- il y a 9 heures
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Beaucoup de Français de l’étranger ont dû rentrer en France à cause de la pandémie de Covid-19. Souvent sans pouvoir dire au revoir à leur vie d’avant, comme Nina, 26 ans. Elle témoigne dans Code source.
Notre article, ici : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/la-pandemie-l-a-forcee-a-quitter-en-urgence-la-colombie-on-a-eu-24-heures-pour-demenager-02-06-2020-8328564.php
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:10Plus de 2,5 millions de Français vivent à l'étranger.
00:14Avec l'épidémie de coronavirus, beaucoup d'entre eux ont quitté brutalement leur pays d'adoption pour rentrer en France.
00:21Un départ décidé parfois en quelques heures, sans même dire au revoir aux amis ou aux collègues.
00:27Il serait des centaines de milliers dans ce cas, ces hommes et ces femmes, dont la vie a basculé, sont
00:33aujourd'hui dans l'incertitude.
00:35Nina, qui vivait en Colombie, témoigne au micro de Claudia Prolongeau.
00:45Nina a 26 ans. Depuis le mois de mars, elle est en Allemagne, chez ses beaux-parents,
00:50où elle a atterri en urgence après avoir quitté en quelques heures la Colombie.
00:55A Medellin, elle vivait avec Félix, rencontrée 6 ans plus tôt en Erasmus.
01:00J'ai toujours voulu me rapprocher du milieu un peu hispanophone, etc.
01:07J'ai éprouvé vite le besoin d'être dans un contexte géographique où je suis dans la rue
01:12et autour de moi on ne parle pas français mais on parle espagnol.
01:15C'est quelque chose que j'attendais depuis des années.
01:16Et du coup, en troisième année de licence que je faisais à Rennes,
01:22je suis allée en échange Erasmus à Bilbao, au Pays Basque en Espagne.
01:27C'est là que j'ai rencontré Félix, avec qui je suis actuellement depuis 6 ans, bientôt 7.
01:33C'était mon coloc.
01:35Et donc, moi j'avais toujours envie, c'était un petit peu un rêve d'aller en Amérique du Sud,
01:42mais pas en vacances quelques semaines,
01:44mais vraiment m'implanter dans un endroit où je pourrais vraiment découvrir la culture et la vivre.
01:56L'histoire entre Félix et Nina commence donc en 2013.
01:59S'en suivent quelques années d'aller-retour entre la France et l'Allemagne,
02:02où Félix vit et poursuit ses études d'économie internationale.
02:06Nina, elle, est à Strasbourg et fait un master en sociologie de l'action sociale.
02:11En 2018, ils ont enfin tous les deux terminé leurs études.
02:15En fait, moi j'ai eu un contrat assez significatif pour ma carrière professionnelle,
02:20juste après mon master.
02:21Pendant 2-3 ans, je travaillais dans une ONG de développement international.
02:26Et donc, j'avais eu quand même une expérience qui faisait que je pouvais trouver du travail un peu plus
02:32facilement.
02:33Et Félix, lui, il sortait de ses études.
02:35L'objectif pour lui, c'était d'avoir un poste fixe dans un pays d'Amérique centrale, surtout,
02:41pour pouvoir partir à l'aventure et qui pourrait aussi justifier d'une expérience significative pour lui,
02:47travailler plus tard pour sa carrière professionnelle.
02:51Puis moi, mon objectif, c'était de trouver un travail sur place, mais sans trop se stresser.
02:57Assez vite, les choses tournent bien et Félix trouve un emploi au Panama.
03:01Mais pour occuper ce poste dans une entreprise française,
03:04il faut qu'il soit formé à Lyon pendant un an.
03:06Le couple part donc s'installer là-bas
03:08et attend une autre opportunité pour l'Amérique centrale ou du Sud.
03:12On a vécu un an à Lyon, en 2018-2019,
03:16et c'est en janvier 2019 qu'on a appris qu'on allait partir en Colombie.
03:22Moi, j'ai eu une opportunité de contrat six mois avant qu'on parte à Medellin.
03:28Il y avait une certaine rumeur comme quoi c'était une ville, un peu la ville des possibles,
03:33où tu peux facilement monter quelque chose.
03:36Et donc nous, ça nous attirait un peu.
03:39Finalement, je n'ai pas eu ce poste-là.
03:40Et puis, en fait, on a dit, bon, on reste sur l'idée de Medellin quand même.
03:43Et donc le travail de Félix a dit,
03:46OK, c'est bon, la Colombie, six mois après, on est partis.
03:50Je ne savais pas trop trop ce qu'il y avait comme possibilité d'emploi en Colombie.
03:55Du coup, j'ai fait un visa travail-vacances
03:59pour ne pas avoir le stress de trouver tout de suite un emploi, etc.
04:03Mais plus de prendre un petit peu la température, de rencontrer des gens.
04:07Et puis en Colombie, tout se fait un peu par le bouche-à-oreille.
04:12On a attendu franchement un an pour pouvoir partir en Colombie.
04:16Il y avait toujours des imprévus de dernière minute,
04:19au niveau du travail de Félix, au niveau des papiers.
04:23Enfin, c'était assez chaotique.
04:24Et enfin, quand on est partis en mai 2019, c'était un peu la libération.
04:32En mai 2019, Nina et Félix prennent l'avion avec toutes leurs appréhensions.
04:37On avait quand même beaucoup d'échos des gens qu'on connaissait
04:40qui étaient partis à Medellin et qui disaient, mais c'est incroyable.
04:43Et en fait, ça avait l'air facile, entre guillemets.
04:47Après, c'est sûr qu'il y avait une appréhension un petit peu,
04:51parce que Medellin, tout le monde, surtout la génération de mes parents,
04:55connaît Medellin dans le sens cartel de Medellin, la drogue, etc.
05:00Nos proches nous disaient, mais pourquoi tu vas à Medellin ?
05:02On s'est dit, en fait, on va y aller, on va voir ce qu'il se passe.
05:05Et si ça craint vraiment trop, dans ce cas, on changera de pays.
05:10Mais on s'est dit, si on n'y va pas nous-mêmes sur place
05:12et qu'on n'expérimente pas la vie quotidienne,
05:15on ne pourra pas se faire une idée propre.
05:19On a fait, avant de partir, quelques colocs.
05:22On était sur Lyon, il y avait pas mal d'événements culturels
05:25autour de Medellin, la Colombie, etc.
05:27Et ça nous a un petit peu refroidis,
05:30parce que c'est vrai qu'il y a un passé historique qui est très violent.
05:35On ne savait pas trop où on mettait les pieds.
05:39Il faut savoir que du coup, Félix est allemand.
05:41Moi, je suis bretonne, donc c'est un peu le grand écart.
05:43On a laissé des affaires chez nos parents respectifs.
05:47Et on a déménagé très très vite de Lyon.
05:49Et deux jours après, même pas, on était dans l'avion.
05:53On était dans le feu de l'action, etc.
05:55Et on est arrivés et on se donnait dix jours pour chercher un appart
05:59et vraiment s'installer.
06:01On était un peu façonnés par tout ce qu'on avait entendu, etc.
06:06Et on était méfiants alors qu'il n'y avait pas forcément de raison.
06:09Nina et Félix trouvent un appartement dans les dix jours qu'ils se sont donnés.
06:13Et Nina commence à travailler elle aussi.
06:15D'abord pour une association franco-colombienne,
06:17puis pour une agence de voyage où elle est interprète
06:20et fait visiter aux touristes un quartier en particulier,
06:23autrefois gangréné par le trafic de drogue
06:25et qui renaît grâce au street art.
06:28Assez rapidement, la question du visa revient sur la table.
06:31Moi, j'avais un visa d'un an.
06:33Félix avait un visa de deux ans,
06:35qui était renouvelable.
06:38L'entreprise avec qui je travaillais, l'agence de voyage,
06:41m'avait proposé de me faire un visa de travail
06:44après mon visa de travail-vacances
06:46pour qu'on puisse rester autant de temps qu'on voulait.
06:49Et en fait, pour faire un visa de travail
06:52après un visa de travail-vacances,
06:55je ne le savais pas,
06:56mais en gros, il faut de toute manière
06:59faire la demande de visa depuis ton pays de résidence normal.
07:03Il fallait absolument que je rentre en France
07:05pour pouvoir être plus longtemps en Colombie.
07:08Et donc, c'était le plan, en avril 2020, là,
07:12de rentrer en France,
07:13de faire ma demande de visa de travail
07:14avec le soutien de l'agence de voyage
07:16pour laquelle je travaillais.
07:19Et en fait, ça a été complètement stoppé
07:21par le coronavirus.
07:31Dès février, Nina et Félix se voient,
07:34mais de loin, progresser le coronavirus dans le monde.
07:37Le visa de Nina doit expirer mi-mars
07:39et elle sent que le plan initial commence à vaciller.
07:43Il fallait toujours veiller à toutes les normes
07:46et toutes les règles et toutes les lois
07:47qui passaient en Colombie
07:49pour voir un petit peu
07:50comment on pouvait ajuster notre plan.
07:53Je m'étais dit,
07:54bon, je ne peux pas rentrer en France,
07:55on va attendre que tout ça, ça passe.
07:57Je vais aller au Panama,
07:59je vais aller à l'étranger,
08:00je vais annuler mon visa
08:02et je vais revenir en tant que touriste.
08:09En tant que touriste,
08:10tu peux être trois mois,
08:11renouvelable une fois,
08:12sur le territoire colombien,
08:14pendant un an.
08:16Donc en théorie,
08:16je pouvais rester six mois
08:17sur le territoire colombien
08:19encore tranquillement.
08:21Et puis finalement,
08:24à la mi-mars,
08:25le président colombien a annoncé
08:29que seuls les ressortissants colombiens,
08:32donc les gens de nationalité colombienne
08:33et les personnes ayant le statut de résident
08:37pouvaient sortir et rentrer
08:39sur le territoire colombien,
08:40mais les autres, non.
08:42Si Nina quitte le pays,
08:43elle ne pourra donc plus y rentrer,
08:45mais si elle y reste,
08:46après l'expiration de son visa
08:48deux semaines plus tard,
08:49elle y sera illégalement.
08:51Si moi, j'étais illégale,
08:53je ne savais pas trop
08:54quelles étaient les conséquences
08:56d'un point de vue médical,
08:58parce qu'il faut savoir quand même
08:59que le système médical en Colombie,
09:01il n'est pas horrible,
09:03mais en gros,
09:04si tu as de l'argent,
09:05tu es soigné, quoi.
09:07Clairement.
09:07Et tu es bien soigné.
09:08Si tu n'as pas d'argent,
09:09c'est un peu plus compliqué.
09:11Et moi, j'avais fait déjà
09:12quelques petits séjours à l'hôpital
09:14et je me suis dit,
09:16si je n'ai pas de couverture
09:18ou si je n'ai pas de moyens
09:19pour avancer mes soins,
09:21c'est quoi le plan,
09:22sachant que les hôpitaux
09:24risquaient d'être overbookés
09:26comme en France,
09:27à cause du Covid.
09:28J'ai essayé de négocier
09:30avec la migration,
09:31savoir s'il n'y avait pas
09:32des mesures exceptionnelles
09:33pour prolonger des visas
09:36ou permettre un renouvellement
09:38plus facile.
09:40Mais la migration était très...
09:43Ils avaient des mots d'ordre
09:44et en gros,
09:45c'était très obtus, quoi.
09:48Et ils m'ont clairement dit,
09:49écoutez,
09:50les aéroports ferment cette semaine.
09:52Si vous voulez partir,
09:54c'est maintenant.
09:55On a eu du mal
09:56à prendre la décision
09:57dans le sens où,
09:58quand on a appris cette nouvelle
10:00qui fermait toutes les frontières,
10:02on a fait nos valises
10:03sans y croire.
10:05J'ai préféré être prévoyante
10:06en me disant,
10:07OK,
10:07peut-être que demain
10:08ou après-demain,
10:09il va falloir partir en urgence.
10:11Donc,
10:12mieux vaut faire les valises.
10:13On était quand même
10:14dans notre appartement
10:15depuis un an.
10:16On avait des photos,
10:18on avait des plantes.
10:19Enfin, bon...
10:20Du coup,
10:20on a fait
10:21toutes nos valises
10:22en une nuit.
10:24Et le lendemain,
10:25j'avais prévu
10:25d'aller à la migration
10:26pour essayer de négocier,
10:27pour voir ce qui était possible
10:29de faire.
10:30Et finalement,
10:31on m'a dit
10:31que ce n'était pas possible
10:32de rester en Colombie
10:35avec un autre visa
10:36ou avec une solution
10:37au moins légale.
10:39Et j'ai aussi contacté
10:41l'ambassade de France
10:42qui était complètement...
10:45C'était assez surréaliste
10:46les appels que j'ai passés
10:48à l'ambassade de France
10:49à ce moment-là
10:49parce que je pense
10:50qu'ils n'étaient pas prêts
10:51à gérer tout ça.
10:52Il y avait quand même
10:53vachement de Français
10:53en Colombie.
10:54Il y en a encore
10:55beaucoup aujourd'hui
10:56qui ne sont toujours pas rentrés.
10:58Et en fait,
10:59on m'a clairement dit
10:59on ne peut pas répondre
11:00à vos questions
11:01mais on a un seul conseil
11:03à vous donner
11:04si vous pouvez rentrer
11:05aujourd'hui ou demain,
11:07courez quoi.
11:08Le 16 mars,
11:09moins de 24 heures
11:10après avoir commencé
11:10leur valise,
11:12Félix et Nina
11:12quittent donc la Colombie
11:13par l'un des derniers avions
11:15pour l'Allemagne.
11:15On sentait vraiment
11:16un décalage
11:17entre nos proches
11:18qui étaient stressés
11:19ou qui étaient préoccupés
11:21et nous,
11:23en mars,
11:24il y avait 3 cas
11:26à Medellin.
11:27Donc,
11:29notre quotidien
11:30n'était pas impacté.
11:32Le moment
11:33où je m'en suis rendu compte
11:34réellement,
11:35c'est quand on était
11:36à l'aéroport
11:37pour rentrer en Europe
11:38et qu'il fallait avoir
11:40des masques,
11:40des gants,
11:41etc.
11:42Françaises,
11:42Français,
11:43mes chers compatriotes.
11:44On a regardé
11:45le discours du président Macron
11:46le 16 mars,
11:48presque dans l'avion
11:49en fait,
11:50qui allait décoller
11:50pour Bogota
11:51et on a été choqués
11:53en entendant...
11:54Dès demain midi,
11:56les frontières
11:57à l'entrée
11:58de l'Union européenne
11:59et de l'espace Schengen
12:01seront fermées.
12:03C'est là vraiment
12:04qu'on a pris conscience
12:05que c'était
12:07quelque chose
12:08de réellement
12:08de mondial.
12:09On savait qu'en Europe
12:10c'était là,
12:11on savait qu'en Italie,
12:12en Espagne et en France,
12:13ça commençait vraiment
12:14à craindre
12:15et à devenir
12:16assez compliqué.
12:17Il y avait le débat
12:18sur des couvre-feux
12:19qui allaient être mis,
12:20etc.
12:21Je sais qu'en France,
12:22il y avait eu
12:22énormément de mesures.
12:24On n'a pas eu
12:25d'entrée progressive
12:25dans le coronavirus,
12:27nous, en fait.
12:28C'était un peu bizarre.
12:30On est passé
12:30du tout autour.
12:43Depuis, Nina et Félix
12:45vivent à Fribourg
12:45chez les parents de Félix.
12:47Sans perspective
12:48et sans emploi pour elles,
12:50ils attendent de savoir
12:51comment leur vie
12:52peut évoluer.
12:53en un an,
12:54on a fait beaucoup de choses.
12:55En Colombie,
12:55on a visité
12:56et on a vécu
12:57des expériences incroyables,
12:59mais on n'a pas fait
13:01le quart de la moitié
13:01de ce qu'on voulait faire.
13:03Et la question se pose
13:04réellement de savoir
13:05combien de temps
13:06on va se permettre
13:07d'attendre comme ça
13:08et que je ne cherche
13:10pas forcément d'emploi.
13:11Parce que, clairement,
13:13si j'ai un contrat court
13:14et qu'on me dit
13:15dans deux semaines
13:16tu peux rentrer en Colombie,
13:17je vais rentrer en Colombie.
13:18C'est sûr.
13:19On ne peut rien construire ici
13:20et on ne peut pas
13:21construire là-bas.
13:22C'est un petit peu...
13:23On est en période
13:24de flottement intense là
13:26et on se demande vraiment
13:28à partir de quel moment
13:30on va décider
13:31la Colombie, c'est mort finalement.
13:33On est un peu pendus
13:35aux annonces ministérielles
13:38françaises.
13:39On espère secrètement
13:40pouvoir rentrer en 2020,
13:43mais j'avoue
13:44que c'est un peu compliqué.
13:46Officiellement,
13:47les aéroports colombiens
13:48ne seront pas ouverts
13:49avant fin août,
13:51début septembre.
13:52mais ça peut être prolongé.
13:55Et dans tous les cas,
13:56il faut qu'on rentre en Colombie
13:57parce qu'on a laissé
13:58beaucoup d'affaires
13:59dans la cave d'amis à nous.
14:02Puis moi,
14:02j'estime que
14:03on est parti un peu
14:04quand même comme des voleurs.
14:05On est parti en 24 heures.
14:07On n'a dit au revoir
14:08à personne.
14:09Moi, j'ai prévenu
14:10mes chefs
14:11que je ne viendrai pas
14:12travailler aujourd'hui
14:13parce que je suis
14:14dans un taxi
14:15pour l'aéroport.
14:18à Medellin,
14:19Nina et Félix
14:19ont vidé leur appartement
14:20mais décidés
14:21de continuer
14:22à payer le loyer
14:23en espérant pouvoir rentrer.
14:25Mais là aussi,
14:26ils ne savent pas
14:27combien de temps
14:27cette situation peut durer.
14:29Avec le recul,
14:30dans l'absolu,
14:31on aurait pu rester
14:32parce que finalement,
14:34la migration en Colombie
14:36a gelé
14:36tous les visas.
14:38Même les touristes
14:39qui sont sur place,
14:40ils ne sont pas forcément
14:41illégaux en fait.
14:43À l'heure actuelle,
14:44l'urgence sanitaire
14:46est décrétée
14:47jusqu'au 31 août
14:49officiellement
14:49et jusqu'à cette date,
14:51les étrangers
14:52sur le territoire
14:52qui avaient des visas
14:53ou des titres de visite
14:55peuvent rester légalement
14:57jusqu'à cette date-là.
14:58Mais au moment
15:00où on s'est posé
15:01la question,
15:02les personnes ressources
15:03qui étaient la migration
15:04et l'ambassade de France
15:05nous ont dit
15:06« fuyez ».
15:10Le gros problème
15:11en Colombie actuellement,
15:12c'est la crise économique
15:14qui s'ensuit
15:14de la crise du Covid.
15:17Et c'est vrai
15:17que les gens
15:17avec qui je travaillais
15:18dans ce quartier
15:20à Medellín,
15:21aujourd'hui,
15:22ce n'est plus
15:22des guides touristiques
15:23parce qu'il n'y a plus
15:23de tourisme,
15:24mais c'est des gens
15:25qui distribuent
15:26des denrées alimentaires
15:27parce que clairement,
15:29les gens ont faim
15:31et c'est ça
15:31qui m'inquiète le plus
15:32en fait.
15:34Et c'est un peu compliqué
15:35à gérer émotionnellement
15:36parce que
15:37j'aimerais bien
15:38pouvoir être
15:39sur place
15:40pour aussi
15:41donner un coup de main,
15:42aider,
15:43distribuer
15:44de la nourriture.
15:46Voilà,
15:46là je suis un peu
15:47dans ma tour d'ivoire
15:48en Allemagne.
15:49Pour l'instant,
15:50je suis d'une inutilité
15:52sociale incroyable
15:53et c'est ça
15:54qui me pèse le plus
15:55en fait.
15:59Claudia,
16:00ce qui est dur
16:00pour Nina,
16:01c'est qu'elle ne parle
16:02pas allemand.
16:03Oui,
16:03en effet,
16:04alors elle me disait
16:04qu'après les deux mois
16:05de confinement,
16:06elle parlait quand même
16:07un peu mieux allemand
16:07mais elle ne peut pas
16:08travailler là-bas
16:09donc c'est vrai que
16:10pour l'instant,
16:10elle est coincée là-bas
16:11et elle ne peut vraiment
16:12pas se projeter
16:12même si elle doit rester
16:13à Fribourg
16:14qui par ailleurs,
16:15elle me dit,
16:15est une très jolie ville
16:16et elle a de la chance
16:17d'être là-bas
16:17et elle a conscience
16:18qu'elle a eu un confinement
16:19beaucoup plus facile
16:20que d'autres gens
16:20et beaucoup plus agréable
16:21mais c'est quand même
16:22compliqué pour elle
16:23d'être là-bas.
16:23Est-ce qu'avec le début
16:24du déconfinement,
16:26elle va pouvoir rentrer
16:27en France ?
16:27Alors pour le moment,
16:28les frontières sont toujours
16:29fermées entre la France
16:30et l'Allemagne
16:31donc on ne peut pas passer
16:31d'un pays à l'autre
16:32mais Edouard Philippe,
16:34le Premier ministre,
16:34a dit qu'elle pourrait
16:35rouvrir le 15 juin
16:37donc Nina va attendre
16:38d'avoir le droit
16:39de venir en France
16:40et effectivement,
16:41dès que ce sera le cas,
16:41elle viendra ne serait-ce
16:42que pour voir sa famille.
16:43Mais quand on l'écoute,
16:44on sent qu'elle est très attachée
16:45en fait à son pays d'adoption,
16:47la Colombie.
16:47Oui, vraiment,
16:48son objectif aujourd'hui,
16:50c'est de retourner en Colombie.
16:52Malheureusement,
16:52plus le temps passe
16:53et plus elle se dit
16:54que ça risque d'être
16:56très compliqué
16:57et peut-être même impossible
16:58donc elle se fait doucement
17:00à l'idée
17:00qu'elle pourrait ne pas y retourner
17:02mais bon,
17:02clairement,
17:02c'est son objectif
17:03pour l'instant
17:04de repartir vivre là-bas.
17:09Merci Claudia Prolongeau
17:10et merci à Caroline Piquet
17:12pour son aide.
17:17Code Source
17:17est le podcast
17:18d'Actualité du Parisien
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17:35et Myrène Garay-Coechea
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