Passer au playerPasser au contenu principal
Petite archive de Benjamin Duhamel interviewant Mélenchon après sa première candidature présidentielle en 2012. Il y présente son rapport au pouvoir, aux médias, et aux petits bourgeois hédonistes.

Réduire la qualité de la vidéo.

Pour changer le système :
Réclamer le RIC constituant : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-2491 https://www.mouvement-constituant-populaire.fr/
Changer de banque: https://www.lanef.com/ https://change-de-banque.org/particulier/
Passer à l'action militante: https://extinctionrebellion.fr/ https://ripostealimentaire.fr/
Changer de travail : https://jobs.makesense.org/fr

Source
Mélenchon https://www.facebook.com/watch/?v=1705322920886297&ref=sharing
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

#mélenchon #duhamel #politique #média #2027 #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:05Est-ce qu'aujourd'hui c'est quelque chose qui vous manque de mettre les mains dans le cambouis et
00:08d'agir pour que ça change ?
00:11Bien sûr, je ne vais pas vous dire le contraire, je ressens une impatience parce que je saurais quoi faire
00:16pour le pays.
00:17C'est vrai que c'est plus facile d'être dans l'opposition que dans la systématique ?
00:21Non, ça c'est ce qu'on dit, c'est ce que disent les petits prétentieux, les petits bourgeois au
00:26pouvoir qui ne font rien.
00:27Donc comme argument ils ont, oh c'est très dur les mains dans le cambouis, blablabla, en fait ce sont
00:32des bons à rien qui justifient leur incapacité en disant c'est plus facile de parler.
00:37C'est peut-être que l'exercice du pouvoir serait plus pragmatique.
00:40Que quoi ?
00:41Que d'une opposition idéologique aujourd'hui.
00:44Parce que vous pensez que ce que je raconte est idéologique, c'est ça ?
00:46Pas du tout.
00:47C'est ce que vous dites.
00:48Peut-être que face aux réalités du pouvoir vous seriez obligé de mettre de l'eau dans vos vins.
00:52C'est de faire face à la crise économique, à la crise sociale.
00:54Et alors donc vous pensez que face aux capitalistes et à la finance internationale...
00:59Je vous pose des questions, moi je n'ai pas d'avis.
01:00Non, vous avez un avis, vous exprimez un avis, vous venez de dire, écoutez, vous êtes typiquement un étudiant de
01:05Sciences Po, le crâne bourré d'idées libérales.
01:07Vous pensez, écoutez-moi, taisez-vous 5 minutes, on arrive au pouvoir et on devient pragmatique, on vous a appris
01:14ça, on vous a bourré ça dans votre petite tête.
01:16Non, quand on arrive au pouvoir, je vais vous expliquer ce qui se passe.
01:18On doit exercer le pouvoir.
01:20Moi, quand je suis arrivé comme ministre, j'ai rencontré une administration qui ne voulait pas de moi.
01:25Parce qu'eux, ils me considéraient comme vous, comme un idéologue, etc.
01:28Jusqu'à ce qu'ils comprennent que ce que je disais avait une conséquence pratique, concrète, très concrète.
01:35Le programme, il s'est donc appliqué, pourquoi ?
01:37Parce que les fonctionnaires aiment servir, ils aiment faire ce qu'on leur dit de faire quand il y a
01:41un plan construit.
01:42Donc, le jour où moi je serai au pouvoir, j'affronterai concrètement la finance.
01:46Et vous serez stupéfaits.
01:47Donc, mon pragmatisme consistera à mettre de manière concrète ce qui est déjà dans mes plans, qui n'ont rien
01:53d'idéologique.
01:53Vous comprenez ?
01:55Moi, je mets en garde les plus jeunes.
01:58Ne croyez pas à ce baratin.
01:59Quand on est au pouvoir, on a les mains dans le camp, on mourira gna gna, et donc on ne
02:03fait plus rien parce que la réalité est inchangeable.
02:06Est-ce qu'en ce moment, du fait du manque d'échéance et de la tribune que vous avez perdue,
02:10que vous aviez pendant la campagne présidentielle,
02:12est-ce que vous n'êtes pas un peu dans un faux plat ?
02:14Est-ce que vous n'avez pas un peu de mal à exister ?
02:16Est-ce que c'est quelque chose qui est difficile pour vous ?
02:19Le passage d'une activité énorme pendant la campagne, d'aujourd'hui, vous avez évidemment moins d'échéance.
02:27Pas du tout.
02:28J'ai eu une activité qui est extrêmement intense.
02:31Elle n'a pas dans les médias le même impact.
02:34Mais moi, je ne dis pas des médias.
02:35Je m'en fous des médias.
02:36Mais quand vous réunissez des dizaines de milliers de personnes, place Stalingrad, c'est vrai qu'aujourd'hui, vous pourriez
02:41avoir une petite...
02:42Ah, vous avez remarqué maintenant qu'il y avait des dizaines de milliers de personnes parce qu'à l'époque,
02:45ce n'est pas ça qu'on disait.
02:46Moi, je ne suis pas journaliste.
02:47Moi, je ne leur dis rien.
02:48Je vous réponds.
02:49Vous m'avez posé une question.
02:50Je pourrais être des questions.
02:51Je vous réponds à votre question.
02:53Bon.
02:54Quelle est votre question, au juge ?
02:56Vous voulez me demander si je ne m'ennuie pas mortellement ?
02:58C'est parce que vous ne comprenez rien à l'action politique de gauche.
03:01Je vais vous expliquer.
03:02La vie, ce n'est pas la notoriété et les médias.
03:05On s'en fout.
03:06Non, mais c'est...
03:06Écoutez-moi !
03:08Je vous écoute.
03:09Bon, allez-y.
03:10Posez vos questions.
03:11Ce sont des affirmations.
03:12Et puis, je dois dire oui à tout ce que vous dites.
03:14Je vous écoute.
03:14Bon.
03:15Alors, écoutez un peu.
03:16Réfléchissez.
03:17Faites marcher là-dedans.
03:18Sous le truc lavable.
03:19Vous avez un truc qui n'est pas lavable.
03:20Ça s'appelle le cerveau.
03:21Et vous devez comprendre ce qu'est un homme ou une femme de gauche.
03:24Nous avons une activité constante dans l'histoire.
03:28Créer de la conscience de classe.
03:30Organiser.
03:32Former.
03:34Conscientiser.
03:34Ça, c'est tous les jours.
03:36Et puis, il y a des moments aigus.
03:37Et des moments plus bas.
03:38Alors, dans les moments aigus, par exemple, les campagnes électorales,
03:41beaucoup de gens s'intéressent à la politique.
03:43À ce moment-là, le système médiatique fait tout ce qu'il peut pour faire obstacle.
03:47D'accord ?
03:47Le CSA couvre des abus de pouvoir absolument incroyables.
03:51L'UMP et le PS tiennent tout.
03:53Leurs journaux, le quotidien Socialiste Libération,
03:55le quotidien Centre Droit Le Monde, est là pour bétonner.
03:59Et puis, des dizaines de gens sont partout, qui sont des bons socialistes,
04:02qui sont tous en train de préparer une carrière dans les bonnes écoles.
04:05Ils posent les bonnes questions.
04:06Donc, ça, c'est le moment où nous, nous avons beaucoup de mal.
04:09Contrairement à ce que vous avez l'air de raconter maintenant,
04:11nous avons eu beaucoup de mal à nous faire entendre à ce moment-là.
04:14Je reviens deux secondes sur votre relation avec les journalistes et les médias.
04:17Est-ce qu'il n'y a pas un petit paradoxe ?
04:19Parce que c'est vrai qu'on voit que vous ne les aimez pas,
04:20vous tapez un peu dessus.
04:21Non, je tape beaucoup dessus.
04:22Mais de l'autre, vous avez ce côté bête de scène.
04:24Il vous adore, vous faites de l'audience.
04:25Et vous vous en servez, paradoxalement.
04:27Bien sûr.
04:28Bien sûr.
04:29Et alors, quelle est la question ?
04:30Est-ce que ce n'est pas un peu craché dans la soupe ?
04:32Ah, parce que c'est une soupe pour vous.
04:34Ça ne m'étonne pas de vous.
04:35Vous comprenez l'expression ?
04:36Non.
04:37Vous ne comprenez pas.
04:38Je dis, quelle est la soupe ?
04:39Qu'est-ce que je mange, moi, là-dedans ?
04:41Racontez-moi, monsieur.
04:42Vous contribuez au système médiatique qui vous aime et qui vous invite.
04:45Voilà.
04:45Donc, je ne devrais pas y aller.
04:46Mais ce n'est pas ce que je dis.
04:47Attendez, je vous pose la question.
04:48Je ne devrais pas y aller.
04:49Mais ce n'est pas la question.
04:50Ce n'est pas moi d'accord.
04:51Parce que ce que vous ne comprenez pas, c'est la nature de la démocratie.
04:54La démocratie, par exemple, moi, j'étais contre le Sénat.
04:57J'ai siégé au Sénat 20 ans.
04:58Je suis contre l'Union européenne.
05:00Je siège comme député.
05:01Ça s'appelle la démocratie.
05:03Dans une assemblée, il n'y a pas que ceux qui sont d'accord.
05:05Donc, moi, je suis un ennemi du système médiatique.
05:07Écoutez-moi.
05:07Le système médiatique est la deuxième pose du système.
05:10J'utilise toutes ces contradictions pour jouer contre lui.
05:13Il m'utilise, je l'utilise.
05:14Je ne m'en cache même pas.
05:16Je lui dis à la télévision.
05:17Vous me manipulez, je vous manipule.
05:19Je vous prends un tout petit exemple.
05:20La soirée GQ.
05:21Voilà, le magazine chic de l'homme.
05:23Vous avez été élu homme de l'année.
05:24Alors, votre idéal révolutionnaire, c'est Robespierre.
05:26On imagine mal aller prendre un verre avec Vincent Bolloré ou Teddy Riner.
05:30Vous voyez un peu le paradoxe qu'il y a quand même ?
05:32Non.
05:32Pas du tout.
05:33Je vois que je suis habile.
05:34Vous en parlez.
05:36Oui.
05:36Mais donc, c'est-à-dire que pour vous, GQ, c'est quelque chose, voilà, ça vous fait plaisir ?
05:41Je ne comprends pas la question.
05:42Vous ne comprenez pas la question ?
05:43Non, mais moi, ça m'est égal.
05:44Vous croyez, par exemple, quand je monte sur une tribune dans le froid avec un mégaphone,
05:48vous pensez que ça me fait plaisir.
05:50Mais ça ne m'étonne pas.
05:51Vous êtes un petit bourgeois hédoniste, comme tous les gens de votre geste.
05:54Non, mais écoutez-moi.
05:55J'essaye de vous rectifier.
05:57Je vous aiider à réfléchir.
05:58Je vous remercie.
05:59Oui, bien sûr, vous pouvez me remercier.
06:00Je suis votre aîné.
06:01Je vous apprends quelque chose.
06:02Je vous demande de comprendre que la vie n'est pas une mascarade sur une scène.
06:07C'est une lutte.
06:09C'est un rapport de force.
06:10Donc, je construis des rapports de force par toutes les failles du système.
06:14Je n'en ai pas d'autres.
06:15Comme le syndicaliste, qu'est-ce que vous croyez qu'il fait ?
06:17Il utilise la loi qui lui permet de contester le patron.
06:20Il devrait arrêter parce que, d'une certaine manière, il légitime l'ordre.
06:24Vous voyez, dans votre esprit formaliste et tétanisé par les apparences,
06:30pour vous, tout ça, c'est un spectacle.
06:32Pour nous, c'est une lutte.
06:33Voilà.
06:33C'est ça, la différence.
06:35Merci, Jean-Luc Mélenchon, d'avoir répondu à ces questions.
06:36Vous revenez comme vous voulez.
06:51Merci, Jean-Luc Mélenchon, d'avoir répondu à ces questions.
Commentaires

Recommandations