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Jean-Marc Jancovici, ingénieur, spécialiste reconnu de l'énergie et du climat et président du Shift Project, livre une analyse sans filtre sur la survie de notre civilisation face à l'épuisement des ressources.
Face au réchauffement climatique planétaire, les données historiques du COVID, de la crise de 1929 ou de l'année 1945 démontrent une réalité physique implacable. Sans une contraction volontaire et immédiate de notre économie mondiale, la baisse subie de notre approvisionnement énergétique et la désorganisation de nos systèmes sociétaux imposeront des crises majeures et incontrôlables.

#Jancovici #Climat #Énergie #Décroissance #Crise


00:00 Intro
00:39 Jean-Marc Jancovici
09:37 Outro

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Réponses au quiz de fin :
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Quel objectif de réchauffement maximal l'accord de Paris a-t-il fixé ?
➡ 2 degrés.

Quelle crise récente a provoqué une baisse de 5 % des émissions de CO2 ?
➡ L'année du Covid.

Quel pourcentage de baisse des émissions a été atteint en 1945 ?
➡ 5 % de baisse.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Si on veut éviter 2 degrés, il faut que les émissions se mettent à baisser de 5% par an
00:05à partir de maintenant, tous les ans.
00:07Alors pourquoi je vous ai fait cette longue réponse ? Parce que 5% c'est précisément la baisse qu
00:11'on a eue l'année du Covid sur la planète.
00:15Donc si on voulait être sérieux sur le climat, effectivement il faudrait se prendre un Covid supplémentaire tous les ans.
00:20C'est-à-dire qu'on prend un Covid, après on ne remet pas l'économie dans l'état dans
00:22lequel elle était avant le Covid, on la laisse là où elle est,
00:24puis pouf on remet une crise par-dessus qui fait encore 5% de baisse en plus, etc.
00:29Et c'est ça qu'il faudrait qu'on ait tous les ans pour tenir les 2 degrés.
00:39Pendant la pandémie de Covid, il y a eu en fait moins d'émissions de plein de trucs et finalement
00:44c'était une période assez vertueuse au plan écologique.
00:47Donc j'ai une question un peu provocatrice, faut-il souhaiter des crises pour que nous puissions survivre demain ?
00:53En ce qui concerne l'aspect climat, pas l'aspect d'éplétion de gîme en bourre-servure, mais l'aspect
00:58climat,
00:59pour limiter le réchauffement à 2 degrés, alors aujourd'hui le climat s'est déjà réchauffé d'à peu près
01:03avec le 5 de Vecre,
01:05qui était la limite basse des accords de Paris, c'était-ce qu'on souhaitait l'idée ?
01:09Alors, je précise tout de suite que nous sommes en cas d'avoir vu toutes les conséquences du réchauffement déjà
01:14provoquées.
01:15Il y a beaucoup de gentils d'avoir vu 1,5, c'est pas si grave, avec canicule de temps
01:18en temps,
01:19bon, voilà, de temps en temps, il faut qu'on descende, il ne faut pas qu'on porte sous les
01:22soirs,
01:22parce que c'est génial, ok, et de temps en temps, on a un arbre qui l'a avant-garde,
01:27non, mais c'est pas très grave.
01:30Mais il faut bien voir qu'en fait, on n'est pas du tout, on n'a pas encore vu
01:32toutes les conséquences,
01:33parce que le temps que les divers compartiments de l'environnement s'équilibrent avec la nouvelle température,
01:39sont des temps qui sont très longs.
01:41Pour les écosystèmes, c'est des décennies, c'est-à-dire même avec le nouveau climat,
01:45même si on ne réchauffait pas plus le climat qu'aujourd'hui,
01:47vous avez déjà 10-20% d'un forage français qui va nourrir,
01:51et ça, c'est parce que les arbres, ils ne vont pas en deux semaines,
01:54ils vont être désaddés, ils vont se déstécher progressivement,
01:56à se faire bouffer par les types bêtes de façon croissante, etc.
02:00Et donc, cette conséquence-là, par exemple, elle n'est pas immédiatement visible.
02:04Sur le gonflouement retrait des argiles, c'est pareil,
02:07c'est quelque chose qui va se prolonger dans la durée,
02:10Vous avez un certain nombre de modifications ?
02:12Il faut attendre un certain temps pour que...
02:14Alors, sur la hausse du niveau de l'océan, par exemple,
02:17là, c'est des siècles qu'il faut attendre, voire des milliers d'années,
02:20avant que l'équilibrage se fasse avec la nouvelle température.
02:23Parce que c'est le temps que les calottes polaires finissent par s'équilibrer
02:27avec la nouvelle température, et tant que les calottes polaires continuent de fondre,
02:30le niveau de la mer continue de monter.
02:33Il faut savoir que si le Groenland fondait en totalité,
02:35on prendrait 6 mètres d'élévation du niveau de la mer dans le monde,
02:396 mètres ou 9 mètres ?
02:41Non, 9 mètres.
02:44Ah oui, donc là, c'est des gros glaçons, les calottes polaires,
02:47ce n'est pas des petits cubes de glace.
02:50L'Antarctique, c'est 60 mètres.
02:52Il ne va jamais fondre en totalité dans le cadre du réchauffement climatique en cours.
02:55Mais c'est juste pour vous dire.
02:56Donc le temps que les calottes finissent par s'équilibrer avec la nouvelle température,
03:00qui est très long, qui peut se compter en siècle ou en millénaire,
03:02vous avez l'océan qui continue de varier.
03:04Donc c'est juste pour dire que la conséquence environnementale
03:07de ce qu'on a déjà provoqué comme élévation de température,
03:09en fait, on n'a pas encore vu, en totalité.
03:13Ce qu'on a déjà vu en totalité,
03:15c'est que la moitié des récifs coralliens des Caraïbes sont morts.
03:19Alors c'est pareil, on se dit,
03:20bon, ça ne nous empêche pas de manger des hamburgers ici.
03:22Oui, de fait, effectivement, pour le moment, ça ne nous empêche pas.
03:25Mais enfin, c'est quand même une conséquence qui est déjà massive.
03:27Je veux dire, la moitié des récifs coralliens, ce n'est pas rien.
03:31Donc, si on veut éviter 2 degrés,
03:33il faut que les émissions se mettent à baisser de 5% par an à partir de maintenant,
03:37tous les ans.
03:38Alors pourquoi je vous ai fait cette longue réponse ?
03:41Parce que 5%, c'est précisément la baisse qu'on a eue l'année du Covid sur la planète.
03:46Donc, si on voulait être sérieux sur le climat,
03:49effectivement, il faudrait se prendre un Covid supplémentaire tous les ans.
03:51C'est-à-dire qu'on prend un Covid,
03:52après, on ne remet pas l'économie dans l'état dans lequel elle était avant le Covid,
03:55on la laisse là où elle est,
03:56puis pouf, on remet une crise par-dessus qui fait encore 5% de baisse en plus, etc.
04:00Et c'est ça qu'il faudrait qu'on ait tous les ans pour tenir les 2 degrés.
04:06Ça équivaut à avoir une économie mondiale qui se contracte de 3 à 4% par an.
04:11Ça équivaut à ça.
04:12Donc, autant vous dire que pour le moment, on n'en prend pas du tout le chemin.
04:16Et par ailleurs, comme les conséquences du réchauffement climatique,
04:19elles perdurent longtemps après que la nouvelle température se soit mise en place,
04:24il va arriver un moment où on aura des conséquences croissantes
04:28avec de moins en moins d'énergie pour y faire face.
04:30Parce que ce que j'ai dit tout à l'heure sur la déplétion des hydrocarbures,
04:33ça veut dire qu'à un moment, on a de moins en moins d'énergie à notre disposition.
04:37Et donc, on a, pardonnez-moi cette expression,
04:39mais des emmerdements croissants avec des moyens d'action qui baissent.
04:42Bon, ça, c'est pas sympa.
04:44Et plus on tarde à agir, plus on se retrouve dans une tonaille
04:47avec des emmerdements importants à gérer avec des moyens en décroissance.
04:53Donc, oui, mais le Covid vous donne...
04:56Alors, il y a deux autres années où les émissions mondiales ont baissé de 5%
04:59sur le siècle qui s'est écoulé.
05:01Là, c'est 1945, c'est-à-dire l'année où il y a eu l'éradication
05:06de l'appareil industriel du Japon et de l'Allemagne.
05:08Voilà, ça, ça a fait 5% de baisse des émissions aussi.
05:13Et, qu'est-ce que je veux dire ?
05:14Et 1932, c'est-à-dire le paroxysme de la crise de 29,
05:19où là aussi, une partie de l'activité économique a été mise à l'arrêt
05:22par ce qui était au début une crise boursière.
05:26Donc, là, vous avez trois exemples d'événements qui ont occasionné 5% de baisse.
05:30Alors, une fois que je vous ai dit ça, deuxième partie de votre question,
05:34est-ce que c'est des crises qui vont...
05:35Oui, c'est évidemment ne pas agir volontairement dans un monde fini.
05:38Ça veut dire que c'est des événements involontaires
05:40qui vont se charger de faire le ménage à notre place.
05:42Parce que les arbres ne montent pas jusqu'au ciel.
05:44Donc, l'idée d'avoir des émissions indéfiniment croissantes,
05:47c'est physiquement pas possible.
05:48Ça voudrait dire qu'on a un stock de combustible fossile infini sous la main,
05:51ce qui n'est pas le cas.
05:53Ce qui veut dire que si ce n'est pas des événements désirés
05:55qui baissent les émissions, ça sera des événements non désirés.
05:58En fait, c'est ce qui est déjà en train de se passer en Europe depuis 15 ans.
06:01C'est ce que je disais tout à l'heure.
06:02Cet événement non désiré, c'est la contraction de l'économie réelle.
06:05Et pour le moment, les conséquences qu'on est en train d'observer de manière croissante
06:09sont des conséquences pas sympathiques,
06:11puisqu'il y a une fraction croissante de la population
06:14qui se retrouve dans un état de moins en moins sympathique de son point de vue.
06:20et c'est tout à fait ce qui est une réalité.
06:24Et donc, la contraction subie des moyens,
06:27c'est la désorganisation progressive des systèmes que nous avons mis en place.
06:36Avec de temps en temps des accidents de parcours
06:38que personne ne peut prévoir,
06:39parce que quand vous mettez le système en tension,
06:41vous savez, c'est comme la tectonique des plaques,
06:42de temps en temps, ça fait craque quelque part,
06:43mais vous ne pouvez pas prévoir où exactement et quand exactement.
06:46Il faut avoir une idée du genre d'événement qui peut se produire,
06:48mais où, quand, avec quelle intensité, vous ne savez jamais vraiment.
06:52C'est ce que j'ai dit, c'est ce que j'ai dit, c'est ce que j'ai
07:09dit.
07:19C'est ce que j'ai dit, c'est ce que j'ai dit.
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