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Mercredi 11 février 2026, retrouvez Florent Wabont (Économiste, ECOFI), Benoit Vesco (Président, Delubac Asset Management) et Alain du Brusle (Directeur de la gestion, Claresco) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:003 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Florent Wabon est à nos côtés, économiste chez ECOFI.
00:16Bonsoir Florent.
00:17Bonsoir Grégoire.
00:17Benoît Vesco nous accompagne également, le président de Delubac, Asset Management.
00:21Bonsoir Benoît.
00:21Bonsoir Grégoire.
00:22Et Alain Dubrul est à nos côtés, le directeur de la gestion de Claresco.
00:25Bonsoir Alain.
00:26Bonsoir Grégoire.
00:26Merci d'être là messieurs, ravi de vous retrouver Alain à chaque jour, son lot de victimes sacrifiées sur le tel de l'intelligence artificielle.
00:34Focalisons-nous aujourd'hui peut-être sur le cas d'Assosystem qui est le plus proche de nous, une ex-darling de la cote parisienne,
00:42alors qui avait déjà chuté de son piédestal depuis quelques temps, puisque c'est quand même un titre d'Assosystem, parmi d'autres dans le secteur des logiciels,
00:49qui avait déjà beaucoup souffert en 2025, il a dû perdre peut-être 40% tout au long de l'année 2025,
00:55il perd encore 20% aujourd'hui à l'occasion de la publication des résultats annuels du groupe.
01:01Quelles sont les raisons spécifiques peut-être liées au cas d'Assosystem et les messages un peu plus généraux qu'on peut répliquer à l'ensemble du secteur des logiciels
01:13à travers le discours et la communication de Dassos aujourd'hui ?
01:16Alors Dassosystem, c'est quand même une très très belle valeur, qui a de croissance depuis les années 80.
01:21Ce qui a posé problème, je pense, chez Dassos, c'est une société dont la valorisation a toujours été extrêmement élevée,
01:27c'est un peu le Hermès des logiciels, et donc pour les gérants de la difficulté, c'est toujours à quel moment rentrer,
01:33parce que comme c'est extrêmement cher, il fallait qu'il y ait une croissance qui soit correcte,
01:38et puis c'est une société aussi qui dans le passé a complété cette croissance par des acquisitions.
01:42Donc on avait des multiples élevées, mais une forte croissance.
01:45Ce qui a pesé avant même l'IA, c'est quand même un ralentissement de la croissance.
01:48En 2019, ils ont fait une acquisition importante, qui s'appelait MediData, notamment dans le domaine de la santé,
01:54et objectivement, depuis la fin du Covid, cette acquisition-là, elle pèse clairement sur la croissance.
02:00Elle pénalise la croissance globale du groupe.
02:02Voilà, c'était un peu l'enfant pauvre du groupe, et puis par ailleurs, ils ont segmenté leur offre,
02:08pour celle qui est pour les très grandes entreprises, qui s'appelle la 3D Experience.
02:12Chose qui fonctionne, ils adressent des nouveaux verticaux assez régulièrement,
02:15mais quand même, on sent que la 3D Experience, c'est très haut de gamme,
02:17et ça prend un petit peu plus de temps aussi.
02:21Donc bref, globalement, il se dit qu'il reste très performant, avec des belles marges,
02:24mais qui a quand même, depuis 2-3 ans, souffert un peu en termes de croissance, et notamment l'année dernière.
02:30Si on regarde, finalement, comment a évolué les attentes de résultats sur 2026 et 2026,
02:36si on se replace 18 mois dans le passé,
02:40en gros, les attentes de 2026 ont quand même été revues en baisse de 15%,
02:44et sur 2027, de 25%.
02:45Donc ça, ça sera dit quoi, finalement ?
02:47Une société qui est en croissance, mais qui croit moins qu'avant.
02:49Donc forcément, ça a évidemment pesé sur les multiples de valorisation.
02:54Donc ça, c'était avant.
02:55Ça a pu se payer 40 fois, à un moment.
02:56C'est ça, oui, tout à fait.
02:57Et là, on était plutôt tombés à 20, 25.
02:59Ce qui était légitime, compte tenu de la perte de momentum.
03:03Mais là, j'en discutais avec un gérant il y a deux jours,
03:05et on se disait, finalement, dans le bain de sang des logiciels qu'on a depuis une dizaine de jours,
03:08enfin, depuis quand même trois mois, mais surtout depuis dix jours,
03:11Dassault avait plutôt été épargné.
03:14Et on se disait, mais il va falloir que les résultats soient bons.
03:16Le mystique n'était pas encore passé par Dassault Système.
03:18Les résultats sont à nouveau décevants.
03:21La déception propre à Dassault, mais qui n'est pas nouvelle, pourrait avoir une ampleur plus forte.
03:26Et c'est ce qu'on voit aujourd'hui.
03:27Parce que finalement, les résultats ne sont effectivement pas terribles.
03:30Ils remettent en cause un ou deux points en dessous sur le chiffre d'affaires,
03:35un point en dessous sur la marge.
03:36Et surtout, sur les perspectives 2026, on parle d'une croissance,
03:40si on enlève les effets de change,
03:42qui est plutôt à low single digit,
03:45plutôt que mid single digit,
03:47avec des marges qui semblent aussi un peu plafonnées.
03:50Et puis derrière, en plus, il y a tout l'IA.
03:51Parce que pour l'instant, peut-être l'IA pèse dans les prises de commandes.
03:55Ce que les gens se disent avant de rentrer dans un logiciel 3D expérience,
03:58c'est quand même quelque chose d'assez lourd.
03:59Est-ce que c'est le moment...
04:02Même si finalement l'IA n'était pas une menace,
04:04ça pèse dans un premier temps sur les décisions d'investissement
04:07des nouveaux clients.
04:08Donc ça contribue d'une certaine façon à pénaliser la croissance.
04:12D'où la chute de 20%,
04:13qui finalement est un peu justifiée
04:16parce que la société était encore assez chère.
04:18Donc aujourd'hui, on se dirige progressivement
04:20vers une valorisation qui est plus en ligne avec celle du secteur.
04:23Le problème, c'est que le secteur lui-même est choqué.
04:26Et on ne sait plus où est le bon multiple.
04:29Le propre des boîtes de logiciels,
04:30c'est que c'est très coûteux de concevoir le logiciel,
04:32très coûteux d'acquérir le client,
04:34notamment la première année.
04:35Mais une fois qu'il est embarqué,
04:37vous pouvez avoir des marges à 40-50%,
04:3980% même.
04:41Mais si vous enlève le travail sur les nouveaux logiciels
04:43plus l'entretien de la base client,
04:45vous arrivez à 40%.
04:46Sauf que là, le problème,
04:47c'est qu'avant, c'était des annuités quelque part.
04:49Et aujourd'hui, ça va peut-être durer 2 ans, 4 ans.
04:51Mais on ne sait pas ce qu'il y aura dans 5 ans.
04:53D'où une chute brutale des multiples.
04:55Qu'est-ce qu'ils disent là chez l'AssoSystem aujourd'hui,
04:57par exemple,
04:58ou dans d'autres sociétés de logiciels
05:00qui ont pu communiquer récemment ?
05:01Qu'est-ce qu'ils disent du risque IA ?
05:03Je lisais rapidement,
05:05alors c'était peut-être avant la conférence Analyste,
05:07mais il y a l'idée,
05:09il y a un gros travail à faire
05:10d'industrialisation de l'IA
05:12dans nos logiciels et dans nos solutions
05:15chez l'AssoSystem.
05:17Ça veut dire qu'ils sont très en retard.
05:19Est-ce que chez l'Asso ou chez d'autres,
05:21il y a un gros retard à rattraper ?
05:24Est-ce que c'est une question, effectivement,
05:25d'aller plus vite dans l'industrialisation de l'IA
05:28et l'intégration de l'IA dans leurs outils ?
05:30Ou est-ce que c'est un vrai sujet de disruption
05:32avec l'idée que de nouveaux outils
05:34vont remplacer ces outils-là demain ?
05:36On a quand même des outils
05:37qui sont extrêmement haut de gamme
05:39chez d'AssoSystem.
05:40On pourrait imaginer que l'IA
05:42soit plutôt une opportunité qu'une menace.
05:45Néanmoins, ça bouleverse le business model.
05:47Ça veut dire que dans un premier temps,
05:49les clients vont être un peu plus attentistes
05:50et eux, il faut qu'ils réfléchissent aussi
05:52à la façon dont ils vont devoir exploiter tout ça.
05:54Rappelons quand même que dans l'IA,
05:58il y a quoi ?
05:58Il y a la bibliothèque,
05:59c'est-à-dire avoir les données,
06:01il y a le logiciel,
06:02et puis il y a la puissance de calcul.
06:04On voit qu'un centre d'acteurs américains
06:06investissent lourdement dans le calcul.
06:08Donc ça veut dire que l'IA,
06:09ce n'est pas terminé, ça va être là.
06:11Maintenant, l'autre élément,
06:13c'est quand même la data.
06:14En l'occurrence,
06:15l'AssoSystem fonctionne dans des environnements fermés,
06:18avec des écosystèmes
06:19où il y a énormément de données.
06:20Donc s'ils sont capables
06:22d'utiliser la puissance IA
06:24pour brancher ça sur leurs données
06:26avec toute leur architecture...
06:27Pour mieux exploiter les données
06:29que leurs clients possèdent déjà.
06:31A priori, il y a une issue.
06:33Maintenant,
06:35le problème, c'est que ça va prendre du temps
06:36et qu'il va falloir fonctionner
06:38sur un modèle un peu différent.
06:39Et en attendant,
06:39la croissance va sûrement être un peu moindre.
06:42Et puis ça nécessite aussi,
06:43et ça, ils le disent,
06:44des investissements.
06:46Donc quelque part,
06:47une sorte de transition
06:48qui arrive à un moment pour une société
06:50qui était déjà un peu en perte
06:52en termes de croissance.
06:53Maintenant,
06:54ces fondamentaux restent,
06:55à mon avis,
06:55assez bons.
06:56Et l'approche...
06:57Mais plus au même prix.
06:58Voilà.
06:59Plus au même prix,
07:00c'est-à-dire qu'en fait,
07:01le prix dépend de la croissance
07:04et du cash flow.
07:05La croissance,
07:06pour l'instant,
07:07elle est un petit peu questionnée.
07:09Et le cash flow aussi,
07:10parce que si on veut saisir
07:11ces nouvelles opportunités de croissance,
07:13il va falloir investir.
07:14Il va falloir investir.
07:14Et puis la troisième chose,
07:15c'est que,
07:16ça c'est plus propre à Dassault Systèmes,
07:17mais le relatif échec de MediData,
07:19qui est la dernière grosse acquisition,
07:21ne plaide pas
07:22pour éventuellement
07:24faire une acquisition structurante
07:25qui permettra de retrouver.
07:26Aujourd'hui,
07:26c'est peut-être pas le moment.
07:28Ils peuvent être un peu
07:29sur la retenue désormais
07:30en matière de croissance externe,
07:31après le dossier MediData,
07:32un peu compliqué.
07:33À très court terme,
07:34je ne vois pas trop
07:35une société dans le logiciel
07:35aujourd'hui
07:36oser faire une acquisition,
07:37parce qu'on ne sait plus
07:38très bien ce qu'on achète.
07:39Donc à mon avis,
07:39ça va geler les projets
07:40pour un certain temps.
07:41Oui,
07:41on ne sait plus ce qu'on achète,
07:43on ne sait plus combien ça vaut.
07:44Combien ça vaut, Benoît ?
07:46Comment vous regardez
07:46cette phase de découverte des prix
07:49ou d'un nouveau prix
07:50pour ce secteur ?
07:51Alors,
07:52on parle du software en général,
07:54mais on voit
07:55dès qu'un nouveau modèle
07:56ou dès qu'une nouvelle fonctionnalité apparaît,
07:58on voit la sensibilité
08:00de plein de secteurs différents,
08:01les services financiers,
08:03les services d'assurance,
08:05les services de données, etc.
08:07Tous ces secteurs-là
08:08sont soumis à une pression intense
08:10aujourd'hui sur le plan boursier,
08:11en tout cas.
08:11Oui, clairement,
08:12ce qui est intéressant,
08:13et on est tous persuadés
08:14que l'IA va changer nos pratiques,
08:16notre quotidien et nos outils.
08:18Donc,
08:18il y a vraiment ce côté disruptif.
08:20On est passé d'un stade d'euphorie
08:22où on comptait le nombre de fois
08:23le dirigeant citer le mot IA
08:25pour faire monter le cours de bourse
08:26à une période
08:27où on pense que le business model
08:29est mis à mal systématiquement par l'IA.
08:32Donc,
08:32on passe par différentes phases
08:34d'euphorie
08:35ou d'inquiétude extrême
08:36parce qu'on aimerait savoir
08:38tout de suite maintenant
08:39à quoi sert l'IA
08:40et quel va être son impact
08:41dans toutes les entreprises,
08:42que malheureusement,
08:43ça ne sera pas possible.
08:45Il va falloir du temps.
08:47Mais évidemment,
08:47au regard des centaines de milliards
08:49qui sont en train d'être dépensés,
08:51le marché a envie de savoir.
08:53Ça, voilà, c'est...
08:54Et comme on ne sait pas,
08:55on préfère vendre.
08:56C'est un peu l'attitude du marché
08:58aujourd'hui,
08:59en tout cas dans cette séquence
09:01avec le degré d'incertitude
09:02qu'il y a devant nous.
09:04Tant qu'on ne sait pas,
09:05la bonne décision,
09:06c'est peut-être plutôt de vendre.
09:07Oui, exactement.
09:08Parce que quand on regarde
09:08le palmarès des indices américains,
09:10c'est le plus flagrant
09:11depuis le début de l'année.
09:12Le Nasdaq est quand même le perdant.
09:14Alors, ce n'est pas encore dramatique,
09:15mais il est quand même perdant
09:16depuis le début de l'année.
09:17Ensuite, le S&P 500
09:18se comporte correctement.
09:20Et puis, celui qui superforme,
09:22c'est le Dow Jones,
09:23les industries traditionnelles.
09:25Donc, vraiment,
09:25le marché a switché
09:26et se réfugie
09:28dans des secteurs
09:31qu'il estime traditionnels
09:32et non disruptifs,
09:34non disruptés plutôt.
09:35Immune un peu.
09:36Voilà.
09:36Ce qui n'est peut-être pas
09:37si vrai que ça, en fait.
09:38C'est ça qui est intéressant.
09:40Il revient vers des choses
09:41beaucoup plus classiques
09:42où il se dit
09:42« ça, j'ai de la visibilité ».
09:44Donc, ça va encore évoluer.
09:45Je pense que c'est quand même
09:46plutôt sain, ce mouvement-là.
09:48On s'inquiétait tous
09:49à un moment donné
09:49de bulles Internet
09:50et d'éclatements
09:51de la bulle Internet.
09:52Ce qui est intéressant,
09:53c'est que ça se fait plutôt,
09:55alors évidemment,
09:56avec des sanctions fortes,
09:57mais globalement en bon ordre
09:58quand on regarde
09:59les indices globaux.
10:00Les performances sont plutôt là.
10:02Les indices sont proches
10:03des plus hauts.
10:03Et donc, on passe
10:05d'une thématique à une autre,
10:08mais on n'est pas
10:08dans un mode panique
10:09qui amènerait
10:10à des baisses globales
10:12des marchés.
10:12Ce n'est pas du tout le cas.
10:13Donc là, on est plutôt
10:14dans un réarbitrage
10:15qui fait que les portefeuilles
10:17ne sont pas mises à mal
10:18globalement
10:18et on délivre
10:20toujours de la performance.
10:21On pourrait y revenir
10:22plus en détail,
10:23mais cette rotation,
10:24elle est solide.
10:24Les secteurs qui arrivent
10:26à prendre la relève,
10:27qui arrivent à maintenir
10:28les indices d'actions mondiaux
10:31proches de leur record.
10:34Oui, c'est des secteurs
10:35qui ont quand même
10:36des arguments fondamentaux
10:37à faire valoir.
10:39De la croissance bénéficiaire,
10:40des valorisations intéressantes.
10:42Il y a quelque chose de réel
10:43derrière cette rotation.
10:44Oui, c'est une rotation
10:44qui se tourne vers la visibilité.
10:47Ça ne veut pas dire
10:47qu'il n'y en aura pas
10:48d'autres derrière,
10:48mais globalement
10:49qui se tourne vers la visibilité,
10:50ce qui est plutôt sain.
10:51Le marché se replie
10:52vers ce qu'il connaît.
10:54Et là encore,
10:55ça veut dire aussi
10:55qu'on est en fait
10:56dans un environnement
10:57globalement qui va bien.
10:59On a de la croissance,
11:01on a des taux directeurs bas,
11:03voire peut-être
11:03un peu plus bas
11:04dans quelques mois
11:05aux États-Unis.
11:06Donc tout ça
11:07est un soutien
11:08pour les marchés actions
11:08globalement.
11:09La liquidité est là.
11:11Quand on regarde
11:11les marchés obligataires
11:12et les émissions gigantesques
11:14qu'il y a pu y avoir,
11:15elles se placent très bien.
11:17Donc voilà,
11:17de ce côté-là,
11:18fondamentalement sur les marchés,
11:19il n'y a pas d'alerte majeure.
11:21C'est juste
11:21des réorganisations
11:22de portefeuille.
11:23Ce qui est plutôt sain,
11:24on avait des marchés
11:25ultra concentrés géographiquement
11:27dans le passé
11:28où la performance
11:29était exclusivement
11:30sur les États-Unis,
11:31exclusivement sur cette valeur,
11:34ce qui quand même
11:34posait question.
11:35On revient sur des marchés
11:36qui, dans le monde,
11:37performent à peu près tous.
11:39Et quand on regarde
11:40le S&P équipondéré,
11:43c'est plus cette valeur
11:44qui font la performance,
11:45c'est l'ensemble du marché.
11:46Donc tout ça
11:47est plutôt positif,
11:48globalement.
11:49Comment vous regardez ça
11:50en tant qu'économiste,
11:51ces mouvements de marché ?
11:52Ça nous amènera
11:53à parler de l'emploi,
11:54bien sûr, Florent,
11:55mais c'est vrai
11:56qu'il y a cette phase
11:57de découverte des prix,
11:58cette phase de rupture,
12:00de transition,
12:01le marché dans son rôle
12:02en essayant d'aller chercher
12:04effectivement
12:05des nouveaux multiples
12:07de valorisation
12:08pour des secteurs
12:08qui n'étaient pas habitués
12:10à cette concurrence
12:11de l'intelligence artificielle
12:12jusqu'à présent,
12:13en tout cas.
12:13Alors,
12:14je n'aurais pas une lecture
12:14aussi granulaire
12:16que mes camarades aujourd'hui,
12:18mais quand on regarde
12:19le marché,
12:20effectivement,
12:21on parlait de rotation
12:22à l'instant,
12:23on peut aussi rajouter
12:23la surperformance
12:25des petites capitalisations
12:26américaines
12:26qui s'inscrit aussi
12:27dans ce mouvement
12:28d'un environnement
12:29très favorable
12:30à la croissance
12:31et je dirais même plus
12:33puisqu'on va parler
12:34de l'emploi
12:34sur les Etats-Unis,
12:35on a quand même
12:36l'impression
12:36d'une sorte de reprise,
12:39le mot n'est pas forcément
12:40très bon après la croissance
12:41qui a été celle des Etats-Unis
12:42en 2025,
12:43mais disons qu'on a
12:43une diffusion de la croissance
12:45qui est un peu plus saine,
12:47un peu à l'image
12:48de ce qui se passe
12:49sur les marchés financiers,
12:50où on a des secteurs
12:51qui ont été très touchés
12:52par l'incertitude trumpienne
12:54qui repartent un peu
12:55de l'avant.
12:56On a quelque chose
12:56d'un peu plus...
12:57Il y a des déséquilibres
12:57qui se corrigent quand même,
12:58là vous dites,
12:59dans cette économie américaine
13:00très fracturée.
13:00Je ne sais pas si on pourrait parler
13:00de déséquilibre,
13:02mais en tout cas,
13:02on a eu des faiblesses
13:03liées, à mon sens,
13:05à l'incertitude
13:06qui a entraîné
13:07la politique commerciale
13:08de Donald Trump
13:09et on a des indicateurs
13:10avancés du cycle
13:11aux Etats-Unis
13:11qui se reprennent
13:12dans des secteurs
13:13plus traditionnels
13:15pour reprendre ces termes,
13:16notamment le secteur manufacturier.
13:18C'est le cas aux Etats-Unis,
13:22et donc de ce point de vue-là,
13:24à mon sens,
13:24d'un point de vue plus macro
13:25cette fois-ci,
13:26les mouvements de marché
13:27sont effectivement orientés
13:29plutôt sur les valeurs cycliques
13:31ou en tout cas
13:31les secteurs un peu plus cycliques.
13:33Le cycle.
13:33Le cycle.
13:33Voilà.
13:34Et donc,
13:35ça me paraît assez légitime
13:36de se dire que
13:37si on a des très grosses attentes
13:39sur l'IA,
13:40là je parle sous votre contrôle,
13:41avec des valorisations
13:43très élevées,
13:45si effectivement
13:46il y a des petites déceptions,
13:48des disruptions
13:48dans certains sous-segments,
13:50on aille vers
13:51d'autres pans de la cote
13:52qui n'ont été pas massacrés
13:54mais un peu délaissés.
13:55Délaissés, oui.
13:56Effectivement,
13:56avec cette idée
13:57de reprise cyclique,
13:59y compris sur un marché
14:00du travail américain
14:02qu'on a vu quand même
14:02considérablement s'affaiblir
14:04tout au long de l'année 2025.
14:07Pauline le rappelait,
14:08moins de 200 000 créations
14:09sur une année pleine
14:11aux Etats-Unis,
14:12hors récession,
14:13sur un marché du travail
14:14qui doit concentrer
14:15160 millions de jobs.
14:16Oui, c'est ça.
14:17C'est-à-dire,
14:17c'est peut-être même
14:19la marge d'erreur
14:20ou même moins
14:21que la marge d'erreur
14:21de ce point de vue-là.
14:23Alors,
14:24la révision fait
14:25qu'on est passé
14:25de 583 ou 584 000 emplois
14:28sur l'ensemble de l'année
14:29à moins de 200 000.
14:30C'est ça, 180 000.
14:31Donc là, on se dit quand même
14:31qu'il y a eu une surestimation
14:32très forte,
14:33mais même 500 000
14:34ou 600 000,
14:35c'était déjà pas beaucoup
14:36par rapport à ce qu'on voyait
14:37auparavant.
14:38Et en enlevant la santé
14:38et l'éducation,
14:39on est déjà à zéro.
14:41Exactement.
14:41Cela étant dit,
14:42quand on regarde
14:43le rapport du mois de janvier,
14:44celui qui vient de paraître
14:45à l'instant,
14:46il y a quelques heures,
14:47il me semble assez solide.
14:49Alors,
14:49sur le mois,
14:50on sait très bien
14:51qu'un point de données
14:51ne fait pas une tendance.
14:52Donc,
14:53il faut regarder évidemment
14:53l'ensemble des données
14:55sur trois mois.
14:56Donc,
14:56on parlera des créations d'emplois,
14:58mais si on regarde déjà
14:58le taux de chômage,
15:00le taux de chômage au mois de novembre,
15:01c'était 4,54 %,
15:02ensuite 4,38 %,
15:05et là,
15:06on a 4,28 %
15:07sur le mois de janvier.
15:08Donc,
15:08sur une moyenne de trois mois,
15:10si on compare
15:11cette moyenne de trois mois
15:12à la précédente en glissante,
15:14c'est un tout petit peu moins.
15:14Et si on regarde
15:16le graphique,
15:17cette fois-ci,
15:17sur pratiquement un siècle,
15:19ce qui est assez...
15:20Mais c'est intéressant
15:21de faire cet exercice,
15:23parce que,
15:25même à l'œil nu,
15:26sans aller faire
15:27des calculs plus poussés,
15:29on voit que la pente
15:30de l'augmentation
15:31du taux de chômage
15:32qu'on a connue
15:32depuis 2024,
15:342025,
15:35c'est beaucoup,
15:36beaucoup moins pentue
15:37que l'ensemble
15:38des moments
15:38où le taux de chômage
15:39a augmenté
15:40durant l'histoire
15:41des États-Unis.
15:41C'est totalement inédit,
15:42ce qu'on a dit.
15:43Il faut bien le rappeler.
15:44Et puis après,
15:46sur les créations d'emplois,
15:4873 000 emplois
15:50en moyenne sur 3 mois,
15:52là,
15:52sur le chiffre
15:52du mois de janvier.
15:53Le mois dernier,
15:54c'était moins 17.
15:55Sur 3 mois toujours ?
15:56Sur 3 mois toujours,
15:57et ensuite,
15:57on avait moins 8.
15:58Donc il y a quand même
15:58vraiment l'idée,
15:59même si un point ne fait pas une autre,
16:00mais en lissant un peu les choses,
16:02vous dites qu'il y a quand même
16:03peut-être l'idée
16:03d'une inflexion.
16:04Tout à fait.
16:04Donc même si on fait
16:05la moyenne sur 3 mois
16:06de la moyenne sur 3 mois,
16:07si vraiment on veut pousser
16:08les choses très loin,
16:09on voit une petite inflexion
16:10de la tendance.
16:11Le bémol que j'ai toujours,
16:13c'est quand on décompose
16:14par les secteurs cycliques,
16:15ce n'est pas encore
16:16la folie,
16:18pardonnez-moi l'expression,
16:19mais ça ne repart pas
16:20vraiment très très fort.
16:20Mais c'est des secteurs
16:21qui détruisent moins d'emplois
16:22quand même ?
16:22Qui ne détruisent plus d'emplois
16:23en moyenne sur 3 mois,
16:25le pire ayant été observé
16:27durant l'été.
16:28D'accord.
16:28Et donc vous posiez la question,
16:30je terminerai là-dessus,
16:31mais vous posiez la question
16:32sur la Fed,
16:33la Fed va-t-elle
16:34continuer ces baisses de taux ?
16:36J'irais même plus loin.
16:37La question qu'on pourrait...
16:38A-t-elle eu besoin ?
16:40Est-ce que les baisses de taux
16:42qu'elle a...
16:42Fallait-il baisser les taux ?
16:43Fallait-il baisser les taux ?
16:44Voilà.
16:44Bon, ça c'est une question
16:46un peu provocatrice.
16:47Mais en revanche,
16:48si on se projette un petit peu,
16:50vous connaissez mon scénario,
16:52je l'ai déjà...
16:53On en a déjà débattu ensemble
16:54même en fin d'année dernière.
16:56Je pense que là,
16:57les choses sont en train d'aller
16:59de l'avant sur l'emploi.
17:00Il faut encore un ou deux mois
17:01pour confirmer vraiment la tendance.
17:04Mais ça veut dire
17:04qu'effectivement,
17:05la Fed est au bon endroit
17:06et qu'il n'y a peut-être pas besoin
17:08d'aller très très loin
17:09sur les taux.
17:09Avec un discours qui a un peu évolué.
17:11Jérôme Poel,
17:12fin d'année dernière,
17:13est tout à fait assez attentif
17:14à l'emploi.
17:16Le dernier message
17:17était de dire
17:18que les taux sont peut-être
17:20dans la fourchette haute
17:21d'une estimation du taux neutre.
17:23Autrement dit,
17:25on n'est pas loin
17:25d'avoir normalisé
17:26notre réglage de politique monétaire.
17:28Exactement.
17:29On verra avec Kevin Worsh,
17:31cela dit.
17:32Sur l'emploi,
17:32qu'est-ce que vous faites ?
17:33Et l'emploi à l'heure de l'IA,
17:34ça m'intéresse aussi.
17:35Est-ce qu'il y a des retours
17:36de co-entreprises ?
17:39Est-ce que les entreprises,
17:40on voit des plans de licenciement
17:41aujourd'hui,
17:42alors ça arrive,
17:43l'économie américaine,
17:44les entreprises américaines
17:44ont l'habitude
17:45de ce genre de dégraissage régulier,
17:48mais est-ce que là,
17:49il y a une réalité de l'IA
17:50déjà qui est en train de mordre ?
17:52Dans les chiffres
17:53qui viennent de citer,
17:53en fait,
17:54il y a un paradoxe
17:54qui est d'un côté,
17:55on crée relativement,
17:56on crée beaucoup moins d'emplois
17:57que par le passé
17:58et en même temps,
17:58le taux de chômage,
17:59lui,
18:00reste très contenu.
18:01La raison,
18:02elle est démographique,
18:03c'est qu'il y a une immigration
18:05violente
18:06et démographique
18:07sur l'immigration.
18:08Après,
18:09la société américaine
18:10vieillit aussi,
18:11un peu moins qu'en Europe,
18:12mais quand même,
18:13on a une situation démographique
18:14où on a moins d'immigrés
18:15et un vieillissement
18:16de la population.
18:18Donc,
18:18quelque part,
18:20qu'est-ce que ça veut dire ?
18:21Ça veut dire
18:21qu'il y a moins de gens
18:22pour travailler,
18:23donc c'est vrai
18:23qu'il y a une pression salariale
18:24plus forte qu'avant,
18:25même quand on crée
18:26moins d'emplois.
18:27Et puis,
18:27d'autre part,
18:28avec l'IA,
18:28on est sur un cycle de capex
18:30qui est très important.
18:31Donc,
18:31ça veut dire
18:32que d'un point de vue obligataire,
18:33il y a une grosse demande
18:34de moyens financiers.
18:37Donc,
18:37cet effet offre-demande
18:38fait que du côté des taux,
18:40on ait une économie finalement
18:41avec moins de travailleurs
18:42et une économie plus capitalistique,
18:44à fortiori,
18:45avec tout le front IA
18:46qu'on est en train
18:47de vivre en ce moment.
18:48Donc ça,
18:48c'est pas extraordinaire
18:49pour les taux,
18:50on va dire.
18:51Et du coup,
18:52ça veut dire aussi
18:53que la contrepartie,
18:53c'est que l'IA,
18:55heureusement qu'elle va être là,
18:56finalement,
18:56parce que si on manque de bras,
18:58il va falloir gagner
18:59en productivité.
19:00C'est vrai qu'historiquement,
19:01si on comparait l'Europe
19:02et les Etats-Unis,
19:02on disait qu'en Europe,
19:03on était assez cher payé,
19:04mais on foutait rien,
19:05il fallait être très productif.
19:07Alors que l'économie américaine
19:08créait beaucoup de valeur
19:09en absolu,
19:09mais quand on regarde
19:11la productivité,
19:11c'était pas toujours extraordinaire
19:12parce que finalement,
19:14la main-d'oeuvre
19:14était très peu payée,
19:15il y avait tous ces immigrés
19:16et on n'avait pas besoin
19:16d'investir dans des machines
19:17très sophistiquées.
19:18Là, c'est en train de changer.
19:19Donc,
19:19d'une certaine façon,
19:21même si l'arrêt de l'immigration
19:23était un défi,
19:24c'est peut-être aussi
19:24une opportunité
19:25pour l'économie américaine
19:26pour justement investir
19:27davantage,
19:27pour essayer de faire
19:28des gains de productivité
19:29pour compenser
19:31ces absences-là.
19:32Donc,
19:32en ce sens...
19:33Ça veut dire aussi
19:34moins de gens
19:34qui en profitent ?
19:35Enfin,
19:35gains de productivité,
19:36moins de gens qui travaillent...
19:37Comment on répartit tout ça ?
19:38Ce que je veux dire,
19:38c'est que...
19:38Oui, oui, oui.
19:39C'est un enjeu, en effet.
19:41Alors ça,
19:41c'est un autre enjeu,
19:42c'est-à-dire que
19:42beaucoup de gens pensent
19:43que sur l'économie américaine,
19:46ce qui fait que ça tourne aujourd'hui,
19:48c'est que les gens aisés
19:48se sentent riches
19:49avec leur portefeuille boursier
19:51et du coup,
19:51dépensent.
19:52On voit quand même
19:52que la consommation
19:53n'est pas terrible.
19:54Enfin,
19:54en Europe,
19:55mais même aux Etats-Unis,
19:55les retail sales
19:56qui sont sortis hier,
19:57je crois,
19:57étaient relativement décevantes.
19:59Donc,
19:59on a toujours quand même...
20:00Ça a calé au mois de décembre.
20:01On a quand même une dualité
20:02entre une économie,
20:04mais c'est vrai aussi en Europe,
20:05qui est plus tournée
20:06sur l'investissement.
20:07Tous les secteurs liés à l'investissement,
20:08évidemment l'IA,
20:08mais pas que,
20:09se portent plutôt bien
20:10et tout ce qui est conso,
20:11on va dire que c'est pas terrible,
20:12globalement.
20:13Donc,
20:14il y a un moment,
20:15si c'est le risque aux Etats-Unis,
20:16c'est que si les marchés
20:16baissaient fortement,
20:17il y aura un effet richesse
20:18qui pourrait peser
20:19sur la consommation
20:20de la classe aisée.
20:21Mais globalement,
20:22le nouveau paradigme
20:23avec moins d'immigration,
20:25donc finalement,
20:26moins de création d'emplois,
20:27mais un chômage
20:27qui reste finalement faible,
20:29dans un environnement de capex,
20:31on peut trouver un équilibre.
20:32Mais qui est peut-être pas terrible
20:33pour les taux.
20:34Benoît,
20:34votre lecture
20:35du setup macro
20:38en ce début d'année,
20:41la macro n'est pas un risque
20:42pour les marchés aujourd'hui.
20:44De ce qu'on sait,
20:45de ce qu'on comprend,
20:46des grandes économies
20:47américaines,
20:48européennes,
20:49voire asiatiques,
20:50c'est pas là
20:51où il y a le risque
20:51principal pour les marchés.
20:53Oui,
20:53c'est ce qu'on se dit là,
20:54c'est-à-dire que globalement,
20:56même si les Américains,
20:58les Etats-Unis
20:59sont sur un rythme de croissance
21:00qui est quand même
21:00plus faible qu'historiquement,
21:03ça reste tout à fait acceptable.
21:05Et donc,
21:06pour les marchés,
21:06il n'y a pas vraiment de sujet.
21:08Là-dessus,
21:09il n'y a pas de problème.
21:10L'espèce de jobless gross
21:12et de crainte
21:12de croissance sans emploi,
21:15à mon avis,
21:15est un petit peu exagéré
21:16pour le moment ou prématuré
21:17parce qu'en fait,
21:20là encore,
21:20je pense qu'il y a des effets
21:21d'annonce d'entreprise
21:22qui, pour dégraisser
21:23et montrer qu'ils sont productifs,
21:25utilisent probablement
21:25un peu plus
21:26que de raison
21:27l'argument IA
21:28qui, là encore,
21:30mettra du temps
21:31à s'implémenter
21:32dans les entreprises
21:33et à vraiment
21:34produire ses effets.
21:35Donc,
21:36tout ça,
21:36on est plutôt
21:38dans un environnement sain
21:39et s'il y a des risques
21:41qui seront probablement
21:41un peu plus tardifs,
21:43je pense que
21:43quand on regarde
21:43du côté de la Fed,
21:45Jean-Paul a bien géré
21:48ce risque d'indépendance
21:50ou de non-indépendance
21:51de la Fed
21:51en reportant
21:53une potentielle
21:54baisse des taux
21:55à son successeur,
21:57ce qui était une bonne stratégie
21:58pour rassurer les marchés
21:59parce que là,
21:59il y avait quand même
22:00une inquiétude,
22:01il y avait éventuellement
22:01un pilier
22:03de la confiance des marchés
22:06envers les autorités
22:07indépendantes
22:08qui auraient pu
22:09être mises à mal.
22:10Ça,
22:10ça a été un élément
22:11important.
22:12Néanmoins,
22:12il faudra rester vigilant
22:13sur cette pression politique
22:15et l'approche
22:15des midtermes.
22:17On va avoir
22:18des cadeaux fiscaux,
22:19très probablement.
22:20Il y a le Freedom Check
22:21dont parle Trump.
22:24On aura un nouveau
22:25président de la Fed.
22:27Il est quand même
22:28nommé par un certain Trump
22:29avec un cahier,
22:30avec une feuille de route
22:32assez précise,
22:34assez simpliste peut-être,
22:35mais assez précise.
22:36Donc là,
22:37on pourrait à un moment donné
22:38avoir un petit risque
22:39de,
22:40peut-être,
22:40alors pas de complaisance
22:41de la Fed,
22:42mais de,
22:43allez,
22:44je baisse un peu
22:44pour acheter la paix
22:46et il faudra être vigilant
22:49à ce moment-là.
22:49Mais vous voyez
22:50qu'on a vraiment du temps.
22:51C'est second semestre
22:53de 2026,
22:55voire début 2027.
22:56Oui,
22:56je comprends.
22:57Ce que ne veut pas avoir
22:58le marché,
22:58j'ai l'impression,
22:59c'est des baisses de taux aveugles,
23:00des baisses de taux
23:01qui seraient déconnectées
23:02d'une réalité économique
23:04fondamentale.
23:05ce n'est pas le fait
23:06de baisser les taux
23:07qui est un problème
23:07pour le marché,
23:08c'est de savoir
23:08dans quelles conditions
23:09on le fait.
23:10Il y a un bon indicateur
23:11à mon sens,
23:12c'est le 30 ans,
23:13enfin les 30 ans d'ailleurs,
23:14parce que ce n'est pas
23:15qu'aux Etats-Unis,
23:16qui sont un indicateur,
23:18pas que de ça,
23:18mais de la confiance globale
23:20des marchés
23:20sur ce maintien du cap
23:23d'une inflation modérée.
23:25pour le moment,
23:26la tendance était plutôt
23:28à la hausse.
23:29On a même le niveau,
23:30c'est 5% à 30 ans.
23:315% à 30 ans,
23:33au-delà,
23:33les marchés signalent
23:34que la confiance
23:35est en train de disparaître
23:36assez vite.
23:37Là, on rentre
23:38dans une autre histoire,
23:38mais je pense que la Fed
23:39réagirait avant,
23:40parce que là,
23:40c'est carrément
23:41le gardien obligataire
23:42qui réagit,
23:43et c'est plus violent
23:44que le gardien réserve fédérale.
23:46Et Trump est sensible
23:47à ce genre de choses ?
23:48C'est un promoteur.
23:48Au 5% sur 30 ans,
23:49il est plus sensible à ça.
23:51Il est plus sensible aux taux
23:52qu'aux marchés.
23:53J'ai l'impression
23:53dans sa façon de réagir.
23:54On est au monde,
23:55il commence à prendre
23:56conscience très vite.
23:57Au moment où il a voulu
24:00doubler à nouveau
24:01les tarifs sur la Chine,
24:02la sortie de l'été,
24:03etc.
24:03Voilà, la réaction des marchés.
24:05Mais bon,
24:06c'est le problème
24:06de la circularité
24:07de l'argument taco.
24:08C'est-à-dire que
24:09si les marchés
24:09s'habituent au taco trade
24:11et réagissent de moins en moins,
24:12c'est sûr que ça laisse
24:13plus de marge de manœuvre
24:14encore pour Donald Trump
24:16pour avancer.
24:17Qu'est-ce que vous avez compris
24:18de Kevin Walsh
24:19et de ce que serait une Fed
24:21présidée par Kevin Walsh ?
24:23Florent,
24:25est-ce qu'il ramène
24:27un peu d'orthodoxie
24:28effectivement face aux craintes
24:30de perte d'indépendance
24:31de la Fed ?
24:32Est-ce que c'est plutôt
24:32dollar positif ?
24:34Est-ce qu'il fragilise
24:35le poudre de la Fed ?
24:36On sait qu'il a été
24:37anti-QI au moment
24:40où c'était quand même
24:41difficile de l'être,
24:42à savoir pendant
24:43la grande crise financière
24:45quand le taux de chômage
24:45américain avoisinait
24:4610% et nous parlait
24:47de l'inflation ?
24:48Enfin, voilà.
24:49Tout ce qu'on sait
24:49de lui aujourd'hui.
24:50Avant de répondre
24:51à votre question,
24:52juste compléter le point
24:53sur l'emploi
24:54et le facteur immigration.
24:56La raison aussi
24:57pour laquelle on n'a pas
24:58eu de croissance
24:59avec de l'emploi,
25:00c'est parce qu'effectivement
25:01la politique migratoire
25:01a fait que l'offre
25:02s'est contraint considérablement.
25:04Et d'ailleurs,
25:05on peut analyser aussi
25:06les chiffres de l'emploi
25:07sous cet angle
25:07en se disant que,
25:09habituellement,
25:10pour pouvoir absorber
25:11la hausse
25:12de la population active,
25:13il fallait entre 100
25:15et 125,
25:16150.
25:17Les estimations varient un peu.
25:18C'est comme le taux neutre.
25:20Et maintenant,
25:20on est plutôt
25:20entre 30 et 60.
25:22C'est ça.
25:23Mais ça,
25:23c'est partout dans le monde.
25:24Oui, particulièrement là
25:26aux Etats-Unis
25:27sur cette séquence.
25:28Mais ce qui veut dire
25:28que des chiffres
25:29qui auparavant
25:29pouvaient être considérés
25:31comme moyens
25:32sont un peu meilleurs
25:33que...
25:34Sont suffisants.
25:35Sont suffisants.
25:35Exactement.
25:37Maintenant,
25:37sur Kevin Walsh,
25:39c'est vrai que
25:40je pense qu'il a...
25:42C'est peut-être
25:42le Kevin 2.0
25:43à qui on...
25:45Voilà,
25:45auquel on a affaire
25:46puisqu'effectivement
25:47son discours précédent
25:48était assez éloigné
25:50d'un discours
25:50plutôt dovish
25:51comme il a pu
25:52le tenir
25:53et comme Donald Trump
25:55souhaite obtenir.
25:57Et donc,
25:58effectivement,
25:58si l'on regarde
25:59dans le rétroviseur,
26:01c'est quelqu'un
26:01qui a régulièrement
26:02craint des pressions
26:03inflationnistes,
26:04donc qui a été
26:05plutôt qualifié
26:05de hawkish,
26:07quelqu'un qui veut
26:07plutôt limiter
26:08l'utilisation
26:09du bilan
26:09de la Banque centrale,
26:11qui est un petit peu
26:12contre les missions
26:13annexes de la Fed,
26:15notamment,
26:15voilà,
26:16les inégalités,
26:17etc.
26:17Donc c'est quelqu'un
26:18qui est assez hawkish,
26:20de 2006 à 2011,
26:21en tout cas.
26:22Aujourd'hui,
26:23quand on regarde
26:24un petit peu
26:24ces interventions télévisées,
26:26les quelques-unes
26:27qu'il a fait,
26:28ou même ce que l'on
26:29entend de Donald Trump
26:30ou de Scott Bessent,
26:31ils sont dans une rhétorique
26:32un peu tout autre
26:33pour justifier
26:34des baisses de taux
26:35et notamment,
26:37on en parlait à l'instant,
26:38les gains de productivité
26:39liés à l'intelligence artificielle.
26:40Donc il veut
26:42se la jouer un peu
26:43à la green span,
26:44si je puis dire,
26:45puisqu'il se dit,
26:47moi je vois les choses,
26:48je vois que,
26:49mais il a peut-être raison.
26:50C'est une vision.
26:51C'est débattu.
26:51C'est une conviction
26:52forte qui porte.
26:53Voilà,
26:53moi je ne veux pas juger
26:54aujourd'hui,
26:55parce que voilà.
26:55Mais en tout cas,
26:57il est dans cette idée
26:58que les gains de productivité
26:59liés à l'intelligence artificielle
27:00sont désinflationnistes
27:01et que donc,
27:02on a la possibilité
27:04de baisser les taux.
27:05Sauf que ce qu'il oublie aussi
27:06dans le raisonnement,
27:07ou peut-être qu'il l'a intégré,
27:08mais il ne le dit pas aussi formellement,
27:10c'est que quand vous avez
27:11des gains de productivité,
27:13ça veut aussi vouloir dire
27:15que l'économie croît un peu plus
27:16et que donc,
27:17elle est capable de supporter
27:18des taux d'intérêt
27:19un peu plus élevés,
27:20autrement dit,
27:20que le fameux taux neutre
27:21est plutôt en voie d'augmentation
27:23et que donc,
27:24si on est déjà
27:25dans l'estimation actuelle
27:26du taux neutre,
27:28il n'y a pas besoin
27:29d'aller baisser beaucoup plus bas,
27:30sinon on stimule l'économie
27:32et s'il faut restreindre l'activité,
27:35il faut aller plus haut encore.
27:37Donc ça,
27:38c'est peut-être le bémol
27:38que j'apporterai là-dessus
27:39et l'autre bémol,
27:41mais qui est l'éléphant dans la pièce,
27:42c'est qu'il n'est pas tout seul à décider.
27:43Non !
27:44Il est dans un comité
27:45de politique monétaire
27:46dans lequel il y a peu de gens
27:49qui sont pro-Trump,
27:52en tout cas affichés
27:52comme étant pro-Trump,
27:54mais après,
27:56s'il arrive à convaincre
27:57les gens de sa thèse
27:58sur l'intelligence artificielle,
28:00je ne sais pas,
28:00peut-être un Christopher Waller,
28:02etc.
28:02La décision se forme par consensus
28:02traditionnellement
28:03au sein du FOMC
28:04et donc il a 11 autres personnes
28:06à convaincre.
28:06Il y a quand même des garde-fous.
28:07Moi, mon inquiétude,
28:09c'est en termes de lisibilité
28:10de la politique monétaire.
28:12Est-ce qu'il va se livrer
28:13à un exercice aussi transparent,
28:14je dirais,
28:15de communication
28:16et de dire,
28:18voilà,
28:18il y a eu des discussions
28:19sur tel ou tel sujet,
28:20on n'est pas tout à fait d'accord,
28:21etc.
28:21Là, j'attends de voir,
28:23mais je pense que ça peut nuire
28:24à la lisibilité
28:25de la politique monétaire
28:26sans pour autant
28:27amener à des baisses de taux
28:28politiques.
28:30Enfin, moi,
28:30je ne le vois pas
28:31sur cet angle-là.
28:31puis au-delà même
28:32de sa manière de communiquer
28:33et de tenir les conférences
28:34de presse
28:34post-réunion,
28:36en tant que président
28:37de la Fed,
28:38cette fois,
28:39il a la main quand même
28:40sur différents outils
28:42de communication.
28:44Le dot plot,
28:45faut-il le maintenir ?
28:46La projection des taux
28:47qui est faite
28:48tous les trois mois
28:48par les membres de la Fed ?
28:50Exactement.
28:50Faut-il maintenir aussi
28:52les projections économiques
28:53qu'on fait ?
28:53Ou en tout cas,
28:54à quel rythme faut-il maintenir
28:55les projections économiques
28:56qu'on fait ?
28:58Il trouve qu'il y a
28:59beaucoup de communication
29:00aussi de la part
29:01des différents membres
29:02du board
29:03ou des Fed régionales,
29:05en l'occurrence,
29:06bien sûr.
29:07Mais voilà,
29:07peut-être que sur la partie
29:08communication,
29:09il va pouvoir aussi
29:09modifier certaines choses
29:11qui ont été mises en place
29:12ces dernières années
29:12et qui participaient
29:13à l'idée de la transparence
29:16aussi de la réserve fédérale
29:17américaine.
29:19Il nous reste quelques minutes,
29:20messieurs.
29:20Je voulais qu'on revienne
29:21aussi quand même
29:22sur les entreprises.
29:23On a beaucoup parlé
29:24d'assosystèmes.
29:25Benoît, je ne sais pas,
29:26il y a eu,
29:27sur la Côte française,
29:29mais bon,
29:29c'était l'anti,
29:30ça a marqué des esprits,
29:31bien sûr,
29:32et à l'inverse,
29:33Kering,
29:34de bonne manière.
29:36Kering, c'est intéressant,
29:37alors Kering spécifique,
29:39mais dans un secteur
29:40de la consommation discrétionnaire,
29:42du luxe,
29:42qui a beaucoup souffert,
29:44et c'est le style
29:45Quality Growth
29:46a beaucoup sous-performé
29:48également au cours
29:49de l'année 2025.
29:50On met le luxe
29:51dans cette catégorie-là.
29:52Parce qu'il y a des messages
29:53chez Kering,
29:54spécifiques à l'entreprise,
29:56ou plus généraux aussi,
29:58qu'il faut garder en tête.
30:00Oui, alors,
30:00j'ai peut-être un petit aparté
30:01sur ces antiques intéressantes.
30:02Ah bah oui, avec plaisir !
30:03Sur la dette,
30:05il s'est passé quasiment rien.
30:07Donc c'est amusant,
30:07parce que ça montre bien
30:08que le marché fait
30:09la part des choses quand même,
30:11et il y a une certaine visibilité
30:12long terme quand même,
30:13malgré tout.
30:14Sur les 22 milliards de provisions,
30:15il y en a 6 milliards
30:16seulement, entre guillemets,
30:17qui sont en cache.
30:18Voilà.
30:18Donc la perte,
30:20c'est 6 milliards pour l'instant.
30:22Et sur Kering,
30:23sorti de Covid,
30:25probablement des excès
30:26sur les prix dans ce secteur.
30:27Ce n'est pas le seul.
30:28C'est tout le secteur.
30:29Donc il y a une remise en cause
30:31de cette politique prix.
30:33Il y a eu une trop grande dépendance,
30:35une mauvaise gestion des marques,
30:36une trop grande dépendance à Gucci,
30:38qui fait que quand ça marche moins bien,
30:40ça marche moins bien,
30:42globalement.
30:42une gestion probablement
30:46des coûts opérationnels
30:47qui n'a pas toujours été assez fine,
30:49parce que c'était des secteurs
30:50qui étaient des grands gagnants
30:51des années précédentes.
30:53Et donc on n'a peut-être pas été
30:54aussi fin que ce qu'un Luc Adimeo
30:56sait faire dans un autre secteur
30:58où il fallait tout passer.
31:00Donc là, on a un chantier
31:02qui est très important,
31:04puisqu'il faut revoir justement
31:05tous les coûts,
31:07tout l'opérationnel.
31:08Il a commencé,
31:09il a commencé à faire des sessions,
31:10il va...
31:12Il ne dit pas qu'ils sont
31:13en ordre de marche aujourd'hui,
31:14il dit qu'il y a encore
31:15beaucoup de choses à faire
31:15pour être vraiment en ordre de marche.
31:16Pour le moment,
31:17il y a plutôt un satisfait-ci
31:18des marchés sur le bilan
31:20qui est dressé,
31:21les perspectives.
31:23On réduit les coûts,
31:24on essaye de faire des sessions
31:25là où il faut faire des sessions,
31:27on redéploie le portefeuille de marque,
31:28on ne mise plus que sur une grosse marque,
31:31mais il y a quelques pépites
31:32à l'intérieur du portefeuille de marque
31:34qu'on peut redévelopper.
31:35C'est assez sain,
31:35on diversifie son portefeuille,
31:38on modère un peu les prix.
31:39Donc, le constat est le bon,
31:43le marché est le valide.
31:44Maintenant, évidemment,
31:45qu'il y a un gros travail
31:46de capacité et de qualité d'exécution
31:48qui sera regardé
31:49dans les trimestres suivants ensuite.
31:50Oui.
31:51Bon, sur ces véhicules de croissance,
31:54historiquement,
31:55que sont les acteurs du luxe là,
31:57est-ce qu'il y a un point d'inflexion ?
31:59Est-ce que les dernières publications,
32:01LVMH, Kering,
32:02on en a eu d'autres dans le secteur,
32:04est-ce qu'il y a l'idée quand même
32:05d'un retour à la croissance
32:06pour ces groupes-là
32:07qui ont été en panne
32:08pendant une bonne paire d'années,
32:10voire un peu plus ?
32:11Sur la panne,
32:12elle est surtout l'année dernière,
32:13puisqu'en 2024,
32:15c'était encore jusqu'à mi-2024,
32:16c'était plutôt l'euphorie,
32:18post-Covid.
32:19C'était plus des croissances
32:20à deux chiffres,
32:21de 20%,
32:22de 30%
32:22qu'on a fiché post-Covid.
32:24On a eu des grosses hausses de volume,
32:25on a eu des hausses de prix
32:26qui étaient probablement un peu excessives.
32:29On a eu une normalisation l'année dernière.
32:33C'est un peu comme pour l'auto,
32:34c'est qu'il y a un gros driver de croissance
32:36qui les font dans la boutique,
32:38c'est quand même la Chine,
32:39qui était en très forte croissance,
32:41qui aujourd'hui était négatif l'année dernière.
32:44Donc ça, c'est un vrai sujet.
32:46Et puis le deuxième,
32:47c'est que moi,
32:48j'étais plutôt réservé en début d'année
32:49sur le luxe,
32:50parce que beaucoup d'analyses,
32:51jusqu'en septembre, octobre l'année dernière,
32:53pensaient que les 2025,
32:54c'était la mauvaise année,
32:55qu'après on repartait à,
32:57en gros,
32:58j'ai dit GDP plus de points.
32:59Régime de croisière, quoi.
33:00Un régime à 5% de croissance.
33:02Je pense que ça va être plus compliqué que ça,
33:03parce qu'il faut déjà que la Chine atterrisse.
33:06Alors il y a quand même des signes
33:07qui sont un petit peu meilleurs.
33:10En gros, en Chine,
33:10ça se stabilise,
33:11continentale,
33:12ça se stabilise,
33:13richement avec des tendances positives
33:14dans l'horlogerie.
33:15Ça peut être un vent contraire
33:16moins fort quand même,
33:17la Chine en 2026 qu'en 2025.
33:18La Chine ne ferait pas
33:21pour longtemps,
33:22mais en gros,
33:23si la Chine se stabilise,
33:24c'est déjà quelque chose.
33:25Après,
33:26il y a des travaux à faire
33:28pour,
33:28chez Kering en particulier,
33:30où la marque Gucci
33:31a vraiment souffert
33:32en compagnie spécifique
33:33et a une légitimité à regagner.
33:35Pour les autres,
33:36je dirais,
33:37chez LVMH,
33:38c'était plutôt Vuitton
33:38qui avait eu sa période
33:40de redéfinition
33:42un peu des styles
33:42dans la fin des années 2010.
33:45Aujourd'hui,
33:46ça marche plutôt très bien.
33:47Ils ont lancé des nouveaux magasins
33:48qui fonctionnent très très bien aussi.
33:49Mais déjà,
33:50pour le secteur lui-même,
33:51cette année,
33:51je pense qu'on restera
33:52sur une année
33:52below average
33:54en termes de tendance.
33:54Ça ne sera pas négatif
33:55comme en 2025,
33:57mais on sera plutôt
33:57en phase de recovery,
33:58mais assez progressive.
34:00Donc,
34:01prudence.
34:01Et puis,
34:02pour la partie wine and spirit
34:03chez LVMH,
34:04là,
34:05la transition est un petit peu plus longue.
34:06Même s'il y a des signes aussi
34:07de stabilisation
34:07dans le champagne
34:08et peut-être même en cognac,
34:10on va finir par atterrir quand même.
34:12Mais je dirais,
34:13il ne faut pas se précipiter
34:13dans le luxe.
34:14Mais ça reste,
34:15moi je reste convaincu
34:16qu'à moyen terme,
34:17ça restera des produits désirables
34:18avec des bonnes...
34:19Et qu'il y a un re-rating potentiel.
34:22Oui,
34:23parce que les valorisations
34:24sont revenues,
34:26enfin,
34:26je ne parle pas d'Hermès,
34:26mais sur les autres,
34:27on est revenu sur des niveaux
34:28staple plus.
34:30Donc,
34:30si la dynamique de croissance revient,
34:32il y aura aussi
34:33un petit re-rating à la clé.
34:34Rapidement,
34:37les grandes idées
34:39d'une stratégie d'investissement
34:40dans le contexte
34:41qu'on vient de décrire
34:42avec une partie tech,
34:43on a beaucoup parlé
34:44des logiciels,
34:45mais globalement,
34:46le thème IA
34:47sous-performe
34:48depuis octobre maintenant,
34:50y compris
34:51les hyperscalers
34:52américains,
34:52etc.
34:53Donc,
34:54est-ce qu'on profite
34:55à plein de cette rotation
34:56ou est-ce qu'on a déjà envie
34:57de se repositionner
34:58sur un thème
34:59qui a un peu perdu aussi
35:01en valorisation ?
35:02Quand on pense à l'IA,
35:03il faut faire attention
35:03parce qu'on regarde même
35:04les indices tech,
35:04ils ne sont pas tellement baissés
35:05depuis octobre.
35:06Pourquoi ?
35:07Parce qu'en fait,
35:08là où c'est compliqué,
35:09c'est qu'on a les gros,
35:10les Amazon,
35:11Alphabet,
35:12ceux qui ont les moyens
35:13qui ont annoncé tous
35:14qu'ils allaient,
35:14au lieu d'investir 100,
35:15120 milliards en 26,
35:16ils vont passer à 200.
35:18Forcément,
35:19c'est bien en soi,
35:20ça crée la croissance future.
35:22Maintenant,
35:22pour ceux-là,
35:22on se dit,
35:23c'est super,
35:23mais c'est du cash flow
35:24en moins pour l'instant
35:24et les revenus,
35:25on ne sait pas trop.
35:26Donc ça,
35:26c'est en pause.
35:28Pause.
35:28Ensuite,
35:29il y a tous ceux
35:29qui vont être disruptés
35:30par tout ça.
35:30Alors là,
35:31on se dit les logiciels
35:31et les services financiers.
35:32C'est moins 20.
35:33Mais il y a ceux
35:35qui en profitent
35:35et on l'a vu,
35:36c'est notamment
35:36les semi-conducteurs.
35:37On oublie de dire
35:38quand même que
35:38l'ASML,
35:39ça a pris 30%
35:40depuis le début de l'année.
35:41Donc on n'a pas envie
35:42de changer de...
35:43Non mais disons que
35:43on dépense beaucoup plus
35:45d'argent dans l'IA.
35:46Donc ceux qui dépensent,
35:47il y a un problème de retour.
35:48On reste sur le thème
35:49des pêles et des pioches.
35:50On ne sort pas de ce thème
35:51des pêles et des pioches.
35:52Donc l'alphabet Google,
35:53il y a un risque de retour.
35:54Donc pas de pause.
35:55Les disruptés,
35:56on en a parlé.
35:57Mais il y en a pour qui
35:57c'est toujours bien.
35:58C'est les Schneedre,
35:59c'est les semi-conducteurs.
36:00Et là, c'est au biais au bar.
36:02Schneedre s'est envolé
36:03en milieu du journal.
36:04Le thème de l'infrastructure
36:04et il y a au sens là.
36:05Parce qu'il y a une société
36:05vertible aux Etats-Unis
36:06qui a annoncé un carnet de commandes
36:07à plus de 250%.
36:08Demain matin,
36:09on a celle de Legrand.
36:10C'est intéressant de voir
36:11ce qu'ils racontent.
36:11Mais la demande,
36:12c'est 200 milliards
36:13et bien faire qu'ils s'investissent
36:13dans quelque chose.
36:14Donc il y a quand même
36:15les fournisseurs de pêles
36:16à mon avis sont encore
36:17bien orientés.
36:18Legrand, l'activité de l'Atacenter
36:19c'est 20% et plus maintenant
36:20de leur activité.
36:21C'est surpris à la hausse
36:21l'année dernière.
36:22C'était zéro il y a moins de 10 ans.
36:23Et Schneedre,
36:24qui n'a pas fait grand chose
36:25l'année dernière boursièrement,
36:26à mon avis,
36:27on est un peu sous le pied.
36:28Benoît,
36:29stratégie d'investissement
36:30dans ce contexte ?
36:31Alors, exactement ça.
36:32Le thème de l'IA,
36:33il existe,
36:34mais il se diffuse.
36:35Et la bonne nouvelle,
36:42ce qui est intéressant
36:43dans ce marché-là,
36:43c'est qu'on peut être
36:43beaucoup plus diversifié.
36:45Il faut toujours l'être,
36:45mais là, ça paye.
36:46Donc c'est une bonne chose.
36:48Et puis pour se protéger
36:50sur les portefeuilles,
36:51les marchés obligataires,
36:52les primes de risque
36:53sont tendues,
36:54mais les rendements nominaux
36:55restent acceptables.
36:56Dans un contexte
36:57de taux directeur bas
36:59qui devrait le rester,
37:01d'une croissance modérée,
37:03ça reste toujours
37:04une classe d'actifs
37:05qu'on peut avoir
37:05en portefeuille.
37:06Un bon environnement
37:07toujours pour le portage
37:09de crédits,
37:10notamment,
37:10et de rendements.
37:12Qu'est-ce qui vous intéresse
37:13là chez ECOFI
37:14en matière de logique
37:15d'investissement
37:15à ce stade, Florent ?
37:17On reste positionné
37:18sur l'idée
37:18qu'effectivement,
37:19l'environnement
37:19est favorable
37:20aux actifs risqués.
37:21Ça a été rappelé.
37:22En termes de zone géographique,
37:24plutôt sur les actions
37:25de la zone euro
37:26plutôt que sur les actions
37:27américaines.
37:27C'est toujours
37:28ce pari tactique,
37:30on va dire,
37:30sur un horizon de six mois.
37:33Après,
37:33d'un point de vue sectoriel,
37:34je ne me prononcerai pas
37:35nécessairement,
37:36mais sur l'obligataire,
37:38effectivement,
37:38je vois ce qui vient
37:38d'être dit,
37:40le crédit,
37:41effectivement,
37:42portage,
37:42même si les marges
37:44de crédit
37:44sont de plus en plus basses.
37:46On se demande d'ailleurs
37:47si elles peuvent aller
37:48plus bas
37:48que les niveaux
37:50les plus bas
37:50qu'on a observés auparavant.
37:52Mais en tout cas,
37:52oui,
37:52c'est quelque chose d'actif qui est...
37:54Et rapidement,
37:54sur la conviction
37:55action européenne,
37:57c'est une conviction
37:57qui se fait
37:58sans avoir besoin
38:00d'imaginer un soutien
38:01de la Banque Centrale Européenne
38:02pour je ne sais quelle raison.
38:04Non, non, non, non.
38:05Oui, c'est ça.
38:05Ça ne repose pas
38:06sur l'hypothèse
38:07d'une baisse
38:08qui est plus accommodante.
38:10C'est-à-dire qu'en fait,
38:11les Etats-Unis ont eu
38:12des croissances très fortes
38:13et aujourd'hui,
38:13on attend plutôt
38:1414-15% de croissance
38:15des BPA.
38:16En Europe,
38:16on est autour de 13%.
38:17L'écart européen
38:18a rarement été aussi faible
38:19mais en revanche,
38:20les niveaux de valorisation
38:21ne sont pas du tout les mêmes.
38:22C'est en ce sens que...
38:23Et si on rajoute
38:23un risque potentiel
38:24sur le dollar,
38:25c'est ça qui aide
38:26un peu les actions européennes
38:26aujourd'hui.
38:27Merci beaucoup, messieurs.
38:28Merci d'avoir été
38:29les invités de Planète Marché
38:30ce soir.
38:30Alain Dubrul,
38:31Claresco,
38:32Florent Vabon et Kofi,
38:33Benoît Vesco
38:34de l'UBAC Asset Management.
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