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Extrait de Sismique avec Pablo Servigne, ingénieur agronome, docteur en biologie et figure majeure de la collapsologie.
Il explique pourquoi attendre l’effondrement est une erreur qui dépolitise, et détaille trois axes d’action essentiels : résister, créer des alternatives et transformer la culture. Selon lui, le vrai danger n’est pas la nature humaine mais une culture de compétition qui rend les crises explosives.
Une analyse lucide sur l’effondrement, la transition écologique, la résilience et la nécessité d’un changement intérieur avant toute révolution.

#effondrement #climat #societe #ecologie #politique

Vidéo complète disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=SUt6g6sMzVA
Pour s’abonner : https://www.youtube.com/@sismique

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Réponses au quiz de fin :
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Quelles sont les trois voies d’action face à l’effondrement selon Servigne ?
➡ La résistance, la résilience et la conscience.

À qui Pablo Servigne compare-t-il son ancien travail de vulgarisation ?
➡ À Jancovici.

Quelle culture Pablo Servigne accuse-t-il de mener à l’effondrement ?
➡ La culture occidentale.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Ce qui est dangereux, c'est pas les pénuries.
00:02On sait s'en sortir, les humains, on sait gérer les pénuries.
00:05Ce qui est dangereux, c'est d'arriver dans les pénuries avec une culture de l'égoïsme,
00:09et de la compétition, et de la violence, et de la performance, et de l'efficacité.
00:13Là, c'est mort. Là, ça a une bombe sociale qui va faire beaucoup de morts.
00:24Tu continues de prévoir l'effondrement, mais surtout, tu l'attends.
00:28Parce que tant que le système est en place, il ne permet pas à autre chose d'exister.
00:36Et, première question, on reste là, je ne vais pas faire une question à allonger.
00:39Est-ce que j'ai raison de dire ça ? Après, je développerai autre chose.
00:47Oui, c'est une bonne question.
00:53On peut attendre... Alors non, on n'attend pas l'effondrement.
00:57Parce que c'est justement passif, et c'est ce qu'on nous a reproché, d'être passif et de
01:02dépolitiser, tu vois.
01:04La question de la dépolitisation, c'est que si l'effondrement va déverrouiller tous les systèmes, alors autant l'attendre.
01:10On va boire un verre, tu vois.
01:11Ça, ça dépolitise. Voilà.
01:13En fait, non. Il faut faire plein de choses. Il faut empêcher.
01:16Il y a trois trucs à faire. C'est Joanna Messi qui a amené ça.
01:19En plus de l'expression « le réseau des tempêtes », elle a amené qu'il y a trois voies
01:23d'action.
01:24Empêcher la destruction du vivant, et c'est de la résistance.
01:29Empêcher, donc les barricades, tout ça, les lobbies, les pétitions, tout ce que tu veux.
01:34Désarmer, en fait, la méga-machine.
01:36Deux, c'est créer des alternatives.
01:39Et là, on est plutôt dans la résilience.
01:40Et il faut les deux.
01:42Si tu ne combines pas résistance et résilience, c'est mort.
01:46C'est mort.
01:47Soit tu t'épuises vite, et tu meurs vite.
01:50Soit tu meurs parce que tu es écrasé.
01:52Bref, donc créer des alternatives, c'est-à-dire nourrir les jeunes pousses, comme je disais tout à l'heure.
01:58Et puis, le troisième qu'on oublie tout le temps, surtout en France, c'est changer de conscience.
02:02Le chemin, il est largement intérieur.
02:06Intérieur.
02:07C'est insupportable pour les rationalistes.
02:09Je suis désolé, les amis, mais il va falloir se mettre, s'alphabétiser émotionnellement.
02:14On est vraiment nuls, surtout les hommes scientifiques, militants, le monde politique, tout ça, en émotion.
02:21Donc je pense que nous, on a un peu participé à ça, avec nos bouquins, et c'est pour ça
02:25qu'on a été aussi critiqués.
02:27Et tu vois, moi j'étais fatigué des chiffres, je passais mon temps à être comme Jean Covici, à faire
02:32des graphiques et tout.
02:33Et c'est super qu'il ait fait ça.
02:35Et il y a plein de Jean Covici maintenant, ils sont là avec les chiffres, les graphiques.
02:39Je suis désolé pour leur corps et leur santé mentale, mais ils vont peut-être s'épuiser et aller en
02:44burn-out.
02:46Mais je suis content qu'ils fassent ça, parce que moi j'en pouvais plus.
02:50Et du coup, la question c'est, est-ce qu'on provoque ?
02:53Alors, il y a un retour de la Collapso, là je vais te faire un teaser, pas un spoiler.
03:01Mais je pense qu'il y a un retour, j'intuite qu'il y a un retour de la Collapso,
03:04il va falloir la penser bien.
03:06Et la pensée contre les élites, contre les dominants.
03:10Contre ce qu'un auteur anglais, je ne sais pas s'il est anglais ou australien,
03:16Luke Kemp, qui est un grand scientifique du Collapse, très reconnu.
03:19Il l'appelle les Goliaths.
03:22Les Goliaths, ce sont les élites, les politiques économiques qui verrouillent le système,
03:27qui créent de la violence horizontale et verticale, et qui causent le Collapse.
03:32C'est eux qu'il faut aller dégommer, d'accord ?
03:35Et en fait, quand il y a un Collapse, en général, c'est compliqué cette idée,
03:40mais ça nuit beaucoup plus aux dominants qu'aux peuples.
03:46C'est une idée, en teasing, à travailler.
03:48Elle est très dangereuse, mais c'est rien d'autre que la révolution, tu vois.
03:54Juste faire la révolution, mais sans remettre après des structures anarchiques pyramidales.
04:00C'est ce que j'allais dire.
04:01C'est-à-dire que là, pour le coup, on revient sur un spectre politique connu,
04:05qui est celui du souhait révolutionnaire ou du maître révolutionnaire,
04:10où tu pourras développer sur l'anarchisme qu'il peut y avoir derrière,
04:15ou une logique aujourd'hui qui va être catégorisée à l'extrême-gauche.
04:23C'est un sujet intéressant, pareil, on pourrait passer une heure là-dessus.
04:26On le fera dans un ou deux ans ?
04:27Il faut d'abord le penser.
04:29Oui, oui.
04:30Donc ça, ça rejoint beaucoup de gens qui prennent la parole aussi,
04:35de plus en plus en France,
04:37quand j'écoutais Roi de Branco ou Nicolas Framont que j'avais reçu ici,
04:41ou excité de refaire les guillotines,
04:43et que l'ennemi à abattre, ce seraient les dominants,
04:46ou la classe bourgeoise, ou voilà, comme avant la noblesse,
04:51et que donc il faut faire peur, voire il faut utiliser de la violence,
04:55parce qu'il n'y a pas la rhétorique derrière quand on la pousse,
04:59et on ne peut pas se débarrasser de ça sans violence, sans faire peur.
05:03Oui, on peut. Je pense qu'on peut faire renverser en non-violence,
05:06mais c'est une autre discussion.
05:07Alors, question sur violence, non-violence,
05:11et aussi, derrière la révolution, il y a l'après.
05:16C'est-à-dire que toutes les révolutions ont été extrêmement violentes,
05:19sanglantes, et ont abouti à des nouvelles hiérarchies extrêmement fortes.
05:25La révolution russe, la révolution française, le retour de Napoléon, Staline,
05:30qui finalement n'ont pas résolu grand-chose,
05:32voire ont fait beaucoup plus de mal que ce qu'elles ont voulu éviter.
05:36Donc moi, à chaque fois que j'entends ce discours-là,
05:39je pose la question de l'histoire,
05:42et de qu'est-ce qui ferait que ça ne retomberait pas dans les mêmes travers,
05:45vu la nature humaine, entre guillemets, et vu le...
05:47Non, non, non, pas la nature humaine, il ne faut pas dire ça.
05:49Il ne faut pas dire la nature humaine.
05:51Le problème, ce n'est pas la nature humaine,
05:53c'est la culture occidentale.
05:55C'est ça qui nous mène à l'effondrement.
05:57La nature humaine, elle est très bien.
05:59On peut en faire ce qu'on veut.
06:00Elle nous a permis de traverser l'adversité depuis des centaines de milliers d'années.
06:03Par contre...
06:04Alors, je...
06:06Petit truc là-dessus.
06:08Alors, ce n'est pas l'idée d'aller sur la nature humaine,
06:10mais c'est...
06:10Qu'est-ce qui fait, à un moment donné,
06:12que dans plusieurs endroits du monde,
06:14dans...
06:14Y compris, je ne sais pas si les Aztèques,
06:16où il y a une société extrêmement aussi hiérarchisée,
06:19il y a des difficultés partout dans le monde, voilà.
06:22Et donc, comment mettre fin à une structure hiérarchique très forte,
06:27en évitant de la naissance d'une autre structure hiérarchique,
06:31qui soit recompensée de manière différente ?
06:32Oui, j'allais venir à ta question.
06:34J'ai compris ta question, j'allais y venir.
06:36C'est juste une petite parenthèse sur la nature humaine.
06:38Je dis souvent dans mes conférences,
06:39en démontrant que dans la nature,
06:41il n'y a pas du tout une seule loi,
06:43qui est l'agression et la compétition.
06:44Il y a plein d'autres choses.
06:45La nature humaine, elle est très bien.
06:47Et ce n'est pas le mythe de Rousseau.
06:49On est entre Rousseau et Hobbes, on est au milieu.
06:52On fait ce qu'on veut de la nature humaine,
06:54mais pas que.
06:54Il y a aussi des déterministes.
06:55Bref, ce qui est dangereux, c'est d'arriver.
06:57Ce n'est pas les pénuries.
06:59On sait s'en sortir, les humains.
07:00On sait gérer les pénuries.
07:02Ce qui est dangereux, c'est d'arriver dans les pénuries
07:04avec une culture de l'égoïsme,
07:06et de la compétition, et de la violence,
07:07et de la performance, et de l'efficacité.
07:09Là, c'est mort.
07:10Là, ça a une bombe sociale qui va faire beaucoup de morts.
07:13Voilà.
07:13Donc pour moi, le changement, il est culturel.
07:15C'est maintenant, avant,
07:17et je reviens à ta question par cet angle,
07:20c'est avant les insurrections, les bifurcations,
07:24les basculements, les révolutions, tout ce qu'on veut,
07:27qu'il faut avoir, qu'il faut déployer une culture
07:30de l'empathie, de l'altruisme, de la coopération, etc.
07:33C'est maintenant.
07:34Parce que si tu arrives dans le dur
07:36avec un cerveau de compétiteur, c'est mort.
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