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  • il y a 14 minutes
Mardi 17 février 2026, retrouvez Fabien Bossy (Chef économiste France, Société générale CIB), Florian Ielpo (Responsable Macro au sein de l'équipe Multi-Asset, Lombard Odier IM) et Xavier de Buhren (Directeur des investissements, Otea Capital) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:093 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Fabien Bossy nous accompagne, chef économiste France à la Société Générale CIB.
00:17Bonsoir Fabien, merci d'être avec nous, merci à Florian Yelpo de nous accompagner également.
00:21Bonsoir Florian, d'être responsable de la MACRO chez Lombard-Rodier IM et Xavier de Buren est également en notre
00:27compagnie.
00:27Bonsoir Xavier, vous êtes directeur des investissements d'OTA Capital.
00:31Xavier, commençons par cette logique de marché un peu infernal, à chaque jour un nouveau modèle de langage ou un
00:39nouveau chatbot ou une nouvelle fonctionnalité sort dans le marché et généralement on voit un secteur se faire un peu
00:47massacrer en bourse avec cette logique de disruption générée évidemment par l'intelligence artificielle et ses développements.
00:54J'appelle ça un peu le mistigree parce que c'est vrai qu'on est très concentré sur les softwares
00:58mais on a vu les services financiers, le wealth management, l'assurance, la logistique aux Etats-Unis sur une ou
01:06des séances pouvoir être attaquée parce qu'un modèle d'optimisation logistique en l'occurrence pouvait montrer qu'il y
01:12avait mieux à faire encore dans un secteur comme le trucking.
01:16Comment vous regardez cette logique de marché et en tant que stock picker, est-ce que c'est une logique
01:21qui génère déjà des opportunités d'investissement ?
01:24Alors c'est une très bonne question, tout d'abord il faut regarder un petit peu ce qui se passe
01:28et le changement de sentiment des investisseurs par rapport à l'IA globalement
01:32où on est passé d'un, en fait ce qui soutenait les cours c'était plus la perspective de croissance
01:37future et les niveaux d'investissement très importants.
01:40Maintenant les investisseurs s'inquiètent plutôt du retour sur ces capitaux investis très importants et de se dire voilà quand
01:46est-ce qu'on va arriver à la rentabilité.
01:47Donc ça, ça a amené, vous l'avez dit en introduction, un mouvement assez fort de prise de profit sur
01:54les Magnificent Seven parce qu'elles ont perdu 1300 milliards de capitalisation depuis le début de l'année.
02:00C'est moins 10 à moins 20% pour le groupe des Magnificent Seven par rapport au point haut historique
02:04bien sûr.
02:05Exactement. Et donc ça, cette interrogation est amplifiée aussi par des choses beaucoup plus ciblées sur certains secteurs et vous
02:13l'avez dit notamment sur la partie software logiciel.
02:16Et ça, c'est un vrai, c'est effectivement, c'est un vrai sujet et ça a emporté très très
02:22bas tout un pan de la code.
02:24Donc ce qu'il faut comprendre, je pense qu'il y a trois éléments qui défavorisent ce secteur aujourd'hui.
02:32C'est un secteur qui a beaucoup profité ces dernières années du mode SaaS, c'est-à-dire que c
02:38'était de la licence sur abonnement.
02:40Alors ça, c'était très rentable et ça donnait beaucoup de visibilité à ces acteurs.
02:45Alors, sauf que ce qu'on constate avec l'IA aujourd'hui et tous ces systèmes très puissants, c'est
02:50qu'aujourd'hui, on arrive finalement à avoir des outils personnalisés,
02:54très efficaces, de façon très rapide et très peu chère.
02:59Donc c'est, je pense, une remise en cause vraiment fondamentale de ce système du SaaS qui a été vraiment
03:05un des drivers de création de valeur pour ces acteurs du logiciel.
03:10Le deuxième point, ça s'est fait sur un modèle de licence par utilisateur, on dit par siège, mais en
03:17gros, ils vendaient un certain nombre d'accès à ces licences.
03:22On voit bien aujourd'hui que dans pas mal de secteurs, la mise en place de l'IA pour certaines
03:28tâches, RH, marketing, comptabilité, etc., nécessite moins de personnes.
03:34Donc forcément, moins de personnes, ça fait moins de licences, ça fait moins de ventes et ça fait moins de
03:39rentabilité parce qu'on a un effet de levier très important chez ces acteurs-là.
03:43Et enfin, il y a le fait que toutes ces expertises, grandes expertises, on va dire, qui valaient cher, qui
03:51étaient compliquées et finalement qui étaient détenues par un certain nombre d'acteurs assez spécifiques dans le logiciel,
03:57aujourd'hui, l'IA vous permet d'accéder à ces expertises de façon extrêmement rapide et très efficace et pas
04:05chère.
04:06On peut mettre le traitement de données qui permet de traiter des milliards et des milliards de données, d'avoir
04:10des résultats très efficaces en quelques secondes.
04:14Et donc, il est très clair que tous les secteurs d'externalisation de services aujourd'hui, alors on peut mettre
04:22les SS2I, on peut mettre les agences de publicité,
04:26on peut mettre le service client, on peut mettre les sociétés de conseil, ça c'est vraiment pour moi des
04:32business models qui sont à risque aujourd'hui
04:34par rapport à toutes ces avancées d'IA et ces résultats très concrets qu'on peut constater aujourd'hui.
04:39C'est-à-dire que sur le plan stratégique, une entreprise aujourd'hui va être amenée à se poser la
04:43question, après avoir passé des années à outsourcer quand même un certain nombre de ses fonctions,
04:48va pouvoir se demander à nouveau si ça ne vaut pas mieux réintégrer, réinternaliser ses fonctions avec des outils d
04:57'IA qui rendront plus efficace, moins cher.
04:59Ce serait une erreur stratégique de ne pas se poser la question et ensuite on le voit, c'est déjà
05:04appliqué notamment dans le secteur bancaire
05:06qui était un très gros consommateur des sociétés de conseil, des SS2I, etc. qui aujourd'hui applique ça.
05:13La société générale parle de 500 millions d'euros de revenus slash économie en 2026 et mettait en avant les
05:23aspects reporting
05:24qui mettait pratiquement 15 jours à être mis en place et qui se font de façon quasiment instantanée.
05:29Chez BNP, ils parlent de 750 millions d'euros.
05:32C'est une réalité aujourd'hui.
05:35Cette logique de marché, elle est justifiée, vous dites, il y a un vrai doute sur le modèle SaaS.
05:42Les anglo-saxons appellent ça le SaaS-pocalypse, le SaaS-mageddon.
05:44Il y a une vraie crise du modèle SaaS.
05:47Quand on part de la logique bottom-up, du discours des entreprises, est-ce qu'on a déjà des premières
05:53évidences, des premières anecdotes d'entreprises
05:56qui effectivement changeraient de fournisseurs de services pour tel et tel sujet, pour s'en remettre à de nouveaux modèles
06:04d'IA ?
06:05Quand j'écoute les discours d'un Capgemini, d'un SAP, on n'a pas l'impression que les clients
06:10sont en train de fuir aujourd'hui ces entreprises.
06:12D'ailleurs, les résultats de ces boîtes sont en ligne avec ce qui est attendu.
06:15On parle bien d'un de-rating, on ne parle pas d'un changement de trajectoire des croissances bénéficiaires de
06:20ces entreprises aujourd'hui.
06:21Alors, c'est vrai, sauf que le marché anticipe toujours.
06:24Donc, à partir du moment où il y a un risque, on l'a vu sur Téléperformance, ça a commencé
06:28il y a maintenant trois ans et c'est un plomb qui tombe sans fin.
06:31C'est une société qui fait du service à frein par téléphone.
06:35Il y avait un actuellement passif aussi chez Téléperformance.
06:36Ok, mais ça se voit aussi ces concentriques qui sont concurrents américains.
06:42On l'a vu pareil.
06:42Donc, c'est vraiment de l'anticipation à partir du moment où il y a une remise en cause un
06:47peu des business models.
06:49Et moi, quand j'écoute les conférences call pour les publications de résultats de Capgemini, de Publicis ou d'AssoSystems,
06:59moi, je ne suis pas très convaincu par ce qui se dit.
07:01Oui, je crois surtout que personne n'en sait rien et qu'ils pensent avoir les bons outils pour pouvoir
07:08faire face à ça.
07:10Mais la réalité, c'est que quand on voit la puissance et la rapidité d'évolution de ces modèles,
07:16pour moi, c'est vraiment très difficile d'avoir un business un peu historique,
07:22de se dire que tout va bien et qu'on est protégé de tout ça.
07:26On a les outils pour les intégrer, etc.
07:28Donc, à partir du moment où personne ne sait vraiment la réalité et la vitesse à laquelle les choses vont
07:35arriver...
07:35Trop d'instabilité du futur, donc on va.
07:38On le voit bien aujourd'hui que les sociétés de services ou d'externalisation ont une valeur ajoutée qui baisse
07:44le meilleur exemple.
07:45Et je prends Publicis par rapport à Meta.
07:48Meta, qui a intégré l'IA pour pouvoir générer de la publicité, pour pouvoir générer tout ce qui est surveillance
07:57des contenus, etc., etc., de la modération.
08:01Ils ont fait ça de façon très, très efficace, avec des coûts très, très faibles.
08:05Et c'est ça qui explique une très grande partie de la hausse de la rentabilité de Meta.
08:09Donc, on voit bien que c'est des choses qui, aujourd'hui, sont réelles.
08:14– Florian, donc sur cette logique de marché, c'est un peu, comme disent les anglo-saxons, là aussi,
08:18« sell first, think later », jusqu'où ça peut nous emmener, effectivement.
08:24Et puis, face à ça, il y a tout un autre pan du marché qui retrouve et qui regagne en
08:31intérêt.
08:32Est-ce qu'il y a quelque chose de durable, aussi, dans ce phénomène de rotation ?
08:36Crise du logiciel, mais, bon, je ne sais pas, l'énergie, par exemple, la construction, les ressources de base,
08:44tout ça se met à progresser fortement.
08:48Est-ce que c'est une rotation qui peut maintenir les jauges de marché, les indices à niveau ?
08:52– Et les indices géographiques, également.
08:54– Les indices géographiques.
08:55– Il y a pas mal d'hétérogénéité entre les différentes places boursières de la planète.
09:00– Il y a ce côté, alors, il y a tous ces éléments micro qui vont expliquer, effectivement, cette grande
09:05rotation.
09:06L'une des rotations qu'on peut voir, une façon de le regarder, c'est de regarder la volatilité moyenne
09:11des actions à l'intérieur des indices
09:13et la comparer à la volatilité de lundi, c'est-à-dire que si les gens comme moi, qui regardent
09:17beaucoup les indices,
09:18s'arrêtent là, ils ne perçoivent qu'une partie infime de cette rotation.
09:22Tout ce qu'ils voient, c'est un marché plutôt boule, avec des signes de tension un peu globaux,
09:26qu'on perçoit notamment dans les marchés des dérivés, on voit que, effectivement, le VIX,
09:30donc cet indice de volatilité, progresse plus vite que la volatilité réalisée des indices, globalement.
09:36Sur le plan macro, l'histoire, elle reste quand même assez alléchante, c'est-à-dire que si on sort
09:42justement
09:42de ce compartiment qu'est la technologie, qui représente peut-être 30% des actions au monde,
09:47donc c'est quand même, disons, un compartiment difficile à ignorer, l'histoire sous-jacente,
09:53elle reste très positive, c'est-à-dire que, vous en parliez hier soir, les années 90,
09:59on se retrouve face, on a accès enfin à Internet, on peut communiquer facilement aux quatre coins de la planète,
10:04parce que c'est le seul avantage qu'on a à Internet, et on a une progression de la productivité
10:08de l'ordre de 0,2, 0,3 en contribution 0,3% du PIB.
10:12Donc solo pré-Nobel en 87, et 4, 5 ans plus tard, la productivité explose.
10:19Exactement.
10:19Quand lui voyait le mystère de la productivité, enfin, qu'on ne retrouvait pas dans les chiffres,
10:23alors que les ordinateurs étaient partout.
10:24Et on en est un peu là, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on commence à constater dans les
10:27chiffres
10:27des taux de croissance, notamment américains, ils sont très en amont de ce cycle-là,
10:31on voit une contribution de cette productivité au PIB.
10:35De l'IA ? L'IA ?
10:35Alors, c'est difficile de dire, c'est l'IA, l'IA.
10:38Ce qu'on voit, c'est que la productivité, la contribution de la productivité progresse dans les chiffres annuels,
10:42et si vous vous en tenez au rapport du World Economic Outlook du FMI, l'estimé, pour 2026,
10:49il est entre 0,5 et 1% de ce qu'on appelle la productivité apparente des facteurs,
10:53c'est-à-dire la contribution totale de la productivité de tous les facteurs, capital et travail, en même temps.
10:59Donc, il y a une histoire ici qui est extraordinaire aux États-Unis,
11:02c'est-à-dire que vous avez une progression de la productivité,
11:06l'adoption, point d'interrogation, et en plus de ça, vous avez l'impact du capital d'expenditure,
11:11c'est-à-dire que Rearm Europe, c'était un projet incroyable en Europe de 1% par année,
11:17ça nous a galvanisés, là on parle d'un plan d'investissement de l'ordre de 2,5% du
11:24PIB américain,
11:25chaque année, année après année, pour autant qu'on arrive à le financer.
11:29Donc, le danger, ce serait probablement de se fier, en tout cas de notre perception,
11:34ce serait de se fier à ces histoires, à ce narratif micro-économique,
11:39qui effectivement montre des signes de fragilité dans les portefeuilles les plus passifs,
11:44et d'oublier qu'en fait, il y a une très belle histoire globale.
11:46Il y a une histoire tactique et une histoire fondamentale, qui sont deux histoires différentes.
11:51Qui est l'histoire structurelle.
11:52Et l'histoire structurelle, elle est encore plus belle si on regarde les pays qui, eux,
11:55n'ont pas à financer justement ces investissements.
11:58On regarde l'Europe, on regarde le Japon, par exemple, on regarde les stocks suisses.
12:04On a aujourd'hui, on voit une amélioration de la rentabilité de ces entreprises-là au quotidien,
12:10sauf qu'elles n'ont pas eu à en payer le prix.
12:12Ce qui est le cas de ces fameux hyperscalers américains.
12:17Comment on gère ce moment-là ? Entre tactique et fondamentale, justement.
12:21Est-ce qu'on a envie déjà de se repositionner sur les thèmes qui ont le plus souffert en lien
12:26avec l'IA ?
12:27Ou est-ce qu'on est à l'aise avec l'idée d'une rotation qui permette de se décentrer
12:32un peu, justement,
12:33de ce petit séisme qu'on connaît aujourd'hui ?
12:36Ce qu'on trouve intéressant, c'est une forme de congruence des histoires.
12:40C'est-à-dire que vous avez une histoire du marché des échanges et une histoire du marché des actions,
12:43en fait,
12:44qui se recoupent un petit peu.
12:46Côté obligataire, on ne peut pas faire grand-chose.
12:47Mais côté actions, on peut faire pas mal de choses.
12:49C'est-à-dire qu'on peut tenter d'accompagner cette rotation.
12:51Alors nous, on l'accompagne de façon sectorielle parce qu'on est allocateur d'actifs
12:54et c'est ce qu'on va regarder en priorité.
12:57On ne pense pas spécialement secteur, mais on pense région.
13:01Et ce qui est intéressant, c'est que quand vous vous éloignez des actions mondes,
13:04vous vendez du dollar, vous vendez des actions américaines pour 70%.
13:07Et puis, vous allez acheter autre chose.
13:08Vous allez acheter de l'euro, vous allez acheter du yen, vous allez acheter du franc suisse.
13:11Et ça, ça va construire une couche de défensivité dans votre portefeuille.
13:14C'est-à-dire que tant qu'on a cette rotation qui a l'air bullish,
13:17mais qui, sous la surface, a l'air justement un peu colosse aux pieds d'argile,
13:23on a intérêt à s'en écarter un petit peu le temps que justement ce qui est un couteau qui
13:28tombe
13:29finisse de tomber et de repricing de ce risque-là.
13:33Alors qu'il y a une grande part de la côte en nombre de titres
13:38qui sont encore aujourd'hui à revisiter de notre point de vue.
13:40Donc encore une fois, c'est facile.
13:42On aime bien le Japon, on aime bien la Suisse, on aime bien l'Europe.
13:45Et c'est une bonne façon, en fait, d'accompagner la rotation.
13:48Parce qu'en face de ça, on a aussi le risque politique américain.
13:51On n'est pas encore au mid-terms.
13:52On n'a pas encore vu l'accélération finale sur la ligne d'arrivée.
13:56Et on a déjà vu, depuis le début de l'année, deux, trois mesures
13:59qui ont fait un peu frémien les marchés d'échange, et notamment le dollar.
14:02Xavier, sur la gestion de portefeuille, là, effectivement,
14:05comment on est à la fois présent sur le thème de l'IA,
14:07si l'histoire est fondamentale et si c'est une révolution ?
14:10Tout le monde l'embrasse aujourd'hui en tant que tel, en tout cas.
14:14Et comment on fait pour gérer un risk-reward équilibré ?
14:19C'est-à-dire comment on reste attentif aussi aux risques
14:22que ce thème peut générer désormais dans le marché ?
14:25Ce qui n'était pas le cas il y a encore quelques mois ou quelques trimestres.
14:27C'est ce qu'on dit toujours.
14:29Une bonne allocation, c'est une allocation qui est diversifiée.
14:32Donc, il faut être bien diversifié, avoir des risques spécifiques qui soient limités.
14:38Donc, il y a des choses assez simples, mais on est protégé avec les fonds USIT.
14:43On a des poids qui sont limités au sein de ces fonds.
14:46Donc, ça permet d'être moins exposé que les marchés américains.
14:48Mais ça, c'est une première réalité.
14:50Les gérants sont mis à la réglementation maintenant.
14:52Non, non, mais dans ce cas-là, c'est pas européen.
14:53J'adore, j'adore.
14:55Et puis après, effectivement, il y a des choses très intéressantes.
14:58On a vu un début d'année, enfin une fin d'année et un début d'année du côté des
15:03marchés asiatiques
15:04pour des questions de valorisation, de croissance, etc., qui sont tout à fait intéressantes à jouer.
15:12Et puis après, sur l'aspect de la rotation qu'on observe depuis le début de l'année,
15:17c'est un peu l'histoire qui se répète aussi chaque mois de janvier.
15:20C'est que le marché va aussi aller acheter les secteurs un petit peu en retard,
15:26voire très en retard par rapport à la fin d'année.
15:29Donc, dans cette rotation, il y aura du tri à faire aussi, vous dites ?
15:31Alors, elle se fait souvent en plusieurs phases.
15:34C'est-à-dire que généralement, il y a les valeurs de qualité qui partent.
15:37Ensuite, vous avez un rattrapage sur vraiment les titres qui sont en retard.
15:41En plus, là, c'est plutôt des secteurs défensifs qui ont plutôt été bien orientés depuis le début de l
15:47'année.
15:47Les télécoms, les cheaties, le food and leverage, etc.
15:53Et puis donc, ce qui va être intéressant de regarder, c'est qu'il y a toujours normalement une troisième
15:56phase.
15:57Et c'est le rattrapage des entreprises de moins bonne qualité, avec beaucoup de leviers, etc.
16:02Donc, c'est ça qui va être intéressant, de voir si le marché s'intéresse dans un troisième temps.
16:07Si on va jusque là.
16:08Jusque là.
16:09Jusqu'à cette prise de risque.
16:10Et si on s'arrête sur le défensif, c'est donc qu'il y a quand même un peu d
16:13'attentisme par rapport aux éléments politiques, aux éléments économiques dont on a parlé ?
16:18Je me tourne vers l'économiste désormais.
16:20Fabien, IA et productivité, IA et marché du travail, on pourrait y passer des heures, j'imagine.
16:25Mais je reprends un peu la discussion qu'on avait avec Florian.
16:29Alors, ce choc de productivité, il est magnifié aux Etats-Unis.
16:34Est-ce que c'est quand même quelque chose d'assez global ?
16:35Est-ce qu'on le voit aussi en Europe ?
16:37Est-ce qu'il y a quelque chose d'assez cyclique, mécanique, dans ce regain de productivité un peu partout
16:41dans le monde ?
16:41Et est-ce que l'IA en est une raison ?
16:44Alors, c'est vrai qu'il faut être peut-être un peu prudent.
16:47On est encore très tôt dans cette histoire de l'intelligence artificielle.
16:50On a des investissements qui sont en train de monter, en train de monter très fort.
16:53Alors, ça a déjà commencé l'année dernière, mais ça va encore accélérer très très fortement cette année.
17:00Et bon, l'idée de la productivité des nouveaux investissements, c'est que d'abord, on met ces nouveaux investissements,
17:05ça augmente le stock de capital et après, on utilise ce nouveau capital et on l'utilise de façon plus
17:11efficace
17:11et la productivité accélère encore plus.
17:13Donc, a priori, on pourrait se dire que le meilleur est devant nous quand même.
17:17Il serait étonnant d'avoir déjà un impact très fort dès maintenant.
17:21C'est vrai qu'on observe une accélération de la productivité aux États-Unis, mais pas que aux États-Unis.
17:26On l'observe aussi dans certains pays européens et notamment en France.
17:30Alors, est-ce que la France est en tête de l'intelligence artificielle ?
17:33Alors, sur certains plans, peut-être, espérons-le.
17:36Mais c'est vrai qu'il y a aussi un effet rattrapage post-pandémie.
17:40On a les entreprises, que ce soit aux États-Unis, que ce soit en Europe, ont été confrontées pendant cette
17:45période à des marchés du travail très resserrés
17:48et ont eu tendance à beaucoup embaucher, peut-être trop embaucher.
17:51Et là, on est un petit peu toujours dans une phase de digestion qui dure, mais qui peut expliquer en
17:57partie ce rebond de la productivité.
17:58Et aussi, dans certains secteurs, il y a quand même une remise en route des chaînes de production.
18:05Notamment en France, on a eu un bond de la production aéronautique et spatiale au second semestre de l'an
18:09dernier.
18:10Là aussi, c'est un secteur qui a mis beaucoup de temps à se remettre des perturbations de la pandémie.
18:15Il est difficile d'y voir un impact de l'intelligence artificielle, même si c'est quelque chose qu'on
18:19peut espérer voir.
18:20Et sur le plan de la productivité, il y a le grand débat de savoir.
18:24Alors, il y a des économistes, il y a Assemo Glou qui nous dit que ça va avoir zéro d
18:28'impact sur la productivité.
18:29D'autres qui montent jusqu'à 1,5, 2% d'impact sur la productivité.
18:33Alors, c'est deux histoires qui sont forcément opposées en réalité.
18:41Parce qu'il faut avoir en tête que le scénario de base, c'est quand même qu'il y a
18:45des gains de productivité.
18:46On est censé devenir de plus en plus productif.
18:49Mais la question, c'est de savoir, est-ce que l'intelligence artificielle, c'est le progrès technologique, entre guillemets,
18:54normal ?
18:55Et du coup, ça n'apporte pas plus de croissance que celle qu'on pourrait déjà espérer ?
19:00Ou alors, est-ce que c'est quelque chose en plus ?
19:02Et dans le scénario où c'est quelque chose en plus, c'est bien parce que les acteurs qui sont
19:06déjà là gardent leur croissance.
19:08Et puis, il y a de la croissance supplémentaire.
19:10En revanche, si c'est le progrès technologique normal, ça veut dire que tous les gains de la croissance qu
19:14'on avait déjà un peu intégrés dans toutes nos prévisions,
19:17ça va aller aux acteurs de l'intelligence artificielle et à ceux qui sont capables d'utiliser ces outils-là.
19:22Et ça peut expliquer une certaine crainte sur la distribution de la croissance future.
19:28Donc, c'est peut-être une partie de l'histoire.
19:32Et encore une fois, les gains de productivité, le gros est à venir sur l'intelligence artificielle, si on y
19:37croit.
19:38J'entends. Oui, c'est ça.
19:38Le kicker IA n'est pas encore visible dans ces gains de productivité qu'on observe ou qu'on réobserve
19:46un peu partout dans le monde
19:47et qui se décompose comment, d'ailleurs, Fabien ?
19:49Est-ce que c'est le secteur des services qui génère le plus de gains de productivité aujourd'hui par
19:56rapport au secteur industriel ?
19:58Est-ce que c'est équilibré ?
20:00Dans un premier temps, on a la phase d'investissement qui a déjà commencé
20:05avec une production qui augmente très fortement dans toute la chaîne de valeur des semi-conducteurs.
20:10Et là, on a une augmentation de la productivité presque mécanique
20:13parce qu'on utilise à plein les capacités d'utilisation.
20:16On lance de nouvelles usines.
20:19Là, c'est des gains de productivité évidents qu'on va avoir dans le secteur manufacturier.
20:23Et dans un second temps, quand l'utilisation de ces outils va se répandre,
20:27on devrait espérer une hausse de la productivité dans le secteur des services.
20:32C'est un petit peu l'enchaînement mécanique.
20:34C'est important pour nos économies, très tournées vers les services.
20:37Voilà. Alors, il y a des craintes parce qu'on se dit, évidemment,
20:40nous, on est plus orientés vers les services.
20:42Donc, si jamais ces outils nous remplacent, est-ce qu'on ne va pas en souffrir ?
20:48Oui. D'un autre côté, on peut se dire qu'au contraire,
20:50c'est nos entreprises qui vont bénéficier le plus
20:53et on va pouvoir s'étendre vers de nouveaux horizons.
20:59Mais là encore, effectivement, on est vraiment au tout début de cette histoire.
21:02Il y a eu un papier académique qui est sorti récemment
21:05où il faisait une enquête auprès de dirigeants de grandes boîtes.
21:10Il y a une grande appétence pour ce genre d'outils.
21:12Mais pour l'instant, le gain de productivité, c'est encore quelque chose à venir,
21:16même s'il les voit de plus en plus tôt.
21:17C'est plutôt dans les toutes prochaines années.
21:21Oui, c'est ça. Les horizons se sont peut-être un peu raccourcis,
21:24effectivement, de ce point de vue-là.
21:26Productivité et inflation, quand on réfléchit à cette question,
21:29gain de productivité et donc l'IA demain,
21:32c'est un phénomène désinflationniste ?
21:34Il y a un consensus là-dessus ou c'est aussi une question ouverte ?
21:37Alors, a priori, comme dirait Milton Friedman,
21:42l'inflation, c'est avant tout un phénomène monétaire
21:44et je n'ai pas besoin de m'inquiéter de ce que fait la productivité.
21:46Bon, c'est évidemment un raisonnement qui a peut-être quelques failles,
21:52avec tout le respect qu'on a à M. Friedman.
21:56Mais c'est vrai qu'on a entendu, notamment du côté du prochain,
22:00peut-être dirigeant de la Fed, cette idée qu'avec les gains de productivité,
22:04ça va créer un environnement de déflation
22:07et qu'il faut l'accompagner comme Greenspan aurait accompagné
22:10le boom de l'Internet au milieu des années 90.
22:14Alors là, il faut peut-être modérer ce point.
22:17Ce qui est vrai, c'est qu'on est dans la phase d'investissement
22:20et si on se dit que ces investissements sont si importants,
22:23qu'ils vont créer une telle productivité qu'il faut les accompagner en baissant les taux,
22:27en réalité, ce qu'on dit, c'est qu'on accepte un petit peu de surproduction à court terme
22:31pour accommoder la production future.
22:34Mais ça veut dire passer par une période d'inflation un peu plus élevée que la normale.
22:39L'idée, c'est vraiment d'accommoder cette montée en puissance,
22:43mais ça veut dire une première phase d'accélération.
22:45Est-ce que ça veut dire, après une période de production plus élevée
22:49avec une inflation sur la cible,
22:51est-ce que ça vaut le coup ?
22:53Oui, mais je ne parlerai pas vraiment d'environnement de déflation dans ce contexte-là.
22:58Bon, productivité, politique monétaire, oui, ça va être un sujet pour...
23:01Enfin, c'est le sujet déjà endossé par le futur potentiel président de la Réserve fédérale américaine, Florian.
23:08Oui, et puis c'est un sujet capital pour le marché des obligations.
23:11À long terme, ce qui fait le niveau des taux long,
23:14il faut vraiment s'en convaincre,
23:15c'est le taux terminal communiqué par la Réserve fédérale américaine.
23:20C'est une thématique importante parce que l'an passé,
23:23je pense que le marché s'est fait prendre un contre-pied à ce sujet-là
23:25avec la cascade des trois baisses
23:27et la baisse assortie sur les taux longs à 10 ans.
23:31C'est-à-dire que les taux longs baissent
23:32avec les baisses de taux de la Réserve fédérale anticipée ou pas.
23:35En tout cas, il y a une partie de transmission assez mécanique.
23:39Notre point de vue sur la question, il est vraiment très simple
23:41et peut-être un peu trop tranché.
23:43Donc, ça veut dire qu'il sera peut-être amené à être révisé.
23:45Mais si on...
23:47Vous savez ce graphique, la courbe des Philips,
23:48où on compare le taux de chômage et puis l'inflation,
23:52évidemment, c'est une patate chaude,
23:53mais normalement, à long terme,
23:56on a une espèce de relation antinomique
23:59entre le chômage et l'inflation.
24:00On est aujourd'hui dans une case de ce graphique-là,
24:03qui est assez bizarre,
24:04où on a un marché très tendu
24:06et on a quand même des forces de désinflation
24:08qu'on constate aux États-Unis, en tout cas.
24:10Et puis en Europe, vous avez vu le niveau de l'inflation.
24:13La question ne se pose plus, en tout cas de notre point de vue.
24:15Donc c'est encore la désinflation immaculée.
24:16On est encore dans cette espèce de phénomène-là.
24:18Ce qui est troublant, c'est la désinflation immaculée
24:21et quel point de comparaison historique vous allez avoir.
24:24Et le point où on est aujourd'hui,
24:26il est assez proche,
24:28en tout cas sur la carte des points de ce graphique-là,
24:30des points qu'on a observés entre 95, 96, 97, 98,
24:34justement, au moment où on a commencé à récolter
24:36les bénéfices de la vague Internet.
24:40Alors la contribution à la désinflation à cette époque-là,
24:43elle était de l'ordre de 0,4 à 0,5% d'inflation,
24:48en moins que ce qu'on aurait pu avoir
24:50sans cette révolution de la productivité.
24:53Il faut garder cet élément-là en tête
24:55parce que, curieusement, aujourd'hui,
24:57il y a des similitudes.
24:58Alors comparaison n'est pas raison,
25:00enfin, il était difficile.
25:00Mais en tout cas, je trouve que c'est un élément important.
25:03Plutôt que de s'inquiéter de savoir
25:04si on est face à une bulle de la technologie,
25:06où on ferait mieux de s'inquiéter de savoir
25:07si les taux sont appropriés
25:09au vu du potentiel impact des inflationnistes,
25:13pas des inflationnistes,
25:13mais des inflationnistes de la productivité.
25:17Et ça, c'est un élément particulièrement important
25:18parce que si Walsh arrive à convaincre...
25:2111 autres personnes ?
25:2211 autres personnes, exactement.
25:24De cet effet-là, il peut rajouter une, deux, trois baisses.
25:27On peut le laisser sur les capacités de conviction de Kevin Walsh,
25:30mais on peut regarder les choses un peu plus froidement.
25:33Il n'y a pas d'urgence pour la Réserve fédérale
25:35à baisser les taux d'intérêt.
25:37Il n'y a surtout pas de nécessité à les baisser beaucoup.
25:40C'est ce qu'a fait Greenspan, tout simplement.
25:42Ce n'est pas d'urgence.
25:43On va le faire un petit peu.
25:44On attend un petit peu.
25:45On laisse des taux à un niveau un peu moyen.
25:48Et ça a suffi.
25:48Par contre, ça a suffi à ce boom pour se développer.
25:52Et par contre, attention,
25:53parce que trois ans plus tard,
25:54on n'a pas de la monnaie de sa pièce.
25:55Plus on se réfère aux années 90,
25:56plus on se rapproche de 99-2000.
25:58Mais la question, c'est,
25:58est-ce qu'on est en 99 ou est-ce qu'on est en 95 ?
26:01Notre théorie, c'est qu'on est plutôt en 95
26:02et ça dicte des choix de portefeuille qui sont différents.
26:05Ah, vous disiez ça il y a un an déjà, Florian.
26:06On n'avance pas.
26:0794, j'ai vu.
26:08On reste bloqué à 95.
26:09C'est l'année de la marmotte.
26:11C'est une très longue année 95.
26:13Je pense qu'on l'a tous ressenti comme ça.
26:15Je reviens sur les thèmes de marché, Xavier.
26:19Sur la question du software,
26:21on se demande où peuvent être les risques cachés
26:23dans le marché.
26:25Aujourd'hui, c'est un secteur qui a bénéficié
26:27d'énormément de financements privés.
26:29Il faut le dire.
26:30Il y a une exposition des marchés de crédit privé,
26:33du private equity très importante
26:35à ce segment du logiciel
26:36pour toutes les raisons que vous avez décrites.
26:38Le modèle, ça, c'est de la récurrence,
26:39c'est de la visibilité,
26:41c'est de la génération de cash.
26:42Tout ce qu'aime un investisseur privé,
26:44en l'occurrence,
26:44enfin un investisseur en général,
26:45mais dans le private equity encore plus.
26:48Est-ce que là, il y a un sujet qui est,
26:49j'allais dire,
26:51au moins bien identifié par le marché ?
26:53Est-ce qu'on voit d'ailleurs des prix s'ajuster,
26:56peut-être, dans les marchés de crédit,
26:57en lien avec ce sujet et ce risque ?
27:01Alors, avant de parler du marché du crédit,
27:04je vais vous donner un exemple
27:06où il y a des ajustements de multiples
27:08très importants qui ont été faits sur le secteur.
27:10Je prends Dassault Systèmes.
27:12Dassault Systèmes, c'est moins 30%
27:13depuis le début de l'année.
27:15C'est un PE de 12 fois
27:17contre une moyenne de 32
27:21sur ces cinq dernières années.
27:22C'était le Hermès des logiciels d'Assault.
27:24C'est-à-dire que dans l'univers des logiciels,
27:26il y avait le PAC et Dassault Systèmes.
27:29Oui.
27:29Et en termes de V sur EBIT,
27:32on est à 10 fois
27:32contre une moyenne de 26 fois.
27:34Donc en gros,
27:35c'est 60% de décote
27:36par rapport au point le plus haut de 2024
27:38en termes de multiples.
27:40Donc on voit qu'il y a évidemment une norme...
27:43Pardon, je vous coupe.
27:43C'était les multiples
27:44qu'il y avait à l'IPO de Dassault Systèmes.
27:46Exactement.
27:47On retrouve, donc...
27:49Vous imaginez le D-rating
27:51en termes de multiples qu'on constate.
27:53C'est sans doute très exagéré.
27:55En tout cas, cette crainte
27:56sur la disruption de l'IA
27:58est quand même très exagérée.
28:00Ça normalise aussi
28:01des exagérations de valorisation
28:03qu'on avait observées à la hausse
28:04en 2024, etc.
28:05Donc on revient...
28:06C'est sans doute exagéré.
28:09Pour revenir sur...
28:10Donc ça va faire des opportunités.
28:11Maintenant, il faut voir
28:12est-ce qu'être contrariant
28:14sur des thématiques
28:16où on a une visibilité
28:18sur l'impact négatif ou pas
28:19qui est aussi faible.
28:22Moi, je trouve que le risque est un peu...
28:24Il y a d'autres choses
28:25plus intéressantes à faire
28:27certainement aujourd'hui,
28:28même si c'est dans le...
28:30On est en contrariant
28:31qu'on gagne le plus d'argent.
28:34Et une autre illustration
28:36par rapport à ces montants
28:39de dettes énormes
28:40qui sont employés
28:43par ce secteur de la tech,
28:45on va dire,
28:46c'est que
28:48666 milliards de dollars,
28:49c'est le montant de capex
28:50qui a été annoncé
28:51par la tech américaine.
28:55C'est en gros 95%
28:56des cash flows disponibles
28:58des hyperscalers.
28:59Si ces 660 milliards
29:01sont appliqués.
29:04Et on le voit bien,
29:05c'est qu'on est passé très vite
29:06de « je ne m'en aide pas »
29:07et « tous mes cash flows
29:08sont retournés à l'actionnaire »
29:09à « j'emploie 100% quasiment
29:11de mes cash flows pour investir ».
29:13Exactement.
29:13Et donc,
29:14ça,
29:14c'est un vrai sujet
29:15notamment sur la dette privée.
29:17Et quand vous discutez
29:18avec des banquiers d'affaires
29:20ou des gérants
29:21de fonds de private equity,
29:23aujourd'hui,
29:23la situation,
29:24parce qu'avoir
29:27des participations
29:27dans des éditeurs
29:29de logiciels,
29:30etc.,
29:30c'était de la visibilité,
29:31comme je l'avais dit,
29:32et de la rentabilité
29:33quasiment assurée.
29:34C'est des histoires
29:35souvent qui sont consolidées,
29:37c'est des opérations
29:38de build-up
29:38qui ont été faites
29:39à des multiples
29:39extrêmement élevées.
29:41Et là,
29:41il y a un vrai sujet
29:42sur les participations
29:44dans le non-côté,
29:45que ce soit
29:45du côté
29:47des actionnaires
29:48que des détenteurs
29:49de la dette.
29:50Alors,
29:51il y a aussi
29:52une enquête
29:54de la Commission européenne
29:55qui montrait
29:55que l'exposition
29:56à la dette privée
29:58un peu à risque
29:59sur les grandes banques,
30:00notamment françaises,
30:01était extrêmement limitée,
30:03comme les grandes banques
30:05américaines aussi.
30:06D'accord.
30:06On va voir la réalité.
30:08Mais c'est sûr
30:10que c'est à surveiller
30:11et c'est très souvent,
30:13et on l'a vu,
30:15la dernière grande crise
30:16est venue
30:16de la partie non-côtée.
30:18Donc, il faut rester vigilant
30:21sur cette partie-là.
30:22Et il est clair
30:22que sur le private equity,
30:23les difficultés
30:24qu'ils ont à lever
30:25pour les nouveaux fonds
30:26et aucune sortie
30:28ne se fait aujourd'hui,
30:29c'est un risque
30:29quand même
30:30qu'il faut vraiment surveiller.
30:31Et toutes les crises
30:32sont des crises
30:32de la dette,
30:33m'a-t-on rappelé.
30:35bien gentiment,
30:36il y a quelques jours.
30:37Fabien,
30:38parlons de la France.
30:39Je regardais,
30:40Banque de France
30:40nous dit 0,2%
30:41au premier trimestre,
30:42je crois,
30:42l'INSEE doit être à 0,3%,
30:44donc la vérité
30:44est à peu près par là.
30:46J'imagine qu'on a
30:50une dynamique
30:50qui se poursuit.
30:52Alors,
30:52on a eu le chiffre
30:53de croissance 2025
30:54à 0,9%.
30:55Alors,
30:56on l'a vu décrire
30:57comme satisfaisant,
30:59comme presque
30:59une bonne nouvelle.
31:01Bon,
31:01il faut mettre
31:01les choses en perspective.
31:02sur les 25 années
31:03du XXIe siècle,
31:04c'est la XXe année,
31:06donc ce n'est pas la pire,
31:08c'est loin d'être la meilleure.
31:09Et quand on regarde
31:10beaucoup d'autres données,
31:13si on regarde l'emploi,
31:14le chômage,
31:15si on regarde
31:15la consommation des ménages,
31:16la consommation des ménages
31:17en France a augmenté
31:18de 0,4%,
31:19c'est la quatrième pire année
31:20du XXIe siècle.
31:21On est vraiment
31:21sur une année
31:22très médiocre.
31:23Et sur les 0,9%
31:24de croissance,
31:25la moitié,
31:25c'est la demande publique.
31:27Donc,
31:27on peut avoir...
31:28Voilà,
31:28le moteur domestique
31:29de l'économie française
31:30continue de patiner
31:32et ce qui nous aide pas mal
31:35en ce moment,
31:35c'est la demande extérieure,
31:36c'est effectivement
31:37une conjoncture européenne
31:39et mondiale en général
31:40assez porteuse
31:42et c'est là,
31:43en quelque sorte,
31:43entre guillemets,
31:44la magie des équilibres économiques
31:46qui font que
31:46le fait que notre moteur
31:48domestique patine
31:49n'aille pas très bien,
31:50les salaires ne progressent
31:52pas beaucoup en France
31:52et finalement,
31:53on gagne en compétitivité,
31:55en compétitivité prix
31:58et pour la première fois,
31:59on a des salaires
32:00en France
32:00qui augmentent
32:01assez nettement
32:02moins rapidement
32:02que la moyenne européenne
32:03et ça explique peut-être
32:05des performances
32:07satisfaisantes
32:07du côté des secteurs
32:08qui exportent
32:09et notamment
32:09de l'industrie.
32:10On a l'indice
32:11de confiance
32:11manufacturier de l'INSEE
32:13qui a fortement augmenté
32:15en janvier
32:16après une bonne performance
32:17en fin d'année.
32:18Ça augure
32:19d'un bon début d'année
32:20pour certains secteurs.
32:22Après,
32:22si on regarde
32:22tous les indicateurs
32:23qui se portent
32:24sur la demande domestique
32:25et notamment,
32:26par exemple,
32:26la très importante
32:27confiance des ménages,
32:28on n'observe pas
32:29d'amélioration.
32:30On voit des ménages
32:31toujours très prudents
32:32et les entreprises françaises,
32:35c'est vrai que celles
32:35qui exportent
32:36vont profiter
32:37d'une demande porteuse
32:38mais les entreprises,
32:39elles ont aussi
32:40une prolongation
32:41de la surtaxe
32:42de l'impôt
32:42sur les sociétés
32:43en France.
32:45Elles ne sont pas
32:46vraiment encouragées
32:47à investir
32:47autant qu'elles l'auraient
32:49pu en France
32:50et on risque
32:51quand même
32:51d'avoir,
32:52encore une fois,
32:52ce moteur domestique
32:53de l'économie française
32:54qui va encore un peu
32:56patiner en 2026.
32:57Le risque est sur
32:58l'investissement.
32:58Si on prend sur le plan
32:59domestique,
33:00effectivement,
33:00c'est là où il y a
33:01un vrai risque peut-être
33:02de décrochage,
33:03c'est moi qui le dis
33:04comme ça,
33:05Fabien,
33:05dans un moment
33:06où,
33:07encore une fois,
33:08la planète dans son ensemble
33:10investit
33:10et peut-être
33:10c'est une vague
33:11d'investissement
33:12qu'on n'a pas vu
33:12depuis des générations
33:14au moins.
33:14C'est ça,
33:14c'est un petit peu
33:15le risque malheureusement,
33:16c'est qu'on se retrouve
33:17avec des chiffres
33:18de croissance positifs
33:19et une hausse
33:20de l'investissement
33:20des entreprises
33:21et qu'on se dise
33:22finalement tout va bien
33:23mais en fait
33:24quand on va se comparer
33:25aux autres,
33:26c'est là qu'on va voir
33:27qu'en réalité
33:27on a eu un petit décrochage
33:29et on fera moins bien
33:31que ce qu'on aurait pu faire
33:32et si la croissance française
33:34fait un peu mieux
33:35que ce qu'on espère
33:36cette année,
33:36ce sera parce qu'elle sera
33:37tirée par l'extérieur
33:39et tandis que nous,
33:40nos problèmes domestiques,
33:41on ne les aura pas réglés,
33:43on continuera quand même
33:44d'avoir une demande domestique
33:45toujours assez à tonne
33:47et dans un climat
33:48d'attentisme
33:48qui rit et qui se prolonge
33:50pour le moment.
33:51Alors ce petit regain
33:52de compétitivité prix
33:53comme vous dites
33:54qui est alors lié
33:55à une inflation
33:56qui a été moins importante
33:57en France,
33:58des salaires qui progressent
33:59moins aujourd'hui,
34:01je ne sais pas si on peut
34:01fondamentalement s'en réjure
34:02mais en tout cas
34:03c'est la donne,
34:05est-ce qu'elle souffre
34:06par exemple
34:06un euro dollar
34:07à quasi un vin aujourd'hui ?
34:09Est-ce que cette compétitivité prix
34:12n'est pas mangée
34:14totalement par une appréciation
34:16de l'euro face au dollar
34:17mais face à un ensemble
34:18de devises
34:18de partenaires commerciaux ?
34:19Alors il faut relativiser
34:21parce que déjà
34:21nos premiers partenaires
34:23commerciaux
34:24ce sont nos voisins européens
34:25et avec eux
34:26la compétitivité se fait
34:28via le différentiel
34:29d'inflation
34:30donc là on est gagnant.
34:31Après face aux autres pays
34:32il faut rappeler
34:33que la montée
34:35de l'euro
34:35face au dollar
34:35c'est aussi largement
34:36une histoire
34:37de la faiblesse du dollar.
34:39Si on regarde
34:39comparé à l'ensemble
34:40des devises
34:41c'est vrai que l'euro
34:42a plutôt monté
34:43sur un an
34:44mais la hausse
34:45est quand même
34:46beaucoup plus modérée
34:47que ce qu'indique
34:49l'euro dollar
34:50et s'il a monté
34:51l'euro
34:52c'est aussi
34:52parce qu'il y a eu
34:53des bonnes nouvelles
34:53avec le stimulus allemand
34:55qui là aussi
34:55devrait...
34:56Et que les gens
34:56viennent d'investir en Europe
34:57voilà
34:58donc c'est un mix
35:01c'est pas une bonne nouvelle
35:03en soi
35:04c'est pas forcément
35:05une très mauvaise nouvelle.
35:06A propos du stimulus allemand
35:08et c'est vrai
35:08qu'on a vu
35:09beaucoup de dirigeants politiques
35:11de gouvernants
35:12revenant
35:13notamment de la conférence
35:14de sécurité à Munich
35:15qui se tenait
35:16ce week-end dernier
35:17donc
35:17on est dans la séquence
35:19il y a eu la rupture
35:20avec les Etats-Unis
35:22on a eu le réveil européen
35:25le sursaut européen
35:27il y a un rendez-vous
35:28important en politique
35:29les 19 et 20 mars prochains
35:30avec un sommet
35:32un sommet européen
35:34qui pourrait aboutir
35:35à des pas un peu concrets
35:36sur comment est-ce qu'on transforme
35:38ce sursaut européen
35:39en actes
35:40en décisions
35:40qui permettent
35:41de renforcer l'Europe
35:42sur le plan géopolitique
35:43sur le plan économique
35:44et il n'en faut pas plus
35:46dans la situation
35:46dans laquelle on se trouve
35:47pour voir à nouveau
35:49le thème d'Eurobonds
35:51revenir dans la conversation
35:52publique
35:53au moins en France
35:54peut-être plus largement
35:55en Europe
35:56Fabien
35:57c'est une question
35:58compliquée pour l'économiste
35:59mais est-ce qu'il y a
36:00un terrain
36:01de compromis
36:02plus favorable
36:03aujourd'hui
36:03pour avancer à nouveau
36:04dans des schémas
36:05type Eurobonds
36:06qu'on a réussi à mettre
36:08en place
36:08sur des moments critiques
36:10et je pense notamment
36:11à la période Covid
36:11alors c'est vrai qu'on a réussi
36:14à le mettre en place
36:15durant la période Covid
36:16après le débat des Eurobonds
36:18qui a été relancé
36:19la semaine dernière
36:19il a été relancé
36:20par les français
36:21et la porte a été
36:23tout de suite fermée
36:24sans trop d'ambiguïté
36:25par le chancelier allemand
36:26alors on a entendu
36:27le patron de la Bundesbank
36:28un petit peu
36:29se dire en faveur
36:30une grande nouveauté
36:31bon le board
36:32de la Bundesbank
36:32a fait savoir
36:33qu'il parlait pour lui-même
36:37tant que ça vient de la France
36:40ça sera un petit problème
36:41d'autant plus
36:41qu'on est le dernier pays
36:43à avoir un déficit
36:45quand même
36:47significativement différent
36:47des autres pays
36:48ça nous rend pas très crédibles
36:51sur ce domaine là
36:52si on met de côté
36:53le cas français
36:54le fait que ce soit
36:55la voix de la France
36:56qui porte ce projet
36:56on se dit quand même
36:58encore une fois
36:58je reviens à cette idée
36:59d'investissement
37:00on se dit quand même
37:01qu'il y a un moment historique
37:03à saisir de ce point de vue là
37:04et que
37:05mettre en place
37:06une logique de financement commun
37:08pour des investissements
37:09en commun
37:09ça peut profiter
37:11à d'autres pays
37:11que la France seulement
37:12si c'est ça la crainte
37:14c'est la crainte
37:15mais encore une fois
37:16et bien il y a déjà
37:17un pays
37:17qui a pris cette
37:18qui a pris cette initiative
37:20l'Allemagne
37:20l'Allemagne investit
37:21et du coup
37:22on n'est plus
37:23dans cette situation
37:24d'il y a 10 ans
37:25où la politique monétaire
37:26était coincée
37:27par le taux zéro
37:27et on se disait
37:28il faut de la relance fiscale
37:29les Allemands
37:30peuvent pas le faire
37:31faisons-le ensemble
37:32malheureusement
37:33on est dans un setup macro
37:34bien différent
37:35les Allemands
37:36font du stimulus
37:38parce qu'ils ont les moyens
37:39et parce que leur économie
37:40va moins bien
37:40que la moyenne
37:41est-ce qu'en moyenne
37:42en zone euro
37:43on a besoin
37:43d'une accélération fiscale
37:45quand on voit
37:46l'inflation sous-jacente
37:47un petit peu
37:47au-dessus de 2%
37:49quand on voit
37:49une croissance
37:50qui est à 1,5%
37:52en 2025
37:53on a du mal
37:53à se dire
37:54il faut absolument
37:55un stimulus fiscal
37:55supplémentaire
37:56avec beaucoup
37:57d'hétérogénier
37:57comme dans ces chiffres
37:58d'inflation
37:59en zone euro
37:59Fabien
38:00mais là encore
38:01on en revient
38:01à la question
38:02que ça vient
38:03de la France
38:04qui est largement
38:05sous les 1%
38:06d'inflation
38:06le cas européen
38:07en matière d'investissement
38:08oui il vous plaît
38:09pour une question
38:09de diversification
38:10vous le disiez
38:11tout à l'heure
38:11Florian
38:12est-ce qu'il y a
38:12aussi des valeurs
38:14des fondamentaux
38:14intrinsèques
38:15à l'Europe
38:16à la zone euro
38:17qui méritent d'être
38:18relevées
38:19pour un investisseur
38:20oui j'en vois
38:20au moins deux
38:21déjà c'est une zone
38:22qui serait plutôt
38:23récipiendaire
38:23de cette vague
38:24de la productivité
38:25liée à l'IA
38:26ça c'est quand même
38:28les investissements
38:28menés en Europe
38:30on ne prend pas
38:31les rêves
38:31mais on les utilisera
38:32un jour ou l'autre
38:33on finira par voir ça
38:34dans les comptes
38:35des états
38:35premier élément
38:36et puis deuxième élément
38:37faisiez écho
38:38à l'hétérogénéité
38:40en termes d'inflation
38:41qu'on observe
38:41entre les pays
38:42de la zone euro
38:42ça veut dire
38:43qu'il y a des pays
38:43de la zone euro
38:44qui encore aujourd'hui
38:45ont une inflation supérieure
38:47au taux directeur
38:47de la BCE
38:48ou une inflation supérieure
38:49à leurs taux
38:50nominaux globalement
38:51c'est à dire
38:51qu'il y a encore
38:53de taux réels négatifs
38:55et ça c'est plutôt intéressant
38:57surtout pour les small-limits cap
38:58il ne faut jamais oublier
38:59que c'est elles
39:00qui sont les premières
39:01exposées à ça
39:01si les small-limits
39:03surperforment au Japon
39:04surperforment en partie
39:05justement en Europe
39:06sur les 12 derniers mois
39:08pardon
39:08c'est en partie dû à ça
39:11donc attention
39:11à ces conditions de financement
39:12ah oui
39:13c'est un élément
39:14qu'il faut savoir garder en tête
39:15aux Etats-Unis
39:16la situation
39:17est peut-être plus fragile
39:18il va falloir
39:18beaucoup de productivité
39:19pour compenser
39:20les taux réels très positifs
39:21qui sont un peu
39:22le talon d'Achille
39:22des Etats-Unis
39:23aujourd'hui
39:23Bon
39:24on restera sur cette question
39:25en suspens
39:26ou ce suspense
39:26autour de la productivité
39:28de ces gains de productivité
39:29merci beaucoup messieurs
39:30merci d'avoir été les invités
39:31de Planète Marché ce soir
39:32Florian Rielpau
39:33Lombard Odier IM
39:34Xavier De Buren
39:34OTA Capital
39:35et Fabien Bossy
39:36Société Générale CIB
39:37la productivité que je
39:37qui est un peu plus
39:38avec des données à la
39:38qui est un peu plus
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