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  • il y a 2 jours
Mardi 13 janvier 2026, retrouvez Bertrand Prince (Gérant obligataire, Arkéa AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Le dernier quart d'heure de Smartbourg chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir, c'est celui des marchés obligataires.
00:16Comment bâtir une stratégie obligataire pour 2026 et notamment une stratégie obligataire
00:21dite de performance absolue.
00:23Nous en parlons avec Bertrand Prince à mes côtés, gérant obligataire chez Arkea Asset
00:27Management et qui pilote notamment le fonds Optimal Income d'Arkea Asset Management.
00:32Bonsoir et bienvenue Bertrand.
00:33Bonsoir.
00:34Merci beaucoup d'être avec nous.
00:36Qu'est-ce qui caractérise d'ailleurs dans l'univers obligataire en l'occurrence, ces
00:39stratégies dites de performance absolue, donc des stratégies flexibles, obligataires,
00:45qu'est-ce qui les caractérise et quel est l'intérêt de ces stratégies dans le monde
00:50obligataire actuel Bertrand ?
00:52Alors ce qui la caractérise, c'est beaucoup de flexibilité, une gestion active, donc on
00:57a une meilleure coupe, le rendement risque, que ce soit sur les piliers de maturité, les
01:01secteurs, le type de support.
01:03Ça peut être de l'investment grade, du high yield, des convertibles, des subordonnées
01:06financières, des souverains.
01:08Et le gros intérêt dans le marché actuel où il y a beaucoup de volatilité, c'est
01:12la gestion des risques, les risques de taux notamment, qui est très fine.
01:16Donc on essaye en permanence de réduire ce risque et de profiter des déformations des
01:20courbes de taux aussi.
01:21Et par ailleurs, on fait aussi des risques de fonds de portefeuille, on va dire, contre
01:26les chocs de marché, il y en a régulièrement, ce qui nous permet de mitiger le risque de
01:30spread quand il y a un choc de marché.
01:31Donc l'intérêt principal, c'est qu'on va faire beaucoup mieux qu'une gestion investment
01:35grade passive en profitant de tous ces mouvements de marché.
01:40Je comprends, l'intérêt c'est de participer à l'hausse, mais c'est essentiellement aussi
01:45d'amortir les chocs de marché, c'est ça.
01:47C'est dans ces phases de chocs de marché qu'une stratégie dite de performance absolue
01:51doit montrer toute sa substance.
01:53Oui, c'est là qu'elle se distingue et tout ça c'est de la surperformance à la fin
01:57de l'année, quoi qu'on a moins baissé que les autres en période de stress.
02:00Et c'est des stratégies qui ont regagné, j'imagine, en intérêt, comme beaucoup de
02:05stratégies obligataires, avec la remontée des rendements, la fin d'un grand cycle
02:09désinflationniste, de baisse des taux.
02:11C'est au cours de ces dernières années que ces stratégies sont revenues un peu sur le
02:14bord de la scène ?
02:15Surtout depuis deux ans, et plus que le grand cycle de baisse des taux, c'est la mainmise
02:18des banques centrales sur le marché obligataire, où ils l'ont complètement stérilisé au
02:22cours des 10 ou 15 dernières années, on peut en monter jusqu'à la crise financière.
02:24On a tué les marchés obligataires pendant 10 ans.
02:26Et là ils revivent, exactement, et donc ils sont volatiles, ils bougent, il se passe
02:30plein de choses.
02:31Alors c'est pas le cas sur les spreads, les spreads c'est de temps en temps sur un
02:35secteur ou suite à un choc de marché, mais en tout cas sur les taux c'est le cas.
02:37Qu'est-ce que vous retenez justement de l'année 2025 dans votre univers d'investissement ?
02:43Alors des performances, les performances ont été bonnes encore je crois dans l'univers
02:46crédit obligataire, je mets de côté le souverain, mais il y avait quand même matière à faire
02:51de bonnes performances encore.
02:52avec quelques chocs de volatilité, mais qui ont été très rapidement effacés, Bertrand ?
02:59Oui, il y a eu le choc du Liberation Day, on le connaît, donc ça a été un choc assez
03:02violent, un stand spread sur le high yield, 20 à 32 spreads sur l'investment grade, mais
03:06qui s'est résorbé en une dizaine de jours très très rapidement.
03:12Depuis on a une tendance de resserrement des primes de risque au crédit continue, et qui
03:19arrivent sur des niveaux d'ailleurs qui sont un peu légers, notamment sur le high yield,
03:23après ça se justifie.
03:25Tout devient un peu cher dans ce marché, y compris dans les marchés de crédit.
03:29Mais ça peut se justifier, parce qu'on a une structure de marché où les volumes d'obligations
03:33souveraines ont beaucoup monté, l'investment grade un petit peu, le high yield est resté
03:36stable, donc ça concourt à la compression, et puis on y viendra sûrement après, mais
03:41le plan de relance allemand, il n'y a pas de récession à horizon deux ans ou un an et demi
03:45en zone euro, sauf choc externe important.
03:47Le setup macro reste favorable pour ces marchés de crédit.
03:53Parlons justement des enjeux 2026, de cette année devant nous encore, Bertrand, en regardant
03:59les grandes économies, alors on va parler de l'Europe, mais un mot peut-être des enjeux
04:03du marché américain, des marchés obligataires américains pour vous.
04:06Le marché américain, c'est le marché directeur, donc il est important.
04:08Quand on parle des Etats-Unis, en termes de croissance, c'est exceptionnel au S2, c'est
04:11très bon au Q3, ça va être bon au Q4.
04:13Le chômage baisse un peu, alors est-ce que c'est parce qu'il y a beaucoup moins de fonctionnaires
04:17dans l'économie ?
04:18L'avenir le dira.
04:20Et il y a toute une configuration qui fait entre la Big Beautiful Bill, où les Etats-Unis
04:25vont tourner à 5,5 de déficit l'année prochaine, une légère baisse de taux qui fait un petit
04:29stimuli monétaire.
04:31Il y a une belle config pour que l'inflation reste entre 2,5 et 3, en tout cas au premier
04:35semestre.
04:36Et tout ça avec un marché qui price une Fed, qui revient à son taux neutre à 3 progressivement.
04:40Donc, le pricing n'est pas déconnant, mais il y a plein de places pour que ça parte
04:46dans un sens ou dans l'autre.
04:47Et si d'aventure l'économie américaine reflate, on a Monsieur Trump qui est en train
04:51de mettre une pression de malade pour que la Fed continue à baisser ses taux.
04:56Donc ça, ça fait une configuration où on va toujours avoir beaucoup de volatilité
04:59sur les taux américains.
05:01Le 10 ans américain peut aller à 4,50 comme il peut aller à 3,75.
05:05Les deux sont possibles.
05:06Et donc on n'a pas trop envie de s'exposer à cette partie longue de courbe aux Etats-Unis
05:09aujourd'hui ?
05:104,15, 4,20, vu le contexte global de marché, moyennement.
05:15Le risque n'est pas tellement bien rémunéré encore.
05:17Et si on se met à la place des Etats-Unis, bon Trump, il y a la forme qui est gênante
05:21à chaque fois.
05:22Mais est-ce que ça serait si gênant, quand on tourne à 5 de déficit, d'avoir 2,5
05:25d'inflation et 2,5 de croissance ?
05:27Franchement, il y a...
05:28Ça peut être un régime effectivement tout à fait pertinent.
05:30Et qui est stable.
05:31Donc on peut même avoir une situation où la Fed, avec les institutions qui fonctionnent,
05:36qui n'est pas à la botte de Trump, mais qui revoit son mandat, et qui dit
05:39« Bon, entre 2 et 3 d'inflation, ça va, un peu comme l'Australie. »
05:42Et c'est pas déconnant.
05:45L'Australie cible une fourchette d'inflation parmi les grandes banques centrales des marchés
05:49développés.
05:49Petite parenthèse sur la Fed, alors j'appelle ça la guerre d'indépendance de la réserve
05:54fédérale américaine, mais comment le marché réagit par rapport à ça ? Est-ce que
05:57le marché tire...
05:59Alors je ne parle pas forcément des mouvements intraday ou quotidiens, mais est-ce que le
06:03marché tire une sonnette d'alarme en disant « Attention, il y a un vrai risque
06:07que la Fed, qu'une Fed aux ordres, ou trop aux ordres du politique, se traduise par
06:13une dérive de l'inflation à moyen et long terme ? »
06:15Non, pas encore.
06:16Quand on regarde les anticipations de la façon de marcher, on commence à 2,30, 2,35,
06:19il n'y a pas de...
06:20Et même sur la pente, on pourrait imaginer une pente plus élevée, mais ce n'est pas
06:26le cas.
06:27Ça veut dire quoi ? C'est un sujet important pour les commentateurs comme moi, par exemple,
06:31et que ce n'est pas un si important sujet de marché à ce stade ?
06:36C'est un sujet de marché pour le marché de taux américain.
06:39Est-ce que c'est un sujet pour l'ensemble des marchés ? Pas forcément.
06:42C'est-à-dire que dans ce genre de config, on a une Fed qui va baisser ses taux par exemple
06:45à 2,5 ou 2,25 en disant « Bon, 2,5, 3 d'inflation, je m'en fiche. » Et une courbe
06:50américaine qui se pontifie.
06:51Et des anticipations d'inflation de marché, en tout cas, qui remontent.
06:54Parce que la Fed a un nouvel objectif, elles ont tendance à se caler sur l'objectif
06:57de la Banque Centrale.
06:58Oui, bien sûr.
07:00Bon, l'histoire américaine, effectivement, encore devant nous, avec cette histoire de
07:04réserve fédérale américaine qui crante encore un peu plus ces derniers jours.
07:09Les enjeux en Europe, à commencer peut-être par les enjeux allemands, vous l'avez dit,
07:15on a cité parmi les chocs de marché Liberation Day en 2025, mais il y a eu juste quelques
07:19semaines avant, le U-turn allemand sur la politique fiscale et budgétaire annoncée
07:25par Friedrich Schmerz, bien sûr, c'était en mars 2025, qui a là aussi créé une surprise
07:30et une secousse de marché.
07:31Oui, mais quand ils ont abandonné le frein à la dette, c'était une surprise pour tout
07:34le monde.
07:34Et ça allait assez vite.
07:36Donc là, on a eu un beau choc de taux, 30 à 40 points de base et sur une semaine.
07:40Donc ça marque encore plus les esprits parce que la performance est lamentable dans
07:44ces cas-là.
07:46Et ce qui est intéressant sur ce plan allemand, est-ce qu'il va délivrer, est-ce qu'il
07:49va y avoir une belle croissance ? On le saura en 2027, quelque part, les anticipations,
07:54c'est passer de 0 à 0,6 et à 1,5, mais c'est sur la structure du marché obligataire.
07:59C'est-à-dire que la quantité de dette allemande en circulation, c'est à 2 600 milliards.
08:03Si on enlève ce que détient la BCE, ce que détiennent les institutions soumises à
08:08solvency, c'est-à-dire les assureurs, il n'en reste plus que 1 700.
08:12Et ça ne tient pas compte du collatéral dans le secteur bancaire.
08:15Et les Allemands vont émettre 800 milliards de dettes.
08:17Donc tout d'un coup, la dette allemande qui était rare devient abondante.
08:21Et ça, ça concourt à plus de primes de terme.
08:24Ça concourt aussi à la compression qu'on a pu observer entre les pays de la zone euro,
08:28à l'exception de la France évidemment, et l'Allemagne.
08:31Dans ce moment-là, l'équipe euro a jamais été aussi soudée depuis notamment la crise
08:36souveraine.
08:37Oui, depuis la crise souveraine.
08:38Mais bon, il y a le problème de la France qui sous-performe en termes d'inflation, en
08:43termes de croissance, instabilité politique.
08:44Je pense que c'est des choses dont vous avez discuté souvent ici.
08:48Oui, et puis même les gens qui nous écoutent et qui habitent en France sont peut-être
08:51même encore plus au courant de ce sujet-là aujourd'hui.
08:55Et avec une possibilité de règlement qui reste pas évidente.
08:59Une issue favorable n'est pas encore évidente de ce point de vue-là.
09:01Voilà, et si on fait le parallèle à l'Italie des années 2010, ça finit par un choc de
09:05marché qui oblige l'État à se reprendre en main budgétairement, fiscalement.
09:10Alors je ne nous le souhaite pas, mais ça nous prend au nez.
09:13Et dans le schéma européen, la Banque centrale européenne peut rester dans une good position
09:22pour longtemps encore ?
09:25Vis-à-vis du stress français, il faut qu'il y ait le choc.
09:28Après, elle est obligée de réagir, un peu comme avec l'Italie il y a dix ans.
09:33Et sinon, non.
09:34Pour l'instant, elle est en bonne position.
09:36Elle est en bonne position.
09:37Elle a fait un excellent travail, la Banque centrale européenne.
09:39Elle a bien fixé les anticipations de taux.
09:41C'est stable sur la partie courte.
09:44J'entends, par exemple, d'investisseurs, des prix obligataires, vous expliquer effectivement
09:48que la BCE a fait le job et plutôt pas mal, malgré des critiques récurrentes
09:53qu'on peut entendre vis-à-vis de notre Banque centrale européenne.
09:57La dimension, sans trop s'attarder, mais la dimension géopolitique, c'est une dimension
10:02qui a des impacts sur vos marchés ou pas, Bertrand ?
10:07Oui, par des voies dérivées.
10:10Mais par exemple, quand M.
10:12Trump annonce un tape sur l'Iran ou dit qu'il va peut-être intervenir en Erran, il y a
10:17le pétrole qui rebondit quasi immédiatement.
10:19Et donc, ça peut faire bouger des anticipations sur ces marchés obligataires ?
10:22Faire bouger les anticipations d'inflation, puis les marchés obligataires par un pochet.
10:27Ou si d'aventure, le Groenland, il se passait quoi que ce soit, ça aurait un impact au-delà
10:32des marchés obligataires.
10:33J'entends.
10:34Donc oui, le fait qu'il y ait M.
10:35Trump aux Etats-Unis, ça crée de la volatilité en soi.
10:38Et pour tout le monde, pas juste sur ces marchés obligataires.
10:40Pas juste sur ces marchés.
10:41Bon, sur le fonds Optimal Income que vous gérez chez Arkea Asset Management, là, si
10:46on se résume, comment est-ce que vous êtes positionnés, effectivement, pour aborder
10:49ce début d'année 2026 ? Après une perte de plus de 5%, c'est ça, pour le fonds, l'an
10:54dernier, c'est ça, 5-20, effectivement.
10:56Comment on tire parti de cet environnement, là, en ce début d'année 2026 ?
11:00Là, on a des primes de risque qui sont relativement faibles, donc on ne cherche pas à, comment
11:05dire, la dimension portage, on la met un petit peu de côté pour garder de la flexibilité,
11:08pour être en capacité de réagir si ou quand il y aura un choc de marché après.
11:12Après, on ne sait jamais.
11:14Donc, l'idée avec la courbe de taux qui s'est redevenue normale, elle s'est repentifiée,
11:18on a les maturités longues qui rapportent plus que le cours, c'est d'investir sur du corporate
11:22investment grade sur la zone 5 à 7 ans.
11:25Là-dessus, on est sur des rendements de type 3,25, 3,50 en ce moment, c'est assez confortable.
11:30Comme l'objectif, c'est Esther plus 3%, avec ça, on part déjà à Esther plus 1.
11:34Et pour le reste, après, c'est toujours être positionné sur la pontification des
11:39courbes de taux, que ce soit en Allemagne ou aux Etats-Unis.
11:42Et là, ça peut se matérialiser de deux façons.
11:43C'est un moins bien économique, la banque centrale baisse leur taux court, ou rester dans
11:48la situation actuelle avec beaucoup de déficit et il y a toujours le long qui en pâtira.
11:55J'ai oublié de l'évoquer tout à l'heure, on a quand même un petit outsider dans tout
11:58ça, c'est la Banque du Japon.
11:59Oui, on en parlait juste avant dans l'éficient.
12:01Non, mais effectivement, et alors ? Ils ont dit du Japon ?
12:03Non, mais le Japon, ils sont très lents à sortir de leur politique monétaire.
12:07Et le fait que le taux de 10 ans japonais ait dépassé les deux, il entre en compétition
12:11directe avec tous les taux européens.
12:13Et les institutions japonaises sont acheteurs de taux européens Goviz, mais ce n'est pas
12:19marginal, c'est 4%, par exemple, sur la France.
12:21Et si ajuster de la couverture, ça rapporte à peine plus.
12:25Alors, comme c'est des assureurs, ils ne vont pas vendre, ils vont juste ne pas réinvestir.
12:30Et donc, on a un investisseur de moins encore sur la dette européenne et française.
12:36Et bon, ça, c'est aussi un facteur de quantification.
12:40Sinon, toujours dans l'allocation, j'aime bien les obligations convertibles, qui sont
12:45une case active particulière.
12:46Mais si on est dans un scénario, la croissance qui tient, l'inflation qui tient, ça va bien
12:51se passer pour elles, en tout cas pour les actions comme pour les taux.
12:55Et après, dans les périodes de calme de marché, c'est à remettre des couvertures de fonds
12:58de portefeuille avec un budget de risque limité.
13:00Il ne faut pas sacrifier la performance.
13:02Mais ce premier dernier, un Liberation Day...
13:04Oui, bis !
13:06En 2026.
13:08Merci beaucoup Bertrand.
13:09Merci d'être venu évoquer pour nous ces enjeux de stratégie obligataire.
13:13Bertrand Prince, gérant obligataire chez Arkea Asset Management, était l'invité de ce dernier
13:17quart d'heure de Smart Pulse.
13:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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