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Coronavirus. Emmanuel Macron s’est adressé deux fois à la nation en moins d’une semaine. Sans en prononcer le mot, il a annoncé le confinement de la France. Une gestion de crise qui n’échappe pas aux critiques. Récit.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Il s'est adressé à la nation à deux reprises en moins d'une semaine.
00:15Il a annoncé, sans dire le mot, un confinement du pays.
00:19Codesource vous raconte en deux épisodes comment le président, Emmanuel Macron,
00:22a géré la crise du coronavirus, des tout premiers cas détectés en France,
00:27au coup d'éclat de l'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn.
00:45En ligne avec nous, Nathalie Chuc, du service politique du Parisien.
00:49Nathalie Chuc, Emmanuel Macron, est particulièrement sensible aux questions de santé,
00:53il faut peut-être le rappeler, il a grandi dans une famille de médecins.
00:57Il a grandi dans une famille de médecins, c'est quelque chose qu'on a tendance à oublier,
01:01mais il a quand même deux parents qui sont dans le domaine médical.
01:04Il a été baigné par ça pendant toute son enfance,
01:06avec une mère qui était médecin conseil auprès de la Caisse nationale d'assurance maladie,
01:10et un père qui était neurologue.
01:11Et même ses frères et soeurs, y compris dans la famille de son épouse, Brigitte,
01:16il y a énormément de médecins, au point qu'on surnomme Emmanuel Macron dans la famille le vilain petit canard.
01:23Avec cette épidémie qui se double d'une énorme crise économique,
01:26Emmanuel Macron travaille encore plus ?
01:28Alors Emmanuel Macron, ce qui est frappant, c'est que c'est quelqu'un qui, traditionnellement, se couche tard.
01:32Il envoie des SMS jusqu'à 3-4 heures du matin, il dort peu.
01:36Or là, il a compris que ça allait être un marathon, c'est pas une petite crise.
01:39On allait avoir d'abord une crise sanitaire, qu'il allait falloir gérer sur la durée,
01:43pendant de longs mois, doublée d'une crise économique, une crise financière,
01:47gravissime, sans doute beaucoup plus grave que celle que le pays avait connue et le monde en 2008.
01:52Et donc, pour la première fois, il décide de se discipliner.
01:55Il fait attention à sa ligne, et surtout il se couche tôt.
01:59Et qui fait office de maîtresse des horloges ?
02:01C'est Brigitte Macron, qui les rappelle à l'ordre, autour d'une heure du matin,
02:04pour dire qu'il est temps d'aller se coucher, qu'il a des réunions matinales.
02:06Donc il fait attention.
02:08C'est un peu le signe que la crise est vraiment très grave.
02:11Pour Emmanuel Macron et le gouvernement, début janvier, quels sont les dossiers chauds ?
02:15Le dossier brûlant du moment, c'est évidemment les retraites,
02:18avec cet immense débat en interne à l'exécutif.
02:21Est-ce qu'il faut dégainer ou pas le bazooka parlementaire, l'article 49.3,
02:25au risque de se mettre toute la majorité à dos ?
02:27Est-ce qu'on va avoir le temps de faire la grande réforme de la dépendance ?
02:31Et puis, à ce moment-là, dans les arcanes du pouvoir, tout le monde débat d'un sujet.
02:36Est-ce qu'il faut remplacer Édouard Philippe ?
02:38Comment va se passer le prochain gros remaniement ?
02:40On voyait bien les jeux de pouvoir entre les uns,
02:43essayant de se positionner pour lui succéder ou pas,
02:45comme si la vie continuait son coin, normalement.
02:48Et il y a aussi, accessoirement, des municipales qui approchent.
02:50Et les élections municipales occupent tous les esprits,
02:52avec vraiment un immense enjeu.
02:55Est-ce qu'on va gagner Paris ou pas gagner Paris ?
02:57C'est vraiment la clé de voûte de tout l'édifice
02:59qui permettra à LREM de masquer ce qui, de toute façon,
03:02se profile comme une énorme défaite.
03:05Les trois premiers cas de coronavirus en France
03:08sont signalés le 24 janvier.
03:10Trois personnes qui rentrent de Chine, de la région de Wuhan.
03:13Comment réagit Emmanuel Macron ?
03:15Emmanuel Macron apprend, donc, le 24 janvier,
03:18qu'il y a trois premiers cas qui sont diagnostiqués en France.
03:21Il va, pourtant, le soir même au théâtre,
03:23il va au Folie Bergère pour voir le spectacle de l'humoriste Alex Lutz.
03:27Et il a cette phrase dans les coulisses, dans les loges.
03:30Il dit, ça peut quand même être très grave, cette affaire.
03:33Donc, il prend conscience de la gravité, précisément le 24 janvier.
03:37Le 26 janvier, le gouvernement organise le rapatriement de Chine
03:40de milliers de Français.
03:42Deux semaines plus tard, le week-end du 8 février,
03:4511 personnes sont détectées positives en France.
03:48Emmanuel Macron suit l'évolution de cette crise
03:50en consultant des experts.
03:52Racontez-nous ça.
03:54Emmanuel Macron, dans cette crise,
03:56s'entoure rapidement de scientifiques.
03:58La parole politique, elle est discréditée.
04:01Donc, il a besoin de fonder ses décisions
04:03sur un collège d'experts,
04:04un conseil scientifique de 11 personnes
04:06dont il s'entoure et qui vont lui permettre
04:09d'éclairer ses décisions.
04:10À partir de ce moment-là,
04:11les Français vont voir chaque jour à la télé
04:13un homme, le directeur général de la santé.
04:16Jérôme Salomon, comment ça s'est décidé ?
04:19Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont tout de suite compris
04:21qu'il fallait absolument avoir une figure médicale,
04:24scientifique pour parler aux Français,
04:26un peu comme le faisait l'ancien procureur de la République,
04:29vous savez, François Mollins,
04:30qui venait parler aux Français,
04:32leur donner les détails de ce qui s'était passé
04:34au soir des attentats.
04:35Pourquoi ? Parce que la parole politique,
04:37elle est discréditée.
04:38Et d'ailleurs, au moment où il le désigne,
04:40Édouard Philippe a cette phrase
04:41qui est un petit peu prophétique,
04:42il dit « ce sera notre François Mollins ».
04:45Coup dur pour Emmanuel Macron,
04:46le vendredi 14 février,
04:48Benjamin Griveaux, le candidat LREM
04:50au municipal à Paris, doit renoncer
04:52suite à la publication de vidéos intimes.
04:55Le 16 février, il est remplacé
04:56par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.
04:59C'est Emmanuel Macron qui a fait ce choix ?
05:01Emmanuel Macron a appelé Agnès Buzyn
05:03pour lui demander d'aller au front,
05:05au municipal à Paris,
05:06parce qu'il avait besoin d'elle,
05:08il avait besoin de son bon soldat,
05:09parce que pourquoi la bataille de Paris
05:11était absolument capitale,
05:12et en fait, il n'y avait qu'une personne
05:13qui était en situation éventuellement
05:15de faire pencher la balance,
05:16c'était Agnès Buzyn.
05:17Et c'est un député et médecin,
05:19Olivier Véran,
05:20qui va remplacer Agnès Buzyn à la santé.
05:22Emmanuel Macron avait déjà entendu parler
05:24d'Olivier Véran par certains de ses proches
05:26qui lui avaient dit
05:27« Tu devrais regarder, lui, quand même,
05:29il fait un sacré parcours. »
05:30Et au moment où Agnès Buzyn
05:32doit partir pour aller au combat à Paris
05:35face à Indalgo et Rachida Dati,
05:37le choix s'impose comme une évidence,
05:39ce sera Olivier Véran
05:40qui est neurologue de formation.
05:41Après la mi-février,
05:43les cas avérés de Covid-19
05:44se multiplient en Italie,
05:46qui prend des premières mesures
05:48de confinement.
05:48À ce moment-là, en France,
05:50on est très loin de prendre
05:51des décisions aussi fortes ?
05:53Tout début février, en France,
05:54on commence à avoir
05:56des premiers cas qui apparaissent.
05:57En fait, le vrai déclic
05:58pour l'exécutif,
05:59c'est dans le week-end du 8 février.
06:01Là, les autorités sont informées
06:03qu'il y a un mini-cluster,
06:05donc un premier foyer épidémique,
06:07qui s'est constitué en Haute-Savoie,
06:08précisément,
06:09ça ne s'avance pas,
06:10aux contaminés de Mangeois.
06:11Il y a 5 personnes
06:12de nationalité britannique
06:13qui ont été contaminées
06:14et puis, assez rapidement,
06:16dans un même chalet,
06:1611 personnes contaminées
06:18par une seule personne,
06:19ce qu'on appelle,
06:20dans le jargon médical,
06:20un super infecteur.
06:21Là, c'est la crise,
06:23les autorités comprennent
06:24que c'est grave.
06:25Édouard Philippe,
06:25qui est en campagne au Havre,
06:27doit rentrer tout de suite
06:28illico en urgence à Paris.
06:30Là, vraiment,
06:31pour Matignon,
06:32pour l'Elysée,
06:32c'est le déclic,
06:33la crise épidémique a commencé.
06:36Des mesures de confinement
06:38en Italie,
06:39mais pas en France.
06:40Et déjà,
06:40Emmanuel Macron est attaqué
06:41sur sa gestion de crise
06:43par une partie des oppositions.
06:45La question à cette époque,
06:47c'est est-ce qu'il faut passer
06:47en stade 3,
06:48est-ce qu'il faut passer
06:49en stade 2 renforcés
06:50sur l'échelle de la France
06:51ou pas ?
06:52On est très, très loin
06:53d'imaginer qu'on va aller
06:54sur des mesures
06:55type état d'urgence sanitaire,
06:57quarantaine.
06:58C'est quelque chose
06:59que refuse l'exécutif.
07:00Pourquoi ?
07:01Parce que ce que répètent
07:02Édouard Philippe
07:03comme Emmanuel Macron
07:04en petit comité,
07:05c'est qu'il faut
07:05que la vie continue.
07:07Et il y a aussi
07:07une chose qui est très importante,
07:08lorsqu'ils ont un prisme économique
07:10qui est quand même fondamental
07:11dans la tête,
07:12ils ne veulent pas bloquer
07:13la machine économie.
07:15En fait, l'Italie,
07:16avec sa décision
07:17de confiner sa population,
07:19devient le contre-exemple absolu
07:21pour les autorités françaises.
07:22Tout ce qu'il ne faut pas faire,
07:24nous, on ne veut pas tout bloquer,
07:25on veut juste freiner
07:26la progression de la maladie.
07:28Il y a par exemple
07:28ce match de foot,
07:30Lyon-Juventus de Turin
07:31qui est maintenu le 26 février.
07:33Alors, énorme polémique.
07:34Est-ce qu'il faut maintenir
07:35ou annuler ce match ?
07:36Sachant que,
07:37c'est quand même un match
07:38où des milliers de supporters
07:40qui viennent de la zone de Turin,
07:42vont potentiellement
07:43venir en Italie.
07:45Donc, il y a toute une partie
07:46de la classe politique
07:47qui considère qu'il est évident
07:48qu'il faut absolument
07:49annuler ce match.
07:50Arbitrage du président
07:51de la République
07:52avec Gérard Collomb,
07:54son ancien ministre de l'Intérieur,
07:55un des premiers soldats
07:57de la Macronie,
07:58le maire de Lyon,
07:58il décide de maintenir ce match
08:00en partant du principe
08:01que la ville de Turin
08:02ne fait pas partie
08:03du cluster
08:04du foyer épidémique
08:06qui a été confiné en Italie
08:07parce qu'à cette époque-là,
08:08en Italie,
08:09seule la région
08:10de la Lombardie
08:11au nord de l'Italie
08:12est sous le confinement.
08:13Or,
08:14c'est un petit peu illusoire
08:15dans la mesure
08:16où, en fait,
08:16on s'aperçoit
08:17que beaucoup d'Italiens
08:18ont fui,
08:19n'ont pas respecté
08:20le cluster.
08:21Donc, on peut s'interroger
08:22sur cette décision.
08:23Toujours est-il qu'à ce moment-là,
08:25c'est cette décision
08:26qui décide Emmanuel Macron
08:27de maintenir le match.
08:28D'un mot,
08:29à ce moment-là,
08:30par exemple,
08:30Marine Le Pen
08:31pour le Front National
08:32réclame la fermeture
08:33des frontières.
08:34Marine Le Pen
08:35réclame la fermeture
08:35des frontières.
08:36Éric Ciotti aussi
08:37chez les Républicains.
08:38J'avoue que je ne comprends pas
08:39la position du gouvernement.
08:41Il faut évidemment
08:42prendre des mesures
08:43pour que l'épidémie
08:44ne se transforme pas
08:45en pandémie.
08:47Réponse très sèche
08:48de Matignon,
08:48ça ne sert à rien.
08:49Les frontières
08:50sont des châteaux de sable.
08:51Si les gens veulent passer,
08:52ils passent par ailleurs.
08:52On ne ferme pas les frontières.
08:53C'est plus efficace
08:54de se laver les mains.
08:57Le 27 février,
08:59Emmanuel Macron
08:59rend visite
09:00au personnel soignant
09:01de la Pitié-Salpêtrière
09:02à Paris
09:03où un Français
09:04vient de mourir
09:04du coronavirus
09:05pour la première fois.
09:06Pendant cette visite,
09:07un médecin neurologue
09:08interpelle le président.
09:10Il lui dit,
09:10c'est le professeur
09:11Éric Combe
09:12qui le regarde
09:12droit dans les yeux,
09:13il lui dit
09:13« Monsieur le Président,
09:14on va vers un scénario
09:16à l'italienne,
09:16le virus se propage
09:18parmi nous. »
09:19Réponse d'Emmanuel Macron
09:20« Nous sommes là,
09:21l'État sera là,
09:22mais il faut que la vie continue. »
09:33Dès le lendemain,
09:34le 28 février,
09:35le ministre de la Santé,
09:36Olivier Véran,
09:37annonce que la France
09:38passe au stade 2
09:39de l'épidémie.
09:40Les rassemblements
09:41de plus de 5000 personnes
09:42sont interdits.
09:43Que fait Emmanuel Macron ?
09:45Emmanuel Macron,
09:46en petit comité à l'Élysée,
09:47multiplie les conseils
09:48de défense
09:49avec une garde prétorienne
09:51de ministres
09:51qui sont en première ligne
09:52dans la crise.
09:53Olivier Véran,
09:54le ministre de la Santé,
09:54Christophe Castaner,
09:55le ministre de l'Intérieur,
09:56Bruno Le Maire,
09:57le ministre de l'Économie,
09:59Jean-Yves Le Drian.
10:00Et donc,
10:00en fait,
10:01ensemble,
10:01ils essayent de trouver
10:03la meilleure,
10:04comment dire,
10:04ligne de crête
10:05pour faire les bons choix
10:07sans gripper la machine économique,
10:09sans bloquer le pays.
10:10C'est vraiment leur obsession.
10:11Ils se fondent pour ça
10:12sur les avis du Conseil scientifique.
10:14Et ils décident
10:15de faire
10:16une montée en charge
10:17des mesures de protection
10:18extrêmement progressives.
10:20Contrairement à ce qu'a fait
10:21la Chine
10:21qui a décidé
10:22un confinement généralisé
10:23extrêmement rapide,
10:25la montée en charge
10:25en France
10:26se fait très progressivement.
10:27Et le président Macron
10:28va prendre
10:29de plus en plus régulièrement
10:31la parole
10:32sur ce virus.
10:33Le 6 mars,
10:34par exemple,
10:34il se rend dans un EHPAD
10:35à Paris
10:36pour dire aux Français
10:36justement
10:37d'éviter
10:38d'aller dans les EHPAD
10:39voir les personnes âgées.
10:41Durant cette épidémie,
10:44il faut absolument
10:44d'abord limiter
10:45les visites au maximum.
10:47Et je vais demander
10:47à tous nos concitoyens
10:49d'avoir cet esprit
10:50de responsabilité
10:51de faire ce sacrifice.
10:52Je sais que c'est parfois
10:53un crève-cœur,
10:54mais il faut au maximum
10:56éviter de visiter
10:57nos anciens.
10:59L'idée,
10:59c'est que le président
11:00de la République,
11:01la communication à l'Elysée
11:02est calée de telle façon
11:03qu'on décide
11:03qu'il faut qu'il sorte
11:04régulièrement sur le terrain
11:06pour apparaître
11:06en président protecteur
11:08des Français,
11:09père de la nation un peu
11:10et pour passer
11:10non pas des messages médicaux,
11:12mais rappeler les gestes barrières,
11:15dire ce qu'il faut faire,
11:16ne pas faire,
11:16essayer de rassurer
11:17et à chaque fois,
11:18avec une boussole,
11:19ne surtout pas
11:20dissimuler les choses.
11:21La priorité du moment,
11:23c'est de protéger
11:24les personnes âgées,
11:24dont tous les scientifiques
11:26disent à Emmanuel Macron
11:27qu'ils sont les plus en danger
11:28par rapport au Covid-19.
11:29Raison pour laquelle
11:30ils seront dans un EHPAD
11:32pour avoir un message
11:33de pédagogie
11:33pour des Français
11:34arrêter d'aller voir les anciens,
11:36vous les exposer inutilement.
11:38Et le soir même,
11:39le 6 mars donc,
11:40le couple Macron
11:41se rend au théâtre.
11:43La vie continue,
11:44les Macron
11:45ont rendez-vous au théâtre
11:46pour aller voir
11:46une pièce
11:47qui s'appelle
11:48Par le bout dîner,
11:48qui est,
11:49ironie de l'histoire,
11:50l'histoire d'un président
11:52de la République
11:53qui a quelques difficultés,
11:55toute ressemblance
11:56avec des faits actuels,
11:58bref.
11:59Et c'est une façon pour eux
12:01de montrer
12:02qu'il ne faut pas
12:03arrêter de sortir,
12:04il faut continuer
12:05à voir du monde,
12:07il faut une expression
12:09de Matignon,
12:10il faut que la circulation
12:11artérielle continue
12:12à circuler dans le corps France.
12:21Quatre jours plus tard,
12:22le lundi 10 mars,
12:23on apprend que le ministre
12:24de la Santé,
12:25Franck Riester,
12:26est testé positif
12:27au Covid-19.
12:28C'est le premier membre
12:29du gouvernement
12:30qui est atteint.
12:31Alors, une petite blague
12:32qui circule dans les rangs
12:33du gouvernement,
12:34c'est décidément,
12:35ce virus semble avoir
12:36un certain sens politique
12:37puisque tout le monde sait
12:38que Franck Riester
12:39est assez contesté
12:40et que le président
12:41de la République lui-même
12:42n'en est pas extrêmement content.
12:44Donc, ça fait plutôt rire
12:45tout le monde.
12:46Les gens regardent ça
12:46non pas avec stupéfaction
12:48ni effroi,
12:49c'est plutôt un sujet de
12:50bon, voilà,
12:51il est malade,
12:52ça arrive.
12:52En revanche,
12:53des mesures sont aussitôt prises
12:55de façon à le confiner lui-même,
12:56mais entre parenthèses,
12:57de sa campagne
12:58puisqu'il était candidat
12:59au municipal.
13:00Il ne vient pas
13:01au Conseil des ministres suivant,
13:03surtout à l'Elysée.
13:05On a une espèce
13:06de soulagement rétrospectif
13:07puisque cinq à six jours
13:08après que le ministre
13:09de la Culture
13:10soit détecté,
13:11il était censé déjeuner
13:12avec Brigitte Macron.
13:13Et à partir de ce moment-là,
13:15un protocole très strict
13:16se met en place
13:17autour du président
13:17pour éviter,
13:19pour essayer d'éviter
13:19en tout cas
13:20tout risque de contamination.
13:21Alors, c'est Patrick Strodin,
13:22le directeur de cabinet
13:23du président de la République
13:24qui établit ce qu'on appelle
13:25un PCA,
13:26plan de continuité
13:27d'activité.
13:28En vue du stade 3,
13:30déjà dans le stade 2,
13:31l'idée étant
13:32de faire une espèce
13:33de bulle de sécurité
13:34autour du président de la République,
13:35ce qu'on appelle
13:36à l'Elysée
13:36un protocole de vigilance.
13:38En clair, il est décidé
13:39qu'il ne serra plus de main.
13:41Donc désormais,
13:42à partir de ce moment-là,
13:43le président de la République,
13:44lorsqu'il se déplace,
13:45lance un trait sonore
13:46« Je vous salue de cœur »
13:47en mettant sa main sur le cœur
13:48mais ne serre plus de main.
13:49Il est également décidé
13:50de nettoyer les objets
13:51qu'il utilise dans son bureau,
13:53de limiter le nombre
13:55de conseillers autour de lui.
13:56Ce protocole de vigilance
13:57va se resserrer encore plus
13:59puisque va être décidé
14:00assez rapidement
14:01que les conseillers
14:02n'auront plus le droit
14:02de venir dans son bureau.
14:03Et il y a notamment un objet
14:05qui est nettoyé
14:06avec un soin absolument maniaque,
14:07c'est le parafeur,
14:08un gros porte-document
14:09qui contient toutes les choses
14:11que le président doit signer
14:12et qui circule de pièce en pièce
14:14et donc est forcément
14:14un énorme vecteur
14:15de contamination potentielle.
14:17Emmanuel Macron,
14:18on sait comment il vit
14:19toutes ces mesures de précaution ?
14:21Emmanuel Macron,
14:22il a du mal.
14:23Déjà, le fait d'être à l'Elysée,
14:24il vit ça comme une forteresse.
14:25Donc ces mesures de précaution,
14:27c'est quelque chose
14:28d'un peu douloureux.
14:28D'ailleurs, il continue
14:30à voir ses amis au téléphone,
14:32à leur demander
14:33de passer le voir
14:34avec évidemment
14:35à distance respectable.
14:36Il a besoin de s'aérer
14:37parce qu'il est assez
14:38par ailleurs fatigué
14:39et c'est éprouvant comme crise.
14:41Raison pour laquelle
14:41il a besoin d'aller au théâtre,
14:43il a besoin de sortir
14:44avec son épouse.
14:45Et donc c'est quelque chose
14:46qui lui est douloureux
14:48mais il sait qu'il a
14:49un devoir d'exemplarité.
14:51Pour autant,
14:52c'est très compliqué
14:52quand on est chef de l'État.
14:54Prenons un exemple,
14:55le 9 mars,
14:55le couple Macron
14:56va inaugurer sur les Champs-Elysées
14:58le Café Joyeux.
14:59En fait, c'est un café éphémère
15:00où travaillent des gens handicapés,
15:02trisomiques.
15:03Et donc ils y vont
15:04avant l'arrivée
15:05d'Emmanuel Macron
15:06et Brigitte Macron.
15:07Consigne est passée aux gens
15:08de ne pas s'approcher
15:09trop près
15:09en raison du Covid-19
15:10du couple présidentiel.
15:12S'agissant de personnes
15:13handicapées,
15:14trisomiques,
15:1421,
15:15très difficile
15:16de faire respecter
15:17cette consigne.
15:17Le chef de l'État
15:18se retrouve
15:19pendant cette inauguration
15:20entouré de très près
15:21par des gens
15:21et il confiera
15:23peu après
15:24à un de ses proches.
15:25Il lui dit
15:25« Tu comprends,
15:26je ne pouvais quand même pas
15:27demander à ces gens,
15:28ces jeunes
15:28de s'éloigner de moi.
15:29On ne rejette pas
15:30un gamin qui vient vers vous. »
15:33Le jeudi 12 mars,
15:33quelques jours
15:34avant le premier tour
15:35des élections municipales
15:36du dimanche 15 mars,
15:37le président
15:38doit prononcer
15:39une allocution télévisée
15:40à 20h.
15:41D'abord,
15:41comment ça s'est décidé ?
15:42Cette allocution présidentielle,
15:44elle se décide
15:45huit jours plus tôt
15:46dans un dîner politique
15:47à huis clos,
15:48très discret.
15:49Ce sont des réunions
15:49qui ne sont jamais inscrites
15:50à l'agenda,
15:51à l'Élysée,
15:51avec les ténors
15:53de la majorité.
15:54Ce soir-là,
15:54on se retrouve
15:55dans un salon de l'Élysée
15:57autour d'un plateau d'huîtres.
15:58D'ailleurs,
15:58quand les gens arrivent
15:59et disent
16:00« Ouh là là,
16:00ça ne va pas nourrir son homme.
16:02Heureusement,
16:02il y a du bon vin. »
16:03Et autour de la table,
16:04Emmanuel Macron,
16:05le premier,
16:06prend la parole
16:06et dit donc
16:07à tous ces ténors
16:08de la majorité
16:09« Nous avons quatre crises.
16:10Nous avons une crise économique,
16:12nous avons une crise sanitaire,
16:13une crise financière
16:14et une crise migratoire.
16:15Comment sentez-vous les choses ? »
16:17Oui,
16:17autour de la table,
16:18la réponse
16:19des Richard Ferrand,
16:20des Gilles Legendre
16:22est absolument unanime.
16:24Il faut que vous parliez,
16:25président.
16:26Vous avez besoin
16:26de vous exprimer
16:27en père de la nation.
16:28Il faut rassurer les Français,
16:29vous devez intervenir vous-même
16:31dans une allocution solennelle.
16:32Elle a donc lieu
16:33ce fameux jeudi 12 mars.
16:40Merci à Nathalie Chuc
16:42et nous verrons
16:42que la rédaction
16:43de cette intervention
16:44va être difficile
16:45dans le prochain épisode
16:47de Codesources.
16:49Codesources est le podcast
16:50d'actualité du Parisien,
16:51disponible chaque soir
16:52du lundi au vendredi.
16:54N'oubliez pas
16:54de vous abonner
16:55sur votre application
16:57de podcast préférée
16:58comme Apple Podcast
16:59ou Podcast Addict.
17:00Cet épisode de Codesources
17:01a été conçu
17:02et préparé par Thibaut Lambert,
17:03production Marion Bottorel,
17:05réalisation Julien Moncouquiol.
17:08N'hésitez pas
17:09à nous écrire directement
17:10codesourceatleparisien.fr
17:13Sous-titrage Société Radio-Canada
17:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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