- il y a 9 heures
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Coronavirus. Dans les régions les plus touchées, les pompes funèbres sont en tension. Et l’épidémie bouleverse la façon dont on peut dire adieu à nos disparus. Témoignage.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le mardi 7 avril en France, le seuil des 10 000 morts du coronavirus a été franchi.
00:17Dans les régions les plus touchées, les pompes funèbres sont en tension
00:20et l'épidémie bouleverse la façon dont on peut dire adieu à nos disparus.
00:26Pour bien comprendre ce qui a changé, Codesource vous propose aujourd'hui le témoignage de Grégory Schmitt, 39 ans.
00:33Il gère une petite entreprise de pompes funèbres dans le Haut-Rhin.
00:36Claudia Prolongeau.
00:47Ponte funèbres, Marbrerie.
00:49Oui, bonjour Claudia Prolongeau du Parisien.
00:52Au début, Grégory Schmitt n'avait pas du tout prévu de s'exprimer dans les médias.
00:57Je travaille dans le secteur du funéraire depuis maintenant une vingtaine d'années
01:01et j'ai une entreprise de pompes funèbres depuis la mi-octobre 2019 sur Mulhouse.
01:10C'est une petite agence éturée, sobre, avec deux salles d'accueil famille
01:14et un bureau pour la partie administrative et une grande salle pour la partie exposition cercale,
01:20puisqu'il le faut aussi.
01:21Et puis le coronavirus a gagné du terrain.
01:24Le secteur du funéraire a lui aussi été touché de plein fouet
01:27et Grégory s'est dit que ça valait peut-être le coup de parler.
01:32Jeudi 2 avril, il a accepté que je l'appelle à l'heure du déjeuner.
01:39Quand cette histoire de coronavirus a démarré, on était un petit peu comme tout le monde,
01:45comme je pense que c'est le cas chez vous.
01:47On n'avait pas pris la mesure de ce qui allait se passer.
01:51Et plus le temps a commencé à passer et on a commencé à voir comment les choses se déroulaient,
01:57surtout ici sur Mulhouse, où on est devenu ce qu'on appelle un cluster,
02:02donc un bon foyer.
02:03On s'est rendu compte que c'était beaucoup plus grave que ce qu'on nous disait ou que ce
02:09qu'on en pensait.
02:10Alors pourquoi prendre la parole ?
02:13On est aujourd'hui à une augmentation de 38% de décès par rapport à l'an dernier sur le
02:19Rhin,
02:20ce qui est énorme.
02:21Donc c'est surtout peut-être, je ne sais pas, s'il y a une ou deux personnes,
02:25je me dis que c'est toujours ça de gagné,
02:26qui peut éviter de sortir pour rien ou peut-être être un petit peu plus attentif à ce qui se
02:32passe aujourd'hui.
02:33Parce que ce qui se passe, c'est grave.
02:35Et on perd beaucoup de gens qui peut-être ne seraient pas décédés maintenant
02:38et où les familles ont encore pu en profiter.
02:43Les quelques fois où j'ai demandé aux personnes travaillant dans des pompes funèbres
02:46comment elles en étaient arrivées là, la réponse a toujours été la même.
02:50Vous savez, le funéraire, on y vient par hasard et on y reste par passion.
02:54Quand j'arrivais à peine sur mes 18 ans, je venais de terminer ce qu'on appelait une mission d
02:59'intérim
03:00et je me suis retrouvé sans boulot avec ma petite amie de l'époque qui m'avait laissé tomber.
03:06Et mon père vivait dans le sud de la France.
03:09Je l'ai appelé pour lui dire un petit peu mes déboires.
03:12Et il m'a dit, écoute, viens ici, viens passer 2-3 jours, ça va un petit peu te relaxer
03:16l'esprit.
03:17Et quand je suis allé là-bas, il m'a présenté la personne avec qui il travaillait,
03:22qui avait une entreprise de pompes funèbres.
03:24Et qui m'a dit, écoutez, si vous voulez, vous pouvez faire un essai de 15 jours.
03:28Et bon, je n'étais pas super partant parce qu'il y avait plus intéressant comme métier que le funéraire.
03:36Et de 15 jours, ça s'est transformé en 20 ans.
03:41Aujourd'hui, il a sa propre entreprise de pompes funèbres où il est le seul à travailler à temps plein,
03:46se faisant aider par des vacataires pour les cérémonies, les transports des défunts et l'administratif.
03:51J'ai vraiment toute la partie de gestion d'une entreprise de pompes funèbres,
03:56ce qui consiste bien sûr à organiser les obsèques, ça veut dire accueillir les familles,
04:01pour préparer les funérailles autant sur la partie administrative que sur la partie cérémonie, inhumation ou crémation.
04:10Il y a également la partie hygiène funéraire, puisque je suis également ce qu'on appelle talentopacteur.
04:15Donc, ça consiste à préparer les fins pour que les gens puissent s'accueillir dans des conditions plus adéquates
04:20que ce soit en termes d'hygiène et de visibilité pour mieux faire son travail de deuil.
04:28En temps normal, une personne qui décède à l'hôpital et qui veut, admettons, une crémation ou une petite cérémonie,
04:34on va à l'hôpital.
04:35Les gens peuvent encore se recueillir avant qu'on fasse la mise en guère.
04:38Ils peuvent voir le défunt, donc commencer leur travail de deuil.
04:41Ensuite, on fait la fermeture du cercueil avec la famille.
04:44On se rejoint au crématorium.
04:47Là, je vous parle de point de crémation.
04:48La cérémonie peut se faire au crématorium.
04:50Donc, il y a encore ce moment sabonique qui est important.
04:53Et ensuite, se passe la crémation et la mise en place de l'hôpital.
04:56Là, on va chercher un défunt pour faire rapidement une part de la place à l'hôpital.
05:03Il faut appeler les choses ainsi, puisque l'hôpital n'a pas des places illimitées.
05:08Et on les emmène au crématorium qui, dans le temps où il peut, peut faire la crémation.
05:14Donc, on enlève en fait toute la partie, comment dire, symbolique, d'une certaine manière.
05:25Mi-mars, alors que le confinement vient d'être décidé en France, un premier décret parait sur la conduite à
05:31tenir en cas de décès lié au Covid-19.
05:34Le corps des défunts, dit Covid-plus ou Covid-positif, c'est-à-dire mort de cette maladie,
05:39doivent immédiatement être placés dans une housse hermétique fermée, qui ne sera en aucun cas ouverte,
05:45puis enfermés définitivement dans des cercueils le plus vite possible.
05:48C'est peu de temps après que Grégory va chercher pour la première fois un défunt mort du Covid-19
05:53dans un hôpital de Mulhouse.
05:54J'ai, d'une certaine manière, la chance, de par la formation en tantopraxie, d'avoir appris à faire attention,
06:02c'est-à-dire qu'on considère tout défunt comme potentiellement à risque, en sachant que là, pour les cas
06:09de Covid,
06:10j'avais encore du stop de masques, des gants j'en ai toujours, parce que, comme on dit,
06:13travaillant également dans les gynes funéraires, c'est des choses qu'on a,
06:16et j'ai réussi à avoir ce qu'on appelle des combinaisons PLP.
06:19Donc, on est allé à l'hôpital faire notre mise en bière, donc la mise en cercueil.
06:26La personne défunte était déjà dans une housse, et on s'est équipé avec des combinaisons,
06:33un masque FFP2, des gants, des surchaussures, qu'on a retirées avant la sortie,
06:38on a nettoyé le cercueil, enfin vraiment tout un protocole mis en place qu'on ne fait pas en temps
06:41normal, bien sûr.
06:42Le premier décret qui est sorti obligeait les hôpitaux à mettre la personne défunte dans une housse,
06:49tout de suite à l'hôpital.
06:51La housse devait être désinfectée, et quand nous on arrivait, la housse était fermée,
06:55il n'y avait plus possibilité de la rouvrir.
06:57On devait faire ce qu'on appelle une mise en bière immédiate,
07:00donc directement fermer le cercueil sur le lieu de décès,
07:04pas de toilette funéraire, et un transfert, ou au crématorium s'il y a une crémation,
07:09ou au cimetière s'il y a une inhumation.
07:11Entre-temps, il y a le Haut Conseil de la Santé Publique qui a changé ses recommandations,
07:17qui nous a envoyé le fait qu'on pouvait faire des transports sans cercueil,
07:23que la famille pouvait se recueillir en ouvrant la housse de 5 à 10 cm,
07:27et qu'on pouvait également faire une toilette funéraire.
07:30Et, retournement de situation, hier soir, le Premier ministre a annoncé dans Le Monde,
07:34d'ailleurs le décret est tombé,
07:36que finalement, on doit quand même faire des mises en bière immédiate,
07:40donc fermer les cercueils tout de suite,
07:42que toute toilette funéraire est interdite sur les Covid+,
07:46que les soins d'hygiène et de présentation,
07:48donc la thanatopraxie, est interdite sur tous les corps.
07:51Par contre, les toilettes funéraires sont autorisées sur les corps qui ne sont pas dits Covid+.
07:55Alors le problème, c'est que tout le monde n'est pas testé.
07:57Donc quand on a un certificat de décès,
07:59c'est peut-être pas marqué que c'est un Covid+,
08:01mais c'en est peut-être un.
08:02Donc voilà, dans la situation dans laquelle on est.
08:11Quand un arrêté est sorti pour lister les professions,
08:14comme celle des soignants,
08:16qui devaient avoir accès aux équipements de protection,
08:18le funéraire n'était pas mentionné.
08:20Les entreprises de pompes funèbres ont donc dû continuer à travailler
08:24avec leur propre stock de masques, par exemple,
08:26et sans pouvoir les renouveler,
08:28puisque tous les produits avaient été réquisitionnés par l'État.
08:32Je ne comprends pas aujourd'hui,
08:34dans un pays où, oui, il faut du matériel pour les soignants,
08:38mais on autorise des gens à aller comme ça au casse-pique.
08:43On envoie des gens comme de la chair à canon sur le terrain,
08:46parce que quand on rentre dans un domicile
08:48où il y a une personne qui est éventuellement décédée d'un Covid,
08:51on va dire qu'à la limite,
08:52si on manipule en faisant attention au défunt, c'est une chose.
08:55Mais il y a tout un foyer qui est autour, quoi.
08:57En temps normal, en hôpital, quand ce n'est pas un Covid,
09:00le défunt n'est pas dans une housse.
09:01Donc c'est nous qui effectuerons la mise en housse ou la mise en cercueil.
09:04Là, dans les hôpitaux, les corps sont déjà dans les housses.
09:07Normalement, dans les EHPAD, ça devrait aussi être le cas.
09:09Mais dans les EHPAD, ils ont autre chose à faire.
09:11Donc on intervient également dans les EHPAD et dans les domiciles.
09:15Où là, la plupart du temps, c'est un médecin de ville
09:18qui vient constater le décès
09:19et qui ne sait pas si la personne était Covid ou pas,
09:22puisque la personne n'a pas été testée.
09:23Donc on est obligé d'appliquer les mêmes mesures de précaution.
09:26Et on a tellement d'informations qui tombent,
09:31qui nous disent un jour,
09:32vous ne risquez plus rien au moment du décès.
09:34Le lendemain, on nous dit, si, vous risquez quand même.
09:36On est obligé de faire très attention.
09:38D'une part pour ne pas contaminer les autres,
09:40mais aussi pour ne pas contaminer nos familles quand on rentre chez nous.
09:46J'étais pas plus tard que la semaine dernière dans deux EHPAD.
09:49Dans ces deux EHPAD, sur les certificats d'essai,
09:52il n'était pas précisé Covid, mais on sait que c'était des Covid.
09:55Puisqu'il y a un EHPAD où ils ont 9 décès,
09:58je crois, dans la semaine ou dans les 15 jours,
10:00dans un seul EHPAD de Covid.
10:02Donc là, vous êtes sur un 100%.
10:04Et puis vous rentrez chez vous,
10:05vous n'avez pas envie de ramener ça,
10:07vous n'avez pas envie de choper ça.
10:08Vous savez, aujourd'hui, quelqu'un qui attrape le Covid
10:10et qui a des symptômes graves,
10:13il rentre à l'hôpital,
10:14il ne voit pas sa famille à l'hôpital,
10:17et puis s'il décède,
10:18il y aura quasiment personne à l'enterreur.
10:20C'est quelque chose d'horrible, humainement parlant.
10:22Non, on n'a pas envie d'attraper ça.
10:24Moi, j'ai ma compagnie à la maison,
10:26j'ai une petite fille,
10:27je fais chambre à part depuis que ça a démarré.
10:29Je limite les contacts avec ma petite fille
10:32que j'ai envie de prendre dans les bras
10:33parce que c'est le petit moment de souffle soir.
10:40Le week-end du 28 mars,
10:42Grégory a dû faire face à un nombre de décès
10:44inimaginable pour lui.
10:45Pour vous situer, en un week-end,
10:49j'ai fait ce que je fais en un mois.
10:51J'ai eu un petit coup de mou
10:52parce qu'on se retrouve impuissants
10:54face à un monstre.
10:56J'ai constaté qu'on était face à quelque chose
11:00de bien pire que ce qu'on nous avait annoncé.
11:02Ça fait 20 ans que je suis dans le métier,
11:03je n'ai jamais vu ça,
11:04j'ai un confrère que ça fait 50 ans,
11:05c'est pareil.
11:06Donc, voilà, sur deux jours.
11:09Sur deux jours.
11:11Dans la grande majorité des cas,
11:13aujourd'hui en France,
11:14quand quelqu'un décède,
11:15ses proches ne peuvent pas se recueillir sur sa dépouille.
11:18Pour Grégory,
11:19ce sont autant de petits drames
11:20qui pourraient avoir des conséquences lourdes à l'avenir.
11:22Quand vous avez un militaire qui décède à l'étranger,
11:26bien souvent, il revient à ce qu'on appelle un cercueil fermé,
11:28le cercueil n'est pas rouvert.
11:29Donc, je prends un exemple extrême,
11:31puisque c'est ce qui est le plus parlant,
11:33c'est souvent des jeunes personnes,
11:35et il n'y a rien de plus horrible
11:37que de ne pas pouvoir matérialiser la mort de quelqu'un.
11:41Pour le travail de deuil,
11:42ce n'est pas le fait d'aller voir un mort,
11:44c'est le fait de pouvoir constater psychologiquement
11:46que la personne est bien décidée,
11:47qu'elle est bien partie.
11:49C'est ce qui permet à beaucoup de gens
11:50de pouvoir se dire,
11:51oui, c'est bien elle, elle est bien décédée.
11:54Donc, ça, c'est déjà la première étape.
11:56On ne peut quasiment plus présenter les défunts.
12:01Et actuellement, on est dans une période
12:03où tout le monde a l'esprit qui est occupé,
12:05parce qu'on est matraqué d'informations,
12:09il y a ces histoires de confinement.
12:10Bien que les gens soient confinés,
12:11on n'a pas trop le temps de réflexion.
12:14Mais au moment où tout ça va retomber,
12:16je me trompe peut-être,
12:17mais je pense qu'on a beaucoup
12:20de bombes à retardement qui vont exploser,
12:22de gens qui n'ont pas pu faire leur travail de deuil
12:24et ça ne va pas être joli.
12:26Les cérémonies, civiles comme religieuses,
12:29sont elles aussi pour la plupart annulées.
12:31Alors, certes, on prévoit de faire
12:33des cérémonies, du souvenir,
12:35une fois que tout ça sera fini,
12:37mais c'est quand même différent.
12:44Comme aujourd'hui, les églises,
12:46on ne fait plus de cérémonie à l'église,
12:49les crématoriums sont enfermés au public
12:51et il n'y a plus de cérémonie civile.
12:53Donc, quelqu'un aujourd'hui qui décède à l'hôpital
12:56du Covid,
12:58où il y a une crémation,
13:00ce n'est pas compliqué.
13:01On va à l'hôpital,
13:02on récupère la personne
13:04qui est déjà dans une housse,
13:05on fait la mise en bière à l'hôpital,
13:07on part de l'hôpital en cercueil fermé,
13:09on va au crématorium
13:10et là, la crémation se fait.
13:13À Mulhouse, actuellement,
13:14il y a 15 jours de délai d'attente
13:15pour les crémations.
13:16Voilà, pour vous situer où on en est.
13:18Maintenant, si c'est une inhumation,
13:20à Mulhouse,
13:21on peut prévoir de 5 à 10 personnes.
13:23Je sais que le reste des communes,
13:26M. le Premier ministre,
13:27autorise jusqu'à 20 personnes.
13:29Ici, Mulhouse,
13:30ils ont limité 5 à 10 personnes
13:31de par le foyer.
13:34Mais on est vraiment
13:35très limité
13:36sur la partie
13:38organisation des obsèques
13:40et sur la partie
13:42tout à symbolique
13:43que les gens
13:45peuvent avoir en temps normal
13:46pour commencer
13:48leur travail de deuil.
13:49Donc, on a enlevé
13:50tout ce pan-là.
13:52Je résume
13:53en disant,
13:55depuis que ça a démarré,
13:56qu'on ne fait plus du funéraire,
13:57on fait du sanitaire.
13:59Voilà où on en est.
14:00Pour essayer d'accompagner,
14:01malgré tout,
14:02les familles endeuillées,
14:04Grégory a commencé
14:04à mettre en place
14:05de nouvelles méthodes.
14:07Quand c'est au cimetière,
14:09et admettons que la famille
14:10loin ne peut pas se déplacer,
14:11je propose de filmer
14:13le recueillement
14:14avec le curé qui est là
14:15et je l'envoie à la famille.
14:17Alors, on pourrait faire
14:17du streaming,
14:18mais quand on est au cimetière
14:19à l'extérieur,
14:20vous n'êtes pas sûr
14:21que la connexion va tenir.
14:22Mais on essaye
14:24de donner un petit peu
14:26d'humanité
14:27comme on le peut,
14:28malgré les circonstances.
14:29Voilà.
14:30Maintenant, c'est sûr
14:31que de se retrouver
14:31avec moins de monde,
14:34c'est plus pesant.
14:36C'est surtout le fait
14:37que certaines personnes
14:39ne puissent pas venir.
14:40Vous voyez ?
14:40Parce qu'on a beau dire,
14:42on limite ça
14:42à la famille très restreinte,
14:44mais on sait tous
14:45que des fois,
14:46on a des amis
14:46qui comptent autant,
14:48voire plus que la famille.
14:49Donc, ne pas pouvoir
14:51faire en sorte
14:51que ces gens soient là,
14:53c'est horrible.
14:54C'est horrible.
14:56Le plus difficile,
14:57en fait,
14:58c'est le tout.
14:59Parce qu'on fait face
15:02à des familles
15:03qui sont super raisonnables.
15:05C'est quand même...
15:06C'est prenant
15:07de se rendre compte
15:08que les gens
15:10comprennent la situation.
15:11Et ça fait mal au cœur
15:12d'être impuissant face à ça.
15:14C'est ça le plus difficile.
15:15C'est d'être impuissant
15:16face à tout ça.
15:19On arrive aujourd'hui
15:21à faire en sorte
15:22qu'on puisse
15:25répondre à toutes les demandes.
15:26Souvent,
15:27on entend parler
15:27de concurrents
15:28dans tous les métiers.
15:29Mais aujourd'hui,
15:30on parle vraiment
15:30de confrères.
15:32Donc, je suis quasi persuadé
15:33que si vraiment
15:34la situation venait
15:35à s'envenimer,
15:36on pourrait s'organiser
15:38et mettre en place...
15:40Je suis désolé du terme,
15:41mais c'est la réalité.
15:42Un système logistique
15:43qui ferait
15:43qu'on arriverait
15:44à essayer
15:47de faire en sorte
15:47d'éviter
15:48ce qui s'est passé
15:48en Italie
15:49où l'armée
15:49a dû déplacer
15:50les cercueils.
15:51Pour le moment,
15:52on arrive encore
15:53à faire face.
16:01Claudia,
16:02tu as enregistré
16:02ce témoignage
16:03le 2 avril.
16:04Où en est
16:05Grégory Schmitt
16:05aujourd'hui ?
16:06Je l'ai contacté.
16:08Il m'a dit
16:09que ça s'était
16:11effectivement
16:11un petit peu
16:12calmé à l'hôpital,
16:13qu'il y avait
16:13un peu moins de décès,
16:14mais qu'en revanche,
16:15il continuait
16:16à y en avoir
16:16dans les EHPAD
16:17et au domicile
16:18des gens
16:19très fréquemment
16:20et que pour lui,
16:21ça restait toujours
16:21aussi tendu.
16:22Il a des petits coups
16:23de pompe,
16:24mais il tient le coup.
16:26Il pense,
16:26en revanche,
16:27qu'il a vraiment besoin
16:28de se reposer.
16:29Quand on l'écoute,
16:30on comprend bien
16:30que c'est presque impossible
16:32aujourd'hui
16:32de bien faire son métier
16:33pour lui.
16:34Est-ce que son sentiment
16:35est partagé
16:36par ses confrères ?
16:37J'ai eu quelques autres
16:39maisons de pompes funèbres
16:40dans le Grand Est
16:40et en région parisienne
16:41au téléphone.
16:43Effectivement,
16:43ils m'ont tous dit
16:44la même chose.
16:45C'est compliqué pour eux
16:46de faire leur travail
16:48actuellement correctement,
16:49mais ce qui donne
16:51quand même
16:51beaucoup d'espoir,
16:52je trouve,
16:53c'est qu'ils arrivent
16:54à le faire
16:54et qu'ils s'appuient
16:55les uns sur les autres
16:56et que comme le disait Grégory,
16:57ils ne sont plus seulement
16:58des concurrents,
16:59mais ils sont aussi
16:59des confrères.
17:00Donc pour le moment,
17:01même si c'est compliqué,
17:02ils arrivent à gérer.
17:03Merci Claudia Prolongeau.
17:05Code Source
17:06est le podcast
17:07d'actualité du Parisien
17:08disponible chaque soir
17:09du lundi au vendredi.
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17:21Cet épisode de Code Source
17:22a été produit par
17:23Stéphane Genest
17:24et Marion Bottorel.
17:25Réalisation,
17:26Julien Moncou-Kiol.
17:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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