00:00Ce qui est dangereux, c'est pas les pénuries.
00:02On sait s'en sortir, les humains, on sait gérer les pénuries.
00:05Ce qui est dangereux, c'est d'arriver dans les pénuries avec une culture de l'égoïsme,
00:09et de la compétition, et de la violence, et de la performance, et de l'efficacité.
00:13Là, c'est mort. Là, ça a une bombe sociale qui va faire beaucoup de morts.
00:24Tu continues de prévoir l'effondrement, mais surtout, tu l'attends.
00:28Parce que tant que le système est en place, il ne permet pas à autre chose d'exister.
00:36Et, première question, on reste là, je ne vais pas faire une question à allonger.
00:39Est-ce que j'ai raison de dire ça ? Après, je développerai autre chose.
00:47Oui, c'est une bonne question.
00:53On peut attendre... Alors non, on n'attend pas l'effondrement.
00:57Parce que c'est justement passif, et c'est ce qu'on nous a reproché, d'être passif et de
01:02dépolitiser, tu vois.
01:04La question de la dépolitisation, c'est que si l'effondrement va déverrouiller tous les systèmes, alors autant l'attendre.
01:10On va boire un verre, tu vois.
01:11Ça, ça dépolitise. Voilà.
01:13En fait, non. Il faut faire plein de choses. Il faut empêcher.
01:16Il y a trois trucs à faire. C'est Joanna Messi qui a amené ça.
01:19En plus de l'expression « le réseau des tempêtes », elle a amené qu'il y a trois voies
01:23d'action.
01:24Empêcher la destruction du vivant, et c'est de la résistance.
01:29Empêcher, donc les barricades, tout ça, les lobbies, les pétitions, tout ce que tu veux.
01:34Désarmer, en fait, la méga-machine.
01:36Deux, c'est créer des alternatives.
01:39Et là, on est plutôt dans la résilience.
01:40Et il faut les deux.
01:42Si tu ne combines pas résistance et résilience, c'est mort.
01:46C'est mort.
01:47Soit tu t'épuises vite, et tu meurs vite.
01:50Soit tu meurs parce que tu es écrasé.
01:52Bref, donc créer des alternatives, c'est-à-dire nourrir les jeunes pousses, comme je disais tout à l'heure.
01:58Et puis, le troisième qu'on oublie tout le temps, surtout en France, c'est changer de conscience.
02:02Le chemin, il est largement intérieur.
02:06Intérieur.
02:07C'est insupportable pour les rationalistes.
02:09Je suis désolé, les amis, mais il va falloir se mettre, s'alphabétiser émotionnellement.
02:14On est vraiment nuls, surtout les hommes scientifiques, militants, le monde politique, tout ça, en émotion.
02:21Donc je pense que nous, on a un peu participé à ça, avec nos bouquins, et c'est pour ça
02:25qu'on a été aussi critiqués.
02:27Et tu vois, moi j'étais fatigué des chiffres, je passais mon temps à être comme Jean Covici, à faire
02:32des graphiques et tout.
02:33Et c'est super qu'il ait fait ça.
02:35Et il y a plein de Jean Covici maintenant, ils sont là avec les chiffres, les graphiques.
02:39Je suis désolé pour leur corps et leur santé mentale, mais ils vont peut-être s'épuiser et aller en
02:44burn-out.
02:46Mais je suis content qu'ils fassent ça, parce que moi j'en pouvais plus.
02:50Et du coup, la question c'est, est-ce qu'on provoque ?
02:53Alors, il y a un retour de la Collapso, là je vais te faire un teaser, pas un spoiler.
03:01Mais je pense qu'il y a un retour, j'intuite qu'il y a un retour de la Collapso,
03:04il va falloir la penser bien.
03:06Et la pensée contre les élites, contre les dominants.
03:10Contre ce qu'un auteur anglais, je ne sais pas s'il est anglais ou australien,
03:16Luke Kemp, qui est un grand scientifique du Collapse, très reconnu.
03:19Il l'appelle les Goliaths.
03:22Les Goliaths, ce sont les élites, les politiques économiques qui verrouillent le système,
03:27qui créent de la violence horizontale et verticale, et qui causent le Collapse.
03:32C'est eux qu'il faut aller dégommer, d'accord ?
03:35Et en fait, quand il y a un Collapse, en général, c'est compliqué cette idée,
03:40mais ça nuit beaucoup plus aux dominants qu'aux peuples.
03:46C'est une idée, en teasing, à travailler.
03:48Elle est très dangereuse, mais c'est rien d'autre que la révolution, tu vois.
03:54Juste faire la révolution, mais sans remettre après des structures anarchiques pyramidales.
04:00C'est ce que j'allais dire.
04:01C'est-à-dire que là, pour le coup, on revient sur un spectre politique connu,
04:05qui est celui du souhait révolutionnaire ou du maître révolutionnaire,
04:10où tu pourras développer sur l'anarchisme qu'il peut y avoir derrière,
04:15ou une logique aujourd'hui qui va être catégorisée à l'extrême-gauche.
04:23C'est un sujet intéressant, pareil, on pourrait passer une heure là-dessus.
04:26On le fera dans un ou deux ans ?
04:27Il faut d'abord le penser.
04:29Oui, oui.
04:30Donc ça, ça rejoint beaucoup de gens qui prennent la parole aussi,
04:35de plus en plus en France,
04:37quand j'écoutais Roi de Branco ou Nicolas Framont que j'avais reçu ici,
04:41ou excité de refaire les guillotines,
04:43et que l'ennemi à abattre, ce seraient les dominants,
04:46ou la classe bourgeoise, ou voilà, comme avant la noblesse,
04:51et que donc il faut faire peur, voire il faut utiliser de la violence,
04:55parce qu'il n'y a pas la rhétorique derrière quand on la pousse,
04:59et on ne peut pas se débarrasser de ça sans violence, sans faire peur.
05:03Oui, on peut. Je pense qu'on peut faire renverser en non-violence,
05:06mais c'est une autre discussion.
05:07Alors, question sur violence, non-violence,
05:11et aussi, derrière la révolution, il y a l'après.
05:16C'est-à-dire que toutes les révolutions ont été extrêmement violentes,
05:19sanglantes, et ont abouti à des nouvelles hiérarchies extrêmement fortes.
05:25La révolution russe, la révolution française, le retour de Napoléon, Staline,
05:30qui finalement n'ont pas résolu grand-chose,
05:32voire ont fait beaucoup plus de mal que ce qu'elles ont voulu éviter.
05:36Donc moi, à chaque fois que j'entends ce discours-là,
05:39je pose la question de l'histoire,
05:42et de qu'est-ce qui ferait que ça ne retomberait pas dans les mêmes travers,
05:45vu la nature humaine, entre guillemets, et vu le...
05:47Non, non, non, pas la nature humaine, il ne faut pas dire ça.
05:49Il ne faut pas dire la nature humaine.
05:51Le problème, ce n'est pas la nature humaine,
05:53c'est la culture occidentale.
05:55C'est ça qui nous mène à l'effondrement.
05:57La nature humaine, elle est très bien.
05:59On peut en faire ce qu'on veut.
06:00Elle nous a permis de traverser l'adversité depuis des centaines de milliers d'années.
06:03Par contre...
06:04Alors, je...
06:06Petit truc là-dessus.
06:08Alors, ce n'est pas l'idée d'aller sur la nature humaine,
06:10mais c'est...
06:10Qu'est-ce qui fait, à un moment donné,
06:12que dans plusieurs endroits du monde,
06:14dans...
06:14Y compris, je ne sais pas si les Aztèques,
06:16où il y a une société extrêmement aussi hiérarchisée,
06:19il y a des difficultés partout dans le monde, voilà.
06:22Et donc, comment mettre fin à une structure hiérarchique très forte,
06:27en évitant de la naissance d'une autre structure hiérarchique,
06:31qui soit recompensée de manière différente ?
06:32Oui, j'allais venir à ta question.
06:34J'ai compris ta question, j'allais y venir.
06:36C'est juste une petite parenthèse sur la nature humaine.
06:38Je dis souvent dans mes conférences,
06:39en démontrant que dans la nature,
06:41il n'y a pas du tout une seule loi,
06:43qui est l'agression et la compétition.
06:44Il y a plein d'autres choses.
06:45La nature humaine, elle est très bien.
06:47Et ce n'est pas le mythe de Rousseau.
06:49On est entre Rousseau et Hobbes, on est au milieu.
06:52On fait ce qu'on veut de la nature humaine,
06:54mais pas que.
06:54Il y a aussi des déterministes.
06:55Bref, ce qui est dangereux, c'est d'arriver.
06:57Ce n'est pas les pénuries.
06:59On sait s'en sortir, les humains.
07:00On sait gérer les pénuries.
07:02Ce qui est dangereux, c'est d'arriver dans les pénuries
07:04avec une culture de l'égoïsme,
07:06et de la compétition, et de la violence,
07:07et de la performance, et de l'efficacité.
07:09Là, c'est mort.
07:10Là, ça a une bombe sociale qui va faire beaucoup de morts.
07:13Voilà.
07:13Donc pour moi, le changement, il est culturel.
07:15C'est maintenant, avant,
07:17et je reviens à ta question par cet angle,
07:20c'est avant les insurrections, les bifurcations,
07:24les basculements, les révolutions, tout ce qu'on veut,
07:27qu'il faut avoir, qu'il faut déployer une culture
07:30de l'empathie, de l'altruisme, de la coopération, etc.
07:33C'est maintenant.
07:34Parce que si tu arrives dans le dur
07:36avec un cerveau de compétiteur, c'est mort.
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