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  • 2 days ago
Ségolène Royal , présidente de l'association Algérie France,
invitée en Algérie par la ministre de la culture Mme Bendouda,
est interviewée par le journaliste (controversé ?) Khaled Drareni..

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Transcript
00:01...
00:14Bonsoir à tous. Bonsoir, c'est Golanne Royal.
00:16Bonsoir.
00:17Vous êtes la présidente de l'Association France Algérie,
00:19ancienne ministre, ancienne candidate à l'élection présidentielle.
00:23C'est votre deuxième visite en Algérie en tant que présidente de l'Association France Algérie.
00:28La dernière remonte au mois de janvier.
00:30La première question que j'ai envie de poser, c'est qu'est-ce qui a changé en trois mois
00:35dans cette relation entre l'Algérie et la France, selon vous ?
00:39En trois mois, il y a eu à la fois des points positifs
00:43et aussi des retours vers une tension que l'on découvre au cours de ces derniers jours.
00:50Des points positifs parce que le ministre de l'Intérieur est venu.
00:53D'ailleurs, je suis allée le voir après mon retour en lui disant
00:56que la bonne position, c'était de venir en Algérie sur une base égalitaire,
01:02de coopération, égal à égal, sans poser de conditions.
01:06Et c'est ce qu'il a fait.
01:07Et ça, je m'en réjouis parce que c'était une première prise de contact qui est importante.
01:12Ensuite, il y a eu la visite du MEDEF.
01:16Donc ça aussi, c'est un signal.
01:17J'avais bien dit lors de ma visite précédente qu'il fallait changer de regard sur l'Algérie,
01:23qu'il fallait arrêter, que moi j'avais vu des entreprises extraordinaires,
01:27des écoles de formation pour les jeunes d'excellence,
01:30et qu'il fallait arrêter de sous-estimer l'Algérie.
01:33Et je pense que ce message a été également entendu.
01:37Maintenant, c'est à quoi on assiste au cours de ces derniers jours,
01:40d'une espèce de tension et d'échange entre le président de la République
01:43et l'ancien ministre de l'Intérieur.
01:45Et une fois de plus, ce que l'on voit, c'est qu'à l'approche d'une élection,
01:49on remet l'Algérie au cœur du problème.
01:52Et ça, ça n'est pas acceptable.
01:54Je crois qu'il faut maintenant revenir à des relations normales avec l'Algérie,
02:00respectueuses et égalitaires.
02:01Alors, on reviendra plus tard sur l'état des relations algéro-françaises.
02:06Vous êtes ici à Alger à l'invitation de la ministre de la Culture,
02:10Mélika Bendouda, pour assister au colloque de Saint-Augustin.
02:14C'était important, en tant que présidente de l'association,
02:17de venir et d'assister à ce colloque quelques jours,
02:19je le rappelle, après la visite du pape Léon XIV.
02:21Oui, tout à fait.
02:22C'est un honneur pour moi d'avoir été invitée,
02:24y compris pour prendre la parole.
02:26Parce que ce sont des journées africaines et méditerranéennes de la pensée.
02:31Et je crois que c'est par la pensée, c'est-à-dire par l'intelligence,
02:34par les échanges entre scientifiques, entre chercheurs, entre philosophes,
02:38que l'on peut jeter des ponts entre les civilisations,
02:42que l'on peut créer des connexions, que l'on peut créer des vibrations.
02:46Et surtout, je crois que c'est par la connaissance,
02:49par le travail de la pensée,
02:51que l'on peut aussi faire reculer les a priori,
02:55les préjugés, les intégrismes, les haines de toute nature,
02:58les racismes de toute nature.
03:01Et moi, je forme le vœu que ça puisse s'approfondir justement
03:04ces coopérations intellectuelles et culturelles
03:09entre la France et l'Algérie.
03:11Et je voudrais saluer le travail de la ministre de la Culture et du Patrimoine,
03:14qui est devenue une amie d'ailleurs,
03:16d'avoir organisé en si peu de temps,
03:18sous le patronage du président de la République,
03:21ces journées qui sont d'un niveau tout à fait exceptionnel.
03:23Est-ce que vous ressentez en tant que présidente de l'association France-Algérie
03:27une certaine volonté de part des autres de la Méditerranée,
03:31de rapprocher les points de vue,
03:33de tourner les pages du passé
03:35et d'avancer vers une vraie relation entre Alger et Paris ?
03:39Je pense que c'est le souhait des peuples.
03:41Mais je pense que la France ne fait pas les gestes qu'il faudrait faire.
03:45Et je pense qu'il faut qu'elle les fasse,
03:48et rapidement, et dans tous les domaines.
03:50Vous voyez, la reconnaissance de l'histoire,
03:52je pense que la question mémorielle est importante.
03:55Non pas, comme je l'entends dire,
03:57parce qu'il y aurait une rente mémorielle,
03:58terme affreux des néocoloniaux,
04:01ou parce que ça serait enfermer les Algériens dans leur passé.
04:05Pas du tout.
04:05C'est quand on est au clair sur son passé,
04:08comme un enfant qui grandit,
04:09il a besoin d'avoir des racines,
04:10de comprendre d'où il vient.
04:12Un peuple, c'est pareil.
04:13Un peuple a besoin de comprendre d'où il vient,
04:15ce qu'il a vécu,
04:16comme malheur, comme bonheur,
04:18parce que c'est comme ça qu'on devient résilient.
04:20C'est en étant au clair sur les drames que l'on a vécu.
04:25C'est vrai pour tout être humain,
04:26et donc c'est vrai aussi pour un peuple.
04:29Et donc cette page-là,
04:30il faut vraiment qu'elle soit écrite,
04:33précisément pour être tournée.
04:34Vous considérez qu'il n'y a toujours pas une volonté française,
04:37en fait,
04:38de réparer les méfaits de l'histoire
04:40et d'avoir un rôle mémoriel important à ce jour ?
04:44Non, je pense que ce n'est toujours pas le cas.
04:47La commission mixte a été interrompue,
04:49donc les travaux reprennent.
04:51La restitution des biens culturels et des biens et des archives.
04:55Il exclut quelques objets de l'histoire algérienne.
04:58Comment vous expliquez l'adoption d'une loi sur les restitutions,
05:01mais qui exclut des objets réclamés par l'Algérie
05:05parce que ça relève du domaine militaire ?
05:07Je ne le comprends pas.
05:08Je pense que peut-être que ça ne relève pas du domaine de la loi,
05:11mais en tout cas, je considère que le président de la République
05:14est chef des armées,
05:15en tout cas, c'est ce que je ferai à sa place.
05:16Étant chef des armées,
05:17il y a donc la tutelle sur les musées militaires.
05:20Donc, il peut rendre le canon qui est à Brest,
05:23il peut rendre un certain nombre d'appareils de défense,
05:27effectivement,
05:27qui appartiennent à l'histoire de l'Algérie.
05:29Ça ne doit pas être très, très compliqué à faire.
05:32Et je pense que ça doit être fait,
05:34comme tous les objets culturels,
05:36comme les archives.
05:37Il y a aussi une demande qui est tout à fait fondée,
05:39je le dis en plus en tant qu'ancienne ministre de l'Environnement,
05:41des archives concernant les essais nucléaires.
05:45C'est très important,
05:46parce qu'il y a encore des conséquences toxiques
05:48sur la santé des habitants.
05:51Et puis aussi, ce qui est demandé,
05:53qui me semble aussi extrêmement important,
05:54ce sont les plans des mines
05:57qui ont été posés le long des frontières
06:00pendant les conflits,
06:02qui ont été posés d'ailleurs par des soldats,
06:03souvent du contingent français,
06:05qui ont laissé leur vie.
06:06On ne parle jamais du traumatisme des soldats du contingent.
06:091,5 million de jeunes
06:10qui ont été arrachés à leurs fermes
06:12et à leurs usines en France
06:13pour venir commettre des exactions en Algérie.
06:15On n'en parle jamais, c'est tabou.
06:17Moi, je l'ai entendu dans la ruralité
06:20du département des Deux-Sèvres,
06:22où j'étais élue.
06:23J'ai vu le traumatisme
06:24de ces anciens combattants
06:25qui n'osaient pas parler,
06:26qui se réunissaient entre eux,
06:28à qui on a fait commettre des exactions
06:30et des tortures.
06:31Et ensuite, ils sont retournés
06:32dans leurs usines et dans leurs champs,
06:33et puis personne n'a pris en charge
06:35ce traumatisme.
06:36Donc, aujourd'hui, les Algériens demandent
06:38les plans de ces implantations
06:41qui ne leur ont jamais été donnés.
06:42Et c'est comme ça qu'on a certains agriculteurs
06:45algériens qui ont sauté sur des mines
06:47et qui ont été amputés.
06:48Donc, franchement, tout ça doit être rendu,
06:52donné, avec élégance,
06:55avec intelligence,
06:57avec échange entre les scientifiques,
06:59pour repartir sur de bonnes bases, bien sûr.
07:01En tant que présidente de l'Association France-Algérie,
07:03est-ce que vous estimez avoir ce rôle aussi
07:05de porter des demandes,
07:07des réclamations et des doléances
07:09au pouvoir français ?
07:10D'ailleurs, est-ce que vous avez rencontré
07:12le président Emmanuel Macron
07:13depuis votre dernière visite en janvier ?
07:15Non, je ne l'ai pas rencontré,
07:16mais je lui ai fait part de mon avis
07:19sur les questions.
07:20Donc, j'ai vu ses conseillers,
07:22et puis surtout, j'ai vu le Premier ministre,
07:24le ministre de l'Intérieur,
07:26M. Nounès.
07:27Donc, ça, c'était important
07:28pour l'aider à préparer sa visite.
07:31Parce que je pense que ces sujets
07:32dépassent les clivages politiques.
07:34Moi, je suis au service de l'humanité,
07:37de l'intérêt de nos deux peuples
07:40et de l'amitié entre nos deux peuples.
07:42Donc, tout ce que je peux faire,
07:43je le ferai.
07:44Et que vous disent vos interlocuteurs à Paris
07:47sur ces demandes algériennes ?
07:48Est-ce qu'il y a une préparation
07:50à accepter certaines choses
07:51ou est-ce qu'il y a un refus catégorique ?
07:54Il y a une espèce d'indifférence,
07:57vous savez, comme souvent, hélas.
07:59Mais vous savez, c'est parfois
08:00ce qui est de pire, l'indifférence.
08:03Et je suis toujours battue, moi,
08:04toute ma vie contre l'indifférence.
08:06C'est un des fléaux, ça,
08:07de la vie, l'indifférence.
08:08Se dire, bon, pourquoi se donner du mal ?
08:10À quoi ça va servir ?
08:12Et je veux dire, ah ben si,
08:13il faut le faire.
08:14Donc, j'ai décidé d'ailleurs,
08:16je vous l'annonce,
08:17avec l'association que je préside,
08:19d'organiser une exposition.
08:21Comme ça, on verra.
08:22Parce que tout le monde en parle
08:23sans jamais avoir vu.
08:24Donc, on verra ces objets,
08:26on verra ce que demande l'Algérie
08:28à juste titre.
08:29On verra la liste des archives,
08:31on verra les objets d'Abdelkader,
08:32on verra les objets
08:33des autres communautés algériennes
08:35qui sont demandées.
08:36On verra les objets militaires en photo.
08:39Et vous savez ce que les gens diront ?
08:40Tout ça pour ça ?
08:41On n'a pas encore rendu ces objets-là
08:44depuis le temps ?
08:45Mais c'est absurde.
08:47C'est ce que je dis
08:48à mes interlocuteurs français.
08:49Je dis, mais vous vous rendez compte,
08:50vos enfants et vos petits-enfants,
08:51quand ils vont voir ça,
08:52ils vont dire,
08:53mais on n'a même pas fait le geste
08:55de rendre ça à l'Algérie.
08:56C'est ridicule.
08:57C'est ridicule.
08:59Et vous comptez faire cette exposition
09:00à Paris ou à Alger ?
09:01À Paris, mais elle pourra venir à Alger.
09:04Vous avez dit qu'il n'y avait pas assez de gestes.
09:07Est-ce que vous ne considérez pas, par exemple,
09:08que la dernière déclaration du président français
09:12sur ces maboules qui passent leur temps
09:15à tomber sur l'Algérie,
09:17ce n'est pas un petit geste symbolique
09:19du président français
09:20de traiter les anti-algériens de fous ?
09:24Écoutez,
09:25au moins, ça a le mérite
09:26d'aller dans le bon sens.
09:30Mais il est temps
09:31qu'il s'en rende compte.
09:32Vous voyez,
09:33c'est au contact, finalement,
09:35du vécu,
09:36des difficultés concrètes.
09:38Et d'ailleurs, ce jour-là,
09:39au contact de médecins
09:40d'origine algérienne.
09:40Au contact de médecins d'origine algérienne.
09:41Donc, il se rend compte
09:42en allant en contact
09:44qu'il faut voir les choses différemment.
09:46Parce que c'est lui-même
09:47qui a porté quand même
09:48le durcissement
09:49de la délivrance des visas
09:51dont souffrent beaucoup
09:52les étudiants,
09:54les entreprises
09:54qui ont des salariés algériens,
09:56etc.
09:57Donc, il est lui-même
09:58à l'origine de ses instructions
09:59de dureté.
10:00Et tout d'un coup,
10:00il découvre l'absurdité
10:02d'un système.
10:03Mais qu'est-ce qu'il a vu,
10:04Emmanuel Macron ?
10:05Il a vu le pape
10:06venir en Algérie.
10:08Déjà, ça a pas mal secoué
10:10en France.
10:11Et d'ailleurs,
10:12tous les courants algérophobes
10:13qui nous racontent
10:14et qui ont la nostalgie
10:16de l'Algérie française,
10:18ils n'ont rien dit
10:18sur la visite du pape.
10:20Ils étaient bien embêtés
10:21quand même.
10:21Ils ont même critiqué
10:22le pape d'une certaine manière.
10:23Ils ont même critiqué
10:24le pape d'une certaine manière.
10:26Mais tous ceux
10:27qui disaient
10:27qu'avant la colonisation,
10:28il n'y avait rien
10:29en Algérie,
10:30ils en ont été
10:30pour leurs frais.
10:32Puisque quand même,
10:33Saint-Augustin,
10:34ça date de 1500 ans.
10:36Vous voyez ?
10:37Donc, Saint-Augustin,
10:38le berbère,
10:39ça date de 1500 ans.
10:41Donc, ils ne pouvaient plus dire
10:42qu'avant,
10:42il n'y avait rien.
10:43Et en plus,
10:44ça a influencé
10:44toute la pensée occidentale.
10:46Donc, ceux qui ont raconté
10:48aussi, en allant en Afrique
10:50un jour,
10:50dans le discours de Dakar,
10:52que l'Afrique
10:52n'était pas rentrée
10:53dans l'histoire.
10:54Mais l'histoire est née
10:56sur le continent africain.
10:57Donc, cette absurdité
10:59de la méconnaissance,
11:00vous voyez,
11:01conduit justement
11:01à tous ces malentendus
11:03et à toutes ces tensions
11:04qui sont complètement inutiles.
11:06Et pour en revenir
11:07à Emmanuel Macron,
11:08ce qu'il dit
11:09va dans le bon sens.
11:10Donc, je laisse de côté
11:11le fait qu'il en est
11:12en partie responsable.
11:14Mais il devrait en tirer
11:15les conséquences.
11:16Ce que je souhaite,
11:17c'est que,
11:18par rapport à tout
11:19ce que nous venons de dire,
11:20c'est qu'il fasse des gestes.
11:22Vous voyez,
11:23puisqu'il vient de se rendre compte
11:25en effet que c'était absurde,
11:26donc il fallait déjà
11:27renouer les relations diplomatiques.
11:29Donc, il a vu le pape venir.
11:30Et puis,
11:30qu'est-ce qu'il a vu aussi ?
11:31Il a vu les dirigeants
11:33du monde entier,
11:33les Italiens,
11:34les Espagnols,
11:35les Américains,
11:36Qui profitent un peu
11:37de cette crise algéro-française.
11:39Et qui viennent en Algérie
11:41investir,
11:42faire des contrats gaziers
11:44en ce qui concerne l'Italie,
11:45etc.
11:46Donc,
11:46les entreprises françaises
11:47disent,
11:48mais qu'est-ce que c'est
11:49que cette histoire ?
11:49Pourquoi vous êtes en tension ?
11:51C'est nous que ça pénalise
11:52d'une certaine façon.
11:54On vous l'a dit ?
11:54Est-ce que des patrons français
11:56vous l'ont dit
11:56qui sont pénalisés aujourd'hui ?
11:58Bien sûr.
11:58La Chambre de commerce
11:59franco-algérienne
12:00est désolée
12:02de ce qui se passe.
12:04Puisque les entreprises françaises
12:05ont des partenariats
12:06qui sont interrompus.
12:08Donc, c'est une absurdité
12:09et pour les Algériens
12:10et pour les binationaux
12:12qui souffrent beaucoup
12:13de cette situation.
12:14Donc, j'ai rencontré
12:15les élus binationaux
12:17en France
12:18et qui souffrent beaucoup
12:20de cette situation.
12:21On n'a pas le droit
12:22de les traiter
12:24de cette façon-là.
12:25Parce que c'est de la valeur
12:26qui est détruite
12:27d'une certaine façon.
12:28Quand les gens ont peur,
12:30ils sont moins performants.
12:31C'est tout simple.
12:32Vous savez, c'est...
12:34Vous avez déclaré hier
12:35sur X, Ségolène Royal,
12:37que la stratégie de tension
12:38avec l'Algérie
12:38prônée notamment
12:39par l'ancien ministre
12:40de l'Intérieur,
12:41Bruno Retailleau,
12:42était contraire
12:42aux intérêts de la France
12:43et des Français
12:44pour grappiller
12:45les voies des nostalgiques
12:46de l'Algérie française.
12:47Conséquence, échec
12:49sur les OQTF,
12:50recul des partenariats
12:50énergétiques, etc.
12:52Comment est-ce que
12:53vous expliquez,
12:54Ségolène Royal,
12:55que malgré le départ
12:56de Bruno Retailleau,
12:57les blocages persistent
12:58encore aujourd'hui
12:59entre Algérie
13:00et la France ?
13:02Parce que je pense
13:03qu'il y a une partie
13:04des conseillers
13:05du président de la République
13:07qui continuent
13:08à penser comme ça.
13:09Une partie aussi peut-être
13:10des services
13:10au sein du ministère
13:11de l'Intérieur
13:12qui continuent à penser
13:13comme cela.
13:14Qui restent proches
13:14de Bruno Retailleau ?
13:15Oui, qui restent proches
13:16de cette ligne
13:17qu'il a insufflée.
13:18Qui n'est pas celle
13:19de son successeur,
13:19on est d'accord ?
13:20Qui n'est pas celle
13:20de son successeur.
13:21Mais je pense ensuite
13:22qu'il y a un certain nombre
13:23de pesanteurs
13:24qui se mettent en place.
13:26Il y a par exemple
13:27un agent consulaire algérien
13:29qui est incarcéré
13:30sans être jugé.
13:31Ça, c'était du temps
13:32de M. Retailleau.
13:33Et dont le mandat de dépôt
13:35a été prolongé d'une année ?
13:36Et dont le mandat,
13:36parce que maintenant,
13:37c'est entre les mains
13:37de la justice.
13:39Mais à l'origine,
13:41ça aurait pu très bien
13:42avoir une autre allure.
13:44C'est-à-dire,
13:44il peut y avoir
13:45une personne
13:45qui est à disposition
13:47de la justice
13:48et qui est là,
13:49qui garantit
13:49qu'elle est là.
13:50Mais être incarcéré
13:51sans être jugé,
13:53c'est une question,
13:55en effet.
13:55Il y a des demandes
13:56d'extradition
13:57de délinquants financiers
13:59qui sont en France
14:01et auxquelles l'Algérie
14:02n'a pas de réponse.
14:03Donc ça, ça ne va pas.
14:05Donc je pense
14:05que si Emmanuel Macron,
14:07et ça, c'est vraiment
14:07du ressort
14:08du président de la République,
14:10que si Emmanuel Macron
14:11veut faire des gestes
14:15de réconciliation
14:15et de sérieux
14:18avec l'Algérie,
14:19parce que nous avons
14:19besoin de l'Algérie
14:21pour beaucoup de sujets,
14:22la question des OQTF,
14:24par exemple,
14:25et je comprends
14:26que l'Algérie,
14:26tant qu'elle se fait
14:28insulter
14:29par M. Retailleau
14:30et d'autres,
14:31elle n'a aucune raison
14:32de faire des gestes
14:34et que donc
14:35il faut apaiser.
14:36Et ceux qui pensent
14:38qu'avec des rapports
14:39de force
14:40et des rapports
14:41de domination,
14:42on peut obtenir
14:43satisfaction,
14:44ils se trompent.
14:45Donc ils jouent
14:46contre l'intérêt
14:47de la France.
14:49Et deuxièmement,
14:50nous avons des coopérations
14:51sur les services
14:52de renseignement
14:52contre le terrorisme
14:54qui sont absolument
14:56essentielles
14:56et qui aujourd'hui
14:58sont fragilisées.
14:59Donc nous avons besoin
15:00les uns des autres.
15:01Et donc pour vous,
15:02Sévène Royal,
15:03Emmanuel Macron
15:04ne veut pas faire
15:05de gestes,
15:06notamment sur les extraditions,
15:08je précise les extraditions
15:09d'hommes d'affaires,
15:10etc.
15:10Pourquoi est-ce que la France
15:11ne veut pas extrader
15:12ces hommes d'affaires ?
15:13Pourquoi est-ce qu'elle refuse
15:14de faire des gestes ?
15:15Justement,
15:15ce que je vous dis
15:16à l'instant,
15:17c'est que puisque
15:17Emmanuel Macron
15:18vient de prendre
15:21la mesure
15:22de l'absurdité
15:23de l'existence
15:24de Maboul,
15:25c'est ça ?
15:26Oui,
15:27je ne reprendrai pas
15:28ce terme,
15:29je lui laisse.
15:30Eh bien,
15:30il faut qu'il aille plus loin
15:31et c'est quelques exemples
15:33que je viens de donner
15:34puisque moi,
15:35je les ai entendus
15:36du côté algérien,
15:37je les ai communiqués
15:41au ministre de l'Intérieur,
15:44au conseiller d'Emmanuel Macron
15:45et je pense qu'il faut s'écouter.
15:47Vous savez,
15:47pour avancer,
15:48pour faire des médiations,
15:48il faut s'écouter.
15:49Moi, j'ai entendu,
15:50j'ai écouté,
15:51j'ai entendu cela
15:52et je pense qu'il faut faire
15:53des choses sur ces sujets.
15:55Alors,
15:56vous évoquez une obsession
15:57anti-algérienne
15:58de beaucoup d'hommes politiques français,
16:00principalement de droite.
16:01Est-ce que ça paye aujourd'hui,
16:02Ségolène Royal,
16:04en politique interne française
16:05d'être anti-algérien ?
16:08Bien sûr,
16:08ça payait à l'extrême droite
16:10et comme on voit
16:11que Bruno Retailleau
16:12essaye de reconquérir
16:13un certain électorat
16:16qui a la nostalgie
16:17de la colonisation,
16:18je rappelle d'ailleurs
16:19que Bruno Retailleau
16:21avait signé
16:21la loi sarkoziste
16:24des bienfaits
16:24de la colonisation
16:26parce que là aussi,
16:27pour bien juger les choses,
16:29il faut s'instruire quand même.
16:30Depuis 1830,
16:32c'est-à-dire le début
16:32de la colonisation en Algérie,
16:34il y a dû y avoir
16:34entre trois ou quatre,
16:36selon les historiens,
16:37millions de morts.
16:38C'est ça,
16:39les bienfaits de la colonisation ?
16:41Donc, à un moment,
16:42je pense qu'il faut
16:45poser les choses,
16:47donner le pouvoir
16:47à des gens sérieux
16:48qui ont vraiment envie
16:50de pacifier les choses,
16:51de les apaiser
16:53et surtout
16:55de ne pas utiliser
16:56le ressentiment
17:00ou les relents racistes
17:01dans une période électorale.
17:04Moi, ils me trouveront
17:05sur leur chemin.
17:07Chaque fois,
17:07je prendrai la parole
17:08pour le dire
17:09et pour essayer
17:10de freiner
17:11ces pulsions
17:12qui sont des pulsions négatives
17:14et des dirigeants
17:16n'ont pas le droit
17:16de donner des pulsions négatives
17:17sauf en période électorale
17:18où l'on voit
17:19qu'effectivement
17:19qu'ils essayent
17:20de rapter un certain...
17:21Vous resterez droit
17:22dans vos bottes
17:23malgré les attaques
17:24et les critiques...
17:24Je n'utilise pas
17:25cette expression.
17:25En France.
17:29Malgré les critiques
17:30et les attaques
17:31aujourd'hui,
17:31surtout dans les médias
17:32d'extrême droite
17:33contre vous
17:34à chaque fois
17:34que vous venez en Algérie.
17:35Bien sûr,
17:35mais parfois,
17:36je me fais prendre un parti.
17:37À la fois,
17:38je reçois dans la rue
17:39beaucoup d'affection
17:40et de remerciements,
17:42mais parfois,
17:42je me fais prendre un parti
17:43maintenant, bien sûr.
17:44Alors,
17:45votre ancien collègue
17:45socialiste,
17:46Manuel Valls,
17:47pense qu'il faut
17:48rétablir
17:49un rapport de force
17:50avec l'Algérie,
17:52juste après cette
17:53explication des Maboules.
17:54Donc, même au sein
17:56du clan socialiste,
17:57il peut y avoir
17:58des voix
17:59assez extrémistes,
18:00Ségolène Royal.
18:01Je n'ai même pas envie
18:02de commenter
18:03ce que dit Manuel Valls.
18:04Vous savez,
18:05même ce mot
18:05de rapport de force,
18:06il y a des gimmicks
18:07comme ça,
18:08des espèces de formules,
18:09des gens faibles.
18:11Les gens qui parlent
18:12de rapport de force,
18:13observez,
18:13ce sont des gens faibles,
18:15qui n'ont pas d'idée,
18:16qui n'ont pas de pensée,
18:17qui n'ont pas de vision
18:18d'avenir,
18:19qui n'ont pas de stratégie
18:20d'avenir.
18:21C'est comme l'expression
18:22« pour avoir la paix,
18:24prépare la guerre ».
18:25L'absurdité
18:26de cette expression
18:28qui est finalement
18:29le logo
18:31du lobby
18:33des marchands d'armes
18:34et des fabricants d'armes.
18:35Mais non,
18:35pour avoir la paix,
18:36prépare la paix.
18:37C'est bien plus intelligent
18:38et bien plus sûr.
18:40Je ne crois pas
18:40au rapport de force,
18:41moi.
18:42Je crois au rapport
18:42d'intelligence,
18:44au rapport de coopération,
18:46au rapport de fraternité,
18:48et comme le dit
18:49Saint-Angustin,
18:50puisqu'on en parle,
18:51vous savez,
18:51tout doit se faire
18:52par amour des peuples.
18:53Et quand on parle
18:54de l'amour des peuples,
18:55on n'utilise plus
18:56des mots
18:56comme rapport de force.
18:58Et est-ce que vous pensez
18:58que la fraternité,
18:59l'amitié,
19:00la coopération
19:00est encore possible
19:02pendant cette année,
19:03qui est une année cruciale
19:04entre l'Algérie
19:04et la France,
19:05parce que dans un an,
19:07presque,
19:08exactement un an,
19:09il y a eu une élection
19:10présidentielle en France,
19:11ce qui est très importante.
19:13Est-ce qu'on peut
19:13s'attendre au pire,
19:14selon vous,
19:15à partir de 2027,
19:16si c'est l'extrême droite
19:18qui prend le pouvoir ?
19:19Ah oui ?
19:20Bien sûr,
19:21c'est l'extrême droite
19:21qui prend le pouvoir.
19:34Avec l'Algérie.
19:36Avec l'Algérie.
19:37Je pense qu'il n'a plus rien à faire,
19:38il ne peut plus être candidat.
19:40Donc finalement,
19:43ces hésitations,
19:44puisque avant d'être élu,
19:46la colonisation était
19:47un crime contre l'humanité.
19:49Après avoir été élu,
19:50ce n'était plus un crime
19:51contre l'humanité,
19:52c'était la rampe mémorielle.
19:54Après, il y a eu les lois
19:55sur la restriction des visas.
19:57Maintenant,
19:58ceux qui veulent la rupture
19:59sont des maboules.
20:00Donc il y a des méandres,
20:03comme ça.
20:03Là, on est dans le bon timing.
20:05C'est-à-dire, effectivement,
20:07ceux qui sont pour les ruptures
20:08sont nocifs.
20:10Et donc,
20:11s'il se dit, finalement,
20:12qu'est-ce que je peux faire
20:13d'ici la fin de mon quinquennat
20:15pour servir le peuple français,
20:17pour servir la paix,
20:19pour servir l'intérêt,
20:21bien compris,
20:22de part et d'autre,
20:23de la Méditerranée,
20:24pour renforcer le berceau
20:27méditerranéen, etc.,
20:27eh bien, il peut faire
20:28ce que je viens de vous exprimer.
20:30Et vous, vous avez pensé
20:31être candidate ?
20:32Parce qu'il y a votre nom
20:33qui revient toujours
20:34dans les potentiels candidats
20:37du plan de gauche.
20:38Moi, je ne parle jamais de ça.
20:39Vous savez pourquoi ?
20:40Parce que tout ce que je dis,
20:41sinon,
20:42sera vu au prisme
20:44d'un intérêt.
20:45Et moi,
20:45je suis complètement désintéressée
20:47dans cette responsabilité
20:50qui est la mienne aujourd'hui.
20:51Je la pense viscéralement utile,
20:55si vous voulez,
20:55pour la jeune génération.
20:56Je viens d'écrire un livre
20:57sur les jeunes générations,
20:58sur la dette générationnelle.
21:00C'est 20 ans,
21:01jour pour jour,
21:01après cette fameuse élection
21:02présidentielle de 2007.
21:04C'est ça.
21:04Et la dette générationnelle...
21:05Ah oui, c'est vrai.
21:06Et la dette générationnelle,
21:08la guerre,
21:08c'est la pire des dettes générationnelles
21:10qu'on laisse aux générations futures.
21:12Il y a une polémique en France
21:14sur Boalem Saint-de-Salle.
21:16Madame Royal
21:17qui a affirmé il y a quelques jours
21:19que la France était pire que l'Algérie.
21:21Une pluie de critiques en France
21:22contre ces dernières déclarations
21:24et le fait de quitter la maison Gallimard
21:28pour grasser.
21:30Comment est-ce qu'on explique
21:32ce changement de temps radical
21:33dans l'affaire Boalem Saint-de-Salle
21:35et surtout en France
21:36où les critiques pleuvent contre lui ?
21:38Écoutez, c'est très difficile.
21:40Vous êtes mieux placé que moi
21:41pour répondre à cette question
21:43parce que je n'ai pas les données
21:44de ce qui lui permet
21:45de s'exprimer comme cela.
21:48Ce que je trouve assez désolant,
21:50y compris sur la formulation
21:51et le choix du vocabulaire.
21:52Maintenant, je n'ai pas les éléments
21:53qui lui permettent de dire cela.
21:56Moi, je n'ai pas été dans son comité de soutien
21:58non plus
21:58parce que je trouvais que les déclarations
22:00qu'il faisait étaient agressives
22:03et qu'on n'avait pas assez d'éléments
22:06d'évaluation.
22:08Maintenant, moi, je respecte
22:10toutes les prises de parole.
22:11Le plus, si vous voulez,
22:13le plus étonnant,
22:13c'est que c'est un écrivain
22:15qui revendique la liberté de parole,
22:18la liberté de critique,
22:19voir la liberté même
22:20d'agresser verbalement,
22:23pourquoi pas,
22:23mais il ne l'accepte pas pour lui-même.
22:26C'est ça qui est surprenant.
22:28Il devrait au contraire
22:28accepter les critiques
22:30puisque la critique
22:31est l'essence même, dit-il,
22:33de la création littéraire.
22:35Donc, il devrait les accepter aussi
22:36pour lui-même.
22:38Maintenant, peut-être qu'il a été...
22:40Voilà, peut-être qu'il en...
22:41Je ne sais pas.
22:42Je ne peux pas évaluer cela.
22:45Lors de votre dernière visite en Algérie
22:47au mois de janvier,
22:47vous avez demandé à voir
22:48le journaliste français Christophe Gleiz.
22:50Vous avez rencontré
22:51le ministre de la Justice
22:52qui vous a reçu,
22:54qui vous a autorisé à le voir.
22:55Vous l'avez vu.
22:55Vous êtes en contact
22:56avec ses parents, sa famille.
22:58Qu'est-ce que vous espérez
23:00sur le cas de Christophe Gleiz
23:02aujourd'hui ?
23:03J'espère une grâce présidentielle.
23:07Mais je comprends aussi
23:10la préoccupation
23:12des dirigeants algériens
23:13qui consiste à dire
23:14qu'il faudrait aussi
23:15des gestes des deux côtés.
23:18Christophe Gleiz,
23:18il a été jugé.
23:20D'un autre côté,
23:22il y a un agent consuliaire
23:24qui est incarcéré
23:25sans être jugé,
23:26même si les deux choses
23:27ne sont pas liées
23:28que ni les autorités françaises
23:32ni les autorités algériennes
23:33n'ont lié les deux cas
23:34où on fait
23:34une sorte de donnant-donnant.
23:36Mais je pense que,
23:38oui, c'est ça,
23:39il faut...
23:40Je souhaite de tout mon cœur
23:42que,
23:44comme je l'ai exprimé,
23:46qu'un enfant soit rendu
23:48à sa mère.
23:50Et c'est pour ça aussi
23:51que j'ai choisi
23:52d'évoquer demain
23:53le thème des relations
23:54entre Saint-Augustin
23:55et sa mère Monica.
23:57Et je me suis dit
23:58que ça fera un écho
24:00à ce souhait que j'ai
24:02qu'un enfant soit rendu
24:03à sa mère.
24:04Merci,
24:05Séguène Royal,
24:05d'avoir répondu
24:06à nos questions.
24:07Vous êtes présidente
24:07de l'Association France-Algérie
24:09et ancienne ministre en France.
24:11Merci à vous
24:11et à la semaine prochaine.
24:12Sous-titrage Société Radio-Canada
24:23Sous-titrage Société Radio-Canada
24:26Sous-titrage Société Radio-Canada
24:27Sous-titrage Société Radio-Canada
24:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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