00:00Si on n'est pas un peu résilient en amont des points de rupture, on va se retrouver avec des
00:03millions de couillons qui vont s'improviser, chasseurs, cueilleurs, pêcheurs, bûcherons,
00:06et qui vont aller dégommer tout ce qui nous permet demain de rebondir.
00:09Donc tout ça c'est très compliqué, mais il faut faire passer les messages qu'on s'avance vers des
00:13points de rupture.
00:14Et dans ce contexte de points de rupture, les gens qui n'ont pas de quoi bouffer ne vont pas
00:20mourir et disparaître sans rien dire.
00:23Ben non, ils vont essayer de survivre.
00:25Et donc s'il y en a qui ont et d'autres qui n'ont pas, qu'est-ce qui
00:28va se passer d'après toi ?
00:29C'est donc, ça ne marchera pour personne, ça va être le chaos.
00:40Comment on fait pour, par contre, si on se dit qu'on est laissé à l'abandon et qu'on
00:45se replie sur soi-même,
00:47pour ne pas tomber dans ce qu'on appelle le survivalisme, qui, si je le comprends bien, et peut-être
00:52que tu vas pouvoir nous éclairer,
00:53qui est une sorte de, en fait, d'écologie territoriale, mais exacerbée, qui, en fait...
01:05Il y a beaucoup d'idées préconçues à déconstruire.
01:11Il y a des idées, notamment sur le survivalisme, alors qu'en fait, il y a tout un écosystème de
01:17survivalisme.
01:19Ça va de l'extraire du survivalisme tel qu'on se l'imagine, des preppers, des gens qui sont armés
01:26jusqu'aux dents,
01:26bunkers ou pas, mais qui font leur stock, etc., bon, bref, et qui font du kraft maga.
01:34Il y a cette idée-là, mais il y a aussi des survivalismes très cools, très sympas, de gauche ou
01:39pas.
01:41En fait, il n'y a pas un survivalisme, mais passons.
01:43Dans le survivalisme, on peut trouver des idées très intéressantes et qui sont très utiles demain.
01:47Le problème, c'est, une fois de plus, le repli.
01:50Le problème, c'est le repli, et le problème, c'est le nous contre eux.
01:53Le nous contre eux parce qu'il est morbide, mais j'y reviens,
01:56parce qu'on peut faire de la philosophie dessus, et je ne suis pas contre.
01:59Sauf que moi, ma posture, j'y reviens tout de suite, j'y reviens toujours,
02:03elle n'est pas de rentrer dans des considérations philosophiques lorsque je m'adresse à un public.
02:09à un public, je vais sur l'argument que je maîtrise le mieux,
02:12et qui, à mon sens, suffit à plier le débat,
02:15c'est que le repli, ça ne marchera pas.
02:18Point. Qu'on aime, qu'on n'aime pas, ça ne marchera pas.
02:22Ça crée les conditions du conflit.
02:24Donc, le ou les survivalismes, s'ils sont, ce n'est pas toujours le cas,
02:29mais s'ils sont des replis, on est comme n'importe quelle autre forme de repli, ça ne marchera pas.
02:34Il faut, par contre, comme je dis bien, marteler ces choses-là.
02:37Parce que sinon, les gens, oui, certains ont des réflexes.
02:39Il y a la question de la sécurité.
02:41Moi, vous voyez, là, on parle d'écologie aujourd'hui,
02:44et puis quand il m'arrive quand même régulièrement de parler d'écologie,
02:47même si les sujets que j'aborde sont éminemment plus complexes que simplement l'écologie.
02:51Je parle de sujets qui sont écologiques, qui sont sociétaux,
02:55qui sont dans l'organisation des sociétés,
02:57qui sont dans la sécurité, dans les infrastructures,
03:00bref, c'est beaucoup plus large que simplement l'écologie.
03:02Mais bon, OK, aujourd'hui, on parle d'écologie.
03:07Moi, je dis, ce n'est pas le bon angle.
03:09Pour moi, ce n'est pas le bon angle d'entrée.
03:11Ça dépend pour qui, bien évidemment.
03:13Quand j'en parle à des décideurs, quand j'en parle à des élus locaux,
03:17mon angle d'entrée, c'est la sécurité.
03:20Ça, ça intéresse beaucoup plus d'élus,
03:23beaucoup plus de décideurs, beaucoup plus de dirigeants.
03:25La sécurité, parce qu'elle était dans toutes ses composantes.
03:28Et en fait, quand tu regardes, tu ne parles même pas d'écologie,
03:31mais quand tu regardes la sécurité sociale,
03:34pas au sens de ce qu'on appelle la sécurité sociale,
03:37mais la sécurité dans notre sphère sociale,
03:40la sécurité économique, la sécurité in fine sociétale,
03:43quand tu regardes la sécurité énergétique,
03:46la sécurité alimentaire, la sécurité sur l'eau potable,
03:48et que tu déclines toutes les formes,
03:50en fait, l'écologie, elle est partout.
03:53Elle est partout, parce qu'évidemment,
03:54que la plupart de ces sécurités-là dépendent de nos relations
03:58et de l'équilibre de ces relations avec la nature.
04:02Évidemment.
04:03Mais tu n'as pas besoin d'en parler.
04:04C'est sous-jacent, c'est là, l'angle d'entrée,
04:06l'angle est totalement différent.
04:09Donc, on se rend assez rapidement compte
04:11que l'écologie est une nécessité
04:13et que c'est une question de sécurité.
04:16La solidarité,
04:17la solidarité avec les plus fragiles,
04:21socialement ou autre,
04:22c'est une question de sécurité.
04:25Et globalement,
04:27on peut avoir une approche,
04:29une approche, pardon,
04:30de gauche traditionnelle,
04:32de la solidarité envers les vulnérables.
04:36Mais ça, ça cliffe tout de suite.
04:38Un type de droite plus-plus,
04:42non, ah, celui-là aussi,
04:44nous abandonne, ça va être compliqué.
04:45C'est encore bon.
04:46Celui-là, il est bon ?
04:47Et celui-là, il remarche.
04:48C'est génial.
04:50Donc, un gars de droite va dire comment ça ?
04:52Attendez.
04:52Il faudrait être solidaire,
04:54c'est-à-dire, grosso modo, donner.
04:56Il faudrait que le système,
04:57qu'il y a des gens qui cotisent
04:58pour donner des choses
05:00à ceux qui ne pourraient pas,
05:01mais des gens qui ne sont pas actifs,
05:04des feignasses,
05:06des étrangers.
05:08Mais ça ne va pas la tête.
05:10Des gens que je n'aime pas,
05:11ça ne va pas la tête.
05:12Oui.
05:13Alors, ces gens-là sont aussi des gens
05:15qui s'obnubilent en général
05:16pour les questions de sécurité.
05:17Alors, il faut simplement arriver
05:18à porter un sujet,
05:20à porter un propos
05:20qui leur fait comprendre.
05:22C'est ce que j'essaie de faire
05:22à travers mes confs.
05:23Et malheureusement,
05:23on n'est pas assez nombreux
05:24à faire passer ce type de message
05:25parce que c'est perçu
05:26de manière très manichéenne
05:27et très simpliste
05:28comme du catastrophisme
05:29ou du pessimisme
05:31ou du déclinisme
05:31ou que sais-je.
05:32Il faut faire passer l'idée
05:34que nous allons vers des moments
05:35très difficiles
05:36avec des pénuries.
05:38Et dans le cadre...
05:39Et je ne parle pas de pénuries
05:40où pendant trois semaines
05:41on manque de PQ.
05:42Je parle de pénuries
05:43de choses vitales
05:44qui durent
05:45et qui mettent des années
05:47à revenir, quoi.
05:48Et à revenir différemment
05:49si on se réorganise localement.
05:50Pour pouvoir se réorganiser localement,
05:52il a fallu se préparer en amont
05:53parce que si on n'est pas
05:55un peu résilient
05:56en amont des points de rupture,
05:57on va se retrouver
05:58avec des millions de couillons
05:59qui vont s'improviser,
05:59chasseurs-cueilleurs-pêcheurs-bûcherons
06:00et qui vont aller dégommer
06:02tout ce qui nous permet
06:02demain de rebondir.
06:04Donc tout ça,
06:04c'est très compliqué
06:05mais il faut faire passer
06:06les messages
06:07qu'on s'avance
06:10vers des points de rupture.
06:12Et dans ce contexte
06:13de points de rupture,
06:15les gens qui n'ont pas
06:16de quoi bouffer
06:17ne vont pas mourir
06:18et disparaître
06:19sans rien dire.
06:20Ils vont essayer
06:21de survivre.
06:22Et donc s'il y en a
06:23qui y ont
06:24et d'autres qui n'ont pas,
06:25qu'est-ce qui va se passer
06:26d'après toi ?
06:27C'est donc...
06:28Ça ne marchera pour personne.
06:29Ça va être le chaos,
06:31plus ou moins,
06:31mais ça va être le chaos.
06:33Donc la solidarité
06:34envers les plus vulnérables
06:36dans une perspective
06:37de points de rupture
06:38est une question
06:39de sécurité.
06:40Il faut quand même
06:41que tout le monde
06:41le comprenne,
06:42y compris les gens
06:43de l'extrême droite.
06:43Si ça se trouve,
06:44ils pourraient finir
06:45par changer
06:47leur fusil d'épaule,
06:47va savoir.
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