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Coronavirus. La planète tourne au ralenti. Les banques centrales injectent des centaines de milliards d’euros pour essayer de limiter les dégâts. Récit d’une crise qui ne fait peut-être que commencer.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11L'urgence, c'est de contenir le nouveau coronavirus. Mais peut-être que dans dix ou vingt ans,
00:17on se souviendra surtout de la crise économique de 2020, provoquée par une pandémie. La planète
00:23tourne au ralenti, les banques centrales injectent des centaines de milliards d'euros pour essayer
00:27de limiter les dégâts. Comment un virus a mis à genoux l'économie mondiale ? Récit de quatre
00:34journalistes du service éco du Parisien. Aurélie Lebel, Delphine Denuit, Erwan Bénézé et Vincent Verrier.
00:50Erwan Bénézé, fin décembre, le virus apparaît dans la province de Hubei. Le 23 janvier, la ville de Wuhan
00:56est placée en quarantaine ainsi que 16 autres villes dans son sillage. C'est pas rien de placer une ville
01:03comme Wuhan en quarantaine parce qu'elle compte 11 millions d'habitants. 11 millions d'habitants,
01:08c'est pratiquement toute l'île de France. Alors quand on voit aujourd'hui combien c'est compliqué pour le
01:13gouvernement français de confiner la population française, on peut imaginer ce que ça représente
01:18quand on confine plusieurs dizaines de millions d'habitants. Les habitants dans cette région doivent
01:23rester chez eux et les usines sont à l'arrêt. Pratiquement du jour au lendemain, les Chinois ne
01:28peuvent plus se déplacer pour effectuer leurs achats et donc les magasins sont fermés. On peut imaginer,
01:34on aurait pu imaginer que ces mêmes Chinois allaient faire leurs achats sur internet sauf qu'à un moment ou
01:39un autre les produits il faut bien les livrer ce qui est là aussi totalement interdit et donc il n
01:43'y a plus
01:43aucun échange commercial. Et puis se succède à ce choc de la demande, un choc de l'offre puisque
01:49effectivement la plupart des usines sont mises à l'arrêt. Alors des usines soient locales,
01:53des usines chinoises mais aussi bien souvent des usines qui sont en co-entreprise, en partenariat
01:57avec des usines étrangères elles aussi mises à l'arrêt. Des entreprises comme Apple par exemple,
02:03Fiat Chrysler ou Adidas. Des grands groupes français aussi sont implantés sur place ? Dans l'industrie
02:08automobile par exemple je pense à PSA qui a fait de Wuhan sa base depuis les années 90,
02:13Renault est arrivé plus récemment au mi-temps des années 2010. Donc à partir du moment où ces
02:17usines sont à l'arrêt, on peut imaginer effectivement que l'impact économique est très
02:21lourd. On a aussi des équipementiers comme Valeo, équipementier automobile qui compte 34 usines là-bas.
02:28L'épidémie fait trembler les acteurs du monde économique. Télévision, téléphone,
02:32pièces pour l'industrie automobile, tout cela est fabriqué dans des usines chinoises,
02:36puis exporté, y compris vers la France, des usines pour certaines avarées.
02:40Vincent Verrier, vous êtes spécialiste transport aux Parisiens. Les compagnies aériennes réagissent
02:45comment à cette mise en quarantaine ? Eh bien elles réagissent six jours après,
02:48on est le 29 janvier, et là on a une première compagnie européenne, British Airways, qui est un poids
02:53lourd du secteur, qui décide dans la matinée de suspendre tous ses vols en direction de la Chine.
02:58Et c'est une décision qui va avoir un effet domino puisque dans la journée, dans l'après-midi,
03:02la Lufthansa, qui est une grosse compagnie allemande, va également décider de suspendre ses vols.
03:07Et puis il y aura notre compagnie nationale, donc Air France, qui va suivre.
03:10Il n'y aura pas un blocage complet des vols vers la Chine, puisqu'il va falloir rapatrier
03:15tous ces Français ou tous ces Européens bloqués en Chine. Mais assez rapidement,
03:18en quelques jours, les liaisons entre l'Europe et la Chine seront bloquées.
03:22Ils portent un masque sur le visage. Ce sont les passagers du dernier vol en provenance de Wuhan.
03:27L'avion a eu le temps de décoller juste avant le confinement de la ville chinoise.
03:30Il est désormais impossible pour les Français sur place de quitter Wuhan, où la situation est anxiogène.
03:38Erwan Benezé, dès les premières semaines de crise, le secteur pétrolier est également touché ?
03:44Alors il est touché pour une loi économique très simple qui est celle de l'offre et de la demande.
03:48À partir du moment où il y a un ralentissement économique, il y a une baisse de la demande qui
03:52provoque une baisse des prix.
03:54Aurélie Lebel, les craintes se généralisent concernant la croissance économique mondiale ?
03:58Les investisseurs ont très peur parce qu'ils se rendent bien vite compte qu'il y aura des problèmes d
04:02'approvisionnement dans les semaines ou les mois qui viennent,
04:04que ce soit dans le secteur automobile, l'équipement high-tech ou encore le textile.
04:08À ce moment-là, à Bercier, dans l'entourage du ministre de l'économie, les gens gardent leur calme, ils
04:13essaient en tout cas de garder leur calme.
04:14Mais on nous dit à mot couvert que la Chine pèse pour un cinquième du PIB mondial et que donc
04:20clairement, il y aura un impact important pour notre économie.
04:22Et d'autres pays connaissent la même situation que la Chine ?
04:25Le Japon, en fait, il est déjà dans une situation économique qui est très difficile. Il a eu un dernier
04:30trimestre 2019 catastrophique.
04:31Et alors là, l'impact du coronavirus est très important pour lui. Il rentre complètement en récession.
04:36Et en Allemagne aussi, il y a une vraie crainte parce que c'est aussi un pays qui tient beaucoup
04:40sur l'export.
04:41Et s'il y a un repli des échanges, clairement, son économie est en danger.
04:45Le 16 février, le Fonds monétaire international, le FMI, abaisse sa prévision de croissance mondiale pour 2020.
04:52Oui, en effet, la directrice du FMI, qui prévoyait jusqu'ici une croissance mondiale à 3,3%, dit qu'il
04:58est possible qu'elle soit de 3,2% ou 3,1%.
05:01Mais en fait, la directrice du FMI dit « Reposez-moi la question dans 10 jours, on verra ».
05:05Parce qu'en fait, tout dépend de la capacité de la Chine à limiter l'épidémie.
05:09Quelques jours plus tard, le 27 janvier, l'OMS admet une erreur d'évaluation du coronavirus et porte la menace
05:16à élever au niveau international.
05:19Les premiers cas viennent d'être recensés aux Etats-Unis et en France.
05:23Delphine Denuit, la Bourse de New York, subit sa plus mauvaise journée en plus de 3 mois.
05:28Oui, tout à fait. On voit le Dow Jones reculer d'un et demi pour cent.
05:33Le Standard & Poor's et le Nasdaq, à peu près pareil.
05:37Seconde, journée consécutive de baisse suite aux craintes d'extension du coronavirus.
05:42Et surtout, ces deux journées de baisse interviennent après 8 semaines de hausse et des records historiques en mois de
05:47janvier en termes de cotation.
05:49Donc du coup, évidemment, on prend conscience de l'ampleur du coronavirus, en tout cas sur les marchés américains.
05:55Et ça commence à faire trembler un petit peu les cotations.
05:59En France, quelles actions notamment baissent à ce moment-là ?
06:02Les actions qui ont trait au voyage, au tourisme, au loisir.
06:06Dans l'aérien, par exemple, il y a Air France-KLM qui recule de 5%.
06:09Dans le luxe, Hermès qui recule de 2%.
06:12Les matières premières Valorec de 6%.
06:15C'est évidemment un gros décrochage.
06:19Aurélie Lebel, quelles sont les conséquences en France ?
06:22En France, on se rend compte que, clairement, c'est un petit peu l'omerta dans les grands magasins.
06:25On ne veut pas donner de chiffres.
06:27Les Chinois qui représentent une part très importante des touristes à ce moment de l'année ne sont pas venus
06:32à Paris et en France.
06:33Des touristes chinois de plus en plus rares dans la capitale.
06:36Les conséquences du coronavirus se font déjà sentir.
06:39Les hôteliers, ils enregistrent déjà entre 20 et 30% d'annulations selon les jours.
06:43Il y a des annulations de salons en pagaille, notamment au Bourget.
06:46Il y a un énorme salon du textile qui est obligé d'être annulé.
06:52Le 21 février, les fédérations professionnelles du tourisme ou encore du secteur aérien sont convoquées une première fois au ministère
06:59de l'économie.
07:00Ces secteurs-là annoncent déjà des centaines de millions d'euros de chiffre d'affaires en moins.
07:03C'est colossal.
07:04Bruno Le Maire les reçoit à Bercy et à ce moment-là, il relance des aides qui ont déjà été
07:11ouvertes ces derniers mois au moment des Gilets jaunes.
07:13Ça peut être par exemple un étalement de paiement des charges sociales et fiscales, une garantie de crédit par la
07:19banque publique d'investissement à hauteur de 40%.
07:21À ce moment-là, il commence aussi à parler du recours aux chemarches partiels.
07:25C'est des aides aux entreprises.
07:29Aurélie Lebel, le 25 février en France, les prévisions de croissance sont revues à la baisse.
07:34La Banque de France annonce qu'elle va réviser sa trajectoire de croissance.
07:38Au départ, elle prévoyait 1,1%.
07:40Mais en fait, à ce moment-là, elle ne donne pas de chiffres probablement pour ne pas paniquer les marchés.
07:45Et dans la foulée, Bercy estime aussi que la trajectoire de croissance qui est prévue par le gouvernement, qui n
07:49'est pas tout à fait la même.
07:50Eux, ils prévoient 1,3% de croissance en 2020.
07:53Elle ne tiendra pas et qu'il y aura au moins un repli de 0,1%.
07:57Donc on sera plutôt autour de 1,2%.
07:59Aurélie Lebel, d'autres secteurs commencent à être en difficulté ?
08:03Il y a des secteurs peut-être moins stratégiques, mais on se rend compte qu'il va y avoir des
08:07problèmes d'approvisionnement dans les semaines ou les mois qui viennent.
08:10Par exemple, dans le secteur du textile, dans le secteur de l'électrotechnique, de l'automobile.
08:14Et il y a un autre secteur qui inquiète énormément Bercy.
08:17C'est le secteur des médicaments, en fait, on se rend compte qu'on a une forte dépendance par rapport
08:22à la Chine, que c'est un secteur extrêmement stratégique pour nous.
08:26Et qu'en fait, 80% des principes actifs de nos médicaments qui sont vendus dans les pharmacies, en fait,
08:30ils sont fabriqués en Chine.
08:32Et ça, c'est un vrai souci que Bruno Le Maire met sur la table.
08:36Le coronavirus n'a pas que des conséquences sur le tourisme.
08:39L'économie est touchée dans sa globalité, car avec une Chine au ralenti, de nombreuses usines sont à l'arrêt.
08:47Delphine de nuit, pendant toute cette semaine du 24 au 28 février, les marchés financiers continuent de baisser.
08:54Le CAC 40 a chuté de près de 4% lundi dernier.
08:57Ça constitue en réalité le deuxième coup de semence, avec cette fois-ci une baisse généralisée sur l'ensemble d
09:03'une semaine,
09:03la semaine du 24 au 28 février, qui va solder la pire performance hebdomadaire du démarché financier depuis 2008.
09:11Le CAC 40 qui va accuser une baisse d'à peu près 11-12% sur l'ensemble de la
09:16semaine, c'est énorme.
09:20Le nombre de contaminations augmente en France.
09:23Tous les rassemblements de plus de 5000 personnes en milieu confiné sont annulés.
09:27Et là, du coup, Erwan Benezé, ça touche toutes sortes de secteurs et de petites entreprises dans le pays.
09:31C'est tout le tissu économique qui est touché.
09:34C'est le monde du spectacle, le monde de la culture, le monde des sports,
09:37puisqu'on annule des rencontres ou alors on les organise à huis clos.
09:41L'événementiel, tout le tissu économique français est à ce moment-là touché.
09:49Aurélie Lebel, le 3 mars, le ministre de l'économie Bruno Le Maire réunit à Bercy les acteurs économiques,
09:55syndicats, patronats, organisations professionnelles.
09:58Et après la réunion, son ton est solennel.
10:01Je pense qu'il faut en la matière garder sans froid essence des responsabilités
10:07pour éviter toute panique économique sur les marchés.
10:11Il est extrêmement grave ce jour-là.
10:13Il dit l'impact sera fort pour l'économie.
10:15C'est un peu la première fois qu'il le dit.
10:17Il liste des secteurs qui sont déjà lourdement impactés,
10:20comme l'hôtellerie, le tourisme, la restauration, l'événementiel.
10:23Et il remet sur la table toutes les aides qu'il a déjà annoncées il y a quelques jours.
10:27Cette fois-ci, la garantie de crédit par la BPI n'est plus de 40%, mais de 70%.
10:32Et il dit aussi que le coronavirus, c'est un cas de force majeure.
10:36Et ça veut dire clairement que les pénalités de retard dans les contrats qui sont passés
10:39avec les marchés publics ne doivent pas entrer en vigueur.
10:43Le même jour, Delphine Denuit, la Banque Centrale Américaine,
10:46abaisse ses taux directeurs.
10:48Ça veut dire quoi d'un mot ?
10:49Ça signifie que la Fed donne une bouffée d'oxygène en permettant d'emprunter un moins cher.
10:54Et donc la Fed abaisse ses taux directeurs et elle le fait fortement ?
10:58Fortement, oui, tout à fait.
10:59C'est 0,5 points, c'est énorme.
11:01On ne s'y attendait pas en plus.
11:02Suite à cette décision, comment se comportent les bourses ?
11:05Plutôt bien, évidemment.
11:07C'est une bonne nouvelle, c'est une bouffée d'oxygène.
11:09Alors évidemment, elle termine plutôt positivement.
11:11Erwan Bénézé, l'OPEP, l'organisation des pays producteurs, se réunit à Vienne le 5 mars.
11:17Elle se réunit et puis le lendemain, elle réorganise une réunion élargie
11:22avec 10 autres pays non membres de l'OPEP, ce qu'on appelle l'OPEP+, dont la Russie.
11:27Et en fait, les trois poids lourds du secteur, les Etats-Unis,
11:30qui depuis 2017 est le premier pays producteur de pétrole mondial grâce au pétrole de schiste,
11:36l'Arabie Saoudite, qui est le premier pays exportateur,
11:38et la Russie n'arrive plus à s'entendre sur les volumes de production.
11:42Et donc finalement, chacun défend son bout de gras et ils inondent les marchés de leur baril.
11:47Et donc là, trop d'offres, ça accentue la chute des prix.
11:51Alors avec un impact à venir d'abord sur l'environnement, puisqu'il y aura plus de pétrole,
11:55les énergies renouvelables qui deviennent de moins en moins compétitives,
11:59et puis des pays qui sont directement touchés, les plus dépendants à l'or noir.
12:02Je pense par exemple à l'Iran ou l'Irak au Moyen-Orient,
12:04à l'Algérie, la Libye en Afrique, encore le Venezuela en Amérique du Sud.
12:08Concrètement, le prix du baril a chuté dans quelle mesure, Erwan Benezé ?
12:12Alors c'est la pire chute depuis la première guerre du Golfe en 1991.
12:16Juste avant la crise de 2008, le prix du baril de pétrole avait dépassé,
12:21c'était historique, les 140 dollars.
12:23Début janvier de cette année, on était à 68 dollars.
12:26A partir du moment où on a connu la crise du coronavirus,
12:31le prix de ce baril n'a cessé de baisser,
12:34et aujourd'hui, le prix du baril de pétrole tourne autour de seulement 30 dollars.
12:39Delphine Denuit, ça se complique.
12:41Tous les marchés dégringolent.
12:44Le CAC 40 clôture à moins 4%,
12:46mais c'est surtout les pétrolières,
12:47toutes les valeurs pétrolières, Valourec, moins 10%,
12:50c'est un bain de sang, c'est un bain de sang.
12:53Et c'est suite évidemment à l'effondrement du cours du brut.
12:56Une fois le week-end passé, la dégringolade continue sur le marché.
13:00Le lundi 9 mars est un lundi noir.
13:03Traders sous le choc à la bourse de New York.
13:08La fièvre du coronavirus a gagné les marchés financiers.
13:12Après le cours du pétrole,
13:13ce sont les bourses du monde entier qui se sont effondrées.
13:16C'est vraiment un lundi noir à partir du moment
13:18où on cumule un krach pétrolier avec un krach boursier.
13:21Les marchés américains ouvrent leurs portes
13:23et là, c'est la débandade, la débâcle.
13:26Dès les premières minutes,
13:27les trois indices boursiers dégringolent.
13:30Mais alors dégringolent, c'est la chute libre
13:32de plus de 2000 points et de plus de 7%.
13:35Donc les coupe-circuits,
13:37qui sont ces systèmes automatiques
13:38de suspension de cours pendant 15 minutes,
13:40se mettent en route.
13:41Ils se mettent en route très rarement
13:43et ils s'appliquent simultanément sur les trois indices ce jour-là.
13:46Quel est le bilan de la journée ?
13:49Catastrophique dans le sens où le CAC 40 est en baisse de 8%,
13:51le Dow Jones de 7%,
13:53mais c'est surtout que depuis le début de l'année,
13:55on décroche de plus d'une vingtaine de pourcents.
13:59Deux jours plus tard, le mercredi 11 mars,
14:02l'OMS parle pour la première fois de pandémie.
14:04L'institution dénonce la faiblesse de la réaction des États.
14:08Le lendemain, la présidente de la Banque Centrale Européenne,
14:10Christine Lagarde, annonce une série de mesures
14:12dont un programme de prêt pour les petites entreprises.
14:15Mais Aurélie Lebel, ces mesures sont aussitôt critiquées.
14:18Oui, en effet, c'était des annonces qui étaient extrêmement attendues
14:21par les marchés et par tous les spécialistes,
14:24les gouvernements, etc.
14:25Et en fait, tout le monde est très déçu.
14:27Tout le monde trouve que ce sont des décisions
14:29en demi-teinte qui sont totalement insuffisantes.
14:31On attendait beaucoup plus.
14:33Les marchés estimaient qu'elles feraient comme la Banque Centrale Américaine,
14:36qu'elles baisserait les taux.
14:36Ce n'est pas le cas.
14:38Et en fait, Christine Lagarde, elle a un discours assez angoissant
14:41et elle renvoie les pays européens à leurs responsabilités
14:43et elle dénonce leur lenteur et leur complaisance.
14:46Et ça, ça effraie totalement les marchés qui commencent à s'effondrer.
14:52La propagation du coronavirus a été un choc majeur
14:56pour les perspectives de croissance de l'économie mondiale
14:59et de l'économie de la zone euro.
15:03Elle a accentué la volatilité des marchés.
15:06Elle aura un impact important sur l'activité économique.
15:10Juste après Delphine Denuit,
15:11les bourses mondiales s'effondrent à nouveau.
15:13Le 12 mars, c'est la plus forte chute des marchés financiers
15:17depuis le lundi noir d'octobre 1987.
15:21On touche le fond, c'est-à-dire que...
15:23Enfin, espérons que ce soit le fond,
15:26mais en tout cas, ce 12 mars,
15:27c'est un vent de panique qui s'empare des marchés financiers mondiaux.
15:31Le CAC 40 décroche carrément de 12%.
15:33Comme vous l'avez dit, c'est la pire chute de l'indice
15:36depuis sa création en 1987.
15:39Les Américains, quelques heures plus tard à l'ouverture,
15:41dès l'ouverture, cèdent aussi à la panique.
15:44Avec un Dow Jones qui décroche, lui, de 10%.
15:46Et c'est sans doute lié à la décision de Trump
15:49d'interdire tout voyageur des 26 pays de l'espace Schengen
15:52sur le territoire américain.
15:58Vincent Verrier, le 12 mars,
16:01vous publiez dans Le Parisien un article
16:02sur les conséquences catastrophiques
16:04de cette crise pour le secteur aérien.
16:07Les conséquences vont être considérables.
16:09Il y a un seul chiffre à retenir,
16:11celui de 113 milliards de dollars.
16:13C'est la perte de chiffre d'affaires
16:15du secteur à cause du coronavirus.
16:17C'est une estimation qui a été faite
16:18par l'Association internationale du transport aérien
16:21qui regroupe la plupart des compagnies du monde.
16:23Selon Alexandre de Juniac,
16:24qui est président de cette association,
16:26ça correspond à ce qu'a perdu le secteur aérien
16:28pendant la crise de 2008.
16:30Et encore, ce n'est qu'une estimation,
16:32ça ne prend pas en compte le fret aérien.
16:34Donc c'est une estimation plutôt basse.
16:36Donc on peut attendre à un chiffre beaucoup plus élevé.
16:38Donc c'est très important, c'est considérable,
16:40c'est du jamais vu.
16:41Vincent Verrier, la crise est telle qu'en France,
16:44on commence même à parler d'une nationalisation d'Air France ?
16:47Oui, parce que la compagnie tricolore est en danger.
16:4990% du trafic interrompu,
16:52ça veut dire que les salariés d'Air France n'ont pas de travail,
16:54ça veut dire qu'il va falloir payer les salaires,
16:57mais il n'y aura pas d'entrée d'argent.
16:58La compagnie est en danger vis-à-vis de prédateurs financiers
17:01qui pourraient profiter de la situation
17:03pour racheter Air France à bas coût.
17:05Et donc assez rapidement,
17:06le gouvernement français a apporté certaines garanties,
17:09notamment celle de dire,
17:10écoutez, s'il faut monter au capital de l'entreprise,
17:12c'est-à-dire racheter des parts
17:13pour assurer une pérennité,
17:16une stabilité à la compagnie française,
17:18et bien l'État le fera.
17:19Alors, c'est une attention,
17:20c'est de bien montrer au marché
17:21que le gouvernement français ne laissera pas partir sa compagnie.
17:25C'est juste de montrer,
17:26attention, on est là,
17:27et s'il le faut, on le fera.
17:30Depuis le 15 mars, en France,
17:32beaucoup de commerces non essentiels sont fermés.
17:34Et depuis le 17 mars,
17:36la France est confinée.
17:38Aurélie Lebel,
17:39là, c'est presque toute l'économie française qui est touchée.
17:41Tous les commerçants,
17:43les restaurateurs,
17:44les artisans ont dû baisser le rideau.
17:47On a aussi énormément de salariés
17:49qui sont en télétravail,
17:50mais qui gardent leurs enfants,
17:51donc ce sera un télétravail
17:52beaucoup moins efficace
17:53qu'en temps normal.
17:55On a vraiment une économie
17:56qui est extrêmement ralentie.
17:58Et je ne parle même pas des transports en commun
18:00ou dans l'aérien, par exemple,
18:01où les vols sont quasiment tous annulés.
18:03Emmanuel Macron et le gouvernement
18:05martèlent qu'ils vont aider
18:06les entreprises touchées.
18:07Emmanuel Macron l'a dit plusieurs fois
18:09lors de son allocution télévisée du 12 mars.
18:11Il a dit « Quoi qu'il en coûte,
18:13nous aiderons les entreprises et les salariés ».
18:16S'agissant des entreprises,
18:18nous mettons en place
18:19un dispositif exceptionnel
18:21de report de charges fiscales et sociales
18:24et de garanties de l'État
18:25à hauteur de 300 milliards d'euros
18:27pour tous les prêts bancaires
18:29contractés auprès des banques.
18:31C'est de l'argent directement disponible
18:33pour essayer d'accompagner les entreprises
18:34et donc par ricocher les salariés.
18:37Et le 17 mars au matin,
18:38Aurélie Lebel,
18:39le ministre de l'économie Bruno Le Maire
18:41a parlé d'une croissance négative
18:44en France pour 2020.
18:45On est loin des 0,1% de replis
18:48qui ont été annoncés
18:49il y a plusieurs semaines.
18:51Là, cette fois-ci,
18:51on parle d'une croissance négative
18:53à moins 1%.
18:54Et encore, Bercy dit
18:55c'est provisoire.
18:56Donc, ça pourrait peut-être
18:58encore empirer.
18:59La France va entrer en récession ?
19:00Oui, c'est effectivement fort probable
19:03parce que quand on a deux trimestres
19:05avec un PIB en baisse,
19:06c'est la récession
19:07et a priori,
19:08c'est ce vers quoi se dirige la France.
19:10Aurélie Lebel,
19:11est-ce que c'est le début
19:12d'une crise économique
19:13qui va durer des années
19:14comme après la crise financière de 2008 ?
19:17C'est encore trop tôt pour le dire
19:18et tout dépendra
19:19de la durée de cette crise sanitaire.
19:21Si elle dure deux à trois mois,
19:24il est possible que non
19:25parce qu'à vrai dire,
19:26les entreprises ne vont pas forcément licencier,
19:29elles auront recours au chômage partiel
19:30et d'ici deux, trois mois,
19:32l'économie repartira.
19:34Certes, avec un déficit énorme,
19:36mais ça repartira
19:37et on ne sera pas dans un scénario
19:39comme en 2008.
19:40Par contre, si ça dure
19:41beaucoup plus longtemps,
19:42évidemment, on aura potentiellement
19:44des vagues successives de licenciement
19:46et là, on s'enfoncera
19:47dans une crise beaucoup plus compliquée.
19:57Merci à Aurélie Lebel,
19:59Delphine Denuit,
20:00Erwan Bénézé
20:01et Vincent Verrier.
20:02Code Source est le podcast
20:04d'actualité du Parisien,
20:05disponible chaque soir
20:06du lundi au vendredi.
20:08N'oubliez pas de vous abonner
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20:14Cet épisode de Code Source
20:16a été conçu et préparé
20:17par Marion Bottorel,
20:18production Stéphane Jeuneste,
20:20réalisation,
20:21Julien Moncouquiol.
20:22Et puis, n'hésitez pas
20:24à nous écrire,
20:24à nous envoyer directement
20:26vos retours,
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20:35Merci.

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