- il y a 9 heures
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Coronavirus. La région Grand Est subit de plein fouet l’épidémie. Avec plus de 2700 hospitalisations, les centres de soins sont débordés et les soignants à bout de souffle. Code Source revient sur cette crise sanitaire avec Jean Rottner, président de la région Grand Est et ancien médecin urgentiste.
Notre article : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/le-grand-est-face-a-l-enfer-du-coronavirus-du-rassemblement-evangelique-a-l-hopital-militaire-26-03-2020-8288649.php
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Emmanuel Macron, un masque sur le visage.
00:14Le chef de l'État visite un hôpital militaire de campagne à Mulhouse, le mercredi 25 mars, avant de prononcer
00:21un discours.
00:22Mes chers compatriotes, aujourd'hui ici, à Mulhouse, en Alsace, dans cette région qui est à ce jour la plus
00:31touchée par l'épidémie de Covid-19,
00:34je m'associe à la douleur des familles et je veux leur dire que la nation tout entière est à
00:39leur côté.
00:40Aujourd'hui, avec un invité, CodeSource raconte comment le Grand Est gère cette épidémie que la région a vu arriver
00:47dès la fin du mois de février.
01:01Jean Rottner, vous êtes président Les Républicains de la région Grand Est.
01:05On va refaire ensemble le film des événements de cette crise du coronavirus dans le Grand Est, l'une des
01:11régions les plus durement touchées.
01:13Jean Rottner, quelques mots sur vous d'abord. Vous avez 53 ans, vous êtes fils d'instituteur, vous êtes médecin,
01:19vous avez fait vos études à l'université Louis Pasteur de Strasbourg, vous avez été urgentiste avant de diriger entre
01:252005 et 2009 le Samus Mur Urgence de Mulhouse.
01:29Jean Rottner, les médias français commencent à parler du coronavirus en Chine autour du 7-8 janvier.
01:37Vous, quand est-ce que vous en entendez parler pour la première fois ?
01:39On en entend parler pour la première fois, les tout derniers jours de février, avec des cas suspects qui sont
01:47hospitalisés pour le premier d'entre eux à Strasbourg,
01:51et ensuite des petits clusters familiaux qui interrogent, qui posent questions.
01:56Finalement, le premier malade de réanimation est admis le 2 mars, et tout cela fait suite à un rassemblement religieux
02:05évangélique
02:06qui se situe aux alentours, on va dire, du 17 et 24 février, pile-poil, dans la période d'incubation,
02:14la révélation des premiers signes cliniques,
02:16les casters familiaux qui se développent avec des familles qui sont isolées chez elles à domicile.
02:24Début mars, qu'est-ce qu'on sait de ce grand rassemblement d'évangélistes dans votre ville, Mulhouse ?
02:30Le cas intéressant, c'est effectivement ce premier cas de réanimation,
02:34parce que c'est là qu'on se rend compte que ça ne va pas être une épidémie comme une
02:38autre,
02:38compte tenu de la densité de personnes, 2000 personnes, 300 enfants,
02:42vous savez que les enfants sont des porteurs sains, qui sont allés entre-temps à l'école,
02:46qui ont probablement refilé le virus à d'autres, et ainsi de suite, et ainsi de suite.
02:49Et donc, on se dit que là, on est en train de se prendre un tsunami en plein dans la
02:54figure.
02:56Concrètement, comment se déroulait ce rassemblement évangélique ?
03:00Vous disiez 2000 personnes, où est-ce qu'ils étaient réunis ? Comment ça s'est passé ?
03:03C'est une des plus grandes églises évangéliques de France, c'est 2000 personnes,
03:07et les évangéliques sont très tactiles, s'embrassent, se touchent la main,
03:12donc il y a une diffusion largement possible du virus, et on voit des cas partir et flamber,
03:19mais très rapidement, moi je suis étonné, parce que le 1er de mars,
03:24dans les contacts que j'ai avec le chef de service des urgences et la directrice,
03:28ils me disent, ben, on nous appelle au SAMU, flambe, ils sont fois 4, fois 5,
03:32et donc je leur dis, ok, je vais vous donner un coup de main.
03:34Je m'assieds en salle de régulation le 4 au soir, et je me rends compte là,
03:39effectivement, que les appels explosent, qu'ils viennent de tout le département,
03:43et que c'est le cas clinique typique du coronavirus, le mal de tête, le mal de gorge,
03:49le rhume, les courbatures, tout ce que l'on connaît, et qui est prédiffuse,
03:53et on a vu des Guyanais qui étaient là, qui sont rentrés chez eux,
03:57et ça a été 5 cas en Guyane, ça a été des cas en Corse, ça a été des cas
04:01dans toute la France entière,
04:02parce que cette église attire de la France entière.
04:05Et que se passe-t-il dans les jours qui suivent ?
04:07Le 5 dans la journée, je fais un petit SMS à Emmanuel Macron en lui disant,
04:12attention, entre le discours national, qui est plutôt rassurant,
04:16parce que c'est la moyenne nationale, et ce que nous vivons ici, il y a une différence,
04:20là on n'est même plus au stade 2, on est déjà au stade 3,
04:23c'est une épidémie que nous vivons, et il faut qu'il y ait une adéquation
04:27entre le discours public et ce que nous vivons sur le terrain.
04:30La question c'est de savoir justement quelles sont les mesures que l'on prend,
04:35est-ce qu'on ferme toutes les écoles, est-ce qu'on ferme les écoles où il y avait des
04:38enfants en contact,
04:39est-ce qu'on ferme les commerces, est-ce que...
04:42Des questions qui interpellent, et ce mandat 16, le préfet prend une première décision,
04:48c'est-à-dire les écoles vont fermer, la maire de Mulhouse va même plus loin dans ses décisions,
04:54elle ferme l'ensemble des structures publiques,
04:57pour bien montrer aux gens que la situation est sérieuse, et qu'ils doivent la considérer,
05:03et le Premier ministre, dans les heures qui suivent,
05:06prend la décision pour l'Oise et pour le Haut-Rhin, d'aller plus loin,
05:10nous sommes passés au stade de renforcer, de fermer toutes les écoles,
05:14et d'être extrêmement strictes par rapport à cela.
05:17Mulhouse est donc devenue l'épicentre de la propagation du coronavirus en France.
05:22Et dès le 7 mars, effectivement, Mulhouse est considérée comme un foyer de contamination, un cluster.
05:26À ce moment-là, Jean Rotner, est-ce que vous avez peur que le virus se propage largement ?
05:30Il est déjà partout, on n'a plus peur. Il est déjà partout.
05:34On le voit, nos proches, nos amis, nos collègues.
05:37Nous étions déjà, à ce moment-là, en stade 3, en stade 3 avancé,
05:41et il y avait une nécessité, effectivement, d'aller vers le confinement,
05:45et on le revendiquait de manière assez forte.
05:48Jean Rotner, je rappelle donc que vous êtes médecin urgentiste à l'origine.
05:52À ce moment-là, quelle est la situation dans les hôpitaux du Grand Est ?
05:56Que vous disent vos anciens collègues ?
05:58La situation, elle est extrêmement tendue, elle est très tendue, surtout en réanimation,
06:02puisqu'on se rend compte de plus en plus que les patients arrivent à l'hôpital bien triés,
06:08c'est-à-dire que le travail qui a été fait par le SAMU auparavant
06:12permet finalement d'accepter à l'hôpital les patients qui sont les plus graves
06:16et qui nécessitent des prises en charge, soit dans un service commotionnel,
06:19soit un service de réanimation, les autres dépendant plus de la médecine de ville.
06:24Dès ce moment-là, l'hôpital se réorganise ?
06:26Dès ce moment-là, l'hôpital se réorganise, il passe en plan blanc,
06:29et donc la décision est prise.
06:32De supprimer toutes les consultations non-urgentes.
06:35Décision suivante, c'est d'essayer de séparer, d'organiser les urgences
06:40entre les urgences dites habituelles, normales,
06:44une appendicite, une fracture de jambe,
06:46et les urgences qui sont présumées Covid+.
06:50Ça met du temps parce que c'est une organisation où il faut vider des services,
06:56les réorganiser, et aujourd'hui, ces deux flux existent bien et fonctionnent bien.
07:01Le jeudi 12 mars, le président Emmanuel Macron fait sa première allocution télévisée.
07:05Il annonce la fermeture des écoles pour le 16 mars,
07:08mais décide de maintenir le premier tour des municipales.
07:10Est-ce que ce jour-là, le 12 mars, vous vous dites que le chef de l'État a pris
07:15les bonnes mesures ?
07:15La fermeture des écoles au niveau national, oui.
07:18Sur les élections, nous, on n'avait plus d'avis parce que, si vous voulez,
07:22on était vraiment en zone épidémique.
07:26C'était admissible, mais on sentait très bien chez nous
07:29qu'il fallait aller au confinement très rapidement.
07:31Le 16 mars, Jean Rottner, dans une interview que vous accordez aux Parisiens,
07:34vous lancez un appel au pays.
07:36Et le titre de cette interview, c'est
07:38« Je ne sais pas si vous mesurez ce que l'on vit ici ».
07:41Qu'est-ce que les gens, à ce moment-là, dans le reste de la France, ont du mal à
07:45comprendre ?
07:46Mais ce qui nous frappe, quand on regarde les images sur Internet, à la télé,
07:51c'est des Français qui sont nonchalants, dans les parcs,
07:54qui ne mesurent pas aujourd'hui le danger qui est déjà présent dans le pays.
08:00Et donc, il est indispensable pour nous, quand je lance ce cri derrière,
08:04de dire « Mais rendez-vous compte, chaque fois que vous avez une attitude de ce type,
08:08vous vous mettez en danger de mort.
08:10Vous mettez en danger de mort les gens que vous aimez.
08:13C'était majeur parce qu'on a beau dire « Oui, il n'y a pas assez de moyens à
08:16l'hôpital,
08:17il faut un travail superbe, c'est nos nouveaux héros ».
08:19Si on n'est pas nous-mêmes en capacité de prendre les bonnes décisions,
08:24les bonnes attitudes, eh bien, on exerce une pression monumentale sur l'hôpital.
08:32À ce moment-là, quelle est la situation précisément dans les hôpitaux de votre région ?
08:37À ce moment-là, on a déjà beaucoup de difficultés à admettre les patients en réanimation
08:42parce qu'il y a beaucoup, beaucoup plus de patients qu'on imaginait qui sont admis,
08:46souvent des patients jeunes,
08:48et s'organisent petit à petit l'idée de ces évacuations sanitaires.
08:54L'armée a évacué ses premiers malades de Mulhouse.
08:57Six patients ont été transportés vers Toulon à bord d'un avion militaire à 330 hier,
09:02une évacuation pour alléger les services déjà saturés à Mulhouse.
09:06Des norias d'hélicoptères survolent la ville tout au long de la journée et de la nuit
09:10et évacuent les patients vers Troyes, vers Reims, vers Charlemagne-Mézières,
09:13Nancy, Metz, une noria, là aussi l'évacuation sanitaire s'est organisée vers la Suisse, l'Allemagne et le Luxembourg.
09:22Après la deuxième allocution télévisée d'Emmanuel Macron le lundi 16 mars,
09:26vous apprenez donc qu'un hôpital de campagne militaire va être installé sur le parking du CHU de Mulhouse ?
09:31Oui, c'est une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle puisqu'elle va permettre d'alléger les lignes de
09:38réanimation,
09:39mais on a conscience aussi que ce n'est qu'une bulle d'oxygène
09:42parce que je pense que si la courbe épidémiologique ne diminue pas,
09:48si cette fameuse courbe, le sommet dont tout le monde attend enfin l'arrivée, ne se fait pas,
09:53je pense que cet hôpital va être très très rapidement saturé.
09:57Le 19 mars, dans le journal L'Humanité, la chef des urgences de l'hôpital de Sarguemines en Moselle,
10:02Emmanuel Séris, lance une alerte glaçante dans le Grand Est, le tri des malades a commencé.
10:08Est-ce que vous confirmez cela ?
10:10Clairement, oui, il y a des choix qui sont faits, il y a des choix de non réanimation,
10:14de patients qui sont atteints de comorbidités, mais qui sont identiques aux choix que l'on ferait en temps normal,
10:20quand vous avez 90 ans et il n'est plus raisonnable aujourd'hui de bénéficier de soins de réanimation,
10:28mais ce sont toujours des décisions qui sont prises en lien avec la famille quand elles existent,
10:33en lien avec les derniers souhaits du patient aussi quand les patients ont été exprimés aussi clairement.
10:39Donc voilà, oui, on vit aujourd'hui une forme de médecine de guerre,
10:43mais cette médecine de guerre, elle se fait, encore une fois, dans une responsabilité à la fois individuelle et collective,
10:50c'est-à-dire qu'en ne prenant pas nous-mêmes et en ne faisant pas nous-mêmes les gestes
10:57qui comptent pour sauver la vie des autres,
10:59nous les mettons préalement en danger, et nos aînés tout particulièrement.
11:06Les patients en réanimation pour les cas les plus graves de coronavirus,
11:11ils sont dans quel état précisément pour que les gens comprennent bien ?
11:14La plupart d'entre eux ont ce que l'on appelle un syndrome de détresse respiratoire aiguë.
11:20Et ce syndrome nécessite d'être intubé,
11:22intubé c'est-à-dire qu'on enfonce une petite canule en plastique au fond de la gorge
11:27et qu'on relie cette canule à une machine de telle manière à ce que les poumons puissent bien respirer
11:32et en même temps on endort la personne de telle manière à ce qu'elle n'ait plus aucun effort
11:36à faire
11:36mais qu'elle dépende uniquement de la machine, ça la soulage.
11:39Les malades qui ont ce syndrome dans le cadre du coronavirus
11:44sont des malades qui sont ventilés grâce à la machine de manière beaucoup plus longue
11:48que ce qu'on a l'habitude de voir.
11:50Généralement, quelqu'un qui présente ce syndrome, c'est 8 jours de réanimation.
11:54Là, c'est entre 15 et 20 jours.
11:56Et il y a un phénomène d'embouteillage des admissions en service de réanimation.
12:00Jean Rottner, au niveau des masques, on sait que la pénurie dure depuis plusieurs semaines.
12:05Est-ce que vous en avez suffisamment dans vos hôpitaux ?
12:07Alors, dans les grands hôpitaux, je dois dire qu'on est achalandé de manière relativement régulière
12:12mais il existe une forme de tension.
12:14Aujourd'hui, il existe une forme de tension sur les masques liés un petit peu à l'état de la
12:19France aussi
12:19et à ce confinement et à la difficulté d'avoir des approvisionnements réguliers.
12:23Et en même temps, j'ai lancé moi un appel à la générosité des entreprises
12:28qui avaient très souvent dans leur stock des masques de type FFP2
12:32dus à la crise encore du H1N1.
12:35Et nous en avons commandé en Chine.
12:37Et nous avons relancé à l'échelle régionale des chaînes de production dans nos industries textiles.
12:43Nous espérons pouvoir chaque semaine en produire entre 500 000 et 1 million.
12:47Jean Rottner, le lundi 23 mars, on apprend que 4 soignants sont morts du coronavirus dans votre région.
12:54J'imagine que vous pensez à leur famille ?
12:56Je pense d'abord à leur sacrifice parce que c'est une forme de sacrifice.
13:01Ils sont allés au bout de leur vocation et moi j'aimerais vraiment saluer leur mémoire.
13:04Naturellement, il y a aussi une pensée émue pour leurs proches, pour leurs équipes,
13:11pour les équipes de direction qui ont à connaître de tels drames.
13:15Mais on va en connaître d'autres. On va connaître d'autres décès.
13:18On va connaître d'autres gens, des équipes qui vont nous quitter.
13:21Ça aussi, c'est pas facile.
13:23Et pour les équipes aujourd'hui, avoir cette réalité en face de soi chaque matin,
13:29quand on va au boulot, chaque soir, quand on vient prendre sa garde,
13:32eh bien c'est lourd à porter.
13:37Combien de lits il vous reste à l'heure où on se parle ?
13:40Aucun. Il n'y a aucun lit qui nous reste.
13:42C'est la guerre de la logistique tous les jours.
13:45C'est-à-dire savoir où on amène nos patients,
13:48comment est-ce qu'il faut encore ouvrir une unité spécialisée supplémentaire.
13:52On est en train d'inventer un système avant l'hôpital,
13:55à l'image de ce que font les madridins aujourd'hui.
13:57C'est-à-dire une sorte d'hôpital hors les murs,
14:01en plus de l'hôpital de campagne de l'armée,
14:03qui lui est spécialisé dans la réanimation.
14:05Comment mesurer l'ampleur du drame que vous subissez dans votre région ?
14:09Il suffit d'ouvrir la presse quotidienne régionale.
14:12Ce matin, je l'ai fait encore.
14:14Il y a six pages d'annonces mortuaires,
14:15là où d'habitude il y en a une à deux.
14:18Ça montre ce que nous vivons au quotidien,
14:20ces décès qui se succèdent au décès.
14:23Cette incapacité aujourd'hui pour les familles
14:25d'être à côté de leurs proches quand ils décèdent,
14:28parce qu'il y a des mesures de protection.
14:31Tout cela, ça marque, ça laisse des traces,
14:34ça laisse des cicatrices.
14:36C'est des cicatrices qui sont indélibiles.
14:38Il y aura un avant et un après-Covid.
14:44Jean Rotner, en tant que président de région,
14:46vous avez forcément affaire à des gens
14:48qui, par moments, ont des baisses de morale.
14:50Pour vous aussi, d'ailleurs, ça doit être difficile.
14:52Comment est-ce que vous faites pour tenir aujourd'hui ?
14:55Vous savez, moi, je ne suis pas au front tous les jours
14:57de la même manière que les soignants
15:00qui sont en position de soins.
15:02Moi, je suis plutôt en back-office,
15:03utilisant mes réseaux.
15:05J'essaie d'arranger des toutes petites choses,
15:07de répondre parfois à des messages de détresse,
15:10des gens qui souhaitent me parler, que je connais,
15:13des gens qui sont hospitalisés.
15:15On vient de m'annoncer encore deux hospitalisations
15:17de gens qui me sont très proches.
15:19On n'a pas le droit de flancher.
15:21Dans ma position, celui de président de région,
15:23on n'a pas le droit de flancher.
15:23Et on a le droit, surtout, d'être relativement humbles
15:27parce que les vrais héros, c'est ceux qui sont au front.
15:30Ce n'est pas nous qui sommes derrière.
15:40Merci à Jean Rottner.
15:44Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
15:47disponible chaque soir du lundi au vendredi.
15:49Si vous aimez Code Source, n'hésitez pas à nous le dire
15:52en mettant des petites étoiles et en vous abonnant
15:54sur votre application de podcast préférée
15:56comme Apple Podcast ou Podcast Addict.
15:59Cet épisode de Code Source a été conçu et préparé
16:02par Stéphane Jeuneste,
16:03production Benjamin Boucriche et Raphaël Pueillot,
16:06réalisation Julien Moncoucliol.
16:08Sous-titrage Société Radio-Canada