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Coronavirus. Nous sommes nombreux à avoir sous-estimé le risque de cette épidémie. Et pourtant, grâce aux Chinois, médecins et chercheurs disposent d’informations précieuses sur la maladie Covid-19. Le récit de Code source.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La France confinée pour freiner le coronavirus.
00:14Nous sommes en guerre, a martelé Emmanuel Macron dans son intervention du lundi 16 mars.
00:20Mais la menace est invisible et nous sommes nombreux à avoir mis du temps à prendre conscience du risque.
00:26Codesource raconte aujourd'hui comment la connaissance sur ce nouveau coronavirus a évolué en quelques mois
00:33avec Florence Méréo et Elsa Marie, spécialistes santé du Parisien,
00:37et avec la professeure Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris.
00:48Florence Méréo, en décembre, en Chine, dans la ville de Wuhan et dans sa région, la région de Hubei,
00:54plusieurs personnes souffrent d'une maladie respiratoire.
00:57Elles ont de la toux, elles ont également de la fièvre, de la fatigue et des courbatures.
01:02C'est pour ça qu'au départ, on va penser à une espèce de grosse grippe.
01:06Sauf que très vite, on va voir que ça va parfois s'aggraver en pneumonies
01:10qui vont s'avérer parfois sévères et parfois même mortelles.
01:13Les Chinois vont découvrir qu'il s'agit d'un nouveau coronavirus.
01:17C'est quoi d'abord un coronavirus ?
01:19C'est une grande famille de virus. Les coronavirus, on les connaît depuis des décennies,
01:24mais pendant près de 40 ans, on a pensé qu'ils ne provoquaient que des symptômes bénins, type un rhume.
01:29Et en fait, c'est l'arrivée du SRAS en 2003 qui nous a montré que le coronavirus,
01:34il pouvait être grave en provoquant des pneumonies.
01:36Donc le SRAS est un coronavirus. Qu'est-ce qu'il y a d'autre comme coronavirus ?
01:40L'autre coronavirus connu, c'est le MERS-CoV, qui est né en 2012 en Arabie Saoudite,
01:45et évidemment celui qui va provoquer la maladie du Covid-19 que l'on connaît actuellement en France et dans
01:51le monde entier.
01:53Covid-19, c'est comme ça que l'OMS appellera plus tard cette maladie. Pourquoi Elsa-Marie ?
01:58Alors Covid-19, c'est co pour corona, vide pour virus, D pour disease, qui veut dire en anglais maladie,
02:05et 19 pour l'année de naissance du virus.
02:08Comment les médecins chinois traitent les patients atteints de cette nouvelle maladie ?
02:12Alors il n'y a pas de traitement spécifique. Les patients qui arrivent à l'hôpital sont mis en quarantaine,
02:17ils sont isolés jusqu'à la guérison.
02:19Et dès le départ, il y a des cas tout à fait différents, c'est ça ? Certains cas sont
02:23graves, d'autres pas du tout ?
02:24Oui, effectivement. On parle notamment d'un virus bâtard, puisqu'il peut créer des formes asymptomatiques,
02:29c'est-à-dire qu'on est contagieux mais on n'a aucun symptôme.
02:32D'autres, très peu de symptômes, et d'autres au contraire, des pneumonies sévères.
02:37Le 11 janvier, les médecins chinois mettent en ligne sur Internet le séquençage du virus.
02:43Alors effectivement, quand un nouveau virus apparaît, il faut avoir la carte d'identité du virus,
02:47savoir à qui on a affaire pour mieux le connaître et mieux le combattre.
02:51La bataille contre le coronavirus venu de Chine, c'est aussi et surtout une course contre la montre scientifique.
02:57Les chercheurs chinois, en pointe sur la mise au point d'un vaccin, partagent en ce moment avec leurs collègues
03:03européens
03:04des informations vitales sur ce virus et ses mutations.
03:08Et donc, ils vont analyser l'ADN du virus, c'est ça en fait le séquençage, c'est la carte
03:13d'identité du génome du virus.
03:15Et donc tout ça est mis en ligne ?
03:16Oui, collectivement, et partagé avec la communauté internationale.
03:21Florence Méréo, ces éléments vont être importants pour la communauté scientifique et médicale mondiale ?
03:26Ils sont essentiels parce qu'en fait, c'est ce qui va permettre aux scientifiques de concevoir le test de
03:33diagnostic.
03:33C'est ce qui va nous permettre de pouvoir dépister les gens et de dire si oui ou non, ils
03:37sont infectés par le coronavirus.
03:40Ce que ça va nous permettre aussi, c'est de pouvoir travailler sur le virus et de chercher les traitements
03:45et évidemment le vaccin pour le combattre.
03:51Professeur Anne-Claude Crémieux, identifier et séquencer le génome du virus a pris une dizaine de jours.
03:57C'est beaucoup plus rapide que par le passé.
03:59Oui, ça c'est un élément totalement spectaculaire.
04:03Les virus circulent plus vite, mais aussi, ce qui est aussi spectaculaire, c'est la rapidité des outils
04:10qui vont permettre de mettre au point les éléments nécessaires pour combattre une épidémie.
04:15C'était comment avant ? Est-ce que vous avez un ou deux exemples ? Et donc, c'est comment
04:18maintenant ?
04:18Alors, l'exemple qu'on a, c'est 2003, le SRAS.
04:21Deux mois pour mettre au point un test diagnostic.
04:24C'est-à-dire que pendant deux mois, il a fallu identifier les patients uniquement sur un tableau clinique.
04:29Est-ce qu'on peut dire que dès ce moment-là, des équipes de chercheurs à travers le monde
04:33se mettent à chercher justement des traitements et des vaccins ?
04:37Absolument, toutes les équipes à travers le monde vont commencer à chercher.
04:40Et nous, en France, on va être aussi en première ligne, avec notamment l'Institut Pasteur
04:44qui travaille d'arrache-pied sur cette problématique.
04:47Le nouveau virus qui provoque la maladie Covid-19 va être appelé plus tard SARS-CoV-2, c'est ça
04:53?
04:53Oui, c'est ça. Le virus, en fait, il s'appelle SARS-CoV-2.
04:57SARS pour syndrome aigu respiratoire sévère, CoV pour coronavirus.
05:02Et la maladie qu'il provoque, c'est le Covid-19.
05:05C'est celui que la population appelle aujourd'hui le Covid-19 ou le coronavirus.
05:11Après plusieurs semaines d'incertitudes, l'enquête est formelle.
05:14Le virus est apparu ici, le mois dernier.
05:17Très tôt, les Chinois pensent avoir trouvé l'origine du virus
05:20et les regards se concentrent sur un marché de la ville de Wuhan.
05:23Oui, c'est un marché très populaire.
05:25C'est un marché de fruits de mer où aussi on trouve plein d'animaux exotiques et vivants
05:29comme la salamandre, du crocodile, des louveteaux et aussi de la viande de chameau.
05:34Et un animal bien précis est suspecté d'avoir eu un rôle important dans la transmission de ce virus à
05:40l'homme.
05:40Oui, c'est le pangolin.
05:42C'est un petit animal qui est menacé d'extinction.
05:44Il a des petites écailles sur le dos.
05:46Et cet animal, certains Chinois le mangent et l'utilisent également pour se soigner
05:50selon les règles de la médecine chinoise traditionnelle.
05:53Quel serait son rôle exact dans la diffusion de ce virus ?
05:56Le pangolin, c'est ce qu'on appelle l'hôte intermédiaire.
05:58Il y a une chauve-souris qui aurait transmis le virus au pangolin
06:01et qui l'aurait transmis lui-même à l'homme.
06:04Mais c'est une hypothèse et on n'est pas encore tout à fait sûr de cela.
06:07Et au départ, les autorités chinoises ne disent pas que le virus se transmet entre humains.
06:12Les autorités chinoises vont mettre environ trois semaines
06:15pour concéder que le virus se transmet d'humain en humain.
06:18Or, c'est très important parce que pendant ce temps-là,
06:21il y a des contaminations qui commencent partout à travers le monde.
06:24Comment se transmet la maladie ?
06:25La maladie, elle se transmet par gouttelettes.
06:28C'est-à-dire que si une personne infectée tous postillonne ou éternue à proximité,
06:33vous pouvez vous-même être infecté.
06:35L'autre source de contamination, c'est si vous avez un contact physique avec une personne malade
06:41ou si vous touchez une surface que cette personne a elle-même touchée.
06:45Parce qu'il faut savoir que le virus va rester vivant quelques heures,
06:49voire quelques jours, sur différentes surfaces,
06:52notamment sur une table ou sur une poignée de porte par exemple.
06:57Et donc au départ, les autorités chinoises ne disent pas à la population
07:01que le virus se transmet directement entre humains.
07:03Le président chinois Xi Jinping le reconnaîtra seulement le 20 janvier.
07:08Le taux de mortalité de cette maladie semble important.
07:11Il est estimé à quel pourcentage à ce moment-là ?
07:14Alors en fait, on parle de taux de létalité,
07:16c'est-à-dire le nombre de morts comparé au nombre de cas.
07:20À ce moment-là, on pense que le taux de létalité,
07:22il est à environ 3% de la population.
07:273% de la population atteinte, bien sûr.
07:30Ce taux est peut-être surestimé. Pourquoi ?
07:33Il est très probablement surestimé.
07:35D'ailleurs aujourd'hui, ce chiffre est abaissé à environ 2%
07:38parce qu'en fait, il y a très très probablement
07:41beaucoup plus de cas que ceux qui sont officiellement annoncés.
07:45Et pour cause, certaines personnes sont asymptomatiques,
07:48c'est-à-dire qu'elles ne présentent pas ou très peu de symptômes.
07:51C'est-à-dire que peut-être que vous avez eu le coronavirus sans même le savoir.
07:54Donc en fait, dans un second temps,
07:56il va falloir qu'on détecte dans l'ensemble de la population
07:59ceux qui ont eu des anticorps de la maladie
08:01pour évaluer combien de personnes dans le monde
08:04ont réellement eu le coronavirus.
08:06Et donc là, on verra que probablement,
08:08le taux de létalité va baisser peut-être autour de 1 ou 2%
08:13selon les scientifiques.
08:17Fin janvier, l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé,
08:21déclare une urgence de santé mondiale.
08:23Le 24 janvier, les trois premiers cas sont recensés en France.
08:27Et professeur Anne-Claude Crémieux, le 17 février,
08:29les autorités sanitaires chinoises publient
08:31les caractéristiques d'un grand nombre de malades,
08:35plus de 44 000 cas confirmés.
08:37Les descriptions ont été quasi immédiates
08:40dans les plus grands journaux internationaux.
08:43Et finalement, à partir de la deuxième partie de janvier,
08:47on connaissait les tableaux cliniques,
08:50d'abord sur 44 cas, puis 100 cas, puis 1000 cas,
08:53puis 44 000 cas.
08:54On se rend compte que les personnes qui sont les plus touchées
08:57sont les personnes âgées et les personnes fragiles,
08:59avec ce qu'on appelle des comorbidités,
09:01c'est-à-dire par exemple des maladies chroniques ou des cancers.
09:04On sait aussi à ce moment-là que les enfants,
09:06et c'est une bonne nouvelle, sont très peu touchés,
09:08qu'ils ont des formes asymptomatiques,
09:10voire des symptômes légers,
09:11et surtout qu'ils ne font pas, ou très très rarement,
09:14des formes graves, et il n'y a pour l'heure aucun décès.
09:17Professeur Anne-Claude Crémieux,
09:18ce qui est certain, c'est que le taux de létalité est nul
09:21chez les enfants de moins de 10 ans.
09:23On sait pourquoi ?
09:24C'est aussi quelque chose qui a été noté
09:27avec d'autres coronavirus,
09:29comme le SRAS.
09:30On n'a aujourd'hui pas d'explication.
09:34L'hypothèse qu'on fait,
09:36c'est qu'ils se défendent mieux.
09:37C'est précieux, toutes ces informations pour les médecins comme vous ?
09:41Ça veut dire qu'aujourd'hui que nous sommes confrontés à cette épidémie,
09:44nous connaissons cette maladie,
09:46nous savons comment la diagnostiquer,
09:49nous savons le niveau de suspicion
09:51qu'on doit avoir face à un patient qui a une infection respiratoire,
09:55et on connaît aussi les pièges diagnostiques.
09:57Et ça, c'est fondamental.
09:58C'est-à-dire les pièges diagnostiques ?
09:59Parce que le risque dans ces pathologies,
10:02c'est de passer à côté d'un diagnostic.
10:05Évidemment, ça peut être catastrophique
10:06si on laisse partir un patient
10:08ou si on l'hospitalise
10:10sans prendre les mesures de précaution.
10:14Ça peut être à l'origine d'une transmission
10:16à l'intérieur de l'hôpital,
10:17ce qui peut accélérer l'épidémie,
10:18ce qui est vraiment ce qu'on cherche à éviter.
10:20Et par conséquent, connaître non seulement,
10:22je dirais, les tableaux les plus fréquents,
10:24mais les pièges diagnostiques,
10:26c'est extrêmement précieux pour nous
10:28et aujourd'hui, c'est vraiment extrêmement utile
10:31alors qu'on est vraiment confronté aux patients.
10:34Vous concrètement, comment vous vous informez
10:36à ce moment-là sur cette épidémie ?
10:38Est-ce que c'est des sites web ?
10:39Est-ce que c'est des revues scientifiques ?
10:40Tous les jours, on se met à niveau en lisant.
10:44Les revues scientifiques ont fait un travail formidable
10:47en acceptant de publier immédiatement
10:50tous les travaux qui pouvaient avoir un intérêt
10:53pour les autres médecins et scientifiques
10:55dans le monde entier.
10:56Les premiers travaux ont été publiés
10:59dans le New England Journal of Medicine,
11:01dans le Lancet, dans le JAMA,
11:03c'est-à-dire les revues les plus prestigieuses.
11:05La source de données,
11:08ce n'est pas les autorités sanitaires
11:10qui étaient au même niveau que nous,
11:12c'est tout ce qui est arrivé
11:14par les revues scientifiques.
11:28Florence Méréo, le 11 mars,
11:30l'Organisation mondiale de la santé,
11:32utilise pour la première fois le mot de pandémie
11:35pour qualifier cette épidémie.
11:37Ça veut dire quoi précisément ?
11:38Ça veut dire que l'on est dans une épidémie XXL,
11:41que le virus est présent partout,
11:43sur tous les continents,
11:44et qu'il circule rapidement.
11:51Elsa Marie, le 12 mars,
11:53vous signez un article pour Le Parisien
11:55dans lequel des médecins en première ligne
11:57avec cette nouvelle maladie
11:58disent qu'il faut arrêter de la comparer
12:00avec la grippe.
12:01Oui, effectivement, c'est un tournant,
12:03même pour nous, journalistes.
12:05Une infirmière en réanimation
12:06dans un grand hôpital
12:08me contacte et me dit
12:09qu'il faut arrêter de comparer
12:10le coronavirus avec la grippe.
12:12Elle nous dit qu'elle voit arriver
12:14des gens dans un état grave,
12:16même des personnes jeunes
12:17de 30-40 ans,
12:19sans antécédents médicaux,
12:20qui arrivent effectivement en réanimation
12:22dans un état gravissime.
12:24Qu'est-ce que vous faites
12:24après ce témoignage ?
12:25On contacte évidemment d'autres médecins,
12:27de services d'infectiologie
12:29et de services de réanimation
12:31un peu partout.
12:31qui font le même constat
12:33et ils nous disent
12:33on s'est trompé.
12:34On s'est trompé,
12:35c'est plus grave que prévu,
12:36ça n'a rien à voir
12:37avec une bonne grippe
12:38et finalement,
12:39il ne faut pas véhiculer ce message
12:40puisqu'il est faux.
12:41Qui témoigne notamment
12:42dans cet article ?
12:43Alors, Gilles Pialou,
12:44qui est le chef du service
12:45infectiologie de l'hôpital Tenon
12:47à Paris,
12:48qui a effectivement
12:48un ton assez alarmiste,
12:50alors que ce n'était pas le cas
12:51quand on l'avait eu
12:52il y a quelques jours,
12:53il nous dit oui.
12:54Certes, il ne faut pas
12:55faire paniquer les gens,
12:56mais un moment,
12:56il faut les mettre face à la réalité.
12:58Et effectivement,
12:58on se rend compte
12:59que depuis quelques jours,
13:00il y a des gens qui arrivent,
13:01des patients jeunes
13:02et qui sont effectivement
13:03très malades
13:04et qui restent en plus
13:0620 jours en réanimation.
13:07C'est extrêmement long
13:08et on a peur
13:09qu'il n'y ait pas assez de lits
13:11pour accueillir tout le monde.
13:12Pour certains malades,
13:13ça va prendre des mois
13:14pour s'en remettre,
13:15pour ceux qui s'en sortent ?
13:16Oui, ce sont des gens
13:17qui vont rester 6 mois
13:19très affaiblis,
13:20très fatigués
13:21par ce virus
13:22et ils vont aussi
13:23effectivement mettre du temps
13:24à s'en remettre
13:25parce qu'ils seront restés
13:2620 jours en réanimation
13:28et c'est énorme.
13:33Professeur Anne-Claude Crémieux,
13:34depuis le début de l'épidémie,
13:35on voit que les connaissances
13:37sur cette nouvelle maladie
13:38évoluent.
13:39Les autorités naviguent à vue
13:41forcément dans des cas comme ça.
13:42Il faut s'adapter
13:43au jour le jour ?
13:44Face à une épidémie
13:45liée à un nouvel agent,
13:48effectivement,
13:48on prend des décisions
13:50dans l'incertitude.
13:52Il y a des éléments
13:53qu'on connaît
13:54grâce à l'expérience
13:56de la Chine,
13:57mais il reste
13:58toujours
13:59un grand niveau
14:01d'incertitude
14:02et d'imprévisibilité.
14:05Pour les autorités
14:05de santé,
14:06on dirait qu'il y a
14:06toujours le risque
14:08d'en faire trop,
14:09d'être accusé
14:09d'en faire trop
14:10ou pas assez.
14:11C'est toute la difficulté
14:12qu'ont les autorités
14:14sanitaires
14:15lorsqu'elles prennent
14:15des décisions.
14:16C'est-à-dire
14:17qu'elles n'ont pas
14:19tous les éléments
14:20pour une décision
14:23équilibrée.
14:24Il faut accepter
14:26une marge
14:27d'incertitude,
14:28marge d'incertitude
14:30que aucun scientifique,
14:32au moment où la décision
14:34est prise,
14:34ne peut combler.
14:36Le politique,
14:37au bout du compte,
14:38va choisir
14:40sans pouvoir
14:41complètement s'abriter
14:43derrière
14:43la connaissance scientifique.
14:45À un moment donné,
14:46c'est lui
14:47qui prend la main.
14:48C'est lui
14:48qui va dire
14:49voilà les données
14:50de la science,
14:51mais il reste
14:53une certaine marge
14:54d'incertitude.
14:55C'est imprévisible
14:56et par conséquent,
14:57je prends la décision
14:59politique.
15:00Bien évidemment,
15:01quelques mois plus tard,
15:03on pourra juger,
15:04voir si cette décision,
15:05elle a été finalement
15:07sous-évaluée
15:08ou cette décision
15:09a été sur-évaluée.
15:11Mais,
15:12personne ne peut
15:13en vouloir aux politiques
15:14car c'est le propre
15:15des crises sanitaires.
15:20Florence Méréo,
15:21depuis le samedi 14 mars,
15:23la France est au stade 3
15:24de l'épidémie.
15:25Les commerces non essentiels
15:27sont fermés.
15:27Ça veut dire quoi
15:28le stade 3
15:29en termes de stratégie
15:30de santé ?
15:31En fait,
15:31si vous voulez,
15:32le stade 1,
15:33on essaye d'empêcher
15:34le virus d'entrer
15:35sur le territoire.
15:36Le stade 2,
15:37on va essayer
15:37de contenir
15:38sa propagation.
15:39Et le stade 3,
15:41ça y est,
15:41le virus est là,
15:42il circule rapidement,
15:43il va falloir atténuer
15:44les effets de l'épidémie
15:45et freiner sa propagation.
15:47En gros,
15:48on va essayer
15:49de limiter les dégâts
15:50et l'idée,
15:51c'est d'étaler
15:52le nombre de cas
15:53dans le temps
15:53pour ne pas saturer
15:54nos hôpitaux.
15:55C'est pour cela
15:56que l'on ferme
15:57les écoles,
15:58les crèches,
15:59que l'on ferme
15:59les commerces,
15:59que l'on ferme
16:00les parcs
16:00pour se protéger
16:02et protéger les autres
16:03parce que dans cette épidémie,
16:05ce que l'on voit,
16:06c'est qu'on a chacun
16:07une responsabilité individuelle
16:09et collective.
16:09Le mardi 17 mars,
16:11on apprend qu'aux Etats-Unis,
16:12un premier essai clinique
16:13pour tester un vaccin
16:14contre le coronavirus
16:15a débuté
16:16à Seattle
16:17avec 45 volontaires
16:19mais les autorités
16:20sanitaires américaines
16:21précisent que
16:21dans le meilleur des cas,
16:23ce vaccin ne sera pas disponible
16:24avant un an
16:25ou un an et demi.
16:27Depuis le même jour,
16:28le 17 mars,
16:29le confinement
16:29est en vigueur en France.
16:31Professeur Anne-Claude Crémieux,
16:33c'est une mesure efficace
16:34pour endiguer l'épidémie ?
16:35On bénéficie de l'expérience
16:38de la Chine
16:38et contre toute attente
16:40et je dirais même
16:41contre toute prédiction
16:43d'experts épidémiologiques,
16:45la Chine a réussi
16:47à contenir l'épidémie
16:49par des mesures
16:50de confinement
16:51et aussi de traçage
16:53des personnes infectées.
16:55Et ça,
16:55c'est nouveau.
16:57Aucun modèle
16:58n'aurait été capable
17:00de le prédire.
17:00Mais ce qu'il faut savoir,
17:02c'est que les effets
17:02du confinement,
17:03ils ne vont pas se voir
17:04tout de suite.
17:05Il va falloir attendre
17:06plusieurs jours,
17:07voire 15 jours
17:08selon les spécialistes.
17:09Dans les premiers jours
17:10du confinement,
17:11on va continuer
17:12à avoir le nombre
17:12de cas augmentés
17:13mais il faut être patient.
17:15Les effets se feront sentir
17:16au bout de 10 ou 15 jours.
17:18Aujourd'hui,
17:19ce qu'on sait,
17:20c'est que ces mesures
17:22dites barrières
17:23sont clairement efficaces.
17:25Ça vaut vraiment le coup
17:27de tenter au maximum
17:29de réduire
17:30la transmission
17:31par ces mesures
17:32dites barrières.
17:33Rappelons ces mesures
17:34barrières justement,
17:36se laver les mains
17:36longuement avec un bon savon
17:38ou du gel hydroalcoolique,
17:39cacher sa bouche
17:40avec le coude
17:41quand on éternue
17:41ou quand on tousse,
17:42se dire bonjour,
17:44bien sûr,
17:44sans se faire la bise
17:45ni se serrer la main.
17:46Puis on parle aussi
17:47de cette distance
17:48à respecter.
17:49Elle est de combien ?
17:50Un mètre ?
17:51Un mètre et demi ?
17:51Deux mètres ?
17:52Le principe
17:53des mesures barrières,
17:55c'est que le virus
17:57se transmettant
17:58par des contacts
17:59proches
18:00de 1 à 2 mètres,
18:02on doit tout faire
18:04pour éviter
18:05de se trouver
18:06dans une situation
18:07où on est
18:09à côté
18:10d'un individu
18:12de façon
18:12avec une proximité.
18:14Ça,
18:15c'est la première chose.
18:16Deuxièmement,
18:17il est bien évident
18:18que si on diminue
18:19le nombre
18:20de personnes
18:21avec qui on interagit,
18:23on va aussi
18:24diminuer le risque.
18:26Et donc,
18:27toutes les mesures barrières
18:29reposent sur ces principes.
18:32Éviter toute situation
18:34de rassemblement
18:35des personnes
18:36et diminuer
18:38le nombre
18:39de personnes
18:39avec lesquelles
18:40on va interagir.
18:42À côté de ça,
18:44bien sûr,
18:46concrètement,
18:47sur le plan individuel,
18:48qu'est-ce que ça veut dire ?
18:49Ça veut dire
18:50se tenir à distance
18:52de toute personne.
18:54Ça veut dire aussi
18:56se nettoyer
18:58les mains
18:59lorsqu'on a été amené
19:01à toucher
19:02un objet
19:03à l'extérieur.
19:04Quand on revient
19:05chez soi,
19:06on se lave les mains
19:06de façon à éviter
19:09de porter du virus
19:11chez soi.
19:12Et ça veut dire aussi
19:13qu'au moindre symptôme,
19:16on va porter un masque
19:18ou en tout cas
19:18se tenir particulièrement
19:22à distance
19:22de nos proches
19:23avant d'aller consulter
19:25de façon à éviter
19:27de transmettre l'infection.
19:28Il faut aussi éviter
19:29de se toucher les yeux,
19:30le nez, la bouche ?
19:31Alors, effectivement,
19:32on passe sa vie
19:33à toucher des objets.
19:36Avant de laver ses mains,
19:38elles sont sales.
19:38Et il faut avoir conscience
19:40qu'il faut éviter
19:42de porter ses mains
19:43qui sont potentiellement
19:45polluées,
19:46enfin contaminées,
19:48à son visage.
19:48Il y a très peu
19:49de masques disponibles
19:51dans le commerce.
19:51Est-ce que ça sert
19:52à quelque chose
19:53de se couvrir la bouche
19:54avec un foulard,
19:55par exemple ?
19:55Entre les deux,
19:57la mesure la plus efficace,
19:58c'est ce qu'on appelle
19:59la distance sociale.
20:01C'est vraiment se tenir
20:02à un mètre et demi,
20:03deux mètres
20:04et éviter de côtoyer
20:05d'autres personnes.
20:06C'est plus efficace,
20:08c'est clair,
20:09que d'utiliser des foulards
20:11ou tout autre moyen
20:12qui n'aurait jamais
20:13démontré son efficacité.
20:14Ces consignes,
20:15est-ce qu'il faut aussi
20:16les respecter
20:17à l'intérieur de la famille ?
20:18Dans les maisons,
20:19dans les appartements,
20:20avec ses très proches ?
20:21Alors, je pense qu'aujourd'hui,
20:24l'idée,
20:24c'est qu'on reste
20:25dans sa famille
20:26et qu'on évite
20:28d'être en contact
20:29avec des personnes
20:30en dehors de la famille.
20:31À l'intérieur
20:32d'un foyer familial,
20:34il est extrêmement difficile
20:35de prendre ces distances.
20:37La seule consigne
20:40vraiment importante,
20:41c'est moindre symptôme.
20:42alors là,
20:43vous prenez vraiment
20:44de la distance
20:44par rapport
20:45au reste de votre famille
20:46avant d'aller consulter.
20:48Merci à Anne-Claude Crémieux,
20:50infectiologue à l'hôpital Saint-Louis
20:52à Paris,
20:52à Florence Méréo
20:53et Elsa Marie.
20:58Code Source
20:59est le podcast
21:00d'actualité du Parisien,
21:01disponible chaque soir
21:03du lundi au vendredi.
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21:13a été produit
21:14par Thibaut Lambert,
21:15réalisation Alexandre Ferreira.
21:17Et puis,
21:18n'hésitez pas
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21:19à nous envoyer
21:20vos retours directement
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