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Mardi 9 juin 2026, retrouvez Hervé Besnard (Fondateur et CEO, Rivage Investment) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:01Générique
00:10Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui des infrastructures, des infrastructures critiques à l'heure où les enjeux de souveraineté
00:20l'emportent en Europe.
00:22Bien sûr, nous en parlons avec le fondateur et directeur général de Rivage Investment à mes côtés en plateau, Hervé
00:27Bénard.
00:28Bonsoir Hervé, merci beaucoup d'être avec nous.
00:30On va parler de Rivage et de l'activité de Rivage, alors qu'il y a une société spécialisée dans
00:35la dette privée d'infrastructures que vous avez fondée en 2010,
00:38donc 15 ans de track record comme on dit, plus de 8 milliards d'euros d'actifs sous gestion aujourd
00:44'hui.
00:44Mais avant de parler spécifiquement de Rivage, je voulais qu'on parle de la classe d'actifs infrastructures.
00:49Parce que je n'avais pas en tête que c'était un savoir-faire aussi français et aussi reconnu mondialement,
00:54Hervé.
00:55Oui, c'est vrai que les infrastructures ont une longue tradition, une longue histoire assez française, pour un certain nombre
01:03de raisons.
01:04D'abord, les infrastructures.
01:06La France est un des pays qui a la plus longue histoire d'impliquer le secteur privé.
01:11Ça fait depuis le 19e siècle qu'on a inventé des concessions pour pouvoir gérer un certain nombre de choses.
01:17Et puis, on a un certain nombre d'acteurs majeurs des infrastructures.
01:21On a des constructeurs parmi les plus gros au monde.
01:23On peut citer Vinci, Bouygues, des acteurs du secteur de l'eau qui sont aussi majeurs comme Veolia.
01:30Et tout ça, ça fait que la France est assez bien positionnée et puis a fait le choix, comme on
01:33le sait tous depuis longtemps,
01:35des infrastructures pour se développer, le TGV, le nucléaire,
01:39qui aujourd'hui prend tout son sens et on sait pourquoi.
01:42Et puis, c'est l'un des secteurs où finalement, l'Europe se défend assez bien par rapport aux Etats
01:46-Unis,
01:47puisque si on regarde la taille de ce secteur,
01:49les infrastructures en Europe sont à peu près un secteur qui a la même taille que celui des infrastructures aux
01:55Etats-Unis.
01:56Ce n'est pas vrai pour tout.
01:57Donc, pour une fois qu'on peut le dire...
01:59C'est un secteur actif pour lequel on peut dire ça même, Hervé.
02:01Absolument. On révalise très bien sur ce secteur-là et tant mieux.
02:06Bon, mais je crois que c'est important de l'avoir en tête.
02:08Une fois qu'on a posé ce décor, Hervé, qu'est-ce qui caractérise là depuis 15 ans,
02:12Rivage Investment, dans l'univers de la gestion d'actifs,
02:15mais dans l'univers des infrastructures plus précisément ?
02:17Non, bien sûr.
02:18Alors, Rivage Investment, on est le leader européen indépendant de la dette infrastructure.
02:24Donc, la société a été créée il y a une quinzaine d'années.
02:27On gère aujourd'hui une petite dizaine de milliards d'euros.
02:31On a 65 collaborateurs qui s'occupent de ces investissements,
02:37qui sont répartis principalement à Paris, mais également à New York et à Londres,
02:42où on a des équipes d'investissement dans ces pays.
02:45Depuis l'origine, on a financé un peu plus de 300 projets d'infrastructures
02:52à travers, là aussi, différentes géographies et différents secteurs.
02:55Bien sûr, l'énergie, bien sûr le digital,
02:59mais également des secteurs un peu plus traditionnels,
03:02les transports, l'eau, la valorisation des déchets.
03:07Historiquement, nos investisseurs sont plutôt des institutionnels.
03:10Aujourd'hui, on a un peu plus de 80 investisseurs institutionnels
03:14qu'on accompagne, principalement des compagnies d'assurance,
03:17des fonds de pension,
03:19en Europe, un tout petit peu en Asie également.
03:23Et donc, on continue à poursuivre notre développement,
03:28notamment en s'ouvrant aussi à une clientèle patrimoniale depuis quelque temps.
03:33Oui.
03:34L'infra est une classe d'actifs adaptée, justement,
03:37à un public différent comme celui de la clientèle patrimoniale, Hervé ?
03:41Alors, oui, c'est vrai que c'est un secteur un peu moins classique
03:45dans l'allocation d'actifs,
03:47mais c'est assez bien adapté parce que les infrastructures,
03:50ça correspond à des actifs essentiels
03:53et à des actifs qui sont assez peu cycliques,
03:58contrairement à la dette corporette ou au secteur du corporette.
04:01Grosso modo, on a besoin de se transporter,
04:04on a besoin d'eau et d'électricité,
04:06quel que soit le point dans le cycle économique.
04:08Et donc, ça donne des actifs qui sont assez résilients,
04:12dont la valeur n'est pas tellement, tellement affectée par les cycles économiques.
04:17Donc, il y a aujourd'hui un intérêt au rendement
04:20qui vient de la demande assez importante
04:23et des besoins d'infrastructures, on va en parler dans un moment,
04:26mais une assez grande résilience
04:29et une diversification dans les portefeuilles d'investissement.
04:31Et les investisseurs institutionnels, on l'a bien compris,
04:35en s'étant positionnés de massignères assez importantes
04:38depuis pas mal de temps sur cette classe d'actifs.
04:40Non seulement c'est une classe d'actifs
04:41qui est relativement insensible, comme vous dites,
04:44au cycle économique, à la conjoncture,
04:46mais dans un monde où les transitions,
04:49je les mets au pluriel,
04:50s'apparentent parfois à des disruptions.
04:52L'innovation va très vite,
04:53on pourra parler du digital.
04:55Dans ce monde entre transition et disruption,
04:57c'est même une classe d'actifs qui bénéficie
04:59de ces mouvements, de ces changements,
05:02de ces ruptures parfois.
05:04Alors oui, c'est vrai qu'on est dans un contexte de marché
05:06qui est assez intéressant pour nous,
05:08puisque je dirais qu'historiquement,
05:10la classe d'actifs infrastructure était assez nécessaire,
05:13mais ça ne faisait pas la une des journaux,
05:15ce n'était pas ce qui créait le plus de croissance
05:18dans nos sociétés et nos économies.
05:20Il n'y avait pas la hype.
05:21Voilà, on n'était pas en haut de la fiche,
05:23on était utile, mais bon,
05:25c'était un petit peu ennuyeux,
05:27ce n'était pas le vecteur de croissance premier.
05:29Le monde a un petit peu changé,
05:30parce qu'aujourd'hui, la croissance, c'est quoi ?
05:33C'est une transition énergétique.
05:35On ne peut plus avoir du gaz abondant de manière certaine,
05:39donc il faut forcer cette transition assez rapidement.
05:41Il n'y a pas 50 moyens de le faire.
05:43Ce sont les énergies renouvelables
05:45et ce sont également les nouveaux secteurs,
05:47le biométhane ou autres,
05:49qui permettent de répondre à ça
05:50de manière indépendante et autonome.
05:52Il y a également la révolution et la transition digitale,
05:56l'intelligence artificielle, les data centers,
05:58et donc là aussi, une sorte de cercle de besoins
06:02avec des besoins d'électricité très importants
06:05pour fournir l'électricité à ces objets.
06:08Et puis enfin, la souveraineté.
06:10On s'aperçoit que nos infrastructures
06:12sont parfois un petit peu à risque
06:14et dépendantes d'autres géographies,
06:17nos chaînes d'approvisionnement également.
06:19Et donc, il faut avoir des infrastructures robustes
06:21pour éviter d'avoir des expositions et des risques
06:24sur cet environnement géopolitique changeant.
06:27Donc, ces trois tendances,
06:29qui sont quand même des disruptions
06:31par rapport au monde qu'on connaissait,
06:33amènent des besoins qui sont très importants
06:37et amènent l'infrastructure à jouer un peu un rôle pivot,
06:39puisque si on n'a pas ces infrastructures,
06:41finalement, on ne va pas réussir
06:43à délivrer le potentiel de croissance de nos économies.
06:46Donc, c'est redevenu, en fait,
06:47une infrastructure qui est au cœur des sujets.
06:49Cette notion, cet enjeu de souveraineté,
06:51ça change quand même profondément les choses,
06:53j'ai l'impression, dans la manière d'investir.
06:55Si on prend l'exemple du digital,
06:58comment, justement, l'enjeu, le besoin d'infrastructures
07:01se caractérise dans le digital en Europe,
07:04sachant que beaucoup estiment
07:07que certaines batailles sont déjà perdues
07:09dans le numérique,
07:10que l'Europe a déjà perdu un certain nombre de batailles
07:13face aux Américains d'un côté,
07:15face à la Chine de l'autre.
07:16Quand je dis perdues certaines batailles,
07:17ça veut dire qu'il y en a peut-être d'autres
07:18qui méritent encore d'être menées
07:20dans cet univers du digital,
07:22avec cet enjeu de souveraineté, notamment, Hervé ?
07:25Oui, tout à fait.
07:27Le digital, effectivement,
07:29l'Europe est un petit peu derrière
07:31par rapport aux Etats-Unis,
07:33en capacité, bien évidemment,
07:35de calcul et notamment de data center.
07:38Mais on a un certain nombre d'atouts
07:39pour accélérer et rattraper notre retard.
07:43Alors, je ne suis pas certain,
07:45il y a des spécialistes qui pourront réfléchir
07:48à ces questions,
07:48qu'on arrivera à avoir des modèles d'IA
07:51qui seront supérieurs à nos amis américains.
07:53Mais en revanche, il y a d'autres secteurs
07:54un peu plus traditionnels
07:56qui sont le cloud,
07:58où l'Europe est très, très en retard,
08:00où les data centers qui sont nécessaires
08:02pour faire tourner ces fameux modèles
08:03d'intelligence artificielle
08:05et qui deviendront peut-être
08:06le moyen aussi de redonner
08:08de la compétitivité à nos économies.
08:10Et pour donner un petit peu
08:12quelques notions de souveraineté,
08:14aujourd'hui, les corporate européens
08:17dépensent environ 265 milliards d'euros
08:20auprès des hackerscalers américains
08:22en achetant toutes sortes de services.
08:23Donc AWS, Google, Microsoft ?
08:26Voilà, et tous ces gens-là.
08:28Et ce qui est d'autant plus embêtant,
08:29c'est qu'aujourd'hui,
08:31il y a l'US Data Act
08:33qui permet notamment aux Américains
08:34d'avoir un accès aux données
08:37où qu'elles soient
08:37à partir du moment
08:38où vous avez un maillon de la chaîne
08:40qui va être teinté
08:41d'un composant américain.
08:43Donc pour être indépendant,
08:44il faut se développer,
08:45il faut construire des data centers.
08:46Il y a un petit chiffre.
08:48Entre aujourd'hui et 2040,
08:49la capacité doit être multipliée par 5.
08:52C'est vrai qu'on a des outils,
08:53notamment en France,
08:55parce qu'en France,
08:55on a une électricité nucléaire,
08:58donc on a une électricité décarbonée
08:59et moins chère que chez nos voisins.
09:01Sauf Bank l'a compris, je crois.
09:02Sauf Bank l'a compris.
09:04C'est très bien identifié
09:05avec cet investissement 75 milliards.
09:07Exactement, 75 milliards
09:08annoncés lors de Choose France.
09:10Et la France, aujourd'hui,
09:12c'est 350 projets de data centers.
09:16Et puis, c'est également un environnement
09:19qui devient de plus en plus porteur,
09:21puisqu'il y a eu récemment
09:24une évolution réglementaire
09:25qui permettra aux data centers
09:26d'avoir des permis
09:28et des autorisations
09:29qui sont beaucoup plus rapides.
09:31Donc, il y a une bonne chance
09:32pour que la France prenne
09:34une position de leader
09:35sur ce marché en Europe.
09:37En tout cas, c'est ce qu'on peut se souhaiter.
09:38Sur la question énergétique,
09:40cette fois, Hervé,
09:43évidemment, puisque l'IA
09:46s'est transformée
09:47de l'électricité en intelligence,
09:49comme nous dit Arthur Mensch,
09:50on comprend, évidemment,
09:52avec cette phrase très éclairante,
09:54je trouve, on comprend
09:54le besoin d'électrification
09:56et les plans s'accumulent.
09:57Il y a cette envie stratégique,
09:59évidemment, des pays européens
10:01d'accélérer sur l'électrification.
10:04Est-ce que vous le constatez ?
10:05Et dans une zone comme l'Europe,
10:07où on parle beaucoup d'hétérogénéité,
10:09avant de parler d'union,
10:10est-ce que vous constatez
10:11différents marchés de l'énergie ?
10:13Est-ce que c'est autant d'opportunités
10:14pour vous,
10:15en tant qu'investisseur
10:17en infrastructures ?
10:18Ou est-ce que ça complique
10:19énormément les choses ?
10:20Ou est-ce qu'il y a quand même
10:21des tendances de fonds
10:22qui sont communes
10:24en matière de stratégie énergétique ?
10:26Bien sûr.
10:26Il y a un petit peu de tout ça.
10:28Alors, effectivement,
10:28les pays européens
10:29ont eu des stratégies
10:31un peu différentes
10:32sur leur production
10:33et leur mix énergétique.
10:35Donc, on peut penser
10:35à la France sur le nucléaire,
10:37on peut penser à l'Allemagne
10:38qui avait misé pas mal
10:40sur le gaz,
10:41on peut penser à la Pologne
10:42qui a encore beaucoup de charbon,
10:43on peut penser à l'Espagne
10:44qui a misé massivement
10:45sur le solaire.
10:47Donc, chaque pays
10:47a un peu un mix énergétique
10:49différent
10:50et il ne faut pas oublier
10:51que l'électricité,
10:52ça ne se transporte pas
10:52si bien que ça.
10:53Au-delà de 500 km,
10:54c'est compliqué.
10:55Donc, il demeure
10:57un certain nombre
10:57de spécificités géographiques
10:59qu'il faut prendre en compte
11:00dans nos investissements
11:01et les orienter
11:02sur les marchés
11:03qui sont les plus porteurs.
11:04Alors, s'agissant
11:05de l'électrification,
11:07en revanche,
11:07c'est une tendance
11:08un peu plus générale
11:09et un peu plus partagée
11:10dans les différents pays
11:12parce qu'elle va essentiellement
11:15dépendre, bien sûr,
11:16du développement
11:17de l'industrie
11:17mais également
11:19des transports
11:20qui sont, bien évidemment,
11:21un gros vecteur
11:23de la demande
11:23en électricité
11:24et on ressent tous
11:25que la question
11:27de la voiture électrique
11:28n'est pas loin
11:29d'un point de bascule.
11:30Ça repart.
11:31Ça repart.
11:32Donc, effectivement,
11:34il faut y aller
11:34et on voit la demande
11:36qui est en train
11:37de croître
11:38sur ces sujets
11:39et qui permet
11:40un certain rattrapage
11:41parce que l'électrification
11:43était un petit peu
11:44en retard
11:44en Europe
11:45par rapport
11:45à ce que voulait
11:46la puissance publique
11:47et puis un petit peu
11:48les plans de prévision.
11:49Donc, il y a un phénomène
11:50de rattrapage en ce moment
11:52qui est poussé aussi
11:53par des prix de l'énergie
11:54qui sont très élevés
11:55et notamment, bien sûr,
11:57du pétrole.
11:58Bon, effectivement,
11:59ça participe du réveil européen
12:02avec un monde
12:03en train de se recomposer
12:05sous nos yeux
12:05et ces enjeux de souveraineté
12:07qui viennent aujourd'hui
12:07guider un bon nombre
12:08d'investissements
12:09notamment dans le domaine
12:10des infrastructures critiques.
12:12Merci beaucoup Hervé.
12:13Merci d'être venu
12:14nous éclairer
12:15sur ces enjeux
12:16et ce lien
12:17entre l'investissement
12:18en infrastructures
12:18et la question
12:19de la souveraineté européenne
12:21aujourd'hui.
12:22Hervé Bénard,
12:22fondateur et directeur général
12:24de Rivage Investment
12:25était l'invité
12:25de ce dernier quart d'heure
12:26de SmartPourse.
12:27Sous-titrage Société Radio-Canada
12:33Sous-titrage Société Radio-Canada
12:35Sous-titrage Société Radio-Canada
12:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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