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Jean-David Zeitoun est docteur en médecine et en épidémiologie clinique. Il est invité par Centrale Nantes pour tenir une conférence. Il y présente les différents types de pollutions : intérieure, extérieure, chimique. Sans surprise, le principal risque environnemental aujourd'hui n'est pas le changement climatique, mais bien la pollution. Un coût incroyable pour la société, tant humainement, qu'économiquement.

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Sources
Zeitoun https://www.youtube.com/watch?v=lGcLaBzR1-g
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

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À quoi est due la pollution chimique ?
Dû à la lâcheté réglementaire, il n'y pas de tests sur la plupart des produits (Exceptés médicaments et 20% des pesticides.)

Pourquoi la responsabilité de la pollution n'est pas reconnue ?
Les effets ne sont pas spécifiques, ça ne fait qu'augmenter les risques. (tous les risques.)

Combien de morts sont causées à la pollution intérieure chaque année ?
4 millions.

#zeitoun #écologie #environnement #pollution #climat #conférence #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:08Le principal risque environnemental, c'est la pollution.
00:11Aujourd'hui, ce n'est pas le changement climatique.
00:13Dans 20 ans, l'équation sera peut-être un peu différente.
00:15Mais aujourd'hui, ce qui pose problème, c'est la pollution dans le monde.
00:19Et la pollution, une définition possible, c'est tout ce qu'on transfère à l'environnement
00:23et qui endommage les écosystèmes ou qui est mauvais pour la santé humaine.
00:26Et c'est la première cause environnementale mondiale de décès.
00:28Alors, il y a un pédiatre de Boston que j'aime beaucoup, qui s'appelle Philippe Landrigan,
00:33qui est un militant anti-pollution, gentillesse extraordinaire, charisme exceptionnel.
00:38Et Landrigan, il dit que la pollution, c'est la cousine du changement climatique.
00:43C'est la cousine parce qu'ils ont les mêmes parents, qui sont les fossiles.
00:47Et c'est la cousine, mais c'est la cousine négligée.
00:49C'est celle dont personne ne s'occupe dans la famille.
00:51Il n'y a pas de donateur pour la pollution.
00:54Il n'y a pas de plan national ou mondial contre la pollution.
00:57Il n'y a pas un giec de la pollution.
00:59Et donc, c'est la cousine négligée qui fait beaucoup plus de morts que le changement climatique,
01:04pour laquelle il n'y a pas de projet, qui est complètement sous-estimé et sous-reconnu,
01:08et qui, en plus, contrairement au changement climatique, est traitable par la technologie.
01:12Vous savez que le changement climatique ne sera pas seulement traitable par la technologie,
01:15alors que la pollution est traitable par la technologie.
01:19Et pourtant, on ne s'en occupe pas.
01:20Comme la pollution est un produit des activités humaines,
01:23ce n'est pas quelque chose qui est statique, c'est quelque chose qui est évolutif et complexe.
01:27Et en gros, il y a trois types de pollution.
01:30Vous avez la pollution intérieure, donc la pollution de l'eau intérieure,
01:34ça, j'ai dit tout à l'heure que ça baissait,
01:35et la pollution de l'air intérieur,
01:37qui est liée à l'utilisation de moyens archaïques pour se chauffer ou pour se faire à manger.
01:41Et donc ça, c'est une pollution ancienne qu'ils appellent souvent la pollution traditionnelle.
01:47À côté de ça, vous avez une pollution moderne qui est faite en gros de deux choses,
01:51qui est la pollution de l'air extérieur, particules ou ozone,
01:54et la pollution chimique, qui est une catastrophe dont je vais vous parler aussi un petit peu.
01:59Et donc ça, c'est la pollution moderne.
02:01Et évidemment, ces deux types de pollution, traditionnelle et moderne,
02:05ont des dynamiques qui sont inverses, l'une par rapport à l'autre.
02:08Alors, la pollution intérieure, pour regarder la carte mondiale de la mortalité par pollution intérieure,
02:14en gros, c'est la carte mondiale de la pauvreté.
02:15La pollution intérieure, c'est un marqueur de la pauvreté, c'est un signe de la pauvreté.
02:19Et donc c'est quelque chose qui n'est quasiment pas présent dans nos pays,
02:23qui est très présent dans les pays les plus pauvres,
02:24qui est moins présent dans les pays qui sont ni riches ni pauvres,
02:27et qui, comme le développement économique mondial est une dynamique encore valable,
02:33c'est quelque chose qui baisse dans le monde.
02:34Donc la pollution intérieure, celle qui a fait la majorité des morts depuis des décennies,
02:39qui fait encore à peu près 4 millions de morts par an,
02:42et bien c'est une pollution qui est en baisse dans le monde.
02:46Alors c'est un fardeau qui reste énorme, j'ai dit 4 millions de morts,
02:50avec donc une spécificité pour les pays les moins développés.
02:53C'est quelque chose qui est traitable par la technologie, nous on l'a fait,
02:57et c'est quelque chose qui est en baisse.
03:01Alors la pollution extérieure, c'est un petit peu tout l'inverse.
03:04D'abord, c'est pas une pollution qui suit le même lien,
03:08on va en parler après, avec le développement,
03:10mais en gros c'est une pollution qui n'est pas en baisse dans le monde,
03:12mais qui est en augmentation dans le monde,
03:14sauf dans certains pays riches.
03:18Ensuite, c'est une pollution qui est aussi traitable par la technologie,
03:22et c'est une pollution qui est surtout liée,
03:25alors c'est lié à plein de choses,
03:26mais c'est beaucoup lié évidemment à l'industrie et au transport.
03:29Et donc je vous ai dit qu'il y en avait une qui était en haut,
03:31c'est une qui était en baisse,
03:32et donc si on regarde les dynamiques respectives historiques,
03:34on voit que les morts par pollution respectives
03:38se sont croisés quelque part en 2005,
03:40et aujourd'hui, il y a de plus en plus de morts liées à la pollution extérieure,
03:44de moins en moins de morts liées à la pollution intérieure,
03:46mais le total ne change pas beaucoup.
03:48Troisième type de pollution, la pollution chimique.
03:51Alors la pollution chimique, c'est un truc qui est encore moins connu,
03:54alors certaines personnes savent que ça existe et que c'est un problème,
03:59mais pas à quel point, et on n'en parle jamais,
04:02je pense qu'il n'y a pas un candidat à la présidentielle qui dit
04:04« moi je vais faire baisser la pollution, et en particulier la pollution chimique »,
04:07alors qu'à peu près 100% de la population mondiale est exposée.
04:10C'est quelque chose qui augmente de 3% par an,
04:13mais ça veut dire que ça double en 25 ans.
04:15Et c'est aussi une industrie qui a été massivement délocalisée dans les pays pauvres,
04:21donc nous sommes concernés par les produits chimiques,
04:23mais les pays pauvres sont encore plus imprégnés de chimie que nous.
04:28Et donc c'est lié à un phénomène qui est hyper simple à comprendre,
04:32c'est qu'il y a une lâcheté réglementaire totale,
04:35c'est-à-dire que la plupart des produits chimiques ne sont pas régulés,
04:37dans le sens où ils sont autorisés sans qu'ils aient été testés
04:41par rapport à leurs effets sur la santé.
04:43Quand vous regardez l'ensemble du paysage des produits chimiques,
04:45vous avez trois types de produits chimiques,
04:47vous avez les médicaments, méticuleusement testés,
04:50des essais cliniques de phase 1, 2, 3,
04:52des milliers de patients, des milliards de données collectées,
04:56pour déterminer les profils de sécurité des médicaments,
05:00et ne les mettre sur le marché que lorsque leur efficacité l'emporte sur leurs inconvénients.
05:04Et c'est pour ça que le marché pharmaceutique est un marché qui marche bien.
05:08C'est-à-dire qu'il y a très peu de retraits de médicaments,
05:10et vous avez confiance dans les médicaments que vous prenez,
05:13vous savez qu'ils ont été testés, que quelqu'un s'est occupé de vérifier ça.
05:16Le deuxième type de produits chimiques, c'est les pesticides.
05:18Les pesticides, par construction,
05:20c'est des produits qui sont conçus pour tuer,
05:23et ça marche très bien.
05:25Et donc c'est aussi mauvais pour la santé humaine.
05:27Et les pesticides sont un peu testés, à peu près 20%.
05:31Et puis après, vous avez tout le reste,
05:33et tout le reste, c'est pas testé.
05:35Donc tous les produits chimiques que vous trouvez dans les cosmétiques,
05:38dans l'alimentation, dans les jouets,
05:41dans les vêtements, dans les dispositifs médicaux,
05:44dans les produits technologiques que vous achetez,
05:47ne sont pas testés par rapport à leurs effets sur la santé humaine.
05:51Et donc, au moment où ils sont commercialisés,
05:53on ne sait pas ce que ça donne.
05:54Et donc il faut attendre des années, voire des dizaines d'années,
05:57que les épidémiologistes travaillent,
05:58pour ensuite se rendre compte que ça augmente le risque
06:01d'un certain nombre de maladies,
06:02et que ce soit très difficile de revenir en arrière,
06:05y compris réglementairement.
06:06Vous n'achèteriez pas un médicament
06:08qui serait aussi peu testé que les produits chimiques
06:10qui sont partout dans notre environnement.
06:12Vous ne feriez jamais ça.
06:13La voiture, c'est pareil.
06:14Jamais vous achèteriez une voiture qui n'est pas testée.
06:18Alors il y a deux organes de prédilection
06:20pas du tout importants pour les produits chimiques,
06:23c'est le cerveau et le sexe.
06:24Et il y en a d'autres, c'est aussi le cœur,
06:27le système hormonal, la thyroïde.
06:29Mais en gros, la pollution chimique,
06:31c'est quelque chose qui est responsable
06:33des troubles cognitifs chez l'enfant.
06:35Donc les troubles de l'attention,
06:37les troubles de la concentration,
06:38les troubles des émotions,
06:39les troubles de la cognition, tout simplement.
06:42Et puis aussi,
06:44de problèmes sur la vie sexuelle.
06:46Donc ça modifie l'anatomie génitale des enfants.
06:50Et ça modifie aussi le fonctionnement.
06:53Notamment, par exemple,
06:54c'est évidemment à cause de la pollution chimique
06:56que la puberté des petites filles
06:59avance en âge de façon spectaculaire,
07:01statistiquement parlant,
07:03depuis 50 ans.
07:05Avec des conséquences à chaque fois
07:06très négatives sur leur santé.
07:08Ça augmente leur risque de certains cancers
07:10et ainsi de suite.
07:13Alors maintenant, les dommages,
07:15plus précisément liés à la pollution.
07:16Donc vous voyez, je vous ai dit tout à l'heure,
07:17c'est le premier risque environnemental mondial.
07:19Effectivement, ça se vérifie.
07:20Quand vous regardez les grands risques mondiaux
07:23ou plutôt les grandes causes de mortalité mondiale,
07:25c'est devant tout le reste.
07:25Donc c'est devant le tabac.
07:27Le tabac, c'est 6-7 millions de morts par an.
07:29La pollution, c'est à peu près neuf.
07:30L'environnement en tout, c'est plutôt 12.
07:33Et donc, voilà, c'est devant.
07:34C'est trois fois plus
07:36que les trois causes microbiennes tropicales
07:39dont on parle souvent,
07:40qui sont le sida, la tuberculose et le paludisme.
07:42Voilà, le sida, la tuberculose et le paludisme
07:45cumulez ces 3 millions de morts par an.
07:46On en parle, il y a des donateurs,
07:48Bill Gates en occupe, etc.
07:49Et c'est très bien.
07:50La pollution, c'est trois fois plus.
07:51Personne ne s'en occupe vraiment.
07:53Et puis, c'est beaucoup plus encore
07:54que tout le reste.
07:55Donc l'alcool, les guerres,
07:56on n'en parle même pas, la drogue, etc.
08:01Donc, 16% des décès,
08:03donc c'est des chiffres qui sont encore valables,
08:05même si la pandémie va transitoirement
08:07bousculer les principes.
08:08La plupart de ces morts existent dans les pays les moins riches,
08:12comme je vous l'ai dit tout à l'heure.
08:14254 millions d'années de vie perdues chaque année
08:18à cause de la pollution.
08:21Et le problème de la pollution,
08:23c'est que ses effets sont non spécifiques.
08:26C'est-à-dire que ça vient augmenter le risque de maladies
08:29qui sont déjà fréquentes.
08:31Et donc, c'est pour ça qu'elle n'est pas reconnue.
08:33Quand vous avez un médicament qui cause une maladie rare,
08:37de façon épidémique, comme ça a pu arriver dans l'histoire,
08:39les cancers du vagin liés à certaines hormones
08:41ou bien les malformations liées à la thalidomide,
08:44c'est des maladies rares, c'est des maladies choquantes.
08:46On s'en aperçoit tout de suite.
08:47On se dit, tiens, il y a un problème.
08:48On a reçu plein de femmes avec des cancers du vagin
08:51alors qu'elles avaient 20 ans.
08:52Normalement, c'est un cancer qu'on ne voit jamais.
08:53Donc, tout de suite, vous avez une réaction.
08:55On identifie le coupable.
08:57Et puis, on dit, ce médicament,
08:59on le sort du marché, c'est terminé,
09:01il ne sera plus commercialisé.
09:02La pollution, ça augmente le risque de cancer.
09:04Ça augmente le risque de maladies cardiovasculaires.
09:06Ça augmente le risque de maladies respiratoires.
09:08Ça n'affole personne.
09:10Ça ne se voit pas.
09:11Donc, l'impact sanitaire est relativement invisible
09:14quand on regarde le paysage.
09:15Et c'est tout le drame.
09:18Si on regarde les effets directs
09:20que peut avoir la pollution sur le cœur et les vaisseaux,
09:23on voit que ça suit en général une fonction logarithmique
09:26avec un effet.
09:28Donc, vous voyez, en rouge,
09:29c'est les accidents vasculaires cérébraux à l'âge de 50 ans.
09:31En bleu, c'est les infarctus du myocarde à l'âge de 50 ans.
09:34Donc, ça concrétise un maximum de pertes
09:36au début de l'exposition.
09:38Et après, les pertes se ralentissent,
09:40mais elles continuent quand même d'augmenter
09:43quand l'exposition continue d'augmenter.
09:46Ça, c'est pour les effets directs.
09:47Mais je vous ai dit aussi tout à l'heure,
09:49quand je vous ai montré les différents risques
09:52environnementaux, comportementaux et métaboliques,
09:53que la pollution, et c'est ça le diable,
09:55a des effets indirects sur la santé humaine.
09:58Et donc, quand on regarde,
09:59c'est le même tableau que tout à l'heure,
10:01on voit que les risques environnementaux
10:03et la pollution en particulier
10:04ont aussi des effets sur les autres risques.
10:07C'est des effets indirects.
10:08Et donc, par exemple,
10:10le risque environnemental agit sur les comportements.
10:13Quel est le facteur environnemental
10:14qui, de façon très intuitive,
10:16agit sur le comportement humain ?
10:18C'est la température.
10:21Vous savez qu'il y a plus de mortalité
10:23dans tous les pays où on peut le mesurer
10:25quand il fait très chaud
10:26par rapport à quand il fait très froid.
10:27Quand il fait très chaud,
10:28on sort plus, on boit plus,
10:31on conduit moins bien,
10:32on est plus nerveux.
10:33Il y a plus de gens dehors,
10:34donc il y a plus de gens
10:35qui peuvent se confronter et se battre.
10:36Donc il y a plus de violence.
10:38On se noie plus.
10:39Donc voilà,
10:40c'est une façon de vous montrer
10:42à quel point le risque environnemental
10:43influence les autres risques,
10:45et notamment, par exemple,
10:46le risque comportemental.
10:47Mais aussi le risque métabolique.
10:50Et donc,
10:51la pollution chimique
10:52dont je vous ai parlé tout à l'heure,
10:53et les perturbateurs endocriniens en particulier,
10:56agissent sur le métabolisme.
10:57Et donc,
10:58c'est pour ça que leur effet
10:59n'est pas visible,
11:00parce que les maladies métaboliques
11:01sont souvent attribuées
11:03à un problème de comportement.
11:05Et donc,
11:05quelle est la maladie,
11:07qui est d'ailleurs
11:07la deuxième maladie
11:08la plus problématique,
11:09enfin,
11:09le deuxième risque le plus problématique
11:11dans le monde
11:11avec la pollution
11:12qui est d'origine environnementale,
11:14c'est l'obésité ?
11:16Si vous interrogez
11:18sans personne
11:19sur l'obésité,
11:20la plupart des gens
11:21vous diront
11:21que c'est un problème
11:22de comportement.
11:23Les gens mangent trop
11:24et ils mangent trop mal
11:24et ils ne bougent pas assez.
11:26Et donc,
11:26on dit,
11:26bon voilà,
11:27l'obésité,
11:27on a identifié la cause,
11:29c'est que les gens
11:29ne font pas bien les choses,
11:30donc il faut inciter les gens
11:31à bien faire les choses.
11:33Or,
11:33ça n'est pas vrai
11:33puisque la pollution chimique
11:35augmente le risque d'obésité,
11:36puisque ça perturbe le métabolisme,
11:38donc ça augmente la faim,
11:39ça augmente le stockage.
11:41Et donc,
11:41du coup,
11:41l'obésité est une maladie
11:43qui est aussi largement
11:44d'origine environnementale,
11:45mais personne ne le sait,
11:46donc du coup,
11:47on ne s'intéresse pas au problème.
11:48On préfère mettre la pression
11:49sur les individus
11:50en leur disant,
11:50attention,
11:51il faut faire attention
11:51à ce que vous mangez,
11:52tout en autorisant
11:53la pollution chimique
11:55à disséminer autour d'eux
11:56et à faire en sorte
11:57qu'ils sont plus susceptibles
11:59de grossir.
11:59Et donc,
12:00c'est ça qui ne va pas.
12:01C'est une très mauvaise affaire,
12:03la pollution.
12:05Et donc,
12:05effectivement,
12:06ça coûte très très cher.
12:07Alors,
12:08c'est une très mauvaise affaire
12:09pour tout le monde,
12:09sauf pour les pollueurs.
12:10Pour les pollueurs,
12:11c'est une bonne affaire,
12:11ça leur coûte moins cher.
12:12Mais pour les pollués,
12:13c'est-à-dire tout le monde,
12:14c'est une très mauvaise affaire.
12:15Et donc,
12:16les pertes économiques
12:17liées à la pollution,
12:18il n'y a pas que
12:19les pertes épidémiologiques,
12:20il y a aussi des pertes économiques.
12:21Elles sont très importantes.
12:22Elles ont été un petit peu quantifiées.
12:24Alors,
12:24c'est toujours des estimations
12:25qui sont associées
12:26à une marge d'erreur,
12:26mais vous savez,
12:27le truc,
12:27c'est qu'il vaut mieux
12:29une estimation fausse
12:29à pas d'estimation du tout
12:39médicaux.
12:39On estime que c'est
12:403 à 3,5 %
12:41à peu près
12:42des dépenses de santé
12:44dans les pays riches
12:44qui sont causées
12:45par la pollution.
12:46Donc,
12:47en France,
12:47ça représenterait
12:487 milliards d'euros
12:51par an
12:52de dépenses
12:53à cause de la pollution
12:54sur un budget
12:55de 200 et quelques milliards.
12:57Vous avez les coûts
12:59indirects
12:59non médicaux,
13:00mais qui sont liés
13:01à la santé quand même.
13:02Et puis,
13:02vous avez évidemment
13:03la perte de productivité
13:05au travail,
13:05la perte de force de travail
13:06qui sont aussi,
13:07là encore,
13:08très importants.
13:09Et à chaque fois,
13:10de la même façon
13:11que l'impact épidémiologique
13:13était invisible,
13:14cet impact économique,
13:15il est invisible.
13:16Ce n'est pas dans
13:16les comptes nationaux.
13:17Dans les comptes nationaux,
13:18vous n'avez pas,
13:19vous avez les exportations,
13:20les importations,
13:21vous avez les budgets,
13:22vous avez ça,
13:22mais vous n'avez pas
13:23les pertes liées à la pollution.
13:24Et pourtant,
13:24ces pertes sont réelles.
13:25Mais elles ne sont pas visibles,
13:26elles ne sont pas palpables.
13:27Et donc, du coup,
13:28on ne s'y intéresse pas assez.
13:29Pour la pollution chimique,
13:30c'est aussi complètement catastrophique.
13:32Ça, c'est un papier
13:32qui avait été publié
13:33dans une revue du Lancet
13:36sur le cas américain
13:37et qui était comparé
13:38ensuite au cas européen.
13:40Et on voit que les pertes
13:41en Europe,
13:41c'est plus de 150 milliards
13:44par an de pertes
13:45liées à la pollution chimique.
13:47Aux États-Unis,
13:48c'est encore plus
13:48et surtout,
13:49c'est plus en proportion
13:50de leur PIB.
13:52Alors, les différences
13:52entre les États-Unis
13:53et l'Europe
13:53sont liées
13:54à des différences d'exposition.
13:56La régulation chimique
13:57aux États-Unis
13:57est particulièrement lâche.
13:59Elle est un peu moins lâche
14:00en Europe
14:00et elle progresse un petit peu,
14:01mais on est encore
14:02très loin du compte.
14:03Mais du coup,
14:03les États-Unis,
14:04les Américains,
14:05plutôt perdent plus
14:05d'intelligence
14:06que les Européens
14:07et comme l'intelligence
14:08est corrélée
14:08à la performance économique,
14:09ils perdent plus d'argent.
14:13Et évidemment,
14:14ces estimations
14:14sont des sous-estimations
14:15pour moins de raisons.
14:17La première raison,
14:18c'est que pour les chimiques
14:19qui sont pris en compte
14:20dans l'analyse,
14:21on ne prend que
14:22les relations suffisamment
14:23certaines avec les maladies
14:24qu'ils causent.
14:25Mais il y a plein d'autres
14:26maladies qui peuvent être causées,
14:27qui sont incertaines,
14:28mais qui sont probablement causées
14:29quand même,
14:29qui ne sont pas prises en compte.
14:30Et ensuite,
14:31il n'y a qu'un sous-groupe
14:32de produits chimiques
14:33qui est incorporé
14:34dans cette analyse.
14:35Donc,
14:36on est sûr
14:36que les pertes
14:37sont en fait très supérieures.
14:38C'est un manque à gagner
14:39ou c'est des pertes directes.
14:41Sous-titrage Société Radio-Canada
15:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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