- il y a 10 heures
Pour écouter tous les podcasts du Parisien : http://www.leparisien.fr/podcasts/
L'info en temps réel : http://www.leparisien.fr/
Coronavirus. Français, Italiens et Espagnols ont répondu à la crise en ordre dispersé. Code source refait le film des événements en trois épisodes. Récit.
Notre article : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/le-coronavirus-en-europe-france-espagne-italie-comment-les-pays-font-face-partie-3-09-04-2020-8297103.php
Sur votre smartphone ou votre tablette, écoutez Code source et abonnez-vous sur :
Apple Podcasts (iPhone, iPad) : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/code-source/id1460276302
Google Podcasts (Android) : https://podcasts.google.com/?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkLnBpcHBhLmlvL3B1YmxpYy9zaG93cy9jb2RlLXNvdXJjZQ
Podcast Addict : https://podplayer.net/?podId=2366555
Castbox : https://castbox.fm/channel/Code-source-id2099090?country=gb
Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/360202
Spotify : https://open.spotify.com/show/4J2KJU7Lcv0e1wH3728Fse
L'actualité en direct sur Le Parisien : http://www.leparisien.fr/
L'info en temps réel : http://www.leparisien.fr/
Coronavirus. Français, Italiens et Espagnols ont répondu à la crise en ordre dispersé. Code source refait le film des événements en trois épisodes. Récit.
Notre article : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/le-coronavirus-en-europe-france-espagne-italie-comment-les-pays-font-face-partie-3-09-04-2020-8297103.php
Sur votre smartphone ou votre tablette, écoutez Code source et abonnez-vous sur :
Apple Podcasts (iPhone, iPad) : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/code-source/id1460276302
Google Podcasts (Android) : https://podcasts.google.com/?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkLnBpcHBhLmlvL3B1YmxpYy9zaG93cy9jb2RlLXNvdXJjZQ
Podcast Addict : https://podplayer.net/?podId=2366555
Castbox : https://castbox.fm/channel/Code-source-id2099090?country=gb
Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/360202
Spotify : https://open.spotify.com/show/4J2KJU7Lcv0e1wH3728Fse
L'actualité en direct sur Le Parisien : http://www.leparisien.fr/
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12L'Italie, l'Espagne et la France sont les plus touchées en Europe par le Covid-19.
00:17Codesource raconte en trois épisodes comment il gère l'épidémie.
00:21Les trois pays prennent des mesures comme le confinement en ordre dispersé,
00:25unis sur la réponse à apporter à la crise économique.
00:28Ils vont se heurter aux Pays-Bas qui refusent de mutualiser la dette en Europe.
00:33Troisième et dernier épisode de notre série, aujourd'hui, on retrouve Henri Vernet du service politique du Parisien,
00:38Blondine Hugonnet, correspondante en Italie, et Henri Delaguerri, correspondant du Parisien et d'Europe 1 en Espagne.
00:52On vous retrouve tous les trois pour la suite de ce récit.
00:55Henri Delaguerri, dans l'épisode précédent, vous nous décriviez le système de santé espagnol dépassé,
01:00l'armée appelée en renfort, le parc des expositions de Madrid transformé en hôpital de campagne,
01:05et la Turquie, le Japon, le Luxembourg qui aident le pays.
01:09Henri Delaguerri, à ce moment-là, quelles sont les conséquences sur l'économie espagnole ?
01:14Les conséquences, on les voit très vite.
01:16C'est évidemment énormément de salariés qui sont placés en chômage partiel,
01:21mais du chômage aussi, du chômage tout court.
01:24300 000 chômeurs en plus en Espagne pour ce seul mois de mars.
01:27On atteint ce taux de 14%.
01:29On imagine qu'il va grimper encore dans les semaines qui viennent.
01:32Au mois de mars, c'est le moment où on prépare la semaine sainte,
01:35les vacances très importantes en Espagne.
01:37Les hôtels, les restaurants avaient recruté des tas de saisonniers pour cette période de congés.
01:42Toutes ces personnes-là sont mises au chômage.
01:45On voit très rapidement que cette crise du coronavirus va avoir des conséquences dramatiques pour l'économie du pays.
01:50On pense ici tous à cette crise de 2008,
01:53cette crise financière qui avait été épouvantable pour l'Espagne
01:56avec des taux de chômage qui atteignaient à l'époque les 22-23%.
02:03Henri Vernet, le 18 mars,
02:04la Banque Centrale Européenne annonce un plan de relance de 750 milliards d'euros.
02:09Oui, on peut dire qu'elle se réveille enfin.
02:12C'est Christine Lagarde, la nouvelle patronne de la BCE,
02:15qui annonça, mais une semaine auparavant,
02:17elle avait fait des annonces assez mitigées.
02:19Elle avait annoncé 120 milliards,
02:21comme si finalement il ne s'agissait pas d'une crise aussi grave que cela.
02:24Là, en effet, le ton est déjà très différent.
02:27Il est martial, il est assuré.
02:29Elle répète plusieurs fois à Christine Lagarde
02:31qu'il n'y a pas de limite au soutien que peut accorder l'Europe à sa monnaie commune, à
02:36l'euro.
02:36Donc, elle annonce ce plan qui est sans précédent, 750 milliards d'euros.
02:40Au total, on peut dire ce que va injecter la Banque Centrale Européenne
02:45pour soutenir un petit peu la monnaie, les marchés,
02:47et donc surtout permettre aux différents gouvernements d'agir dans leur propre territoire,
02:51c'est 1 000 à 1 050 milliards d'euros.
02:55Pourquoi ? Parce qu'à ce moment-là, les bourses sont plongées.
02:59Et surtout, ce qui se passe, c'est que les investisseurs,
03:01qui sont indispensables à la vie économique,
03:03eh bien, ils se ruent tous sur le dollar,
03:06affaiblissant d'autant la monnaie européenne, les économies européennes,
03:09d'où cette injection massive de liquidités,
03:13annoncée, décidée par Christine Lagarde,
03:15qui veut quand même montrer que, bon, là,
03:16les grands argentiers européens reprennent les commandes.
03:27Le 20 mars, la présidente de la Commission Européenne,
03:30Ursula von der Leyen, suspend les règles budgétaires de l'Union Européenne.
03:34Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:39Alors, ça veut dire que, vous savez, l'Europe,
03:42ça fait plus de 25 ans, depuis le traité de Maastricht,
03:45qu'elle vit sur un mantra,
03:46qui est la sacro-sainte règle des 3%.
03:49Ça veut dire que chaque gouvernement, chaque État membre,
03:52ne peut pas dépasser un déficit de plus de 3% de son PIB,
03:58ni d'ailleurs un endettement de plus de 60% de sa richesse nationale.
04:01Donc, des règles très strictes,
04:03qui sont un petit peu établies, en réalité,
04:06pour faire plaisir, en tout cas pour être dans les clous,
04:09des pays orthodoxes en matière financière, budgétaire de l'Europe,
04:13c'est-à-dire les fortes économies du Nord.
04:15On pense notamment à l'Allemagne, aux Pays-Bas,
04:18disons aux économies qui tiennent serré les cordons de la Bourse.
04:22Eh bien, cette règle d'airain, elle est enfin bousculée,
04:26c'est-à-dire que pour la première fois,
04:28l'Europe admet que, face à l'urgence de cette crise,
04:31il est possible pour les gouvernements de déroger à ce principe.
04:35En théorie, c'est une décision qui est très, très importante.
04:39Maintenant, est-ce que cette décision-là,
04:42jointe aux milliards promis par la BCE,
04:46est-ce que ça fait une réponse suffisante de l'Europe ?
04:48En réalité, pas vraiment.
04:50Tout ça reste quand même un peu théorique, un peu timide.
04:53Blandine Hugonnet, toujours le 20 mars,
04:55l'Italie se fait de nouveau voler des masques, 700 000 masques.
04:59Oui, la population l'apprend par un lanceur d'alerte tchèque.
05:02680 000 masques précisément,
05:04des milliers de respirateurs aussi,
05:05qui ont été saisis par la République tchèque,
05:08alors qu'en fait, c'est une cargaison qui est envoyée par la Chine
05:11et qui est destinée à l'Italie.
05:13En plus, c'est vraiment pas le moment de se faire voler des masques,
05:15si je peux dire, parce qu'à ce moment-là,
05:16le pays est le pays le plus durement touché justement par l'épidémie.
05:21Et l'Italie venait juste de recenser un record de 800 morts en 24 heures.
05:24Alors, le vol est largement médiatisé,
05:26fait évidemment scandale.
05:28Le gouvernement tchèque dément de son côté,
05:30mais il y a des photos qui montrent que sur les cartons des masques, etc.,
05:35eh bien, il y a les drapeaux chinois et italiens
05:37et que c'est écrit en mandarin que ce colis est bien destiné à l'Italie.
05:41Finalement, Prague reconnaît qu'il y a une erreur et un malentendu qui a eu lieu.
05:46Sauf que, pour des questions pratiques, pas de bol,
05:48la Chine décide de ne plus acheminer jusqu'à Rome les milliers de masques
05:51et les laisse donc à la République tchèque.
05:53Et la presse italienne va dénoncer un grave manque de solidarité
05:57dans l'Union européenne, entre Européens,
06:00notamment de la part de la République tchèque envers l'Italie.
06:03Et pour calmer la tension diplomatique avec les Italiens
06:06qui se sentent déjà abandonnés beaucoup par ses voisins européens et par Bruxelles,
06:10les Tchèques, finalement, vont finir par envoyer plus de 100 000 masques à l'Italie
06:13pour que ça calme un peu ses tensions.
06:21Le 23 mars, le Royaume-Uni prend à peine la mesure du Covid-19
06:25et annonce finalement un confinement du pays.
06:28Ce même jour, Blandine Hugonnet, l'Italie annonce l'arrêt
06:32de toute activité économique non essentielle.
06:35Pourquoi cette décision ?
06:36Ce jour-là, l'Italie est quasiment à deux semaines de confinement.
06:39Elle vient juste d'enregistrer son pic dramatique de décès de cette période.
06:43La contagion se poursuit toujours très rapidement.
06:46La barre des 6 000 cas est dépassée en un mois d'épidémie.
06:49Et les autorités le redisent.
06:51Il y a encore beaucoup trop de monde dans les rues.
06:54En Lombardie, 40% des habitants sont encore en train de se déplacer malgré le confinement.
06:59Alors en fait, on va comprendre que ces personnes, ce sont essentiellement des travailleurs,
07:02surtout dans cette région de Milan qui est vraiment le poumon économique de l'Italie.
07:06Et donc, c'est un peu la dernière bille du gouvernement italien,
07:09c'est de dire qu'il faut fermer toutes les entreprises, toutes les usines,
07:12toutes les industries qui marchent encore et qui obligent les travailleurs
07:17à se déplacer sur leur site de travail qu'on peut aussi considérer
07:20comme des foyers de contamination et qui obligent encore ces employés
07:24à sortir de chez eux et créer du déplacement,
07:27ce qui est mauvais pour cette lutte contre l'épidémie,
07:30en particulier dans cette région du Nord.
07:32Alors, le gouvernement se dit, mieux vaut une crise économique pour l'instant
07:35qu'une hécatombe de la population, c'est un peu l'idée.
07:37Et le président du Conseil va le dire avec cette phrase aussi,
07:40en annonçant cette mise à l'arrêt de l'activité productive,
07:43dite non-essentielle en cette période,
07:46c'est que le moteur de l'Italie ralentit, mais il ne va pas s'éteindre pour autant.
07:52Henri Vernet, quelques jours plus tard,
07:54les dirigeants des 27 pays de l'Union Européenne
07:56se réunissent par visioconférence pour parler du coronavirus.
08:00Oui, et notamment, le Premier ministre, le chef du gouvernement italien,
08:04arrive avec une idée très précise, celle des coronabonds.
08:07Alors, de quoi il s'agit ?
08:09En gros, c'est une version des eurobonds.
08:11Et les eurobonds, c'est quoi ?
08:13C'est une façon d'aller plus loin que ce qui a été annoncé,
08:16c'est-à-dire les rachats de titres,
08:17les fameux 750 milliards de la BCE,
08:20plus loin que les déficits des 3%.
08:22C'est d'aller emprunter tout de suite et concrètement,
08:24donc sur les marchés, de l'argent liquide,
08:27mais pour que des pays comme l'Italie, l'Espagne, voire la France puissent le faire facilement,
08:32l'idée, c'est qu'ils empruntent non pas en tant qu'État,
08:35donc non pas en tant qu'Italie ou Espagne,
08:37mais en tant qu'Europe,
08:38donc évidemment à des taux très privilégiés.
08:40C'est une idée, donc, de l'Italien Conte,
08:43mais qui est soutenu par Paris, par Macron,
08:45qui est soutenu par l'Espagne,
08:47qui est soutenu par le Portugal,
08:49et il espère faire avancer lors de cette visioconférence.
08:54Et en réalité, cette visioconférence, elle se passe très très mal.
08:58On voit le chef du gouvernement italien,
08:59qui est pourtant quelqu'un de très posé, de très sage,
09:01c'est une professeure, c'est quelqu'un qui est plutôt modéré.
09:05Eh bien là, il est très ferme vis-à-vis de tous ses pairs,
09:08de ses homologues européens,
09:09et il dénonce cette espèce d'égoïsme, d'hypocrisie,
09:13qui fait que non, on le lui refuse.
09:15Pourquoi ?
09:15Parce que Berlin et l'AE campent sur le refus.
09:19Marc Routel, le Premier ministre néerlandais,
09:22donc qui fait partie de ces orthodoxes purs et durs.
09:24Il arrive, lui, avec un livre, avec un sandwich,
09:27pour bien montrer qu'en gros, on peut blablater sur ce qu'on voudra,
09:31mais que lui ne changera pas de position.
09:33Il y a le ministre allemand des Finances, Peter Altmaier,
09:36qui lui parle carrément de débats fantômes à propos de ces coronabandes,
09:40pour bien montrer que vraiment là n'est pas le sujet.
09:43Bref, cette réunion, elle tourne court.
09:45Et qu'est-ce que montrent les dirigeants européens ?
09:48Ils montrent leur division et un repli sur des égoïsmes nationaux.
09:53D'ailleurs, plus tard, un dirigeant d'Europe du Sud
09:56parlera d'une attitude dégueulasse.
10:03Blandine Hugonnet, cet échec de cette réunion par visioconférence,
10:06c'est médiatisé en Italie ?
10:07Oui, c'est assez médiatisé.
10:09On suit depuis le début les interventions de Giuseppe Conte vis-à-vis de l'Europe.
10:13L'Italie se sent abandonnée.
10:15Elle se sentait abandonnée sur la crise des migrants.
10:19Elle s'est sentie abandonnée sur la crise économique en 2008.
10:21Elle se sent abandonnée aujourd'hui quand elle appelle à l'aide de l'Europe
10:24en disant qu'on n'a plus de matériel, on est le premier pays le plus touché.
10:29Est-ce que les voisins européens et Bruxelles peuvent réagir ?
10:32Et voilà, Giuseppe Conte qui tape un peu du poing sur la table
10:36et montre un peu ce visage plus ferme vis-à-vis de l'Europe.
10:39Ça, les Italiens le médiatisent beaucoup, le suivent beaucoup
10:42pour qu'enfin il soit entendu, parce qu'il y a cette sensation
10:45de ne pas être entendu lorsque l'Italie parle à la Commission européenne.
10:48Comment est-ce que cet épisode est vécu en Espagne, Henri Delaguerri ?
10:52Écoutez, ici vous savez, l'Espagne c'est un pays
10:55dont le sentiment d'appartenance à l'Europe est très fort.
10:58On est attaché ici à l'Europe, mais on a le sentiment que l'Europe
11:03cette fois-ci n'est pas à la hauteur.
11:05Et notamment, il y a une phrase qui choque vraiment ici,
11:08qui indigne les Espagnols, c'est celle prononcée par le ministre
11:11des Finances des Pays-Bas, qui dit en gros, finalement l'Espagne et l'Italie
11:16n'ont pas mis assez d'argent de côté pour faire face à cette crise du coronavirus.
11:20On ne veut pas vraiment payer pour le Sud.
11:22Et ça fait écho à un sentiment d'injustice qui existe depuis longtemps ici,
11:26qui remonte à la crise financière. À cette époque, c'est vrai que les pays
11:29du Sud de l'Europe, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Grèce,
11:32qu'on surnommait les PIGS, ils étaient tout le temps montrés du doigt
11:36parce que leurs finances étaient dans des situations absolument dramatiques.
11:40Mais là, cette fois-ci, on a l'impression que c'est un petit peu injuste
11:43parce que cette crise du coronavirus s'est abattue sur tout le monde.
11:46Le problème, c'est qu'elle s'est peut-être abattue en premier sur l'Italie,
11:49puis sur l'Espagne. Mais pour le coup, ce n'est pas lié à des erreurs
11:54spécifiques de ces pays du Sud.
11:56Et donc, vraiment, on se dit que ce n'est pas normal que les pays du Nord
12:00aient encore une fois cette attitude un petit peu condescendante
12:02vis-à-vis des pays du Sud.
12:04Et c'est la ministre des Affaires étrangères espagnole,
12:07Arantxa González-Laya, qui monte au créneau,
12:10qui très rapidement répond par un tweet en disant
12:13« Ce n'est pas le moment de se fâcher, ce n'est pas le moment d'avoir
12:15ce genre d'attitude. Il faut être solidaire. »
12:18Elle cite d'ailleurs la lettre de Jacques Delors,
12:21qui est sortie de son silence à cette occasion,
12:23qui parlait des menaces qui planent sur l'Europe.
12:25Et puis, il y a aussi le Premier ministre du Portugal,
12:27qui clairement, lui aussi, monte au front.
12:29On suit vraiment cette situation européenne.
12:32Et on a le sentiment que là, l'Europe va peut-être échouer
12:35à résoudre cette crise du coronavirus.
12:40Henri Vernet, concernant la crise sanitaire et pas la crise économique,
12:43il est question ce jour-là de transférer des malades d'un pays à l'autre, c'est ça ?
12:47Oui, il y en a question. Et ça, il faut le noter, c'est quand même un autre visage de
12:51l'Europe.
12:52C'est un visage qui est quand même plus sympathique, qui montre une vraie solidarité.
12:56Personnellement, j'étais à Mulhouse en reportage au moment où on dressait l'hôpital militaire.
13:00Et j'ai vu l'hôpital de campagne militaire jouxte, l'hôpital civil de Mulhouse.
13:04C'est au cœur de cette région Grand Est, qui est la plus sinistrée à ce moment-là par la
13:10pandémie.
13:10Et je voyais le va-et-vient des hélicoptères qui transféraient des malades de cet hôpital
13:16totalement débordé vers d'autres hôpitaux, en France certes, mais également en Allemagne,
13:22un petit peu partout, d'ailleurs à Dortmund, à Essen, à Mannheim, à Sarbrück juste à côté.
13:27Il y avait vraiment un effort de solidarité.
13:30Il faut noter d'ailleurs que ça, le système sanitaire allemand l'a également mis au service des Italiens.
13:36Ils sont également allés chercher des malades à Bergame, dans d'autres pays.
13:40Donc cette solidarité-là, elle existe.
13:43Peu après, d'ailleurs, ils ont mis en œuvre les Allemands.
13:46L'autofus, son appareil militaire, un Airbus 400M, équipé pour pouvoir faire des transports plus importants
13:53qu'avec les hélicoptères de malades.
13:55Donc cette solidarité-là, elle existe.
13:57Les Allemands, mais pas seulement.
13:58Il y a le Luxembourg également.
13:59Alors les Suisses, qui ne sont pas dans l'UE, mais qui sont dans Schengen, ont également participé.
14:04On voit aussi les grandes marques qui se mutualisent pour fabriquer du matériel militaire.
14:08Ferrari qui fait des respirateurs.
14:10Tous font un petit peu des blouses, des masques.
14:13Il y a quand même cet effort qui, là, se met en place.
14:21Henri Delaguerri, le 30 mars, l'Espagne fait comme l'Italie quelques jours plus tôt
14:26et restreint encore plus son activité économique.
14:29Effectivement, tous les travailleurs dont l'activité économique n'est pas jugée essentielle par l'État
14:34doivent rester désormais chez eux.
14:36La décision, évidemment, elle est motivée par l'urgence sanitaire,
14:39par tous ces chiffres dont on a parlé et ces hôpitaux débordés.
14:43L'idée, c'est finalement de faire un effort supplémentaire que personne,
14:47mis à part évidemment le personnel sanitaire et les gens qui travaillent dans les commerces d'alimentation,
14:52personne n'aille travailler pour qu'il y ait enfin un changement de tendance dans cette courbe.
14:55Henri Delaguerri, le samedi 4 avril au soir, le chef du gouvernement espagnol publie une tribune
15:00dans plusieurs journaux européens pour appeler à une réponse concertée de l'Union européenne face à l'épidémie.
15:05Oui, effectivement, cette tribune est publiée dans tous les grands journaux d'Europe.
15:10Pedro Sanchez appelle à un plan beaucoup plus ambitieux pour l'Europe.
15:13Il appelle à une sorte de plan Marshall, ce plan qui avait été mis en place juste après la Seconde
15:19Guerre mondiale.
15:20Peut-être, oui, l'Europe va devoir s'endetter, mais c'est selon lui le seul moyen de permettre à
15:26l'Europe de survivre finalement.
15:28Donc effectivement, Pedro Sanchez se lance dans une offensive médiatique
15:31et il essaie d'emmener avec lui Giuseppe Conte, l'italien, mais également Emmanuel Macron.
15:37Il y a une bonne entente entre les deux chefs d'État, ils se comprennent.
15:41Et clairement, on a le sentiment que Sanchez veut monter finalement un front des pays du Sud contre les pays
15:47du Nord de l'Europe.
15:51Henri Vernet, le 5 avril, on apprend que Boris Johnson est hospitalisé.
15:55Oui, on savait qu'il était malade, il l'avait dit lui-même, il avait montré une vidéo pour annoncer
15:59qu'il avait été testé positif
16:00et qu'il avait des symptômes légers, disait-il, une fièvre et une toux persistantes.
16:05Eh bien, le 5 avril, il est conduit à l'hôpital.
16:15Pour observation, dit-on, par mesure de précaution, mais évidemment, ça fait un espèce de choc dans ce pays
16:22après toute la posture résolument optimiste qu'avait affichée Boris Johnson.
16:28Le même soir, d'ailleurs, la reine d'Angleterre elle-même, ce qui est rarissime pour la quatrième fois seulement
16:34depuis le début de son règne, eh bien, Elisabeth II prend la parole, s'adresse à tous ces sujets,
16:40à tous les citoyens britanniques, en leur demandant de faire preuve de résistance, de résilience, de mener ce combat fièrement.
16:49Nous avons été confrontés par des défis, par le passé, ce défi est pourtant différent.
16:55Aujourd'hui, nous tenons la main avec tous les autres pays.
16:59Nous réussirons à vaincre la maladie.
17:02Ce succès, cette victoire dépend de chacun d'entre nous.
17:05Mais pour l'instant, je tiens à vous remercier, toutes et tous.
17:09Blandine Hugonnet, le 6 avril, il commence à y avoir des bonnes nouvelles en Italie.
17:13Oui, alors le bilan reste évidemment très lourd, mais il y a des signes très encourageants.
17:20D'abord, la contagion ralentit clairement, pour donner une idée.
17:24Son taux de croissance par jour est passé de 25% à 4% d'augmentation en un mois.
17:29Donc la courbe ralentit, s'aplatit.
17:32C'est ce que dit la protection civile qui annonce ces bilans tous les soirs et qui le souligne
17:36en disant qu'il y a vraiment des signes positifs à voir.
17:39Ce qui donne surtout de l'espoir, c'est le nombre de décès quotidiens qui commence tout juste à ce
17:42moment-là
17:42a diminué avec la plus forte baisse des deux dernières semaines.
17:46Et puis aussi le nombre de malades, notamment les cas graves, ceux en soins intensifs qui est en baisse.
17:52C'est le début de cette lumière au fond du tunnel.
17:55Beaucoup des dirigeants parlent de cette lumière au fond du tunnel.
17:58Le pic a bien été atteint, sauf que le pic, ce n'est pas une pointe, c'est bien un
18:02plateau.
18:03Donc en fait, il faut laisser passer ce plateau et en redescendre ensuite.
18:06L'Italie à ce moment-là n'en redescend pas encore.
18:09Les autorités sanitaires préfèrent dire qu'il faut rester encore très prudents,
18:14qu'il ne faut surtout pas relâcher ce confinement national qui a été prolongé jusqu'au 13 avril.
18:19Et d'ailleurs, pour être sûr que tout le monde reste bien chez soi et respecte le confinement,
18:23avec l'arrivée des beaux jours et surtout les fêtes de Pâques très suivies en Italie,
18:27les contrôles vont être renforcés pour éviter de gâcher tous les efforts faits jusqu'à maintenant.
18:32C'est ce que dit le président du Conseil aussi.
18:35Henri Delaguerri, en Espagne, là aussi, il commence à y avoir des motifs d'espoir ?
18:40Le lundi 6 avril, on a enregistré le nombre de décès le plus bas depuis le 24 mars,
18:45le plus bas en 13 jours donc.
18:47Et donc clairement, un peu comme en Italie, il n'y a pas de pic, mais un plateau finalement.
18:51On est encore très très loin de sortir de cette crise,
18:54mais c'est vrai qu'on sent que tous les efforts de cette société espagnole,
18:57de ces hôpitaux, de tous ces gens qui se sont mobilisés, de cette industrie qui a complètement modifié sa production,
19:04on sent que ça commence à apporter ses fruits.
19:06La contagion progresse beaucoup moins vite et surtout le nombre de décès quotidiens diminue.
19:13Henri Vernet, les ministres des Finances des pays membres de l'Union,
19:16se parlent régulièrement par visioconférence.
19:19Le mardi 7 avril au soir, ils ont évoqué à nouveau la réponse à apporter à la crise économique provoquée
19:26par l'épidémie.
19:27Oui, et ils ne se sont pas du tout mis d'accord.
19:30Il y a même de nouveau une espèce de gros clash qui a éclaté.
19:33Au moment où l'Italie notamment demande de pouvoir accéder à des crédits vraiment préférentiels
19:40pour relancer tout simplement son économie, pour répondre à l'urgence de cette crise sanitaire terrible,
19:46une fois encore, soutenu par la France, soutenu par la Belgique, par d'autres États européens plutôt du Sud,
19:54ces États-là se sont heurtés à une intransigeance très forte des pays du Nord,
19:59en l'occurrence notamment de l'un d'entre eux, les Pays-Bas.
20:03Alors pourquoi s'oppose-t-il à cela ?
20:05Parce que le ministre des Finances néerlandais veut assortir les aides accordées de conditions de réforme à mener.
20:15Comme s'il était temps aujourd'hui, face à une urgence jamais vue dans l'histoire, de lancer des réformes
20:22à long terme.
20:23Évidemment, cela ne pouvait qu'échouer.
20:26Et d'ailleurs, non seulement l'Italie, mais également la France, par la voix de Bruno Le Maire,
20:31a dénoncé cette intransigeance du ministre néerlandais en disant que décidément,
20:37il faut mettre de côté les considérations habituelles de rigueur budgétaire d'orthodoxie financière des pays
20:45pour assouplir les conditions actuelles d'octroi de prêts, d'octroi d'aides à des pays membres de l'Union
20:52européenne.
20:55Henri Vernet, en vous écoutant avec Blandine Hugonnet et Henri Delaguerri depuis trois épisodes,
21:01on sent bien que les Européens n'arrivent pas à s'entendre alors que l'heure est particulièrement grave.
21:06Non, ils n'arrivent pas à s'entendre et c'est assez désespérant parce qu'en effet, on fait face
21:10à une crise qu'on n'a jamais vue
21:11et c'est au moment où on aurait le plus besoin d'Europe, le plus besoin de montrer qu'il
21:17y a d'une part une solidarité des États membres entre eux
21:20et d'autre part qu'il y a également une certaine maîtrise concertée, en tout cas une approche coordonnée entre
21:28les 27 pays
21:29et singulièrement les 18 pays membres de l'eurogroupe qui partagent la monnaie commune.
21:35On pourrait attendre au minimum cette maîtrise-là, cette action concertée et là qu'est-ce qu'on a ?
21:41On a le spectacle de dirigeants européens qui n'ont pas l'air de comprendre que les citoyens, que les
21:46peuples européens
21:47attendent d'eux, qu'ils prennent la mesure de la gravité de cette pandémie et que donc ils soient à
21:53la hauteur de leur responsabilité tout simplement.
21:58Le mercredi 8 avril, en Espagne, le nombre de morts a augmenté pour la deuxième journée consécutive, preuve que l
22:04'épidémie est très loin d'être terminée.
22:08Blandine Hugonnet, on parlait au début du premier épisode de Mattia, le premier italien touché par le Covid-19. Est
22:15-ce qu'on sait comment il va aujourd'hui ?
22:16Oui, on sait, on a des nouvelles, il va bien, il est vivant, c'est le plus important. Il a
22:20été guéri complètement du coronavirus.
22:22Il est sorti de l'hôpital après quasiment un mois et il aura quand même passé trois semaines sous respirateur
22:27artificiel.
22:28Les Italiens ont bien suivi cette guérison pas à pas quand il est sorti de sa réanimation, quand il a
22:34pu respirer de façon autonome, etc.
22:36Et juste avant qu'il quitte finalement l'hôpital, les médias ont diffusé un enregistrement audio dans lequel il donne
22:42de ses nouvelles.
22:54Il lance un peu ce message à la fois d'espoir et de prévention aux Italiens en disant qu'il
22:59a eu de la chance de s'en sortir.
23:00Lui, c'est bien la preuve que c'est possible de guérir de cette maladie, mais que la seule vraie
23:05solution c'est aussi de rester chez soi et de respecter le confinement et les mesures.
23:09Ça, c'est son message. En tout cas, Mathia est bien rentrée chez lui. Il a retrouvé sa femme tout
23:13juste à temps pour l'accouchement parce qu'il va être papa pour la première fois.
23:44Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires