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  • il y a 9 mois
Ce mardi 20 janvier, Laurent Denize, directeur des investissements d'Oddo BHF Asset Management, et Vincent Lequertier, responsable de l'allocation d'actifs chez WeSave, ont échangé leur point de vue sur l'impact des menaces de taxes douanières de Donald Trump sur les marchés, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Vous avez l'habitude de rendez-vous, deux acteurs de marché chaque matin à 9h40 avec ce matin Laurent Doniz,
00:05directeur des investissements de Odo BHF Asset Management. Bonjour Laurent Doniz.
00:09Bonjour Etienne.
00:09Merci d'être avec nous ce matin en compagnie de Vincent Lequartier qui est responsable de l'allocation d'actifs chez WeSave.
00:15Bonjour Vincent.
00:16Bonjour Etienne.
00:16Merci également d'être avec nous ce matin dans un contexte où Donald Trump fait encore la pluie et le beau temps sur les marchés,
00:23dans le sens où donc cette nuit il menace de 200% de taxes les vins et spiritueux français,
00:28car Emmanuel Macron ne souhaite pas rejoindre son conseil de paix.
00:32Ce qui est quand même assez important et il faut le souligner, c'est que les marchés, Vincent, ne paniquent pas.
00:38On n'est pas du tout dans le contexte de l'an passé.
00:40Certes hier le CAC 40 a cédé 1,8% mais là ce matin on perd 1%.
00:44On n'est pas comme en avril dernier où certains titres cédés 5-10% en quelques minutes.
00:50On a déjà vu depuis avril dernier que même s'il devait y avoir des tarifs douaniers importants annoncés au début,
00:57au final ce n'est pas ceux qui sont finalement appliqués.
01:01Je pense que c'est la première des choses.
01:02La deuxième des choses c'est qu'on est dans une année électorale,
01:06il est peu probable que Trump démultiplie les annonces de hausses tarifaires,
01:11sachant qu'il y a quand même des conséquences inflationnistes derrière.
01:16Donc je doute qu'on puisse avoir un emballement de ce sujet-là.
01:20On pourra quand même surveiller les obligations américaines,
01:24parce que je pense que ce sera le bon indicateur pour suivre le risque de tensions inflationnistes.
01:30Et en avril dernier, clairement, c'est le facteur qui avait fait rétro-pédaler Trump
01:35sur les différentes mesures qu'il envisageait de prendre.
01:39Donc je pense que c'est la chose qu'il faudra regarder.
01:41Ce matin, on a un 10 ans américain qui est à 4,3%,
01:44quand le 2 ans de son côté est à 3,58.
01:47Du côté de Odo BHF Asset Management, Laurent Denise,
01:51une chose est sûre, ces menaces de droits de douane,
01:53ça vient rajouter du brouillard supplémentaire,
01:56que ce soit pour vous en tant qu'allocataire,
01:58mais également pour les entreprises.
02:01C'est le moins qu'on puisse dire.
02:02L'incertitude va forcément nous amener à réviser nos chiffres de croissance,
02:09un impact sur la consommation, effectivement,
02:12si, et ça vient d'être dit, des deux côtés,
02:14c'est-à-dire qu'on a une taxe sur le consommateur pour les Américains,
02:17et puis de la même façon, si les Européens rétorquent,
02:21ce qui est vraisemblable cette fois-ci,
02:23un impact sur le consommateur européen,
02:25et puis un intermoiement sur les dépenses d'investissement
02:29qui fait que, voilà, l'incertitude, c'est pas bon pour le business.
02:34Après, soyons sérieux, j'ai presque envie de dire
02:38que la taxe de 200% sur le champagne, c'est une bonne nouvelle,
02:41parce que c'est tellement hors-sol, c'est tellement n'importe quoi,
02:44qu'on voit que M. Trump est encore dans une phase,
02:46et je vous rejoins Vincent, dans une phase de négociation,
02:50plutôt qu'une phase d'annexion du Groenland
02:52qu'il a pour être vraiment problématique.
02:54On voit un petit peu aujourd'hui la méthode Trump de nouveau à l'œuvre,
03:02et donc il va falloir appréhender effectivement les événements,
03:06et puis la montée un petit peu en puissance de,
03:08et notamment le discours de Trump à Davos,
03:11ça va être un moment clé,
03:13mais ensuite on risque d'avoir une désescalade,
03:15donc il faut appréhender un petit peu la remontée.
03:16Mais j'ai envie de dire, c'est pas ça qui m'inquiète aujourd'hui,
03:19c'est plus ce qui se passe sur le marché japonais,
03:21peut-être qu'on aura l'occasion d'en parler.
03:22On en reparlera dans un instant, avec notamment des taux longs
03:25qui sont sur des plus hauts historiques au Japon.
03:27Sanaï Takachi qui invite les électeurs à de nouvelles élections anticipées
03:31le 8 février prochain.
03:33Juste pour finir sur ce dossier quand même, Vincent Lecartier,
03:36cette nuit, Donald Trump fait une capture d'écran des SMS qu'il a
03:40avec Emmanuel Macron, fait un montage où il y a les différents responsables politiques
03:44européens, avec le Groenland qui est sous drapeau français,
03:47le Canada aussi.
03:49Bon, là, cette nuit, il a décidé de faire un objectif de communication très clair,
03:54montrer qu'il était capable d'avoir le Canada, le Groenland et j'en passe.
03:59Pour rappel, le Groenland, ce qui l'intéresse surtout, c'est les eaux territoriales.
04:02Je pense qu'il y a les eaux, je pense qu'il y a les terres rares,
04:06enfin, il y a pas mal de matériaux quand même aussi.
04:12Quand on l'écoute, il est quand même assez paradoxal parce qu'il dit d'un côté
04:17qu'Emmanuel Macron n'a plus aucune importance, puisque de toute façon,
04:21il va bientôt être éjecté, personne ne veut de lui.
04:23Et de l'autre côté, il est vexé de ne pas voir Macron rejoindre son clan de la paix
04:30et du coup, taxer la France de 100% sur ses vins et spiritueux.
04:39C'est pas très sérieux, quoi, tout ça.
04:41C'est pas très cohérent.
04:42Et de toute façon, on voit bien que même sur le territoire américain,
04:45il y a de moins en moins de soutien de la part des Républicains.
04:49Le peuple américain n'a absolument pas voté pour le fait que les États-Unis
04:55s'emparent du Groenland.
04:57Ça n'a jamais été dans son plan de campagne.
05:01Donc, je pense qu'il se fourvoie en essayant de faire ça.
05:06Qu'au final, les États-Unis soient très contents de sécuriser l'accès aux eaux,
05:12le poste de défense que ça peut représenter et les matériaux, très bien.
05:19C'est pas très compliqué de tordre le bras au Danemark
05:22pour obtenir des contrats d'exploitation du territoire.
05:27Mais par contre, s'emparer du territoire, là, c'est autre chose.
05:30En tout cas, quand on regarde la performance des indices américains depuis un an,
05:34puisque ça fait un an, jour pour jour, quasiment,
05:36que Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche, tout va bien.
05:39Laurent Denis, 19% pour le Nasdaq, 14% pour le S&P 500.
05:42En euros, bien sûr, c'est une autre histoire, grâce notamment à la tech américaine.
05:47Absolument.
05:48Avec des dépenses d'investissement qui représentent aujourd'hui près de 25% du PIB.
05:52Donc, effectivement, une dynamique qui est portée par la tech
05:56et par les avancées en gain de productivité, l'intelligence artificielle,
06:00qui deviennent effectifs.
06:01Et une monétisation aussi qui commence à percoler au sein de l'économie.
06:06On le voit aussi, la tech, peut-être en début d'année, est un peu moins performante,
06:10mais c'est en relatif par rapport aux autres secteurs qui commencent en fait à bénéficier de cette création de valeur
06:18qui se diffuse au sein de l'économie.
06:20Et c'est ça qu'il faut avoir en tête.
06:22Donc, oui, la tech qui a porté les États-Unis et qui va continuer à apporter les États-Unis,
06:27soyons très clairs.
06:29Il y a deux zones qui sont en avance de manière technologique au niveau mondial,
06:33c'est la Chine et les États-Unis.
06:34Et ça, c'est croire qu'on va sortir de ce spectre, c'est vraiment faire une erreur.
06:40Et donc, nous, on reste assez confiants sur les États-Unis.
06:42Alors, effectivement, il y a cet événement Trump,
06:45mais on a du mal à voir le pourquoi, effectivement, de l'annexion du Groenland.
06:49Parce qu'il y a quand même le traité de 1951 qui lui donne les accès militaires
06:54et puis l'accord de 2019 qui donne la capacité à explorer.
06:57Donc, que va-t-il chercher ?
07:00Mais croire que les dépenses d'investissement en tech vont diminuer,
07:06croire que le momentum sur la tech est derrière nous, c'est une erreur.
07:10C'est aussi une erreur liée à la souveraineté, à la volonté d'hégémonie technologique des États-Unis.
07:16Et donc, ces dépenses d'investissement, elles vont être même peut-être accentuées,
07:20accentuées par des mesures qu'on a vues en fin d'année,
07:23qui sont des dépenses d'amortissement accélérées.
07:24Il faut regarder ce qui se passe un tout petit peu en dessous de la surface
07:28et la volonté de l'administration de Trump de porter cette économie
07:31et de porter l'intelligence artificielle dans une capacité, justement, à créer de la valeur.
07:37Et ça, c'est ce qui nous attire sur le marché américain
07:40et ce qui va continuer de nous attirer.
07:43Si le marché baisse un petit peu, ça sera une opportunité d'achat.
07:46Du côté de WeSave, comment vous jouez l'intelligence artificielle ?
07:49Vincent Lequartier, l'an passé, les gagnants étaient Alphabet,
07:52était NVIDIA. Assez intéressant de voir qu'en fait, dans les sept magnifiques,
07:56tout le monde n'a pas cartonné, loin de là.
07:58Aujourd'hui, on voit les marchés asiatiques qui profitent,
08:01notamment de cet engouement autour de l'intelligence artificielle,
08:04notamment du côté de Séoul. On est déjà à plus 15 depuis le début de l'année.
08:08Pas évident, là, aujourd'hui, en tant qu'allocataire.
08:10Est-ce qu'on rachète encore du Alphabet après déjà un fois deux depuis le mois d'avril ?
08:14Ou est-ce qu'il faut se tourner sur certains secteurs,
08:16sur les softwares, sur les compagnies qui accompagnent les entreprises dans l'IA ?
08:21Et en même temps, pour l'instant, ça ne marche pas.
08:22On n'a pas le droit à l'erreur, entre guillemets.
08:24Ce n'est pas parce que ça ne marche pas que ça ne va pas marcher dans l'année.
08:27On sait très bien que les marchés financiers fonctionnent souvent par impulsion.
08:33Et on reste probablement dans l'impulsion de l'année 2025.
08:38Et il y a souvent une rupture durant l'année avec des rotations sectorielles.
08:43Moi, ce que je note, c'est qu'il y a une bien meilleure performance du S&P 500 équipondéré
08:51par rapport au S&P 500 traditionnel.
08:54Ce qui veut dire que pour rejoindre le commentaire de Laurent,
08:57il y a déjà sa percole au travers des différents secteurs.
09:00Donc, je pense que les investisseurs sont déjà en train de se positionner
09:05sur le fait qu'effectivement, les entreprises américaines
09:08et tous les secteurs des entreprises américaines
09:11vont probablement profiter, à partir de cette année,
09:15des avancées de l'intelligence artificielle.
09:17Donc ça, je pense que c'est quelque chose qu'il faudra regarder de près.
09:21Par contre, le stock picking sera probablement difficile
09:23parce que chaque société ne sera pas forcément aussi avancée que l'autre
09:27dans ce développement.
09:30Donc, je pense que les ETF, de ce point de vue,
09:32vont probablement garder encore un certain intérêt
09:34pour les investisseurs qui ne veulent pas trop se mouiller sur le stock picking.
09:39La deuxième chose que je note, c'est que le dollar
09:43se rapprécie quand même un petit peu cette année, l'air de rien.
09:46Il faudra aussi garder en tête que sur les performances potentielles
09:50qu'on peut espérer du S&P 500 ou des actions américaines.
09:55À l'inverse de l'année dernière, il n'est pas impossible que cette année,
09:59on ait une meilleure performance des indices américains avec le change.
10:05Donc cette année, vous couvrez moins que l'an passé ?
10:07Exactement.
10:08Parce que l'an passé, c'était vraiment ce qui a fait la différence ?
10:11C'est ce qui a fait la différence entre les différentes gestions,
10:13entre les différentes allocations.
10:15C'est clair que vous aviez quasiment zéro si vous aviez oublié de couvrir,
10:19alors que sans ça, vous avez gagné 13.
10:21Du côté d'Odo BHFAM, comment vous jouez l'intelligence artificielle,
10:25Laurent Deniz ?
10:26On a des changements de business model assez importants,
10:32une vraie disruption à l'intérieur de l'intelligence artificielle,
10:35et notamment ce qui se passe entre éditeurs de logiciels,
10:38donc les softwares dans notre jargon, et puis les semi-conducteurs.
10:42Je crois que le mouvement d'appréciation des semi-conducteurs
10:46et de dépréciation des éditeurs de logiciels n'est pas fini.
10:50Pourquoi ? Parce que l'ensemble des investisseurs réalisent
10:54que les multiples cours sur bénéfice qui étaient l'apanage de ces éditeurs
11:01il y a encore 5 ans, 2 ans, 1 an, c'est terminé.
11:04Pourquoi ? Parce que ce n'est plus mesuré par le capital humain
11:09qui déployait les différents modules de logiciels, etc.,
11:12qui orchestrait les abonnements, qui orchestrait la mise en œuvre dans les sociétés.
11:19Aujourd'hui, au travers de l'intelligence artificielle,
11:21vous pouvez avoir une plateforme où vous apportez vos données
11:24et vous pouvez le faire sans absolument intervention humaine.
11:28Donc en fait, ce pricing qui avait été fait en fonction du capital humain,
11:34donc plus on déployait de personnel et plus finalement ça valait 40 fois les bénéfices,
11:39par exemple, ça s'est terminé.
11:40Aujourd'hui, ça vaut 18 fois.
11:41Il y a un acteur qui nous fait un tout petit peu peur,
11:43c'est SAP, qui est encore en termes d'e-vie sur cash flow,
11:46donc valeurs d'entreprise rapportées à ces cash flow à 25 fois.
11:49Le marché est aujourd'hui à 18 fois.
11:51Il y a certaines valeurs qui sont à 12 fois.
11:52Attention, attention à ce secteur.
11:54Donc il y a la tectonique des plaques à l'intérieur de l'intelligence artificielle
11:58est en train de bouger très fortement.
12:01Elle bouge aussi dans des avancées liées à la transition écologique,
12:06l'électrification, une limite en capacité aux États-Unis
12:09parce qu'il n'y a pas assez de dépenses d'investissement
12:11pour produire l'énergie nécessaire à ces data centers qui posent problème.
12:16Et la volonté géopolitique de maîtriser les flux fossiles,
12:20c'est le Venezuela, l'Iran, c'est vraiment lié à ça.
12:23Et ça pose problème pour la partie pétrole du segment américain.
12:31Mais à côté, n'oublions pas aussi les avancées sur l'informatique antique,
12:36sur le nucléaire, qui sont très importantes
12:38et qui sont à la marge de l'intelligence artificielle,
12:42mais qui sont des vecteurs de croissance absolument colossaux.
12:44Et ça, on les trouve plutôt dans les marchés émergents.
12:46Donc, intelligence artificielle, mais aussi énergie liée à la production d'énergie,
12:52liée à cette intelligence artificielle, c'est ça.
12:54Ce sont les vecteurs, à notre avis, de performance pour l'an prochain.
12:57Ces dernières semaines ont été marquées par un retour de la santé,
13:01mais également, encore une fois, des utilities,
13:03services à la collectivité.
13:04Ça se voit encore, notamment depuis hier.
13:07Quels sont les services que vous privilégiez pour ce début d'année ?
13:10Les services aux collectivités, effectivement,
13:12qui participent à cette électrification,
13:14on a un différentiel maintenant de valorisation
13:17qui commence à se mettre à réaliser par rapport au télécom,
13:19qui étaient un petit peu, c'était les deux secteurs défensifs.
13:23Donc, en fait, nous, on privilégiait les secteurs aux collectivités.
13:26On privilégiait aussi les secteurs domestiques en Europe.
13:29Attention à ces tarifs douaniers.
13:31Attention à l'article 899, qui peut être mis en place aussi.
13:35Il y a une nouvelle salle de tarifs, on l'a vu avec Trampla,
13:37mais il y en a une autre, beaucoup plus importante,
13:40qui pourrait être dommageable aux exportateurs.
13:43Vous parliez du luxe tout à l'heure.
13:44Attention au luxe, c'est 25% du chiffre d'affaires de LVMH
13:48ou 20% pour Hermès aux États-Unis.
13:50Ça risque d'être un petit peu compliqué,
13:52malgré le redémarrage chinois.
13:54Donc, on privilégie les financiers, les services aux utilités,
13:57puis la défense.
13:59Il n'est pas trop tard pour la défense ?
14:00Non, pas du tout.
14:01Rheinmetall, ça vaut à peu près 90 milliards,
14:03mais en 2030, son chiffre d'affaires,
14:04ça sera à peu près 50 milliards.
14:06Ça fait 25% depuis l'année, rien qu'une des sources.
14:10Il faut travailler l'écosystème allemand.
14:12On est une banque franco-allemande, on peut vous en parler.
14:16Cet aspect non-colbertiste fédéral fait qu'en fait,
14:19on parlait de percolation,
14:22ça percole à l'écosystème du Mittelstand,
14:24des petites PME.
14:26Et c'est là qu'il va falloir aller chercher la valeur
14:28sur les small et les mid-cap.
14:30On fait un gros pari sur la performance des small et mid-cap,
14:33pas simplement aux États-Unis, vous voyez que le Russell
14:35a fait déjà une performance supérieure à 10%,
14:38mais partout dans le monde, en fait.
14:40Partout dans le monde.
14:41Du côté de WeSave, comment vous arbitrez les portefeuilles
14:43aujourd'hui, Vincent Lecartier ?
14:45Moins couverts que l'an passé, je l'ai compris,
14:47notamment sur les indices américains.
14:49L'Europe au milieu de tout cela ?
14:51Est-ce que c'est le moment de continuer d'accompagner
14:54les plus hauts de ce début d'année ?
14:56L'Europe, je pense que c'est un bon complément
14:58parce qu'il y a un côté value par rapport au côté croissance
15:02des deux autres zones que sont la Chine ou les États-Unis.
15:07Donc de ce point de vue, il y a une bonne complémentarité
15:09dans un portefeuille, c'est utile.
15:12Moi, je ne crois pas au fait qu'on aura une croissance forte,
15:15je ne crois pas à une dynamique allemande
15:17qui soit extraordinaire.
15:19Je pense que la souveraineté est une thématique
15:21qui vaut la peine d'être jouée,
15:24mais les États ne sont pas encore prêts
15:26à réellement avancer les choses,
15:30à déléguer à l'échelle européenne la souveraineté.
15:35Donc j'ai du mal à imaginer qu'on puisse aller
15:37très très vite dans ce domaine.
15:39Donc je pense qu'en termes de croissance,
15:41on va être déçus, mais de toute façon,
15:43les croissances attendues par le consensus
15:46sont assez basses.
15:48Ce qui m'inquiète un tout petit peu,
15:49c'est qu'on attend quand même cette année
15:52une dizaine de pourcents à peu près
15:53de croissance des bénéfices des actions européennes.
15:58CF l'année dernière,
15:59on en attendait à peu près autant
16:01et on a fini à zéro.
16:02Et CF l'année précédente
16:03et l'année encore d'avant.
16:06Donc il faut aller aux États-Unis alors ?
16:08C'est là-bas où les entreprises
16:09tiennent plus facilement leurs promesses ?
16:10Je pense qu'en termes de réintégration,
16:15réappropriation de l'IA,
16:17je pense que ça ira beaucoup plus vite aux États-Unis
16:19qu'en Europe.
16:20Ça me paraît assez évident.
16:22Pour ce qui est des petites capitalisations,
16:25là aussi, moi, je pense que ce sont plutôt
16:26les grandes capitalisations
16:28qui vont s'approprier l'IA les premières
16:30et que les petites capitalisations
16:33mettront un peu plus de temps
16:34à investir
16:36et à avoir un retour sur investissement
16:37dans le domaine.
16:39Donc mon pressentiment,
16:40c'est qu'il faut quand même plutôt
16:41continuer de donner la priorité
16:43aux large cap
16:44plutôt qu'aux petites capitalisations.
16:45Et en termes sectoriels ?
16:47En termes sectoriels,
16:48moi, j'aime toujours beaucoup la techno.
16:50J'aime bien la défense
16:51et je suis d'accord sur le fait
16:53que la question de la souveraineté
16:54en termes de défense,
16:56ça, c'est un des seuls thèmes
16:57sur lequel ça ne peut pas se négocier.
17:00Il y a véritablement une urgence.
17:02Et donc là, pour le coup,
17:03les États mettront l'argent nécessaire
17:06sur la table
17:06pour que les choses avancent.
17:08Ce qui m'embête un peu,
17:09c'est que le secteur
17:10est extrêmement fragmenté
17:11et que vous faites des appels d'offres.
17:14Enfin, c'est long,
17:15c'est très long
17:16à avancer toutes ces choses-là.
17:19Donc je pense qu'on y arrivera,
17:20mais je ne suis pas certain
17:21que ce soit pour 2026,
17:22peut-être pour 2027.
17:24Et on aura bien sûr l'occasion
17:25d'en reparler sur ce plateau.
17:26Merci à tous les deux
17:27d'être venus ce matin.
17:28Vincent Lequartier,
17:29donc responsable
17:29de l'allocation d'actifs
17:30chez WeSave,
17:31et Laurent Deniz,
17:32directeur des investissements
17:33d'Odo BHF.

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