Passer au playerPasser au contenu principal
Jean-Marc Jancovici, ingénieur et président du Shift Project, révèle l'extrême dépendance de notre système de santé aux hydrocarbures.
De la fabrication des médicaments en plastique aux camions indispensables à l'approvisionnement, la fin du pétrole menace directement nos soins. Cette analyse physique du monde moderne expose l'aveuglement causé par l'argent face aux flux énergétiques vitaux.
Retrouvez cette intervention marquante sur les chaînes partenaires RTL et Thinkerview pour comprendre pourquoi l'hôpital doit muter d'urgence avant 2050.

#Jancovici #Santé #Pétrole #Énergie #Hôpital

00:00 Intro
00:49 Jean-Marc Jancovici
08:06 Outro

Vidéo complète disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=JmByobw2YWA
https://www.youtube.com/watch?v=N5mFPeu04YU
Pour s’abonner : https://www.youtube.com/@thinkerview
https://www.youtube.com/@rtl_france
Musique: https://youtu.be/RNsyw2tfPnk
Montage: lakl42

Pensez à réduire la qualité de la vidéo.

Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
/!\

/!\

/!\
/!\
Quel pourcentage des émissions de gaz à effet de serre vient des soins ? ➡ 8%.

Selon Jancovici, par combien le pétrole arrivant en Europe pourrait-il être divisé ? ➡ Par 10.

Quel élément Jancovici considère-t-il comme le globule rouge de l'économie ? ➡ le camion.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:49Aujourd'hui, quand on dit pétrole, tout le monde va penser pris à la pompe.
00:52C'est en général la conséquence qui arrive en premier.
00:56Mais en fait, le pétrole et le gaz sont partout dans nos vies
00:58et ils sont aussi dans le système de soins.
01:01Une étude du Chiffre Project qu'on a fait il y a quelques années
01:04rappelait que le système de soins est à l'origine de 8%
01:07des émissions de gaz à effet de serre
01:09qui permettent aux Français de vivre comme ils vivent,
01:11de notre empreinte carbone.
01:128% c'est quand même beaucoup.
01:14Alors d'où elles viennent ces émissions ?
01:15Elles viennent du chauffage de l'hôpital évidemment,
01:17elles viennent des déplacements, des pompiers, des visiteurs,
01:19du personnel de soins,
01:20mais elles viennent aussi de la fabrication de tout ce qu'on va trouver à l'hôpital,
01:24les seringues, les escalpels,
01:25les appareils à prendre l'attention, etc.
01:27et de la fabrication des médicaments qu'on administre à l'hôpital
01:30car une partie des gens qui y rentrent ne sont pas en très bonne santé
01:33et donc on leur donne des médicaments.
01:35Et tout ça dépend du pétrole et du gaz.
01:38Tous les dispositifs qui sont en plastique viennent du pétrole,
01:41une bonne partie de la matière première pour faire les médicaments c'est du pétrole,
01:44les poches à sang, les champs opératoires, les textiles synthétiques, etc.
01:48Tout ça c'est du pétrole et du gaz.
01:50Donc il y a une dépendance du système de soins aux hydrocarbures aussi.
01:54Alors à très court terme, la fermeture du détroit d'Hormuz n'empêche pas les opérations du genou.
01:59Mais par contre, si on se place dans une perspective plus lointaine,
02:04au chiffre project on a montré par exemple que la quantité de pétrole qui rentre en Europe d'ici à
02:082050
02:08pourrait être divisée par n'importe quoi entre 2 et 10.
02:12on va avoir aussi un sujet pour faire fonctionner l'hôpital,
02:16conserver un système de soins qui fonctionne alors même que nous aurons beaucoup moins de pétrole et de gaz.
02:20Alors on comprend qu'il faut changer les choses justement.
02:24Est-ce qu'on peut transformer notre système, l'hôpital, en France,
02:28si les gens qui y travaillent ne sont pas motivés pour ?
02:30C'est assez difficile en général dans une organisation humaine
02:33de faire en sorte qu'on change tout avec les gens qui traînent les pieds.
02:37Et pour savoir justement s'ils sont motivés ou pas,
02:39au chiffre project on a lancé depuis quelques semaines
02:41une grande consultation des professionnels de la santé
02:43qui s'adresse aux médecins, alors hospitaliers ou pas,
02:46aux infirmiers, infirmières, pareil hospitaliers ou pas,
02:49et aux pharmaciens.
02:51Et ce qu'on leur demande,
02:52ce n'est pas de nous dire qu'ils sont d'accord pour faire ceci ou cela,
02:55on leur demande de nous dire où ils se tiennent.
02:57C'est-à-dire qu'est-ce qu'ils pensent de ce sujet-là ?
03:00Est-ce qu'ils pensent qu'ils doivent jouer un rôle
03:02ou que ce n'est pas leur rôle de faire ça ?
03:04Est-ce qu'ils pensent qu'ils peuvent faire quelque chose ?
03:05Est-ce qu'ils ont envie de faire quelque chose ?
03:08Et c'est un questionnaire qui est librement accessible
03:11à partir du site du chiffre project.
03:12Aujourd'hui on est un peu faible sur les réponses des infirmiers.
03:15Donc il y a un très bon taux de participation des médecins.
03:18Mais par contre du côté de la profession infirmière,
03:21là on manque de réponses.
03:22Donc si vous avez une personne dans votre famille
03:24qui fait ce noble métier,
03:26et ce n'est pas complètement exclu
03:27parce qu'il y en a quand même quasiment un demi-million dans ce pays,
03:29des infirmiers et des infirmières,
03:31et bien on serait ravis d'avoir leur avis.
03:33Ça prend 10 à 15 minutes
03:34et ça nous serait extrêmement précieux.
03:36On avait déjà fait ça avec les élus et les agriculteurs
03:39et à chaque fois ça a donné des résultats extrêmement intéressants
03:42parce qu'on réalise des choses
03:43qu'on ne réalisait pas nécessairement avant.
03:45La société moderne était basée sur un ensemble de flux physiques,
03:49du transport, de la transformation, de la conversion, etc.
03:53Tous les objets qui sont présents dans cette pièce,
03:55en fait c'est des ressources naturelles transformées.
03:56Donc il y a eu des flux physiques de transformation
03:58et de transport pour leur permettre d'être dans cette pièce
04:00à partir de ressources naturelles.
04:02Donc le système économique est un vaste système de transformation
04:04basé sur des flux physiques.
04:06Il se trouve que les flux physiques ont une mesure pour les compter,
04:08c'est l'énergie.
04:09Donc à partir du moment où on a une grille de lecture énergétique
04:12de ce qui se passe dans le monde,
04:13on comprend un certain nombre de choses
04:15et on comprend les tendances lourdes qui sont à l'œuvre.
04:19On n'a pas besoin d'être un génie.
04:21Tendances lourdes, c'est-à-dire factures, prix d'électricité, prix de pain,
04:24c'est-à-dire augmentation des pouvoirs d'achat,
04:26apparition du temps libre, urbanisation,
04:28modification de la structure des métiers,
04:30importance de ceci ou cela.
04:31Je vais prendre un exemple.
04:32Le camion.
04:33Qui parle des camions ?
04:34On ne parle pas souvent des camions.
04:36Si, nous on adore.
04:37On est resté des grands enfants.
04:38Bon alors je ne regarde pas ces thinkerviews.
04:40Mais sinon, on parle...
04:42Comment ça ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
04:43On parle quand même beaucoup plus souvent des voitures que des camions.
04:46Or, en attendant, le camion est considérablement plus indispensable
04:49à la vie moderne que la voiture.
04:52Parce que nous, on a des jambes.
04:53Donc si demain matin, il n'y a plus de voiture en France...
04:55Enfin allez, supposons que demain matin,
04:57on garde un quart de nos voitures.
04:59Bon.
05:00Tout le monde va râler.
05:01On se lèvera deux heures plus tôt pour aller au boulot.
05:03On prendra un vélo, la voiture du voisin,
05:05un bus, un vélo, puis un bus, puis un train.
05:06J'en sais rien.
05:07Enfin bon, on finira par se démerder.
05:09Mais le système flottera encore pour une bonne partie des gens.
05:12Si demain matin, je supprime les trois quarts des camions dans ce pays,
05:15on meurt de faim dans un certain nombre d'endroits.
05:17Enfin je veux dire, c'est le globule rouge de l'économie, le camion aujourd'hui.
05:21Qui est simplement conscient de ça ?
05:24Les syndicats de routiers.
05:26Un peu.
05:27Mais ce que je veux dire, c'est qu'une partie du pétrole qu'on importe aujourd'hui sert à
05:31ça.
05:33Donc fondamentalement, plus de camions et plus de bateaux,
05:35plus de mondialisation, plus d'économie, plus de transport de marchandises.
05:39Et le pétrole sert à ça.
05:41Les engrais, c'est pareil.
05:42Les engrais ont permis d'augmenter les rendements céréaliers par un facteur 3 à 5.
05:46Et c'est ça qui permet aujourd'hui de nourrir les gens pour pas cher.
05:48Car on mange pour pas cher, il faut le rappeler.
05:51Comparé à ce que c'était il y a un siècle ou deux.
05:54Et ça, c'est du gaz.
05:56Donc en fait, les hydrocarbures ont vraiment fondamentalement changé la façon dont on vit.
06:00Même le charbon.
06:02L'acier, c'est du charbon.
06:03Et l'acier est un des piliers de la civilisation moderne.
06:06On en fait 2 milliards de tonnes par an.
06:08C'est-à-dire 250 kilos par terrien et par an.
06:10Ça fait quand même beaucoup.
06:12Trois fois notre poids d'acier à chacun.
06:14Pour faire les infrastructures, les bâtiments, les moyens de transport sur terre, sur mer, etc.
06:20Sans acier, c'est pareil.
06:22La civilisation moderne ne serait absolument pas ce qu'elle est.
06:25Donc il y a une dépendance aux matières, aux ressources et à l'énergie
06:29qui est assez facile à expliquer dès qu'on prend le temps.
06:32Mais qui est totalement masquée dans le monde moderne par la convention qui s'appelle l'argent.
06:38Argent, politique, pas comprendre.
06:40L'argent.
06:41Déjà l'argent.
06:42Donc aujourd'hui, on est dans une civilisation d'urbain.
06:45C'est-à-dire couper des flux physiques qui nous permettent d'être nourris, habillés, etc.
06:48Tout ça se passe loin.
06:50On ne voit pas les mines sous notre nez.
06:51On ne voit pas les champs sous notre nez.
06:53On ne voit pas les usines sous notre nez.
06:54Tout ça sort du supermarché.
06:57Ou maintenant sort du livreur qui vient poser ça sur le pas de la porte ou au point relais.
07:03Et on ne comprend pas la dépendance de la civilisation moderne à tous ces flux physiques
07:07qui prennent part partout et qui sont essentiellement assis sur des énergies fossiles.
07:12Et une fois qu'on a compris ça,
07:14ce qui est encore une fois pas très compliqué à comprendre dès qu'on regarde,
07:16mais moi j'ai mis du temps.
07:17Parce qu'on ne m'a pas mis ça sous le nez spontanément.
07:20C'est un peu par hasard que j'ai découvert tout ça.
07:22À Polytechnique, vous n'avez jamais appris ça ?
07:24Non, à Polytechnique, on ne fait pas ça.
07:26À Polytechnique, on nous a appris des trucs extrêmement sophistiqués
07:29dont je ne me suis jamais servi ensuite.
07:32La thermodynamique un minimum quand même.
07:34Non, la thermodynamique, ça n'en prit pas.
07:35C'est avant la thermodynamique.
07:37Non, non.
07:39Je ne sais pas, Alix, qu'on a vu l'équation de Schrödinger.
07:41Enfin, l'équation de Schrödinger, c'est très joli pour encadrer sur son mur.
07:44Mais à part ça, les gens qui s'en servent au quotidien,
07:47il n'y en a quand même pas beaucoup.
07:48Et aujourd'hui, je vais rarement au-delà de la règle de 3 dans ce que je fais.
07:53Mais donc, la compréhension de cette réalité physique,
07:58en fait, elle amène une grille de lecture.
08:00Une fois qu'on y a goûté, c'est très, très difficile d'en ressortir.
08:03Je connais très peu de gens qui disent,
08:04« Ah, ça y est, j'ai compris. »
08:05Puis maintenant, je vais faire comme si je n'avais plus compris.
08:34Sous-titrage Société Radio-Canada
08:39Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations