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  • il y a 10 heures
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Coronavirus. Nous avons rarement eu autant besoin d’information. Problème : ceux qui la produisent sont confinés, pour la plupart. Code source raconte comment s’adaptent les rédactions du Parisien, de BFMTV et de France Info. Deuxième épisode.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11D'habitude, le Parisien, ce sont des centaines de salariés qui s'affairent.
00:15Des réunions, des discussions parfois animées, une journaliste qui cherche un coin calme pour téléphoner,
00:20des reporters et des photographes qui vont et viennent.
00:22Cette rédaction sur trois niveaux est déserte aujourd'hui.
00:25Pourtant, le Parisien sort chaque matin et bat ses records d'audience sur Internet.
00:31CodeSource vous plonge dans les coulisses de trois médias à l'heure du coronavirus.
00:35Le Parisien, BFM TV et France Info, deuxième épisode.
00:44Richard Place, en tant que directeur adjoint de la rédaction de France Info,
00:48début mars, vous préparez la couverture du premier tour des élections municipales.
00:52Oui, nous préparons le premier tour des municipales. La semaine qui précède, notre tranche de midi à 14h,
00:58est entièrement dédiée à cette actualité-là. Frédéric Carbone se promène un peu partout en France
01:02pour raconter les municipales. Mais au fur et à mesure de la semaine,
01:06ces échanges avec la population se modifient et l'on parle des municipales et du coronavirus
01:11et comment d'ailleurs le coronavirus va influencer les municipales également.
01:15C'est-à-dire que les Français qui sont au micro de France Info veulent parler du coronavirus aussi ?
01:18Oui, ça devient un sujet de préoccupation, de questionnement.
01:22Et donc, nous l'évoquons évidemment tout naturellement avec eux.
01:25Et nous essayons d'ailleurs déjà d'apporter des réponses avec la communauté scientifique.
01:30Céline Pigalle, vous êtes directrice de la rédaction de BFM TV.
01:34À la même période, début mars, on apprend que des centaines de personnes ont pu être contaminées par le coronavirus.
01:40Quelques semaines plus tôt, à Mulhouse, pendant un rassemblement évangélique.
01:45Cette affaire de Mulhouse, c'est soudain une image très très forte de ce qu'est ce virus.
01:50Des gens se sont rassemblés, ont passé plusieurs jours ensemble,
01:53se sont serrés dans les bras les uns des autres,
01:56se sont donnés des accolades, se sont embrassés aussi sans doute.
01:59Et là, on voit les effets deux semaines plus tard.
02:02Des cas recensés en Corse et dans plusieurs régions françaises,
02:06jusqu'en Guyane, où cinq cas ont été identifiés comme positifs au coronavirus.
02:11Et des médecins locaux qui nous disent
02:14cette simple réunion de quelques dizaines de personnes,
02:17elle peut faire 800 malades.
02:18Et là, on voit le caractère exponentiel de la contamination.
02:23Malgré ça, Emmanuel Macron, par exemple, le 6 mars,
02:26se rend au théâtre avec son épouse Brigitte
02:29pour assister au spectacle de l'humoriste Alex Lutz.
02:32Stéphane Albouy, directeur de la rédaction du Parisien,
02:35on voit bien là que finalement, la vie continue.
02:37Oui, la vie continue.
02:38La vie continue, il y a une période grise, une période de flottement,
02:41dans laquelle on va rester longtemps.
02:43Il y a quelque chose de très difficile à totalement changer nos habitudes.
02:48Et il y a, évidemment, on le voit, on l'a senti,
02:50dans le discours présidentiel,
02:52parfois en même temps, qui s'accommode assez mal de ce virus.
02:56À ce moment-là, quelle est l'ambiance dans la rédaction aux Parisiens ?
03:00Il y a encore beaucoup de journalistes,
03:01parfois des pots le soir ?
03:02Il y a beaucoup de journalistes.
03:04Les pots sont très limités à l'intérieur de nos rédactions.
03:07Mais effectivement, on travaille encore en équipe.
03:09Et surtout, on a des conférences,
03:11des conférences de rédaction, des réunions hebdomadaires.
03:13Et donc là, on passe pas mal de temps ensemble.
03:15On se serre la main, on se fait la bise.
03:16On se serre la main, on se fait la bise,
03:18on se tape sur l'épaule.
03:20Françaises, Français.
03:20Le jeudi 12 mars, Emmanuel Macron s'adresse aux Français à 20h.
03:26Son ton est solennel.
03:27Il va annoncer la fermeture des écoles et des crèches
03:30pour le lundi 16 mars.
03:32Dès lundi, et jusqu'à nouvel ordre,
03:35les crèches, les écoles, les collèges,
03:39les lycées et les universités seront fermées.
03:42Et ce qui est très frappant ce soir-là,
03:44c'est que Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation,
03:47avait dit plusieurs fois dans la journée
03:49que les écoles n'allaient pas toutes être fermées,
03:52qu'il fallait continuer à faire des choses au cas par cas.
03:55Et c'est le contraire qui se passe.
03:57Jean-Michel Blanquer l'avait dit encore à 15h30 sur BFM TV.
04:00Et le soir même, le président de la République,
04:02qui sans doute ne l'a pas informé, ne l'a pas averti,
04:05prend cette mesure radicale.
04:07Toutes les écoles vont fermer lundi prochain.
04:10Et là, on sent qu'on bascule dans un autre temps,
04:13dans un autre mode de fonctionnement,
04:15un autre mode de gestion de la crise.
04:17C'est le premier coup de semence.
04:19On passe dans autre chose.
04:21À partir de cette déclaration,
04:23médiatiquement, le coronavirus devient le principal sujet.
04:27Mais on est encore dans une zone où on se dit
04:29la vie peut continuer.
04:30Il n'y a pas école,
04:31mais on a encore un certain nombre d'établissements ouverts.
04:34On peut se balader librement.
04:37C'est aussi à ce moment-là
04:38que les annulations se multiplient dans tous les secteurs,
04:42et notamment en ce qui concerne les sports.
04:44Là, il y a un impact, là aussi,
04:45très important dans notre couverture professionnelle,
04:48dans notre façon de travailler.
04:49Les manifestations sportives tombent les unes après les autres.
04:53Et là, effectivement, on sent qu'on bascule.
04:56Et les journalistes du Parisien, du service des sports,
04:59vont basculer vers d'autres services ?
05:01Ça, on le fera un petit peu plus tard,
05:02mais effectivement, les journalistes des sports,
05:05dont l'activité diminue,
05:06vont se redéployer dans d'autres services
05:08pour travailler sur l'actualité liée au coronavirus
05:11et à différents endroits du journal.
05:18Le premier tour des élections municipales approche.
05:22Céline Pigalle, est-ce que c'est un sujet
05:23qui intéresse encore les Français à ce moment-là ?
05:26Plus personne ne s'intéresse aux élections municipales.
05:29Ça n'est plus du tout le sujet de conversation.
05:32Ce n'est plus le sujet d'intérêt, d'inquiétude,
05:36de considération de nos téléspectateurs.
05:38À la veille du premier tour des municipales,
05:40donc le samedi 14 mars,
05:42le soir, Édouard Philippe annonce
05:44que tous les commerces non essentiels sont fermés.
05:47Alors, c'est la modification de la soirée,
05:49c'est-à-dire qu'on pouvait encore imaginer
05:51aller dîner et donc il faut tout abandonner.
05:54Et il faut là, tout de suite, évidemment,
05:56traiter cette situation absolument nouvelle
05:58où, notamment, il indique que les bars,
06:02les restaurants vont devoir fermer à minuit.
06:04Donc, il faut déployer des équipes
06:05pour aller voir ceux qui sont dans ces bars
06:07et dans ces restaurants
06:08et qui vont devoir à minuit tout fermer
06:10pour une période indéterminée.
06:12Et on voit bien que le premier effet,
06:14en tout cas, ce soir-là,
06:15c'est que les gens se précipitent
06:17dans les bars, en tout cas parisiens.
06:18Et nous avons des reporters dans les grandes villes
06:21qui racontent cette insouciance,
06:23ces gens qui se retrouvent dans les bars,
06:25dans les restaurants
06:26et qui, pour certains,
06:27ne comprennent pas cette décision à ce moment-là
06:29parce que le confinement n'a pas fait son chemin
06:32encore dans l'esprit des Français.
06:34Romaric est venu boire un dernier verre,
06:36conscient que c'est justement ce qu'il faudrait éviter.
06:38C'est pas très responsable d'être venu le soir.
06:40C'est l'anniversaire du Lamy,
06:41donc on est pour fêter ça.
06:43Il y a cette sensation
06:44qu'on est là encore,
06:47à un moment qui va changer notre vie au quotidien
06:49et il y a une envie manifeste
06:51de profiter, d'une certaine manière,
06:52de ces dernières heures.
06:54Richard Pless arrive le jour du premier tour des municipales,
06:57le dimanche 15 mars.
06:58C'est une journée tout à fait particulière.
07:00Un premier tour de municipales,
07:01évidemment, pour une radio tout info comme France Info,
07:04c'est une journée que l'on doit faire vivre
07:05au fur et à mesure, les votes.
07:08Mais déjà, nous racontons comment se fait le vote
07:10mais dans des conditions sanitaires.
07:12C'est-à-dire, est-ce qu'effectivement,
07:14on a déjà l'hydroalcoolique dans les bureaux de vote ?
07:16C'est vraiment ça notre préoccupation tout au long de la journée.
07:19Le sujet, c'est le coronavirus.
07:22Et la question, c'est, on a voté ce premier tour,
07:26mais est-ce qu'il y aura un deuxième tour ?
07:28On a senti tout au long de la journée
07:29que cette élection, de toute façon,
07:32elle allait être, elle aussi, contaminée.
07:36Céline Pigalle, comment se passe la soirée,
07:38ce qui est censé être une soirée électorale,
07:40le dimanche soir sur BFM TV ?
07:42C'est une drôle de soirée.
07:44C'est une soirée avec une ambiance très étonnante.
07:47On savait, finalement, avant même qu'elle n'ait commencé,
07:49qu'elle ne pourrait pas se dérouler dans des circonstances normales.
07:52On savait que l'intérêt de nos téléspectateurs
07:55restait sur la question de savoir
07:57ce qu'il fallait maintenant organiser dans le pays.
07:59Et l'interrogation majeure était,
08:01est-ce qu'un confinement général
08:03est sur le point d'être déclenché ?
08:06Et donc, on donne quelques résultats,
08:09on tente de s'intéresser à cette situation.
08:12Et puis, plus les minutes avancent,
08:14et plus on mesure que ni nous,
08:17ni ceux qui nous regardent,
08:18n'ont envie de traiter de ce sujet.
08:20On est sur un premier tour des élections municipales
08:23dont on se dit que, vraisemblablement,
08:26il ne connaîtra pas de deuxième tour.
08:28Et donc, on pédale dans le vide.
08:30Ça n'a aucun sens.
08:32À mesure que la soirée avance,
08:33le sujet des municipales disparaît petit à petit.
08:35On dit aux équipes qui sont dans les différents QG
08:38de remballer.
08:39On ne diffuse pas certaines grandes interviews
08:41ou prises de parole de certains leaders
08:44parce que soudain, ça paraît tellement décalé.
08:46Nous avions prévu d'avoir des médecins en plateau,
08:49d'avoir des experts santé,
08:50et c'est à eux que revient cette soirée en réalité.
08:52C'est eux qui prennent la parole sur les plateaux.
08:57Et le lundi matin, BFM TV raconte
08:59comment les Français s'organisent avec les écoles fermées.
09:01Il n'y a plus que ça à l'antenne.
09:04Comment la France s'organise à ce qu'elle imagine
09:06être la première semaine du confinement ?
09:08En réalité, il n'a pas encore été annoncé,
09:11mais tout le monde voit bien
09:12que c'est ce qui se dessine,
09:13qu'on va encore resserrer cette vis,
09:15qu'il va y avoir de plus en plus d'interdits.
09:18En fait, dans la matinée,
09:20on apprend que le chef de l'État
09:21va s'exprimer à 20h.
09:23Et c'est une sorte de montée
09:24vers cette intervention
09:26avec la conviction pour le plus grand nombre
09:28que cette fois, on y est.
09:31Stéphane Albouy, à partir de ce moment-là,
09:33tous les salariés du Parisien
09:35vont passer en télétravail.
09:36Le lundi matin, on réalise
09:38notre dernière conférence de rédaction physique,
09:42j'allais dire.
09:43On est déjà beaucoup, beaucoup moins nombreux
09:44sur place.
09:45Et en animant cette dernière conférence
09:47de rédaction physique,
09:49j'explique que là, on bascule
09:51dans un autre mode de fonctionnement
09:53radicalement différent.
09:54Le lundi 16 mars, à 20h,
09:57Emmanuel Macron prononce sa deuxième
09:58allocution télévisée
10:00en moins d'une semaine.
10:01Nous sommes en guerre.
10:04En guerre sanitaire, certes.
10:06Nous ne luttons ni contre une armée,
10:08ni contre une autre nation.
10:10Mais l'ennemi est là.
10:11Invisible, insaisissable, qui progresse.
10:14Et cela requiert notre mobilisation générale.
10:17Évidemment, cette phrase est très forte
10:19et elle donne la mesure
10:22de ce que va être la semaine qui suit.
10:24Et néanmoins, il ne prononce jamais
10:26le mot de confinement.
10:27Peut-être, pour avoir négligé
10:29de dire spécifiquement ce mot,
10:33on voit que les choses
10:34prennent du temps
10:35et ont du mal à se mettre en place
10:37de façon aussi radicale
10:39que sans doute il le faudrait.
10:40Et les médecins expriment ça beaucoup
10:41sur nos plateaux,
10:42le soir même, le lendemain.
10:44Nous, ce qu'on a retenu,
10:45c'est l'impact direct de son discours.
10:48Et aux Parisiens, on est très attachés
10:50aux choses concrètes
10:51et à la vie quotidienne.
10:53Et donc, nous, notre manchette,
10:54c'est français,
10:55il faut rester chez vous.
10:57Le mardi 17 mars à midi,
10:59le confinement commence
11:00à entrer en vigueur.
11:01Stéphane Albouy,
11:02là, le Parisien,
11:03fait quel type de sujet ?
11:04On fait des sujets
11:06pour essayer de comprendre
11:07si la parole présidentielle,
11:09d'une certaine manière,
11:10est écoutée
11:11et si elle est comprise.
11:12Emmanuel Macron dit en même temps,
11:14il faut rester chez vous,
11:16mais vous pouvez aussi
11:16avoir une activité sportive.
11:18Donc, il y a encore en ce moment-là
11:20un flou.
11:21Édouard Philippe va lui-même
11:22prendre la parole derrière
11:23pour prononcer ce fameux mot
11:25de confinement
11:26parce que les gens
11:28interprètent ça
11:29de manière assez diverse.
11:31Céline Pigalle,
11:31BFM TV,
11:32utilise un hélicoptère
11:33pour filmer les routes
11:34d'Île-de-France.
11:35On voit sur les routes
11:36qui restent quand même
11:37un certain nombre de voitures,
11:38même si évidemment,
11:38on n'est pas du tout
11:39dans les mêmes situations
11:39que les embouteillages
11:40habituels autour de Paris.
11:42On voit évidemment
11:43des rues désertes à Paris,
11:44mais on voit aussi
11:45des gens qui se battent
11:46devant les supermarchés
11:48ou qui en tout cas
11:49font de longues files d'attente
11:51et qui donc sont dehors
11:52par définition.
11:54On voit des gens
11:56qui se ruent dans les gares
11:58pour essayer
11:59de ne pas vivre le confinement
12:01dans un petit appartement parisien,
12:03mais pour plutôt rejoindre
12:04soit leur famille,
12:06soit une maison
12:07à la campagne,
12:08soit des amis.
12:09Donc, on voit en réalité
12:11beaucoup de mouvements
12:12par rapport à ce qui est demandé.
12:13À ce moment-là,
12:15nous ne prenons pas la mesure
12:16de ce que c'est réellement.
12:17On le voit
12:18comme une mesure marquante,
12:20mais les gens nous le racontent
12:22comme « oui,
12:22mais la vie va continuer ».
12:24Et on se rend compte
12:24au fur et à mesure,
12:25avec le temps qui passe,
12:26que non,
12:27ces mesures sont strictes,
12:28que les gens doivent les respecter
12:29et que petit à petit,
12:31ils vont finir par l'intégrer.
12:34Richard Place,
12:35à partir de ce jour-là,
12:36l'ambiance change
12:37entre journalistes
12:38à la rédaction de France Info ?
12:39Et nous réalisons tous
12:41effectivement qu'il va falloir
12:42changer nos habitudes,
12:43arrêter de nous faire la bise,
12:44de nous serrer la main,
12:46respecter des distances
12:47entre nous.
12:47Et nous commençons
12:48à la direction de France Info
12:50à réfléchir
12:51à une nouvelle organisation
12:52pour que moins de monde
12:53se croise dans la rédaction.
12:55C'est-à-dire que jusque-là,
12:56vous n'aviez pas vraiment
12:57pris conscience
12:58du risque potentiel ?
13:00Jusque-là,
13:01certains étaient peut-être
13:02plus prudents que d'autres
13:03et effectivement,
13:03il n'y avait pas de règle stricte
13:04qui était respectée.
13:05France Info a ouvert
13:07son antenne aux auditeurs,
13:09ce qui est exceptionnel.
13:10Bonjour Marie-Laure.
13:11Bonjour.
13:12Bienvenue sur France Info.
13:13Que disent les gens
13:14sur l'antenne de France Info ?
13:15Ils viennent soit partager
13:17des témoignages
13:18de ce qu'est le confinement,
13:19leur colère parfois,
13:20comme cette chauffeur routier
13:22qui dit qu'elle continue
13:23à travailler,
13:24mais qu'elle est reçue
13:25là où elle va
13:25comme une pestiférée,
13:26que les endroits
13:27où elle doit normalement
13:28pouvoir se laver
13:29sont dans un état lamentable
13:30parce qu'ils ne sont plus entretenus.
13:31Et nous essayons aussi
13:32de faire passer le message
13:34du personnel soignant,
13:35ce sont eux
13:36qui sont au front
13:37et ce sont eux
13:37qui doivent nous raconter
13:38ce qu'est ce virus,
13:40comment il se propage
13:41et pourquoi ces mesures
13:42de confinement
13:42sont primordiales.
13:44Et il y a une image forte aussi,
13:46Céline Pigalle,
13:47ces jours-ci,
13:48c'est chaque soir
13:49à 20h,
13:50quand beaucoup de Français
13:50se mettent à leur fenêtre
13:51et sur leur balcon
13:52pour applaudir
13:53les personnels de santé
13:55qui sont en première ligne.
13:56Chacun a envie de démontrer
13:57qu'il tient son rang,
13:59qu'il tient son rôle
13:59dans cette situation
14:01et évidemment
14:01qu'il est aux côtés
14:02de ceux qui soignent
14:04et qui vont nous aider
14:04à sortir de la crise.
14:06L'hommage aux soignants
14:07dans plusieurs villes de France,
14:09dans les balcons,
14:10de Paris,
14:11de Nice.
14:12Pour vous,
14:13en tant que directrice
14:14de la rédaction de BFM TV,
14:15j'imagine que c'est très compliqué
14:16à gérer le fonctionnement
14:18de la rédaction aujourd'hui ?
14:19Ce qui est difficile évidemment,
14:20c'est qu'il y a à la fois
14:21une actualité extrêmement puissante
14:23avec de multiples sujets
14:25et dans le même temps,
14:27les journalistes qui, eux,
14:29se vivent comme un métier prioritaire,
14:31considèrent qu'ils ont une mission
14:32mais veulent travailler
14:34dans des conditions
14:35où à la fois eux-mêmes
14:36sont protégés
14:37et à la fois,
14:38ils ne deviennent pas vecteurs
14:39de transmission
14:39parce qu'ils circulent
14:40sur le territoire.
14:41Donc on essaye
14:42de répondre à tous ces enjeux.
14:43Richard Place,
14:44comment France Info
14:45se prépare à tenir
14:46la couverture
14:47de ce confinement
14:48qui va durer de longues semaines ?
14:49On se réorganise
14:50au sein de la rédaction.
14:52C'est un gros travail
14:52toute la semaine
14:53d'imaginer comment
14:54maintenir notre antenne.
14:56On réduit la voilure
14:57autant que possible
14:57et autant que nécessaire
14:59tout en essayant
15:00de maintenir
15:00la meilleure antenne possible.
15:02Stéphane Albouy,
15:03aujourd'hui,
15:04est-ce que le Parisien
15:04s'est habitué
15:05à cette organisation à distance
15:07ou est-ce que ça devient
15:08au contraire plus difficile ?
15:09Tous les gens
15:09ont eu à cœur véritablement
15:11que le journal continue
15:12à exister
15:12sur le numérique
15:13comme en kiosque.
15:14Donc il y a eu
15:15une projection hyper rapide.
15:17C'était d'ailleurs
15:18impressionnant finalement
15:19à voir ça se mettre en place.
15:21Maintenant,
15:21on se rend compte
15:22qu'il y a eu un sprint
15:23pour démarrer
15:24et qu'on entame un marathon.
15:26On a couru très vite,
15:27on s'est adapté très vite
15:29et on se dit
15:30que cette adaptation
15:30hyper rapide,
15:31il va falloir maintenant
15:32la maintenir
15:33pendant des semaines,
15:34peut-être des mois.
15:37On se prépare
15:38à un confinement long
15:39et au niveau journalistique,
15:41on dirait que chaque jour,
15:42il y a de nouveaux sujets,
15:43de nouveaux angles
15:44à traiter.
15:44Nos lecteurs,
15:45nos acheteurs
15:46ont besoin
15:47de comprendre
15:48ce qui se passe.
15:49Tout a changé.
15:50Donc il y a beaucoup
15:50de questions pratiques
15:51par rapport à ça.
15:52On est très sollicités.
15:53Nous, on a ouvert
15:55sur notre site
15:56un espace dédié
15:57exclusivement à ces questions.
15:58En l'espace de 48 heures,
15:59on a eu
16:002000 questions.
16:01On essaye de répondre
16:02directement à nos lecteurs.
16:04On est dans une période
16:05où on sent
16:06que la relation
16:07va être très importante
16:08et que les médias,
16:09finalement,
16:10sont sur-sollicités.
16:11Et c'est une bonne chose
16:12parce que le média,
16:13c'est celui qui doit
16:14rapporter la parole,
16:15expliquer un certain nombre
16:16de choses
16:17et maintenir une forme
16:17de lien.
16:18Donc on a un rôle
16:19d'information
16:20et on a un rôle
16:21sans doute social,
16:22peut-être démocratique,
16:23on le verra dans les semaines
16:24qui viennent,
16:24de plus en plus important.
16:26Bonjour Jacqueline.
16:27Oui, bonjour madame.
16:28Je vous avais 95 ans.
16:29Comment vivez-vous,
16:30vous, ce confinement ?
16:31Qu'est-ce qui se passe
16:31pour vous en ce moment ?
16:32J'ai appelé
16:33parce que j'ai mal à l'oreille
16:35depuis le 1er février.
16:38Je souffre beaucoup
16:39et j'ai un rendez-vous
16:40le 2 avril.
16:43Et je demande
16:44si je pourrais aller
16:45parce que j'ai peur
16:46quand même
16:46de la contagion
16:47étant donné mon âge.
16:49Si vous avez vraiment mal,
16:50appelez le médecin
16:51avec lequel vous avez rendez-vous.
16:52C'est lui, je pense,
16:53qui sera le plus à même
16:54de vous dire
16:54si vous pouvez venir
16:55et ce, en toute sécurité.
16:57Richard Place,
16:58avant d'être
16:59à la direction de France Info,
17:00vous étiez grand reporter.
17:01Est-ce que vous avez
17:02déjà couvert
17:03une actualité pareille ?
17:05C'est très particulier
17:06cette actualité-là.
17:07Quand on est grand reporter,
17:08on se rend quelque part
17:10parce qu'il y a une guerre,
17:11une catastrophe naturelle
17:12et on y reste
17:13une, deux, trois semaines
17:14en immersion.
17:15Et quand on revient,
17:16on reprend sa vie quotidienne,
17:18son train-train finalement.
17:19Là, nous sommes tous
17:20immergés
17:21dans ce qui se passe actuellement.
17:22Nous sommes finalement
17:23tous en grand reportage.
17:34Merci à Céline Pigalle,
17:36Richard Place
17:36et Stéphane Albouy.
17:39Côte Source
17:40est le podcast
17:41d'actualité du Parisien
17:42disponible chaque soir
17:43du lundi au vendredi.
17:44N'oubliez pas
17:45de vous abonner
17:46gratuitement
17:47sur votre application
17:48de podcast
17:48comme Apple Podcast
17:50ou Podcast Addict.
17:51Cet épisode a été produit
17:53par Marion Bottorel
17:54et Stéphane Jeuneste.
17:55Réalisation
17:56Julien Moncouquiol.
17:58Et puis n'hésitez pas
17:59à nous écrire directement
18:00codesourceatleparisien.fr
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