:18très concrète,
01:19en levant des fonds, en investissant, etc. se plante, est-ce qu'il ne faut pas le faire ?
01:25Est-ce que c'est contre-productif ?
01:28Non, alors contre-productif ça dépend, mais effectivement,
01:31dans l'exemple que tu prends, c'est un peu un contre-pied,
01:34si tu as de la pollution plastique, ou autre d'ailleurs, qui s'accumule à un endroit,
01:39ce n'est jamais contre-productif que de nettoyer.
01:44Par contre, effectivement, si tu ne réussis pas à jouer sur le robinet,
01:49sur la source de la pollution, tu vas écoper toute ta vie,
01:51tu vas essayer de lutter, et au final, c'est vain, c'est une course ingagnable.
01:56Mais ça ne veut pas dire que c'est inutile.
01:58Donc moi, effectivement, ce que je dis, pour revenir à ça,
02:01pour la différence entre s'attaquer véritablement au problème,
02:04ou s'attaquer uniquement aux symptômes de ce problème,
02:06ça c'est quelque chose qui est fondamental, que je développe plus dans les confs,
02:09donc ceux qui ne me connaissent pas encore, allez voir la vidéo d'une de mes confs récente,
02:14si possible, et puis pour qu'elle soit à jour,
02:16et puis vous verrez ce que je raconte à cet endroit-là.
02:19Mais globalement, quand même, j'explique le concept,
02:21nous avons effectivement aujourd'hui un problème de dépassement des limites planétaires,
02:26qui est multi et qui est multidimensionnel.
02:28Attention, je précise aussi que les limites planétaires,
02:32contrairement à ce que certains pensent, ce n'est pas de la systémique.
02:36C'est multi-silos, c'est multidimensionnel, mais ce n'est toujours pas de la systémique,
02:39parce que beaucoup de gens sont aujourd'hui là-dedans,
02:41ils disent, nous on fait de la systémique parce qu'on est multidimensionnel dans notre approche.
02:45Oui, mais ce n'est pas de la systémique.
02:47Ce qui est systémique est nécessairement multidimensionnel,
02:49mais le contraire n'est pas vrai.
02:51Bref, mais globalement, on a des limites planétaires qui sont dépassées à tous les niveaux,
02:55que ce soit au niveau du climat, au niveau des sols, du cycle de l'eau,
02:58du cycle des nutriments, ce qu'on appelle les cycles bio-géochimiques notamment.
03:01On a des pollutions qui explosent, etc.
03:05Et donc à tous ces niveaux-là, toutes ces choses-là,
03:07et toutes les choses que j'ai déjà vaguement évoquées juste avant,
03:09ce sont effectivement des symptômes du fait que notre civilisation,
03:12comme je disais, est une machine qui convertit la nature en déchets.
03:15On prend et on prend trop et trop vite,
03:18on transforme, on détruit trop et trop vite,
03:20et on génère des déchets et des pollutions trop et trop vite.
03:23Souvent, je prends comme exemple la chose suivante.
03:25Parmi les déchets et les pollutions, ils sont de trois natures.
03:29Il y a trois types de choses.
03:30Il y a des gaz, des liquides et puis des solides.
03:33Et parmi les gaz, on a des gaz qui détraquent le climat,
03:35qui sont des gaz à effet de serre.
03:36Et le changement climatique n'est qu'un des multiples symptômes
03:39de ce problème-là.
03:40Et c'est pareil pour tout le reste.
03:41Ce sont des symptômes.
03:43Bon, et alors là, pourquoi c'est très différent,
03:45effectivement, de s'attaquer aux différents symptômes
03:49ou de s'attaquer à la maladie ?
03:50En fait, ce n'est pas la même chose.
03:52C'est que, donc là, c'est pareil,
03:55confirmer conf, mais je vais quand même utiliser
03:57cette métaphore que j'utilise régulièrement.
03:59Je fais une métaphore qui n'est pas très glorieuse,
04:03mais qui est relativement claire.
04:07Imaginons que vous ayez des maux de crâne,
04:09imaginons que vous ayez des problèmes de peau,
04:10imaginons que vous ayez des problèmes de digestion également.
04:13Bon, mais si vous avez envie de traiter ces différents problèmes
04:17en tant que problème, il y a une très bonne nouvelle,
04:20c'est qu'il y a des solutions.
04:22Donc, pour les maux de crâne, il y a du paracétamol,
04:23pour les problèmes de peau, il y a de la pommade,
04:25pour les problèmes de ventre, il y a une tisane.
04:28Et donc, vous avez l'impression que vous avez des gens
04:30qui travaillent sur les différents problèmes,
04:32et vous avez des gens qui sont capables
04:34de vous proposer différentes solutions.
04:36Il y a des gens qui ont travaillé sur le développement
04:37de cette pommade, par exemple, pour les problèmes de peau.
04:40Vous êtes allé voir un spécialiste, un dermato,
04:42qui vous a dit, ça, c'est la bonne solution
04:43pour votre problème.
04:45Et puis, c'est pareil, dans l'autre silo, le silo ventre,
04:47vous êtes allé voir un gastro-entérologue qui vous a dit,
04:49ça, c'est une tisane spéciale qui a été mise au point,
04:51par des gens spécialisés, et c'est parfait pour vous.
04:54Bon, voilà, donc on a des spécialisations extrêmement poussées,
04:56et on pense que par l'accumulation des solutions
04:59aux différents symptômes, on soigne quoi que ce soit.
05:02Alors, ce n'est vrai que si ces symptômes sont séparés,
05:05mais s'ils ont une cause commune,
05:06si en réalité, ce ne sont ces différents problèmes, pardon,
05:09si ce ne sont que différents symptômes
05:11du fait que vous avez un cancer généralisé,
05:12c'est-à-dire un dérèglement systémique de votre organisme,
05:15alors on ne soigne pas le cancer
05:16avec paracétamol, plus pommade, plus tisane.
05:19Voilà ce que j'explique.
05:20Et aujourd'hui, on est précisément dans cette problématique-là.
05:23Donc, maintenant, une fois qu'on a dit tout ça,
05:25est-ce que c'est contre-productif
05:27de s'attaquer aux différents symptômes ?
05:30Ça dépend.
05:31En fait, en tant que tel, non.
05:33On ne va pas dire à des gens,
05:34bon, vous avez un cancer généralisé,
05:36mais surtout, ne prenez pas de paracétamol
05:39pour vos maux de crâne,
05:40ou ne mettez pas de crème sur votre peau
05:42pour les problèmes de peau.
05:44Non, ma foi, c'est très bien de soigner,
05:46de traiter également les symptômes.
05:49En l'occurrence, certains des symptômes
05:51dans notre situation à nous,
05:52pour sortir de la métaphore,
05:53sont des symptômes qui sont gravissimes,
05:55qui vont nous tuer à eux tout seuls.
05:56Le changement climatique est un symptôme mortel.
05:59Donc, il faut impérativement
06:01s'attaquer aux symptômes changement climatique.
06:03Je ne me mets pas en porte-à-faux
06:04avec les gens qui disent qu'il faut faire ça.
06:06Bien évidemment, mais il faut bien comprendre
06:07que ce n'est qu'un des symptômes.
06:09Et donc, traiter les différents symptômes
06:11peut être absolument vital.
06:14Pour autant, c'est dérisoire
06:16si on ne soigne pas aussi la maladie.
06:19Et la maladie, je viens de le dire,
06:21c'est qu'on prélève trop vite,
06:22on transforme trop vite,
06:23on pollue trop vite.
06:25Donc, tant qu'on est dans un système
06:27productiviste, croissanciste, etc.,
06:29effectivement, il y a une accélération
06:30des flux d'énergie et de matière
06:31qui est incompatible,
06:33qui va accélérer et aggraver la maladie.
06:36Donc, on aura beau traiter
06:37les différents symptômes
06:38ou essayer de les traiter,
06:39c'est une course vaine.
06:42Et là où je dis que ça peut être
06:43contre-productif,
06:44c'est là que c'est un peu sux,
06:45c'est que traiter les différents symptômes
06:49une fois de plus n'est quelque chose
06:52en tant que tel,
06:53on pourrait dire que ce n'est pas
06:54contre-productif.
06:55Mais ce n'est pas contre-productif
06:56si on soigne la maladie aussi.
07:00Si le fait de s'attaquer
07:02aux différents symptômes
07:03nous fait croire
07:04qu'on tient le bon bout,
07:07nous fait croire qu'on va réussir
07:09à guérir la maladie
07:10de la manière suivante,
07:11alors on se trompe fondamentalement
07:13et ça nous empêche
07:15de soigner la maladie.
07:17Donc là où c'est contre-productif,
07:19ce n'est pas de le faire,
07:20ce n'est pas de soigner,
07:21de traiter les symptômes,
07:22mais c'est d'avoir pas compris
07:24que l'addition
07:26des traitements symptomatiques
07:27ne s'agrégeait pas
07:29en une thérapie pour la maladie.
07:31C'est le fait
07:31de ne pas avoir compris
07:32qu'on ne résoudrait rien
07:34simplement en traitant les symptômes.
07:36tant qu'on ne l'a pas compris,
07:38et bien c'est contre-productif
07:39puisque ça nous empêche
07:40de faire ce qu'il faudrait faire.
07:43Voilà.
07:43Et aujourd'hui, effectivement,
07:45je vois dans la somme
07:46de toutes les meilleures idées
07:48qui circulent
07:49sur ce qu'il faut faire
07:51pour traiter les différents symptômes
07:54issus des plus grands spécialistes,
07:56je vois l'ensemble de tout ça
07:58comme une forme de maladaptation.
08:01à court terme,
08:02c'est mieux
08:03puisque ça permet
08:05de soulager certains symptômes
08:07à certains égards,
08:08mais à plus long terme,
08:10non seulement c'est vain,
08:10mais en plus,
08:11ça nous aura empêché
08:12de changer véritablement
08:14ce qui doit être changé,
08:15en tout cas,
08:15au moins de le comprendre.
08:16Je ne dis pas
08:17que ce serait facile à faire,
08:18mais au moins de comprendre
08:18qu'il faudrait faire ça.
08:21Ça nous aveugle.
08:22On s'imagine
08:23qu'on va réussir
08:24à résoudre
08:26ou en tout cas
08:27à bien soulager
08:29les problèmes
08:31avec ce dont on dispose
08:33comme outil.
08:33Juste avant
08:33que tu reprennes la parole,
08:35tu vois,
08:35j'entends souvent,
08:36souvent,
08:36souvent dire
08:37les choses suivantes,
08:38mais les problèmes,
08:38on les connaît les problèmes.
08:40On les a compris les problèmes.
08:41Et les solutions,
08:42finalement,
08:43bon,
08:43on ne les a peut-être pas toutes,
08:44mais on sait ce qu'il faut faire.
08:45C'est bon,
08:45on sait ce qu'il faut faire.
08:47Donc c'est bon,
08:48tout est clair alors.
08:49C'est formidable.
08:50Et donc il suffirait
08:50de faire tout ça
08:51pour que ça résolve le problème.
08:52Mais le problème,
08:52c'est que c'est faux.
08:53Et le problème,
08:54dans cette posture,
08:55il consiste à dire
08:55« mais on connaît les problèmes,
08:57on connaît les solutions »,
08:59c'est de dire
08:59« ben finalement,
09:01c'est qui alors ? »
09:02C'est à qui la faute ?
09:03Parce qu'on sait très bien
09:05ce qu'il faut faire,
09:05apparemment,
09:06mais on ne le ferait pas.
09:07Alors c'est quoi ?
09:08C'est souvent la volonté politique
09:09qui manque.
09:09C'est souvent ça.
09:11Alors je ne dis pas que
09:12ce n'est pas vrai.
09:13C'est sûr que la volonté politique,
09:14on n'y est pas du tout.
09:16Et donc je ne les exonère pas du tout.
09:18Mais pour autant,
09:20pour autant,
09:20cette opposition de
09:21« ah, si seulement il y avait
09:23la bonne volonté politique,
09:24alors il n'y aurait plus le problème »,
09:26c'est faux.
09:27Et ce clivage qui consiste à dire
09:28« c'est de leur faute,
09:29c'est la faute ».
09:30Alors après,
09:31ça peut être les dirigeants,
09:33et ça peut être les riches,
09:34ça peut être telle ou telle tranche
09:36de la société.
09:36Le problème, c'est eux.
09:38Le problème,
09:38c'est que ça clive
09:41inutilement.
09:41Ce n'est pas productif.
09:43Voilà.
09:44Donc,
09:44ce n'est pas constructif,
09:45je voulais dire.
09:46Voilà,
09:47enfin bref.
09:47Donc,
09:47il y a dans les postures
09:49que l'on a
09:49des choses qui sont utiles
09:51et des choses qui peuvent être
09:52contre-productives,
09:53effectivement.
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