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Mercredi 25 février 2026, retrouvez Arthur Tondoux (CFA, Gérant Asset Allocation, ODDO BHF AM), Dorian Foulon (Stratégiste Junior, Cholet Dupont Oudart) et Xavier Chapon (Directeur de la gestion cotée et de la dette privée, Arkéa Asset Management) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:06Générique
00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:14Dorian Foulon est avec nous, stratégiste chez Cholet, Dupont, Houdard.
00:17Bonsoir Dorian.
00:18Bonsoir Grégoire.
00:18Ravi d'accueillir Arthur Tondoux également parmi nous ce soir,
00:21gérant allocataire chez Odo BHF Asset Management.
00:24Bonsoir et bienvenue Arthur.
00:25Bonsoir.
00:25Et Xavier Chapon nous accompagne également, le directeur de la gestion cotée de la dette privée chez Arkea Asset Management.
00:31Bonsoir Xavier.
00:32Bonsoir Grégoire.
00:33Oh, petit tour de table sur ce phénomène de rotation et des rotations au pluriel.
00:37Peut-être d'ailleurs Xavier, à la fois cette rotation sectorielle, on voit la tech baisser depuis le mois d
00:42'octobre,
00:43mais on voit quand même qu'il y a d'ailleurs plus de secteurs qui progressent depuis octobre que de
00:47secteurs qui baissent.
00:48Donc il y a bien ce mouvement de rotation sectorielle qui se met en place.
00:51On parle des matériaux, on parle de l'énergie, on parle de la consommation de base également,
00:57de l'industrie en général qui retrouve de l'intérêt visiblement auprès des investisseurs.
01:02Et puis une rotation géographique également.
01:04Là aussi, qui a commencé il y a plusieurs mois maintenant avec une surperformance du reste du monde en général
01:10par rapport aux actions américaines.
01:12Est-ce que vous êtes à l'aise avec ces mouvements ? Est-ce que c'est des mouvements qui
01:16ont encore du vent porteur pour se développer à travers l'année 2026 ?
01:20Ou est-ce qu'il y a déjà l'idée peut-être que cette rotation arrive à certaines limites ?
01:27Alors tout d'abord, il faut quand même rappeler 2025.
01:292025, les marchés ont été tirés par un certain nombre de valeurs, en particulier aux Etats-Unis, les valeurs de
01:34la tech,
01:35qui ont vraiment emmené le marché en territoire positif.
01:39Si on n'avait pas eu ce secteur-là, on aurait été dans une situation bien différente.
01:42Je pense qu'aujourd'hui, on est dans une configuration où la croissance commence vraiment à se matérialiser,
01:49que ce soit en Asie, en Europe et également aux Etats-Unis, avec des éléments évidemment négatifs,
01:55mais surtout sur des valeurs et sur des secteurs qui sont des secteurs, je dirais, de base dont on a
02:01absolument besoin.
02:02Donc on est, à mon sens, dans cette configuration-là.
02:04Donc moi, je suis plutôt favorable sur le fait de dire que c'est un mouvement qui va perdurer sur
02:11l'année 2026.
02:12On a besoin d'investissements.
02:15Ces investissements commencent à être mis en place, en particulier en Europe, avec l'Allemagne, qui va tirer un certain
02:20nombre de secteurs.
02:21Aux Etats-Unis, on est aussi dans cette mouvance-là.
02:24Et quant à l'Asie, on est...
02:26Alors l'Asie est tirée par certains secteurs de forte technologie et sur des secteurs de pointe.
02:32Donc c'est un petit peu différent et avec une hausse de marché qui pourrait presque se rapprocher des trois
02:39chiffres
02:39pour certains pays, au moins quand on regarde sur l'année dernière déjà.
02:45Donc on est dans cette situation-là.
02:47Donc moi, oui, je suis favorable au fait de dire que ça va continuer
02:50et qu'on n'est pas dans une situation de retournement rapide de cette envolée de ces secteurs.
02:57Oui, mais ça veut dire que c'est une rotation positive, c'est une rotation qui entretient ce qu'on
03:02appelle le bull market, Xavier.
03:04C'est ça, ce n'est pas une rotation qui pourrait augurer justement de la fin d'un mouvement haussier.
03:08Pour l'instant, non.
03:09Oui.
03:09Pour l'instant, non.
03:10On est... et on voit aussi, la liquidité est là.
03:13Elle est très importante, qu'elle soit sur le marché obligatoire comme sur les marchés d'action.
03:18On a des banques centrales qui sont favorables à ce mouvement-là, même si aujourd'hui, on voit la Banque
03:25Centrale Européenne qui maintient ses taux.
03:27Mais néanmoins, ce sont des niveaux qui sont quand même accommodants par rapport à la situation.
03:32On a une situation de l'emploi qui s'améliore, globalement.
03:35Donc oui, je pense que pour l'instant, on n'a pas d'élément précurseur à un retournement de ce
03:42marché.
03:43Chez OdoBHF, Arthur, est-ce que vous êtes à l'aise aussi avec cette rotation ou ces rotations qui se
03:50développent dans le marché ?
03:52Et puis, le pendant de cette rotation, c'est aussi ce qui se passe sur la tech.
03:56Je le disais, la tech baisse depuis octobre.
03:57Alors la tech, dans toutes ses dimensions, et tout le monde n'est pas forcément, j'allais dire, ne souffre
04:04pas forcément de la même manière.
04:06Il y a les fournisseurs d'infrastructures, de puces, de mémoires également, qui tiennent plutôt bien.
04:12Il y a la partie software, à l'inverse, évidemment, qui pour l'instant est au cœur du jeu de
04:16massacre.
04:18Quand on regarde cette partie de la rotation, la baisse de la tech, la question qu'on a envie de
04:22se poser, c'est est-ce que la tech doit encore souffrir ?
04:24Ou est-ce que la tech a déjà suffisamment souffert pour un investisseur ?
04:28Déjà, la rotation, elle paraît relativement en scène.
04:31C'est vrai qu'on était sur des niveaux de valorisation qui commençaient à être un peu stratosphériques pour certaines
04:36valeurs, pour certains secteurs.
04:38Donc, qu'il y ait une respiration, c'est absolument normal.
04:40Après, quand on regarde les chiffres de croissance US, d'un point de vue macro, ils sont sains.
04:46D'un point de vue entreprise, ils sont très bons.
04:48On le voit sur le Q4, trois quarts des boîtes font mieux que ce que prévoyait le consensus, de l
04:56'ordre de 10-11%.
04:57Et après, encore une fois, on a des secteurs qui rattrapent parce qu'en fait, on a un moteur de
05:03croissance qui est l'intelligence artificielle.
05:05Mais on a un squelette qui est physique et puis en fait, il y a toute la chaîne qui prend
05:08sa part du gâteau.
05:09Donc, l'énergie, toutes les infrastructures en général.
05:13Et donc, c'est normal aussi que ces secteurs-là en profitent et on commence à le voir.
05:16Et donc, cette rotation est vraiment relativement très saine.
05:20Et après, comme vous l'avez dit, il y a une dispersion énorme.
05:22C'est compliqué d'être stock picker en ce moment parce que quand on se trompe, on se trompe généralement
05:27très, très, très fort parce que finalement, les indices, ils sont au plus haut.
05:31Et sous la surface, on peut avoir des fonds.
05:34Vous êtes orienté tech sur le mauvais côté de la tech, vous faites un moins 20.
05:37Et donc, il faut pouvoir supporter ça.
05:40Est-ce que ça va continuer ?
05:41Ça, c'est la grande question.
05:43Est-ce que la tech a suffisamment souffert ou pas ?
05:45Alors, la tech, en général, moi, je dirais que c'est peut-être un moment où la respiration a été
05:51assez violente.
05:51La sous-performance aussi, d'un point de vue agrégé, les US ne se font en rien cette année.
05:57Tout le reste a quand même plutôt bien marché.
05:59On a un dérating qui a été assez puissant.
06:02Peut-être que c'est le moment de revenir sur les US et sur la tech US en particulier.
06:06Quand on regarde les sociétés, alors, c'est pareil, les softwares, ça n'a pas du tout fonctionné.
06:11Mais il y a plein de choses dans les softwares, dans les classifications MSCI.
06:15On voit Microsoft, ça vaut 23 fois les résultats.
06:18Sur les niveaux de croissance embarqués futurs, ça se traite sur les mêmes multiples que le S&P.
06:25Pour nous, c'est un moment où il faut revenir dessus, bien évidemment.
06:27Il faut remettre de la tech, il faut remettre des US.
06:31Après, bien évidemment, c'est à faire les arbitrages.
06:33Oui, c'est un jeu de pondération, c'est un jeu d'équilibre.
06:37Effectivement, mais vous dites qu'il y a peut-être quand même déjà des opportunités à saisir aujourd'hui dans
06:42cet univers-là.
06:43Absolument.
06:44Et donc là, les semis, les mémoires ont extrêmement bien performé parce qu'il y a des CAPEX qui surprennent
06:52à la hausse.
06:52Parce que c'est eux qui sont de l'autre côté du chéquier et puis qui récoltent tout.
06:57Maintenant, est-ce que ce pic de CAPEX est atteint ?
07:00Peut-être que maintenant, c'est le moment de rebasculer un petit peu les portefeuilles,
07:04prendre un peu de profit et se remettre sur ce qui maintenant embarque à une décote,
07:10pas forcément une décote, mais qui a embarqué sur les ratings.
07:12Je voyais que le secteur des semi-conducteurs, c'est une première depuis au moins 10 ans,
07:17se traite sur des multiples forward plus élevés que le secteur des logiciels.
07:22C'est plutôt d'ailleurs le secteur des logiciels qui est allé creuser et qui est passé sous la valorisation
07:28du secteur des semi-conducteurs.
07:30Ils sont du bon côté de l'histoire, au moins à court terme.
07:32Comme je le disais, ils ont du pricing power et ils mettent le prix qu'ils veulent.
07:36Notamment, on le voit sur les mémoires coréennes.
07:38En fait, tout le monde en veut, personne n'en a, donc ils mettent le prix qu'ils veulent.
07:41Et donc, les prix explosent.
07:42Et donc, ce qui fait qu'effectivement, tout ce secteur des composants en valo n'a pas forcément énormément bougé.
07:51Parce qu'il y a Nvidia qui est le mastodonte qui, lui, n'a rien fait, alors que les résultats
07:55sont supposés exploser.
07:56Donc, en termes de multiples de valorisation, ça a plutôt tendance à corriger.
08:01Mais le logiciel, effectivement, a sombré sur différents éléments et sur certaines inquiétudes.
08:08Est-ce que l'IA, finalement, sera assez disruptif pour finalement faire disparaître tout un pan de l'économique et
08:15le software ?
08:15Le software peut baisser aujourd'hui sur des communiqués de presse, des tweets, des annonces marketing de marché.
08:25Oui, ça montre bien, on est prêt à vendre sur n'importe quelle nouvelle.
08:29On parlait de Salesforce qui publie ce soir.
08:32Après, tout dépend du E qu'on met, mais sur les multiples de valorisation.
08:37On parle de 13-14 fois sur le E d'aujourd'hui.
08:39Ça ne sera peut-être pas le E de demain, mais c'est des niveaux de value, en fait.
08:43Alors qu'on parle de secteurs qui font des dépenses d'investissement, mais qui ont de la croissance future embarquée,
08:51quand même.
08:51Un Dassault Systèmes chez nous, qui est évidemment l'icône nationale du logiciel, et même mondiale, qui se situe vraiment
08:58dans la classe premium des logiciels,
09:00est revenu sur ces multiples de valorisation qui prévalaient au moment de l'introduction en bourse de Dassault Systèmes.
09:05Donc, ça montre la violence du mouvement de D-Rating.
09:08Comment vous vous situez par rapport à cette situation de marché d'Orient, chez Cholet, Dupont ou Dard ?
09:13On a l'impression qu'il y a à la fois un moment un peu tactique à gérer, et qu
09:18'il ne faut pas perdre de vue non plus de les fondamentaux,
09:20qui, si j'écoute vos deux confrères, sont plutôt porteurs.
09:24Alors moi, je vais avoir une vue un petit peu plus contrariante, du coup, j'ai ajouté un petit peu
09:27sur les softwares, déjà, pour commencer.
09:30Je pense que déjà, il ne faut pas oublier que les marchés anticipent, et anticipent à très long terme,
09:35et se disent, en gros, qu'est-ce qui drive les marchés ?
09:37C'est les bénéfices, ok, aujourd'hui, mais c'est aussi les bénéfices dans 5 ans, 10 ans, etc.
09:42Est-ce que les bénéfices vont être pérennes ?
09:45Le marché, aujourd'hui, et on a vu plusieurs études, qui peuvent être controversées,
09:49comme la Citrini Research, par exemple, que j'ai lue vraiment en profondeur.
09:54Et en fait, c'est un scénario, ce n'est pas le scénario de base, c'est un des scénarios.
09:59Mais en fait, clairement, c'est vrai que quand on lit ça, ça montre bien qu'il y a de
10:04la disruption tellement énorme
10:05que certains secteurs peuvent être amenés, ou valeurs, ou en tout cas typologies de secteurs,
10:09peuvent être amenés à disparaître, ou en tout cas à vraiment devoir remettre totalement en question son business model,
10:16et en perdant énormément de marge.
10:19Donc, des valeurs et des secteurs de software qui ont été valorisés très chèrement il y a certaines années,
10:26parce qu'il y avait cette ambition, ce potentiel élevé,
10:31aujourd'hui, si on perd totalement ce potentiel, ce potentiel de marge dans les prochaines,
10:35ça peut prendre 5, 10 ans, ça peut être assez long, mais si on enlève tout ça,
10:39clairement, il n'y a plus grand-chose derrière, je pense.
10:41Alors, c'est peut-être un avis un petit peu plus pessimiste.
10:44Et j'aimerais aussi parler de téléperformance, parce que c'est un exemple téléperformance
10:48qui a été impacté avant toutes les autres, parce que c'est vraiment le business qui était le plus facilement,
10:53l'interprétation la plus facile sur l'impact vraiment réel sur une entreprise.
10:58On avait le même débat quand elle valait 20 de PE, on avait le même débat quand elle valait 15
11:02de PE,
11:02quand elle valait 10 de PE.
11:04Aujourd'hui, c'est 4 fois les bénéfices, c'était les performances.
11:06Donc, il ne faut pas oublier quand même que la bourse peut être déjà irrationnelle,
11:10et même s'il y a des éléments derrière aujourd'hui, les valeurs,
11:16où on peut se dire, ah oui, mais c'est magnifique, elle a eu une croissance de bénéfices,
11:19oui, ok, mais la bourse peut continuer à avoir le long terme pendant un certain temps.
11:24Ça ne veut pas dire que ça va se concrétiser,
11:26mais ça veut dire que tant que la bourse, tant que les marchés se focalisent sur ça,
11:30ça peut durer.
11:31Et moi, je pense que ça peut durer un certain temps,
11:34et je pense qu'on n'est peut-être pas à la fin de cette...
11:37Il y a une vraie conviction pour vous, derrière le mouvement de dirating du software,
11:41qui paraît violent, peut-être parfois à la limite de la panique sur certaines séances,
11:48où on se demande effectivement si c'est pas...
11:50On vend d'abord et on réfléchit ensuite.
11:52Vous dites, il y a quand même sans doute dans le marché des gens qui réfléchissent à la situation,
11:57entre guillemets, et qu'il y a peut-être un vrai travail en profondeur de réévaluation des perspectives de ce
12:05secteur,
12:06pas sur un trimestre, parce que là, pour l'instant, les résultats n'ont pas bougé,
12:09mais sur plusieurs années peut-être.
12:10Alors, je ne dis pas que ça va forcément se faire, mais je dis que je comprends la prudence des
12:14marchés,
12:15et je comprends que la prudence des marchés puisse perdurer.
12:19Et le marché aussi, c'est assez volatile, on sait comme c'est.
12:22Quand un secteur, d'ailleurs, téléperformance a été le cas, avait beaucoup baissé, un petit peu rebondi,
12:26on se disait, ah, c'est peut-être la fin.
12:28Finalement, deuxième grosse jambe de baisse.
12:29Donc, on peut faire aussi un peu la même chose.
12:31Là, on se pose beaucoup de questions, tout le monde se dit que c'est peut-être le moment de
12:35revenir un peu sur le secteur,
12:36ce qui peut permettre au secteur de rebondir un petit peu.
12:40Et pourquoi ? Je ne dis pas que c'est forcément notre scénario,
12:42mais on pense qu'il y a quand même un risque probable qu'on ait derrière une deuxième jambe de
12:46baisse
12:46qui nous entraîne un petit peu plus loin.
12:49Pour revenir, juste pour dire un petit peu mon mot sur la rotation en général,
12:53et notamment des valeurs tech vers toute l'économie, la vieille économie,
12:57ça aussi, c'est un sujet, là, pour le coup, je partage plus ou moins les avis.
13:00On pense que ça va plus ou moins durer, parce qu'il y a quand même des gains de productivité
13:04qui, en effet, se diffusent, comme on l'a déjà dit, sur toutes ces valeurs-là.
13:07Et puis, je pense que c'est des valeurs qui permettent à la fois de se prémunir contre une bulle,
13:12et donc un éclatement de bulle sur les valeurs de l'IA, les pure players de l'IA,
13:16mais qui peuvent bénéficier aussi quand même de ce développement de l'IA.
13:20Et à la fois, c'est des valeurs qui ne craignent pas, justement, le risque de disruption.
13:26Donc, c'est des valeurs, on l'a déjà dit, c'est chimie, c'est toutes les valeurs de la
13:31vieille économie,
13:32c'est des valeurs aussi qui peuvent l'appeler la pioche,
13:36donc les Schneider, tout ce qui va, l'électricité, les utilities, tout ça.
13:41Ça va forcément bénéficier de tout cet engouement de l'IA, sans avoir les risques de bulle.
13:46On est quand même sur des valorisations relativement faibles par rapport à l'IA et la tech.
13:51Oui, c'est des parts importantes de leur business, vous citez Schneider, le grand ou autre,
13:54mais ce n'est pas tout leur business non plus.
13:55Oui, c'est ça, c'est ça.
13:56Donc, il y a quand même une part du business, il y a d'autres tendances, voilà.
14:01Et je pense que pour la tech, à mon avis, là, on a quand même une phase plus ou moins
14:06longue de crainte
14:08sur la tech, justement, sur l'IA, sur les softwares.
14:10Donc, comme je l'ai dit, les softwares, je pense que ça peut durer.
14:11Maintenant, sur la tech, pure player de l'IA, à mon avis, ça va finir par repartir,
14:16parce que quand on regarde quand même les bénéfices, et là, du coup, les bénéfices anticipés
14:19et l'impact que ça aura, justement, dans les 5-10 prochaines années, c'est tellement majeur,
14:24c'est tellement énorme que je pense que ça repartira.
14:26Et peut-être qu'on fera ou qu'on est en train de faire une bulle, là, on peut reparler
14:30de la bulle,
14:31là, on n'en parle plus, évidemment, parce qu'on a beaucoup corrigé,
14:33mais ça n'empêche pas qu'on reparte et qu'on aille continuer à gonfler cette fameuse bulle
14:37dont on parlait il y a 3-4 mois, et dont on ne parle plus du tout.
14:40Ça peut prendre des années, exactement.
14:41Si on reprend l'exemple par rapport aux années 2000, si on est en 97-98,
14:45ça peut prendre 2-3 ans, et l'accélération peut être tellement énorme
14:48qu'on peut doubler en 2 ans, en 1 an, je ne sais pas, peut-être pas 1 an, mais
14:512 ans.
14:52Donc, je pense que ça peut tout à fait repartir.
14:54C'est toujours comme ça, ça se passe toujours en plusieurs temps.
14:57Il y a toujours un phénomène d'euphorie sur les nouvelles technologies,
15:00et là, c'est quand même une nouvelle technologie assez révolutionnaire.
15:03Donc, il y a forcément cette période d'euphorie,
15:05il y a aussi la période de doute au sein de l'euphorie,
15:08qui dure plus ou moins longtemps, puis après, on repart un peu dans l'euphorie,
15:11et après, il y a quand même, forcément, au bout d'un moment, un éclatement de bulle,
15:13mais ça peut, encore une fois, prendre beaucoup d'années, un certain temps,
15:17et aujourd'hui, on pense, nous, que ce n'est pas encore pour tout de suite.
15:20On pense que l'IA va repartir.
15:22D'ailleurs, le développement de l'IA, ou de l'abus de l'IA,
15:25je ne sais pas comment il faut le dire, Xavier,
15:27il y a aussi l'idée que des pays sont en train d'acquérir une forme d'indépendance.
15:32Alors, c'est un sujet, en Europe, évidemment, dont on parle régulièrement,
15:37comment renforcer l'Europe sur le plan géopolitique, sur le plan économique,
15:40comment renforcer la souveraineté européenne,
15:43mais évidemment, c'est un sujet pour beaucoup d'autres pays dans le monde,
15:47à commencer par un pays comme la Chine.
15:50On a beaucoup parlé du fait que le marché chinois redevenait,
15:53ou était redevenu investissable,
15:55pour ceux, en tout cas, qui ont pensé qu'il ne l'était plus pendant quelques années.
15:58Mais, Xavier, ça s'est fondé notamment sur la capacité de la Chine
16:03à ne plus être seulement un rival technologique, mais un leader.
16:07Absolument, et on peut le voir aujourd'hui avec la technologie de la lithographie
16:11pour les semi-conducteurs,
16:12où nous avons enfin les Chinois qui sont en train d'acquérir
16:17cette technologie de l'extrême ultraviolet.
16:20Jusqu'à présent, ils avaient le deep ultraviolet,
16:22et encore pas complètement maîtrisé,
16:24mais avec Huawei, ils ont réussi à faire venir énormément d'ingénieurs,
16:29dont certains qui viennent d'ASML, évidemment.
16:32Et aujourd'hui, ils ont prouvé qu'ils avaient trouvé la méthode.
16:38Alors, c'est une chose extrêmement importante,
16:40parce que ça signifie que cette souveraineté,
16:42surtout cette indépendance par rapport justement à l'étranger,
16:45ils sont en train de l'acquérir.
16:47La question, c'est de savoir s'ils vont être capables de produire,
16:51et surtout de produire sans erreur,
16:53parce qu'évidemment, cette technique d'impression,
16:55elle est extrêmement précise.
16:58Et le reproduire, le savoir-faire, c'est une chose,
17:03le reproduire avec la fiabilité d'un ASML, ça prend des années.
17:06Ça prend des années.
17:07ASML, ils ont trouvé en 2001,
17:10mis en place plus de dix ans plus tard.
17:13Donc, je pense qu'on n'est pas dans le même ordre de temps,
17:16mais néanmoins, ça va prendre du temps pour eux.
17:18Là, ils ont un objectif de production,
17:19qui pour moi est pour 2028.
17:23C'est court, c'est très très court.
17:25Maintenant, c'est à l'échelle de la Chine.
17:28Ce n'est pas à l'échelle de Huawei.
17:30C'est vraiment un État qui prend cette décision-là.
17:32Donc, je pense qu'ils sont dans ce trend.
17:35Et puis, les Chinois sont toujours dans un temps très long.
17:38Donc, ils savent qu'ils sont sur le bon chemin
17:41pour devenir indépendants de l'étranger.
17:43Et c'est leur objectif, ça a toujours été leur objectif.
17:45Et vis-à-vis de Taïwan aussi, c'est intéressant,
17:49parce que dans cette configuration-là,
17:52oui, ils sont toujours intéressés politiquement,
17:56idéologiquement à prendre Taïwan.
17:58Mais à partir du moment où ils ont acquis cette compétence,
18:02cette technologie, le besoin est moins fort aussi.
18:05Donc, déjà, ça permet de stabiliser potentiellement un petit peu la zone.
18:09Mais ça veut dire, du point de vue de l'investisseur,
18:10on cherche toujours des stratégies ou des actifs
18:14qui permettent de se décorréler des marchés.
18:16Là, il y a un vrai découplage
18:18qui est en train de se mettre en place
18:20entre la puissance technologique chinoise
18:22et la puissance technologique occidentale dans son ensemble, Xavier.
18:25C'est-à-dire que oui, ça devient un bon marché de diversification,
18:28de décorrélation, il faut le prendre comme ça ?
18:29Si on peut investir sur la Chine
18:31et qu'on considère que ce n'est pas un pays non investissable,
18:34oui, je pense qu'ils sont aujourd'hui dans une situation
18:37où ils ont atteint un niveau de technologie vraiment élevé.
18:42Et même s'il y a aujourd'hui ASML
18:44qui est en train de développer de nouvelles technologies,
18:47c'est extrêmement important pour eux.
18:49C'est le seul moyen pour eux
18:50pour être vraiment dans la cour des grands.
18:52Ils ont acquis cette techno.
18:55Donc, oui, c'est un marché à regarder.
18:57Et pas que la Chine, d'ailleurs.
18:59Pas qu'en Chine, oui, je comprends.
19:01C'est un découplage qui va jusqu'où ?
19:03Parce que là, un des prochains temps forts
19:05de la grande vie politique mondiale,
19:07ça va être la rencontre de Donald Trump-Xi Jinping
19:08à la fin du mois de mars.
19:11Ce n'est pas tous les jours que ça arrive, Xavier.
19:13On va continuer à se faire des sourires,
19:15à se serrer la main le plus fort possible.
19:19Et derrière ça, la question, c'est toujours
19:21jusqu'où ces deux superpuissances
19:23peuvent-elles ou ont-elles envie de se découpler ?
19:27On a vu d'ailleurs qu'à travers la nouvelle donne tarifaire,
19:31la Chine continuait d'améliorer sa position commerciale
19:34par rapport aux États-Unis.
19:36Après, elle était à un niveau élevé.
19:37Partant d'un niveau qui était très dégradé, évidemment.
19:41Ça reste des ennemis, politiquement parlant,
19:44économiquement parlant.
19:46La Chine veut devenir la première puissance économique,
19:50première puissance militaire.
19:52Ça va continuer, quelles que soient les rencontres
19:55entre chaque président.
19:57Un qui partira peut-être dans moins longtemps,
20:00et un autre qui, en revanche, peut rester très très très longtemps.
20:03Oui.
20:04Bon.
20:06Ça reste quand même plus facile de lire l'économie américaine
20:08que l'économie chinoise.
20:10Enfin, c'est point d'interrogation.
20:11En tout cas, on a quand même plus de données.
20:14Alors, la question de la fiabilité des données,
20:16elle est partout aujourd'hui.
20:19On a beaucoup moins de données en provenance de Chine.
20:21On a toujours beaucoup en provenance des États-Unis,
20:22sans doute avec une qualité inférieure
20:24à celle qu'on pouvait avoir,
20:25notamment avant la période pandémique.
20:27Néanmoins, quelle lecture vous faites
20:29de l'économie américaine ?
20:31Toujours des signaux un peu divergents,
20:34un peu contradictoires,
20:35mais on a l'impression d'une croissance
20:37qui reste malgré tout soutenue,
20:39avec certes un affaiblissement du marché du travail,
20:42au point que l'économie américaine
20:44n'a peut-être pas créé d'emplois du tout en 2025.
20:47Parce qu'elle n'a peut-être pas besoin, finalement.
20:49On se rend compte que le point neutre
20:51de création d'emplois pour faire de la croissance,
20:54il n'est plus le même que maintenant.
20:55Donc, on voit effectivement ce marché de l'emploi
20:59qui se stabilise, qui crée moins d'emplois,
21:02le chômage qui remonte très légèrement,
21:03mais de toute façon, ça permet aussi
21:06de légitimer des baisses de taux de l'autre côté.
21:08Et donc, c'est là aussi, finalement,
21:09pas une si mauvaise nouvelle
21:10de voir cet emploi qui reprend un taux de chômage,
21:13qui remonte très légèrement.
21:15Et donc, les chiffres hors shutdown,
21:18bien sûr, ils sont fiables parce qu'ils tombent.
21:21Mais je fais le lien avec le chiffre de croissance
21:24qui est tombé il y a 10 jours maintenant.
21:26Vendredi, non ?
21:27Le jour de la décision de la Cour suprême.
21:29Le même jour, effectivement.
21:30C'est ça, qui a relégué le chiffre du PIB américain
21:33au second plan.
21:33Et donc, 1,4% avec un impact, justement,
21:38de ces dépenses gouvernementales
21:39qui viennent faire un chiffre un peu en deçà des attentes.
21:43Ça souscrit quasiment un point de croissance, pas loin.
21:45Un point de croissance, exactement.
21:47Et avec une conso qui tient, finalement.
21:49Donc, le consommateur, il est toujours là.
21:51Alors après, il y a le débat de...
21:52Oui, mais c'est que quelques consommateurs
21:54qui tirent la croissance.
21:55Oui, mais en attendant, la croissance est toujours là.
21:58L'inflation retangente vers là où elle doit aller.
22:02Alors après, on parle aussi de l'impact des tarifs
22:05qui, finalement, vont commencer à être derrière nous.
22:07Donc, cette convergence de l'inflation,
22:09on y croit toujours aussi.
22:11Et donc, tout l'un dans l'autre,
22:12tous ces chiffres macroéconomiques font
22:14que l'économie américaine paraît assez saine.
22:18Alors, Donald Trump le martèle à qui veut l'entendre.
22:21Mais finalement...
22:22Elle est plus que saine quand on écoute Donald Trump.
22:23Elle est exceptionnelle.
22:25Mais en tout cas, on est dans une configuration assez saine.
22:28Et puis, quand on regarde les résultats de nos entreprises,
22:30ça redescend jusque dans le résultat des boîtes.
22:33Pour vous, ce n'est pas une année
22:34où le principal risque est un risque macro ?
22:37Non.
22:37Alors, si je dois trouver un risque,
22:40il est plus marché que macro.
22:41En fait, c'est un peu le serpent qui se mord la queue.
22:44Et donc, il peut devenir macro par le marché.
22:46Par le marché.
22:46C'est-à-dire qu'on a cette fameuse économie en cas.
22:51Donc, un consommateur qui a un effet richesse
22:54c'est très important.
22:55Et que s'il voit le marché baisser,
22:57s'il voit le bitcoin baisser,
22:58toutes ces valeurs de la tech
22:59qui est l'emportefeuille baisser,
23:01il ne voudra pas acheter une voiture.
23:02Et donc, en fait, c'est un peu dans le sens inverse
23:05qu'on le voit.
23:06Alors, ce n'est pas un risque.
23:08Ce n'est pas notre scénario principal.
23:09Mais il viendrait potentiellement
23:11de cet effet richesse
23:12qui redescendrait dans un consommateur
23:15qui aurait un impact sur l'économie.
23:17C'est plutôt comme ça que je le resituerais
23:20si jamais je devais identifier le risque principal.
23:24Il y a toujours un peu de drawdown
23:25dans les années d'élection de mi-mandat.
23:27J'ai vu...
23:27Ce n'est pas forcément des années négatives,
23:29mais il y a toujours un passage
23:31où il y a un drawdown
23:32entre 15 et 20%.
23:35Effectivement.
23:35Il y a aussi des incertitudes
23:36qui font qu'il y a peut-être aussi
23:38une chambre qui bascule de l'autre côté.
23:40Et avec des politiques qui vont changer,
23:42le marché n'aime pas l'incertitude,
23:44surtout sur des niveaux de valorisation élevés.
23:46Et donc, encore une fois,
23:47une correction,
23:47ce n'est pas forcément malsain une correction.
23:49Ça peut être aussi l'occasion
23:51de trouver des points d'entrée.
23:52Et de permettre à ceux
23:54qui n'étaient pas suffisamment dans le marché
23:56d'y entrer ou d'y revenir.
23:59Comment vous regardez l'économie américaine
24:01et par rapport à la situation des marchés,
24:05évidemment, Dorian,
24:07ce que je trouvais intéressant
24:08dans la journée de vendredi,
24:09c'est qu'on a évidemment
24:10cette invalidation de la Cour suprême,
24:13des tarifs Trump par la Cour suprême.
24:15On a tout de suite la réaction de Trump.
24:17Ça va être 10, puis 15, puis 10 en plus.
24:20Bon, bref,
24:21on s'attendait évidemment
24:22à ce qu'ils trouvent des alternatives.
24:24Ces équipes l'avaient déjà annoncé.
24:26Mais ce qui est intéressant,
24:27c'est que le marché n'a pas considéré
24:31que ce regain d'incertitude tarifaire
24:33méritait une nouvelle brique
24:36de primes de risque
24:37ou de primes de terme, par exemple,
24:38sur les obligations américaines.
24:41Exactement.
24:42Les obligations comme les actions, d'ailleurs.
24:44On a une réaction quand même plutôt positive,
24:46globalement.
24:48Moi, je pense qu'en effet,
24:49il y a quand même...
24:50On voit le positif
24:51de la décision de la Cour suprême.
24:54Pour les États-Unis,
24:55ce n'est pas forcément positif.
24:56C'est mitigé.
24:58Mais il y a aussi pas mal de négatifs.
25:00Pourquoi ?
25:00Parce que, premièrement,
25:02déjà, il va falloir rembourser
25:03une partie de ses droits de douane
25:04parce que la Cour suprême
25:05n'a pas statué,
25:06mais en gros,
25:07le résultat de ça,
25:08c'est que chaque entreprise
25:09devra justifier
25:12et aller...
25:13Enfin, pour se faire rembourser,
25:14en fait.
25:14Ça a commencé,
25:15FEDEX ou d'autres.
25:16Voilà, c'est exactement ça.
25:17Donc, les grosses entreprises,
25:17évidemment,
25:18vont faire les démarches.
25:20Donc, il faudra rembourser
25:21tout ce qui a été reçu.
25:23Et puis, les prochaines...
25:25Enfin, ce qui devait être reçu
25:26et ce qui ne sera plus reçu,
25:28on est passé de 17%
25:30à 14%, je crois,
25:32après cette décision.
25:33Donc, avec les 15%
25:34de taux global
25:35que Trump a imposé
25:36au monde entier.
25:38Ce qui fait que, donc,
25:39il y a quand même
25:39un manque à gagner.
25:40Et au niveau du budget américain,
25:42ça va se ressentir.
25:42Il faudra trouver une solution,
25:44il faudra compenser ça.
25:45D'autant que Trump voulait...
25:47Mais le marché n'a pas réagi
25:48comme si on s'était pris
25:49un point de déficit en plus
25:51l'aujourd'hui dernier, quoi.
25:53Non, le marché voit
25:54plutôt le côté positif.
25:55Il y a du positif, évidemment.
25:57Alors, on voit quand même que...
25:58C'est une max en moins
25:58pour le consommateur américain.
26:00Exactement.
26:01On voit quand même
26:01qu'il y a une divergence.
26:02Et bon, elle y était déjà.
26:03Donc, dire que c'est dû à ça,
26:05exactement, je ne sais pas.
26:06Mais on peut dire
26:07que ça a amplifié, en tout cas,
26:08la divergence entre l'Europe
26:09et les émergents
26:10et les États-Unis.
26:11En fait, on voit clairement
26:12que ça bénéficie à qui ?
26:14Principalement à l'Europe
26:14et aussi aux émergents.
26:16Donc, à l'Inde, énormément.
26:17À la Chine, à la Chine.
26:18Tous ceux qui avaient
26:18des droits de douane énormes
26:20et qui, aujourd'hui,
26:20bénéficient énormément de tout ça.
26:22Donc, ça va, à mon avis,
26:23déjà contribuer
26:24à renforcer un petit peu
26:25les divergences qu'on a
26:26et qu'on continue d'avoir
26:27entre les États-Unis
26:28et le reste du monde,
26:33les États-Unis.
26:34Les marchés ont vu
26:34plutôt le côté positif.
26:36Mais il y a quand même
26:37de l'incertitude.
26:37Ça ajoute de l'incertitude,
26:38évidemment.
26:40Trump a perdu aussi
26:41du pouvoir de négociation
26:42sur tous les deals.
26:44Les fameux deals
26:44qui, pour le moment,
26:45tiennent.
26:46Mais jusqu'à quand ?
26:46Parce qu'il n'a plus
26:47le pouvoir de négociation.
26:48La menace, c'est 15%.
26:49Ça ne peut plus être
26:50150% de tarifs.
26:51C'est ça.
26:52Donc, en fait,
26:53il a perdu totalement
26:54ce pouvoir de négociation.
26:56Donc, il ne reste plus grand-chose.
26:58Et ce qui, au début,
27:00faisait peur,
27:01donc ces droits de douane,
27:02cette forte hausse
27:03des droits de douane
27:03faisaient peur,
27:04finalement, ça a été vu
27:05comme plutôt positif.
27:06Et donc, là,
27:07il y a à nouveau une inversion,
27:08mais les marchés, pourtant,
27:09ne voient pas le négatif.
27:10Dans les deux cas,
27:11c'est positif.
27:12Voilà.
27:12C'est souvent le cas.
27:13Le marché voit le positif
27:14et ne veut pas voir le négatif.
27:16Jusqu'à quand ?
27:16Ils avaient ce qui sont
27:17d'éternels optimistes.
27:19Exactement ça.
27:20Bon, mais effectivement,
27:22une incertitude qui remonte,
27:23mais qui reste encadrée.
27:24C'est ce qu'on comprend
27:26quand même
27:26de cette décision
27:27de la Cour suprême.
27:29Sur la situation macro-américaine,
27:31Xavier,
27:32et puis,
27:33je veux bien qu'on redise
27:34un mot quand même
27:34des marchés de crédit
27:36et peut-être des différences
27:37entre le fonctionnement
27:40et l'exposition
27:41du marché américain
27:42du crédit privé
27:43et ce qu'on peut observer
27:45également en Europe.
27:46Oui, tout à fait.
27:47Alors, pour parler
27:47du crédit privé,
27:48il faut déjà avoir en tête
27:49que le marché américain
27:51est un marché des intermédiés.
27:5370% de la dette
27:55ne se situe pas
27:56dans les banques.
27:58Ça, c'est un point
27:59qui est extrêmement important.
28:00Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
28:01on est dans une configuration
28:02où on commence
28:03à avoir des défauts.
28:06On a quelques sociétés
28:07de gestion.
28:07On a parlé des premiers cafards
28:09il y a quelques mois.
28:10Et puis, on voit
28:10des sociétés de gestion
28:11effectivement aujourd'hui
28:12qui sont obligées
28:12de prendre des mesures
28:13pour gérer la liquidité
28:15demandée dans leur fond.
28:17Voilà,
28:17de bloquer un petit peu
28:18ces sorties
28:19pour pouvoir gérer aussi
28:21les ventes derrière.
28:22On a des problématiques
28:23de valorisation.
28:25On a des problématiques
28:26de situation financière
28:28de petites entreprises américaines
28:29qui commencent vraiment
28:30à poser problème
28:31et les défauts
28:32commencent à apparaître.
28:34Donc, 70% de ce marché
28:36se situe là.
28:37Potentiellement,
28:38il y a un risque
28:39de voir une transmission
28:41de ces défauts
28:43vers les banques
28:44et vers les institutionnels,
28:46les investisseurs institutionnels,
28:47parce qu'évidemment,
28:48ces sociétés se retournent.
28:49Il faut qu'ils vendent
28:50ces émissions
28:52à d'autres.
28:53Donc voilà,
28:54c'est un risque
28:54qui peut apparaître
28:55aux États-Unis.
28:56Pour l'instant,
28:57il n'est pas encore significatif,
28:59mais c'est à regarder de près
29:00et donc potentiellement
29:01un risque pour les banques.
29:03Voilà,
29:03ça, c'est la première chose.
29:05En zone euro,
29:06on n'est pas du tout
29:06dans cette situation-là.
29:08Premièrement,
29:08parce que le marché,
29:10oui,
29:10a connu une désintermédiation
29:12depuis un peu plus de 10 ans,
29:13depuis 2013-2014,
29:15mais on a quand même
29:16un marché qui est tenu
29:17par le marché bancaire
29:19et des entreprises
29:20qui n'ont pas
29:21les mêmes problématiques
29:22d'endettement.
29:23Il faut voir aussi
29:24que pour les États-Unis,
29:26on a les BDC
29:27qui font du levier aussi.
29:32Je rappelle,
29:32Business Development Company,
29:33il faut le dire d'un mot.
29:34Non,
29:35mais des véhicules,
29:36c'est l'exemple de Bluehole
29:37dont on parle
29:37depuis plusieurs jours
29:38et plusieurs semaines maintenant.
29:40On met des véhicules
29:42cotés à disposition
29:44des particuliers,
29:45du retail,
29:46qui leur permettent
29:46de s'exposer justement
29:47à ces marchés
29:48de crédit privé.
29:49Le crédit privé américain
29:50est très exposé,
29:51notamment au secteur
29:52de la tech
29:52et des servetoires.
29:53Très exposé
29:54et qui fait du levier.
29:55Et qui fait donc
29:56en plus du levier.
29:57Voilà,
29:57et c'est ça la problématique,
29:58c'est le levier.
29:59Heureusement,
30:00en Europe,
30:01il n'y a pas le levier.
30:03Voilà,
30:03mais c'est vrai
30:04qu'aujourd'hui en Europe,
30:05on est en train
30:05de développer
30:06un marché,
30:08on renalise.
30:10Mais on le fait
30:10à l'européenne.
30:11On le fait à l'européenne,
30:12donc oui,
30:13ça se tourne
30:14vers une clientèle privée
30:15à la fois sur la dette infra
30:17et sur la dette corpo,
30:18mais sans levier.
30:19Et ça,
30:20c'est la grande différence.
30:21Voilà.
30:21Et heureusement.
30:22Le levier,
30:23c'est généralement
30:24ce qui vous enterre
30:24dans une crise.
30:26Pour dire les choses.
30:27Pour demander à la crédit suisse.
30:28Pour dire les choses,
30:29simplement.
30:29Comment vous regardez
30:30ce risque de marché
30:32qui est très difficile,
30:33j'imagine,
30:33à quantifier,
30:34à maîtriser,
30:35à contrôler
30:36par nature.
30:37Mais ce qui se passe
30:38chez Bluehole,
30:39je suis désolé
30:39de les citer à chaque fois,
30:40mais c'est quand même
30:41eux qui sont aujourd'hui
30:41un peu dans le radar.
30:43C'est la vie normale
30:45d'un marché
30:46de crédit privé.
30:47Oui, tout le monde
30:48ne peut pas être
30:49successful tout le temps
30:50en permanence.
30:51Ou c'est le canard
30:53est dans la mine,
30:54pour reprendre la terminologie.
30:55C'est ce que disait
30:56Jamie Dimon aussi
30:58avant-hier.
30:58C'est-à-dire que chacun
30:59doit faire aussi son travail.
31:01Et puis l'analyse crédit
31:01doit correctement valoriser
31:03tout ce qu'il met
31:04dans un véhicule.
31:05Donc c'est ça
31:07la question maintenant.
31:08On voit de plus en plus
31:09de défauts.
31:11Est-ce que c'est
31:11un risque systémique
31:13qui se met en place ?
31:14Il faut surveiller.
31:15Je ne pense pas.
31:16Après, encore une fois,
31:17on ne le voit jamais venir
31:18quand ça arrive.
31:20Et pour revenir
31:22sur le sujet Blue Wall,
31:24ils ont quand même
31:25cédé leur participation
31:26à des assureurs
31:28et à des fonds de pension.
31:29Le rassureur, je précise.
31:31Oui, mais...
31:32Après, ils ne sont pas
31:33fous non plus.
31:34C'était avec quasiment
31:35zéro décote.
31:36Oui, oui.
31:36La qualité des actifs
31:38n'a pas été arrimée.
31:39Donc les sous-jacents
31:40avaient l'air sains.
31:41C'est vraiment plutôt
31:43le travers
31:44de notre industrie aussi.
31:45C'est qu'on promet
31:46des choses
31:46qu'on ne peut pas promettre.
31:47C'est-à-dire qu'on met
31:48de la liquidité
31:48sur des choses
31:49qui ne sont pas liquides.
31:49C'est une demande de liquidité
31:50un peu trop forte
31:51à un moment donné.
31:51C'est un actif qui est non liquide.
31:52Donc, encore une fois,
31:54bien sûr,
31:54si tout le monde veut
31:55racheter au même moment
31:56quelque chose
31:56qu'on ne peut pas vendre,
31:58ça fait un goulot
31:59de tranglement.
32:00Mais à ce stade,
32:01on ne peut pas en tirer
32:01la conclusion
32:02que la qualité des actifs
32:05s'est fortement dégradée.
32:07Le problème,
32:08c'est que les marchés
32:09cotés re-rate,
32:11ceux-là,
32:12ils re-rate jamais
32:13et donc en fait,
32:14ils re-rate quand
32:14ils font défaut.
32:15Et donc en fait,
32:16c'est un peu le problème.
32:17On ne sait pas
32:18tant que ça n'explose pas
32:19parce qu'on ne sait pas
32:20ce qu'il y a dedans.
32:21Donc, c'est un point
32:22de vigilance.
32:23Vraiment, ça c'est sûr.
32:25Mais est-ce qu'il y a lieu
32:26de s'alerter maintenant ?
32:28Il faut être vigilant.
32:29On n'observe pas
32:30de mouvements
32:31de contamination
32:32de ces marchés privés
32:33vers des marchés liquides
32:35ou cotés aujourd'hui ?
32:37Non, à ce stade non.
32:39Mais comme ça a été déjà dit,
32:42c'est difficile à anticiper
32:43de toute façon
32:43et on le voit généralement
32:45après coup en fait.
32:47Et Blue Wall,
32:48après pour le moment,
32:49c'est vrai que c'est encore
32:49assez limité.
32:53C'est une taille quand même
32:54assez petite.
32:54Je vois les cours de bourre,
32:55tous les Apollos,
32:56Kaker, etc.
32:57Ça baisse comme les softwares.
32:58Justement parce qu'on voit
33:01ce risque.
33:02Clairement, ils ont un risque
33:03puisqu'ils sont fortement
33:05corrélés à tous les softwares.
33:08Donc évidemment,
33:09c'est sûr que dans cette même optique
33:10de ce que je disais tout à l'heure,
33:12de vue du marché,
33:14de pardonner le moelle du terme
33:15et de tout mettre à la poubelle
33:16sur tout ce qui est software,
33:17ça paraît assez logique aussi.
33:19Donc ça paraît assez logique
33:20qu'on soit prudent sur ça.
33:22Maintenant, je pense qu'ils sont
33:23aussi au courant
33:24de ces risques-là.
33:25Donc ils vont peut-être
33:26mettre en place des choses
33:27pour justement éviter
33:28que ça arrive.
33:29Donc peut-être que le marché
33:30est juste trop prudent
33:32et peut-être qu'il y aura
33:33une petite contagion
33:34mais limitée.
33:35Et ça, c'est vrai
33:36que c'est encore difficile
33:37à le dire
33:37avec ce qu'on sait
33:38à l'heure actuelle.
33:39sur la contagion privée
33:42listée,
33:44Google émet un titre à 100 ans
33:46à 120 de spread,
33:47dix fois trop demandé.
33:49Il n'y a aucun problème.
33:50Les spreads n'ont jamais été aussi,
33:52très rarement été aussi serrés
33:53et il n'y a pas du tout
33:54de nervosité
33:55dans les marchés des spreads
33:56pour l'instant.
33:57Ils ont choisi le sterlin
33:58pour émettre ensemble.
33:58En sterlin.
33:59Bien remarqué.
34:00Ils ont émis quand même
34:0132 milliards de dollars en tout.
34:03C'est quand même fou.
34:05Et oui, ils ne s'entendent.
34:06Certains états ne peuvent pas
34:06se le permettre.
34:07Alors l'Autriche l'a fait
34:10il y a quelques années.
34:12Mais oui, mais tout à fait.
34:13C'est très bon du point de vue
34:14de la gestion des finances publiques
34:15pour l'Autriche
34:16qui a été un peu moins bon
34:17pour les porteurs du monde.
34:19Pour les porteurs du monde.
34:21On verra ce qu'il advient
34:22du 100 ans Google.
34:23Mais on m'a expliqué
34:24très doctement
34:25et techniquement hier
34:26qu'on n'avait pas du tout
34:26la même duration
34:27avec le 100 ans Google
34:28que celle qu'on avait
34:29avec le 100 ans autrichien
34:30qui était quasiment
34:31une duration de 99.
34:32Et là, il y a quand même
34:33un bon coupon.
34:35Donc la duration
34:35est plus proche
34:36d'un 30 ans
34:37que d'un 100 ans.
34:38C'est ce qu'on m'a expliqué.
34:39Oui, le coupon est à 675.
34:41C'est ça.
34:42Tiens, à propos de dette
34:43et de levier,
34:44un mot, il nous reste
34:45quelques minutes.
34:46Xavier, comment on
34:47l'oeuvrait de l'Europe ?
34:48Puisque c'est le sujet.
34:50Alors, chacun a de la dette
34:51à émettre, évidemment.
34:53Et donc ça,
34:54les programmes d'ailleurs
34:55sont en cours
34:55comme chaque début d'année.
34:59Mais est-ce qu'on a bien
35:00en tête,
35:01j'allais dire,
35:02que le financement
35:04de tous les défis
35:05qu'on a relevé
35:06va être quand même
35:07massif ?
35:08Est-ce que le marché
35:08est en tête ?
35:09Les marchés obligataires
35:10se sont quand même
35:11bien calmés
35:11ces derniers temps.
35:12Est-ce que ça veut dire
35:13qu'on a intégré
35:14tout ce qu'il a falloir
35:15financer devant nous
35:17pour les prochaines années ?
35:18Alors, intégrer,
35:19je ne pense pas.
35:20Parce que les besoins
35:21sont énormes.
35:22On le sait.
35:23On le voit avec la dette
35:23de l'Union européenne
35:25qui aujourd'hui
35:26fait 770 milliards.
35:28une taille d'émission
35:29pour l'année 2026
35:31qui va être de 160 milliards
35:33qui est au-dessus
35:34de ce que va émettre l'Espagne.
35:36Donc ça, c'est la commission
35:37en tant que telle,
35:38en tant qu'organisme émetteur.
35:40Voilà, c'est l'Union européenne.
35:41Oui, oui, tout à fait.
35:41Très clair.
35:43Et donc, une mutualisation
35:44de cette dette
35:45à travers tous les États
35:46et le PIB associé.
35:48Et parce que les besoins
35:49sont énormes
35:50en termes d'investissement,
35:51en termes d'aide.
35:52Le Parlement européen
35:53a validé
35:5490 milliards d'aides
35:57à l'Ukraine.
35:58Eh bien, c'est à travers
35:59cette émission
36:01qu'on va pouvoir
36:02financer l'Ukraine.
36:04On a évidemment
36:05NGEU
36:06qui a été utilisée.
36:08Il y a plus de 640 milliards
36:10qui ont déjà été émis
36:11et qui sont utilisés
36:12par les États.
36:13Et nous avons
36:14tous les États européens
36:15qui ont besoin
36:16de cette aide-là
36:16et qui la demandent.
36:18Nous avons la France,
36:19bien sûr.
36:20Nous avons l'Italie.
36:21Nous avons également
36:21la Pologne et la Hongrie
36:22et les Pays-Baltes
36:24qui sont des gros demandeurs.
36:26Donc oui,
36:26on a une mutualisation
36:27de cette dette,
36:28même si les Allemands
36:29n'aiment pas ce terme-là.
36:31Mais les Allemands,
36:31aujourd'hui,
36:32ont besoin d'émettre aussi.
36:33Ils ont un programme
36:34d'investissement
36:35qui est colossal.
36:36J'aime bien ce terme-là
36:37pour l'Allemagne.
36:38Ça leur va bien.
36:39Et donc,
36:39ces investissements
36:40en infra
36:41et en armement
36:42font que,
36:44en fait,
36:44ça les arrange
36:45que l'Union européenne
36:46puisse émettre par ailleurs
36:47parce qu'eux aussi,
36:48demain,
36:49vont en avoir besoin.
36:49Et cette réalité,
36:50elle va s'imposer
36:51comme une évidence.
36:52Elle va permettre,
36:53je vais dire,
36:53de transcender
36:54les réticences politiques
36:56qui arrivent toujours très vite
36:58quand on parle
36:58d'émissions communes
36:59en Europe,
37:00même si,
37:01ou dans des moments critiques,
37:03NGEU,
37:03pendant la période Covid,
37:04on est capable de faire.
37:06Mais ça reste des moments critiques.
37:07Ça reste des moments critiques.
37:09Je pense que,
37:09pour l'instant,
37:10les États ne sont pas encore,
37:11du moins,
37:11certains États ne sont pas encore
37:12prêts à cette mutualisation
37:14en tant que telle,
37:15du moins de le dire
37:16en tant que telle.
37:17Mais c'est le mouvement
37:18qu'on est en train de prendre.
37:20Et il faut quand même voir
37:21que la dette de l'Union Européenne,
37:23ça a plus de 40 ans.
37:24Et c'est seulement
37:25depuis 2020
37:26qu'on commence à avoir
37:27une vraie courbe des taux
37:28qui se prête
37:29sur l'Union Européenne.
37:30Donc,
37:30en fait,
37:31on le met en place.
37:32qui s'est mis en place
37:33pour cette dette commune européenne.
37:35Et puis,
37:35sa notation,
37:36triple A,
37:36deux A+,
37:37ça vaut encore quelque chose
37:38dans le monde actuel,
37:40même si on a beaucoup moins
37:41de triple A qu'auparavant.
37:43Là aussi,
37:43il y a un prochain rendez-vous,
37:4419 et 20 mars,
37:46sommet européen,
37:47qui est présenté
37:48comme un sommet important,
37:49évidemment,
37:50pour essayer de mettre
37:51sur la table
37:51des avancées
37:53pour l'œuvrer
37:53de l'Europe,
37:54comme je le disais.
37:55Il y a l'approche structurelle,
37:56on fait des réformes,
37:57on complète
37:58l'union des marchés de capitaux,
38:00de l'épargne
38:00et de l'investissement.
38:01Et puis,
38:01il y a l'approche budgétaire,
38:03les deux approches
38:04n'étant pas forcément
38:05exclusives l'une de l'autre.
38:06Donc,
38:07on verra ce qui ressort
38:08de ce sommet européen
38:09qui aura lieu
38:0919 et 20 mars prochains.
38:10Merci beaucoup,
38:11messieurs.
38:11Merci d'avoir été
38:12invités de Planète Marché
38:13ce soir.
38:13Xavier Chapon,
38:14Arquet Asset Management,
38:15Dorian Foulon,
38:16Cholet,
38:17Dupont,
38:17Houdard
38:17et Arthur Tondou,
38:19Odo,
38:19BHF Asset Management.
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