00:00C'est pour ça qu'un milieu hostile, c'est très facile de faire développer l'entraide.
00:04Sauf que quand tout le monde est riche, il peut y avoir une personne qui se dit
00:09« Bah moi je suis riche, comme dit Jean Covici, moi j'ai 500 esclaves énergétiques,
00:12on a tous 500 esclaves énergétiques grâce au pétrole, ils sont tous hyper riches.
00:17Donc on peut se permettre de dire à son voisin « Bah mec, j'ai pas besoin de toi. »
00:23Et même, tu sais quoi, je t'emmerde.
00:26C'est un luxe de riche de dire « je t'emmerde. »
00:29Parce que quand en milieu hostile, si vous dites ça, vous mourez.
00:41Quand on a un groupe, il y a des forces extérieures qui permettent de souder les groupes.
00:48Tu l'as dit, le grand méchant loup, un ennemi commun, ça c'est radical, c'est hyper fort, hyper
00:54puissant.
00:54Ça peut être le milieu hostile, un milieu de pénurie, une catastrophe, la faute à pas de chance.
01:00Là, ça soude. Par exemple, le Bataclan, il y a eu une catastrophe, ça a soudé les Français tout à
01:07coup.
01:08Il y en a plein. L'histoire de l'humanité, c'est que ça.
01:12Mais il y a une troisième force, c'est un projet commun.
01:17C'est quoi le point commun entre les trois ?
01:21Un ennemi commun, un milieu hostile ou un projet ?
01:25C'est le sens, c'est le récit.
01:29En fait, la guerre donne du sens au monde.
01:34Radicalement, c'est un boost de sens.
01:37Il ne faut pas oublier ça.
01:38C'est très puissant, la guerre.
01:39Et c'est pour ça que c'est dangereux, parce que c'est un...
01:44Nous, les humains, on adore le sens et le lien, et la joie.
01:49C'est ça qui nous apaise et qui nous permet de nous mettre en mouvement et en collectif.
01:52Le lien, le sens, la joie.
01:54Et il ne faut pas oublier que la guerre, c'est un boost de sens,
01:57et ça permet de mettre tout le monde au diapason
01:59et d'emmener un groupe à l'unisson, de le mettre à l'unisson, etc.
02:04Mais ça peut être un projet commun.
02:05Et finalement, le point commun entre les trois, qui sont trois boosts, shoots de sens,
02:11c'est le stress.
02:13Le stress, les trois, c'est du stress.
02:16Un projet, il faut une deadline, il faut réussir quelque chose.
02:19L'ennemi commun, il y a un stress de survie, et puis il est hostile aussi.
02:23Et bien, quand on met les organismes en stress,
02:26ils sont obligés de se renforcer.
02:28Et puis, surtout, ceux qui ne le font pas, ils meurent.
02:37Donc, c'est dur de ne pas partir dans une conférence,
02:40mais le principe dans le monde vivant, c'est que l'entraide émerge en milieu hostile.
02:50La compétition peut émerger en milieu d'abondance.
02:53Ça, c'est contre-intuitif pour nous, nous libéraux.
02:58Philosophie libérale, qui veut que, bah, s'il y a la pénurie, on va se foutre tous sur la gueule.
03:03Non.
03:06Et ça, justement, notre culture, c'est ça qui est dangereux, en fait.
03:09C'est notre culture de la compétition.
03:13Pour le dire autrement, ce qui est dangereux, c'est pas la pénurie.
03:16C'est d'arriver dans la pénurie avec une culture de la compétition.
03:20Ça, c'est dangereux.
03:21Ça, c'est une bombe à retardement qui peut tuer plein de gens.
03:24Mais nous, les humains, on sait traverser la pénurie, on sait faire depuis des centaines de milliers d'années.
03:31C'est pas un problème, la pénurie.
03:33Ça soude les groupes.
03:34Et d'ailleurs, les groupes les moins soudés sont ceux qui survivent le moins.
03:38Donc, un des principes du vivant, et c'est pour ça que c'est finalement simple à comprendre,
03:43pourquoi en milieu hostile, l'entraide émerge ?
03:45Parce que si elle émerge pas, bah, les gens meurent.
03:49Les égoïstes meurent en premier, en milieu hostile.
03:52Et ceux qui survivent, c'est les plus coopératifs.
03:56Principe du vivant majeur, principe de l'évolution.
03:59Ceux qui s'entraident sont ceux qui survivent.
04:03Pourquoi alors ?
04:04Du coup, c'est un peu plus compliqué à comprendre.
04:07Pourquoi en milieu d'abondance, il y a la compétition qui revient ?
04:10C'est bizarre, c'est contre-intuitif.
04:12En fait, non.
04:13Ça s'explique, parce qu'en milieu d'abondance, il peut y avoir de l'entraide.
04:18Pourquoi pas ?
04:20Sauf qu'il peut y avoir de la compétition.
04:23Et quand on a le choix entre les deux, c'est quoi qui est le plus efficace ?
04:27C'est la performance, l'optimisation, la compétition.
04:31On revient sur ce que dit Olivier Amand.
04:33Ça permet de gagner.
04:34Les individus les plus performants, les plus forts, les plus intelligents, les plus rapides, les plus machins,
04:39ils gagnent.
04:40Ils sont sur leur petit podium.
04:41Ils écrasent la gueule des autres.
04:43Ils arrivent à gagner.
04:45Mais ce faisant, ils détruisent le groupe.
04:49Et en fait, il y aura toujours deux forces opposées,
04:55comme le ying et le yang dans le vivant.
04:58Compétition, coopération.
05:00L'une, où les individus les plus égoïstes gagnent en premier,
05:04mais détruisent les groupes.
05:06Et l'autre, où les groupes les plus coopératifs survivent mieux.
05:11Et donc, ça dépend du milieu.
05:13Tu vois ?
05:14C'est pour ça qu'un milieu hostile, c'est très facile de faire développer l'entraide.
05:18Sauf que quand tout le monde est riche,
05:21il peut y avoir une personne qui se dit
05:23« Bah, moi, je suis riche, comme dit Jean Covici.
05:25Moi, j'ai 500 esclaves énergétiques.
05:26On a tous 500 esclaves énergétiques grâce au pétrole.
05:30Et tous hyper riches. »
05:31Donc, on peut se permettre de dire à son voisin
05:34« Bah, mec, j'ai pas besoin de toi. »
05:37Et même, tu sais quoi ?
05:38« Je t'emmerde. »
05:40C'est un luxe de riche, de dire « Je t'emmerde. »
05:43Parce que quand en milieu hostile, si vous dites ça, vous mourrez.
05:47Donc, en milieu d'abondance, la compétition peut émerger.
05:52En mieux hostile, elle peut pas.
05:54En fait, il y a un grand renversement à faire.
05:56Là, je vous livre un des grands secrets
05:59qui m'a fait débloquer.
06:01Là, ces derniers mois, j'ai découvert il y a pas longtemps.
06:04On a appris depuis tout petit que la vie, c'est un paysage de compétition.
06:09Darwin, machin, alors que Darwin n'a pas dit ça.
06:13Et qu'il y a des petits îlots de coopération.
06:17Et c'est la civilisation, la culture qui amène la coopération.
06:21Et que si on enlève ça, c'est la barbarie, la loi de la jungle,
06:24tout le monde s'étripe.
06:25C'est pas du tout ça.
06:26La nature, elle existe et il n'y a pas de civilisation,
06:28mais tout le monde survit.
06:29Mais bon, bref.
06:31Donc nous, on a appris qu'il y a un paysage de compétition
06:33et des petits îlots de coopération.
06:35Et c'est complètement faux.
06:37C'est exactement l'inverse.
06:38La vie, en fait, mais il faut du temps pour démontrer ça
06:42et pour arriver à y croire,
06:43c'est un paysage de coopération
06:46et des petits îlots de compétition.
06:49La compétition, elle doit se cadrer.
06:52Elle doit rester cadrée.
06:53Sinon, elle envahit tout et elle détruit les groupes.
06:55Elle détruit la vie, elle détruit les écosystèmes.
06:58La compétition, c'est l'efficacité,
06:59c'est l'individu, c'est écraser les autres,
07:03c'est détruire le lien.
07:04C'est le stress.
07:08Et par exemple, prenez les Jeux Olympiques.
07:10Vous allez me dire,
07:11ouais, mais c'est cool en fait, la compétition.
07:13Ça permet de se dépasser, d'être meilleur et tout ça.
07:16Ben non, enfin oui, mais si c'est cadré.
07:19Si on prend les Jeux Olympiques, c'est très cadré.
07:22Et les sportifs, ils arrivent, ils sont bien préparés,
07:25ils ont des super godasses,
07:27ils sont entraînés, ils ont envie d'y aller.
07:29Ils ont envie d'y aller.
07:30Et leur truc dure un quart d'heure.
07:32Ils sont au taquet, ils se donnent,
07:34ils font des records.
07:35Et après, ils reviennent,
07:36petit resto, petit hôtel, tout va bien,
07:39massage, douche,
07:40et on revient.
07:41Et c'est plus la compétition.
07:43La compétition, c'est cadré.
07:45Et on a envie d'y aller.
07:47Et oui, ça permet de,
07:48dans le monde animal,
07:51de définir des territoires,
07:52de l'accès à la reproduction.
07:53Il y a de la compétition, mais cadré.
07:55Et les animaux, ils font ça pas beaucoup,
07:57une minute, parce que c'est hyper risqué,
07:58c'est fatigant, on risque de mourir.
08:00Et donc, on le cadre.
08:03Mais si on déploie la compétition partout,
08:05tout le temps,
08:06entre étudiants, entre chômeurs,
08:08entre retraités, entre entreprises,
08:11entre universités, entre écoles,
08:12mais n'importe quoi, entre pays.
08:14Et du coup, on épuise tout le monde.
08:17Et ça s'arrête jamais.
08:18En plus, on n'a pas envie d'y aller.
08:19Les chômeurs, ils n'ont pas envie d'être en compétition.
08:21Les doctorants entre eux, tout le monde.
08:23Et donc, tout le monde est épuisé,
08:25pas bien armé,
08:26on n'a pas envie d'y aller.
08:27Et bien, ulcère, cancer,
08:28on détruit les organismes
08:29et on détruit les super-organismes,
08:31qui sont les sociétés.
08:32La compétition débridée,
08:34ça détruit tout.
08:36Et c'est cette grande course à l'échalote
08:37dont je parlais au début.
08:40que Trump remet à la mode.
08:41C'est ça.
08:42Ça va permettre des petits gagnants,
08:44enfin, des gros gagnants sur le court terme.
08:47Certains qui vont être sur le podium.
08:49Plein, plein de perdants.
08:50Et une destruction des sociétés.
09:21Sous-titrage Société Radio-Canada
09:27Abonnez-vous !
Commentaires