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Coronavirus. Alors que les États-Unis se préparent à la présidentielle du 3 novembre, le président, Donald Trump, gère la crise sanitaire tout en pensant à sa réélection. Récit.

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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Les Etats-Unis sont officiellement le pays le plus endeuillé par le Covid-19.
00:16Plus de 46 000 morts à la date du 23 avril.
00:19Dans ce pays, cette crise sanitaire et économique survient en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 3 novembre.
00:38Comment Donald Trump gère-t-il l'épidémie de coronavirus ?
00:41CodeSource répond en deux épisodes à cette question avec le correspondant de Radio France aux Etats-Unis, Gregory Phillips.
01:00Gregory Phillips, on vous retrouve en ligne de Washington pour la suite de ce récit.
01:05Nous sommes à la mi-mars. La campagne électorale américaine pour la prochaine présidentielle prévue en novembre ne s'est
01:11pas arrêtée.
01:12Ses deux principaux opposants, candidats à l'investiture démocrate Bernie Sanders et Joe Biden, étrillent la gestion de la crise
01:19de Donald Trump.
01:20C'est maintenant devenu un véritable argument de campagne pour les candidats démocrates qui accusent Trump de ne pas avoir
01:27suffisamment préparé le pays à cette épidémie.
01:30C'est Biden qui dit que Trump n'est évidemment pas responsable du Covid-19, mais il est responsable du
01:36degré d'impréparation du pays.
01:39Notamment en ce qui concerne les commandes de masques, les commandes de respirateurs artificiels qui commencent à manquer dans certains
01:46états et notamment à New York.
01:47Et puis surtout en ne décidant pas par exemple d'un confinement national.
01:51Donc les démocrates effectivement dénoncent la mauvaise gestion de cette crise par l'administration.
02:00Et les américains eux, qu'est-ce qu'ils pensent de la gestion de crise de la part de Donald
02:04Trump ?
02:05À ce moment-là, la cote de popularité de Donald Trump remonte un peu dans les sondages.
02:10On note ce mouvement.
02:11Et puis il y a aussi chez les américains sans doute le sentiment que la situation n'est pas encore
02:17très grave.
02:17C'est-à-dire qu'il y a parfois, notamment en Californie, des premières mesures de confinement, mais assez peu
02:24respectées.
02:24On voit encore beaucoup de monde sur les plages, dans les parcs publics.
02:27Et donc les américains n'ont pas encore véritablement, je pense, à ce moment-là, conscience de la gravité de
02:32la situation.
02:32Le lundi 16 mars, Donald Trump émet une série de recommandations.
02:36Pour la première fois, la Maison-Blanche évoque des mesures de distanciation sociale.
02:42Ainsi, mon administration recommande que tous les américains, y compris les jeunes et les personnes non malades,
02:48travaillent à domicile, restent à la maison au lieu d'aller à l'école, évitent les rassemblements de plus de
02:5310 personnes.
02:54Ce ne sont pas des obligations, mais des recommandations.
02:56Il y a un cahier de 3 ou 4 pages qui explique les gestes barrières, les bonnes mesures à prendre.
03:03C'est ce même jour aussi que la ville de New York annonce la fermeture des écoles.
03:07Ça aussi, c'est important.
03:08C'est le premier système scolaire aux États-Unis, plus d'un million d'élèves.
03:12Et quand New York annonce la fermeture des écoles, évidemment, ça marque les esprits.
03:18Le 17 mars, le Covid-19 est présent dans les 50 États américains.
03:22Il y a au total plus de 150 morts.
03:25Et les États prennent des mesures en ordre dispersé.
03:28Oui, parce qu'on est dans un pays fédéral.
03:31Et en fait, la responsabilité des décisions incombe surtout aux gouverneurs de chacun de ces 50 États.
03:37Et c'est pour ça qu'on voit une gestion un peu différente,
03:39selon que vous soyez dans l'État de Washington, sur la côte ouest, en Floride, en Californie,
03:45à New York ou dans le centre du pays, au Kansas ou au Dakota ou en Oklahoma.
03:50Donc chaque gouverneur gère la crise un peu à sa manière.
03:53Et on voit par exemple qu'en Floride, qui est pourtant un État où les cas commencent à être de
03:58plus en plus nombreux,
03:59où il y a beaucoup de personnes âgées à risque,
04:01parce qu'il y a beaucoup de retraités américains qui vont s'installer en Floride,
04:04on voit que le gouverneur républicain, par exemple, ne ferme pas les plages et les parcs publics.
04:10Alors que deux jours plus tard, la Californie, par exemple, sur ordre du gouverneur,
04:15ordonne un confinement de ces 40 millions d'habitants.
04:18Selon l'État où vous habitez, les mesures sont extrêmement différentes.
04:22Le 20 mars, le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, décide à son tour de confiner la
04:27population.
04:28Alors évidemment, c'est très important.
04:30C'est la première ville des États-Unis.
04:32Andrew Cuomo est le gouverneur démocrate de l'État de New York.
04:36Et donc, il annonce le confinement.
04:38On va voir, à partir de ce jour-là et dans les jours qui suivent,
04:43que Cuomo va prendre une place de plus en plus importante.
04:48Cuomo devient une figure qui donne beaucoup d'informations sur la propagation du virus,
04:54qui est assez écoutée par les Américains,
04:55et qui est assez rassurante par rapport à un Donald Trump,
04:59qui est assez contradictoire parfois dans ses déclarations
05:02et qui, du jour au lendemain, peut varier sur la gravité de la crise ou pas.
05:06Cuomo s'impose peu à peu comme quelqu'un qu'on écoute ici aux États-Unis
05:12et pas seulement à New York.
05:13Donald Trump est interrogé sur la possibilité d'étendre ses mesures à l'ensemble du pays.
05:18Est-ce que le président américain peut légalement ordonner le confinement des 50 États américains ?
05:26Alors, c'est un débat politique qui fait rage en ce moment aux États-Unis.
05:30C'est effectivement le pouvoir du président américain, pays fédéral.
05:34Donc, chaque gouverneur peut décider de ce qu'il fait dans son État.
05:38Et Trump, de son côté, dit
05:39« Mais moi, j'ai le pouvoir de vous imposer des mesures si je le souhaite,
05:43des mesures d'ailleurs de confinement ou de réouverture de certains États. »
05:47Il faut bien préciser que Donald Trump ne veut pas d'un confinement national.
05:51Ça, il l'a dit et répété.
05:53Il ne veut pas fermer complètement le pays.
05:56Et par exemple, certains États du centre des États-Unis,
05:59comme les deux Dakotas, le Nebraska, le Wyoming ou le Montana,
06:02il ne veut pas d'un confinement national et il laisse la main libre au gouverneur.
06:07Le 22 mars, il y a plus de 400 morts du Covid-19 aux États-Unis.
06:12Donald Trump prend la parole tous les jours.
06:14Il organise des points presse à la Maison-Blanche.
06:17Racontez-nous comment ça se passe, Grégory Phillips.
06:22Alors, ces points presse deviennent quotidiens dans une salle des briefings de la Maison-Blanche
06:27qui est située pas très loin du bureau Oval, dans l'aile ouest de la Maison-Blanche,
06:31et qui était désertée depuis des mois.
06:33C'est-à-dire que si Obama, à l'époque, allait souvent à la rencontre des journalistes dans cette salle,
06:39Trump ne le faisait plus du tout et même ses porte-parole n'utilisaient plus la salle.
06:43Elle était complètement inutilisée.
06:45Et depuis le début de la crise, Trump a pris l'habitude de convoquer sa task force,
06:49son équipe de lutte contre le coronavirus, à 17h, chaque soir, dans cette salle.
06:54Et lui, il est là quasiment tous les soirs.
06:56Il est face aux journalistes, il fait un point de situation rapide,
07:00et puis il répond aux questions de la presse américaine.
07:02Et Trump fait du Trump.
07:10Parfois, ses points presse dérapent, entre guillemets, se transforment en tribune politique.
07:15Il va accuser CNN, par exemple, d'être un média corrompu et qui propage des mensonges.
07:21Il va attaquer ses adversaires démocrates.
07:23Et ses points de situation deviennent, quasiment un soir sur deux,
07:27une tribune politique pour Trump.
07:40À tel point que certaines chaînes de télévision, je pense à CNN ou MSNBC,
07:45décident parfois de ne pas diffuser ou de couper les interventions du président
07:49quand elles deviennent trop politiques et qu'il s'éloigne de la situation sanitaire.
07:53Et sur l'épidémie, justement, sur la situation sanitaire, il se veut rassurant ?
07:57Oui, il essaie de rassurer la population.
07:59Et d'ailleurs, c'est ce qu'il dit le plus souvent.
08:01Je ne suis pas là pour inquiéter.
08:03Il faut que je donne de l'espoir aux Américains.
08:05Donc, il parle d'un vaccin en cours de développement et qui va arriver rapidement.
08:09Il évoque la chloroquine qui fait débat aussi en France, en Europe.
08:15Et lui dit que c'est un très bon traitement, même si son conseiller scientifique,
08:19le docteur Anthony Fauci, revient derrière en disant
08:22« Attendez, le traitement n'est pas encore tout à fait validé par les autorités sanitaires.
08:27Et c'est beaucoup trop tôt pour parler de ça. »
08:29Mais Trump met ça en avant comme un espoir.
08:31Oui, il essaye de rassurer et de dire que bientôt, l'économie va redémarrer
08:37et qu'il y aura un boom économique.
08:40Très souvent, c'est l'argument qu'il utilise aussi pour dire aux Américains
08:43« On va revenir au travail, ne vous inquiétez pas, l'économie va redémarrer. »
08:49Grégory Phillips, au début du mois de mars, les Etats-Unis étaient en situation de plein emploi.
08:54Et en moins de trois semaines, le pays plonge en récession.
08:58Alors c'est du jamais vu.
09:00Même au début des années 80, pendant la crise,
09:03même pendant l'effondrement des banques américaines en 2008, on n'a jamais vu ça.
09:08En trois semaines, près de 20 millions d'Américains déposent une première demande d'allocation chômage.
09:14Vous savez qu'aux Etats-Unis, vous pouvez être licencié très facilement.
09:18Il y a notamment beaucoup de gens qui travaillent dans le secteur du tourisme,
09:21de l'hôtellerie, de la restauration, qui du jour au lendemain,
09:24se retrouvent sans rien et se retrouvent à pointer au chômage.
09:27Alors évidemment, pour ces 20 millions d'Américains, la situation est terrible.
09:32D'autant plus que les filets de protection sociale ici aux Etats-Unis sont extrêmement faibles et limités.
09:38On voit aussi au même moment les banques alimentaires au Texas, à New York, dans le quartier du Queens,
09:45même ici à Washington, D.C.
09:47On voit les banques alimentaires qui accueillent d'un seul coup beaucoup plus de monde
09:51parce que les gens n'ont plus de salaire, n'ont plus de quoi payer leur loyer
09:55et n'ont plus de quoi tout simplement acheter de la nourriture.
09:58Il y a quelques jours, j'étais dans une banque alimentaire de Washington
10:01et la fréquentation a été multipliée par trois depuis le début de la crise sanitaire.
10:09Le 23 mars, Donald Trump relativise le nombre de morts du Covid-19
10:13en le comparant à celui des accidents de la route chaque année.
10:31On voit quand Trump fait ce type de déclaration, un rapport à la science
10:37et à ce que peuvent lui expliquer les médecins qui l'entourent, assez particulier.
10:43C'est d'ailleurs un rapport à la science qu'on retrouve chez beaucoup de ces supporters
10:49qui ont tendance à ne pas croire les médecins,
10:52qui ont tendance à penser que cette épidémie est montée de toute pièce par les médias ou l'opposition démocrate.
10:59Et pour ces gens-là, pour la base électorale de Trump,
11:03la priorité, comme pour le président d'ailleurs, c'est l'économie américaine.
11:06Le 26 mars, les États-Unis deviennent le principal foyer de l'épidémie devant la Chine
11:10et cette propagation est particulièrement inquiétante pour les Américains.
11:14Ils sont très nombreux à ne pas être couverts par une assurance santé.
11:18Oui, vous savez, on estime qu'il y a environ 30 millions d'Américains
11:21qui n'ont aucune assurance santé et qu'environ 80 millions de personnes sont, disons, mal assurées.
11:28Donc évidemment, en ces temps d'épidémie, c'est une situation particulièrement inquiétante pour tous ces gens-là.
11:33Et puis, il y a aussi un vrai problème d'inégalité face à la santé.
11:39Au-delà des problèmes d'assurance, les Afro-Américains, par exemple,
11:42comptent plus de cas de diabète, d'obésité, de maladies cardiaques et respiratoires que les autres communautés.
11:50Et on va voir au fil des jours que les Noirs américains tombent plus malades
11:54et que la proportion de décès du Covid-19 dans cette communauté est plus importante que dans les autres.
12:01Au niveau économique, Grégory Phillips, le 27 mars, Donald Trump annonce un plan de relance très ambitieux.
12:07Oui, là aussi, c'est du jamais vu.
12:09Un plan à 2500 milliards de dollars.
12:12C'est plus que deux fois ce qui avait été débloqué pendant la crise financière de 2008.
12:17Alors, à quoi va servir cet argent et cette enveloppe qui a été débloquée par le Congrès et la Maison
12:23Blanche ?
12:24Eh bien, à venir en aide aux industries, on pense par exemple au secteur aérien avec les compagnies américaines
12:30qui véritablement souffrent de ce qui est en train de se passer, aide aussi aux petites entreprises, aide aussi aux
12:38particuliers.
12:39La Maison Blanche annonce que la plupart des Américains vont recevoir un chèque de 1200 dollars par personne,
12:472400 dollars pour un couple, ajouter 500 dollars par enfant pour les aider à traverser cette crise.
12:53Donald Trump va aussi contraindre les entreprises américaines à participer à la lutte contre l'épidémie.
12:59En promulgant ce qu'on appelle le Defense Production Act, la loi sur la production de la défense,
13:04c'est un texte qui remonte aux années 50 pendant la guerre de Corée
13:08et qui contraint les entreprises américaines à produire ce dont le gouvernement fédéral a besoin,
13:14qui peut donc réquisitionner des entreprises et les forcer à produire par exemple des masques ou des respirateurs artificiels.
13:23Et il y a des entreprises comme General Motors qui effectivement ont changé de production pour produire des respirateurs.
13:29SpaceX ou Tesla, Elon Musk aussi ont produit un millier de respirateurs qui ont été distribués sur la côte ouest.
13:37Au niveau politique, Grégory Phillips, Donald Trump continue de cibler certains gouverneurs.
13:42Et notamment ce gouverneur de New York, le démocrate Andrew Cuomo, dont on a déjà parlé
13:47et qui incontestablement devient une figure importante dans cette épidémie.
13:52Il y a entre Cuomo et Trump un jeu politique assez marqué, on va dire.
13:58Un temps, Cuomo va louer la bonne coopération avec l'État fédéral,
14:02puis le lendemain expliquer que la Maison-Blanche ne lui envoie pas assez de moyens pour faire face à la
14:08crise.
14:09Trump, pareil, il accuse de ne pas avoir commandé assez de respirateurs.
14:14Là, on est loin des considérations sanitaires, on est plus dans un jeu politique ou politicien
14:20entre un démocrate à New York, Cuomo, et un républicain, Trump, à la Maison-Blanche.
14:26Le 31 mars, les États-Unis dépassent la Chine en nombre de morts.
14:30On est à plus de 3 800 morts du Covid-19.
14:33Grégory Phillips, dans des États comme la Louisiane, l'épidémie fait des ravages.
14:37Oui, alors pas tant en termes de nombre de victimes qu'en termes de rapidité de propagation du virus.
14:44On voit que les chiffres et la courbe grimpent extrêmement rapidement.
14:48Pourquoi ? Parce qu'il semble que les festivités du Mardi Gras,
14:51qui ont eu lieu en février à la Nouvelle-Orléans, mais dans d'autres villes de Louisiane aussi,
14:56aient servies de bombes épidémiques à retardement,
15:00avec des milliers de personnes réunies le même soir à Bourbon Street, par exemple,
15:04et qui se seraient contaminées à ce moment-là.
15:08La Louisiane est un État assez pauvre, rural, avec une forte population afro-américaine,
15:15et il semble que le virus ait fait des ravages dans cet État en particulier.
15:18Il y a un autre endroit où on peut parler d'une explosion du nombre de cas, c'est New
15:23York.
15:23Dans la ville, le combat ne fait que commencer contre le virus.
15:26Manhattan est devenu le cœur de l'épidémie avec la moitié des cas américains.
15:3090 000 cas positifs au Covid-19, quasiment 10 jours après les premières mesures de confinement.
15:36Là, comment ça s'explique ?
15:37Les autorités new-yorkaises expliquent ça par plusieurs facteurs.
15:41D'abord, évidemment, la taille de la ville, la plus importante aux États-Unis.
15:46Ensuite, le fait que la population vit dans des secteurs extrêmement peuplés,
15:50à Manhattan, par exemple, ou dans le Queens,
15:52avec un taux de population extrêmement fort par immeuble, par exemple.
15:56Et puis aussi par le fait que New York est une ville d'entrée aux États-Unis,
16:01de passage, où chaque année, évidemment, des millions de touristes débarquent.
16:07Donc ça a évidemment facilité l'arrivée sur la côte est du virus
16:12et la propagation dans Manhattan, mais aussi dans la plupart des cinq quartiers de la ville.
16:18Grégory Phillips, le soir du 31 mars,
16:20Donald Trump annonce deux semaines à venir extrêmement difficiles.
16:24Oui, on note véritablement un changement de ton de la part du président des États-Unis,
16:28qui d'un seul coup paraît beaucoup plus grave.
16:36Presque affecté par ce qui se passe.
16:38Ce soir-là, Trump annonce d'ailleurs la prolongation pour 30 jours
16:41des mesures de distanciation sociale.
16:43Et il dit que c'est une question de vie ou de mort.
16:46Et puis, à la tribune, dans cette salle de presse de la Maison-Blanche,
16:49Trump évoque aussi ces Américains qui ont un proche, un ami ou une connaissance
16:55en réanimation ou dans le coma.
16:57Et on a l'impression à ce moment-là que Trump, évidemment,
17:00prend la mesure de la gravité de la crise sanitaire
17:03et qu'elle le touche même personnellement.
17:05Et en l'occurrence, effectivement, l'un de ses amis,
17:07qui s'appelle Stanley Shera, 77 ans, un promoteur immobilier,
17:12se trouve à New York hospitalisé en réanimation.
17:15Trump ne prononce pas le nom de cet ami, mais à plusieurs reprises,
17:19il dit « Tout le monde a des proches concernés, à commencer par moi. »
17:24Et on apprendra quelques jours plus tard que son ami est décédé du Covid-19.
17:28Le 13 avril, le démocrate Bernie Sanders se rallie à Joe Biden,
17:32qui sera donc, sauf accident, le prochain candidat démocrate.
17:36Deux jours plus tard, le 15 avril, Donald Trump fustige
17:39le travail de l'Organisation mondiale de la santé.
17:41Oui, il pointe du doigt la responsabilité de l'OMS dans cette crise sanitaire
17:47et il annonce une mesure extrêmement forte,
17:51à savoir que les États-Unis vont arrêter de financer
17:54l'Organisation mondiale de la santé.
17:56Les États-Unis, c'est le premier contributeur à cette organisation onusienne,
18:01à peu près 500 millions de dollars par an.
18:03Et il dit « On va arrêter de financer les travaux de l'OMS ».
18:07Pourquoi ? Parce qu'ils doivent s'expliquer sur la gestion de cette crise depuis le tout début.
18:13Comment est-ce qu'ils ont tardé à nous informer de ce qui se passait en Chine ?
18:16Et il accuse d'ailleurs l'OMS d'être pro-chinoise.
18:20En vérité, la colère de Trump pour l'OMS
18:24rejoint un petit peu aussi son calendrier électoral,
18:27parce que c'est facile pour ce président unilatéraliste
18:32qui, depuis le début de son mandat,
18:34dénonce la mondialisation,
18:36de taper à bras raccourcis sur l'OMS,
18:39qui est une organisation qui dépend des Nations Unies.
18:42Donald Trump qui va s'en prendre également à la Chine,
18:44deux jours plus tard, le 17 avril.
18:46Oui, et là, sur la Chine, le changement de ton est radical.
18:49Si on revient tout début janvier,
18:51Trump vantait les mérites de Pékin en disant
18:53« Il gère très bien la crise ».
18:55Et puis, petit à petit, le discours a évolué
18:58et un temps, Trump a, pour parler du coronavirus,
19:01évoqué le virus chinois ou le virus de Wuhan,
19:05ce qui d'ailleurs a provoqué une crise diplomatique
19:07assez intense avec Pékin.
19:09Et là, mi-avril, le ton est encore plus fort
19:14à l'égard des autorités chinoises.
19:16Trump dit « Je ne suis pas content.
19:18Ils ont caché ce qui se passait dans leur pays début janvier
19:22et ils devront fournir des explications.
19:24Évidemment, pour Donald Trump, qui est en campagne électorale
19:29et qui, évidemment, est critiqué pour sa gestion de la crise
19:32et son absence de réaction,
19:34c'est important de trouver un bouc émissaire, si je puis dire,
19:37et de désigner, par exemple, les autorités chinoises.
19:41Grégory Phillips, depuis la mi-avril,
19:44il y a des manifestations dans plusieurs États américains
19:47pour réclamer la fin des mesures de confinement.
19:49Oui, on a vu ça, notamment dans le Michigan,
19:54où 3 000 personnes se sont réunies la semaine dernière
19:56et ont défié les consignes de confinement
19:59pour réclamer la reprise immédiate de l'activité économique
20:04et pour dire aussi « Ce confinement restreint nos libertés ».
20:08Alors, dans cette foule de 3 000 personnes,
20:10on a vu beaucoup de supporters de Trump,
20:12des drapeaux Trump 2020.
20:14On a vu aussi des gens en armes disant
20:17« Vous voyez, vous restreignez nos libertés aujourd'hui
20:20à la faveur de cette épidémie.
20:22Demain, vous voudrez nous interdire le droit de porter des armes
20:25et supprimer le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis ».
20:29Il y a eu d'autres manifestations dans le Minnesota,
20:33dans l'État de Virginie, également dans l'État de New York.
20:35Alors, ce ne sont pas des manifestations massives.
20:38On parle de quelques centaines de personnes
20:40et on parle là de la frange la plus conservatrice,
20:44sans doute, des supporters de Trump.
20:45On parle aussi de militants d'extrême droite.
20:48Mais, en tout cas, ces manifestants anti-confinement et pro-Trump
20:52ont reçu le soutien du président
20:54qui, dans des tweets, a écrit
20:56« Libérez la Virginie, libérez le Minnesota, libérez le Michigan ».
21:01Sous-entendu, « Mettez fin au confinement
21:03et laissez l'activité économique reprendre ».
21:05À la date du 20 avril, le Covid-19 avait fait environ 40 000 morts aux États-Unis.
21:10Grégory Phillips, quand on vous écoute, quand on écoute votre récit,
21:14on voit bien que le pays, malgré cette crise, est en pleine campagne présidentielle.
21:18Est-ce que, pour Donald Trump, cette crise peut lui coûter sa réélection ?
21:22Alors, écoutez, cette période est tellement particulière
21:25et cette campagne électorale est devenue tellement imprévisible.
21:30On ne sait même pas si les conventions démocrates et républicaines
21:32pourront avoir lieu cet été comme prévu, que je serais bien en peine de vous répondre.
21:36Mais il y a une chose qui est certaine, c'est qu'avant l'épidémie,
21:39Trump, pour sa réélection, misait sur une chose, l'économie.
21:43Il n'arrêtait pas de le dire.
21:44On avait un taux de chômage à 3,5%.
21:46On avait la bourse de New York qui ne cessait de caracoler et de grimper.
21:51Et il disait « On a la meilleure économie du monde ».
21:54Aujourd'hui, on est quasiment en récession.
21:56On va avoir un taux de chômage qui, sans doute, va bientôt avoisiner les 13, 14, voire 15%.
22:03Donc, pour Trump, au-delà de la gestion de la crise sanitaire,
22:07la priorité absolue, c'est de redémarrer le pays,
22:10de rouvrir les États-Unis et de faire fonctionner à nouveau cette économie.
22:16Parce que si les États-Unis sont en récession en novembre,
22:19ce sera sans doute beaucoup plus compliqué pour lui.
22:31Merci Grégory Phillips.
22:33Et je renvoie au podcast que vous animez avec les autres correspondants
22:37des radios publiques francophones,
22:39Washington DC, disponible sur toutes les plateformes.
22:44Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
22:47disponible chaque soir du lundi au vendredi.
22:50Si vous aimez Code Source, n'hésitez pas à nous le dire
22:52en mettant des petites étoiles
22:54et en vous abonnant sur votre application de podcast préférée.
22:58Cet épisode de Code Source a été conçu et préparé par Marion Bottorel,
23:01production Thibault Lambert,
23:03réalisation Julien Moncoupiole.
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