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  • il y a 12 heures
Dans ce nouvel épisode de "Chocs du monde", le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL, Edouard Chanot reçoit Hervé Carresse, ancien colonel de l'armée de terre, breveté de l’École de guerre et spécialiste de la gestion de crise.

Trump veut une “victoire complète” contre l’Iran. Selon plusieurs sources, le président américain envisage de reprendre l’opération "Project Freedom" - visant à guider les navires à travers le détroit d'Ormuz - et même des frappes aériennes. Téhéran de son côté refuse de “courber la tête” selon son président Massoud Peseshkian.

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Transcription
00:20Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
00:25Donald Trump veut une victoire complète contre l'Iran, selon le média Axios, le média d'investigation Axios citant des
00:33sources internes à la Maison-Blanche.
00:35Le président américain envisage de reprendre l'opération Project Freedom visant à guider les navires à travers le détroit d
00:42'Hormuz et même des frappes aériennes.
00:44Téhéran, de son côté, refuse de courber la tête, selon son président Massoud Pézechkian.
00:50La tension reste vive, très vive donc, surtout depuis les violents accrochages de la semaine dernière.
00:56Pour en parler, je reçois Hervé Cares. Hervé Cares, bonjour.
00:59Bonjour Edouard.
01:00Merci beaucoup de répondre une nouvelle fois présent à l'appel de Choc du Monde.
01:03Nous sommes ravis de vous revoir.
01:05Je rappelle que vous êtes ancien colonel de l'armée de terre, breveté de l'école de guerre et spécialiste
01:10de la gestion de crise.
01:12Alors justement, j'ai envie de vous demander comment faut-il gérer cette crise, mais je vais essayer de le
01:16faire avec un peu plus de précision.
01:19Rétro-pédalons donc.
01:21Dimanche, via le médiateur pakistanais, les Iraniens ont proposé la fin de la guerre sur tous les fronts, en particulier
01:27au Liban, et réclament la sécurité de la navigation maritime.
01:31Trump a jugé cela, je cite, inacceptable.
01:34Pour lui, le cessez-le-feu est en assistance vitale.
01:38Il le disait hier, je vous propose de l'écouter.
01:40Pour le moment, le cessez-le-feu est toujours en place.
01:43Il est incroyablement faible, je dirais.
01:46Je dirais même que c'est le plus faible que j'ai vu, surtout après avoir lu ce ramassis de
01:51conneries qu'ils nous ont envoyés.
01:52Je n'ai même pas fini de le lire.
01:54Je me suis dit, est-ce que je vais vraiment perdre mon temps à lire ça ?
01:58Je dirais que c'est l'un des plus faibles.
02:00En ce moment, il est sous-respirateur artificiel.
02:03Vous êtes tous des gens du milieu médical ici.
02:06Docteur Rose, être sous-respirateur, ce n'est pas bon signe.
02:10Vous êtes d'accord ?
02:12Je dirais que ce cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, au point où le médecin entre dans la
02:17chambre et dit,
02:18monsieur, votre proche n'a qu'environ 1% de chance de s'en sortir.
02:251% de chance de s'en sortir, donc 1% de chance de s'en tenir.
02:29Alors, est-ce de la rhétorique de Donald Trump ou est-ce plus sérieux, selon vous, mais plus réellement, au
02:35niveau plus stratégique, je dirais.
02:37S'agit-il d'une vraie impasse stratégique ou d'une manœuvre de négociation, selon vous, pour obtenir évidemment davantage
02:43que la réouverture du détroit ?
02:44Oui, alors d'abord, je pense qu'on peut constater les limites de l'hypercommunication et du style du président
02:50Trump,
02:51qui est toujours un style un petit peu outrancier et humoristique, dans un contexte international tendu.
02:56Alors, c'est un style qui avait été assez efficace au plan interne pour conquérir le pouvoir aux États-Unis
03:03et remporter les élections.
03:05Mais là, on voit très clairement qu'il atteint des limites.
03:08Et surtout, je pense qu'il parasite et nuit à la diplomatie américaine, qui met tout en œuvre pour sortir
03:15le plus rapidement possible de cet impasse stratégique.
03:18Parce que, de fait, les Américains sont dans une impasse stratégique.
03:23Ils ont très mal évalué les possibilités et les capacités de leur adversaire, en l'occurrence l'Iran,
03:30un pays qui a une histoire stratégique qui est ancienne, puisqu'il ne faut pas oublier que ce sont eux
03:37qui ont en partie inventé le jeu d'échecs,
03:40et que c'est un pays qui a subi et participé à dix ans de guerre entre 1980 et 1988
03:48contre l'Irak,
03:50alors qu'à cette époque, l'Iran était un pays quasiment isolé face à l'Irak,
03:55alors que la plupart des pays occidentaux soutenaient l'Irak à ce moment-là contre l'Iran.
04:00– Y compris les États-Unis, d'ailleurs, qui se sont intervenus à certains moments.
04:04– Y compris les États-Unis.
04:05Donc, c'est un pays qui est résilient et, au-delà des particularités du régime qui dirige ce pays depuis
04:14la fin des années 70,
04:16qui est dirigé par des hommes qui sont des stratèges, et qui se sont longuement préparés à cette guerre,
04:23aussi bien sur le plan technique que sur le plan des stratégies à mettre en œuvre.
04:28Alors, comme je dis souvent, il faut partir des centres de gravité, des belligérants,
04:34lorsqu'il y a un conflit, et c'est important de les identifier, de voir comment ils évoluent
04:40au travers de l'évolution des opérations du conflit.
04:44– Je me permets de vous interrompre à ce moment-là de votre propos,
04:47puisque vous publiez justement ces analyses sur vos réseaux, nous les avons,
04:52et vous pouvez les voir justement à l'écran, les analyses d'Hervé Carreès sur les objectifs stratégiques,
04:58les centres de gravité, les critères de succès des trois belligérants, mais je vous en prie, continue.
05:02– Oui, alors, les outils que j'utilise pour analyser, ce sont les outils que j'utilise aussi
05:06dans mon métier de conseil en gestion et communication de crise,
05:09et ce sont des outils qui n'ont rien de nouveau.
05:11N'importe quel officier qui ait participé à des opérations de planification, on les connaît,
05:16puisque la première étape dans une planification stratégique, qu'elle soit chaude ou froide,
05:22c'est-à-dire chaude en mesure d'être mise en œuvre dans le cadre d'une opération militaire ou
05:26froide,
05:27très en amont, très en amont, eh bien c'est d'identifier les centres de gravité de l'adversaire
05:31et également ses propres centres de gravité de manière à les défendre,
05:36défendre ses propres centres de gravité, mais surtout attaquer les centres de gravité de l'adversaire.
05:40Donc, de manière très très rapide et très schématique, d'emblée, le détroit d'Hormuz
05:48apparaissait comme un centre de gravité central d'intérêt mondial dans ce conflit.
05:54Et il était fort probable que dès le début des opérations et dans le suivi de ces opérations,
06:04eh bien les intérêts de chaque belligérant allaient se focaliser sur ce centre de gravité
06:11qui, de fait, handicap toute l'économie mondiale et inquiète au-delà de la zone du détroit d'Hormuz.
06:19– Bien plus que les capacités militaires iraniennes, donc, pour vous, c'était cet avantage,
06:25comment doit-on le qualifier, géographique ?
06:28– Oui, c'est un avantage stratégique qui est indéniable,
06:31qui est comparable à la maîtrise du détroit de la mer Noire par la Turquie,
06:38alors même s'il est régi par des conventions qui sont différentes,
06:42mais on voit très bien que… Comment ?
06:45– Oui, très intéressant l'analogie avec le détroit d'Hormuz.
06:47– Ah oui, les conventions… – Avec le Bosphore, bien sûr.
06:49– Le Bosphore, les conventions sont différentes,
06:51puisque c'est les conventions de Montreux qui déterminent l'utilisation
06:56ou la fermeture du détroit du Bosphore,
06:59alors que là, originellement, on était sur le droit maritime international.
07:03Donc, les déclarations de Montée-Gobé.
07:07Donc, on est sur un avantage stratégique qui est énorme de la part des Iraniens,
07:14et on voit que tout se focalise autour du détroit d'Hormuz.
07:18Alors, ça se focalise autour du détroit d'Hormuz parce qu'il y a environ
07:23plusieurs centaines de navires qui sont coincés, il me semble que c'est 3000 navires,
07:26je ne suis pas certain du chiffre, qui sont coincés à l'intérieur du Golfe Persique.
07:30Mais on oublie aussi également les destructions qui ont été perpétrées
07:34sur les installations pétrochimiques des pays du Golfe,
07:38et qui, de manière durable, peuvent handicaper l'économie mondiale.
07:43Bien sûr. Alors, au vu de...
07:44Bon, vous analysez les centres de gravité, mais aussi donc les critères de succès.
07:50Au vu de votre analyse, est-ce à l'heure actuelle donc un match nul
07:53ou vous considérez qu'il y a l'un des trois belligérants qui a un avantage décisif ?
07:58Je dis bien trois parce qu'il y a évidemment Israël qu'on oublie de plus en plus peut-être.
08:01Alors, un affrontement stratégique, c'est plus une affaire d'intelligence et de volonté que de moyens.
08:08C'est qu'il faut avoir la réflexion qui permet de prendre le dessus par rapport à l'adversaire,
08:14et ensuite la volonté de tenir dans le temps face au riposte de l'adversaire.
08:19En l'état des... la position des pions sur l'échecquier, de l'échecquier de cette guerre,
08:26eh bien très clairement, ce sont les Iraniens qui ont l'avantage.
08:29Et c'est d'ailleurs pour cela que les Américains sont dans une forme d'errement stratégique
08:35pour tenter de trouver une sortie honorable pour eux à ce conflit.
08:40On a eu chaud un peu la semaine dernière quand même avec la tentative américaine d'escorter des pétroliers,
08:45tentative ayant conduit à des accrochages assez violents, à des tirs de missiles sur des destroyers de l'US Navy
08:50et à des frappes américaines sur la côte iranienne et contre des pétroliers ce week-end.
08:54L'escalade a été contenue à ce moment-là, mais le cessez-le-feu, encore une fois, est très fragile,
08:58surtout que selon plusieurs sources déjà évoquées, Donald Trump envisagerait de reprendre cette opération
09:02qui a, la semaine dernière, duré 36 heures.
09:05Les deux adversaires sont-ils, à votre avis, trop fatigués pour reprendre les hostilités ?
09:09Alors, les deux adversaires, c'est dans une logique stratégique,
09:14de scénario de reprise des hostilités, ils se préparent à reprendre les hostilités.
09:20Dans ce cadre-là, on en revient au centre de gravité de chaque adversaire.
09:24La question, c'est de savoir dans quelle mesure ils ont les moyens de reprendre les hostilités
09:29et durant combien de temps ?
09:31Aussi bien le côté américain et israélien en termes de moyens offensifs,
09:36de vecteurs offensifs, de munitions offensives, mais surtout de munitions défensives.
09:41Il ne faut pas oublier que les pays du Golfe ont été durement touchés.
09:47Les pays du Golfe où il y avait des bases américaines,
09:49et notamment les bases américaines, ont été durement touchés par la riposte iranienne
09:55durant cette guerre.
09:57L'État d'Israël a également été durement touché,
10:00même s'il y a une censure très compréhensible sur le résultat des frappes iraniennes.
10:08Donc, il y a probablement également une difficulté en termes de munitions défensives
10:14pour assurer la protection des pays qui avaient été frappés par les tirs iraniens.
10:21Le deuxième point, c'est côté iranien.
10:24Côté iranien, il y a eu bien sûr plusieurs analyses des destructions
10:32du dispositif militaire iranien par la coalition.
10:37Elles sont souvent optimistes et certaines sont réalistes.
10:40Les dernières estiment que 70% des vecteurs iraniens sont toujours en état
10:47de frapper leurs adversaires si jamais les hostilités reprenaient.
10:52Or, dans le cadre d'une reprise éventuelle des opérations,
10:59très probablement à l'initiative de la coalition,
11:01c'est-à-dire des États-Unis et d'Israël,
11:03la question à se poser, c'est dans quel but, quel objectif,
11:07et surtout le rapport bénéfice-risque.
11:13Espérer...
11:14Dans l'esprit de Donald Trump, c'est de contraindre diplomatiquement,
11:17bien sûr, le pouvoir iranien.
11:18Espérer faire plier un pays comme l'Iran,
11:21qui a tenu pendant dix ans contre un adversaire,
11:26c'était à l'époque de la guerre Iran-Irak,
11:28et qui depuis les années 70, fin des années 70,
11:32est sous sanctions, et qui a réussi d'ailleurs à développer une économie
11:38un petit peu parallèle qui permet de détourner les sanctions,
11:41c'est quand même une prise de risque qui est quand même importante,
11:44alors que très rapidement, en cas de reprise des hostilités,
11:48sur le même pied que les affrontements antérieurs,
11:53eh bien, il est très clair que tous les pays du Golfe,
11:56et notamment les Émirats Arabes Unis,
11:58vont devenir des cibles majeures pour les Iraniens.
12:03Alors, vous parlez des Iraniens,
12:05le ministère iranien des Affaires étrangères
12:07tente lui aussi d'imposer, bien entendu, son point de vue.
12:10Alors, je vous propose de l'écouter,
12:12pour comprendre l'autre partie, l'autre belligérant.
12:15Écoutons son porte-parole hier.
12:24L'Iran a prouvé qu'il était une puissance responsable dans la région,
12:27et pourtant, nous ne sommes pas des tyrans bien au contraire,
12:30nous nous opposons à toute forme d'intimidation.
12:33Il suffit de juger nos actes.
12:34Est-ce nous qui avons lancé une campagne militaire
12:36contre l'Amérique à des milliers de kilomètres de distance ?
12:39Est-ce nous qui avons tué 170 innocents en une seule journée ?
12:42Est-ce nous qui intimidons Cuba,
12:44le Venezuela et d'autres pays de l'hémisphère occidentale ?
12:47Est-ce nous qui, au cours d'un processus diplomatique,
12:50avons commis un crime aussi grave à deux reprises ?
12:53Attaquer un pays, détruire ses infrastructures
12:55et assassiner son dirigeant et ses citoyens,
12:57est-ce là un exemple de comportement responsable ?
13:12Sur un plan moins moral, j'ai envie de dire,
13:15le ministre de l'énergie iranien, Morsen Paknejad,
13:18a déclaré hier, dans les médias d'État iranien, bien sûr,
13:21que Teheran avait anticipé les effets du blocus américain
13:24sur les secteurs pétroliers.
13:25Alors, bien sûr, il a reconnu les défis posés par ce blocus
13:28les premiers jours, mais il en a donc relativisé les effets.
13:32Vous évoquiez le jeu d'échec.
13:33Comment expliquer que les Iraniens, et semble-t-il,
13:36bien sûr, corrigez-moi si je me trompe,
13:37mais comment comprendre pourquoi,
13:40comment les Iraniens ont autant de coups d'avance
13:43sur Donald Trump ?
13:44C'est tout l'art de la stratégie, justement.
13:47Et c'est là où on voit que cet affrontement des intelligences
13:50entre les stratèges américains et les stratèges iraniens,
13:55eh bien ce sont les stratèges iraniens qui sont en train
13:59de remporter cet affrontement des intelligences.
14:02Alors, pourquoi le blocus, le blocus du blocus,
14:06a un effet, on peut considérer, limité sur l'économie iranienne ?
14:10D'abord, c'est une économie, comme je l'ai dit,
14:12qui, depuis la fin des années 70, est sous sanction,
14:15donc a l'habitude de fonctionner de manière différente
14:20de la plupart des économies.
14:21Et surtout, c'est un pays qui, même s'il est isolé
14:26sur le plan maritime par ce blocus,
14:29qui reste quand même un blocus qui n'est pas totalement hermétique,
14:32parce qu'il est très difficile d'arrêter toute circulation
14:35de bateaux sur une zone comme ça, qui est quand même importante.
14:37Je parle de la sortie du Golfe Persique.
14:41Il n'est pas isolé. Pourquoi il n'est pas isolé ?
14:42Parce qu'il est quand même en relation, via la mer Gaspienne,
14:45avec la Russie.
14:47D'où, d'ailleurs, les frappes israéliennes
14:48sur les portes de la mer Gaspienne
14:50au début de cette guerre.
14:55Ensuite, il a également des relations terrestres
14:57avec le Pakistan, qui joue un jeu très, très particulier,
15:01propre à sa situation géopolitique.
15:04Et, via le Pakistan, il est en relation également avec la Chine.
15:07J'en reviens à la perspective américaine.
15:10Dimanche, Robert Kagan a publié une tribune
15:12dans The Atlantic.
15:13Alors, Robert Kagan, c'est lui.
15:15C'est le mari de Victor Nellunland,
15:16l'ancien secrétaire d'État chargé de l'Europe
15:18et donc de l'Ukraine à l'époque.
15:20Et c'est l'un des penseurs néoconservateurs
15:22les plus importants depuis 25 ans.
15:24Selon Kagan, donc, en dépit d'une campagne de 37 jours,
15:28les États-Unis viennent de subir une défaite stratégique
15:30décisive face à l'Iran, une défaite sans équivalent
15:33depuis des décennies, bien plus grave, selon lui,
15:36que les guerres du Vietnam, d'Afghanistan ou encore d'Irak.
15:39Encore une fois, selon Kagan, cette défaite accélère
15:42l'ajustement du monde à une ère post-américaine
15:44où les grandes puissances devront désormais assurer
15:46elles-mêmes leur sécurité énergétique.
15:49D'après lui, les États-Unis sont devenus un tigre de papier,
15:53une expression, d'ailleurs, que Donald Trump avait employée
15:55visant l'OTAN.
15:56Êtes-vous d'accord avec lui, Hervé Caress ?
15:58Où plaide-t-il, en creux, selon vous, pour l'impérialisme ?
16:01D'abord, je pense que Robert Kagan ne manque pas de culot
16:05de commenter de cette manière-là l'intervention américaine.
16:09Lui qui a été un fervent partisan de l'interventionnisme américain
16:12durant les années précédentes
16:14et qui est très certainement à l'origine
16:16de plusieurs catastrophes stratégiques américaines
16:20et géopolitiques.
16:21Alors, la comparaison avec la guerre du Vietnam,
16:27je ne sais pas jusqu'à quel point on peut la faire
16:30parce que la situation est quand même différente
16:33dans la mesure où la guerre du Vietnam,
16:35il y avait l'appui à un pays allié des États-Unis
16:40puisque c'était le Vietnam du Sud.
16:42Là, on est sur une opération de reconfiguration stratégique
16:48qui a raté et géopolitique qui a raté
16:51puisque derrière cette guerre,
16:53et même s'il y a eu une très très forte influence
16:55de la part du lobby pro-israélien
16:57au sein du gouvernement américain,
17:00à commencer par les deux négociateurs
17:01qui sont tous les deux de confession juive
17:03et même un des négociateurs,
17:07Kouchner,
17:09qui a d'ailleurs même sponsorisé
17:11certaines des implantations directement,
17:13financé certaines des implantations
17:14de colons en Cisjordanie.
17:16Donc ce sont forcément des interlocuteurs
17:20qui étaient orientés,
17:22très favorables aux intérêts israéliens
17:24et surtout, à mon avis,
17:28soupçonnés de favoritisme
17:30ou de manque d'impartialité
17:34de la part des Iraniens.
17:35En tous les cas, on n'en est plus là.
17:38Alors cette comparaison avec la guerre du Vietnam,
17:41comme je vous le dis,
17:42elle est un petit peu exagérée.
17:46Alors évidemment, elle porte auprès du public américain
17:48puisque c'est la cible
17:49qu'il y a derrière cette déclaration.
17:53C'est en fait affoler le public américain
17:56et notamment les soutiens à Donald Trump
17:58puisque dans quelques mois,
17:59il y aura les fameuses élections de mid-terme.
18:02Non, actuellement,
18:03on est face à une tentative
18:05de reconfiguration géopolitique
18:07qui a raté
18:07parce que l'adversaire
18:10auquel s'affrontent les États-Unis,
18:12c'est un adversaire qui est solide
18:15sur le plan stratégique,
18:16qui s'est préparé à cette guerre
18:17et qui a des alliés,
18:19même s'ils sont discrets,
18:20qui sont opérants,
18:21des alliés puissants,
18:23à commencer par la Chine et la Russie.
18:25Et je ne serais pas étonné,
18:27je pense même que c'est inévitable,
18:28que lors de sa visite prochaine en Chine,
18:31donc le 15 mai,
18:32le président Trump
18:33va tenter d'actionner
18:35un levier diplomatique
18:37via la Chine.
18:38De la même manière
18:39qu'il avait tenté
18:39il y a quelques semaines
18:40d'actionner un levier diplomatique
18:42via la Russie.
18:44Donald Trump, pardon,
18:45Robert Kagan
18:47évoque encore une fois
18:48dans son article
18:48les conséquences désastreuses
18:50pour les États-Unis.
18:51Israël, dit-il, sort isolé
18:53tandis que les monarchies du Golfe
18:54privées de la protection américaine
18:56devront composer avec Téhéran
18:58et puis, bien sûr,
18:59la Chine et la Russie
19:00que vous évoquez,
19:01alliés de l'Iran,
19:01verraient leur position renforcée.
19:03Je rappelle donc,
19:04comme vous le dites,
19:05que Donald Trump
19:05doit arriver dans 48 heures
19:07à Pékin.
19:07Difficile d'être en désaccord
19:09avec Robert Kagan
19:10sur ces trois principaux points,
19:12ces trois principales conséquences
19:13du conflit en Iran.
19:15Oui, alors,
19:16ce que l'on peut constater,
19:18c'est que pour la plupart
19:19de ceux qui avaient suivi
19:20les ambitions
19:21de politique internationale
19:23de l'administration Trump,
19:24qui avaient été écrites
19:27dans la politique
19:31de stratégie des États-Unis
19:35et qui est paru
19:36en novembre 2025,
19:38de mémoire,
19:39d'une certaine manière,
19:41c'était une recherche
19:43de la sécurité
19:44par la coopération
19:45plus que par la confrontation.
19:47Et de manière
19:48très, très surprenante,
19:50on voit cette administration
19:51qui se lance dans cette guerre
19:53et une guerre
19:54qui est mal préparée
19:56ou du moins
19:56dans laquelle
19:57on a très, très mal évalué
19:58l'adversaire.
20:01Alors,
20:02assurer la sécurité
20:03par la confrontation,
20:05malheureusement,
20:05on s'aperçoit
20:06que ça ne fonctionne pas,
20:07que ça soit dans la guerre
20:10en Ukraine,
20:11entre la Russie
20:13et puis les alliés
20:14de l'Ukraine
20:15qui se sont
20:19impliqués
20:19dans une guerre
20:20qui, au départ,
20:22relevait des intérêts
20:22géopolitiques américains.
20:24Eh bien, là,
20:25de la même manière,
20:27on constate
20:28que la sécurité
20:29par la confrontation,
20:30ça ne fonctionne pas.
20:31Bien au contraire,
20:32ça rajoute
20:33de l'insécurité.
20:34Donc,
20:35il est très probable
20:36que les pays arabes,
20:38les pays du Golfe
20:39qui ont bien compris
20:40et qui ont constaté
20:42qu'avoir des bases américaines
20:44à partir desquelles
20:45des opérations offensives
20:46sont conduites
20:47contre l'Iran,
20:48ce n'est pas un gage
20:49de sécurité,
20:50mais au contraire,
20:50un gage d'insécurité.
20:51Donc,
20:52ils vont très certainement
20:53revoir
20:55leurs vieilles alliances
20:57avec les États-Unis.
20:59Alors,
20:59bon,
21:00le premier allié
21:00des États-Unis,
21:01ça reste évidemment
21:02Israël.
21:03On entend assez peu
21:04parler de la politique,
21:06enfin,
21:06des initiatives israéliens
21:07ces derniers temps
21:09comparativement
21:09à il y a un mois.
21:11Benjamin Netanyahou
21:12a répondu
21:12à une interview
21:13dimanche,
21:1460 minutes,
21:1560 minutes.
21:16Je vous propose
21:16d'écouter un extrait.
21:19Comment envisager
21:20comment envisagez-vous
21:21le retrait
21:22de l'uranium
21:22hautement enrichi
21:23d'Iran ?
21:24On y va
21:25et on le retire.
21:27Avec quoi ?
21:28Des forces spéciales
21:29américaines,
21:29des forces spéciales
21:30israéliennes
21:31agissant de concert
21:32sous supervision
21:33internationale ?
21:33Comment ?
21:35Je ne vais pas parler
21:36de moyens militaires,
21:37mais le président Trump
21:38m'a dit,
21:38je veux y aller.
21:39Il l'a dit publiquement
21:40et je pense qu'il a raison.
21:41Il est très déterminé.
21:43Je pense que c'est faisable
21:44physiquement,
21:44ce n'est pas le problème.
21:46S'il y a un accord,
21:47si on y va
21:47et qu'on le retire,
21:48pourquoi pas ?
21:49C'est la meilleure solution.
21:57On y va
21:58et on le retire.
21:59Quand on écoute
22:00les vats en guerre,
22:01Hervé Caress,
22:01tout paraît simple,
22:02mais est-ce vraiment
22:03si simple ?
22:04D'abord,
22:06la stratégie israélienne
22:08est toujours la même
22:09depuis la fondation
22:11de l'État d'Israël
22:12en 1948.
22:13C'est un,
22:14la profondeur stratégique,
22:16deux,
22:16la sécurité
22:18des citoyens israéliens,
22:20donc du territoire israélien
22:21et trois,
22:21la continuité territoriale.
22:23Donc,
22:23on est dans une stratégie
22:24qui est quasiment immuable
22:25de quels que soient
22:26les gouvernements.
22:27Et qui semble d'ailleurs
22:28à tous les égards,
22:30si on comprend
22:31vos trois points,
22:33existentiel
22:33depuis son début en fait.
22:35Existentiel,
22:35oui,
22:36parce que c'est
22:36un tout petit territoire
22:37et puis il y a une histoire
22:38qui est propre
22:40au peuple juif,
22:41celle des pogroms
22:41qui fait qu'il y a
22:43également une forme
22:43d'inquiétude,
22:45on va dire,
22:46existentielle,
22:47voire de paranoïa
22:47chez certains
22:49des dirigeants israéliens.
22:51Paranoïa
22:52et puis également
22:52des volontés impérialistes
22:54sur certaines zones,
22:55notamment de la part
22:56des membres
22:57les plus extrémistes
22:58du gouvernement
22:59Netanyahou.
23:00Alors,
23:01depuis de nombreuses années,
23:03les Israéliens
23:04rêvaient
23:05d'impliquer directement
23:07les États-Unis
23:07dans un conflit
23:08avec l'Iran.
23:11Ils ont réussi.
23:12Ils ont réussi.
23:13C'est le cas.
23:14Donc leur intérêt,
23:15c'est qu'au contraire,
23:16il n'y ait pas de solution
23:17diplomatique
23:18à ce conflit,
23:19mais que la situation
23:21s'envenime
23:21et que le conflit
23:23perdure
23:23jusqu'à ce qu'ils espèrent
23:26une forme d'épuisement,
23:28il y ait une forme
23:29d'épuisement
23:29de l'Iran,
23:31dans le meilleur des cas,
23:33et peut-être,
23:34alors c'est l'objectif
23:35qu'ils avaient au départ,
23:36un changement de régime,
23:37ce qui est assez peu probable
23:39lorsque l'on observe
23:40ce qui se passe
23:41actuellement en Iran.
23:42Alors...
23:43En dépit des revendications
23:44de Donald Trump
23:45selon lesquelles
23:46le changement de régime
23:47aura eu lieu
23:48à la suite de frappes,
23:49bien sûr,
23:50d'élimination,
23:50évidemment,
23:51au sein du pouvoir iranien.
23:53Oui,
23:53c'est d'ailleurs
23:54assez ironique
23:55de remarquer
23:56que c'est justement
23:56parce qu'ils ont éliminé
23:57les dirigeants iraniens
23:58du début du conflit
24:00qu'ils sont confrontés
24:01maintenant à des militaires,
24:03puisque ce sont des militaires
24:04qui dirigent l'Iran,
24:05que ce soit
24:05des militaires purs
24:07des forces armées iraniennes
24:08ou alors les gardiens
24:09de la révolution,
24:10et c'est eux
24:10qui ont pris le pouvoir,
24:11donc des dirigeants
24:13qui sont plutôt...
24:15qui ont une vision
24:16plutôt assez dure
24:20des relations
24:21avec les États-Unis
24:23et puis Israël,
24:25et puis un dirigeant suprême
24:29qui est très, très amenuisé
24:31suite aux frappes
24:33qui ont porté
24:35sur sa maison
24:36et sa famille.
24:36D'ailleurs,
24:36il a perdu son père,
24:38il a perdu son épouse,
24:39de mémoire,
24:40il a perdu plusieurs
24:40de ses enfants,
24:41donc je doute
24:42qu'au-delà
24:43des dommages physiques
24:44qu'il a subis,
24:45il soit très enclin
24:46également à négocier
24:47de manière souple
24:48avec des adversaires
24:50qui l'ont touché
24:51directement dans sa chair
24:52et dans sa famille.
24:53Alors, il reste le sujet,
24:55bien sûr,
24:56cette fameuse focale
24:59des capacités iraniennes
25:00en matière nucléaire,
25:01et notamment avec
25:02ces 440 kilos
25:04d'uranium enrichi
25:05à 60%
25:06que les États-Unis
25:08voudraient absolument
25:09récupérer,
25:10et surtout que
25:12les membres
25:13de la coalition,
25:13c'est-à-dire les États-Unis
25:14et Israël,
25:15voudraient s'assurer
25:17que l'Iran
25:18n'aurait plus
25:20jamais la capacité
25:21d'avoir accès
25:22à des armes nucléaires.
25:24Alors ça,
25:25c'est un enjeu
25:26qui est fondamental,
25:27très probablement
25:28pour la sécurité
25:30d'Israël,
25:30mais qui va se heurter
25:32à la réalité
25:33et à la possibilité
25:35de réaliser,
25:36en fait,
25:37cette confiscation
25:39d'une certaine manière
25:39de l'uranium enrichi
25:41qui est détenue
25:42par les Iraniens.
25:43Et c'est en cela
25:44que les Russes
25:45peuvent offrir,
25:47ils l'ont déjà fait d'ailleurs,
25:48bien avant le début
25:49de la guerre,
25:50ils avaient déjà offert
25:51de récupérer
25:52le stock
25:53d'uranium enrichi
25:54iranien.
25:55Alors il faut savoir
25:56que les Russes
25:56et les Iraniens
25:57ont des accords
25:58justement de coopération
26:00nucléaire
26:00et que justement
26:01les Russes
26:02ont,
26:03dans ces accords
26:04de coopération nucléaire,
26:06ont stipulé
26:06que ces accords
26:08de coopération
26:09cesseraient
26:10dès qu'ils s'apercevraient
26:11qu'il y aurait
26:12une volonté
26:13d'enrichissement
26:14d'uranium
26:15avec des fins nucléaires,
26:17avec un but,
26:17avec des fins militaires,
26:18pardon,
26:19avec une fin militaire.
26:22Donc derrière
26:23ces déclarations
26:24de Netanyahou,
26:25il y a également
26:26la faisabilité
26:29opérationnelle
26:29de récupérer
26:30ce stock.
26:31Il faut se rappeler
26:32qu'il y a quelques semaines,
26:33il y a eu une opération
26:34qui a été habilement,
26:35certainement,
26:36pas maquillée,
26:38transformée
26:39en réussite
26:40d'exfiltration
26:41de deux pilotes
26:43américains
26:44dont l'avion
26:45avait été abattu.
26:46Mais il est très probable
26:47que cette opération
26:48de communication
26:49qui a été d'ailleurs
26:50adroitement menée,
26:51en fait,
26:52masquait une autre opération
26:53qui était très probablement
26:55liée
26:55à la détermination
26:57peut-être
26:58ou la confiscation
27:00éventuelle
27:01de certaines parties
27:04de ce stock
27:05d'uranium
27:05en rachet.
27:06L'hypothèse a circulé,
27:08en effet.
27:08Même si cela pose
27:09énormément de questions
27:10sur le plan
27:11de la sécurité
27:11nucléaire,
27:12puisqu'il faut
27:13transporter
27:13des matières
27:13radioactives
27:14et également
27:15le poids
27:15des éléments
27:17qui sont visés.
27:19Une hypothèse,
27:20en effet,
27:20qui mériterait
27:20d'être approfondie.
27:21Le cessez-le-feu
27:22est aussi si fragile
27:23au Liban.
27:252 900 morts,
27:25rappelons-le,
27:26sont enregistrées
27:27aujourd'hui.
27:28L'étincelle peut-elle,
27:29selon vous,
27:30repartir de ce front
27:31qui, rappelons-le,
27:31est évidemment
27:32lié à l'Iran.
27:34Ou Israël,
27:35selon vous,
27:35a-t-il atteint
27:35ses objectifs
27:36en rasant,
27:37rappelons-le,
27:38une demi-douzaine
27:38de villages ?
27:39Là,
27:39on est tout à fait
27:40dans les trois points
27:42que je vous ai exposés
27:43sur le plan
27:43de la stratégie israélienne.
27:46Donc là,
27:46c'est la profondeur stratégique.
27:49De la même manière
27:49qu'ils ont annexé
27:52de manière illégale
27:53le Golan
27:54et ses contreforts,
27:55ils cherchent
27:56à annexer
27:57le Sud-Liban
27:58en créant
27:59une bande
28:00de sécurité.
28:01Alors,
28:01ce n'est pas nouveau.
28:02puisque dans les années 80,
28:04ils avaient également
28:05occupé cette zone-là.
28:06Donc là,
28:06ils reviennent
28:07sur cette zone-là
28:08en pratiquant
28:09une politique
28:09qui est comparable
28:10à celle
28:10qu'ils ont pratiquée
28:12sur la bande de Gaza
28:12puisqu'en fait,
28:14ils détruisent
28:15toutes les zones
28:16où il y aurait
28:17possiblement
28:18des connexions
28:19entre l'habitat
28:20civil
28:21et puis
28:22les opérations
28:23et les infrastructures
28:24militaires
28:25du Hezbollah.
28:26Et après avoir
28:27bombardé ces zones-là,
28:28notamment les villages,
28:29eh bien,
28:30ils les rasent
28:30avec des bulldozers.
28:32Donc,
28:32ils sont en train
28:32de créer
28:33un no-man's land.
28:34Le problème,
28:35c'est qu'en face,
28:35ils sont confrontés
28:36à un Hezbollah
28:37qui a évolué
28:38sur le plan tactique,
28:40qui utilise énormément
28:41de drones,
28:42en fait,
28:42qui utilise
28:43des moyens
28:44qui sont comparables
28:45à ceux
28:45que l'on peut voir
28:46sur le front ukrainien
28:47avec des drones
28:48notamment philoguidés
28:49qui échappent
28:52au brouillage
28:53et dont certains
28:54peuvent porter
28:55jusqu'à 30 km,
28:56ce qui fait
28:56que le Hezbollah
28:57arrive à taper
28:59sur les zones
29:01logistiques
29:01de Zahal,
29:03les zones
29:04de regroupement
29:05de Zahal
29:06et également
29:07toutes les zones
29:08d'évacuation
29:09des blessés
29:10de Zahal.
29:11Donc,
29:11ils sont confrontés
29:12à un vrai problème.
29:14Lors de l'opération
29:15de MISIS,
29:16ça ne s'était pas
29:16forcément très bien terminé
29:18pour les forces israéliennes,
29:19il faut s'en rappeler,
29:20pour d'autres raisons,
29:21puisque là,
29:21c'était l'utilisation
29:22des missiles
29:23anti-chars cornettes
29:24d'origine russe
29:25par le Hezbollah
29:26qui avait posé
29:28énormément de problèmes
29:29à Zahal,
29:30notamment vis-à-vis
29:31de ses moyens blindés.
29:32Là,
29:32c'est plutôt
29:33les drones philoguidés
29:34qui posent un problème
29:35et également,
29:36encore une fois,
29:37ils ont cru avoir
29:38décapité
29:40les structures
29:41de commandement
29:42du Hezbollah
29:42et ils s'aperçoivent
29:44que ces structures
29:44de commandement
29:45sont très résilientes
29:46de la même manière
29:47que les structures
29:49iraniennes de commandement
29:50sont également
29:51très résilientes.
29:52Le Hezbollah
29:53très résilient
29:54et bien ce sera
29:55le mot de la fin.
29:56Hervé Caress,
29:56merci beaucoup
29:57d'avoir répondu
29:58présent à l'appel
29:59de Choc du Monde.
30:00Merci à tous
30:00d'avoir suivi cet épisode.
30:02Surtout,
30:02bien sûr,
30:03comme d'habitude,
30:03n'oubliez pas
30:04de le commenter,
30:05de le partager
30:05et de vous abonner
30:06à TVL.
30:07Merci à tous
30:08et bonne soirée.
30:09Sous-titrage Société Radio-Canada
30:11Sous-titrage Société Radio-Canada
30:11Sous-titrage Société Radio-Canada
30:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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