Passer au playerPasser au contenu principal
La société de consommation vit un tournant historique selon Cécile Désaunay, experte en prospective chez Futuribles. Après quinze ans d'enquêtes, le constat est sans appel : 80% des Français rejettent désormais ce modèle perçu comme une source de gaspillage et de stress.
Dans cet entretien avec le Greenletter Club, elle décrypte l'arnaque du bonheur par l'achat matériel et l'échec d'un système incapable de satisfaire nos besoins fondamentaux malgré une richesse record.
Entre tiroirs remplis de smartphones inutilisés et urgence climatique, il est temps de repenser nos priorités pour affronter un futur devenu hostile.

#Désaunay #Consommation #Prospective #Décroissance #Écologie

Pensez à réduire la qualité de la vidéo.

Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
/!\

/!\

/!\
/!\
Quel pourcentage de gens juge la société de consommation mauvaise ?
➡ 80%.

Quel chercheur a travaillé sur le lien entre consommation et bonheur ?
➡ Gaël Brûlé.

Combien de smartphones dorment inutilisés dans les tiroirs ?
➡ 40 Millions.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Dans nos sociétés développées occidentales, c'est vrai qu'on a tendance à se dire, pour vivre heureux, il faut
00:05consommer.
00:06Et donc lui, il fait le lien entre sentiment de bonheur déclaré et la consommation de ressources naturelles.
00:11Et il dit, du coup, si on regarde dans nos sociétés européennes, on a l'impression qu'effectivement, les deux
00:16sont complètement corrélés, qu'il va falloir consommer des ressources naturelles pour être heureux.
00:19Ce qu'on voit aussi dans d'autres travaux, c'est que du coup, au-delà d'un certain seuil
00:22de richesse et de consommation, ça ne fonctionne plus, cette mécanique-là,
00:26et qu'on ne se sent pas plus heureux parce qu'on a trois téléviseurs et quatre smartphones.
00:37Parlons quand même un tout petit peu de ce que les Français nous disent de la société de consommation, parce
00:41que c'est hyper intéressant.
00:43Moi, ça fait 15 ans que je regarde cette transformation-là et que j'ai vu évoluer le vocabulaire dans
00:49les enquêtes associées à la consommation.
00:51Et autant, on l'a dit tout à l'heure, il y avait des imaginaires ultra-positifs associés à la
00:57consommation, source de plaisir, de bien-être, de réussite.
01:00Quand je consomme, quand j'achète des trucs, c'est un symbole de réussite, c'est bon, je consomme comme
01:06mes voisins, j'ai réussi ma vie.
01:08Et là, on a complètement basculé.
01:10Ça a commencé au sortir de la crise de 2008 et puis ça ne s'est pas arrêté.
01:16Et donc, aujourd'hui, on arrive à un stade où on a 80% des gens qui nous disent que
01:21la société de consommation, c'est une mauvaise chose, ça génère des gaspillages.
01:24En fait, je ne les trouve plus de plaisir, c'est même une contrainte, c'est une perte de temps.
01:27Les gens passent trop de temps à consommer.
01:29On a une espèce d'effet massif, un repoussoir de la consommation qui est assez inédit.
01:35On sent le ras-le-bol là-dedans.
01:38Donc, du coup, bien sûr, ce n'est pas parce qu'on dit quelque chose qu'on va le faire.
01:42Donc ça, on est toujours dans cette tension-là et puis on reste tous pris au piège de ce système
01:48-là, on peut en reparler.
01:50Néanmoins, pour moi, cette fracture-là, elle est assez révélatrice du fait qu'on est prêt à en sortir, on
01:55est prêt à passer à autre chose
01:56et que finalement, on est plutôt en attente de réponses, de solutions, d'alternatives qu'on voit déjà d'ailleurs
02:02émerger.
02:04Mais je pense qu'il n'y aura pas forcément de retour en arrière et que, alors on pourra en
02:08reparler,
02:09il y a quand même des publics qui restent très sensibles et très attirés par la consommation,
02:15mais qui peuvent rester en fait plus minoritaires qu'on ne le pense.
02:18C'est vrai, quand on combine tous ces éléments-ci, ça ne laisse plus beaucoup de place.
02:24Juste à titre informatif, tu notais ça dans le livre.
02:28Donc tu notais bien qu'on est des sociétés, enfin certaines, mais certaines sociétés sont riches
02:32et elles n'arrivent pas à satisfaire les besoins fondamentaux des citoyens
02:35et que c'est très inefficace au final comme système aujourd'hui.
02:39C'est que les besoins ne sont pas suffisamment satisfaits pour la majorité des personnes
02:43ou trop satisfaits pour d'autres personnes.
02:46Exactement.
02:47Et j'ajoute un point avant de parler de ça, c'est un point que je trouve aussi hyper intéressant.
02:50C'est tous les travaux qui sont faits sur le lien entre consommation et bonheur.
02:54Et notamment, j'ai regardé les travaux d'un chercheur qui s'appelle Gaël Brûlé
02:57et qui nous dit en fait, dans nos sociétés développées occidentales,
03:02c'est vrai qu'on a tendance à se dire, pour vivre heureux, il faut consommer.
03:06Et donc lui, il fait le lien entre sentiments de bonheur déclarés
03:09et la consommation de ressources naturelle.
03:11Et il dit du coup, si on regarde dans nos sociétés européennes,
03:14on a l'impression qu'effectivement, les deux sont complètement corrélés,
03:17qu'il va falloir consommer des ressources naturelles pour être heureux.
03:19En fait, c'est complètement lié à notre approche du bonheur dans les sociétés européennes
03:23qui est une approche très comparative.
03:25Je me sens heureux si j'ai l'impression de vivre comme les autres.
03:30Notamment, puisqu'on a réduit ça à de la consommation matérielle,
03:33si j'ai l'impression d'avoir les mêmes choses que mes voisins, que mes proches,
03:36si je me sens au même niveau socialement.
03:38Et il dit en fait, il y a plein d'autres sociétés où ce n'est pas du tout comme
03:41ça
03:41et où, en gros, le bonheur est beaucoup plus lié à des relations sociales,
03:45à de l'immatériel.
03:46Et ça, c'est hyper intéressant parce que ce qu'on voit aussi dans d'autres travaux,
03:49c'est que du coup, au-delà d'un certain seuil de richesse et de consommation,
03:53ça ne fonctionne plus cette mécanique-là et qu'on ne se sent pas plus heureux
03:56parce qu'on a trois téléviseurs et quatre smartphones.
04:00Et donc, pour en revenir à ta question que j'ai oubliée,
04:04qui était sur trop versus pas assez.
04:06Oui, ça, c'est pareil.
04:07C'est un point que je trouvais finalement,
04:08c'était un des points de départ du bouquin.
04:10Je me disais, mais ce n'est pas possible.
04:12En fait, on arrive dans ce stade de développement
04:14où notre société n'a jamais été aussi riche.
04:16Et qu'est-ce qu'on fait de cette richesse ?
04:17D'une part, en fait, en gros,
04:19on est dans une société où c'est à chacun selon ses moyens,
04:22justement, et pas à chacun selon ses besoins.
04:24Ça veut dire quoi ?
04:25Si tu n'as pas d'argent, tant pis pour toi.
04:28Je caricature un peu parce qu'en France,
04:29on est quand même beaucoup préservé et protégé.
04:32Mais même dans une société aussi riche que la nôtre,
04:34effectivement, on y va sur les chiffres chocs,
04:37on a 15% des gens qui sont pauvres en France
04:42au seuil de 60% des revenus médians.
04:45Donc, le taux de pauvreté, il augmente de nouveau dans notre pays.
04:48Enfin, ce n'est quand même pas poussé.
04:481200 euros par mois, ça.
04:50Voilà, c'est quand même hallucinant, en fait,
04:51que dans un pays comme le nôtre,
04:52on n'arrive pas à réduire le taux de pauvreté.
04:56On a de la même manière 15% des gens qui nous disent
04:58« Je ne mange pas à ma faim, en fait ».
05:00Donc, pareil, qu'est-ce qui se passe ?
05:01Il y a encore, on a un nouveau plein de garde-fous,
05:04d'assaut, etc., qui font un travail incroyable.
05:06Et on peut continuer.
05:08J'aime bien le 15%, ça permet d'en créer.
05:11On a aussi 15% des personnes qui vivent, en gros,
05:15dans un logement qui est une passoire thermique,
05:17donc qu'ils vont avoir du mal à chauffer
05:20ou à refroidir l'été.
05:22Voilà, donc, en fait, des chiffres, il y en a plein
05:24sur ce fait que même des besoins fondamentaux,
05:27une société aussi riche que la France
05:28n'arrive pas à les satisfaire.
05:29Et effectivement, en parallèle,
05:31comme on est dans cette logique du « à chacun selon ses moyens »,
05:34on a des gens qui ont les moyens
05:36de, finalement, surconsommer,
05:39sursatisfaire leurs besoins.
05:40Et donc, on est dans cette société,
05:41en effet, du gaspillage.
05:43Bon, là, les chiffres, il y en a à la pelle,
05:45mais du côté de l'ADEME,
05:46sur le fait qu'on a en moyenne 2,5 tonnes d'objets chez nous.
05:49C'est complètement délirant.
05:51On a, bien sûr, tous les indicateurs
05:53sur l'impact environnemental de la conso,
05:54sur le fait qu'on est toujours autour de 9 tonnes
05:58en termes d'empreintes carbone,
05:59qu'on aurait 10 000 objets chez nous.
06:01Enfin, voilà.
06:01Donc, voilà, on est dans ce délire-là
06:02où, finalement, on continue toujours plus.
06:05On stocke, on stocke, on stocke.
06:06Parce que, c'est ça,
06:06on est dans une société du stockage aussi.
06:09La cumulocène.
06:09Oui, il y a un chiffre que j'aime bien aussi,
06:11c'est l'idée qu'il y aurait 40 millions de smartphones
06:13qui dormiraient dans les tiroirs en France.
06:16Et je pense qu'on en a tous au moins un
06:18qui traîne quelque part.
06:19Donc, voilà, on est tous pris.
06:20On n'est pas très fiers.
06:21On connaît les tiroirs.
06:23On le cache, mais on est tous pris là-dedans.
06:26Et en fait, on est dans cette espèce d'extrême
06:29où des besoins fondamentaux
06:30ne sont pas bien satisfaits.
06:32Entre les deux, on a ces besoins
06:34qui sont réduits à des besoins matériels et marchands.
06:37Et puis, il y avait un autre point
06:39que je trouvais intéressant dans le bouquin.
06:41C'est de dire, parce que moi,
06:42je fais quand même la prospective.
06:43Donc, j'essaie de voir un petit peu
06:44ce qui pourrait se passer demain.
06:45Et en gros, il y a un dernier point
06:47qui est qu'on néglige aussi dans notre société
06:50du fait de cette marchandisation.
06:52justement, on néglige énormément
06:53les besoins dits immatériels.
06:55Alors, soit c'est des besoins immatériels
06:56que le capitalisme peut intégrer,
06:58qu'il peut comprendre.
06:59Dans ce cas-là, tout va bien.
07:01Effectivement, on est toujours dans cette logique
07:02d'extension du capitalisme
07:04où on va vous vendre des applis
07:06de rencontres amoureuses.
07:08On va vous vendre...
07:08Des colliers, là, qui sont votre ami.
07:11Des via amis.
07:12Donc, voilà.
07:13Ça, à partir du moment où le capitalisme
07:14comprend ce langage-là,
07:15il voit un besoin finançable,
07:18il n'y a pas de souci.
07:18On trouverait une solution.
07:20Mais à côté de ça,
07:21il y a quand même des besoins
07:22qui, pour le coup,
07:23de mon point de vue,
07:25je pense qu'on est tous d'accord pour dire,
07:26redeviennent ou deviennent fondamentaux,
07:28qu'on néglige complètement.
07:29Donc, j'en avais listé 3-4.
07:32Il y avait tout simplement
07:33vivre dans un environnement sain.
07:37On en est tellement partis du principe
07:38que la planète était à notre service
07:40et que, finalement,
07:40elle allait s'adapter à nos activités
07:42qu'on ne s'est pas du tout préparé
07:44aux conséquences des dégradations environnementales
07:47qu'on a nous-mêmes générées.
07:48Donc, voilà.
07:48Changement climatique,
07:49perte de biodives, etc.
07:50Et du coup, ça, c'est vrai
07:52qu'on n'a pas encore mesuré
07:53l'ampleur de l'impact
07:55pour nous, à titre individuel et collectif.
07:57Le fait que, d'ici 20 ans,
07:58en fait, on vivra dans un environnement
08:00beaucoup plus hostile
08:01et on vivra dans un environnement
08:31et on vivra dans un environnement
08:39et on vivra dans un environnement
08:39et on vivra dans un environnement
08:40et on vivra dans un environnement
Commentaires

Recommandations