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  • il y a 28 minutes
Vendredi 5 juin 2026, retrouvez Damien Dierickx (Gérant et analyste, Exane AM) et Wilfrid Galand (Directeur stratégiste, Montepnsier-Arbevel) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00...
00:10Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché
00:13et dresser le bilan de cette semaine sur les marchés.
00:15Damien Dierix est avec nous, gérant et analyste chez Exxon Asset Management.
00:19Bonsoir Damien.
00:20Bonsoir.
00:20Bienvenue, merci d'être avec nous et merci à Wilfried Galand de nous accompagner également.
00:24Bonsoir Wilfried.
00:25Bonsoir Guillaume.
00:25Directeur stratégiste chez Montpensier Arbevel.
00:28On va bien sûr parler de l'IA, ce thème incontournable bien sûr dans les marchés.
00:33Mais je voulais qu'on commence par la partie macro peut-être Wilfried.
00:36On a beaucoup décrit deux marchés, deux mondes qui s'ignoraient entre un marché obligataire
00:41focalisé sur Hormuz et les conséquences à attendre d'Hormuz, notamment à travers le choc de prix
00:49et puis des marchés actions qui vibrent eux au thème de l'IA, le thème de l'IA étant
00:54relativement immune ou insensible au niveau des taux d'intérêt.
00:57Là, c'est le rapport du marché du travail américain pour le mois de mai qui remet
01:01une petite étincelle, une petite pièce dans la machine obligataire avec des taux qui
01:06se tendent à nouveau au regard d'une croissance des créations d'emplois qui reste quand même
01:12solide ou en tout cas qui se confirme depuis quelques mois maintenant aux Etats-Unis.
01:16Et là, on sent quand même que les marchés actions regardent un peu ce qui se passe de ce côté
01:20-là.
01:20Oui, c'est-à-dire qu'en fait, on a à la fois sur le marché obligataire la confirmation
01:26que les scénarios de récession s'écartent et que c'est véritablement une hypothèse
01:31qui avait été agitée à un moment donné et qui n'est plus du tout, en tout cas pour
01:34la partie américaine, qui n'est plus du tout d'actualité.
01:38une inquiétude sur justement les capacités de l'économie américaine à ne pas enclencher
01:46de mécanismes prix-salaires, donc de véritables mécanismes inflationnistes.
01:49Pour l'instant, les analystes qui évaluaient comme étant faible le risque inflationniste,
01:56j'en faisais partie, avaient comme argument premier le fait qu'on avait effectivement
02:03une remontée des coûts, une remontée des prix, mais qui, compte tenu d'une certaine
02:10atonie du marché de l'emploi, n'allait pas se transférer au salaire et générer ce
02:16fameux mécanisme, ce fameux triangle de Gordon qui, à un moment donné, caractérise
02:20véritablement l'inflation.
02:21Là, on se dit qu'avec un marché de l'emploi qui décolle véritablement, on n'est plus
02:26sur 50 000 et quelques créations d'emplois, on est maintenant au-delà de 100 000.
02:31On estime qu'aujourd'hui, 50 000 créations d'emplois, c'est ce qui permet d'absorber
02:36les nouveaux entrants sur le marché du travail.
02:38Un marché stable.
02:39Là, maintenant, on est véritablement sur un marché assez vibrillonnant.
02:45Et ce qui vient confirmer également, ce qu'on pouvait lire, par exemple, dans le rapport
02:50NFIB sur les petites entreprises américaines, où on avait de nouveau, il y a une dizaine
02:56de jours, la mention dans ce rapport de plus en plus de difficultés de recrutement.
03:01Alors, les difficultés étaient essentiellement qualitatives, on avait fait que les jeunes
03:05collaborateurs n'étaient pas au niveau nécessaire, etc.
03:08Mais quand on analysait véritablement, au-delà du côté un peu grognon qui se dégageait
03:13de ce rapport, des répondants de l'enquête, on voyait quand même le souci d'arriver
03:19tout simplement à compenser et à répondre aux besoins basiques de main-d'oeuvre dans
03:27énormément de secteurs.
03:29Et quand on a vu effectivement que dans la partie des ouvertures de postes aux Etats-Unis,
03:34ça c'était mercredi, on a eu une partie qui a énormément monté, qui était les Professional
03:39Business Services, donc la partie véritablement service aux entreprises juridiques, fiscales,
03:44conseils, informatiques, tout ce qui était considéré comme étant finalement les premiers
03:49à souffrir de l'IA et de la productivité, on s'est dit finalement qu'on est de retour
03:54dans un scénario assez classique d'une croissance qui marche bien, mais donc potentiellement
03:59de pression sur les prix qui peuvent devenir des pressions inflationnistes, donc à long
04:03terme, peut-être que les taux vont rester plus élevés que prévus, voire montés, ce
04:06qui n'était pas du tout le scénario de marché.
04:08Donc on intègre ça à un moment donné où le marché actions se pose quand même des
04:12questions sur finalement est-ce qu'on n'est pas en train d'arriver à un certain plateau
04:17sur l'utilisation de ces capacités d'acteurs artificiaires, on a beaucoup parlé de Microsoft
04:24qui arrêtait à un moment donné de dire ça commence à coûter cher, et on se disait
04:27ensemble avant de rentrer sur le plateau qu'on était passé...
04:31Déjà tous les budgets token de l'année n'a même pas mis par cours de l'année
04:342026.
04:34On était passé sur l'IA du quoi qu'il en coûte à combien ça coûte.
04:38C'est ça.
04:38Et là effectivement c'est une nouvelle phase de marché, on la voit se développer
04:42entre nous, ça ne veut pas dire que ça va être une catastrophe, mais c'est une nouvelle
04:44phase de marché qui va se déployer probablement.
04:47Bon et à ces niveaux de valorisation, parce qu'on l'a vu avec Broadcom, le marché a
04:51pricé quand même beaucoup de trajectoires pour la perfection, et donc des écarts de 1 milliard
04:55dans une guidance aujourd'hui, ça coûte 10-15% sur un titre comme Broadcom, à ces
05:01niveaux de valorisation, oui il va falloir être à nouveau attentif au niveau des taux,
05:05des taux longs, ça va redevenir un sujet pour le marché action, ce qui n'était plus.
05:10On le disait même ici, la macro devient secondaire par rapport au thème de l'IA.
05:14En fait ça redevient un sujet pour toutes les entreprises qui étaient un peu en satellite
05:20du thème cœur de l'IA et qui étaient capables d'améliorer l'efficacité, d'améliorer
05:26la rapidité avec laquelle on déployait l'intelligence artificielle, et qui avaient
05:30des niveaux de valorisation, qui ont toujours des niveaux de valorisation extrêmement élevés.
05:33Donc c'est les nouveaux paris quoi.
05:34Voilà, c'est pas le cas des géants de la Côte, c'est pas le cas des GAFAM, les GAFAM
05:37sont des niveaux de valorisation historiques tout à fait classiques, donc peut-être que
05:41paradoxalement, elles vont peut-être de nouveau retrouver ce rôle de valeur refouge
05:45dont on les avait affublés, et qui avait un petit peu laissé la place effectivement
05:50au nouveau roi de l'intelligence artificielle, mais peut-être que les anciens rois
05:55n'ont pas dit leur dernier mot.
05:56Oui, on verra sur les rotations que ça peut impliquer, mais je reste quand même
05:59sur ce rapport sur l'emploi américain, Damien, et ses conséquences, et ses conséquences
06:04en manière d'anticipation du réglage de la politique monétaire aux Etats-Unis, dans
06:09un contexte qu'on a beaucoup décrit, la transition du pouvoir à la réserve fédérale américaine,
06:14avec le premier test pour Kevin Walsh d'ici deux semaines maintenant, dix jours, pour
06:19la présidence de son premier FOMC. Ça va faire beaucoup de choses à découvrir
06:25ou à apprendre pour les investisseurs.
06:28Absolument. En fait, moi je trouve que ce rapport, il fait simplement écho à ce qu'on
06:32a vu sur les ISM qui sont tombés dans les derniers jours, où on, enfin, sur la partie
06:39manufacturière, c'est que depuis janvier, on est passé au-dessus de 50, ça faisait deux
06:44ans qu'on était dans le rouge, on passe au-dessus de 50, donc pas de si grosse surprise
06:47finalement que la partie manufacturière de l'emploi, elle s'améliore un petit
06:52peu. C'est pas encore énorme, mais ça s'améliore quand même.
06:55C'est quelques milliers d'emplois, je crois, sur le mois, mais c'est déjà positif.
06:59Ce qui est intéressant aussi, et je suis complètement d'accord sur le sujet, que
07:02en fait c'est pas le job apocalypse, on le voit pas encore. Alors moi j'ai une petite
07:07théorie là-dessus, c'est que notamment sur les services dont on a besoin pour mettre
07:12en route l'IA, dans toutes nos entreprises, dans toutes les boîtes avec qui on discute,
07:16il faut trouver les use cases en fait. Et pour trouver les use cases, on a besoin de
07:21gens qui savent un peu comment ça marche l'IA, donc on a besoin de recruter des gens
07:24qui savent, qui vont aider. Moi ça me rappelle, je suis vieux, plus vieux que vous, donc ça
07:29me rappelle Internet et en fait on a eu besoin d'énormément de services informatiques,
07:36de gens qui permettaient de développer tout ça. Je pense qu'on est exactement sur la
07:41même voie là. Donc oui, peut-être qu'il y aura des gains de productivité, c'est certain,
07:46mais je discutais d'ailleurs cette semaine avec une autre société qui me disait mais
07:49en fait moi j'ai pas du tout envie de virer des gens là, parce qu'en fait j'ai
07:52juste besoin
07:53qu'ils utilisent et qu'ils fassent de la productivité avec ça, j'ai pas besoin de virer des gens.
07:59C'est pas la stratégie des boîtes.
08:01C'est pas la stratégie. Alors ce que je trouve aussi intéressant dans ce mouvement de marché là
08:06et ces taux qui remontent et en fait le fait que l'économie réelle va pas mal du tout aux
08:14Etats-Unis,
08:14c'est assez net. Effectivement aux US, on voit bien l'histoire du broadening.
08:19C'est-à-dire que oui, il y a l'IA, ça on voit bien le thème. Par contre quand
08:24vous regardez
08:24le Russell 2000, il est à plus 18. Et donc on a bien ce sentiment que l'économie sous-jacente
08:31elle est mieux, beaucoup mieux que ce qu'elle n'était ces derniers moments, ce qu'on voit pas en
08:36Europe.
08:36C'est-à-dire qu'en Europe pour le moment, moi ce que je vois dans mes secteurs, c'est
08:41des sociétés
08:42qui sont effectivement, où on pense qu'il y a IA et ces sociétés, elles riraitent énormément,
08:47elles ont riraité beaucoup sur des chiffres qui étaient bons, donc il n'y a aucun doute là-dessus,
08:51mais elles ont beaucoup riraité. Et à l'inverse, alors effet Hormuz,
08:54effet guerre évidemment, dans un premier temps, coup de stress, mais même une fois
08:58qu'on a eu la publication des annuels, puis les publications des chiffres du premier trimestre,
09:04qui étaient déjà avec la guerre dedans, et puis des sociétés qui vous disent
09:08comment se passent les affaires en avril et en mai. Et bien même à ce moment-là,
09:14on a des sociétés qui directent, qui continuent de baisser alors que les earnings,
09:19les résultats continuent de progresser, ou en tout cas ne sont pas révisés en baisse.
09:23Et donc là, je trouve ça, c'est intéressant, c'est la grosse différence que je trouve
09:27entre l'Europe et les Etats-Unis, c'est que ce broadening qu'on voit clairement aux US,
09:31en Europe, on ne l'a pas, et on a peut-être effectivement là,
09:35à un moment où le marché peut-être va tourner du thème de l'IA vers autre chose,
09:40parce qu'il y a des IPO qui arrivent, et bien on pourra peut-être retrouver
09:44des choses intéressantes dans cette partie de marché.
09:46Pour finir sur la partie macro, et aller même jusqu'aux questions de Banque Centrale,
09:50c'est-à-dire que oui, la Fed va devoir, et Kevin Warch, va devoir dans un premier temps
09:55avoir une conversation sur les nécessités d'une, ou non, d'une hausse de taux.
09:59Je trouve qu'il y a des choses intéressantes, on a le 10 juin, on a Disclosure Day,
10:04le 12 juin, on a l'IPO de SpaceX, et le 17 juin, on a la Fed,
10:08donc on va avoir du Disclosure à gogo, et on va enfin découvrir M. Warch,
10:13tel qu'il est, et pas tel qu'on nous le raconte, et donc je pense que lui,
10:17il aura à cœur d'expliquer comment il est, comment il veut diriger cette Fed.
10:21On lui demandera de toute façon.
10:22Et on va lui demander très clairement, et je pense que justement,
10:26c'est pas du tout, personnellement, je pense que c'est pas du tout un pantin,
10:30et qu'au contraire, il aura à cœur de montrer qu'il n'en est pas un,
10:33et que l'indépendance de la Fed, qui est une des choses hyper importantes,
10:37qu'a très bien défendu Powell, il va montrer que lui aussi,
10:41il est là pour la défendre.
10:42Et puis, le board lui a bien préparé le terrain,
10:44il y a déjà un discours un peu au quiche qui s'installe, etc.
10:47Il peut, oui, vu les dissents.
10:48Et bien sûr, et donc pour lui, c'est plus facile d'arriver,
10:52effectivement, dans un contexte où, effectivement,
10:55Wilfried, je me tourne vers vous, dans un contexte où la Fed va devoir
10:57avoir cette conversation sur son prochain mouvement.
11:01Je rappelle, encore une fois, en début d'année,
11:03l'histoire de la Fed, c'était poursuivre la normalisation
11:07du réglage de politique monétaire,
11:09qui était encore, alors, en territoire restrictif,
11:11ou dans le haut de la fourchette du taux neutre, comme on dit.
11:14Mais il y avait encore cette marge de une, deux, trois, pourquoi pas,
11:18baisse de taux pour neutraliser la politique monétaire américaine.
11:22Cette histoire-là, elle a volé en éclats.
11:25En tout cas, elle est, effectivement, largement repoussée à l'heure actuelle.
11:30Ce qu'on va attendre, d'abord, de Kevin Walsh,
11:33avant de plonger véritablement dans tout ça,
11:36c'est de la clarification sur un certain nombre de points.
11:40Le premier point, c'est, effectivement, et on parle de sa communication,
11:44qu'est-ce qu'il veut déjà communiquer ?
11:46Il a beaucoup insisté sur le fait qu'il trouvait que la Fed
11:49communiquait beaucoup trop.
11:51et qu'en fait, l'indépendance, si on traduit ses propos,
11:54que l'indépendance de la Fed, c'est une indépendance
11:57non seulement vis-à-vis du pouvoir politique,
11:59mais également vis-à-vis des marchés.
12:01Et il ne déteste rien de tel que le fait d'avoir comme pression
12:09quelqu'un qui lui dise, les marchés price à 80% ou 90%.
12:13Il faut délivrer.
12:14Donc, maintenant, vous êtes obligé.
12:15Ça, il déteste ça.
12:16Et donc, la question, ça va être, effectivement, pour les marchés,
12:19comment j'intègre ce changement de communication.
12:20Jusqu'où ce changement de communication va ?
12:22Je rappelle qu'avant 1994, il n'y avait même pas de communiqué de la Fed.
12:26Non seulement il n'y avait pas de conférences de presse,
12:29il n'y avait même pas de communiqué.
12:30Donc, qu'est-ce qu'il va faire ?
12:32Le deuxième élément, c'est les indicateurs qui vont suivre.
12:37C'est-à-dire que tout le monde, aujourd'hui, parle des indicateurs,
12:40corps PCE, que suivait Jérôme Powell.
12:44Lui nous a dit, est-ce qu'il va continuer à voir ça,
12:46que lui ne souhaite pas continuer à travailler sur leur corps PCE.
12:50Il souhaite travailler sur des indicateurs beaucoup plus avancés
12:53que ce qu'il considère comme un indicateur retardé.
12:55Et il a parlé, en particulier, d'un indicateur qui est calculé par la Fed d'Atlanta,
12:59qui s'appelle le Trimed Mean Inflation.
13:01Trimed Mean Inflation, si je traduis un peu à l'arrache,
13:04ça doit être un truc du genre inflation, signal, recalibré.
13:08Oui, on tronque.
13:09Voilà.
13:09Tout ce qui est un peu trop chaud, tout ce qui est un peu trop froid, on enlève.
13:12Pour définir une tendance.
13:13Pas juste le contrôle alimentaire.
13:15De cette tendance-là, aujourd'hui, le cœur PCE est à 3,2.
13:20Le cœur Trimed Mean Inflation, il a 2,3.
13:23Auquel cas, ce n'est pas un sujet aujourd'hui.
13:25Auquel cas, il n'a pas du tout la pression pour changer.
13:27Ça, ça va être le deuxième point.
13:28Et le troisième point, c'est est-ce qu'il va continuer à être aussi virulent
13:32sur la partie bilan ?
13:33On sait qu'on a un sujet sur la partie longue de la courbe.
13:37Là, aujourd'hui, ce qui monte, c'est la partie courbe de la courbe.
13:40Un peu moins la partie longue.
13:41Il a dit qu'il voulait baisser le bilan.
13:43Baisser le bilan, ça veut dire faire remonter, toutes choses égales par ailleurs,
13:46la partie longue de la courbe.
13:47Est-ce qu'il est prêt à le faire et à quel prix ?
13:49Est-ce qu'il est prêt à payer un prix récessif, un prix de marché plus important ?
13:53Dans un contexte où, et Grégoire, vous êtes un observateur depuis longtemps,
13:58même si vous êtes encore très jeune, des marchés financiers,
14:00vous savez comme moi que depuis une trentaine d'années,
14:04lorsqu'un président de la Fed ou une présidente de la Fed prend son poste,
14:08ça ne se passe jamais bien dans les deux premiers mois de son mandat.
14:11À chaque fois, les marchés réagissent mal.
14:14Ils réagissent mal, à chaque fois.
14:15Pour Poet, ils ont mal réagi.
14:17Pour Ben Anki, ils ont mal réagi.
14:18Pour J. Yellen, ils ont mal réagi.
14:20Et donc, il va falloir suivre tout ça dans un contexte qu'on vient d'écrire macroéconomique.
14:25Il ne va pas tout changer d'un coup dès le 17 juin.
14:27C'est-à-dire que c'est un travail qui va mener le régime change, comme on dit.
14:31C'est quelque chose qui va se discuter, etc.
14:34Quel calendrier va-t-il nous donner ?
14:36Et est-ce qu'il est prêt ou pas à discuter ?
14:39Je n'en suis pas sûr.
14:40C'est-à-dire que dans toutes les communications qu'il a eu jusqu'à présent dans le cadre de
14:44sa nomination,
14:45il est apparu, je suis totalement d'accord avec Damien, extrêmement solide sur ses bases,
14:49mais d'une certaine rigidité.
14:52C'est-à-dire qu'en fait, c'est ce que je vais faire.
14:53Je vous dis que je vais le faire.
14:55Et croyez-moi, it will be enough.
14:58Donc, on va voir effectivement comment est-ce que tout ceci...
15:00Attention à changer les indicateurs.
15:01Je disais un papier d'un économiste de Bank of America, ex-Bank of America,
15:06éternariste sur le trimmin de Dallas.
15:08Effectivement, qui a la caractéristique technique, c'est que le trimmin,
15:12ils enlèvent un peu plus de la partie chaude que de la partie froide.
15:16Donc, si vous repondérez en équilibrant ce qui est enlevé du haut et ce qui est enlevé du bas,
15:21on est un peu plus élevé que les 2,3, c'est ça qui sont affichés.
15:24Donc, attention à ce que vous voulez.
15:25En changeant le thermomètre, on peut triturer les choses à l'infini.
15:29D'autant que le thermomètre qui était utilisé jusque-là,
15:32où on aimait bien regarder, c'est un truc que j'aime bien regarder aussi,
15:35c'est le corps vraiment service, pur service.
15:38C'est-à-dire, je retire les loyers et compagnie.
15:41Et là, il est quand même un peu haut et il a réaccéléré un peu quand même.
15:45Donc, effectivement, là, on est un peu sur le grand écart.
15:47Sachant que j'imagine que vous avez connu à minima le staff de la Fed
15:50regarde l'ensemble des batteries d'indicateurs qui sont disponibles.
15:55Bon, on verra.
15:57En attendant, quand même, le marché semble plaider pour l'idée de hausse de taux.
16:02Et ça se voit notamment à travers des taux réels
16:04qui passent à nouveau au-delà des 2% aux Etats-Unis.
16:08Damien, ça nous ramène un peu à la pression que ça peut mettre sur les marchés actions.
16:13Est-ce que le marché actions ne peut plus ignorer, effectivement,
16:16ce niveau de taux réel aujourd'hui aux Etats-Unis ?
16:19Pas du tout les break-even qui font peur, là, pas du tout.
16:22En tout cas, le marché n'a pas peur, à ce moment-ci, de l'inflation,
16:25puisqu'on est sur 2,40 sur les break-even.
16:28Donc, ce n'est pas le stress particulier.
16:31Il n'y a pas d'inflation, il n'y a pas d'inflation.
16:32Encore une fois, c'est plutôt l'amélioration de l'économie sous-jacente, pour moi,
16:37qui explique que c'est le taux réel qui réaccélère.
16:40Et c'est là qu'effectivement, il faut voir jusqu'où ça va.
16:44Et donc, ça plaide pour une rotation, alors ?
16:46Moi, je pense que ça devrait aider à une rotation.
16:49Et encore une fois, ça arrive pile-poil au moment où on a l'afflux.
16:54Les infos qui changent.
16:56Il n'y a que jamais, en tout cas.
16:57Oui, et puis les infos qui changent.
16:58C'est-à-dire qu'un alphabète qui vient lever du capital sur le marché,
17:03pour moi, c'est un signal intéressant à suivre.
17:06Il faut se poser plein de questions.
17:08On a vu que c'est des gens qui avaient énormément de free cash flow.
17:10où les gens, ils rendaient 55 milliards par an.
17:16Donc là, on passe d'une société qui rendait 55 milliards par an,
17:20à j'investis énormément, je mets de la dette pour investir.
17:24Bon, j'ai quand même besoin de lever de l'équité aussi.
17:27C'est rien par rapport à la marque de cap.
17:29Non, mais par rapport à la marque de cap de la boîte.
17:31C'est ça.
17:33Moi, je me dis, ils se disent,
17:35bon, il va y avoir de l'aspirateur à capital dans pas longtemps.
17:40Allons tirer ce qu'on peut tirer maintenant.
17:42Et ça, c'est un changement quand même.
17:43Je trouve ça intéressant.
17:44Ils ont levé 100 milliards, je crois, alphabète Google,
17:46et une levée de renforcement des fonds propres à hauteur de 80-85 milliards.
17:50Il y a l'idée de préserver effectivement des ratios
17:53pour rester concurrentiel dans cette guerre du capital.
17:57C'est ça, oui.
17:57C'est là, on est en plein dedans.
17:58Oui, oui.
17:59Bon, et ça annonce un pic ?
18:02Potentiellement.
18:03Allez, on se mouille.
18:05En tout cas, j'ai lu mon cher camarade en face dans les échos,
18:12c'était il y a deux ou trois jours.
18:13Ah mince, j'ai raté ce papier de papier.
18:15Et il me semble qu'on était sur la même vue.
18:19C'est effectivement, il y a un afflux là très important.
18:22Spacix étant un objet assez spécial quand même.
18:27On parle quand même de la plus grosse levée de fonds ever.
18:30Le plus gros avant, c'était quand même Aramco, c'était 29.
18:34Là, on parle de 75 sans la green shoe.
18:37On peut imaginer que ce sera plutôt les 85 dont on parle.
18:40Voilà, c'est gigantesque.
18:41Et ce n'est pas le seul.
18:43Parce que, un, il y a Alphabète.
18:45Deux, il y a Anthropique.
18:46Et il y aura Opelnerie.
18:47Et Opelnerie.
18:48Ça fait beaucoup.
18:49Ça fait quatre gros.
18:50On ne va pas parler des quatre cavaliers de l'Apocalypse quand même.
18:53Parce qu'ils étaient quatre.
18:55Il y a une vraie première question de quantité.
18:59Quantité importante.
18:59Alors, moi, je me suis fait un petit calcul.
19:01Je me suis dit, bon, qu'est-ce que les marchés américains rendent tous les ans ?
19:04Donc, le S&P 500.
19:06Il y a un trilliard de buyback.
19:10Et il y a 650 à peu près de dividendes qui sont rendus.
19:13Donc, 1,650, visé par dose, 140 par mois qui sont rendus au marché.
19:18Et là, on fait l'addition.
19:20Donc, on a dit les 80 de...
19:22On est à 250, là, facilement.
19:23Oui, ça ne va pas être loin, entre 250 et 300.
19:26Oui, c'est ça, OK.
19:26Allez, on se met à 280.
19:27Ça fait deux mois de retour.
19:30Oui, voilà, à réinvestir, quoi.
19:32C'est un sixième, quand même, du cash.
19:35Mais ce n'est pas neutre.
19:35Ce n'est pas neutre du tout.
19:36Oui, voilà.
19:37Mais c'est très concentré sur des grosses opérations.
19:40On a levé, je crois, aux États-Unis, le levée de capitaux à fin avril,
19:43c'était 200 milliards, je crois, pour donner un ordre d'idée.
19:45Donc, effectivement, en quelques opérations,
19:47on va faire ce qu'on fait en 3-4 mois, effectivement,
19:49sur le marché américain.
19:51Donc, pardonnez-moi, Wilfried,
19:55mais je vais me rattraper ce week-end en lisant.
19:57Dès que je sors de ce studio, je lis votre papier dans les échos cette semaine.
20:01Mais la question est temps.
20:02Donc, pique et aille, pourquoi, quand et comment ?
20:06Voilà.
20:07En fait, la question, évidemment,
20:11la question de fond, c'est, effectivement,
20:13quand est-ce qu'on va avoir le pique et aille ?
20:15Moi, ce qui m'intéresse, c'est, effectivement,
20:16à la fois de faire le lien avec la macro...
20:18On parle du pique boursier.
20:19Oui, du pique boursier.
20:19Mais justement, en fait, jusqu'à présent,
20:22il y a encore quelques semaines,
20:25on disait, l'élément moteur de la croissance américaine,
20:29ce sont les investissements.
20:30Et, d'une certaine manière, les marchés reflétaient ça.
20:33C'est-à-dire que tout ce qui était gourmand en CAPEX,
20:35donc tout ce qui faisait l'investissement,
20:37donc la croissance des États-Unis,
20:39se voyait dans les performances boursières.
20:43Ce qu'on voit avec l'amélioration,
20:44que Damien a parfaitement décrite,
20:48ce qu'on voit avec l'amélioration de la macro-américaine,
20:51c'est potentiellement une amélioration de la consommation américaine.
20:55Et donc, on va peut-être passer progressivement,
20:57après, il faut voir la vitesse à laquelle on va le faire,
21:00mais d'un prisme sur les valeurs d'investissement,
21:03des valeurs qui investissent de plus en plus,
21:05donc les valeurs IA,
21:06à un prisme sur les valeurs de consommation.
21:08Et on voit depuis quelques jours,
21:11on voit que ces valeurs de consommation,
21:13que ce soit la consommation discrétionnaire,
21:14la consommation de base,
21:16commencent à se stabiliser,
21:17voire à reprendre un petit peu du poil de la bête.
21:21Ça, ça me paraît effectivement intéressant.
21:23Et après, quel va être effectivement le signal en termes d'opérations boursières
21:29qui peut signaler le fait que là, vraiment, on est arrivé au bout ?
21:32Est-ce que ce sera SpaceX ?
21:34Pour moi, ça reste quand même extrêmement spécifique,
21:36même s'il y a des caractéristiques qu'on a lues également
21:39dans cet excellent journal,
21:41sur l'opération boursière,
21:42qui pose quand même beaucoup de questions
21:43sur l'implication des particuliers américains,
21:47sur comment est-ce que je tord l'appartenance aux indices,
21:50en tout cas les calendriers pour s'assurer que la gestion passive
21:53devra acheter de plus en plus de SpaceX ?
21:56Bon, c'est déjà un élément...
21:57Avec une période de lock-up d'un an, je crois.
22:00Pour lui ?
22:01Oui, pour ceux qui sont déjà actionnaires.
22:03Oui, pour Elon.
22:05Mais qui rendent le marché un peu inconfortable, quand même,
22:09sur ces sujets-là.
22:11Après, le vrai sujet sur l'IA,
22:13le vrai événement que tout le monde attend, c'est Anthropique.
22:15C'est-à-dire que c'est l'événement sur lequel,
22:18je pense qu'il n'y a pas une gestion privée dans la place de Paris
22:20qui n'a pas eu des questions de clients en disant
22:22« Comment est-ce que je participe à l'IPE d'Anthropique ? »
22:24En tout cas, évidemment, tout le monde répond « Bah, écoutez, là... »
22:26Parce que depuis 3-6 mois, c'est eux qui ont le vent en poupe.
22:29Parce que c'est eux qui ont le vent en poupe.
22:30Depuis l'année dernière, quoi.
22:30Et qu'ils sont, aujourd'hui, semblent capables
22:35de coupler à leur performance technologique
22:37un début de performance financière.
22:40Toute la question, c'est effectivement
22:42est-ce que ça ne va pas être le moment
22:43où, en fait, ça y est, le marché va se normaliser
22:46et on va pouvoir passer à autre chose
22:49à partir de la fin de cette période de transition.
22:53La période de transition étant entre l'IPO de SpaceX
22:56et l'IPO d'Anthropique ou OpenAI.
22:59Et effectivement, on voit bien qu'on est arrivé
23:01au bout d'un certain momentum,
23:03que le momentum se renverse.
23:07On retrouve un peu des éléments, vous savez,
23:10en surface, tout est relativement calme.
23:13Quand vous regardez la volatilité des indices,
23:14elle n'est pas énorme.
23:15En revanche, toute la volatilité,
23:17toute la nervosité des marchés
23:19se voit secteur par secteur, action par action.
23:22Et là, effectivement, on voit des mouvements
23:23qui sont parfois très forts.
23:24Il y a de la nervosité, quand même.
23:25Il y a quand même beaucoup de nervosité
23:26et ça rend le travail des gérants extrêmement difficile.
23:29Moi, je vous rends hommage à tous les gérants
23:30de la place de Paris
23:31qui travaillent sur les sujets internationaux
23:34ou d'ailleurs les sujets européens
23:36et qui se prennent des vents tourbillonnants
23:40absolument démentiels.
23:41C'est très, très dur.
23:42Quand on se compare aux indices
23:44et tous les investisseurs comparent aux indices,
23:45de dire, regardez, les indices font tant.
23:47Vous, vous devriez faire ça.
23:50C'est quand même très, très difficile.
23:51Vous prenez un petit exemple de la semaine.
23:56Valeo, qui prend 40% en un mois,
23:5820% sur l'avant-dernière journée.
24:00Donc, ils ont fait des refroidisseurs
24:01pour Data Center ?
24:02Oui, mais c'est pas...
24:03Alors, très honnêtement,
24:04la réalité, c'est que c'est pas nouveau.
24:06C'est-à-dire qu'ils nous ont déjà parlé de ça
24:09il y a un moment.
24:10Ils ont eu un petit contrat
24:11sur du baie, de la batterie,
24:14du storage de batterie.
24:16Oui, du stockage.
24:17Du stockage.
24:17Ils l'ont déjà eu.
24:18C'est un petit contrat.
24:20Voilà.
24:20C'est connu.
24:21Ils en ont parlé dans un call
24:25avec des gens intéressants
24:27il y a une semaine et demie
24:30et d'un seul coup,
24:31d'un seul,
24:32c'est devenu le truc...
24:33Ça crante.
24:34Ça crante.
24:35Il y a, boum.
24:35Nouvelle valeur IA.
24:36Nouvelle valeur IA.
24:37Bon, eux-mêmes sont surpris.
24:39On rentre dans les paniers.
24:40Ça rentre dans les paniers.
24:42Exactement.
24:43Ça rentre dans les paniers.
24:44Il y a, pour certaines valeurs,
24:45comme l'automobile,
24:46c'est pour ça que je prends cet exemple,
24:48qui sont extrêmement shortées.
24:50Il y a un nombre de jours de short
24:52sur Valeo qui était très important.
24:54Là, vous avez le double effet qui se coule.
24:55C'est-à-dire que les gens s'y intéressent,
24:57ça chauffe,
24:58les shorts sont obligés de se racheter
25:00et là, on s'emballe.
25:02Mais vous qui connaissez bien l'industrie,
25:03justement,
25:04c'est sain ?
25:05C'est-à-dire,
25:07oui,
25:07une boîte comme Valeo
25:08va pouvoir pivoter,
25:10développer une partie de son business
25:12en étant connecté à la dynamique
25:14de l'IA à travers les data centers.
25:16Vous dites, là,
25:17on est purement dans un niveau de spéculation
25:20qui appelle à la vigilance.
25:22Alors, pour moi,
25:23c'est une...
25:25Les boîtes qui font...
25:25Elles font des adjacences,
25:26ce qu'on appelle des adjacences.
25:28Moi, ça me va très bien.
25:29Si elles ont une capacité industrielle
25:30à le faire,
25:31c'est le cas.
25:32Elles ont une capacité,
25:33je veux dire,
25:34d'innovation à le faire,
25:35c'est le cas.
25:36Ça n'entame pas le profil de Valeo ?
25:38Pas du tout.
25:38Le seul problème,
25:39c'est la valeur qu'on met
25:42sur l'incrément...
25:43Ça fait 20 milliards de chiffre d'affaires.
25:45On va voir combien le premier contrat sera,
25:47mais ça ne sera pas 20 milliards.
25:50Non.
25:51C'est exactement dans la même histoire
25:53que chez Flair.
25:54Donc, chez Flair,
25:55vous avez vu,
25:55ils ont un tout petit business
25:57pour le moment,
25:58évidemment,
25:58sur l'humanoïde.
26:00Ils font des actuateurs pour l'humanoïde.
26:02La valeur a pris 7 milliards d'euros
26:04de valorisation sur cette histoire-là.
26:06Parce que c'est la nouvelle frontière.
26:08L'IA physique, etc.
26:09Alors, cette année,
26:10si mes chiffres sont bons,
26:11ils vont faire maximum
26:1250 millions d'euros de chiffre d'affaires là-dessus.
26:14Et eux-mêmes pensent que
26:16le milliard n'est pas pour demain du tout.
26:18Donc, le marché va un peu vite en besogne.
26:20Énormément, énormément, énormément.
26:22Mais on joue le endgame tout de suite maintenant.
26:24Absolument.
26:25Dans le monde actuel,
26:26faites l'immédiateté.
26:28On n'attend pas que l'épreuve,
26:30à partir du moment où c'est annoncé,
26:31on joue la fin de l'histoire
26:32et puis on révisera au fur et à mesure.
26:33Faites le calcul sur SpaceX.
26:36Vous allez voir,
26:36vous jouez beaucoup de choses.
26:38Oui, d'un coup, oui.
26:39Pour une boîte pas rentable,
26:41on le rappelle.
26:42Il y a des choses extrêmement intéressantes dedans.
26:44Il faut le découper en trois.
26:45Starlink, etc.
26:46Starlink, c'est impressionnant.
26:47Les chiffres, très impressionnants.
26:49Mais la valeur que vous pouvez mettre là-dessus,
26:51si vous dérivez ce que doit valoir X et I
26:54en contrepartie,
26:56c'est très impressionnant.
26:58Notamment, quand on sait que,
26:59je ne sais pas si vous avez vu un peu,
27:02Anthropik achète
27:03pour 1,25 milliard par mois.
27:06Oui, oui, bien sûr.
27:07Ça fait 15 milliards par an
27:10avec une capacité de sortir de ce contrat
27:12sous 90 jours.
27:14Ah, alors ça, je ne l'avais pas, oui.
27:16D'accord.
27:17Bon, ça veut dire qu'en 90 jours...
27:18C'est ce qu'il dit à OpenAI, quoi.
27:19Quand Jensen Young dit
27:20« Non, mais c'était un engagement,
27:22mais aujourd'hui... »
27:23Voilà, on rentre dans ce genre de choses-là.
27:26Bien sûr.
27:26Vous avez un arbitrage qui peut être
27:28« Bon, si Anthropik est un gagnant,
27:30c'est génial,
27:31parce qu'ils vont continuer d'acheter du compute.
27:33Par contre, ça veut dire que X et I
27:35ne pourra pas gagner.
27:37Et inversement,
27:38si ça ne se passe pas bien
27:39et que c'est un autre,
27:40le contrat se termine.
27:41Je vous passe aussi
27:42les dizaines ou centaines de milliards
27:44de hors-bilan
27:44qu'on a désormais dans ces boîtes
27:46qui commencent à louer des data centers
27:48qui n'existent pas encore
27:49et qu'elles ne sont pas obligées
27:51de mettre au bilan,
27:51mais qui arriveront un jour
27:52au bilan des entreprises.
27:53Donc, c'est peut-être 200, 250 milliards
27:55à ajouter aux sommes de CAPEX
27:57déjà réelles pour l'année 2026.
28:00Et donc, PIKIA.
28:01Alors, vous êtes d'accord, là ?
28:03C'est une lapalissade de dire
28:04qu'on s'approche du PIKIA,
28:05plus ça monte,
28:06mais il est à...
28:07Chaque jour qui passe,
28:08nous en rapprochent.
28:09Oui, mais ça veut dire...
28:10Qu'est-ce que ça implique
28:11en termes de gestion ?
28:11En fait, moi,
28:12j'entends la même chose,
28:13c'est-à-dire qu'effectivement,
28:15il y a beaucoup de sociétés
28:16qui ont un tropisme,
28:17il y a...
28:17Moi, je parle des dérivés,
28:19toutes ces boîtes
28:19dans l'électrification, etc.
28:21Bien sûr.
28:21On est allé extrêmement vite
28:23valoriser des...
28:24Une fois...
28:25Des Legrand,
28:25des Schneider comme ça,
28:26vous trouvez que c'est...
28:27Alors, Legrand-Schneider...
28:29Ce ne sont pas les pires.
28:29Ce ne sont pas les pires du tout.
28:31D'accord.
28:31Mais on a vu des choses
28:34assez impressionnantes.
28:34Je parle dans les câbles
28:36prismillants.
28:37Oui, bien sûr.
28:37Bon, le CEO parle,
28:39il dit exactement la même chose
28:40que ce qu'il a dit
28:40dans le call une semaine avant,
28:42le titre prend 4 milliards
28:43de valeur dans la journée
28:44parce qu'il dit
28:44qu'il va acheter une boîte
28:46qui vaut 4 milliards.
28:47Donc, on crée 100% de valeur
28:49sur une acquisition.
28:50On va loin très vite.
28:52Et en fait,
28:53de ce coup-ci,
28:54ce n'est pas le sell-side,
28:55ce n'est pas les analystes
28:56qui mettent trop de choses
28:57dans leurs chiffres,
28:58c'est clairement le buy-side.
29:00Quand je discute
29:00avec les analystes,
29:02ils me disent...
29:03En fait,
29:03moi, j'ai parlé
29:04avec des gens
29:05qui me disent
29:05qu'en fait,
29:06je me trompe
29:06et les 600 millions d'euros
29:08des bides d'un
29:09dans la fibre optique
29:10va faire Prismian.
29:11Les gens me disent
29:11que je suis complètement
29:12à côté de la plaque.
29:13Ils vont faire un milliard.
29:14Sauf que pour faire ce milliard,
29:15il faut avoir investi
29:17beaucoup d'argent
29:18et que l'usine,
29:19elle sortira dans 3 ans.
29:21Donc, le marché s'emballe
29:22sur beaucoup de choses.
29:23Donc là, il faut...
29:24Effectivement...
29:24Les anticipations s'accélèrent,
29:26les calendriers, etc.
29:28Et on met le prix tout de suite.
29:29Le danger de l'IA,
29:30en fait,
29:31en bourse,
29:32c'est que,
29:33un peu comme
29:33quand on la voit fonctionner,
29:36il y a un côté pensée magique.
29:38Donc, il y a un côté
29:41monde merveilleux
29:43qui se déploie devant vos yeux
29:45en créant quelque chose
29:46qui n'existait pas avant.
29:47Alors qu'en fait,
29:48ce sont des éléments
29:49qui sont assez processés,
29:53qui permettent d'expliquer
29:54ce qui est en train de se passer.
29:55Mais en fait,
29:56comme on a beaucoup de mal
29:57à imaginer
29:58et à penser,
29:59en particulier,
30:00l'accélération
30:00de la vitesse de calcul,
30:02l'accélération
30:02de la vitesse de déploiement,
30:05effectivement,
30:05on se dit,
30:06et les acheteurs finaux
30:08se disent,
30:09ça va arriver tellement vite
30:11et une nouvelle fois,
30:12tous les analystes professionnels
30:14se trompent sur la vitesse.
30:16Sauf que c'est faire,
30:17effectivement,
30:19c'est aller extrêmement,
30:20c'est le cas de le dire,
30:20vite en besogne.
30:21Il y a une loi
30:21qui décrit
30:22qu'on surestime toujours
30:23le futur immédiat
30:26et qu'on sous-estime
30:26toujours le long terme.
30:27Voilà.
30:28Mais là,
30:31à un moment donné,
30:32on se heurte
30:33et c'est intéressant
30:33parce qu'à la fois
30:34avec cette hausse de taux
30:35dont on parlait tout à l'heure
30:36et avec les problématiques
30:39de construction de data centers,
30:41de construction de production
30:42dont Damien a parlé tout à l'heure,
30:45là,
30:45le monde physique
30:46rencontre le monde financier.
30:48Et en général,
30:49quand le monde financier
30:50se heurte au monde physique,
30:51c'est quand même,
30:51à un moment donné,
30:52le monde physique qui gagne.
30:54Voilà.
30:55Donc,
30:55nous,
30:56en tant que financier,
30:57on le regrette.
30:58Mais effectivement,
30:59il va falloir qu'il y ait
31:00une phase d'ajustement
31:01pour qu'on revienne
31:03avec des calculs
31:04sur lesquels
31:04tout le monde soit d'accord.
31:05Aujourd'hui,
31:06il y a un peu d'emballement
31:08et les différentes opérations
31:10qu'on voit se dérouler,
31:11dans la façon
31:12de les marketer,
31:15rappellent des périodes,
31:17on va dire,
31:18un petit peu d'euphorie
31:19sur lesquelles
31:20il faut effectivement faire attention.
31:21Une autre manière
31:21de décrire les choses,
31:22c'est qu'il faut bien comprendre
31:23que toutes les augmentations
31:24de CAPEX
31:25qui ont été annoncées
31:25à l'occasion des résultats
31:26du premier trimestre,
31:27parce qu'on était parti
31:28sur l'année pour 600,
31:29700 et maintenant,
31:30on a quoi ?
31:30900,
31:30c'est ça ?
31:31Sur l'année à peu près ?
31:32Sur le datacenter ?
31:34Oui,
31:34les CAPEX
31:35des IPR-Skader.
31:36Autour 750 autour,
31:37pour le moment.
31:38Par contre,
31:39Jensen dit
31:40un trilliard l'année prochaine.
31:42Et 1,5
31:432028,
31:44c'est ça.
31:44Et 2030
31:45entre 3 et 4.
31:45Oui,
31:46c'est ça.
31:47Toutes ces augmentations,
31:48elles sont liées aujourd'hui
31:49à l'inflation,
31:50à la hausse des prix.
31:52Ce n'est pas qu'on va construire
31:53plus de datacenters
31:54de ce que je comprends ?
31:55D'accord,
31:56il y a encore un effet volume alors.
31:57Ah oui !
31:58Parce que moi,
31:58quand je vois les prix des composants
32:00qui changent,
32:00qui varient de 50%
32:01chaque semaine,
32:03je me dis quand même
32:03ce qu'on a révisé
32:04sur 2026,
32:05c'est quand même
32:05essentiellement lié
32:06au coût et à l'inflation
32:07qu'on a des prix
32:08dans les composants.
32:09Ça,
32:09ce n'est pas encore
32:10pris en compte en fait.
32:10Non,
32:11je ne pense pas.
32:13C'est vraiment
32:13une histoire de volume.
32:14Et justement,
32:15c'est ce qui est plus gênant,
32:16c'est qu'une histoire de volume,
32:17il faut le mettre au sol.
32:18Ah bien sûr !
32:19Il faut des permis.
32:21Il faut aller contre les Etats
32:22qui sont en train de dire
32:23pas chez moi,
32:25etc.
32:26Donc,
32:28le risque qu'on a finalement,
32:29c'est que
32:30tous ces CAPEX
32:31annoncés,
32:33à un moment,
32:34les boîtes disent
32:34en fait,
32:35je n'ai pas dépensé ça
32:36et je ne vais pas dépenser ça
32:37parce que physiquement,
32:38ce n'est pas possible
32:39et que le marché se dise
32:40donc c'est en train de ralentir
32:41et donc on a vu le...
32:42Je n'ai pas les bras,
32:43je n'ai pas l'énergie,
32:44je n'ai pas la place,
32:44je n'ai pas le foncier.
32:45Effectivement,
32:45c'est une des théories
32:46que j'avais développée,
32:48c'est dans ce fameux article
32:49que vous allez...
32:51Très vite,
32:52très vite,
32:53c'est que
32:54l'augmentation de capital
32:55d'Alphabet,
32:57ça signale peut-être
32:59le fait que Alphabet
33:00se remet effectivement
33:02avec des ratios de bilan
33:03plus faciles à gérer
33:06mais ça peut signaler
33:07le fait que dans quelques mois,
33:08Alphabet va nous dire
33:09là maintenant c'est bon.
33:10J'ai fait le plein.
33:11J'ai fait le plein
33:12et donc je stabilise les choses
33:13parce que j'ai stabilisé
33:14à la fois mon bilan,
33:16mon cash flow,
33:16etc.
33:16et donc je passe
33:17à une autre phase
33:18où je n'accélère plus,
33:19je dois juste délivrer physiquement
33:20ce que j'ai promis.
33:23Vous disiez,
33:24Wilfried,
33:25anthropique,
33:26l'IPO,
33:26etc.
33:27Si c'est le moment paroxystique
33:28effectivement du thème
33:29boursier de l'IA,
33:30on pourra passer à autre chose.
33:31Ça veut dire quoi ?
33:32C'est quoi passer à autre chose ?
33:34Est-ce que c'est aller
33:35un peu plus loin dans le thème
33:36en voyant les entreprises
33:37qui profitent de l'IA,
33:39les logiciels ?
33:39Est-ce que c'est le moment
33:40déjà d'ailleurs
33:41de commencer à y réfléchir
33:42à nouveau ?
33:43Je pense que c'est deux éléments.
33:44À la fois,
33:45ceux dont la valorisation,
33:47les entreprises
33:47dont la valorisation
33:48ont été massacrées
33:51par des anticipations
33:53de destruction
33:53liées à l'intelligence artificielle
33:55qui sont peut-être
33:56allées assez vite en besogne,
33:58effectivement,
33:58dans le logiciel
33:59ou dans les services
34:02aux entreprises.
34:04On s'est dit finalement
34:04tout le consulting,
34:05tout ça, c'est fini.
34:06Là, on va probablement
34:08re-rêter les perspectives.
34:10En tout cas,
34:11juste dire
34:11s'ils nous disent
34:12qu'ils vont délivrer
34:14cette progression,
34:15peut-être qu'en fait,
34:16ils vont effectivement le faire.
34:17Ben oui.
34:17Et qu'en fait,
34:19pour l'instant,
34:19on ne les a pas cru,
34:20mais peut-être qu'effectivement,
34:21on doit les croire.
34:22Et parallèlement,
34:23changer carrément
34:24de thème de croissance.
34:26le marché cherche toujours
34:27des thèmes de croissance.
34:28Et par exemple,
34:29la croissance de la consommation
34:30aujourd'hui,
34:31j'y reviens,
34:31est quelque chose
34:32qui de nouveau intéresse,
34:34en particulier parce que
34:35aussi,
34:35les chiffres chinois
34:36étaient un peu meilleurs.
34:37Les derniers chiffres chinois
34:38montraient qu'il y avait
34:39un frémissement.
34:40Ça fait tellement longtemps
34:40qu'on l'attend,
34:41cette relance
34:42de la consommation chinoise.
34:44Et on a eu des chiffres
34:45sur les PMI services chinois,
34:47sur un certain nombre de choses
34:48qui montrent qu'il y a peut-être
34:50quelque chose
34:50qui est en train de se passer.
34:51On le voit sur les spiritueux,
34:52voilà,
34:52les spirituels qui montent.
34:54Grâce à Hormuz,
34:54ils sortent de la déflation.
34:56Exactement.
34:56Et donc,
34:56on voit qu'effectivement,
34:58on pourrait avoir
34:58non seulement,
35:00effectivement...
35:00Mais des poches de consommation,
35:02de zones de consommation
35:03dans le monde,
35:03comme ça,
35:03qui pourraient venir tirer
35:04d'autres thématiques.
35:06Exactement.
35:06Et puis,
35:07une nouvelle fois,
35:08je pense qu'on sera surpris
35:08par de nouvelles thématiques
35:10qui vont émerger
35:12et sur lesquelles on va se dire
35:13mais oui,
35:13mais c'est bien sûr
35:14et qu'on ne les a pas encore
35:15identifiées.
35:16Mais ça,
35:16effectivement,
35:16on va avoir à la fois
35:17dans la thématique
35:19des révolutions technologiques,
35:21les gagnants,
35:21les perdants,
35:22ça va peut-être un petit peu
35:23être configuré
35:24et de l'autre côté,
35:26des moteurs
35:26qui n'existaient pas
35:27qui vont peut-être
35:28de nouveau
35:31se réveiller.
35:32Un peu comme
35:32le condo.
35:33À quoi il faut se préparer,
35:34effectivement,
35:34et dans quelle mesure
35:35il faut déjà mettre en ordre
35:36d'ailleurs les portefeuilles
35:37pour se préparer
35:38à ces opportunités
35:39qui finiront par payer.
35:40Le secteur des logiciels
35:41est un bon exemple
35:42parce que pendant des mois,
35:43on a parlé de
35:44Saspocalypse,
35:45de Sasmageddon
35:45et il y a eu
35:46un vrai Sasmageddon
35:47sur le marché
35:48avec un de-writing
35:50indiscriminé
35:51de tout le secteur
35:52des logiciels.
35:53Les choses ont un peu
35:54changé de nature,
35:56notamment depuis
35:57la crise d'Hormuz.
35:58Il y a une forme
35:59de coïncidence
35:59de ce point de vue-là
36:00mais c'est vrai
36:00qu'on a un rebond
36:01quand même
36:01du secteur des logiciels
36:03avec des sous-segments
36:04qui ont beaucoup plus
36:05rebondi que d'autres.
36:06C'est-à-dire,
36:07ce qui est intéressant
36:07dans le logiciel,
36:08c'est pour moi
36:08il n'y a aucun doute
36:09qu'il y a des parties
36:11du logiciel
36:12qui vont être
36:14sinon remplacées
36:15au moins...
36:16D'accord,
36:17disruptées.
36:17Oui,
36:18bougées un peu
36:19par les agents.
36:20C'est-à-dire que se fabriquer
36:20un agent
36:21qui va faire quelque chose
36:22qu'un de mes logiciels
36:23de simple,
36:24entre guillemets...
36:26Donc le marché
36:26n'a pas complètement
36:27eu de l'ordre...
36:27Non, par contre,
36:28aller massacrer
36:29des gens
36:30dont les logiciels
36:31sont, je veux dire,
36:33jusque sur le shop floor
36:34des entreprises,
36:36ça, je pense que
36:37c'est beaucoup plus compliqué
36:38de déplacer
36:39ces sociétés-là
36:40à court terme.
36:41Alors là,
36:42j'en suis ultra convaincu.
36:43C'est-à-dire que
36:44vous n'allez pas
36:44changer vos Siemens...
36:46Il n'y a pas un management
36:47de boîte industrielle
36:48qui vous dit
36:49qu'il va remplacer
36:49toute son architecture
36:51logicielle
36:52dans les 6 ou 12 mois
36:53qui arrivent ?
36:53Mais vous prenez
36:54un risque monstrueux.
36:56Ne serait-ce que
36:57parce qu'à cette heure-ci,
36:58je précise à cette heure-ci,
37:00l'IA fait encore
37:01des erreurs.
37:02Et trop.
37:03Trop pour ces boîtes-là.
37:04X% d'erreurs,
37:05c'est beaucoup trop
37:07pour des pièces
37:08qui doivent aller
37:08sur un A320,
37:10sur des pièces
37:10qui vont aller
37:11sur je ne sais quoi.
37:12Ce n'est pas possible.
37:13Il faut une qualité,
37:15un niveau...
37:15Vous n'allez pas
37:16prendre le risque
37:17de déplacer quelque chose
37:18qui fonctionne depuis 20 ans,
37:20qui s'est amélioré.
37:20Qui en plus bénéficie
37:22de l'AI ?
37:22Parce que ce n'est pas
37:23comme si Siemens...
37:24Ce n'est pas
37:25utiliser l'AI
37:26pour aller créer
37:27des choses en plus
37:28et apporter
37:29un service supplémentaire
37:30à ses clients.
37:32Ça, c'est déjà le cas.
37:33Donc, eux-mêmes
37:35ne sont pas...
37:36Ce ne sont pas
37:37les derniers de la classe
37:38et ils savent très bien
37:38que l'AI,
37:39c'est quelque chose
37:40qu'ils vont pouvoir
37:40vendre en plus
37:41à leurs clients.
37:41Donc, ils le font.
37:43Donc, c'est pour ça
37:44que je pense que le marché
37:45va se rendre compte de ça.
37:47Alors, vous avez vu,
37:48c'était la semaine dernière,
37:49je crois,
37:51quand Airbus a annoncé
37:52qu'ils allaient utiliser
37:53Mistral et AI.
37:54Bon, alors là,
37:55il y a eu un petit coup
37:56de stress.
37:56Dassault Systèmes
37:57s'est tout de suite
37:58cassé la figure.
37:59Siemens a suivi, etc.
38:00Parce que c'est
38:01de gros choix.
38:02Quand vous discutez
38:03avec Airbus,
38:04l'objectif n'est absolument
38:05pas ça.
38:06Dassault Systèmes ?
38:06Non, l'objectif,
38:07c'est de chercher
38:08avec les Mistral
38:09ce qu'on peut faire
38:09de bien en plus.
38:11Ce n'est pas du tout
38:12de remplacer des choses
38:13qui fonctionnent bien.
38:14On s'arrêtera là
38:15pour ce soir
38:16et pour cette semaine.
38:17Merci beaucoup, messieurs.
38:18Merci pour cette discussion.
38:19Damien Dierix,
38:20gérant et analyse
38:21chez ExxanaM
38:22et Wilfried Galland,
38:22directeur stratégiste
38:23chez Montpensier-Arbevel,
38:24étaient les invités
38:25de Planète Marché ce soir.
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