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Coronavirus. Ils sont applaudis chaque soir, sont en première ligne face à l’épidémie, mais manquent de moyens. Dans Code source, une interne d’un hôpital de l’Essonne raconte son quotidien.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Ils sont applaudis chaque soir à 20h. Ils sont en première ligne face à l'épidémie et souvent, ces hommes
00:17et ces femmes manquent de moyens.
00:19Face à l'épidémie et à l'afflux de patients, quel est le quotidien des personnels soignants ?
00:24Codesource a pris le temps d'écouter Léa, une interne d'un hôpital francilien. Son témoignage est recueilli par Claudia
00:30Prolongeau.
00:36Léa est interne dans un service de réanimation, c'est-à-dire qu'elle termine ses études mais exerce déjà
00:41en tant que médecin à l'hôpital.
00:43Depuis plusieurs jours, elle me tient au courant de comment la situation évolue là où elle travaille
00:47et dimanche 29 mars, entre deux gardes, elle a accepté de s'enregistrer pour me raconter plus précisément ce qu
00:54'elle vit.
00:57Allô ?
00:58Oui, coucou, c'est Claudia, tu vas bien ?
01:00Oui, super, tu m'entends bien ?
01:01Oui, très bien et toi ?
01:02Oui, parfait, parfait, parfait.
01:03T'es pas trop fatiguée ?
01:04Écoute, j'ai eu un week-end plutôt cool, je devais aller bosser aujourd'hui finalement, c'est bon.
01:08Donc ça va, ça permet de prendre un peu de force pour la semaine à venir.
01:13Léa a 26 ans, elle habite à Paris et travaille dans un hôpital de l'Essonne, à une demi-heure
01:17de chez elle.
01:18D'habitude, elle y va en transport en commun, mais depuis le début de la crise du coronavirus,
01:23elle utilise la voiture qu'une voisine solidaire lui a prêtée.
01:26Un moyen d'être certaine qu'elle ne risque pas de contaminer des gens dans le RER.
01:30Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'on soit confronté à cette situation-là, en tout cas en
01:33France.
01:33Et c'est pas une situation à laquelle on est préparé de manière générale au cours de nos études de
01:39médecine ou dans notre pratique.
01:41C'est vraiment quelque chose de nouveau et je pense que ça contribue aussi au fait que ce soit difficile
01:45à gérer
01:45parce qu'on n'est pas préparé à ces situations, à la fois sur un plan organisationnel et médical
01:51et aussi sur un plan psychologique et de gestion de la crise du tri des patients.
02:00Au moment de choisir sa spécialité, Léa s'est tournée vers la médecine interne.
02:04Pour résumer, c'est une sorte de médecine générale où on traite de toutes les pathologies, mais à l'hôpital.
02:09En septembre, elle a commencé son stage en réanimation dans un service qu'elle avait choisi
02:14pour l'ambiance décrite par les précédents étudiants.
02:17Moi, je suis en réanimation dans un service d'une réanimation qu'on appelle polyvalente
02:22qui se concentre vraiment sur toutes les spécialités, c'est-à-dire que nous, on a à la fois du
02:27post-opératoire
02:28comme des pathologies médicales, mais vraiment tout venant et on prend tout type de patients.
02:32C'est une spécialité où il y a beaucoup de gestes à faire au quotidien, à savoir intuber les patients,
02:37poser des cathéters qui sont des très grosses perfusions qu'on doit mettre sous guidage échographique.
02:43Ça sera un peu notre quotidien en réanimation et c'est quelque chose sur lequel on n'est pas du
02:46tout autonome en début de semestre.
02:48Mon début, c'est vraiment très bien passé. On est assez tranquille parce que quand on sort de six mois
02:54à faire de la salle,
02:55on a une dizaine, voire une douzaine de patients par interne.
02:59On travaille souvent le week-end, on fait des grosses journées, on sort vers 20 heures.
03:04Là, on arrive dans un service où, lié au fait que ce soit de la réanimation,
03:08en fait, il y a un personnel médical qui est beaucoup plus important par rapport au nombre de patients.
03:13Donc, par exemple, là, on avait trois patients par interne grand maximum.
03:17Et ça, c'est vraiment quelque chose qu'on a tous apprécié, je pense, en début de semestre.
03:21Le stage se poursuit et chaque jour, Léa se répète qu'elle est vraiment bien tombée.
03:26Quand le coronavirus fait parler de lui pour la première fois,
03:28il devient bien sûr un sujet de conversation parmi les soignants.
03:31Les premiers cas, c'était fin décembre en Chine et nous, on a commencé à en discuter
03:37d'un point de vue médical début janvier.
03:40Alors, nous, on connaissait déjà le coronavirus.
03:41C'est des virus qui existent, il y en a plusieurs types, dont certains qu'on rencontre assez fréquemment,
03:47qui sont des virus hivernaux.
03:48Et donc, on en avait entendu parler comme un nouveau type de coronavirus.
03:51Et c'est vrai que c'était plus quelque chose d'exotique à l'époque.
03:54On ne s'imaginait absolument pas qu'on allait pouvoir, nous, être confrontés à la situation
03:59dans laquelle on est actuellement.
04:00C'était vraiment quelque chose qu'on regardait de manière lointaine.
04:04On lisait les articles avec intérêt, mais sans vraiment se préoccuper de notre sort à ce moment-là.
04:15Un pays entier, confiné, du jamais vu.
04:19L'Italie appelle toute la population à rester chez elle pour éviter de propager le coronavirus
04:24alors que les hôpitaux sont débordés.
04:26On a tous pris conscience du fait que ça arrivait quand la situation a commencé à s'accélérer en Italie.
04:33D'une part, par le fait que c'est un pays proche, un pays voisin.
04:37Et donc, on s'identifie quand même beaucoup plus à eux.
04:40On sait qu'on a un système de santé qui, mine de rien, est relativement similaire au leur.
04:45Et puis aussi, par le fait que ce soit de la proximité géographique.
04:48On sait que s'il y a des cas dans un pays limitrophe,
04:50forcément, on est beaucoup plus à risque d'en avoir, nous, de notre côté.
04:54Et c'est aussi le moment où il a commencé à avoir les premiers cas
04:58qui, à ce moment-là, étaient confinés dans des centres vraiment experts en France.
05:04Par exemple, en Ile-de-France, nous, si on avait une suspicion de coronavirus chez un de nos patients,
05:09il était hors de question qu'on le garde dans nos lits.
05:11Il fallait immédiatement le transférer dans des centres de référence.
05:17À partir du jeudi 12 mars, les choses s'accélèrent brutalement.
05:20Le nombre de cas augmente.
05:21Et Léa doit désormais, elle aussi, prendre en charge des patients dits « Covid-plus »,
05:26c'est-à-dire positifs, aux tests de dépistage du coronavirus.
05:30Initialement, nous, on avait dédié seulement une certaine partie du service,
05:33c'est-à-dire qu'on avait encore des patients, en fait, qui n'étaient pas Covid-plus.
05:37Et donc, ceux-là, il fallait bien qu'on continue à s'en occuper.
05:40Donc, on avait séparé notre service en deux.
05:42Et ça demande une organisation assez compliquée,
05:45parce qu'il fallait pouvoir bâcher pour séparer la partie Covid-plus de la partie Covid-moins.
05:52À savoir que nos patients qui sont Covid-moins, ils sont particulièrement fragiles,
05:55parce qu'ils sortaient de longues semaines de réanimation.
05:58Donc, ces patients-là, si jamais ils étaient amenés à être en contact avec le coronavirus à cause de nous,
06:02parce qu'on passait de patients Covid-plus à des patients Covid-moins,
06:05les conséquences, elles auraient été désastreuses.
06:08Et puis, en fait, très rapidement, au bout de trois jours comme ça,
06:11on nous a dit qu'il fallait qu'on dédie l'intégralité de notre réanimation aux patients Covid-plus.
06:16Mais on a transféré nos patients qui étaient Covid-moins vers d'autres réanimations,
06:20qui, elles, ne prenaient pas encore en charge les patients Covid-plus.
06:23Et on a dédié l'intégralité de nos lits au coronavirus.
06:29Ça a été assez crescendo.
06:31Pendant quelques jours, en fait, il y a eu une ambiance assez étonnante,
06:33parce qu'on se préparait justement à cette vague.
06:36Et toute notre attention et tous nos effectifs étaient mobilisés dans l'attente de cette vague.
06:41Et initialement, ça a été assez modéré.
06:43On avait quelques patients qui arrivaient, qui étaient Covid-plus.
06:47Il faut savoir que la plupart des services de médecine de l'hôpital
06:50se sont transformés en services pour prendre en charge le coronavirus.
06:54Initialement, il y en avait seulement un service, donc avec peut-être 30 lits.
06:58Et puis, chaque jour, ouvrait un deuxième service, puis un troisième, puis un quatrième service,
07:03uniquement dédié aux patients Covid-plus.
07:06On avait un fichier Excel sur lequel on essayait de pointer un petit peu tous les patients
07:11dans l'hôpital avec des suspicions de coronavirus.
07:14On les surveillait, on notait leur saturation pour savoir quel était leur taux d'oxygène dans le sang.
07:19Et on s'est vite rendu compte qu'on était complètement dépassés, que c'était impossible.
07:22Il y avait des centaines de patients dans l'hôpital.
07:24Et nous, de notre côté, les patients graves ont commencé à arriver assez vite.
07:29On a 12 lits de réanimation.
07:31On les avait du coup tous dédiés au coronavirus.
07:34Ils ont très vite été tous pleins.
07:36Et puis, le souci principal, c'est que c'est des patients pour lesquels on part sur des durées de
07:40réanimation.
07:41qui sont très prolongées.
07:42En moyenne, de deux semaines, trois semaines.
07:45Donc, tous les lits qui sont pris depuis le début de l'épidémie ne sont pas libérés pour prendre d
07:49'autres patients.
07:50Maintenant qu'on a un service qui est plein à craquer,
07:52il y a un flux constant qui arrive aux urgences de patients graves.
07:57Et donc, ça, ça a nécessité de manière quotidienne qu'on fasse des transferts.
08:00À savoir, les patients, on les intube,
08:03on leur pose les cathéters afin qu'on puisse leur administrer les médicaments nécessaires.
08:08Et ensuite, on les a transférés vers d'autres réanimations en périphérie ou alors dans des cliniques privées,
08:14voire hors de l'Île-de-France puisqu'on a transféré des patients hors d'Île-de-France aussi cette
08:18semaine
08:19afin de pouvoir avoir en permanence au moins un lit ou deux lits disponibles pour prendre en charge des nouveaux
08:24patients.
08:25Mais malgré ça, on commence à se noyer un petit peu sous la vague
08:28parce qu'il y a en permanence un flot de patients qui nécessitent des soins de réanimation lourds
08:33et nous, on a maximum un à deux lits disponibles pour prendre en charge ces patients.
08:39Pour Léa et pour les autres soignants, les questions éthiques commencent alors à se poser.
08:43Les premiers jours ont vraiment été difficiles
08:46parce qu'on ne s'attendait pas à ce que ça nous arrive dessus aussi vite et aussi brutalement.
08:51Il y a eu des situations éthiques difficiles parce que, comme partout,
08:55on est limité par le nombre de lits de réanimation qu'on a,
08:57on est limité par le nombre de respirateurs qu'on a
09:01et donc il faut limiter l'entrée en réanimation en amont.
09:06Il y a eu un patient la semaine dernière qui avait 70 ans,
09:12qui était pharmacien encore en activité.
09:15On le voit, il est plutôt en bon état général,
09:20mais il est obèse et donc il se déplace difficilement.
09:24Et par ailleurs, il a eu plusieurs comorbidités.
09:27Il était à la fois diabétique et il avait une cardiopathie ischémique,
09:31donc il avait fait un infarctus et il avait été ponté plusieurs fois.
09:34Et au vu de toutes ces comorbidités et de son obésité,
09:39on a jugé qu'il n'était pas opportun
09:41et que ce n'était pas une bonne chose de le prendre en réanimation.
09:44Et je pense que ce patient-là, en temps normal, on lui aurait donné sa chance.
09:50Les patients ne sont pas laissés à l'abandon,
09:52mais renvoyés vers d'autres services où d'autres médecins les prennent en charge
09:55et très souvent, ils s'en sortent.
09:58En réanimation, on se concentre sur ceux qui ont été gardés.
10:01Les visites sont totalement interdites,
10:03ce qui est parfois difficile à encaisser pour les patients.
10:06Et une autre difficulté s'ajoute,
10:07il faut parfois les intuber à toute vitesse car leur état se dégrade d'un coup,
10:12une des caractéristiques de la maladie du Covid-19.
10:14Ça consiste du coup pour les patients qui sont en insuffisance respiratoire aiguë
10:18à les sédater, donc leur mettre des traitements
10:21qui les mettent dans un coma artificiel
10:23afin de pouvoir les intuber et les ventiler artificiellement.
10:27En plus, c'est des patients qui sont relativement jeunes
10:31par rapport à des patients de réanimation d'habitude
10:34et qui n'ont pas beaucoup d'antécédents.
10:37Donc, c'est des patients qui font extrêmement bonne figure.
10:40On va les voir, ils ont un petit peu de mal à respirer,
10:43ils sont un petit peu essoufflés quand ils nous parlent.
10:46Et puis là, on leur prend la saturation au doigt
10:48qui est le taux d'oxygène dans le sang
10:50et il est déjà extrêmement bas,
10:52alors que ça ne se voit pas forcément sur le faciès du patient.
10:54Et donc, de manière générale,
10:56ce qui est difficile à gérer, c'est qu'on a très peu de temps pour agir.
10:59Si vraiment, ils tolèrent assez bien
11:02et que justement, on est en train de les intuber suffisamment tôt
11:04parce qu'on sait qu'ils vont se dégrader
11:06mais qu'on a pu prendre les choses vraiment à temps,
11:08on les laisse appeler leur famille.
11:10C'est assez émouvant.
11:11Ils ne savent pas forcément ce qui va devenir d'eux,
11:14ils ne savent pas s'ils vont se réveiller.
11:15Mais parfois, les gens, quand on arrive,
11:17ils sont déjà beaucoup trop graves,
11:19beaucoup trop hypoxiques
11:20et il faut qu'on les intube en extrême urgence.
11:23C'est des situations surtout qui sont nouvelles.
11:25Pour tout le monde, à la fois côté patient et côté soignant,
11:28c'est très difficile à gérer pour nous.
11:31Les patients qui ne sont pas prises en réa
11:33sont alors transférés dans d'autres services
11:35et des médecins s'occupent quand même d'eux.
11:37Mais pour le service de réanimation,
11:39c'est difficile à accepter.
11:41Dans la nuit du 24 au 25 mars,
11:42un nouveau cas vient marquer Léa et les autres soignants.
11:45Celui de Julie, 16 ans,
11:47qui reste à ce jour la plus jeune victime du coronavirus en France.
11:51Elle est passée par les urgences, en tout cas, de notre hôpital.
11:53Elle n'est pas passée par notre service de réanimation
11:55parce que c'était une jeune de 16 ans
11:57et donc elle relevait d'une réanimation pédiatrique.
11:59C'est pour ça qu'elle est partie à l'hôpital de Necker.
12:02On travaille beaucoup avec les cardiologues
12:03qui ont été amenés à s'en occuper dans la soirée
12:06avant qu'elle soit transférée.
12:07Les cardiologues ont été vraiment assez marqués par ce passage
12:11parce qu'ils ne s'attendaient honnêtement pas
12:13à ce que ce soit d'une forme aussi sévère.
12:16Initialement, elle était plutôt stable
12:18et je pense que personne ne s'attendait à cette issue-là,
12:21en tout cas pas aussi rapidement et de manière aussi brutale.
12:24Je pense que ça, ça a vraiment marqué les esprits
12:26et que le monde en a pris un coup de ce point de vue-là.
12:32Depuis la sortie remarquée du professeur Raoult
12:34et de la chloroquine dans les médias,
12:36une difficulté s'est ajoutée à la prise en charge des patients
12:38pour le personnel de réanimation.
12:40Ce qui est sûr, c'est que les données actuelles de la littérature
12:43ne nous permettent pas de savoir si ça fonctionne ou non.
12:46Il n'y a pas de traitement spécifique,
12:48donc soit on ne met rien, soit on essaye un des traitements à l'essai.
12:51Pour nous, c'est compliqué au quotidien.
12:53En fait, les familles des patients, quand elles nous appellent,
12:55la première chose qu'elles nous demandent,
12:56c'est est-ce que vous donnez du plaquénil ?
12:58C'est compliqué de leur faire comprendre
13:01que ce n'est pas le traitement qui va sauver leur famille,
13:05de justifier le fait que soit on en donne, soit on n'en donne pas,
13:09mais qu'il n'y a pas de vérité là-dessus.
13:11En fait, on ne sait pas vraiment aujourd'hui.
13:12Mais de manière générale, quand même,
13:14les familles sont très compréhensives
13:16et assez reconnaissantes pour le travail accompli,
13:19alors que c'est une situation qui doit être compliquée à gérer pour eux.
13:22Léa sait que tôt ou tard,
13:24il est fort probable qu'elles soient elles aussi contaminées
13:26par le Covid-19 et qu'elles tombent malades.
13:28On a tous un peu la crainte de l'attraper
13:32parce qu'on est en contact assez permanent.
13:36Après, ma crainte de l'attraper,
13:38elle est plus parce que ça fait du personnel médical en moins, mine de rien.
13:42C'est compliqué déjà de s'adapter
13:45à la charge de travail supplémentaire de ces derniers jours.
13:47Tout le monde a peur, surtout de l'imprévu, en fait.
13:50On ne sait pas vraiment très bien ce qui va se passer.
13:52Certes, on a des modélisations qui se basent sur ce qui s'est passé dans les autres pays,
13:56mais on ne sait pas du tout si on va suivre le même modèle.
13:59On ne sait pas vraiment ce qui nous attend, en fait.
14:01Chaque jour, on arrive à l'hôpital avec une petite boule au ventre
14:04en se demandant comment va se passer la journée,
14:06comment va se passer la nuit.
14:09Honnêtement, chaque jour est un peu une surprise.
14:11Une des raisons pour lesquelles j'ai eu envie de faire médecine,
14:13c'est que mon frère a fait médecine.
14:16Et je ne sais pas, ça m'a plu.
14:19C'est un peu cliché, mais j'avais envie de faire un métier qui avait du sens.
14:22Et en ce moment, plus que jamais,
14:24je me dis que je suis vraiment contente de faire ça,
14:26de me sentir utile.
14:30Claudia, une voisine de Léa, lui a prêté sa voiture.
14:33Il y a beaucoup de manifestations de sympathie
14:34à l'égard des personnels soignants.
14:36Qu'est-ce qu'elle pense, par exemple, des applaudissements tous les soirs ?
14:39Alors, elle m'a dit que ça lui faisait effectivement assez plaisir
14:42de voir toutes ces manifestations de soutien.
14:45En revanche, c'est une interne qui avait déjà manifesté avant,
14:50qui retournera manifester contre le manque de moyens
14:53qu'il y a aujourd'hui dans les hôpitaux.
14:54Et elle espère vraiment que les personnes qui aujourd'hui applaudissent
14:57et qui remercient les soignants iront eux aussi les soutenir dans la rue
15:01pour demander plus de moyens pour l'hôpital public.
15:02Tu as eu d'autres soignants au téléphone, qu'est-ce qu'ils te disent ?
15:05Oui, j'en ai eu plusieurs.
15:07Ils me disent un peu tous la même chose.
15:08Ils font ce qu'ils peuvent pour continuer de faire leur travail correctement.
15:12Ils me disent que c'est difficile.
15:13Ils me disent qu'ils ont peur de manquer de matériel.
15:15Mais ce qui est difficile pour eux, c'est qu'il y a beaucoup de patients
15:18qui sont relativement jeunes.
15:20D'habitude, ils ont des patients jeunes,
15:22mais ils ont quand même surtout des patients qui sont plus âgés.
15:24Et là, ils se projettent vraiment parce qu'ils hospitalisent
15:26beaucoup de personnes qui ont l'âge de leurs parents.
15:39Merci Claudia Prolongeau et merci à Léa d'avoir accepté de témoigner.
15:43Cet épisode a été produit par Benjamin Boucriche, réalisation Benoît Laure.
15:48Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
15:51disponible chaque soir du lundi au vendredi.
15:53Si vous aimez Code Source, n'hésitez pas à nous le dire
15:55en mettant des petites étoiles et en vous abonnant
15:57sur votre application de podcast préférée
16:00comme Apple Podcast ou Podcast Addict.
16:02Sous-titrage Société Radio-Canada

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