- il y a 9 heures
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Coronavirus. Français, Italiens et Espagnols ont répondu à la crise en ordre dispersé. Code source refait le film des événements en trois épisodes. Récit.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Codesource raconte en trois épisodes comment les trois pays les plus touchés par le Covid-19 en Europe font face
00:18depuis le début de l'épidémie.
00:20L'Italie, l'Espagne et la France prennent des mesures comparables, mais en ordre dispersé, avec souvent une semaine de
00:26décalage.
00:27Deuxième épisode aujourd'hui, on retrouve Blandine Hugonnet à Rome, Henri Delaguerri, correspondant du Parisien et d'Européens en Espagne,
00:34et Henri Vernet du service politique du Parisien.
00:48A partir du mardi 10 mars, l'Italie est confinée. Dans la foulée, le lendemain, le soir, le chef du
00:54gouvernement, Giuseppe Conte, annonce la fermeture de tous les commerces non essentiels.
00:58Blandine Hugonnet, comment les Italiens s'adaptent à ces mesures ?
01:02C'était un moment un peu difficile pour les Italiens qui sont aussi très attachés à une vie de quartier
01:06aussi, à prendre un petit espresso du matin dans le café du coin, à la trattoria aussi pour le déjeuner,
01:11etc.
01:12Donc voir que tous les bars, tous les restaurants, c'est fini, ça c'était vraiment difficile à accepter.
01:18J'avais discuté à ce moment-là avec ceux qui prenaient leur dernier café avant confinement, et qui étaient déjà
01:24un peu apeurés en se disant
01:25« est-ce que c'était une bonne idée de venir ? » parce qu'on est 4-5 dans
01:28le café, finalement, bref.
01:29Voilà, il y avait déjà un peu un stress, mais pour se mettre un peu aussi du baume au cœur,
01:35bien, il y a eu ce mouvement lancé sur les réseaux sociaux.
01:37Chaque jour, le rendez-vous est donné pour chanter l'hymne national ou des chants populaires italiens depuis les balcons,
01:42les terrasses, les fenêtres de chacun un peu partout dans le pays.
01:51Le rendez-vous, c'est à 18h, parce que c'est l'heure à laquelle les bilans sont énoncés tous
01:56les soirs par la protection civile.
01:57Ces bilans de plus en plus dramatiques qui ne cessent à ce moment-là de s'alourdir de jour en
02:02jour.
02:02Et les hôpitaux italiens commencent à saturer ?
02:04Oui, parce que la hausse décontaminée est vraiment exponentielle.
02:07Le nombre de malades qui arrivent aux urgences, c'est incessant.
02:11On dédie des services entiers pour les malades du Covid-19, qui sont mis en isolement.
02:16Sauf que, peu à peu, le nord de l'Italie, la zone qui est la plus touchée, à la Beau,
02:20avoir un des meilleurs systèmes sanitaires d'Italie, voire d'Europe aussi,
02:23c'est ce que disent ici les autorités, les hôpitaux n'arrivent pas à gérer la situation et n'étaient
02:28vraiment pas préparés à une telle épidémie.
02:30Le personnel manque, beaucoup de soignants sont d'ailleurs eux-mêmes contaminés, le matériel manque aussi beaucoup.
02:34C'est à ce moment-là que les médecins italiens avouent qu'ils n'ont plus le choix,
02:37qu'ils sont en train de faire des tris entre les patients qui ont le plus de chances de survie
02:41et les autres,
02:42pour savoir à qui on va donner le dernier respirateur artificiel dans tel ou tel hôpital.
02:46Et en début de mars, l'Italie compte vraiment ses morts toujours plus nombreux,
02:51ses 100, 200, 300 annoncés chaque soir par la protection civile.
02:55Le jour où l'Italie ferme ses commerces, Henri Delaguerri, l'Espagne, elle, annonce tout juste une première fermeture des
03:02écoles.
03:02Oui, alors ici, vous savez, en Espagne, ce sont les régions qui ont énormément de compétences
03:07et elles ont notamment la compétence sur l'éducation, mais également sur la santé.
03:11Et donc, c'est la région de Madrid, le 9 mars, ce soir, qui annonce la fermeture de ces écoles.
03:17Madrid, au départ, le principal foyer de l'épidémie.
03:20Elle annonce donc la fermeture des écoles, mais ce n'est une décision qui n'est prise que par la
03:25région de Madrid.
03:26Mais c'est vrai que le 9 mars, on a déjà 30 morts, plus de 1 200 cas positifs.
03:31Et dès lors, des premières critiques commencent contre le gouvernement espagnol.
03:35On est juste le lendemain de cette immense manifestation féministe.
03:38Et là, les chiffres vraiment s'envolent.
03:40On se demande pourquoi le gouvernement a pu laisser faire une telle manifestation.
03:44Et petit à petit, ce sont toutes les régions, au long de cette semaine, qui vont elles-mêmes prendre la
03:48même décision,
03:49fermer les écoles, avant que le gouvernement espagnol, deux jours plus tard, demande à toutes les régions, à toute l
03:54'Espagne, de fermer ses écoles.
03:56En France, le jeudi 12 mars, Emmanuel Macron s'adresse pour la première fois depuis le début de l'épidémie
04:00directement aux Français.
04:01Henri Vernet, le président, annonce lui aussi la fermeture des écoles.
04:05Oui, c'est ça. Cette première allocution, c'est vraiment un appel à l'Union sacrée.
04:09Et en effet, avec cette décision spectaculaire de fermer les écoles de la crèche aux universités, qui seront donc fermées
04:16dès le lundi suivant.
04:17Alors, ça surprend d'autant plus que le matin même, le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer,
04:22avait encore répété qu'il n'était absolument pas question d'envisager une fermeture des établissements scolaires.
04:27Donc, une contradiction totale. Il y a une espèce d'effet de choc.
04:30Et donc, il incite également au télétravail au maximum.
04:34Donc, on voit qu'il y a... Là, on passe vraiment à un registre supérieur de la lutte contre l
04:39'épidémie en France.
04:41Henri Delaguerri, en Espagne, le bilan s'alourdit.
04:44Oui, là, vraiment, cette semaine-là, c'est une accélération terrible.
04:47Le nombre de cas est multiplié par 5 en 5 jours seulement.
04:50Le 14 mars, on en est à 7 700 cas, près de 300 morts.
04:55L'Espagne devient le deuxième pays européen le plus touché.
04:58Et ici, on prend conscience que c'est un destin à l'italienne qui attend l'Espagne.
05:02On a simplement l'impression, et c'est la réalité d'ailleurs, que l'Espagne a, disons, 8 jours de
05:07retard sur l'Italie.
05:09Comment réagit le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez ?
05:13Eh bien, le 14 mars, il déclare l'état d'alerte.
05:16C'est un peu l'équivalent de l'état d'urgence.
05:22Il n'y a eu qu'un seul précédent depuis le retour de la démocratie en Espagne en 40 ans.
05:28Donc la situation est extrêmement grave.
05:30Cela signifie concrètement une recentralisation de toutes les compétences.
05:34C'est Madrid qui désormais, et le gouvernement espagnol, qui reprend la main sur toute la gestion.
05:38Il annonce le confinement de la population avec des mesures extrêmement strictes.
05:43Bien sûr, la fermeture de tous les commerces non essentiels, l'interdiction des déplacements.
05:47Mais également, et c'est un peu l'une des exceptions en Europe avec l'Italie, l'interdiction de toute
05:53activité physique.
05:54On n'a pas le droit de sortir, même pour faire 300 mètres ou à un kilomètre autour de chez
05:58soi.
05:59On ne peut tout de même promener son chien.
06:01On n'a pas le droit de promener ses enfants.
06:02Et là, clairement, on sent qu'on passe à une étape tout à fait différente.
06:06Et le confinement est très vite respecté.
06:08Et l'image qui me vient en tête, c'est ce silence qui s'est abattu sur l'Espagne, je
06:13dirais, presque du jour au lendemain.
06:20Henri Delaguerri, on sait à ce moment-là si le gouvernement espagnol communique avec les gouvernements italiens et français ?
06:26Non, à ce moment-là, on ne sait pas exactement s'il y a des échanges.
06:30On a l'impression surtout que ce gouvernement espagnol est trop occupé à essayer de contenir la pandémie.
06:35C'est un peu la panique d'un point de vue politique parce qu'avec une semaine de décalage,
06:40on est passé d'un gouvernement qui autorisait des manifestations et des matchs de foot dans tout le pays
06:44à un gouvernement qui ferme complètement son pays.
06:48Et donc, c'est vrai que pour le moment, le gouvernement est surtout occupé à travailler sur la situation espagnole.
06:53D'un mot, Henri Vernet, à ce moment-là, au Royaume-Uni, la stratégie officielle de Boris Johnson,
06:58c'est de laisser la population contracter le virus pour développer ce qu'on appelle une immunité de groupe.
07:02C'est ça, une immunité collective, l'idée que l'épidémie s'y puise en se heurtant en quelque sorte
07:08à une population déjà contaminée.
07:10Alors c'est la stratégie qui a avancé par Boris Johnson, avec des accents comme savent le faire les Britanniques
07:16dans les grands moments.
07:17Il le dit, attention, préparez-vous à avoir des pertes de proches, chacun d'entre vous, chaque famille anglaise.
07:23Donc il a cet accent.
07:24Mais Boris Johnson, il a aussi le côté bojo, c'est-à-dire son côté fanfaron.
07:29Et le 3 mars, donc quelques jours plus tard après cette annonce, il se vantera lui-même de serrer la
07:34main à tout le monde.
07:35Il fait des visites à l'hôpital où il s'affiche en train de serrer la main, de taper sur
07:40l'épaule des soignants, d'être avec eux,
07:42voire d'être en grande proximité de serrer la main à des malades.
07:47En France, à ce moment-là, il y a 4500 cas et près de 100 morts.
07:51Le soir du 14 mars, à la veille du premier tour des municipales,
07:54Édouard Philippe annonce la fermeture des commerces non essentiels.
07:57Henri Vernet, comment réagissent les Français à cette annonce ?
08:00Tout ce qui n'est pas indispensable doit être fermé.
08:03C'est-à-dire, c'est entre guillemets, tout ce qui n'est pas indispensable,
08:05c'est-à-dire les restaurants, les bars, les cinémas, les théâtres, les discothèques, bref absolument tout.
08:09On est dans le stade 3 et c'est d'autant plus saisissant que le premier ministre s'exprime à
08:1520h15
08:15et que tout cela doit être fermé à minuit.
08:19Eh bien, comment réagissent les gens ?
08:21Tout simplement, en se précipitant au terrasse, c'est-à-dire qu'on se dit
08:24« Allez, on va sortir en famille, on va sortir avec les amis »
08:26et donc finalement, les rues sont bondées.
08:30Il faut aussi songer que le lendemain, donc le dimanche 15 mars, c'est un dimanche d'élection.
08:35Il y a un contraste entre cette décision, disons, extrême de tout fermer
08:39et le maintien d'élections.
08:42Emmanuel Macron et Édouard Philippe y ont songé au report du premier tour
08:46mais simplement, ils se sont heurtés à une classe politique unanime,
08:49notamment la droite, cela dit, qui a fait pression pour le maintien.
08:52Mais la gauche aussi, Mélenchon, les Verts, tous ont insisté
08:56en disant que sinon, ce serait un coup de force contre la démocratie.
09:00D'autant plus qu'on sait que la majorité présidentielle était plutôt mal placée dans ces élections,
09:05qu'elle était en danger.
09:06Un report aurait tout simplement fait passer cela pour une manœuvre politicienne.
09:14Blandine Hugonnet, le jour des municipales en France.
09:17L'Italie est confinée depuis près d'une semaine.
09:19Comment est-ce que les Italiens réagissent quand ils voient les Français se rendre aux urnes
09:23ou aller se balader le dimanche au soleil ?
09:25Pour les Italiens, c'était une aberration.
09:27En plus, ils ont pas mal suivi le tout premier discours d'Emmanuel Macron sur la crise.
09:31Et personne n'a vraiment compris cette ambivalence dans son allocution.
09:34À la fois, fermez toutes les écoles, restez chez vous et en même temps, déplacez-vous pour voter.
09:39Vu d'ici, il y a eu vraiment une incompréhension totale.
09:42Surtout, il y avait cette sensation d'un décalage énorme entre les 60 millions d'Italiens confinés
09:48du jour au lendemain et étonnamment disciplinés en plus.
09:52Et ces Français qu'on voyait se masser sur les marchés le dimanche, etc.
09:57et dans les parcs à Paris.
09:59En Italie, il y avait à partir de ce moment-là une réelle peur,
10:03une prise de conscience de l'ampleur de l'épidémie,
10:05du danger qu'elle représentait pour le système aussi sanitaire italien.
10:08Et en fait, il y avait l'impression que les Français n'avaient pas encore eu ce déclic
10:12que les Italiens ont eu en premier parce que ce sont eux les premiers
10:15touchés aussi gravement d'Europe, malheureusement.
10:24Le lundi 16 mars, Angela Merkel, la chancelière allemande,
10:27ferme les frontières avec la France.
10:29La région frontalière de l'Alsace est durement touchée.
10:32Le soir, le président Emmanuel Macron annonce, sans dire le mot, le confinement en Rivernay.
10:37Alors, il ne le dit pas lui-même, mais le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner,
10:41est envoyé sur tous les plateaux des chaînes info pour préciser les mesures.
10:45Il s'agit de mesures de confinement.
10:47Sur le modèle de ce que nos voisins espagnols ou italiens ont mis en place.
10:52Le mot d'ordre est clair.
10:55Restez chez vous.
10:55Donc là, il s'agit bien de demander à chacun de rester chez soi.
11:00L'objectif, c'est quoi ? C'est que, vous savez, le président, enfin l'Élysée en tout cas,
11:04travaille depuis un certain temps avec un conseil scientifique,
11:07donc qui est composé d'experts, de médecins, d'épidémiologistes, etc.
11:11Et ce qu'ils font valoir, c'est qu'en temps normal, les études statistiques montrent qu'une personne
11:16a environ une cinquantaine de contacts avec d'autres personnes en une journée.
11:19Là, l'objectif du confinement qui est envisagé, c'est de diviser ce chiffre par 10.
11:25Henri Delaguerri, en Espagne, le nombre de morts n'arrête pas de grimper.
11:28Oui, pour comprendre l'ampleur de l'épidémie, deux chiffres, 300 morts le 16 mars, 10 000 morts le 2
11:35avril.
11:35C'est impressionnant et dès lors, ce sont des images qui font froid dans le dos,
11:39que tous les Espagnols voient à la télévision.
11:41C'est cette patinoire à Madrid qui est transformée en morgue.
11:44La même chose pour des parkings de voitures à Barcelone.
11:48Et puis l'armée, l'armée qui intervient dans tout le pays.
11:51Ce n'est pas du tout habituel ici de voir des militaires dans la rue.
11:54J'en ai vu à Barcelone, notamment dans une zone extrêmement touristique au pied de la colline de Montjuic.
11:59Les soldats ont remplacé les touristes.
12:01On a vu ces images de camions kaki, de ces tentes.
12:05Et je me souviens d'ailleurs d'une journaliste qui pose la question à un dirigeant de l'armée
12:09et qui lui dit « mais ça, ces images-là, ce sont celles que j'ai eu l'occasion de
12:12voir au Tchad, par exemple. »
12:14Là non, ça se passe en Espagne.
12:15L'Espagne, finalement, est devenue en quelque sorte une zone de conflit.
12:22Et le virus fait de nombreux morts dans les maisons de retraite en Espagne ?
12:26Effectivement, c'est la ministre de la Défense qui l'annonce.
12:29Des soldats ont trouvé dans certaines maisons de retraite des cadavres qui étaient là depuis déjà plusieurs jours.
12:35Ça vous montre à quel point les maisons de retraite sont absolument débordées par la situation.
12:41Alors c'est vrai, ici, on a depuis le début comptabilisé tous les morts, ceux dans les hôpitaux,
12:45mais également dans les maisons de retraite.
12:47C'est peut-être aussi pour cela que les chiffres des décès sont si élevés.
12:53Est-ce que le système de santé espagnol résiste à l'épidémie ?
12:56Je me souviens, juste au tout début de l'épidémie, un dirigeant socialiste très proche de Pedro Sanchez avait dit
13:02« certes, on a le meilleur système de santé au monde, j'ai l'impression que tous les pays en
13:06Europe le disent,
13:07mais aucun système de santé en Europe n'est prêt à faire face à une épidémie incontrôlable. »
13:13Et bien c'est finalement ce qui s'est passé. Le système de santé espagnol a eu bien du mal
13:17à résister,
13:18notamment à Madrid et à Barcelone, avec des hôpitaux complètement saturés.
13:23L'armée a construit des hôpitaux de campagne.
13:25Le parc des expositions à Madrid, qui avait accueilli notamment la COP25 au mois de décembre seulement,
13:31c'était il y a quatre mois.
13:31Et bien ce parc des expositions est transformé en hôpital de campagne.
13:36Et puis l'État espagnol est obligé de faire appel à l'OTAN.
13:39La Turquie, le Japon, le Luxembourg répondent à cet appel de l'OTAN et envoient du matériel à l'Espagne.
13:45Mais là c'est vrai que la situation est vraiment extrêmement compliquée.
13:49Blandine Hugonnet, en Italie, quelle est la situation à ce moment-là dans les hôpitaux ?
13:54Alors à ce moment-là, dans les hôpitaux, c'est aussi la période de saturation.
13:58Clairement, c'est vraiment comme en Espagne, avec toujours cette semaine d'avance.
14:03Donc les cas s'accumulent.
14:05Il y a aussi ces scènes qui tournent sur les télévisions, mais dramatiques,
14:09de camions, de l'armée qui transportent des dizaines et des dizaines de cercueils
14:14parce qu'il n'y a plus de place dans les cimetières ou dans les crématoriums de la zone de
14:21Bergame et de Brechia,
14:22qui sont à ce moment-là les deux villes les plus touchées en Lombardie, toujours cette région du nord du
14:26pays.
14:27Et c'est vrai que ça fait froid dans le dos quand on voit ces images en Italie de ces
14:31cadavres
14:31qui ne sont même plus salués pour un dernier adieu par leur famille
14:34puisque c'est évidemment interdit de se rassembler pour des enterrements et des funérailles.
14:38Il y a même à un moment donné un prêtre qui racontait qu'il transmettait par téléphone
14:43les prières de la famille lorsqu'il était devant le cercueil d'une personne dans les hôpitaux
14:49quand il déplaçait ses cercueils.
14:52Donc la situation est vraiment compliquée.
14:54Des hôpitaux de campagne sont aussi installés avec l'aide à nouveau de l'armée,
14:57soit en dur dans des palais d'exposition aussi,
15:01soit carrément dehors sous des tentes militaires qui sont installées
15:05avec des dizaines de lits qui sont ajoutés pour accueillir les patients
15:08qui sont contaminés au cours du Covid-19.
15:15Dans le troisième et dernier épisode de cette série,
15:17nous verrons notamment comment l'Espagne, l'Italie et la France
15:20vont essayer de défendre une réponse commune à la crise économique provoquée par l'épidémie.
15:26Merci à Blandine Hugonnet, Henri Delaguerri et Henri Vernet.
15:37Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
15:39disponible chaque soir du lundi au vendredi sur toutes les plateformes.
15:43N'oubliez pas de vous abonner.
15:45Cet épisode de Code Source a été conçu et préparé par Benjamin Boucriche,
15:49production Marion Bautorel et Claudia Prolongeau,
15:52réalisation Julien Moncoupiole.
15:54Sous-titrage Société Radio-Canada
16:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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