00:00Christian Parizeau qui nous accompagne ce matin, conseiller économique pour Aurel BGC, président d'Altaïr Economics.
00:06Merci d'être avec nous ce matin Christian pour revenir sur ces annonces de la nuit.
00:11Donc Donald Trump qui menace d'imposer de 200%, 200% de droits de douane potentiels sur les vins et sur les champagnes français
00:18car Emmanuel Macron refuse de rejoindre son conseil de paix.
00:23C'est une certaine forme d'alternative à l'ONU que souhaite mettre en place Donald Trump.
00:27Donc ça forcément, ça ne plaît pas au président américain et son arme habituelle, bien sûr, c'est les taxes.
00:34Oui, alors c'est tout le problème que l'on a actuellement.
00:37C'est-à-dire qu'on a le grand retour du Donald Trump qui veut taxer, qui veut mettre des droits de douane pour faire infléchir ses partenaires.
00:45Alors on l'a vu avec l'histoire de vouloir taxer l'huit pays européens.
00:50Là, le retour qui vise plutôt la France et le luxe comme toujours et le secteur des vins et spiritueux.
00:57Mais globalement, on note que quand même, du côté des commentateurs aux États-Unis, on commence peut-être à s'inquiéter
01:03parce qu'on avait un peu tourné au niveau des entreprises américaines, on avait un peu tourné la page des droits de douane.
01:09On espérait que quand même, après les accords commerciaux qui avaient été signés avec l'Europe, on allait sur quelque chose d'un peu plus apaisé.
01:16Et là, Donald Trump relance complètement l'incertitude commerciale.
01:20Et ça, c'est quelque chose que ne va sûrement pas apprécier les marchés.
01:23Alors d'autant plus qu'on commence de nouveau à reparler de risque d'inflation aux États-Unis.
01:29S'il impliquait les taxes sur les huit pays qui sont concernés pour l'affaire du Groenland,
01:34ça serait à peu près 0,3, 0,2 points d'inflation en plus.
01:40Alors je le reconnais, on s'est planté sur l'estimation de l'inflation et l'impact des droits de douane.
01:45Mais en tout cas, ça relance le débat aux États-Unis sur le risque inflationniste de la politique de Donald Trump.
01:51Donc ça crée de l'incertitude sur le marché obligataire.
01:54Et puis de l'autre, Donald Trump s'attaque à ses alliés.
01:57Et là, on peut s'interroger, commencer à s'interroger s'il n'y a pas un risque sur le marché obligataire américain.
02:02Je m'explique, on voit que les taux longs japonais remontent sur des éléments purement domestiques internes au Japon.
02:08Mais ça veut dire que les assureurs japonais seront moins cités à aller sur la dette américaine.
02:13On observe aussi que du côté de la Chine, on ne veut plus financer ce déficit courant américain.
02:20Et il ne nous restait que les Européens, globalement, qui étaient les financeurs des États-Unis.
02:25Et donc, ces nouvelles tensions de M. Trump relancent ce risque sur les taux longs américains.
02:32Donc si vous devez surveiller quelque chose par rapport aux dernières déclarations de M. Trump,
02:36c'est véritablement le comportement du marché obligataire américain.
02:40C'est ça qui peut véritablement, un, le faire infléchir un peu dans son discours.
02:43Parce que là, on est reparti sur des véritables tensions diplomatiques entre l'Europe et les États-Unis.
02:48Et pas que vis-à-vis de la France, mais plus globalement.
02:51On voit qu'il y a une certaine surenchère de la part de l'administration américaine.
02:54Et le seul élément qui peut l'arrêter, à mon avis, c'est les marchés obligataires.
02:58Et de l'autre, on voit qu'il y a quand même une certaine inquiétude de la part des grands financiers américains
03:03pour se dire, est-ce que ce n'est pas un risque aussi pour le marché obligataire ?
03:06Et donc, forcément, pour Wall Street.
03:08Alors, à un moment où on voit que les valeurs, notamment les valeurs de croissance et les valeurs technologiques,
03:13sont particulièrement sensibles aux taux longs, c'est un élément qui pourrait être baissier sur Wall Street.
03:17Donc, je dirais que derrière les sorties de M. Trump, il faut regarder comment vous réagir les taux longs.
03:22Et ça sera sûrement l'indicateur à suivre sur cette journée d'aujourd'hui, avec le retour des Américains de vacances.
03:29En effet, puisqu'hier, il n'y avait pas de cotation à Wall Street, les Américains ont rendu hommage à Martin Luther King.
03:33Reprise des cotations tout à l'heure à 15h30.
03:36À suivre, bien sûr, sur BFM Business, dans BFM Bourse.
03:38Pour l'instant, les futurs Américains sont dans le rouge, puisque vous avez une baisse de 1,5% pour le Nasdaq 100.
03:43Plus de 1% de baisse, que ce soit pour le S&P 500 et pour le Dow Jones, en pré-ouverture.
03:48Un dernier mot quand même, Christian Parézot.
03:50À ce stade, les marchés ne paniquent pas.
03:52Cercle CAC 40 aligne aujourd'hui une sixième baisse consécutive dans le rouge.
03:55On verra ça dans un instant avec Paul Marcel, qui nous attend depuis l'atelier des options.
03:59Mais on est loin du cas de figure d'avril dernier.
04:02Visiblement, les marchés ont à un petit peu près l'habitude de ces menaces de Donald Trump.
04:05Oui, parce qu'on sait qu'on a l'habitude que Donald Trump fait des annonces et puis derrière, on négocie.
04:11Alors, on frappe fort et ensuite, on négocie.
04:14Donc, derrière ce qu'il a annoncé, naturellement, on prend du recul.
04:17On sait qu'il ne va pas forcément mettre tout ça en place.
04:19Mais en tout cas, je dirais qu'on met une prime de risque.
04:23C'est ce qu'on observe dans la baisse des marchés.
04:26On intègre une prime de risque sectorielle ou sur l'ensemble de l'indice et sur les marchés obligataires.
04:30Maintenant, naturellement, on sera très dépendant des prochaines déclarations de M. Trump.
04:34Mais on voit encore une fois, c'est que la réaction des marchés, l'opinion publique américaine,
04:39c'est seulement ça qui va arrêter M. Trump.
04:40Et c'est ça qu'il faut surveiller pour le comportement des marchés à venir.
04:44Merci beaucoup, Christian Parézo, pour cette réaction à chaud avec de nouvelles menaces géopolitiques,
04:49de nouvelles menaces douanières ces dernières heures de la part de Donald Trump.
04:53Je rappelle que vous êtes conseiller économique auprès d'Aurel BGC et président d'Altaïr Economics.
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