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  • il y a 2 heures
Mercredi 10 juin 2026, retrouvez François Cabau (Économiste Eurozone, Groupe AXA), Florent Wabont (Économiste, ECOFI) et Sebastian Paris Horvitz (Directeur de la recherche, LBP AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:05Générique
00:093 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché, Sébastien Paris-Orvitz est à nos
00:15côtés, le directeur de la recherche de LBPM, bonsoir Sébastien.
00:18Bonsoir.
00:19François Cabot nous accompagne, économiste zone euro chez AXA, bonsoir François.
00:23Bonsoir Grégoire.
00:24Merci d'être là et merci à Florent Vabon d'être également à nos côtés, bonsoir Florent.
00:28Bonsoir Grégoire.
00:28Vous êtes économiste chez ECOFI, trois économistes autour de la table, parlons donc du chiffre économique du jour.
00:35Florent, si vous voulez bien commencer sur ce rapport mensuel sur l'inflation aux Etats-Unis, 4,2% en
00:41progression sur un an pour l'inflation globale,
00:43l'inflation cœur est en progression de 2,9% sur un an.
00:49Comment on analyse ce rapport avec cette question ? Quel est le degré de transmission ou non du choc de
00:56prix énergétique que les économies subissent depuis le blocage d'Ormouges au reste de l'économie américaine aujourd'hui ?
01:03Il est encore difficile de le dire, difficile d'essayer d'estimer véritablement cette transmission.
01:08Ce que l'on peut se dire néanmoins avant que je passe sur l'inflation hors énergie et alimentation, c
01:12'est que s'agissant de l'inflation totale, on a quand même l'impression, on en parlait au tout début,
01:17que l'inflation énergétique, le pic de l'inflation énergétique a probablement été atteint sur ce mois-ci, ou est
01:23en passe d'être atteint peut-être sur le mois prochain,
01:25mais sur le mois-ci on voit quand même qu'on est au pic, toute chose égale par ailleurs, évidemment,
01:30la situation géopolitique étant évolutive, je dirais, mouvante,
01:34on n'est pas à l'abri effectivement qu'on ait d'autres événements qui font que les prix du
01:39pétrole repartent à la hausse.
01:41Mais au regard de ce que l'on voit, même sur les prix de l'essence à la pompe aux
01:44Etats-Unis, on a l'impression qu'on a atteint le pic là-dessus.
01:47Après, sur l'inflation hors énergie et alimentation, il y a deux choses qu'il faut regarder.
01:52Il y a à la fois ce qui s'était passé le mois précédent avec l'immobilier, où c'était
01:56une correction, d'une approximation, peut-être pas le bon terme,
02:00d'un choix méthodologique opéré par le bureau du travail lors du shutdown, qui donc avait cours jusqu'au mois
02:05d'avril, et on le savait tous, on le savait, ça avait remonté.
02:08Donc on n'avait pas été étonné la fois précédente, donc aujourd'hui c'est une sorte de rééquilibrage, de
02:15retour à la normale.
02:16C'est un tout petit peu plus en deçà que la moyenne habituelle.
02:19C'est ce qui explique en partie cette relative surprise au mois le mois, il me semble que c'est
02:240,2 au lieu de 0,3, en arrondi.
02:27L'inflation cœur sur un mois ressort légèrement en deçà des attentes moyennes du consensus.
02:32On a aussi les voitures d'occasion, qui baissent, qui contribuent un peu négativement à ça et qui amènent un
02:39peu de surprises.
02:40Mais au global, je pense que la manière dont nous on lit les choses, c'est qu'on a quand
02:45même une inflation hors énergie alimentation, hors immobilier,
02:50et surtout dans les services comme vous l'avez mentionné, qui continue de s'inscrire dans une tendance à la
02:54hausse.
02:55Sur le CPI, c'est un indicateur qu'il faut regarder avec précaution au regard des approximations, mais pas approximations,
03:03des choix méthodologiques qui ont été opérés.
03:06Si vous pouvez dire approximations, ça ne me chauffera pas, mais bon.
03:09Je ne veux pas faire discrédit sur une statistique qui a été touchée par le budget fédéraux, qui est par
03:15ailleurs au sous-effectif.
03:17Et donc, de ce point de vue-là, effectivement, on regarde plutôt le PCI, qu'on a toujours avec du
03:22retard,
03:23mais c'est un précurseur, ce CPI, de ce qu'on pourrait avoir sur le PCI.
03:27Et sur le PCI, la sentence est là aussi assez évidente.
03:31On a une augmentation de tout un tas d'indicateurs un peu alternatifs.
03:35Quand on regarde le market-based, quand on regarde les services, là aussi, hors énergie, alimentation, ça s'inscrit à
03:40la hausse.
03:41En fait, c'est une agglomération de plusieurs effets.
03:43Il y a à la fois les effets retardés, le reliquat des tarifs, enfin des droits de douane.
03:48Vous avez aussi le fait qu'effectivement, dans les services, on a une persistance depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.
03:55Donc, vous avez ces phénomènes-là qui font monter les indicateurs.
04:00Et donc, au global, quand on regarde ce qu'on appelle l'inflation sous-jacente,
04:03qu'on essaie d'estimer avec tous ces indicateurs-là, on les couple.
04:07Donc, l'inflation sous-jacente, c'est censé être la tendance à moyen terme de l'inflation.
04:11C'est ce que regarde très précisément la Fed.
04:13Enfin, ce n'est pas sa cible, mais c'est comme ça qu'elle regarde les choses.
04:17Là, on a une accélération sur les quelques derniers mois qui est assez importante.
04:23Et donc, le marché a raison d'imaginer, voire d'anticiper, que cette situation, couplée avec un marché du travail,
04:29on peut en parler aussi, qui redonne des signes de dynamisme après le trou d'air de l'automne de
04:36la fin d'année 2025,
04:38le marché anticipe qu'il y aura une réponse de politique monétaire de la part de la Fed.
04:42Oui, je pense que c'est plutôt ça.
04:43C'est plutôt l'emploi qui a fini d'enterriner l'idée que les baisses de taux s'étaient terminées.
04:47Oui.
04:47Parce que jusqu'à présent, il y avait un biais un peu d'ovige qui avait été conservé.
04:51On se souvient d'ailleurs que lors de la dernière réunion de politique monétaire,
04:53il y a eu des votes contre ce...
04:56Non, pas contre la décision en elle-même.
04:58Exactement, mais surtout sur les mots employés dans le communiqué de presse.
05:01Parce que le communiqué de presse parle d'éventuels ajustements supplémentaires.
05:06Et le terme supplémentaire, évidemment, s'est inscrit dans la continuité des mouvements précédents,
05:10qui étaient des mouvements de baisse de taux.
05:11Exactement.
05:12Comme ça que le marché le comprend.
05:13Comme ça qu'il faut le comprendre, d'ailleurs.
05:14C'est ça que c'est tronde, c'est matérialisé.
05:17Mais vous dites, pas de baisse de taux, ça c'est la première partie de la réponse.
05:20Le marché, il va plus loin.
05:22Lui, il commence à anticiper sérieusement une pleine hausse de taux d'ici la fin de l'année, maintenant.
05:26Nous, par exemple, jusqu'au début du conflit, on était sur le statu quo.
05:30Donc nous, on était déjà en décalage par rapport aux baisse de taux du marché.
05:33Avant le rapport de l'emploi, je pourrais le préciser.
05:35On avait changé nos visions en se disant, dès le troisième trimestre de cette année,
05:39on aurait une augmentation des taux directeurs de la Fed.
05:44Donc là, ça vient un peu confirmer ça.
05:45Évidemment, un mois, ce n'est pas une tendance.
05:47Mais on a quand même une tendance qui s'inscrit quand on regarde les chiffres sur trois mois glissants,
05:50sur six mois glissants.
05:52Et voilà, je serais curieux de savoir ce que...
05:53Ben, c'est très bien.
05:56On va passer la parole, Sébastien.
05:58Oui, le marché est convaincu qu'il y aura une réponse de la Fed.
06:01Ce qui, effectivement, comment dire,
06:05entache un petit peu la feuille de route de Kevin Warch,
06:08qui n'arrivait pas avec l'idée qu'il allait peut-être devoir assumer
06:13un recalibrage de la politique monétaire américaine,
06:16en tout cas dans le sens d'une hausse de taux.
06:18Ça, c'est ce changement à la tête à un moment un peu critique.
06:22C'est vrai que ça va être compliqué, surtout que Kevin Warch n'est pas un théoricien.
06:26Il se veut théoricien, mais ce n'est pas vraiment un théoricien.
06:28Ce n'est pas quelqu'un qui a travaillé la matière.
06:31Et il a comme conviction que l'économie américaine peut avoir des taux plus faibles.
06:40D'abord, par un paramètre très simple, que presque tous les économiques sont en désaccord,
06:45le fait qu'il y aurait des gains de productivité va faire que l'inflation va baisser.
06:50Alors, à très court terme, ça peut arriver.
06:52À moyen terme, a priori, le taux d'intérêt d'équilibre devrait être plus haut.
06:57En tous les cas, la plupart des modèles,
06:59je vois les gens qui ont des hypothèses comme ça,
07:02on leur demande c'est quoi votre modèle.
07:04Il n'y a pas de modèle où ça arrive, en tous les cas, à moyen terme.
07:08C'est un point important, Sébastien.
07:10Si on est dans un cycle de gains de productivité important,
07:13c'est quand même l'idée qu'on augmente le potentiel de croissance
07:16d'une économie comme l'économie américaine.
07:19Et une croissance potentielle plus élevée,
07:21c'est une croissance qui peut supporter des taux d'intérêt plus élevés à terme.
07:24Non, mais ce n'est pas qu'elle est supportée.
07:25Non, mais que les choses soient bien claires pour tout le monde.
07:28Dans le modèle un peu trivial, c'est que ça accélime l'épargne et l'investissement,
07:32et c'est ça qui va faire que le taux d'intérêt va être plus élevé.
07:36Très clair.
07:36Mais c'était presque une boutade.
07:39Je lis très simplement la façon dont il arrive à la tête de la Fed
07:43avec un deuxième chapeau, celui-là, beaucoup plus lourd à porter
07:47que celui du chef qu'il a élu pour qu'il soit,
07:51ou qu'il a nommé plutôt, pour qu'il soit à la tête de la Fed.
07:54Et ça serait difficile, c'était déjà difficile pour Powell,
07:58même s'il a résisté à la pression du président des États-Unis.
08:03On sait bien qu'il n'est pas sympathique, en tous les cas,
08:06quand il se met à avoir un bouc émissaire.
08:08Et ça, ça va compliquer.
08:10Alors, ça peut faire pour beaucoup dire,
08:12bon, non, mais ça, ce n'est pas important, c'est du bruit.
08:16Non, ça crée du bruit dans la façon dont la Fed mène sa politique,
08:21et ça crée du bruit sur un facteur très important,
08:25que même Walsh insiste, c'est l'indépendance.
08:29Et donc, si le marché se met à douter de cette indépendance,
08:32ça peut créer un problème, surtout s'il agit dans ce sens.
08:35Maintenant, agir, c'est très difficile,
08:37parce qu'il y a un comité de politique monétaire,
08:40ce n'est pas lui qui décide.
08:42Et ce n'est jamais arrivé,
08:43ce n'est jamais arrivé que le président vote contre les autres.
08:47Autant que certains membres peuvent voter contre le président
08:49ou contre la décision commune ou majoritaire.
08:53Mais mettre un président minorité ?
08:56Je ne pense que ça n'est jamais arrivé,
08:59et je pense qu'il est assez intelligent pour que ça n'arrive pas.
09:01Il n'empêche que ça sera un des débats.
09:03Mais ça va créer du bruit.
09:05Mais je pense que l'essentiel pour les économistes,
09:08pour l'ensemble de la place,
09:10c'est d'essayer d'analyser qu'est-ce qui se passe dans l'économie américaine.
09:13Et une des raisons de ces pressions inflationnistes,
09:16d'abord, c'est une sorte de bruit qui persiste,
09:19d'une période inflationniste qui a été provoquée par des erreurs de politique monétaire,
09:24mais beaucoup ont fait cette erreur de penser que l'inflation allait descendre toute seule, etc.
09:28Donc, on a eu un choc inflationniste élevé.
09:31Et quand il a été très élevé,
09:34malgré la rapidité avec laquelle s'ajuste l'économie américaine,
09:37il reste parfois quelque chose,
09:39on appelle ça le distérêt,
09:40c'est-à-dire une sorte de bruit qui nous accompagne.
09:42Et les États-Unis,
09:44ce bruit a persisté.
09:45Et c'est pour ça que je pense qu'il y avait une sorte de consensus.
09:49Les Américains étaient plus agressifs,
09:50comme quoi l'inflation allait tomber comme une pierre.
09:52N'empêche que ce qu'on voyait,
09:53même avant le choc qu'on vient d'avoir,
09:57qu'il y avait...
09:58Ça commençait déjà à tourner dans le mauvais sens.
10:00En tous les cas, ça...
10:00Bien sûr.
10:01Et pourquoi ? Parce que l'économie américaine résistait.
10:03Et cette résistance, on le voit,
10:05le taux de chômage reste dans ce que la plupart des gens disent,
10:08c'est l'équilibre,
10:09on est proche de l'équilibre ou pas loin.
10:11Et donc, il y a des pressions qui persistent.
10:13Et le comportement des agents,
10:15et celui, quand on demande aux gens,
10:17c'est quoi votre prévision d'inflation,
10:20c'est pas bon à utiliser dans les modèles,
10:21parce que ça marche pas super bien.
10:23Il n'empêche que les gens vous disent que l'inflation,
10:25à moyen terme, va continuer à progresser de façon élevée.
10:28Donc, je crois que la Fed doit faire quelque chose.
10:32Je pense que le premier geste sera pas de monter les taux tout de suite.
10:36Pas la semaine prochaine.
10:37Pas la semaine prochaine.
10:38Et donc, Walsh doit accompagner ce mouvement.
10:41Et c'est pour ça qu'on est un peu dans l'incertitude,
10:44parce qu'on ne sait pas comment il va communiquer
10:46et quel type d'effet ça aura sur le marché.
10:49En même temps, vu les dissidences qu'il y a eu au cours du précédent FOMC,
10:56ça facilite presque d'une certaine manière l'entrée de Kevin Walsh en jeu.
11:01C'est plus que trois dissidents qui veulent abandonner le biais accommodant,
11:06comment va-t-il pouvoir résister à ça après les chiffres d'emploi, après l'inflation ?
11:10Il va quand même devoir se rendre à l'évidence.
11:13Et il en informera la Maison Blanche de cette manière.
11:17Il y aura des baisses de taux.
11:19Mais là, ce serait une erreur de délivrer des baisses de taux aujourd'hui.
11:23Est-ce que vous voulez que je fasse une erreur, cher Président ?
11:25Non, parce que Trump, ce n'est pas une erreur.
11:29Il l'a dit il y a peu de jours que lui, il pensait que les taux devraient être à
11:321.
11:32Non, mais c'est la subtilité du moment.
11:35C'est la subtilité du moment.
11:37C'est-à-dire que ce que vous dites, c'est très rationnel.
11:40C'est ce qui devrait se passer.
11:41Et Walsh, qui avait la...
11:44Tout le monde lui prête cette idée que c'était un hock.
11:47Le problème, c'est qu'il voulait monter les taux quand il ne fallait pas.
11:50Et donc, il disait que le danger de l'inflation...
11:52Donc, je ne sais pas quel modèle, justement, il a en tête.
11:55Il n'empêche, Grégoire, que cette période avec Trump, on vit des surprises après surprises.
12:02Ce qu'il a dit pour contenter peut-être Trump, on va voir dans la réalité,
12:07est-ce que cette évidence, comme vous dites, cette évidence fait qu'il va dire
12:11« Bon, ben non, là, il faut se calmer.
12:13On va enlever même toute allusion à quelque chose qui irait vers une accommodation rapide. »
12:20C'est possible.
12:20En tous les cas, le moment est très particulier pour ce monsieur.
12:24Et pour nous tous, parce que c'est important.
12:28Et un dernier point pour passer la parole, c'est...
12:32Il n'empêche que sur le marché, on voit que les taux restent élevés.
12:35Même s'ils n'ont pas bougé...
12:37Les taux réels remontent !
12:39Mais dans les taux réels se cachent ce mystérieuse chose que la paix de terme...
12:43En tout cas, le risque de tenir un actif, même s'il est le plus protecteur,
12:50ou considérant le plus protecteur, il y a quelque chose qui s'est installé.
12:53Ce n'est pas seulement le budget, mais il y a quelque chose qui s'est installé.
12:57Et cette incertitude est peut-être là.
12:59Et malheureusement, on peut vivre surtout avec des taux plus élevés.
13:02Et ça a une incidence sur l'ensemble des marchés,
13:04parce que c'est un benchmark pour presser, comme on dit, les marchés.
13:09Bon, je crois que derrière Trump, c'est Scott Besson.
13:10Je crois qu'ils veulent voir les taux longs baisser.
13:13Enfin, ils aimeraient bien avoir des taux longs plus bas.
13:15Si baisser les taux courts, ça implique une envolée des taux longs,
13:19je ne suis pas sûr que même président Trump s'y retrouve forcément,
13:23notamment vis-à-vis de sa base électorale.
13:26François, sur ses considérations américaines,
13:29et effectivement, cette partie déjà très serrée dès le départ pour Kevin Walsh.
13:34Qu'est-ce que vous anticipez, partant de ce rapport sur l'inflation chez AXA,
13:38du point de vue de la réponse de politique monétaire que la Fed pourra à un moment apporter ?
13:44Alors que rajouter sur l'inflation, pas grand-chose,
13:46si ce n'est que peut-être, en résumé, c'est le tapis rouge pour Kevin Walsh.
13:50Oui, c'est ça.
13:51On est en attente.
13:53Peut-être à son désagrément le plus profond,
13:56mais où finalement, tous les données indiquent effectivement un marché du travail qui se stabilise,
14:00qui n'est pas plus tendu que ça.
14:02On regarde les indicateurs de capacité qui ne sont pas au plus tendus,
14:06les salaires des salaires.
14:07Il faut quand même se rappeler que le pouvoir d'achat du moyen de notre ami concitoyen américain
14:14est en baisse, moins 0,7% en rythme annualisé.
14:17Donc ça, on s'inscrit dans une dynamique...
14:19Et c'est la réelle en baisse, depuis les deux derniers rapports sur l'inflation,
14:23on a une inflation supérieure à la croissance du salaire maintenant.
14:25Je pense que c'est quand même quelque chose de nouveau,
14:27qui fait que la consommation des ménages, qui a été quand même un facteur résilience de l'économie américaine,
14:31va en pâtir.
14:33Alors on a les effets richesses, marchés, on a effectivement encore...
14:36Attendez, Space X, là, on va décupler les effets richesses.
14:39On a aussi du creusement dans l'épargne, qui a eu lieu, qui fait que jusque-là, ça a relativement
14:45bien tenu.
14:45Mais voilà, nous, on est quand même plutôt de l'avis que la Fed n'a aucune raison de bouger,
14:50évidemment, ni la semaine prochaine, ni jusqu'à la fin de l'année,
14:53avec effectivement l'idée qu'on retire le biais accommodant, ça fait pleinement sens.
15:00Et ça peut suffire.
15:00Et ça peut largement suffire, avec évidemment l'idée que la situation qui est devant nous
15:05est extraordinairement incertaine et volatile,
15:08et à voir effectivement comment tout ça se normalise,
15:12notamment, et on ne l'a pas évoqué, je pense que c'est important de le dire,
15:15la politique budgétaire, qui a également soutenu la consommation,
15:18et peut-être également les prix, pendant ce premier semestre.
15:22Là, on arrive au bout des remboursements de crédits d'impôts,
15:25et donc du coup, là, effectivement, on se retrouve un peu avec une nouvelle norme à analyser
15:28pendant l'été et le quatrième trimestre.
15:30Et en tout cas, pour l'instant, tous les indicateurs, entre guillemets,
15:32sont ouverts à ne rien faire.
15:35Ouais, ouais, j'entends.
15:35Donc là-dessus, je pense qu'il y a...
15:37D'ailleurs, le marché n'anticipe pas de hausse de taux immédiate.
15:39Je crois qu'elle est plutôt anticipée au temps de décembre,
15:42voilà, en octobre et décembre, et puis...
15:44On cumulait...
15:45Ouais, ouais.
15:46Et donc, pour revenir et pour conclure mon propos sur la prime d'infla,
15:51qu'on a eu là aujourd'hui, et qui n'a pas été évoquée,
15:53c'est, alors oui, on a vraiment eu le pic de l'impact direct énergétique,
15:57avec les prix d'énergie, évidemment, qui sont en refus depuis.
16:01Mais on n'a peut-être pas vu la transmission indirecte.
16:04Donc là, on est sur les airfares, avec les billets d'avion,
16:07les billets d'avion, qui remontent très fortement,
16:09qui font que les services sous-jacents augmentent.
16:11Mais ça, c'est le billet, on va dire, logique.
16:13On y est tout juste après le choc.
16:14On n'a pas encore vu, entre guillemets, les vrais effets indirects sur l'inflation,
16:19sans même parler de ce qui peut se passer sur le marché du travail.
16:21Donc là-dessus, il y a quand même beaucoup de choses encore à découvrir,
16:24qui, pour certains, effectivement, justifient d'avoir, à l'arrière du chemin,
16:28effectivement, une remontée des taux.
16:29Pour nous, on est encore trop loin, parce que, effectivement,
16:31la dynamique de consommation va s'essouffler,
16:33qui va, en fait, revenir en compenser ses effets à la hausse,
16:36et, du coup, qui nécessite, effectivement, un stand-by de la fête jusqu'à la fin de l'année.
16:41Sur le sujet de la résilience d'une économie comme l'économie américaine aujourd'hui,
16:46c'est quoi les points de force et les points de vulnérabilité ?
16:50J'entends que la croissance est désormais tirée par un cycle de CAPEX,
16:54notamment lié à l'IA, bien sûr,
16:57et que la consommation tient encore, grâce notamment à des effets richesses importants.
17:02Les effets richesses, c'est la hausse des marchés actions.
17:03C'est ce qui compte le plus, en tout cas, dans les effets richesses américains aujourd'hui.
17:08Est-ce que ça rend cette économie ou cette dynamique économique
17:11d'autant plus vulnérable à une correction de marché,
17:15liée au thème de l'IA ?
17:17Ce n'est pas notre sujet direct,
17:18mais ça peut devenir un sujet pour les économistes
17:21si jamais se matérialiser une correction boursière un peu sévère.
17:26Ah oui, absolument.
17:27Et ce, d'autant plus que le plus longtemps ce conflit continue,
17:31le plus longtemps l'Asie et donc la Corée,
17:35pour ne pas la nommer grande productrice de semi-conducteurs
17:39fortement exportatrices dans les Etats-Unis,
17:42peut venir enrayer et casser cette dynamique-là.
17:45Parce qu'effectivement, c'est un cercle, pour l'instant, très vertueux,
17:48mais qui est mis à mal.
17:49Et pour l'instant, on se rend compte que, bon an, mal an,
17:52les prix de l'énergie et pétrole, y compris,
17:54ne reflètent pas exactement les tensions
17:55qui sont sur le prix des Trois-Dormous,
17:57parce qu'on se rend compte qu'il y a des comportements un peu nouveaux
17:59qui se font en Chine, en Europe,
18:01qui font que les prix de l'énergie ne reflètent pas la tension qui existe.
18:07Maintenant, évidemment, plus longtemps ceci arrive,
18:08plus l'impact industriel sur les semi-conducteurs va avoir lieu,
18:12et puis également aussi les effets non linéaires
18:14qui, tout d'un coup, peuvent faire...
18:16Qui sont toujours... Enfin, qui existent toujours.
18:17Qui existent.
18:18On a beaucoup parlé au début du conflit.
18:20Et qui sont naturellement de plus en plus probables
18:24le plus longtemps que ce conflit continue.
18:26Donc là-dessus, il faut rester quand même très prudent.
18:28Et c'est la raison pour laquelle, justement, nous,
18:29notre équilibre de risques,
18:30on considère plutôt que la Fed devra maintenir ses taux à 3,75 à fin d'année,
18:35puis même à la fin 27, pas besoin de...
18:37Oui, donc une pause longue encore qui s'installe pour la Fed.
18:41Alors, je ne dis pas qu'on ne parle plus d'hormouze,
18:43mais c'est vrai qu'on a beaucoup parlé, discuté
18:47de ces risques non linéaires,
18:49de ces risques de disruption sur les marchés physiques,
18:52d'approvisionnement de pétrole et de produits dérivés du pétrole.
18:56C'est vrai que le pétrole, les courses se sont un peu détendues
18:58ces dernières semaines.
18:59On a l'impression, à nouveau, que le marché,
19:02que les économiques, les agents économiques,
19:05ont toujours cette capacité à s'adapter
19:08à une nouvelle réalité qui dure,
19:11alors qui changera encore de profil, j'imagine,
19:15dans les prochains mois.
19:16Il y aura sans doute une résolution à un moment ou à un autre.
19:19Mais évidemment, on est déjà en dehors complètement du scénario
19:22sur lequel on se fondait aux premières semaines du conflit.
19:25et pourtant, ça tient.
19:27Il y a deux éléments d'explication.
19:29Il y en a plusieurs, mais deux principaux, on va dire.
19:32Effectivement, il y a une forme d'adaptation.
19:34Je lisais un article du Financial Times tout à l'heure
19:36qui disait qu'effectivement, un raffineur polonais
19:40avait réussi à diversifier ses zones de approvisionnement, etc.
19:44Donc, il y a un effet.
19:45Mais en fait, c'était un peu pareil, si vous vous souvenez bien,
19:47pendant le moment.
19:48Alors, le Covid, d'une part, mais l'Ukraine,
19:50plus récemment encore, on avait eu des attaques en mer rouge,
19:53des outils.
19:54Oui, bien sûr.
19:54Et effectivement, on avait eu un narratif
19:56qui commençait à s'installer sur une nouvelle vague d'inflation, etc.
19:59Et on s'était rendu compte qu'effectivement,
20:01les armateurs, notamment, étaient capables de s'ajuster,
20:06de...
20:07Rerouter, bien sûr.
20:08Pas français, je crois, mais rerouter, voilà.
20:11Trouver des voies de contournement.
20:13Donc, il y a ce point-là.
20:14Il y a un autre point, c'est qu'il y a quand même une aide.
20:17C'est un peu l'éléphant dans la pièce.
20:18C'est les réserves stratégiques qui sont quand même
20:20en train de diminuer et qui soutiennent le marché.
20:23Alors, en fait, il y en avait trois, des éléments.
20:26Il y en avait 203.
20:27Il y a aussi le stock de la Chine.
20:29Enfin, le fait que la Chine est stockée pendant de longs mois avant le conflit,
20:33que désormais, elle importe moins d'hydrocarbures.
20:36Et donc, forcément, ça fait moins d'acheteurs.
20:38Ça pèse moins sur le marché.
20:39Et ça pèse moins...
20:40Mais tous ces amortisseurs, ils sont temporaires, par nature.
20:43A priori.
20:44Et donc, c'est effectivement ce qui vient d'être dit.
20:46Et c'est quelque chose qu'on ne maîtrise pas.
20:48Il faut être tout à fait honnête.
20:49Et le plus longtemps cette crise dure,
20:51le plus longtemps on peut s'attendre à ce qu'il y ait des effets décalés dans le temps.
20:54J'aimerais juste...
20:55Bien sûr, bien sûr.
20:56Revenir sur deux points.
20:57Il y a le taux neutre qui a été évoqué.
21:00Et il y a aussi le fait qu'il faut essayer de découvrir...
21:03Enfin, il reste encore beaucoup de choses à découvrir.
21:05En fait, je pense qu'il y a aussi une question en filigrane,
21:07et même pour Kevin Walsh, en fait.
21:08C'est l'idée que...
21:09Est-ce que la politique monétaire...
21:11Alors, peut-être qu'on ne sera pas d'accord là-dessus,
21:13mais est-ce que la politique monétaire, aujourd'hui, américaine, est encore restrictive ?
21:16Ah ben, c'est une partie du débat.
21:19C'est une partie du débat.
21:20Et effectivement, c'est une des raisons aussi pour laquelle on est sur nous.
21:25L'idée qu'effectivement, les hausses d'autos arriveront un petit peu plus tôt
21:27que ce qu'anticipe le marché.
21:29Elle n'est plus suffisamment restrictive.
21:31Elle est neutre, pour vous, aujourd'hui.
21:33Il y a des zones d'incertitude.
21:34Celle qui a été évoquée...
21:36Pour Powell, elle était dans le...
21:37C'est le haut de la fourchette du taux neutre.
21:40C'est comme ça que Powell avait présenté les choses, je crois.
21:42A priori.
21:42Sachant que c'est un...
21:44Une fourchette qui peut être...
21:45Non, mais c'est une variable économique qu'on essaie d'estimer par tous les moyens.
21:50Et il faut être très humble sur la question.
21:53Les écarts...
21:53Enfin, les bornes d'estimation sont très larges.
21:56Donc, effectivement, on peut quand même se poser la question avec cette réaccélération du marché de l'emploi.
22:01Cette inflation avec un effet d'inertie qui, même en plus, est en train de réaccélérer.
22:05Alors, effectivement, la tension sur le marché du travail est revenue à 1 pour 1, grosso modo.
22:09Donc, il y a eu une forte détente.
22:12Les salaires, quand on regarde certaines métriques, sont aussi en train plutôt de décélérer.
22:17Presque dans la zone de l'inflation cible à 2%.
22:20Mais quand bien même, on ne peut pas s'empêcher de se poser cette question,
22:23de savoir si, effectivement, la politique monétaire américaine est toujours...
22:27Alors, non pas restrictive, mais en tout cas, est-ce qu'elle est un peu moins...
22:31Enfin, pardon.
22:31Est-ce qu'elle est moins à la neutralité que ce qu'on pensait ?
22:34Ah oui.
22:35Jusqu'à présent.
22:36Et ça, c'est une question pour Kevin Ward.
22:38Je pense qu'on est tous très curieux autour de la table de voir comment il va aborder la réaccélération.
22:41Ça va être un moment important de voir le personnage.
22:45l'entendre, l'écouter, voir comment il se comporte, la manière dont il répond aux questions.
22:49Enfin, tout ça va être, j'imagine, analysé de près par les investisseurs et les watchers, comme on dit.
22:55Oui, bien sûr.
22:56C'est important, ces moments de changement.
22:58Parce que j'ai oublié de dire que...
23:01Quelles sont les positions ?
23:01Nous, ça fait longtemps qu'on a gardé une politique inchangée de la Fed.
23:09Depuis le début d'année même, avant l'année 25,
23:14on pensait qu'il ne pouvait plus bouger parce qu'il y avait cette inertie sur l'inflation
23:18et que l'économie résistait.
23:20On n'a eu qu'un petit trou d'air sur la conso depuis, plus rien.
23:25Donc je voulais préciser qu'il était l'opposition parce que vous vouliez savoir qu'est-ce que chacun pensait.
23:30Mais en revanche, pour l'avenir, je pense que le risque a augmenté, que les taux montent.
23:35Et ce qu'on a appris, et c'est quelque chose de récent, et Walsh ne va pas le changer,
23:40l'a fait devenue extrêmement empirique.
23:42Il n'y a que Bernanke qui a introduit un élément un peu théorique, plus économiste, etc.
23:47Powell nous a montré que les traits sont empiriques.
23:49Et donc il y a quelques variables qu'on suit et on ne complique pas les choses.
23:53Et une variable qu'on ne suit pas et qui pourrait être une façon de terminer quand même,
23:58il y a quelque chose qui ne donne pas un bon signal sur quel est le bon taux d'intérêt
24:03pour l'économie,
24:04c'est les marchés.
24:05Les marchés continuent à monter, il n'y a pas de limite.
24:07Alors on peut se dire, c'est normal, tout le monde veut des puces,
24:11et le marché est là pour dire, tous les puces, c'est plus cher, et ça monte, et ça monte.
24:15Et donc on se retrouve avec des conditions financières dans l'économie qui sont extrêmement incondentes.
24:20Qui se détendent, bien sûr.
24:20Et la Fed est tergivers, c'est ce que je dois monter les taux, c'est pas grave, etc.
24:25Or ça donne des effets de richesse réelle, etc.
24:29Mais sur la consoe américaine, on disait, non, non, là ça devrait faire mal.
24:33Ça aurait dû déjà faire mal, et ça n'a pas fait mal.
24:35C'est vrai qu'il y a eu un coussin qui était, ces crédits d'impôt qui ont été versés,
24:41c'était les fameux crédits d'impôt sur les tips, les pourvoirs,
24:49et c'était 13 ou 14 milliards qui ont été distribués, et ça a aidé la consommation.
24:53Il n'empêche qu'il y a une résistance.
24:54Alors, il y a ceux, comme Piketty, d'autres, qui disent, c'est l'inégalité, là vous voyez, c'est
25:00une démonstration.
25:01Ceux qui tiennent l'économie américaine, c'est les riches, et les pauvres, ils souffrent, mais l'économie résiste.
25:06Je pense que c'est très difficile, même s'ils sont très riches, qu'ils soutiennent toute l'économie américaine.
25:13Il n'empêche, moi je pense qu'il y a un truc plus profond aux Etats-Unis, par ce cycle,
25:17en partie impulsé par les subventions,
25:21parce que les subventions, pour vous, Gégoire, vous voulez acheter ou construire un data center,
25:30et vous avez 35% de crédit d'impôt, c'est colossal.
25:33Je postule tout à l'heure.
25:35C'est colossal, et avec des gens qui ont beaucoup d'argent et qui peuvent dépenser.
25:38Donc, il y a un cycle industriel qui s'est enclenché, lié un peu, et en général, quand il y
25:45a un cycle industriel,
25:46même si aujourd'hui l'industrie représente peu ou moins dans le passé, il y a souvent l'emploi qui
25:52suit.
25:53Oui, et c'est manufacturé, montre d'ailleurs ce que vous dites là.
25:55Oui, peu, peu, c'est ça le paradoxe aux Etats-Unis, parce que qui crée des emplois,
26:00c'est la santé, c'est l'éducation, etc.
26:02Donc, on a un sort de mismatch, comme on dit, il n'y a pas exactement les emplois,
26:06on voudrait les voir dans le cycle.
26:07Il n'empêche que ça, c'est un facteur moteur.
26:10Et en regardant les chiffres, en essayant de construire quelque chose qui fasse sens,
26:14on se dit qu'à un moment donné, la FED, dans ce méthode très empirique, va se dire,
26:19non, l'économie va trop vite, il va falloir peut-être, et l'inflation n'arrive pas à redescendre,
26:23il va falloir ajuster la politique.
26:25Et c'est ça qui nous fait peur.
26:26Et Walsh, s'il redevient haute comme il l'était,
26:29comme on disait qu'il l'était, il devra monter les taux.
26:32Donc, nous, on était, pour qu'il n'y ait pas de...
26:34Ça ne bouge pas, on reste comme ça, on est à peu près comme vous.
26:38Cette idée que, quand même, c'est assez...
26:40On était très haut, on est revenu à quelque chose qui est proche de là où il faudrait atterrir.
26:45Il n'empêche, si on trouve d'équilibre peut-être,
26:48mais il n'empêche que peut-être, il va falloir être un peu plus méchant.
26:51Le risque est à la hausse.
26:53Le risque est devenu à la hausse, clairement.
26:55Et nous, on pense que la consommation devait affaiblir au troisième trimestre.
26:59Si ce n'est pas le cas, c'est bien que ce cycle industriel, etc.,
27:04est porteur de quelque chose qui tient l'économie
27:06et qu'il faudra qu'un méchant arrive,
27:09ce sera la menthe centrale qui dira, c'est trop.
27:12D'un mot, oui, effectivement.
27:13L'ISM Manufacturing est sorti, je crois, de la zone de contraction.
27:16C'est ce qu'on allait voir.
27:18Et même en termes d'emploi,
27:19il y a quand même une génération d'emplois liées aux manufacturiers.
27:24Ah oui, oui, oui, construction, manufacturier.
27:26Quand on regarde les créations d'emplois par les NFP sur trois mois glissants,
27:30on a une décomposition qui peut se faire entre, effectivement,
27:33beaucoup de gouvernementaux,
27:35beaucoup de secteurs publics, beaucoup d'éducation, de santé.
27:38Et loisirs, hospitalités, la Coupe du Monde arrive.
27:40Oui, alors...
27:41On l'a vu sur le dernier chiffre.
27:42Je pense que c'est une hypothèse.
27:44Ah oui ?
27:44Non, vraiment, c'est une hypothèse qui demande à être vérifiée.
27:47Parce que quand on regarde vraiment dans le détail sur Accommodation Services,
27:52enfin, tout ce qui est même restauration, etc.,
27:54la restauration, typiquement, les bars qui peuvent être concernés par la Coupe du Monde,
27:59ça fait trois, quatre mois que c'est en tendance haussière.
28:01D'accord.
28:02En termes de création d'emplois.
28:02Ce n'est pas juste sur le dernier...
28:03Exactement.
28:04Donc, en fait, c'est maintenant plus équilibré qu'auparavant,
28:07de plus en plus équilibré qu'auparavant,
28:10la diffusion des créations d'emplois à l'ensemble des secteurs
28:12est en train de progresser.
28:13Il y a de plus en plus de secteurs qui créent des emplois aujourd'hui.
28:15Exactement, voilà.
28:17Bon, venons-en à la Banque Centrale Européenne,
28:19qui sera l'événement demain,
28:20avant l'introduction en bourse de SpaceX vendredi,
28:23sans lien aucun,
28:24quoique on peut toujours discuter de l'IA
28:27et de la taille des marchés de capitaux américains
28:29comparés aux nôtres en Europe.
28:31Non, ce qui va les occuper, c'est
28:34comment expliquer cette hausse de taux assurantielle
28:38à un public large ?
28:40C'est toujours l'enjeu de communication pour la Banque Centrale Européenne, François.
28:44Comment ça peut se passer en termes de communication demain ?
28:48Je pense qu'effectivement, la grosse question pour moi,
28:51c'est plutôt qu'est-ce qui se passe après juin que juin.
28:54Je pense que la juin, ça a été largement télégraphé,
28:58au sens où la croissance tient relativement bien,
29:05OT1 en tout cas, si on exclut nos amis irlandais.
29:08Je le redis parce que je ne sais pas si tout le monde l'a en tête,
29:10mais c'est un schéma assez classique,
29:12beaucoup de volatilité avec la croissance irlandaise,
29:14je crois que 30% est lié au secteur,
29:16ce qu'ils appellent les multinationales,
29:17c'est les impôts payés par les sièges sur la croissance de la zone euro.
29:22On a plus 0,2 pour la zone euro en Irlande.
29:24Exactement, en Irlande, donc ça tient plutôt bien.
29:26Alors ça, les indicateurs de conjoncture en avril-mai sont détériorés,
29:29mais en même temps, ce n'est pas si mal du tout,
29:31en tout cas mieux que ce qu'on avait il y a encore quelques semaines,
29:33hors ces révisions-là.
29:35Et puis surtout, l'inflation.
29:36L'inflation est quand même surprise à la hausse.
29:39Alors je ne suis pas tout à fait certain
29:41que la surprise à la hausse sur l'inflation sous-jacente de mai,
29:45sur les services notamment, indique beaucoup de choses.
29:47Je pensais plutôt à attendre des éclaircissements là-dessus,
29:51mais en tout cas, ce qui est clair,
29:52c'est que le prix de l'énergie a augmenté,
29:55qu'on va avoir des effets indirects qui vont se matérialiser,
29:58et que d'après nous, ils vont avoir une trajectoire d'inflation totale plus élevée,
30:03qui va les toucher, voire aller au-dessus des 3% au moyen de cette année,
30:06et surtout une inflation sous-jacente qui va être en phase d'accélération.
30:09Et donc là, nous, c'est exactement le mouvement qu'on a fait
30:11entre nos prévisions de mars-avril à avril-mai,
30:14avec ce choc qui se décale et qui prend du temps,
30:16on se rend compte qu'effectivement,
30:17ça va s'ancrer dans l'économie.
30:21Rentrer dans le système.
30:22Exactement.
30:22Alors, pas dans la mesure où on va avoir une crainte d'une boucle prix-salaire du tout,
30:28mais par contre, ça nécessite effectivement un ancrage de crédibilité,
30:31et donc du coup de réactivité pour le mois de juin.
30:34Donc là-dessus, nous, on est tout à fait au clair,
30:36et d'ailleurs, c'était notre call depuis début mars,
30:38avril, ça ne sert à rien, faisons juin qu'on y verra plus clair.
30:41Et par contre, pour après juin, effectivement,
30:43je pense qu'il y a deux messages clés qui vont être donnés.
30:45C'est un, on n'y voit quand même pas très clair,
30:48et là, je pense qu'il y a deux arguments clés.
30:50C'est un, évidemment, le conflit reste avec nous
30:52et avec les questions de long-linéarité et ce qui peut arriver.
30:55Et deux, effectivement, la question de
30:57quels sont les comportements et l'adaptabilité des comportements qui sont.
31:02Alors, pour schématiser,
31:03est-ce qu'on peut être dans un scénario un peu à la Covid,
31:05où on se retrouve avec des consommations réelles de prix,
31:08enfin, pardon, à la pompe,
31:10qui diminuent très fortement en Europe,
31:12pas qu'en France, mais dans toute l'Europe.
31:13Vous regardez les ventes d'aux détails,
31:15on est donnés là-dessus,
31:15on est à quasiment moins 3% sur le mois d'avril.
31:19Et est-ce qu'au contraire,
31:20ça pourrait alimenter une autre consommation,
31:22une consommation de services,
31:23une consommation d'autres biens ?
31:25Donc, c'est une question qui reste largement posée,
31:27qui pourra alimenter une forme de résilience
31:30de cette économie qui continue.
31:31En tout cas, pour une interrogation là-dessus,
31:33c'est en attente.
31:37Et ça va se refléter dans la communication demain.
31:38Et donc, on reste data-dependent,
31:40on reste meeting by meeting, etc.
31:41Par contre, on a peut-être envie d'aller faire
31:44juste plus qu'une hausse de taux,
31:47au-delà de juin.
31:48Pourquoi ?
31:48Parce qu'effectivement,
31:49dans ces révisions de baseline qui vont être faites,
31:52de leur scénario macroéconomique,
31:54c'est effectivement une inflation sous-jacente
31:56qui va être en accélération,
31:57qui devrait tourner autour de 7, de 8,
31:59en accélération par rapport à de 4, de 5 cette année.
32:02Et donc, du coup, quelque chose qui s'ancre un peu plus.
32:04Et puis, le dernier élément,
32:05et je m'arrêterai là-dessus,
32:06c'est comment est-ce qu'ils communiquent
32:08en termes de scénarios ?
32:09En mars, ils avaient des scénarios
32:10qui étaient uniquement biaisés à la hausse,
32:12avec un scénario baseline sévère et adverse et sévère,
32:18qui n'était que de plus en plus horrible pour l'inflation.
32:21Est-ce que là, on reste sur cette dynamique-là,
32:23ou est-ce qu'on contente qu'on peut avoir
32:24quelque chose de plus équilibré ?
32:24On peut mettre un scénario d'amélioration.
32:26Et voilà, avec des dommages sur l'économie
32:31et du coup sur le PIB,
32:32qui pourraient indiquer que oui,
32:33on peut monter les taux un peu plus grands,
32:35mais on pourrait aussi les baisser après.
32:36Et ce qui est intéressant,
32:37c'est que pour l'instant,
32:37le marché ne price absolument pas ça.
32:39Vous avez quasiment,
32:41enfin, pas tout à fait trois hausses,
32:42deux hausses,
32:43et un peu plus jusqu'à avril,
32:46printemps prochain.
32:47Et ça ne redescend pas.
32:48Et ça, c'est quand même très...
32:49Ah oui.
32:49Donc là-dessus, je pense que ça va être intéressant
32:51de suivre sur le data dependence,
32:53évidemment,
32:53mais effectivement,
32:54comment est-ce qu'ils argumentent
32:55sur ces scénarios
32:56sur lesquels on les attend beaucoup,
32:58effectivement ?
32:59La BCM monte deux fois ces taux cette année.
33:01Est-ce qu'elle sera capable
33:02de les rebaisser, effectivement,
33:04derrière,
33:04si la situation le permet,
33:06si la situation se normalise ?
33:08Ou est-ce qu'il y a une forme d'asymétrie,
33:10toujours,
33:10du point de vue de cette fonction de réaction
33:12de la Banque Centrale Européenne ?
33:14Ça me paraît un peu délicat
33:16de les rebaisser par la suite.
33:18Parce que...
33:19Alors, ça a été mentionné,
33:20on a du mal à savoir
33:20si la hausse du mois de mai
33:23est liée ou pas
33:24à une transmission plus large
33:25du choc énergétique,
33:26puisque l'inflation dans les services
33:28en glissement annuel
33:28est passée de 3% à 3,5%.
33:31Il semblerait quand même
33:32qu'on s'attendait
33:33à des effets de base
33:35indirects,
33:36enfin, pas du tout liés
33:36à la crise énergétique.
33:38On n'a pas le détail complet,
33:40donc on ne sait pas vraiment.
33:41Donc, ça peut être un point
33:42qu'éventuellement,
33:43ils pourraient éclaircir,
33:44mais je ne pense pas,
33:45mais ils vont le citer quand même.
33:47Pourquoi est-ce qu'à mon sens,
33:48ça va être difficile
33:49de les baisser par la suite ?
33:51C'est que, d'une part,
33:52il y a un...
33:53On parlait du taux neutre
33:54pour les États-Unis tout à l'heure.
33:55On pourrait éventuellement
33:57le citer pour la zone euro.
33:58C'est que,
33:59dans leurs estimations,
34:01le taux de 2%,
34:03on est, on va dire, au milieu.
34:04Je schématise,
34:05mais on est au milieu
34:06de la bande de fluctuation
34:08d'estimation du taux.
34:10On va dire qu'il y a entre 1,5% et 2,5%.
34:12Voilà.
34:13Donc, s'ils montent d'un cran,
34:14ils vont le faire.
34:15Je vais en jouer.
34:16Ils se sont effectivement un peu avancés.
34:17Un peu trop.
34:18Ou peut-être, je ne sais pas.
34:19En tout cas, ils se sont avancés,
34:20ils vont le faire.
34:22Moi, j'ai du mal encore
34:23à envisager une seconde hausse de taux,
34:25pour être tout à fait franc.
34:28Mais on restera dans cette bande
34:29d'estimation du taux neutre.
34:32Ce n'est pas un changement de réglage.
34:34Ce n'est pas un changement de régime.
34:35Oui, l'inflation dans les services,
34:37on a quand même du mal
34:37à la voir s'effondrer.
34:39D'autant plus si, effectivement,
34:41on a quand même une transmission
34:44de ce choc énergétique
34:45vers les services,
34:47vers de manière plus large.
34:48L'inflation dans les biens
34:50non-industriels
34:51ou non-énergétiques
34:51a aussi un peu augmenté.
34:53Probablement, là,
34:53c'est un peu plus le reflet
34:54de ce choc énergétique,
34:56de l'accroissement
34:57des tensions logistiques, etc.
34:59Étant donné qu'ils sont prudents,
35:01s'ils ne voient pas
35:02d'effet très marquant
35:03sur l'inflation
35:04avec des taux
35:05à 2,25 ou à 2,50,
35:07si on est dans un scénario
35:08de deux hausses de taux,
35:09ils pourront les baisser
35:12à un moment donné,
35:13mais sans doute pas immédiatement.
35:16Ils seront dans une dynamique,
35:18d'autant plus
35:18si en plus le choc,
35:21si la guerre en Iran
35:22se termine,
35:23on a un accord.
35:24Mais vous dites
35:25si on reste dans cette borne large
35:27de fluctuations
35:27autour du taux neutre,
35:29ça veut dire
35:29qu'il n'y a pas de...
35:30Le prix économique à payer
35:33sera marginal
35:34de cette ou de ces hausses de taux ?
35:37Je ne serais pas aussi...
35:39Non, je ne serais pas aussi optimiste.
35:41Il y a un prix économique à payer.
35:42Je pense quand même
35:43qu'on est sur une...
35:45On était en phase
35:46de réaccélération de l'activité.
35:47Ah bah, c'était le début d'année.
35:49Avant la guerre,
35:50nous, on pensait
35:50qu'il y aurait des hausses de taux
35:52un peu plus tôt d'ailleurs,
35:53mais pour des bonnes raisons,
35:54si je puis dire,
35:55parce que la demande,
35:56ça croît,
35:56des pressions inflationnistes,
35:57etc.
36:01En fait,
36:01les conditions initiales
36:02sont quand même très importantes.
36:04Les conditions initiales
36:05à partir desquelles
36:06le choc énergétique
36:07s'applique,
36:07la guerre en Iran.
36:08On n'est pas sur un marché
36:09de l'emploi
36:10qui était extrêmement tendu.
36:11On est sur des indicateurs
36:12dans les enquêtes
36:14auprès des entreprises
36:15qui, sur l'emploi,
36:16sont plutôt en train
36:17de se dégrader
36:17et beaucoup plus rapidement
36:18qu'en 2022.
36:21Avec des pressions,
36:22des prix de vente
36:23finaux anticipés
36:24qui, sur le mois de mai,
36:26il faut être très prudent,
36:27ont légèrement diminué.
36:29Prix de vente finaux
36:30anticipés par les entreprises,
36:31tous secteurs confondus,
36:32y compris dans les services.
36:36C'est un peu délicat,
36:37mais pour la Banque Centrale Européenne,
36:40juin,
36:41voilà.
36:43Voir septembre,
36:44si je devais y en avoir
36:45une deuxième.
36:45J'ai du mal.
36:46On suivra la communication demain.
36:47C'est quoi le prix à payer
36:49de cette ou de ces hausses
36:50de taux de la Banque Centrale Européenne ?
36:51Est-ce que ça peut ramener
36:53le sujet d'une récession
36:54en zone euro ?
36:55Ou est-ce qu'on n'en est pas là du tout ?
36:57En tous les cas,
36:57on n'est pas là du tout.
36:59Pour l'instant,
37:00il n'empêche que l'économie européenne,
37:02c'est celle dans le monde presque
37:04qui souffle le plus.
37:05Il y a quelques économies
37:07et même en Amérique latine
37:09parce que les politiques
37:10n'ont pas été adaptées
37:11pour essayer d'aider.
37:12De fait, nous,
37:13on aide un peu.
37:14Mais c'est vrai,
37:14les conditions initiales
37:15sont essentielles.
37:16Mais tout d'abord,
37:18Madame Lagarde...
37:18Une minute, Sébastien.
37:20Madame Lagarde
37:21est une politique.
37:23Elle,
37:23elle va faire de la politique.
37:24Elle ne va pas faire
37:25de l'économie.
37:26Et elle,
37:26elle sait que c'est important
37:28de donner un message
37:29de modération.
37:30Elle le fait depuis le début.
37:31et elle n'a jamais voulu
37:32s'engager complètement
37:33sur même la hausse de juin.
37:35Mais elle va le faire.
37:37Elle va la délivrer.
37:38Et je pense qu'elle va dire
37:41qu'on est toujours
37:41data dependent
37:42et on va faire ce qu'il faut
37:44pour maintenir
37:46l'inflation incrée.
37:47Et cette hausse,
37:48elle est très psychologique
37:49pour les marchés
37:50et pour tous les acteurs.
37:52C'est...
37:52Non, nous,
37:53on est prêts
37:53à faire quelque chose.
37:54De fait,
37:54on le fait.
37:55On va ancrer
37:55les anticipations d'inflation.
37:57En Europe,
37:57elles n'ont pas bougé.
37:58Pas beaucoup bougé.
37:59Donc, ça reste bien ancré.
38:01Donc, c'est une assurance.
38:02Et maintenant,
38:03sur la dynamique européenne,
38:05le choc,
38:06il est assez brutal.
38:07De fait,
38:07c'est pour ça
38:08qu'on commence à voir
38:09que ça coûte en emploi.
38:10Pour l'instant,
38:11on était en plein emploi.
38:12Jamais le taux de chômage
38:13de TCI faible.
38:14Et donc,
38:14je pense que
38:15faire plus à ce stade
38:17se paraît un risque.
38:18de toute façon,
38:19ils vont déjà faire
38:20ce qu'ils ont à faire demain.
38:21Ce sera le sujet.
38:22Et puis,
38:22effectivement,
38:22on verra d'ici septembre.
38:24Mais comme pour la réserve
38:25fédérale américaine,
38:26beaucoup de paramètres
38:27peuvent encore évoluer
38:27d'ici le mois de septembre.
38:29Merci beaucoup
38:29d'avoir été avec nous ce soir.
38:31Sébastien Paris-Sorvitz,
38:32LBPM,
38:33François Cabot,
38:34AXA,
38:34et Florent Vabon,
38:35et Kofi.
38:36Sous-titrage MFP.
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