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  • il y a 5 minutes
Mercredi 25 mars 2026, retrouvez Damien Dierickx (Gérant et analyste, Exane AM), Christian Parisot (Président, Altaïr Economics) et Vincent Chaigneau (Directeur de la recherche, Generali Investments) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:03Générique
00:093 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Christian Parizeau est à nos côtés, économiste et président d'Altaïr Economics.
00:16Bonsoir Christian.
00:17Bonsoir.
00:18Vincent Chénieux nous accompagne, le directeur de la recherche de Generali Investments.
00:21Bonsoir Vincent.
00:22Bonsoir Kégoire.
00:23Et Damien Dierix est à nos côtés également, gérant et analyste chez Exan Asset Management.
00:28Bonsoir et bienvenue Damien.
00:29Bonsoir Kégoire.
00:29Merci beaucoup d'être avec nous, ravi de vous accueillir dans cette émission.
00:32Damien, vous avez le droit à la parole pour commencer.
00:35Et peut-être analyser un petit peu ces réactions de marché qu'on observe depuis le début de la semaine.
00:39Je ne sais pas si la séance de lundi a été une séance pivot avec un espoir de cesser le
00:46feu
00:47ou d'une perspective de cesser le feu qui se concrétise un peu plus aujourd'hui peut-être
00:51avec une proposition américaine en 15 points rejetée à ce stade par le régime iranien.
00:58Mais comme j'essaie de le dire en introduction, on sent quand même que le marché a envie de voir
01:03cette version un peu plus positive de l'histoire.
01:07Absolument, ce qui paraît assez logique.
01:09On a envie que tout ça s'améliore évidemment au plus vite.
01:12Est-ce que ça va se faire aussi vite que ça ?
01:14Ça m'étonnerait quand même parce que je pense que les Iraniens n'ont pas vraiment envie de faire plaisir
01:18à l'administration Trump.
01:22Les combats, enfin les frappes continuent allègrement j'allais dire.
01:26Alors évidemment ça baisse en intensité côté réponse iranienne tous les jours.
01:29Néanmoins c'est asymétrique.
01:31C'est-à-dire que même si les réponses sont beaucoup plus faibles,
01:36aller taper un réservoir au Koweït ce matin, aller taper encore un aéroport par-ci, un aéroport par-là,
01:43forcément ça met du stress encore et ça fait que toutes les choses restent complètement immobiles.
01:49Et malheureusement on a Hormuz qui reste fermé.
01:52Et évidemment c'est ça le nœud du problème pour les marchés et évidemment pour l'administration Trump
01:57puisque tant que vous étranglez la veine jugulaire, l'artère du commerce maritime mondial.
02:08En tout cas de l'énergie, une des parties de l'énergie,
02:12forcément vous vous empiétez sur la capacité des marchés à respirer demain.
02:19La réaction du marché lundi était quand même assez intéressante.
02:22Effectivement sous forme un peu de répétition générale de ce que pourrait être une réaction de marché
02:27si le conflit venait à entrer dans une vraie phase de désescalade matérielle.
02:34Néanmoins, est-ce qu'on peut imaginer encore une forme de rebond un peu en V comme on l'a
02:39vu à d'autres occasions ?
02:41Je pense notamment à Libération Day où on avait là aussi une menace très forte sur les tarifs,
02:48retirée une semaine après par Donald Trump et il y a un soulagement énorme.
02:52Tant et si bien que le rallye avait été un des rallies les plus spectaculaires pour rattraper un bear market
02:57à l'époque.
02:59Est-ce qu'on est dans ce genre de schéma ?
03:01Est-ce que le phénomène taco peut encore produire autant d'effets ?
03:05Ou est-ce qu'il y a quelque chose ? Est-ce qu'on a franchi des points un peu
03:09de non-retour j'allais dire dans cette crise en 4 semaines ?
03:12Moi ce que je pense depuis le début c'est que comme les objectifs de guerre des deux parties qui
03:20attaquent les rangs
03:21ne sont pas les mêmes, on a un problème.
03:23C'est-à-dire qu'à tout moment, et c'est un peu ce qu'on vient de voir là
03:26depuis le début de la semaine,
03:27à tout moment Trump peut dire mes objectifs de guerre sont atteints
03:30parce que les objectifs qu'il a signifiés le samedi matin 28 février,
03:34c'est très clair, c'est que je veux détruire tout le balistique,
03:37tout ce qui reste officiellement de ce que je n'ai pas encore cassé en juin,
03:40des 12 jours sur le nucléaire,
03:43et je veux casser leur navi, enfin leur marine,
03:46et je veux qu'ils ne puissent plus répondre.
03:49Et si par hasard les Iraniens pouvaient éliminer leur gouvernement,
03:58pourquoi pas, mais ce n'était pas son objectif de guerre.
04:01Ce qui est très différent des Israéliens qui ont eux, clairement, l'objectif d'éliminer
04:05et de remplacer le gouvernement iranien.
04:09Et donc une sortie des Etats-Unis du conflit ne signifie pas la fin du conflit,
04:12en plus la fin de la menace.
04:13Et puis surtout, si demain vous dites, bon, si Trump dit,
04:16bon c'est bon, j'ai atteint mes objectifs,
04:19qu'est-ce qui empêche l'Iran de continuer à perturber Hormuz et compagnie ?
04:24Donc c'est là où le marché n'est pas encore en capacité pour moi de reprendre le souffle complet,
04:28parce qu'on n'a pas de vision de comment ça peut sortir.
04:31Je vous rajoute à ça les histoires sur les Marines, sur la 82e aéroportée,
04:37bon, ça n'aide évidemment pas à se dire, bon, on a une sortie facile,
04:42ou plus ou moins facile en tout cas, de ce problème.
04:46Oui, le facteur temps, le facteur durée, effectivement,
04:49est un facteur clé dans cette analyse du conflit et de ses impacts.
04:54Est-ce qu'on a déjà franchi un certain nombre de points de non-retour ?
04:57Quand je dis points de non-retour, Christian, ça veut dire des points qui feront que,
05:01comme le disait Damien, la sortie du conflit ne sera pas évidente,
05:04et surtout qu'une sortie du conflit ne permettrait pas non plus
05:09de revenir rapidement à l'état antérieur des choses.
05:12Il y aurait quand même déjà des formes de séquelles un peu longues
05:15de ce qui se passe depuis quatre semaines dans le golfe.
05:17Alors, j'attends avec impatience des statistiques de l'EIA
05:21qui estiment justement les problèmes d'arrêt,
05:24d'arrêt de production liés à des problèmes d'organisation de l'infrastructure
05:28et pas seulement liés aux problèmes du transport.
05:30Parce que jusqu'à présent, on était dans l'idée,
05:32c'est juste un problème de transport.
05:34Tant qu'on était au début de la guerre,
05:36c'est le détroit d'Hormuz qui est bloqué,
05:38demain, on a une victoire tropienne,
05:40tout va bien, on débloque le détroit et on revient à la normale,
05:43donc il n'y a aucun problème.
05:44Maintenant, plus ça dure et plus on a des dégâts,
05:46plus on commence à mesurer des impacts qui seront durables.
05:50Et on l'a vu avec le Qatar qui a été très touché au niveau du gaz
05:53et on ne va pas repartir comme ça au niveau du Qatar.
05:55Maintenant, on le sait, on va avoir plusieurs mois
05:58qui vont être véritablement compliqués.
06:00On s'aperçoit aussi qu'il y a des vrais problèmes dans les raffineries,
06:03de liaisons aussi.
06:04On n'arrête pas un champ, on ne le remet pas en route du jour au lendemain,
06:07donc là, on compte en semaine.
06:09Et donc, aujourd'hui, il manque 5 millions de barils à peu près sur le marché
06:13et on pense qu'il y a à peu près 4 millions qui ne vont pas repartir.
06:16Même si je vous débloque demain le taux des Trois-Dormouze,
06:18il y aura à peu près 4 millions encore de manque.
06:21Il y a un million qui repartira, mais vous voyez que c'est très très peu.
06:24Donc, on n'est rien...
06:25Je rappelle le marché pétrolier,
06:26alors la consommation c'est autour de 105 millions de barils le jour.
06:29Voilà, autour de 100 millions.
06:30Et la production s'équilibre à quelques centaines de milliers de barils près.
06:34On est vraiment sur un équilibre toujours très tendu.
06:37En gros, voilà.
06:37Aujourd'hui, il faut qu'il y ait une baisse de la demande mondiale autour de 5%.
06:43Donc, ça veut dire, en gros, 30% de hausse de prix, je vous le fais à la louche,
06:47c'est à peu près 5% de moins de la demande mondiale.
06:50Donc, ça veut dire qu'on reste sur 30% de hausse.
06:52Donc, si après, je vous dis qu'on reste sur plusieurs semaines avec un déficit de 4 millions,
06:57alors on va dire que ça dépendra du temps qu'on remette tout ça en place,
06:59qu'on peut débloquer les stocks, au moins on aura cette visibilité-là.
07:03Mais aujourd'hui, les stocks, c'est à peu près 2 millions par jour qui arrivent sur le marché.
07:06Donc, il nous reste quand même 3 millions.
07:08Et donc, grosso modo, ça veut dire que les cours du pétrole ne peuvent, en aucun cas, si on est
07:13logique,
07:13revenir au niveau d'avant cette guerre.
07:16On sera forcément sur peut-être 10 dollars, 20 dollars de plus.
07:19Donc, c'est quand même important.
07:21Ça veut dire que même si on n'est pas sur des choses aussi effrayantes que 150 dollars, 120 dollars,
07:27qu'on a pu craindre à un moment donné,
07:28mais on restera quand même sur un Brent, déjà un écart WTI Brent qui va persister,
07:34qu'on pourrait peut-être dire autour de 10 dollars.
07:36Et derrière, on sera sur un pétrole qui sera peut-être 10 à 15 dollars plus cher.
07:41Donc, on est quand même sur un vrai choc économique, qu'on le veuille ou non,
07:45un choc de hausse des prix de l'énergie.
07:47Et ça, ça va avoir des répercussions.
07:48Et puis, naturellement, ce qu'on oublie, il ne faut pas oublier,
07:52c'est que le Moyen-Orient, c'est un consommateur.
07:55Ils ne font pas qu'exporter.
07:57Ils importent beaucoup.
07:58Et ça va beaucoup déstabiliser certains secteurs, le luxe, etc., qui sont très dépendants.
08:03C'est un problème pour le tourisme.
08:04Parce que même si vous dites que demain, tout est fini avec l'Iran,
08:07bon, il faudra voir.
08:08On ne peut plus survoler la Russie.
08:10On pourra, en doute moins, facilement survoler peut-être.
08:12Je ne vois pas le tourisme redémarrer.
08:14Il y a un petit temps de latence quand même.
08:16Et ça ne va pas redémarrer comme ça.
08:17Donc, il y a quand même des coûts économiques qui sont importants pour la région.
08:21Et puis, dernière chose quand même que je voulais mettre en avance,
08:23c'est aussi, on l'a vu, qu'est-ce qui pose problème aujourd'hui ?
08:27C'est qu'Iran a stocké énormément d'armes.
08:29Là, on a peut-être détruit les capacités.
08:31Ils ne peuvent plus produire de nouveaux missiles.
08:32OK.
08:33Il a peut-être réussi sa guerre là-dessus.
08:35Mais ce qu'on voit, c'est qu'il y a un pouvoir très décentralisé en Iran.
08:38Ils avaient prévu les choses.
08:39Ils ont donné beaucoup d'indépendance à leur armée.
08:41Et donc, ça sera très dur d'arrêter ce conflit.
08:43Parce qu'il faut que ça redescende, que toute la chaîne soit d'accord.
08:46Ils ont énormément de stocks qui ont été enterrés, accumulés de drones.
08:50Donc, ça veut dire que la menace, ça sera toujours présente.
08:53Et donc, ça, rien que ça, je ne vois pas du jour au lendemain exposer des navires,
08:58redémarrer le trafic comme si rien n'était, parce qu'on a, on négocie.
09:02Donc, il y aura quand même, tant qu'on n'a pas véritablement stabilisé la situation diplomatiquement,
09:07je ne vois pas les choses redémarrer.
09:08Donc, vous voyez que c'est, on s'achemine d'un quelque chose qui était simplement réglé en 24 heures,
09:13c'est un petit problème de transport, un vrai quelque chose qui dure.
09:16Et donc, avec un coût économique qui sera forcément beaucoup plus fort.
09:19Qu'est-ce que vous dites, Vincent, de ces effets de traîne, de ces séquelles
09:22qui vont sans doute perdurer pour plus longtemps que ce qu'on imaginait au départ,
09:27et la manière dont le marché l'intègre ?
09:30Est-ce que le marché est à des niveaux qui sont cohérents avec ces séquelles qu'on peut anticiper aujourd
09:37'hui ?
09:38Oui. Alors, je partage ce qui a été dit par Damien et Christian.
09:41Effectivement, pour avoir une reprise en V du marché, il faudrait véritablement un cessez-le-feu,
09:48et donc un accord entre les trois parties, pour que notamment le détroit de Hormuz soit réouvert.
09:56Et je dois dire qu'un cessez-le-feu, un accord, en termes de réaction de marché,
10:01est très différent à une situation dans laquelle les États-Unis disent
10:06« Ok, pour nous, le travail est fait, on peut se retourner, on a atteint nos objectifs. »
10:12Et là, effectivement, l'Iran voudra davantage pour totalement réouvrir le détroit.
10:18Donc, ce sont deux situations assez différentes.
10:21Bon, je dois dire que le marché ne price pas aujourd'hui un retour très rapide à la normale.
10:28Donc, si on avait ce cessez-le-feu et une réouverture assez importante,
10:32ce serait quand même une bonne surprise pour le marché.
10:34Parce que si on regarde les prix, les futurs sur le pétrole,
10:39on a ce qu'on appelle une « backwardation »,
10:41donc les prix plus tard cette année sont plus bas que le spot aujourd'hui.
10:46Mais ceci dit, le marché anticipe des prix autour de 80 dollars cet automne,
10:53ou en fin d'année.
10:54Donc, on n'est pas le retour sur les 60-70 dollars qu'on avait en début d'année.
10:58Sur ce marché du pétrole, on intègre déjà ces quels et ces effets de traite.
11:04Après, il faut voir où est-ce qu'on va se situer entre un accord et un retrait américain.
11:10Ce sont deux choses différentes.
11:12Après, je dois dire qu'au début de la guerre,
11:15le sentiment de marché, c'était que la situation est contrôlée par les Américains.
11:20Ce sont eux qui vont décider combien de temps la guerre va durer.
11:23Et a priori, ce sera assez court, puisqu'ils ont une élection qui arrive,
11:27et donc ils ne peuvent pas se permettre une guerre très longue.
11:30Le sentiment de marché a changé.
11:32Ce qu'on entend aujourd'hui, c'est un peu le contraire.
11:34C'est que l'Iran contrôle la situation.
11:36Ils ont le contrôle du détroit.
11:38Et donc, c'est eux qui, selon leurs termes, décident.
11:41Je pense que ni l'un ni l'autre n'est vrai.
11:44Je pense que l'Iran subit des dommages quand même considérables,
11:49aussi bien au niveau du pays que de la capacité économique.
11:52Et qu'en l'occurrence, les Américains peuvent encore augmenter,
11:55notamment économiquement.
11:57Parce qu'aujourd'hui, il y a quand même un flux qui circule,
12:00notamment de l'Iran vers la Chine.
12:02Bien sûr.
12:03Et un jour, les Américains peuvent dire...
12:04Stop.
12:05Bon, stop.
12:05Ça en arrête.
12:06On arrête aussi.
12:07Alors, ceci dit, ce sera aussi...
12:08C'est ce que disait Scott Bessent dimanche dans les médias américains.
12:12On fait du jiu-jitsu avec l'Iran.
12:15Donc, j'ai regardé ce que c'était que le jiu-jitsu.
12:17C'est l'art de la souplesse.
12:18Il y a un peu comme le côté du judo.
12:19On va renverser votre arme contre vous.
12:22L'arme du pétrole et du détroit, on peut aussi la renverser contre vous.
12:25Alors après, les Américains en faisant ça pourraient se tirer une balle dans pied
12:28parce qu'à court terme, si notamment on imaginait qu'il y avait des actions autour de l'île de
12:33Cargue,
12:33qui est le hub qui contrôle les exportations iraniennes,
12:37ça ferait fortement monter les prix.
12:39Et donc, les Américains ne sont probablement pas très à l'aise avec ça
12:42du fait du problème de pouvoir d'achat.
12:44Donc, c'est délicat également pour les Américains.
12:46Mais je pense qu'on n'est pas dans cette situation non plus où les Iraniens décideront de tout.
12:51Je pense qu'ils ont également intérêt à faire des concessions.
12:53Si je regarde ce qu'apparemment, aujourd'hui, ils mettent sur la table
12:58en termes de conditions pour eux pour un cessez-le-feu,
13:03alors évidemment, c'est loin des 15 points qui sont demandés par les Américains,
13:07il va falloir converger,
13:08mais ça ne me semble pas non plus complètement délirant.
13:11Ils demandent des engagements en termes de sécurité,
13:16c'est-à-dire qu'ils ne veulent pas être attaqués de nouveau dans trois mois,
13:18donc ils veulent des engagements fermes à ce niveau-là,
13:20et ils veulent des concessions économiques.
13:23Ça veut dire moins de sanctions,
13:25ou ça veut dire de l'argent pour réparer le pays,
13:29ou ça veut dire peut-être, effectivement, des droits sur le détroit,
13:33c'est-à-dire comme les cargos qui, aujourd'hui, payent 2 millions pour pouvoir passer,
13:37on pourrait instaurer ça comme étant une nouvelle source de revenus pour l'Iran.
13:41Donc ils voudront des concessions.
13:43Mais ce qui est mis sur la table, en tout cas,
13:46si ce qu'on nous dit aujourd'hui est vrai,
13:49ça ne paraît pas non plus complètement délirant,
13:50il y a de la place, à mon avis, quand même, pour une certaine convergence.
13:54Bon, on va suivre,
13:55c'est l'histoire des prochaines heures et des prochains jours.
13:59Une autre question, Damien, étant,
14:01comment est-ce que, on va parler des banques centrales,
14:02mais déjà, comment est-ce que les entreprises vont gérer ce choc de prix relatif ?
14:10Quand même, beaucoup de prix derrière le pétrole qui montent,
14:13tous les produits dérivés, distillés du pétrole,
14:15avec des chaînes de valeur qui restent quand même très imbriquées,
14:18un peu partout dans le monde, quoi qu'on en dise.
14:21Comment les entreprises, aujourd'hui, peuvent gérer ce choc de prix
14:25qui va quand même s'étaler forcément sur quelques mois, j'imagine ?
14:28Oui, alors, il y a, évidemment, moi, je pense tout de suite
14:31à ceux qui sont le plus impactés,
14:33parce que, moi, j'ai une spécialité de regarder l'industrie en général.
14:37Bon, c'est pas, le coût de l'énergie n'est pas démentiel dans le P&L,
14:42dans le compte de résultats de beaucoup de sociétés.
14:45Dans la valeur ajoutée.
14:46C'est 2-3%, ils peuvent gérer.
14:48On n'a pas exactement le même problème que ce qu'on a eu en 22,
14:51où là, le prix du gaz passe au plafond,
14:55mais beaucoup plus fort que ce qu'on a vu là,
14:56malgré l'impact sur Ras Lafanne.
14:58C'est du x3.
15:01Et l'impact sur le prix de l'électricité,
15:03qui, lui, est beaucoup plus utilisé que du pétrole classique,
15:07lui, il est très, très violent.
15:08Puisque, souvenez-vous, je vous prends le baise-l'eau de France,
15:12il passe de 50 à 300 euros le mégawatt-heure,
15:15parce que c'est la guerre avec la Russie,
15:17qu'on ne voit plus le gaz arriver,
15:18et que c'est le gaz qui fait le prix en Europe.
15:19Qui fait le prix de l'électricité.
15:20Là, pas du tout.
15:21Le prix en France, et puis, souvenez-vous.
15:24Et les centrales étaient en maintenance.
15:25Et voilà, les centrales étaient en maintenance.
15:27Il n'y avait pas d'hydro, parce qu'il y avait eu de la sécheresse avant.
15:30Là, c'est juste l'inverse.
15:31On avait tout compris.
15:31Les centrales, elles ont craché comme ce n'est pas permis en 2025.
15:34L'hydro, on est plein.
15:37Et en fait, le prix du mégawatt-heure en France,
15:39il est monté à 56.
15:40Il est un peu plus en Allemagne, quand même.
15:42Ils sont encore plus dépendants du gaz que nous.
15:45Mais globalement, c'est gérable.
15:46Après, si je pense à des gens qui sont vraiment purs,
15:49exposés au pétrole et dérivés,
15:52forcément, vous pensez tout de suite à Airline.
15:55Et là, bon, prenez le truc macro.
15:58Prenez les chiffres de IATA global, de toute l'industrie.
16:02L'industrie, c'est 1 000 milliards de chiffres d'affaires l'année dernière,
16:05pour un petit peu moins de 5 milliards de passagers.
16:09C'est 70 milliards d'ébit sur ce truc-là,
16:13mais 250 milliards de coûts liés au fuel.
16:16Carburant.
16:17Carburant, 250 milliards.
16:19À aujourd'hui, ça, c'est basé sur un prix qui était à 70 dollars le baril.
16:23Sauf qu'en fait, ils n'utilisent pas du baril,
16:25ils utilisent du jet fuel, du kérosène.
16:28Or, ce kérosène, il valait plutôt 90 dollars l'année dernière.
16:31Si je prends les 90 dollars maintenant,
16:33et je regarde combien il vaut à Singapour,
16:35vous voyez x2.
16:37Donc, c'est 125 milliards de dollars de plus.
16:39Alors, évidemment, tout ça est faux,
16:40puisqu'il y aura des impacts sur moins de vols, etc.
16:44Mais si je prends simplement bêtement 250 milliards pour la moitié,
16:49toute l'industrie est en perte de plus de 100 milliards.
16:53Donc, il faut augmenter les prix pour compenser.
16:55C'est ce qu'ils sont en train de faire.
16:56Là, pour le coup, il y a une réactivité très forte d'une industrie
16:58qui est au contact direct du client.
17:01Même chez DHL, c'est mécanique,
17:04c'est entre 4 et 6 semaines,
17:05ils ont augmenté les prix pour couvrir les hausses de coût.
17:08Et eux, c'est 200 millions d'euros par mois de coût.
17:13Donc, ma question est en comment ?
17:15Les entreprises, elles vont tout de suite transmettre.
17:18Elles qui ont le mécanisme habituel,
17:19elles vont être obligées de le faire, oui.
17:21Parce que là, l'industrie airline,
17:23elle ne peut pas faire autrement.
17:27Et réduire l'offre.
17:29Parce qu'ils vont mettre en rebut tous les avions
17:32qui consomment trop des...
17:33Donc, il va y avoir une raréfaction aussi des billets
17:36qui va permettre aussi de monter les prix.
17:38Est-ce que la demande suit ce mouvement ?
17:40Ou est-ce que là, contrairement à 2022,
17:42on peut détruire très vite de la demande
17:44avec ce levier des hausses de prix ?
17:47C'est un poil trop tôt pour le moment
17:49pour voir sur les airlines.
17:50Elles ont fait les choses préemptivement.
17:53C'est-à-dire que celles qui sont le plus impactées
17:54par ce qui se passe là-bas,
17:56évidemment, elles ont commencé à réduire
17:58ce qu'on appelle la capacité.
18:00L'offre de siège, c'est petit.
18:03Pour le moment, c'est vraiment petit.
18:04Et on reste encore dans la capacité
18:08de ne pas bouger parce qu'il y a du hedging.
18:10Parce qu'évidemment, là, je vous ai donné...
18:11Oui, ils couvrent pas sur leurs achats.
18:12Je vous ai donné de ça.
18:13Mais voilà, je vous donne un Ryanair,
18:15il est rentré dans l'année avec 80% couvert.
18:17La plupart des grosses airlines,
18:19à part quelques-unes spécifiques comme Wizz,
18:21c'est plus compliqué,
18:23se rendent dans l'année quasiment couverts à 100%.
18:25Ils sont toujours à un volant
18:27parce qu'il faut gérer...
18:28Ils vont pas se retrouver comme en 2020 avec la crise
18:30où là, ils étaient beaucoup trop couverts
18:32et c'était une catastrophe.
18:34Il est trop négatif.
18:36Exactement.
18:38Mais pour le moment,
18:39elles ont le hedging qui les protège.
18:41Et donc, il faut regarder plus loin.
18:42Il y a de l'inertie aussi.
18:43Il y a du temps pour réagir.
18:44C'est un mécanisme de diffusion.
18:45La première réaction, c'est
18:46on réduit la capacité là où ça fait le sens.
18:49Et où, de toute façon,
18:50il n'y a pas de remplissage sérieux à cette heure-ci.
18:53Et puis, derrière, on va gérer par des hausses de prix.
18:56Sur le plan macro, effectivement,
18:58qu'est-ce qui distingue la situation actuelle
19:00et la situation de 2022,
19:02notamment du point de vue de la capacité des entreprises
19:04à retranscrire au client final
19:07la hausse des coûts ?
19:08Qui est déjà rapide.
19:10S&P Global a sorti ses PMI hier.
19:13On le voit partout à travers le monde.
19:15La hausse des coûts des entrants
19:16va beaucoup plus vite que la hausse des prix passés
19:18au client final.
19:19Oui.
19:19Oui, mais ça, c'est qu'une donnée d'enquête.
19:22D'une part, il ne faut quand même pas relativiser
19:24sous la réaction.
19:25N'oubliez pas.
19:26Et puis, d'autre part,
19:27on est dans une situation très différente à 2022.
19:30On n'est pas sur des problèmes de recrutement,
19:31des salaires qui explosent,
19:33parce qu'on n'est quand même pas
19:36sur les mêmes tensions sur le marché du travail.
19:38Je dirais même,
19:39est-ce que ce n'est pas le choc de trop
19:40pour l'économie américaine ?
19:41On peut se poser la question, très clairement,
19:43parce qu'aujourd'hui, on a une croissance américaine
19:45qui était en cas,
19:46avec des secteurs qui allaient très bien,
19:48d'autres qui étaient assez en difficulté.
19:51Et on a vu, quand même,
19:52dans les dernières statistiques
19:53de la Banque Centrale Américaine
19:54sur la production industrielle,
19:55que certains secteurs voyaient
19:57leur taux d'utilisation des capacités baisser,
20:00alors qu'ils ont des carniers de commandes très pleins.
20:01Et dans ces secteurs,
20:02c'est les semi-conducteurs
20:03et c'est la défense.
20:05Donc, ça ne traduit pas forcément
20:06un problème de demande.
20:07Ça traduit plutôt un problème
20:09d'achènes d'approvisionnement,
20:11de qualification.
20:11On sait que la défense n'arrive pas à recruter.
20:14Les semi-conducteurs,
20:15il y a plus de 100 000 postes
20:16qui sont nos vacants.
20:17C'est à peu près 58% des postes
20:19dans ce secteur-là,
20:20des semi-conducteurs.
20:21Donc, c'est bien de vouloir produire
20:22des semi-conducteurs aux Etats-Unis,
20:24mais il faut recruter.
20:25Et bon, comme on ne peut pas faire venir
20:26des personnes étrangères,
20:28ça pose énormément de problèmes.
20:29Donc, il y a du retard.
20:30Il y a des capacités aujourd'hui
20:31qui sont en manque.
20:32Plus globalement, au niveau mondial,
20:33on a des problèmes aussi avec les waifers,
20:35enfin, les galettes
20:36qui servent à faire les semi-conducteurs.
20:38Donc, on a aujourd'hui
20:40les secteurs qui vont très bien,
20:41pour faire simple,
20:42qui sont sous pression
20:43sur les chaînes d'approvisionnement,
20:45des secteurs qui allaient très très mal
20:46qui ne vont pas aller mieux,
20:48puisqu'en plus,
20:48on ne va pas avoir une banque centrale
20:49qui va baisser les taux
20:50pour aider le secteur de la construction,
20:51etc.
20:52Donc, c'est un vrai choc.
20:53Et puis, on a les droits de doigts quand même.
20:54Il ne faut pas l'oublier.
20:55On n'en parle plus,
20:55mais il y a quand même
20:56une petite source d'incertitude
20:59d'ici je vieille quand même.
21:00On en reparlera.
21:02Mais je pense qu'il y a quand même
21:03pas mal d'assassures.
21:04Il faut re-signer des accords
21:04avec Trump.
21:05Il y a quand même ce choc-là.
21:07On a quand même un marché du travail
21:08qui n'est pas du tout
21:09dans le même état d'esprit
21:10qu'en 2022.
21:12Des salaires qui ont plutôt
21:13tendance à ralentir aux Etats-Unis.
21:14Donc, vous voyez que déjà,
21:15du côté des Etats-Unis,
21:15on n'est pas dans ce schéma-là.
21:17En plus, on est plus sur des ménages américains
21:19qui ont les poches profondes
21:20avec des chèques de 13 euros.
21:23Et du côté de l'Europe,
21:25la BCE l'a dit elle-même,
21:27on a une inflation
21:28qui est revenue à l'objectif.
21:29Donc, même s'il y a
21:30des tensions inflationnistes,
21:31on ne part pas non plus de très haut.
21:32Contrairement,
21:33on a des niveaux de taux
21:34qui sont bien plus élevés
21:35qu'à l'époque.
21:36À l'époque, on était quand même
21:37sur des politiques ultra-accommodantes
21:39avec des injections de liquidités.
21:41Ce n'est plus du tout le cas.
21:42Donc, même si la BCE
21:43a du chemin à faire,
21:45elle voulait prendre une garantie.
21:46Ce n'est pas du tout la même chose.
21:47Il n'y a pas non plus d'austérité.
21:48Voilà.
21:49Et les indicateurs,
21:50encore le tracker,
21:51de la BCE
21:51qui a été publié cette semaine,
21:53nous montrent
21:54qu'on est plutôt
21:54sur des négociations salariales
21:56qui montrent plutôt
21:56une modération salariale
21:57et que si vous retirez
21:59un peu les effets de base,
22:00on est même sur
22:01une vraie modération salariale.
22:03Et puis, dernière chose,
22:04je ne vois pas
22:04les Européens euphoriques.
22:06Je ne les vois pas consommer.
22:07Je ne les vois pas
22:08se dépêcher
22:09pour acheter des voitures.
22:10Rappelez-vous, à l'époque,
22:11c'était un problème
22:13de production de véhicules
22:14parce qu'on est de semi-conducteurs.
22:15Là, on n'est pas du tout
22:16dans ce même...
22:17En contraire,
22:17je pense que les constructeurs
22:18automobiles sont prêts
22:19à vendre des voitures
22:20et je ne vois pas
22:20les Européens se bousculer
22:21dans les magasins.
22:22Donc, moi, personnellement,
22:23on est dans une situation
22:24complètement différente
22:25et il y a un choc inflationniste
22:28qui va être très récessionniste
22:30et pas du tout
22:31sur quelque chose
22:32qui va s'auto-entretenir
22:33dans les prochains mois.
22:33Pourquoi la BCE nous dit
22:35qu'elle est prête
22:35à agir rapidement
22:36s'il le faut ?
22:37Alors ça, c'est le wording
22:39de Christine Lagarde
22:40notamment aujourd'hui.
22:41Mais pourquoi le marché
22:42semble accorder du crédit
22:45à cette histoire-là ?
22:46Parce que je crois
22:47qu'à un moment,
22:47on a pressé peut-être
22:48jusqu'à plus de 3 hausses
22:49de taux cette année
22:50pour la Banque Centrale Européenne
22:52dès la prochaine réunion d'avril.
22:54Non, au moment où on parle,
22:56le marché anticipe
22:57environ 70 points de base
22:58de hausses cette année.
23:00Donc, c'est presque 3 hausses,
23:01en effet.
23:04Ça me paraît beaucoup,
23:06mais je dois dire
23:08que je suis quand même
23:09un peu inquiet
23:10pour l'inflation.
23:11Je suis d'accord
23:11que c'est très différent
23:12de 2022.
23:13Le choc sur les prix,
23:14notamment sur le gaz,
23:15est beaucoup moins important.
23:16Le marché de l'emploi
23:18est moins tendu.
23:19On n'a pas le même...
23:21La demande
23:21qui avait créé cette inflation
23:22avec notamment
23:23des plans de soutien
23:25massifs durant Covid.
23:27Donc, la situation
23:28est assez différente.
23:29Ceci dit,
23:29on a les prix de l'énergie
23:31quand même qui se tendent.
23:32On a parlé
23:33de tout ce qui est fertilisant
23:35et ça va impacter
23:37la production alimentaire.
23:39Et donc,
23:39on peut craindre
23:40de l'inflation
23:41à ce niveau-là.
23:43Et des achats
23:43à haute fréquence.
23:44Donc, dans la perception
23:45de l'inflation,
23:46c'est quand même
23:46beaucoup plus qui compte
23:47que l'achat de la télé
23:48ou de la trottinette.
23:50On a également des problèmes
23:52au niveau des puces électroniques
23:53avec une demande énorme
23:55qui émane
23:57du choc
23:57d'intelligence artificielle.
24:00Et donc,
24:01ça,
24:01ça se répercute
24:02très clairement
24:03sur le prix
24:03des téléphones portables,
24:05sur le prix
24:05des laptops,
24:06des ordinateurs,
24:07donc tout ce qui est électronique.
24:08Donc,
24:09on a quand même
24:09différents faisceaux.
24:10Il y a quand même
24:11une petite pression.
24:13Et alors,
24:13le problème,
24:14c'est que les banques centrales
24:15ont quand même perdu
24:16beaucoup de crédibilité
24:17en 2022
24:17avec ce choc d'inflation.
24:19Souvenez-vous,
24:19vous nous disiez,
24:19c'était un choc transitoire,
24:21temporaire,
24:22ça s'avérait
24:22complètement faux.
24:23Et les banques centrales
24:24ont perdu beaucoup
24:25de crédibilité
24:25dans cette affaire.
24:26Et d'ailleurs,
24:27Madame Lagarde
24:27le cite explicitement
24:29aujourd'hui.
24:30Elle dit,
24:31on a aujourd'hui
24:32trois...
24:32Alors,
24:32on est dans une situation
24:33extrêmement incertaine,
24:34nous dit-elle.
24:35Et donc,
24:35quand c'est le cas,
24:36on passe à une politique
24:37de gestion des risques.
24:39Et elle décrit
24:40trois scénarios.
24:41Un dans lequel
24:42le choc
24:43sur l'énergie notamment
24:44est court
24:45et relativement limité.
24:46On ne bouge pas
24:47dans ce cas-là.
24:48Une situation extrême
24:49où le choc
24:50est beaucoup plus violent
24:51et durable.
24:52Là,
24:52il va falloir
24:52qu'on resserre
24:53aucun doute.
24:54Et une situation
24:55intermédiaire.
24:56Et là,
24:56que fait-on ?
24:57Et elle cite
24:58très explicitement
24:59le risque de communication
25:01auprès du public.
25:02C'est-à-dire,
25:02si le public voit
25:02des pressions inflationnistes
25:04et une banque centrale
25:05qui, de nouveau,
25:06ne bouge pas,
25:07est-ce que ça ne peut pas
25:08susciter
25:09des anticipations
25:09d'inflation ?
25:10Et donc,
25:11il faut agir.
25:11Donc,
25:11je pense que
25:13cet effet mémoire
25:14de 2022
25:15a quand même tendance
25:16à biaiser la BCE.
25:17Et dans le scénario central,
25:19on n'a pas de hausse
25:19de la BCE,
25:20mais je dois dire
25:20qu'une hausse
25:22ou deux préventives
25:23quand même
25:24devient de plus en plus probable.
25:26Surtout s'il est...
25:26Avec quelles conséquences,
25:27Vincent ?
25:28Si on est dans...
25:28Puisque vous n'êtes pas
25:29le seul à le dire,
25:30c'est aussi le patron
25:30de la Bundesbank,
25:31Joachim Nagel,
25:32qui nous dit
25:33qu'il faut envisager
25:34possiblement
25:35une frappe préventive.
25:36Donc,
25:37dans le jargon
25:38de la politique monétaire,
25:39ça veut dire
25:39monter les taux
25:40avant même
25:41qu'on ait vu
25:42un vrai désancrage
25:44réel
25:44des anticipations
25:45d'inflation
25:46pour étouffer
25:46la crise dans l'œuf.
25:48Pour tuer une inflation
25:49dans l'œuf.
25:49Bah ouais.
25:50Et quelles conséquences
25:52ça aurait alors ?
25:52Deux hausses de taux là ?
25:54Une ou deux hausses
25:55de taux préventives ?
25:57Choc énergétique ?
25:58Choc monétaire ?
25:59Ça va vraiment dépendre
26:00de l'intensité
26:02de la hausse
26:03des prix de l'énergie
26:03et surtout
26:04de la durée.
26:05Mais c'est vrai
26:05que plus ça dure,
26:06plus on se rapproche
26:07de la fin avril
26:08et du meeting BCE,
26:09plus le risque va être important.
26:10Donc, voir à travers
26:11n'est pas une option
26:12pour la Banque Centrale Européenne.
26:13On peut motiver
26:14une décision de politique
26:15monétaire à la BCE
26:16sur le simple fait
26:18que la critique
26:20a été trop forte
26:21en 2022.
26:23Répondre avec retard
26:24aux critiques de 2022.
26:25Madame Lagarde
26:26nous dit précisément
26:27qu'on a un choc d'offre
26:28comme ça à la réaction initiale
26:29ou naturelle,
26:31c'est plutôt de dire
26:32on regarde à travers,
26:33on attend
26:33et a priori
26:34ce sont des effets
26:35que temporaires.
26:37Mais si le choc,
26:38l'intensité est trop forte
26:39ou la crise trop longue,
26:42on va devoir agir
26:43notamment parce qu'on a
26:45quand même ce problème
26:46de crédibilité.
26:47Damien,
26:47connaissant la Banque Centrale Européenne
26:49comme on la connaît tous,
26:50il faut forcément,
26:52il y a ce qu'on voudrait,
26:53nos espoirs,
26:54nos envies
26:54et puis il y a la réalité
26:55de la fonction de réaction
26:56de la Banque Centrale Européenne
26:58Comment vous intégrer
26:59la possibilité effectivement
27:00qu'on ait à la fois
27:02un choc énergétique
27:03même si ce n'est pas
27:04le même choc que 2022
27:05en Europe
27:07couplé à un nouveau choc
27:09de taux réel,
27:10choc monétaire.
27:11C'est le risque,
27:11vraiment,
27:12en vrai.
27:13Ça change l'histoire européenne
27:14pour les marchés
27:15pour 2026 ?
27:16On partait bien,
27:17je ne le rappelle.
27:18Parce que si je regarde un peu
27:19le problème qu'on avait
27:22depuis un bon moment,
27:23c'était l'immobilier
27:24dans pas mal de zones
27:25avec vraiment des...
27:27Ça commençait à frémir.
27:28Ça frémissait même plus que ça
27:30dans le nord de l'Europe,
27:31ça commençait à se réveiller un peu.
27:32Quand on parle avec Legrand
27:34qui est quand même
27:35en prise avec ça
27:36et ils ont des perspectives
27:37un tout petit peu meilleures,
27:38non pas pour le début de l'année
27:39mais plutôt des choses
27:40qui s'améliorent
27:41sur la deuxième partie de l'année,
27:42bon,
27:42il ne faudrait pas que
27:44des hausses de taux.
27:45Alors,
27:45vous allez dire,
27:46le 10 ans,
27:47lui,
27:47il a déjà remonté.
27:49Il a fait le travail.
27:50Mais en tout cas,
27:52ce que j'observe,
27:53c'est que le marché
27:53la croit.
27:54Enfin,
27:54croit Madame Lagarde
27:56puisque effectivement,
27:58le taux anticipé
28:00au IS à décembre,
28:02il a déjà pris
28:02les 70 bips
28:03dont on parle.
28:05Bon,
28:06moi,
28:06honnêtement,
28:07ça me paraît vraiment
28:08être à ce stade
28:10une,
28:11je ne vais pas dire
28:12une Jean-Claude Trichet
28:13mais pas loin
28:15dans le sens où
28:17c'est parce qu'on veut
28:18de la crédibilité.
28:20Non,
28:20mais c'était ça son problème.
28:21C'était un problème
28:22de je veux être crédible
28:22et donc regarder ce que je fais.
28:24Moi,
28:24je suis la BCE.
28:25Voilà.
28:27Astercy,
28:27ça me paraît un peu dangereux
28:28mais je ne suis pas
28:31économiste.
28:31Oui,
28:32et puis c'est une gestion
28:33du risque management
28:34aussi de la Banque Centrale Européenne.
28:36Christian ?
28:37Oui,
28:37moi,
28:37je pense que surtout,
28:38ce sera le marché obligataire
28:39qui sera,
28:40c'est lui qui va nous permettre
28:41de trancher
28:41s'ils faisant raison ou tort
28:43parce qu'il y a deux hypothèses.
28:45Soit,
28:46elle monte ses taux
28:47de manière préventive,
28:48tout le monde dit
28:49bon,
28:49elle est super crédible,
28:51ça va super marcher,
28:52bon,
28:52en plus,
28:52elle va vraiment ralentir
28:54l'économie européenne,
28:55la demande va baisser,
28:56ça va vraiment enlever les tensions
28:58et normalement,
28:59si c'est vrai,
28:59si elle est crédible,
29:00vous avez la pente de la courbe
29:01des taux qui doit s'abaisser
29:02et les taux longs
29:03qui doivent baisser.
29:04Théoriquement,
29:05c'est ce qu'on devrait avoir
29:06donc les investisseurs.
29:07Donc,
29:07c'est plutôt,
29:07on pourrait dire,
29:09peut-être qu'on va avoir
29:1025 points de bas sur le court terme
29:11mais comme les taux
29:12sur cette crédibilité-là
29:13baissent,
29:14c'est plutôt bon pour l'économie
29:15et c'est plutôt un élément de soutien.
29:16Ça améliore quand même
29:17les conditions financières.
29:19On élimine le risque d'inflation
29:21tout de suite
29:21et donc,
29:22pour les conditions financières,
29:23c'est plutôt bien.
29:24Tout va bien.
29:25Deuxième hypothèse,
29:26les margis ne réagissent pas du tout comme ça,
29:28les gérants obligataires
29:29ne résonnent pas du tout comme ça,
29:30ils disent
29:30la BCE monte ses taux,
29:32c'est complètement n'importe quoi,
29:34les entreprises n'ont pas la capacité
29:35de relever leurs prix de vente,
29:37il n'y aura pas d'inflation
29:38sur les salaires
29:38et en plus,
29:39à ce choc énergétique,
29:40elles nous remontent les taux,
29:41elles augmentent le coût
29:42pour les entreprises,
29:43ça va faire effondrer la croissance,
29:45les États sont très endettés,
29:47beaucoup plus qu'en 2022,
29:48donc les États vont devoir
29:50encore émettre énormément,
29:51l'Allemagne doit émettre énormément,
29:53donc la prime de risque explose,
29:56d'ailleurs on a vu
29:56dans la réaction des marchés
29:57depuis le début de ce conflit,
29:59il y a une corrélation très forte
30:00entre le ratio dette sur PIB des États
30:03et l'ampleur de la dégradation,
30:05donc ça veut dire
30:05qu'il y a bien une perception
30:07du risque souverain qui est là.
30:09Et donc, finalement,
30:10je vous fais le scénario extrême,
30:11volontairement,
30:12finalement,
30:13la BCE monte ses taux,
30:14elle crée un risque souverain,
30:15elle fait écarter les spreads,
30:17donc retour de la fragmentation,
30:18elle fait exploser les taux
30:19et on est sur une courbe des taux
30:21qui se pontifie énormément
30:23et qui entraîne
30:24une réaction très négative.
30:26Donc, attention,
30:27je crois qu'elle est
30:28vraiment sur une crête,
30:30sur sa communication,
30:31bon, moi je dirais
30:32que le mieux qu'elle aille à faire,
30:33c'est d'aboyer
30:35et laisser la désinflation passer.
30:37C'est peut-être la stratégie,
30:38d'ailleurs.
30:38Voilà, ça serait peut-être ça,
30:39beaucoup aboyer,
30:40pour ancrer les anticipations.
30:44Et dire que quoi qu'il arrive,
30:45on est là,
30:46on gérera ça
30:47et surtout ne rien faire
30:48parce que je pense
30:49qu'il y a un vrai risque
30:50à faire quelque chose
30:51d'une réaction trop violente
30:52du marché obligataire
30:53et moi,
30:54je ne suis pas très confortable
30:55avec le scénario
30:56de hausse des taux
30:57si le marché s'emballe,
30:58si le marché obligataire s'emballe.
30:59Autour de ça,
31:00là, ça pourrait être vraiment...
31:01Ce serait le signe d'une erreur
31:02du point de vue...
31:03Et là, on reparlerait
31:03d'une erreur
31:04de politique monétaire derrière
31:05parce que là,
31:06on aurait...
31:07Si la pente des courbes
31:08des taux se pontifice,
31:08c'est une vraie erreur
31:09de politique monétaire.
31:10Comment on gère ça
31:11du point de vue
31:11des investissements,
31:13des stratégies de marché,
31:15Vincent ?
31:15Alors, il y a ce qui se passait avant
31:18et ce qui se passe
31:18depuis quatre semaines,
31:20évidemment.
31:21Et c'est vrai que depuis
31:22le déclenchement
31:23de cette crise iranienne,
31:24c'est quand même
31:25le sentiment, en tout cas,
31:26d'un espèce de contre-pied général
31:28sur toutes les grandes tendances
31:29qui prévalaient.
31:31C'est-à-dire l'idée
31:32de sortir un peu
31:34des actifs en dollars
31:35pour se reprojeter
31:36à travers le monde,
31:37l'Asie, l'Europe,
31:40sortir un peu du dollar.
31:41On voyait quand même
31:41des devises émergentes
31:43qui tenaient mieux.
31:43L'euro également.
31:45Sur les mouvements de courbe,
31:46on avait l'idée
31:47de la pontification.
31:48Ça, c'est quand même
31:48un peu aplatif.
31:49Enfin bref,
31:49toutes les grandes tendances
31:50qui prévalaient
31:51depuis trois, six mois
31:52ont été prises à revers
31:54là depuis un mois.
31:55Est-ce qu'on a envie
31:56de repartir,
31:57de garder quand même
31:58certaines de ces tendances
31:59qui prévalaient
31:59ou est-ce qu'il faut repartir
32:01d'une page blanche ?
32:01Non, je pense qu'effectivement
32:02tous les trades consensuels
32:04ont été punis.
32:06C'est vraiment
32:07la grille de lecture principale
32:10de l'activité de marché
32:12depuis le début de la guerre,
32:14fin février.
32:16Il y a quand même
32:16des leçons,
32:17à mon avis,
32:17très importantes.
32:18Il y a des actifs
32:19qui ont quand même
32:22bien résisté.
32:23Les actions américaines,
32:25le crédit.
32:27Et de l'autre côté,
32:28des actifs
32:29qui n'ont pas du tout joué
32:30leur rôle de valeur refuge,
32:32notamment les treasuries américains.
32:34Et je veux vraiment
32:35insister là-dessus.
32:36Si on regarde
32:36le mouvement
32:37des taux nominaux américains,
32:39le mouvement est venu
32:41essentiellement
32:41sur les taux longs,
32:42sur le taux de 10 ans
32:43ou 30 ans,
32:43des taux réels.
32:44Les taux réels ont fortement monté,
32:46beaucoup plus
32:47que les anticipations
32:48de l'inflation elles-mêmes.
32:49Ça, c'est assez habituel
32:50dans un événement
32:52ce qu'on appelle
32:53risk-off,
32:54donc d'aversion
32:54au risque marqué,
32:55que les taux longs réels
32:57montent comme ça.
32:57Ce n'est vraiment pas
32:58très rassurant
32:59pour les treasuries
33:00et ça me conforte
33:01dans l'idée que je défends
33:02depuis un certain temps
33:03que les obligations
33:05gouvernementales
33:06ne jouent plus
33:07le rôle de valeur refuge.
33:08Je parlais de la résistance
33:09des actions américaines.
33:11Également,
33:11le crédit
33:13tient très bien.
33:14Ça participe
33:15également à cette idée
33:16que finalement,
33:17dans une situation
33:17de crise comme ça,
33:19on ne vend plus le crédit
33:19pour acheter
33:20les obligations gouvernementales.
33:22Alors maintenant,
33:22si on a
33:23une désescalade
33:25dans les semaines
33:26qui viennent
33:26et avant le meeting
33:27BCE en l'occurrence,
33:29je pense que
33:30les actifs cycliques
33:31qui ont souffert
33:32se reprendront
33:33en partie.
33:36Donc,
33:37y compris
33:38les actions
33:39et les secteurs
33:41cycliques.
33:42Sur les taux longs,
33:43la partie courte
33:44se reprendra
33:44puisqu'il y a
33:45dans ce cadre-là,
33:46il y aurait beaucoup
33:46trop de hausses de taux
33:47de prices.
33:48Il y aura des hausses
33:49de taux.
33:49Voilà,
33:49donc quantification
33:50de la courbe.
33:51Je suis moins confiant
33:52sur les taux longs
33:53par contre.
33:53Je pense que
33:55ce qui se passe
33:56ne fait qu'augmenter
33:58l'idée
33:58qu'on est dans
33:59un régime
34:00géopolitique instable,
34:01qu'il faut davantage
34:02dépenser dans l'armée.
34:04Chaque choc
34:06accroît encore
34:07un peu plus
34:07cette prime de terme
34:08qu'on peut observer.
34:10Voilà,
34:10les problèmes budgétaires,
34:12les questions de populisme
34:13qui empêchent
34:13les réformes.
34:14Je pense que
34:15les taux longs
34:16ne vont pas forcément
34:17beaucoup baisser.
34:18Sur la situation
34:19de marché,
34:20la gestion
34:21de cette situation
34:21et les perspectives
34:23qu'on peut imaginer
34:24une fois la désescalade
34:26plus évidente.
34:28Si désescalade,
34:29c'est ça le problème
34:31que l'on a
34:32en tant qu'investisseur.
34:33C'est que c'est
34:34malheureusement
34:35assez binaire.
34:36Nous,
34:36on aime bien
34:36ce qui est asymétrique.
34:37C'est-à-dire
34:38que les risques
34:39sont trop marqués
34:41dans le marché
34:41et que du coup...
34:42Il y a du confort
34:43la symétrie.
34:43C'est ça qu'on aime bien.
34:44Là,
34:44on ne l'a pas en fait.
34:45Parce que oui,
34:46il y a des boîtes
34:47qui ont beaucoup baissé
34:48mais elles sont très cycliques
34:49et donc effectivement,
34:50si jamais ça ne s'améliore pas,
34:53on est obligé
34:53de revoir le scénario
34:54qu'on avait
34:55et donc on est obligé
34:56de revoir la valo.
34:57Ça,
34:57c'est clair.
34:58Et même sur les boîtes défensives,
35:00vous avez eu quand même
35:01quelques petits mouvements.
35:02C'est-à-dire,
35:03dans la défense,
35:04qui étaient vus
35:04quand même
35:04comme des actifs
35:05et qui devraient
35:06plutôt bien s'en sortir
35:07dans ce moment-là.
35:09Ça ne s'est pas
35:09si bien marché que ça.
35:11Rheinmetall,
35:11ça perd 11%
35:12depuis le 28 février,
35:13par exemple.
35:13Parce que ça avait déjà
35:14beaucoup monté.
35:15Pas vraiment.
35:16Il y a aussi
35:17des vrais changements stratégiques.
35:20Je pense qu'on est en train
35:21d'intégrer le fait
35:22qu'aujourd'hui,
35:23ce n'est pas avoir
35:24des missiles
35:24à plusieurs millions de dollars
35:25qui comptent,
35:26mais c'est d'avoir un drone
35:27à quelques milliers de dollars.
35:29Et je pense que
35:31le Patagone l'a dit,
35:32ils allaient revoir
35:33les contrats de la défense,
35:34ils vont remettre
35:35tout ça à plat
35:35et je pense qu'il y aura
35:36pas mal de valeurs
35:37de la défense
35:37qui vont souffrir
35:38dans les programmes
35:39d'investissement.
35:40Alors,
35:40si on regarde aux US,
35:42effectivement,
35:42le marché n'a pas
35:42totalement acheté
35:43tout ce qu'a demandé,
35:45tout ce qu'a redemandé
35:47le Pentagone aux US.
35:48Lockheed Martin
35:49qui devrait,
35:50on leur demande
35:51de faire un x4
35:51sur leur missile quand même.
35:53Bon,
35:54ça n'a pas tant pris
35:55que ça à ce stade.
35:56Alors,
35:57pour revenir sur mon sujet
35:57de défense,
35:58effectivement,
35:58le marché,
35:59je pense qu'à chaque fois
36:00qu'on est,
36:01et je reviens
36:02à ton sujet de taux,
36:04si pression taux il y a
36:06et difficulté
36:07pour les États
36:09de se financer
36:10et de se refinancer
36:11ou en tout cas
36:11c'est plus cher,
36:12etc.,
36:13la belle perspective
36:14des 3,5
36:14d'investissement
36:16dans la défense
36:16à 2030,
36:17bon,
36:17ça se complique.
36:21Donc,
36:21c'est vraiment pas simple
36:22ce style de bien projeter.
36:24Donc,
36:24on est dans la phase
36:25où il faut regarder ça.
36:26Il y a certainement
36:27quand même des boîtes,
36:28des sociétés
36:29où le marché
36:30a tapé un peu fort
36:31alors qu'elles ont
36:33appris de 2022.
36:34Ce que je veux dire par là,
36:35c'est 2022,
36:36c'est un choc d'inflation
36:37et il y a plein de sociétés
36:39qui n'avaient pas
36:40dans leur contrat
36:40la capacité
36:41à faire passer
36:43automatiquement
36:43des hausses de coûts
36:44dans leurs prix,
36:45alors,
36:46ce qui ne fait pas monter
36:47les marges.
36:48Mathématiquement,
36:48ça fait baisser la marge,
36:50faire juste
36:50ce qu'on appelle
36:51un passe-trou.
36:52Néanmoins,
36:52en euros,
36:53vous avez toujours
36:54des euros
36:54au même niveau.
36:56Si on n'est pas
36:57dans un scénario
36:57totalement inflationniste
36:59mais qu'on n'a
36:59qu'une partie
37:00des coûts
37:00qui augmentent,
37:01il y a plein de sociétés
37:02qui ont complètement
37:02changé leur modèle
37:03après 2022
37:05et qui avaient
37:05des contrats
37:06long terme
37:07sur lesquels
37:07je m'engage là,
37:08normalement je me bac
37:09à peu près
37:10avec mes fournisseurs
37:10mais il y a eu
37:11un tel choc
37:11que ça n'a pas fonctionné.
37:13Je pense à Elstom
37:14par exemple
37:15ou des contrats
37:16ferroviaires
37:16qui sont sur des durées
37:17un peu longues.
37:18Là, tout ça a été
37:19modifié depuis 2022-2023
37:21et beaucoup de sociétés
37:22ont appris
37:23et je veux dire
37:23ce qu'on appelle
37:24les terms and conditions,
37:25la formation des contrats
37:27a totalement changé
37:28et il y a eu
37:28un cerveau de marché
37:30qui se dit
37:30qu'est-ce qui s'est passé
37:31en 2022 ?
37:32Ces boîtes-là,
37:33elles ont pris très cher
37:33parce qu'inflation.
37:35Alors qu'elles ont trouvé
37:36quand même
37:37de l'agilité supplémentaire
37:38de la flexibilité supplémentaire
37:39et ça,
37:39on le sous-estime
37:40parfois.
37:42On s'arrêtera là
37:43pour ce soir,
37:43messieurs.
37:44Merci beaucoup.
37:44Merci d'avoir été avec nous
37:45et d'avoir partagé
37:46vos vues et vos analyses
37:47de marché
37:49quasiment au terme
37:49de cette quatrième
37:50semaine de conflit
37:51dans le golfe.
37:52Damien Dierix,
37:53Exxan AM,
37:54Vincent Chéniot,
37:55General Investments
37:56et Christian Parizeau,
37:57Altair Economics.
37:58C'étaient les invités
37:58de Planète Marché ce soir.
38:00Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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