00:00Les nappes dans lesquelles ils prélèvent, c'est une nappe qui se renouvelle à plusieurs centaines d'années et donc
00:08c'est le patrimoine de la génération d'après.
00:11Donc là, en fait, clairement, ça pose un enjeu de société, un enjeu générationnel de dire en fait, désolé, mais
00:19vous allez non seulement vous payer plein d'incendies, de sécheresses, d'inondations et on a siphonné vos réserves en
00:26eau stratégiques pour faire face à ces extrêmes.
00:35Et la question que je te disais, qui me fâche, est-ce qu'on doit filtrer l'eau du robinet
00:41?
00:42Je dis elle me fâche parce que c'est vrai qu'on est vraiment focalisé sur le grain de sable
00:46et on ne voit pas toute la big picture qui permet de voir qu'en fait,
00:51nos modes de vie rejettent sans arrêt au quotidien des millions de molécules et de substances qui s'accumulent et
00:57qui ne se dégradent pas à l'échelle humaine.
01:00Donc évidemment, on aura besoin de dépolluer davantage et en fait, tout le monde devra dépolluer.
01:05Et l'industrie de l'eau en bouteille l'a bien compris et ils le font.
01:09Ils n'ont pas attendu en fait de se rendre compte.
01:12En fait, le scandale sanitaire, c'est de ne pas avoir dit plus tôt qu'on a des hydrosystèmes pollués
01:19par un ensemble d'activités,
01:21qui ne sont pas que agricoles, mais des pollutions historiques qui s'accumulent en fait dans les sols.
01:28Et ça, c'est un vrai sujet.
01:31Donc la question de l'eau potable, elle est toute relative par rapport aux substances qu'on va rechercher.
01:38Et on a un adage dans le milieu, c'est on dit plus on cherche, plus on trouve.
01:43Donc ça veut dire beaucoup de choses.
01:45Et les futurs problèmes, pour moi, qu'on n'a toujours pas encore, parce qu'il y a ça, il
01:50y a déjà tout ça.
01:52Et il y aura aussi peut-être un jour la question de l'antibioresistance,
01:55où on se rendra compte que l'antibioresistance, elle est en partie liée à des antibiotiques qu'on consomme en
02:03excès
02:03et qui ne se dégradent pas dans les hydrosystèmes et qui se retrouvent finalement dans nos corps.
02:10Donc c'est un vaste sujet, la question de la qualité de l'eau.
02:14Je pense qu'elle ne doit vraiment pas occulter les vrais enjeux qui sont notre modèle agricole,
02:19qui est encore toujours très dépendant des énergies fossiles, des substances chimiques,
02:26nitrates, engrais de synthèse et pesticides, produits phytosanitaires plus largement.
02:32Et donc tout le monde est concerné.
02:35Gestionnaire de l'eau potable, qu'il soit public ou privé.
02:37Quand on est en public, on a plus de marge de manœuvre.
02:41Quand on délègue au privé, en fait, ils sont concernés, mais bon voilà,
02:47ils ont des objectifs de résultats et donc ils n'ont pas la vision politique
02:51pour investir dans ces infrastructures de dépollution.
02:55Donc voilà, je détourne un peu le sujet, mais sur la question de l'eau potable, c'est ça.
02:59Et donc ces questions-là, forcément, les industriels de l'eau se la posent.
03:03Et ça a d'ailleurs été les premiers concernant l'agriculture à maintenir les aires d'alimentation de captage
03:12en prairie et en agriculture biologique.
03:15Ils ont été, presque en même temps ou avant, certains acteurs publics
03:21à vraiment s'intéresser à cette question de l'agriculture, en prévention.
03:25Mais malgré tout ça, ça n'évite pas les pollutions.
03:30Et l'autre sujet qui n'est pas qualitatif sur ces scandales des eaux en bouteille,
03:36il est quantitatif.
03:38Il est surtout là-dessus parce que les nappes dans lesquelles ils prélèvent,
03:44certaines nappes, je pense notamment à la nappe qui est dans les Vosges,
03:48les grés du trias inférieur,
03:52c'est une nappe qui se renouvelle à plusieurs centaines d'années.
03:57Et donc, c'est le patrimoine de la génération d'après.
04:02Donc là, en fait, clairement, ça pose un enjeu de société, un enjeu générationnel de dire,
04:08en fait, désolé, mais vous allez non seulement vous payer plein d'incendies, de sécheresses, d'inondations,
04:14et on a siphonné vos réserves en eau stratégique pour faire face à ces extrêmes.
04:21Donc, moi, s'il est plus là, en fait, le sujet, il est qualitatif, évidemment,
04:26et donc, il va demander plus de traitement, mais il est aussi quantitatif
04:28parce qu'il y a certaines nappes qui ne se renouvelleront pas à l'échelle humaine.
04:32Et ça, c'est important.
04:33Donc, voilà, moi, je pose ça là en disant, c'est clair qu'on ne peut plus vraiment regarder ailleurs
04:41maintenant.
04:42Et ça pose la question de nos usages.
04:45Et donc, je dis tout le temps, et je le répète, buvez l'eau du robinet.
04:50Malgré tout ce que vous entendez, filtrez-la si vous avez vraiment des doutes.
04:54Mais vous avez l'information, normalement, disponible sur le site de l'ARS, l'Agence régionale de santé.
05:01Ils sont tenus de publier les rapports.
05:03Et si vous avez un doute, vraiment, posez la question à Haute-Paris, si vous habitez à Paris,
05:08et puis sinon, les gestionnaires de l'eau qui sont tenus de faire ces analyses-là.
05:13J'ai une question, mais j'ai un peu, entre guillemets, honte de la poser parce que c'est très
05:16micro.
05:17Et en fait, je pense que, du coup, le fait de la poser, c'est-à-dire que je n
05:20'ai pas bien compris les vrais enjeux de l'eau.
05:22Tu en as parlé.
05:23C'est le fameux chiffre qu'il y a autour de l'empreinte eau du bœuf qui fait vraiment beaucoup,
05:29beaucoup de bruit.
05:32Déjà, qu'est-ce qu'on croit ? Qu'est-ce qu'il faut croire, moi, en tant que citoyenne
05:34?
05:34Je ne sais pas, parce que je vois l'ADEME, je vois toi, ce que tu dis, je vois Sabine
05:38Bonneau qui va dire autre chose,
05:39je vois le Sers-Jaka qui va dire d'autres choses.
05:41En bref, je ne sais pas quoi croire ce sujet.
05:43Et on en discutait tout à l'heure, je me dis, en fait, c'est peut-être même pas ça,
05:46la bonne question.
05:47Et du coup, est-ce que c'est un indicateur, l'empreinte eau, qui est pertinent ?
05:53Si oui, quelle est la vraie empreinte eau du bœuf ?
05:57Je suis contente que ça change en fonction, mais c'est vrai que sur les sujets d'agriculture,
06:01c'est quelque chose qui est très sensible en fonction de là où on est.
06:04Est-ce qu'une moyenne, ça a vraiment un sens ?
06:06C'est plutôt dans une optique de sensibilisation plus massive.
06:11Qu'est-ce que je dois dire ?
06:12Si je dois dire, OK, pour redire son empreinte eau, en fait, manger moins de bœuf, c'est pertinent ou
06:17pas ?
06:18Voilà.
06:19Merci.
06:20Alors là, c'est parti.
06:21On part dans les indicateurs.
06:23Et en plus, la viande, c'est encore un sujet bien fédérateur.
06:30Alors, effectivement, je vais répondre direct par ce que tu as dit et ce que je retiens qui est hyper
06:35pertinent.
06:35C'est qu'il ne faut pas se focaliser sur un indicateur, surtout sur celui-là,
06:40parce que l'empreinte eau, aussi comme l'empreinte carbone, il masque certaines choses.
06:46Et la question de l'empreinte eau dans cette méthode volumétrique, empreinte eau verte, eau bleue, eau grise, elle a
06:54tendance à masquer tous les autres enjeux.
07:00Je m'explique.
07:01Sur l'empreinte eau volumétrique, les fameux 100 000 litres, 5 000 litres d'eau par jour, on a 30,
07:08de mémoire, 37% qu'il y a la viande, toutes les viandes.
07:13Mais essentiellement, évidemment, la viande bovine parce que c'est celle qui requiert le plus d'espace et donc le
07:20plus d'eau verte.
07:21Ce qui est important de regarder là, c'est par rapport à notre consommation actuelle en viande et l'espace
07:29qui est nécessaire pour produire l'alimentation animale,
07:33l'alimentation pour nourrir le bétail.
07:36En fait, on a une sorte de là, on a franchi une limite.
07:38On ne pourra pas, par rapport à notre consommation actuelle, avoir toutes les surfaces en pâturage nécessaires pour ça.
07:46Donc, l'empreinte eau sur l'eau verte, j'aime à dire que c'est une question de dépendance.
07:52On se rend dépendant de l'eau verte.
07:56Donc, si en fait, on a une sécheresse et qu'on n'a plus de fourrage,
08:00eh bien, parce qu'on n'a plus d'eau verte dans les prairies, eh bien, on est dépendant là
08:06de cette eau verte qui n'est plus là.
08:09Donc, on arrive à ce qui est en train d'arriver, à irriguer des prairies.
08:13Les surfaces en prairie, elles commencent à être de plus en plus irriguées pour le fourrage.
08:18Voilà.
08:18Alors qu'on pourrait changer aussi notre alimentation pour réduire notre consommation en viande,
08:24mais pas que, tous les produits animaux.
08:27Mais l'idée, c'est de ne pas totalement arrêter parce qu'on a encore besoin de l'agriculture en
08:33polyculture élevage
08:34pour maintenir ces surfaces en prairie.
08:38Pour la biodiversité, les prairies par rapport au cycle de l'eau sont importantes aussi,
08:44les rôles des zones éponges.
08:46Donc, en fait, l'élevage n'est pas à bannir totalement pour moi.
08:52Mais voilà, on pourra en parler des heures.
08:54Mais c'est pour ça que je dis, attention, l'empreinte eau, c'est un indicateur.
08:58Et il ne faut pas se focaliser sur cet indicateur-là.
09:01Il y a aussi d'autres méthodes pour calculer l'empreinte eau qui s'affranchissent de l'eau verte,
09:06qui sont intéressantes aussi.
09:07Et ça, c'est plus développé par les entreprises.
09:11Mais il y a quand même besoin de révéler cette question de l'eau verte.
09:14C'est ça qui est compliqué, en fait.
09:15On a besoin de l'empreinte eau.
09:17Mais aujourd'hui, dans la norme ISO 14046, on ne tient pas compte de l'eau verte.
09:23Et pourtant, c'est une limite planétaire qui est franchie.
09:25C'est ça, le truc.
09:33C'est ça, le truc.
09:56C'est ça, le truc.
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