- il y a 9 heures
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Ils sont survivalistes. Leur salon, prévu du 20 au 22 mars, a été annulé. En plein confinement, Code source s’intéresse à celles et ceux qui se préparent à un effondrement de notre société.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Les survivalistes, celles et ceux qui se préparent à une catastrophe ou carrément à l'effondrement de notre société,
00:18devaient se retrouver à Paris du 20 au 22 mars.
00:22Salons annulés, comme les autres, en raison de la pandémie d'un nouveau coronavirus.
00:26Alors chez Codesource, on a voulu rencontrer une survivaliste pour comprendre sa vision du monde.
00:32Reportage de Claudia Prolongeau, quelques jours seulement avant le confinement.
00:42J'ai été en contact avec quelques survivalistes.
00:45Ils ont tous décliné ma proposition d'interview, certains avec des remarques un peu moqueuses sur la fin du monde.
00:51J'ai eu l'impression qu'ils se sentaient caricaturés et en avaient un peu marre.
00:54Et puis il y a eu Jennifer, qui m'a appelée un soir et qui a décidé d'être plus
00:59pédagogue.
01:00Elle a bien voulu me recevoir chez elle, dans le département de l'Aube, à 2h30 de Paris.
01:05À une condition, que je prenne des précautions en raison de l'épidémie de coronavirus.
01:11Voilà, je viens d'arriver chez Jennifer.
01:14Je suis devant sa maison.
01:16Et donc avant d'aller la retrouver, je vais mettre un masque et des gants,
01:19afin d'éviter d'amener des microbes, voire le coronavirus chez elle.
01:28Bonjour.
01:31On est à la campagne ici, l'épidémie ne nous touche pas trop encore.
01:38Mais comme vous venez de Paris, c'est gentil de respecter le...
01:41C'est normal.
01:43Jennifer a 43 ans.
01:45Bienvenue chez nous.
01:46Elle a grandi en région parisienne, puis s'est installée à Lille avec son mari, un infirmier.
01:52Ensemble, ils ont deux enfants de 6 et 7 ans.
01:55Elle travaille dans la communication.
01:57Elle est rousse, a la peau pâle, des yeux clairs, et est très joviale.
02:01Malgré le fait qu'elle se prépare à un potentiel effondrement,
02:04elle ne semble pas du tout être d'une nature inquiète.
02:07C'est gentil, merci.
02:08En fait, Jennifer avait toujours rêvé de cette vie-là,
02:11loin de la ville et dans la nature.
02:14Mais les études, le travail et toutes ces choses-là
02:16l'ont longtemps retenue avec son mari dans une existence citadine.
02:21On a vécu essentiellement dans des grandes agglomérations,
02:24à Paris et puis à Lille.
02:26Donc on avait toujours ce projet de retourner près de la nature.
02:30Et alors à partir du moment où on est devenus parents,
02:32c'est devenu une évidence, il fallait qu'on transmette ça à nos enfants.
02:35Mais ce projet, il ne pensait pas qu'il se concrétiserait si vite.
02:38Ça a été plutôt brutal en fait,
02:40parce qu'on avait ce projet à moyen-long terme.
02:42On pensait encore rester quelques années en grande agglomération.
02:47Et puis finalement, c'est en venant visiter la famille,
02:50on a vu ce panneau de maison à vendre.
02:52On a fait le tour du jardin et ça a été tout de suite le coup de foudre.
02:55À partir du moment où j'ai posé les pieds dans la maison,
02:58je me suis dit ça y est, en fait, c'était ça.
03:00C'était ça que je voulais.
03:01Et c'est vraiment cette sensation d'être au bon moment, au bon endroit.
03:04Et je suis encore plus rassurée maintenant,
03:06avec les événements difficiles qui se passent actuellement,
03:09parce que j'aurais été dans cette maison de ville en agglomération lilloise,
03:13avec peu de jardins.
03:15Là, je suis à la campagne et je sais que je suis au bon endroit au bon moment.
03:20Quand on veut changer de vie, il y a deux possibilités.
03:22Soit c'est un bouleversement brutal,
03:23soit c'est quelque chose qui se construit progressivement.
03:26Et donc pour ma part, ça a été progressif,
03:27parce qu'il y a à peu près 12 ans, j'ai lu un livre enquête sur l'industrie agroalimentaire
03:31qui s'appelle Toxic, de William Raymond.
03:34Et ce livre a été un électrochoc,
03:36parce que c'est la première fois où j'ai eu une perte de confiance,
03:39justement, sur tout le système qui est autour de nous, en fait.
03:43Je pensais que l'alimentation était sûre,
03:45et j'ai découvert il y a 12 ans que non.
03:47C'est à nous, en tant que consommateurs,
03:50dans tous nos actes d'achat,
03:52d'être citoyens et de vérifier la qualité du produit.
03:56C'est là que j'en suis venue à l'idée,
03:58que plutôt que chercher le vite fait, le rapide,
04:01la barquette surgelée à mettre au micro-ondes,
04:04maintenant, en fait, je préfère revenir à des méthodes plus classiques,
04:08cuisiner des aliments frais, dont je connais l'origine,
04:11revenir aussi à l'alimentation locale,
04:13pour connaître les producteurs qui me nourrissent.
04:15Donc c'est cette perte de confiance dans un système soi-disant moderne
04:19et soi-disant protecteur du consommateur
04:21que j'ai décidé de redevenir autonome,
04:23de redevenir critique et de rechercher par moi-même
04:27ce qui était bon pour moi et pour ma famille.
04:29Et donc, je me réintéressais à savoir comment manger mes grands-parents.
04:32Les grands-parents, c'était des produits du potager,
04:34des produits frais et qui cuisinaient eux-mêmes.
04:39À force de s'intéresser au sujet et de poser des questions,
04:43Jennifer s'informe de mieux en mieux sur les produits,
04:45trouve des amaps et apprend à faire ses propres bocaux.
04:48En fait, je voulais vous montrer la cave,
04:49parce que c'était précieux aussi, c'était un des critères pour nous,
04:52c'était précieux d'avoir une cave.
04:54On peut y aller ?
04:54Oui, si vous avez vu.
04:56Si vous n'avez pas peur des araignées ?
04:57Non.
04:59Alors, ce n'est pas une cave immense, hein ?
05:02J'ai une quarantaine de bocaux où je mets des légumineuses, des céréales.
05:07J'ai aussi acheté des conteneurs en inox de 15 litres, voilà, pareil, où je stocke des lentilles et des
05:12pâtes.
05:13J'ai aussi des stocks de bonne matière grasse végétale.
05:17Par exemple, j'ai de l'huile d'olive, des huiles riches en obéga 3.
05:21Je fais aussi du gui, c'est-à-dire du beurre clarifié, ça permet de conserver le beurre à température
05:26ambiante.
05:27Et je conserve aussi beaucoup d'oléagineuses, voilà, d'amandes, noix, etc.
05:32Voilà, donc c'est en ça que je suis relativement sereine.
05:35Je pense qu'on peut tenir facilement 6 à 8 semaines, en tout cas chez nous, en totale autonomie.
05:43Voilà, j'ai tous les produits d'hygiène qui sont stockés, les produits de toute l'alimentation.
05:47J'ai bien calculé les rations alimentaires par personne pour pouvoir vraiment alimenter tout le monde pendant à peu près
05:532 mois, voilà, c'est ça.
05:54En janvier, le nouveau coronavirus apparaît en Chine.
05:57Jennifer ne s'inquiète pas plus que ça, mais est confortée dans le fait qu'elle a fait les bons
06:01choix.
06:02Vous voyez, c'est pas lointain en fait, ce genre d'effondrement.
06:07Ça fait plusieurs fois qu'on a des alertes de maladies un peu suspectes qui viennent de Chine.
06:12Donc c'est des choses que je suivais parce que statistiquement, de toute façon, les pandémies mondiales reviennent régulièrement.
06:19Il y a eu la grippe espagnole, donc début du 20e siècle.
06:22Donc statistiquement, c'est logique qu'une nouvelle pandémie se reproduise.
06:25Donc je surveillais ça comme ça d'un œil.
06:27Donc quand je l'ai vu évoluer, en fait, j'ai pas été vraiment surprise.
06:30Ce qui m'a étonnée, c'était quand même l'ampleur.
06:32Et puis au début, c'est vrai qu'on savait pas du tout ce que c'était.
06:35On savait pas du tout ce que cachait le gouvernement chinois.
06:37Maintenant qu'on sait un peu plus ce que c'est, je me dis que c'est quelque chose qu
06:41'on peut surmonter,
06:42qui est moins grave peut-être même que la grippe espagnole.
06:45Au cas où les urgences seraient saturées, la priorité, c'est d'éviter la surinfection.
06:50Donc voilà, là, par exemple, j'ai des huiles essentielles d'herbaté de ravine Sarah qui sont purifiantes.
06:56J'ai du miel du manuka qui est un anti-infectieux puissant.
07:00J'ai une tisane de bouillon blanc en grande quantité qui permet d'expectorer, donc de nettoyer les voies respiratoires.
07:05Donc ce sont des solutions d'urgence.
07:07Attention, ça remplacera pas les soins.
07:09Mais on se dit, voilà, si les hospitalisations ne sont plus possibles parce qu'il y a trop de monde
07:13qui est touché en même temps,
07:14en tout cas, on a ces solutions d'urgence, quoi.
07:18Là, je vais vous présenter rapidement les livres essentiels de notre bibliothèque survivaliste.
07:24Donc avec mon mari, ça fait déjà facilement 2-3 ans qu'on la constitue.
07:29Par exemple, le traité Rustica de la conservation, voilà,
07:33parce que stocker et conserver les aliments, c'est la base.
07:37Vivre sans frigo, au cas où on n'aurait plus d'électricité.
07:41On a aussi tous les livres zéro déchet, parce qu'on est, comme je vous le disais,
07:44on est en mode un peu de décroissance.
07:46Les livres de survie, c'est plus mon mari qui les bouquine.
07:49Et puis moi, j'ai investi dans deux guides importants pour la reconnaissance des plantes sauvages,
07:54voilà, qui sont aussi utiles.
07:56Alors bien sûr, ce serait vraiment en cas de désastre et de famine,
08:01quoi qu'on en arriverait à manger des plantes sauvages.
08:03Mais voilà, c'est vraiment rassurant de savoir les reconnaître.
08:07Là, par exemple, j'ai ce qu'on appelle un saloir.
08:10Ça permettrait, par exemple, si on devait conserver de la viande sans frigo,
08:14de saler la viande.
08:16Vous pouvez montrer l'intérieur ou pas ?
08:17Oui, bien sûr.
08:19Donc là, j'en ai deux.
08:20En l'occurrence, j'en ai un de 40 litres et là, ça doit être un 70 litres.
08:24Voilà.
08:25D'accord, donc vous remplissez ça de sel ?
08:26Ça se remplit de sel.
08:27Et donc, on peut conserver de la viande plusieurs mois sans problème.
08:32Dans le temps, les deux anciens, ils tuaient le cochon pour le village.
08:36Ils prenaient les morceaux, ils mettaient dans le sel et ils ressortaient régulièrement
08:39tout au long de l'année.
08:40Vous le faites actuellement, ça ?
08:41Pour le moment, non.
08:42C'est plus dans l'idée, si on devait chasser, par exemple, tuer un sanglier et après,
08:49devoir le conserver.
08:50Actuellement, tant qu'on a de l'électricité, on apprend à le faire.
08:53Je me documente sur comment...
08:55D'ailleurs, j'ai même posé des questions à mes grands-parents,
08:57comme ils faisaient pour le petit salé.
08:58Mais en tout cas, actuellement, ce n'est pas ce qu'on fait.
09:03Donc là, on arrive dans le jardin.
09:05Alors, ce n'est pas une surface immense.
09:07On a à peu près 3500 mètres carrés.
09:10Les survivalistes, en général, ils visent plutôt un hectare minimum pour une famille.
09:14Jennifer et son mari ont pu acheter leur maison content.
09:16Peu dépensiers, et ayant beaucoup travaillé jusque-là,
09:19ils avaient mis assez de côté.
09:21Ça leur permet aujourd'hui d'être à temps partiel.
09:23On a vraiment eu le coup de cœur pour cette maison.
09:25Déjà, en premier lieu, pour la petite serre.
09:28Je ne sais pas si vous voulez la visiter.
09:29Si, bien sûr.
09:32Donc là, à gauche, on peut voir le puits, le premier puits.
09:41Je suis très satisfaite d'être à temps partiel.
09:43Je fais trois jours sur cinq, à peu près.
09:45Et mon mari aussi est à temps partiel.
09:47Il est infirmier en médecine du travail.
09:49Il travaille quatre jours sur cinq.
09:51Et vous allez rester comme ça ?
09:52Oui, voilà.
09:53On a travaillé très durement pendant 17 ans.
09:57Pour moi, c'était important d'avoir un temps partiel, justement,
09:59parce qu'il y a tellement de choses à gérer entre les enfants
10:02et puis cette nouvelle maison.
10:04Voilà.
10:04Puis, c'est nos dernières années de vie en santé
10:08où il faut profiter.
10:09Et puis, profiter des enfants, surtout.
10:10Donc, c'est vraiment...
10:11Là, je suis...
10:12J'ai l'impression d'avoir beaucoup, beaucoup de chance.
10:14Oui, beaucoup de chance.
10:15Quelques semaines avant de visiter sa future maison,
10:18Jennifer a le sentiment que le climat en France
10:19est de plus en plus délétère
10:21et le quotidien de plus en plus pesant.
10:23Je crois que ce qui a été l'effet détonateur, pour moi,
10:25ça a été la crise des gilets jaunes.
10:28Parce que je suis d'une génération
10:29où on a toujours vécu dans le confort et la sécurité.
10:33Et on regardait de loin les événements historiques.
10:36Pour nous, c'était impensable de vivre une guerre.
10:38C'était impensable de vivre une guerre civile.
10:40Et en fait, je me suis rendue compte avec les gilets jaunes
10:42que s'il y a des fractures dans la société
10:43qui peuvent vraiment dégénérer.
10:46Et puis, en fait, quand on commence à être curieux
10:47et à se renseigner,
10:48on se rend compte qu'il y a énormément d'incertitudes.
10:50Il y a le terrorisme, l'urgence climatique.
10:53Je pense qu'il y a une perte de repères dans notre société
10:57et aussi une perte de sens.
10:59Donc, voilà, toutes ces choses-là font que...
11:02Je me suis dit, sans être dans le catastrophisme,
11:05c'est rassurant de se préparer.
11:07Et comme moi, de toute façon,
11:08j'ai une philosophie de vie qui a évolué
11:10vers la décroissance,
11:12consommer mieux, moins.
11:14Finalement, c'est comme s'il y avait une évidence
11:16à venir s'installer ici et vivre autrement.
11:21Ce sentiment est appuyé par un autre événement.
11:23Il y a environ un an,
11:25Jennifer crée une page intitulée
11:26« Femmes survivalistes »
11:28car elle constate que ce milieu est surtout composé d'hommes
11:30et qu'elle a envie de créer une communauté féminine.
11:33Mais son utilisation massive des réseaux sociaux
11:35lui pose vite un problème.
11:37J'ai vraiment eu une sorte de burn-out.
11:40En fait, je fais trois ans d'études
11:41sur les réseaux sociaux, sur Internet,
11:43je fais du community management.
11:45Et justement, l'été dernier,
11:47juste avant d'arriver dans ma maison,
11:48à la campagne,
11:49j'ai eu un ras-le-bol, mais général,
11:51des réseaux sociaux.
11:52J'ai tout claqué pendant deux mois.
11:55J'ai tout fermé.
11:56J'ai même fermé temporairement
11:57la page « Femmes survivalistes ».
11:59Je l'ai redémarrée après à zéro.
12:02Parce qu'en effet,
12:04on a toujours l'impression
12:05d'être dans une contradiction
12:06quand on utilise Internet.
12:07La contradiction écologique,
12:08on sait que les serveurs,
12:09ils consomment beaucoup.
12:10La contradiction aussi
12:11de ne pas être justement
12:12dans le vrai relationnel,
12:14d'être loin des gens.
12:15Et puis, voilà.
12:17Et puis, d'un autre côté,
12:18c'est un formidable outil de partage.
12:20Sans Internet,
12:21je n'aurais jamais pu rencontrer
12:22toutes ces femmes
12:23qui contribuent au groupe.
12:25Donc, je suis toujours un petit peu
12:26comme un équilibriste sur le fil
12:28à me dire
12:30quand est-ce que la situation
12:31devient absurde, quoi.
12:35Là, je vous présente
12:36mon filtre par gravité
12:38à filtre à eau.
12:40Si les pouvoirs publics
12:41ne pouvaient plus
12:42nous donner de l'eau potable
12:43aux robinets,
12:43on a la possibilité
12:44de puiser de l'eau
12:45dans notre puits
12:46et de la filtrer.
12:47Depuis le début
12:48de sa nouvelle vie,
12:49Jennifer a commencé
12:50une formation
12:50pour apprendre à reconnaître
12:51les plantes comestibles.
12:53Avant cela,
12:54elle avait suivi
12:55cinq ans des stages
12:55en Belgique
12:56pour se former
12:57à la Ayurveda,
12:57l'ancêtre
12:58de la médecine chinoise.
13:00Mais les connaissances
13:01auxquelles elle tient
13:01le plus,
13:02ce sont celles
13:03que peut lui transmettre
13:04son père
13:04qu'elle sollicite
13:05très souvent.
13:07Mon père a vraiment
13:08vécu à la campagne
13:09dans une maison
13:09où ils étaient
13:10six enfants
13:11sans eau courante.
13:12Donc, il a vraiment
13:13connu ces conditions
13:15qu'aujourd'hui,
13:15on dirait dégradées,
13:16mais qui, à l'époque,
13:17étaient là d'orbe.
13:18Et eux, ils trouvent
13:19que vous êtes excessives
13:20ou pas du tout ?
13:21Alors, dans le fait
13:22d'aller aux champignons
13:23et de ramasser
13:24les châtaignes,
13:25mon père,
13:25il est totalement d'accord.
13:26Par contre,
13:26il trouve que je suis
13:27peut-être un peu excessive
13:28par rapport au coronavirus,
13:30notamment.
13:30Et je pense que c'est
13:31vraiment une différence
13:31de génération.
13:32Il y a encore
13:33de la génération
13:33qui avait énormément
13:34confiance aux pouvoirs
13:35publics, aux experts.
13:38Alors que moi,
13:39je suis la génération
13:40où on se méfie
13:41beaucoup plus
13:42des gens qui nous gouvernent.
13:43Alors ensuite,
13:44je vais vous montrer
13:46le deuxième coup de cœur
13:47de cette maison,
13:48c'est le verger.
13:49La maison que Jennifer
13:50et son mari ont achetée
13:51n'est ni en zone inondable,
13:52ni à proximité
13:53d'un site classé Céveso,
13:55mais elle est à 75 km
13:56d'une centrale nucléaire.
13:58Il ne faut pas se leurrer
13:58s'il y a un incident nucléaire
14:00sur la centrale de nos gens.
14:01On sera amené
14:02de toute façon
14:03à devoir quitter notre maison.
14:04Donc c'est le seul bémol.
14:06Maintenant,
14:06on a vraiment pesé
14:08le pour et le contre aussi
14:09parce qu'on avait envisagé
14:10de s'installer
14:10dans un endroit très isolé
14:11parce que les centrales nucléaires,
14:12il y en a partout en France.
14:13Le sol est totalement quadrillé.
14:15Donc être à l'abri de tout,
14:17en fait,
14:18ça veut dire être dans la Creuse,
14:19dans le Morvan.
14:20Alors je comprends
14:21les gens qui créent
14:22des communautés,
14:22qui partent dans des lieux
14:23où il y a très peu d'habitants,
14:25qui partent en communauté
14:26et qui vont créer quelque chose,
14:27un éco-village, etc.
14:29Nous, on n'était pas
14:29dans cette démarche-là.
14:31Donc à partir du moment
14:32où on souhaitait quand même
14:33rester à peu près en campagne,
14:34mais proche d'une agglomération,
14:36de toute façon,
14:37c'était la solution,
14:38entre guillemets,
14:38la moins pire.
14:39Il n'y a pas de solution parfaite.
14:41Certains survivalistes
14:42ont tendance à vivre
14:43un peu isolés du reste du monde.
14:45Pour Jennifer,
14:46il faut au contraire
14:47absolument éviter cela.
14:50J'ai la volonté, en fait,
14:51de communiquer
14:51sur la préparation
14:52à l'effondrement
14:53parce que je me dis
14:54que plus on est prêt,
14:55plus on est nombreux à être prêt,
14:57moins ce sera le chaos.
14:59Donc sensibiliser les gens
15:00sur le retour à l'autonomie,
15:02ne pas attendre tout
15:03des pouvoirs publics,
15:04pour moi, c'est très important.
15:06Moi, je ne me classe pas
15:07dans les survivalistes
15:08qui se replient sur eux-mêmes,
15:09qui vont miner leur terrain,
15:10mettre des pièges partout
15:11et s'armer jusqu'aux dents.
15:13Pour moi,
15:14ça n'a aucun intérêt
15:15de survivre à tout prix
15:16en étant replié sur soi.
15:17Le bonheur de la vie,
15:18c'est aussi les interactions
15:19avec les autres.
15:20On ne pense pas être anxieux.
15:23Justement,
15:23je pense que la préparation
15:24aide à ne pas être anxieux.
15:26Dans les catastrophes
15:27que vous imaginez,
15:29vraiment possible,
15:29qu'est-ce qu'il y a ?
15:32Pour moi,
15:32il y a deux types
15:33de catastrophes.
15:34Il y a l'effondrement progressif
15:36qu'on vit déjà depuis
15:37plusieurs années,
15:38je pense.
15:39Notre pays est en perte
15:41de vitesse économique,
15:42clairement.
15:42On a une dégradation
15:44de notre service public.
15:46Par exemple,
15:46on voit la qualité des urgences
15:48qui est en train de diminuer
15:49de façon flagrante.
15:50Je pense très sérieusement
15:51que tout ce qui était
15:53une évidence pour nous,
15:54la gratuité des soins,
15:56l'accès facile à l'éducation,
15:59peuvent se dégrader
16:00dans les prochaines années.
16:01Ensuite,
16:02il y a aussi
16:02la dégradation progressive
16:03de l'environnement,
16:04du réchauffement climatique
16:05à la pollution,
16:06à la perte de qualité
16:07des sols,
16:08la disparition
16:09de toutes les espèces
16:10et notamment
16:10des insectes pollinisateurs.
16:13Et ensuite,
16:13il y a les éventualités
16:15d'effondrements brutaux.
16:17Donc là,
16:18ça va être
16:18les catastrophes
16:20à type AZF.
16:21Ça,
16:22c'est aussi une éventualité.
16:23Ce sera pour moi
16:24une autre réaction,
16:25c'est-à-dire
16:26partir peut-être même loin
16:28de notre lieu d'habitation.
16:30Donc,
16:30l'éventualité
16:30de devoir tout quitter
16:31rapidement.
16:33Je suis persuadée
16:33que la préparation
16:34aide à mieux accepter
16:36aussi le changement.
16:39On se prépare
16:40à la fois
16:41à s'installer progressivement
16:42et être autonome
16:43dans notre lieu d'habitation
16:44et aussi à devoir partir
16:46du jour au lendemain
16:47s'il y a une évacuation.
16:48Ce sont deux types
16:49de préparation différentes.
16:50Mais là,
16:51vous n'êtes pas encore prête
16:53pour la première
16:53mais vous êtes en train
16:54de le devenir
16:55et pour la seconde,
16:56vous êtes prête ?
16:57Disons que pour la seconde,
16:58on sait où partir
16:59et on est toujours
17:00par exemple du genre
17:00à avoir de l'essence
17:01dans la voiture
17:01en permanence.
17:02On a un sac
17:03avec les premiers secours
17:05et si on devait partir
17:06et faire un peu de route.
17:08C'est presque une préparation
17:09psychologique en fait.
17:10C'est savoir que ça peut arriver
17:11et que si ça doit arriver,
17:12on est prêt à le faire.
17:13C'est ça, exactement.
17:14C'est éviter l'effet de surprise
17:16parce qu'il faut savoir
17:17que quand on n'est pas
17:18du tout préparé,
17:19on a un moment
17:19où on est bloqué,
17:20où on perd du temps
17:21parce qu'on ne sait pas
17:21quoi faire.
17:22Nous, on saura quoi faire,
17:23on saura comment réagir.
17:26Claudia,
17:27est-ce que tu as été surprise
17:28par le discours de Jennifer ?
17:30Oui, plutôt.
17:31C'est vrai que je m'attendais
17:32à quelqu'un de beaucoup
17:33plus extrême.
17:34En fait,
17:35ce qu'elle m'a expliqué
17:35et ce que m'ont expliqué
17:36aussi les organisateurs
17:38du Festival Survival Expo,
17:39qui est donc un festival
17:40qui devait se tenir
17:41mais qui a été annulé,
17:42c'est que la vision française
17:43du survivalisme
17:44est finalement
17:45beaucoup moins anxiogène
17:46que la vision américaine
17:47et donc, en France,
17:49les survivalistes
17:50sont des personnes
17:50qui ne sont pas forcément
17:52très pessimistes
17:53mais qui veulent être prêtes
17:54en cas d'eux.
17:55Mais ils ne sont pas forcément
17:56convaincus que la fin du monde
17:58va arriver inexorablement
17:59et effectivement,
18:00c'est le cas de Jennifer.
18:01Elle veut être prête
18:02mais elle n'est pas sûre
18:03qu'on court à la catastrophe
18:04dans l'immédiat.
18:08Merci Claudia Prolongeau
18:09et merci à Robin Cordat
18:11et Olivier Lejeune
18:12pour leur aide.
18:16Code Source
18:17est le podcast
18:18d'actualité du Parisien
18:19disponible chaque soir
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18:29Cet épisode de Code Source
18:30a été produit par
18:31Stéphane Genest
18:32et Marion Bottorel
18:33réalisation
18:34Alexandre Ferreira.
18:35Et puis n'hésitez pas
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