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  • 20 hours ago
Avec les propos tenus par Boualem Sansal dans un entretien récent accordé à Jean-Jacques Bourdin, on ne peut pas nous accuser de porter des accusations fallacieuses contre ce harki qui est revenu avec une franchise inhabituelle sur l’héritage familial qui a façonné son rapport à la France. Il y reconnaît explicitement être issu d’un milieu favorable à l’Algérie française. Une orientation qu’il dit assumer lui-même, en la rattachant directement à l’influence de son grand-père et de son père.

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Transcript
00:01Est-ce qu'il y a une parenté entre l'islamisme et le fascisme ?
00:06Il y a des considérations historiques à vérifier.
00:09C'est un pays qui est resté moyenâgeux ?
00:11Complètement, dans la terre du pouvoir.
00:13La société française est en danger ?
00:15Elle est très en danger.
00:18Boalem Sansal, bonjour.
00:20Bonjour Jean-Jacques.
00:22Merci d'avoir choisi Bourdin Média pour vous exprimer, Boalem Sansal.
00:25Merci à vous de m'avoir invité.
00:27Vous avez écrit ou dit « En prison, on garde sa souffrance en soi ».
00:32Vous avez gardé quelle souffrance en vous, en prison ?
00:35Mais toutes les souffrances, parce qu'en face de soi,
00:38on a des gens qui sont mille fois plus malheureux que vous.
00:41Moi, j'ai été condamné à cinq ans de prison.
00:43Et de part de mon statut d'otage du président,
00:46les gardiens me disaient « Toi, tu es le prisonnier du président ».
00:49C'est ce que vous disiez, vos gardiens ?
00:51Oui, ils recevaient des instructions particulières,
00:53à l'ascensale, attention, trucs, etc.
00:55Donc voilà, le gardien traite tous les prisonniers de la même manière, pas moi.
01:02Voilà, donc...
01:04Et alors, quand on est dans cette situation,
01:06je suis condamné qu'à cinq ans,
01:09du fait que je suis l'otage du président
01:12et que je sers dans des négociations,
01:14donc j'ai de la valeur.
01:15Ah, il faut...
01:16Oui, il faut prendre soin de vous.
01:18Voilà, il faut prendre soin.
01:19Il ne faut pas qu'il nous claque entre les mains,
01:21ça va être un scandale abominable.
01:23Alors, je voudrais quand même vous raconter la première semaine.
01:26C'est celle-là la plus...
01:28Allez-y, allez-y.
01:28J'arrive à l'aéroport, comme demain,
01:30je tombe mon passeport.
01:33Novembre 2024.
01:34Voilà, le 12 ou le 16...
01:3616 novembre 2024.
01:39Je tombe mon passeport à l'agent,
01:41il regarde, je le vois tiquer,
01:43et là, il prend son téléphone,
01:44il me dit, allez vous asseoir là-bas,
01:45et il téléphone.
01:46Donc, j'ai compris qu'il s'est passé quelque chose.
01:49Mais je m'attendais vraiment, honnêtement,
01:51que j'allais être livré tout simplement au commissariat.
01:54Et en fait, non.
01:55On m'enferme dans le troisième sous-sol de l'aéroport,
02:00pendant 17 heures de l'après-midi
02:02jusqu'à 2 heures du matin.
02:03Sans rien me dire.
02:04Sans boire, sans manger, sans rien.
02:07Je vois arriver des gens, des civils,
02:09qui me passent les manottes,
02:11qui me passent une cagoule,
02:13et ils m'emportent dans une voiture banalisée,
02:17ou je ne sais pas.
02:18Alors, en cours de route,
02:19je leur demandais de s'identifier,
02:21ils refusaient de le faire.
02:22Et on arrive dans une sorte de hangar,
02:26je ne sais pas où.
02:27En fait, j'étais chez les services secrets.
02:29Je l'ai appris beaucoup plus tard.
02:30J'étais enlevé.
02:31Et pendant 6 jours,
02:33personne ne savait où j'étais.
02:35L'alerte a été donnée en France,
02:36la télé, les radios,
02:38tout le monde boit l'impensable a disparu.
02:40Et donc, c'est seulement au bout d'une semaine
02:44que l'on me présente au tribunal.
02:46C'est à partir de là que je suis devenu un prisonnier.
02:48Pendant 6-6 jours.
02:49Pendant 6-6 jours.
02:50J'étais enlevé,
02:50un otage, je ne sais pas quoi.
02:51J'étais entre les mains de qui,
02:52je ne sais pas.
02:54Et en fait,
02:55c'était pour un choc psychologique à la France.
02:58Donc, vous étiez,
03:00tout à coup,
03:01otage de M. Théboune.
03:02Oui.
03:03Vous allez déposer plainte contre lui ?
03:05Oui, bien entendu.
03:06Je ne peux pas...
03:07Mais si je ne fais rien,
03:09c'est que je cautionne tout, quoi.
03:10Donc, contre M. Théboune
03:11et contre l'État algérien ?
03:12L'État, ça ne sert à rien.
03:14Ça ne sert à rien.
03:14Oui, ça ne sert à rien.
03:15Oui, vous, c'est le président algérien.
03:18Mais pourquoi ?
03:20Pourquoi ?
03:20Dites-nous pourquoi.
03:21Il y a une raison très simple.
03:23Je veux dire qu'il est perdu.
03:25Trois jours après mon arrestation,
03:27on ne sait pas où je suis.
03:28Au jour de la télévisée de 20h,
03:30il fait une déclaration.
03:32Les journalistes qui posent la question,
03:33M. le Président,
03:34on parle de Bonhomme Sansal
03:36qui aurait été arrêté et tout ça.
03:38Il ne répond pas à cette question,
03:40mais il dit,
03:40M. Sansal,
03:41d'abord, un, c'est un bâtard.
03:42Il n'a pas de père.
03:43Il travaille pour le...
03:45Qui on sait ?
03:46Quand le Président,
03:47avant même d'être présenté à la justice,
03:50tient ce discours,
03:50ça veut dire que c'est un ordre
03:51qu'il a donné au ministère de la justice,
03:53à la police,
03:54qui ensuite, eux, ont fait leur travail.
03:56Je ne peux pas les accuser, eux,
03:57d'avoir fait leur travail.
03:59J'accuse celui qui a ordonné.
04:01Voilà.
04:02C'est un pays qui est resté moyenâgeux.
04:05Complètement.
04:06Dans la tête du pouvoir.
04:08Parce que le pouvoir algérien
04:10est issu d'un coup d'État
04:12avant l'indépendance.
04:13Les Algériens se sont battus
04:15pour leur dépendance.
04:16Bon, c'est normal.
04:16Les Algériens sont partis au combat
04:18en ordre dispersé.
04:20Un,
04:21les Arabes sont partis
04:22pour l'État,
04:23la nation arabe.
04:24Un quart des Algériens se battaient
04:26au nom de l'arabité.
04:28C'était le mouvement pan-arabique.
04:30Ceux qui se battaient
04:30pour l'islam,
04:32récupèrent une terre musulmane
04:34spoliée par les chrétiens
04:36et les jus.
04:37Donc, c'est le pan-islamisme.
04:39Et puis,
04:39ceux qui étaient pour,
04:40dans le cadre
04:41de l'international socialiste.
04:43Oui.
04:43Et puis,
04:44il y avait ceux qui se disent
04:44non, non,
04:45tout ça pour nous,
04:46c'est,
04:46nous,
04:47on est des berbères.
04:48On se bat pour notre terre ancestrale.
04:50Tous les autres,
04:51c'est des colonisateurs
04:51arabes,
04:52français,
04:52chinois.
04:53Est-ce que dans votre famille,
04:54on était plutôt Algérie française ?
04:56Oui,
04:57plutôt.
04:57Plutôt parce que
04:58mon grand-père,
05:00qui était un phénomène,
05:02il a été donc arrêté,
05:03il a fait la guerre,
05:04il a été un héros
05:05très, très,
05:08décoré.
05:10Et à la fin de la guerre...
05:11Il a fait la guerre
05:11avec les français ?
05:12Oui, oui.
05:12Aux côtés des français ?
05:13Oui, oui, bien sûr.
05:15À l'Algérie des Français,
05:16il a été mobilisé
05:17comme tous les jeunes,
05:18de 7 à 20 ans,
05:18qui avait 18 à 20 ans.
05:19Oui, oui, oui.
05:21La guerre est finie,
05:22on découvre qu'il a des qualités
05:23sportives extraordinaires,
05:24on le verse
05:25dans les bataillons
05:26sportifs de l'armée.
05:28Gymnès,
05:29gymnès.
05:30Et en quelques années,
05:31il a raflé
05:31toutes les médailles.
05:33toutes les médailles.
05:36Les armées,
05:38les Olympiades militaires
05:40européennes
05:41et tout ça.
05:42Et puis,
05:44alors,
05:45il a été,
05:46en fonction de ça,
05:48il a été naturalisé.
05:50Et évidemment,
05:51il vouait à la France
05:52un culte inimaginable.
05:54en tant qu'héros,
05:56médaillé,
05:57etc.,
05:57etc.,
05:58il a...
05:58Donc,
05:59il a épousé...
05:59Je crois qu'il a communiqué ça
06:00à sa famille.
06:01Bien sûr,
06:01à sa famille,
06:02oui,
06:02à sa famille.
06:03Qui a obtenu votre grâce ?
06:05Très honnêtement,
06:06il y a eu une action diplomatique
06:08et très forte
06:08du gouvernement français.
06:10Très forte.
06:10Vous étiez en prison,
06:12vous avez eu un contact
06:13avec l'Élysée ?
06:14Avec...
06:15Lorsque vous étiez en prison ?
06:16Non, aucun.
06:17Absolument aucun.
06:18Absolument aucun.
06:19À part ma femme,
06:20personne.
06:21Votre femme était en contact
06:23avec l'Élysée,
06:23j'imagine,
06:24régulièrement ?
06:24Pas du tout.
06:26Pas du tout ?
06:28Ni...
06:28Je crois que...
06:29Emmanuel Macron
06:30ne l'a jamais appelé.
06:31Non.
06:31Jean-Noël...
06:32Enfin,
06:33Jean-Noël Barraud l'a fait,
06:35je crois,
06:35une fois,
06:36pour la rassurer,
06:37pour lui dire,
06:37voilà,
06:38on travaille,
06:39etc.,
06:39etc.
06:41Elle a eu,
06:42évidemment,
06:43Antoine Gallimard,
06:44etc.,
06:45etc.,
06:45beaucoup de gens,
06:45comme ça.
06:46Je pense que
06:47le gouvernement français
06:48a fait ce qu'il a pu
06:49au plan diplomatique.
06:50Donc,
06:50c'est des contacts,
06:52ils ont essayé
06:54la voie directe
06:54entre les deux ministères,
06:56mais ça a vite
06:56à choper.
06:57Ils sont passés
06:58par divers biais
07:00et tout ça,
07:01ça a échoué.
07:02Mais,
07:03moi,
07:03je pense aussi
07:04que
07:06c'est mon compité
07:07de soutien
07:08qui a le plus,
07:09je pense,
07:10oui.
07:11L'opinion publique,
07:12aussi ?
07:12L'opinion publique,
07:14les télévisions,
07:15les journalistes,
07:16c'est le fait
07:17que ça ait pris
07:18cette ampleur.
07:19On ne peut pas
07:20mettre une identité.
07:21Il y a mon compité
07:22de soutien
07:22avec le président
07:23par Noël Lenoir
07:24et avec Arnaud Benedetti,
07:26tout ça,
07:27oui,
07:27qui sont maintenant
07:27des figures
07:29tout à fait connues,
07:30visibles,
07:31etc.
07:31mais je crois
07:32que c'est l'ampleur
07:33de la chose,
07:34c'est toute la France,
07:35c'était la Belgique,
07:36l'Angleterre,
07:37l'Allemagne,
07:38la Tchéquie,
07:39ça a gagné,
07:40gagné.
07:40Et du coup,
07:42oula,
07:42il se dit,
07:43voilà,
07:44imaginez,
07:45il meurt,
07:46ou truc,
07:46ou...
07:47Surtout que vous êtes
07:49allé à l'hôpital,
07:49surtout que vous souffrez
07:51d'un cancer.
07:52Oui, alors...
07:52Ça va mieux ?
07:53Ça va mieux ?
07:54Ben, je ne sais pas,
07:55je suis en train de faire...
07:57Justement hier,
07:57j'étais à l'hôpital
07:59militaire de Bégin
08:00où on poursuit
08:01les explorations.
08:02Moi, je ne savais pas
08:02que j'avais le cancer,
08:03c'est en arrivant.
08:04Oui.
08:06Vous avez eu peur ?
08:07Oui, oui.
08:08En prison,
08:09on a tout le temps peur.
08:09Ce qu'il faut savoir,
08:10c'est que,
08:11contrairement à ce qu'on pense,
08:13les prisonniers
08:14ne vivent pas
08:15dans leur cellule.
08:15La cellule, c'est boule,
08:17juste pour dormir.
08:17Le matin,
08:185h, 6h du matin,
08:20on est réveillé,
08:20on reçoit un petit bol
08:22de lait ou de café
08:22à morceau de pain.
08:24On fait le nettoyage
08:25de sa cellule
08:26et puis des trucs,
08:27machin.
08:28Et on nous amène
08:29dans la cour.
08:29On vit dans la cour
08:30comme des poulets
08:31d'élevage.
08:33On est là,
08:34on tourne dans la cour.
08:36Alors,
08:37c'est des cours
08:37pour entre 50
08:39et 100 prisonniers.
08:40En général,
08:41il y a une ségrégation
08:43qui se fait tout de suite.
08:44Les islamistes
08:45se mettent entre eux.
08:45Alors, les durs de durs,
08:46ils se mettent entre eux.
08:47Les autres,
08:48ils sont plus intellectuels,
08:49ils passent leur temps
08:49à lire le Coran
08:50et à débiter des trucs.
08:52Et puis,
08:53il y a les terroristes
08:54qui, eux,
08:55sont vraiment...
08:57Même pour eux,
08:58dehors,
08:58la prison,
08:59c'est pareil.
08:59Ils sont traînés...
09:00Et vous étiez avec qui
09:01dans la cour ?
09:02Oui,
09:03dans les premières semaines,
09:04j'étais avec ces gens-là.
09:06Et en face de moi,
09:07il y avait un truc.
09:07Mais il me faisait peur.
09:08Mais il me foutait
09:09la pétonche incroyable.
09:10parce qu'il avait...
09:11Là, je sais ce que c'est
09:12que le regard
09:13d'un véritable assassin.
09:15C'est celui qui a tué
09:17Tahar Jaoud,
09:18le grand écrivain algérien
09:20qui était publié ici,
09:21au Seuil.
09:22Vraiment,
09:23un homme remarquable
09:24qui était journaliste,
09:25d'abord,
09:25puis écrivain.
09:27Il a été assassiné
09:28par ce bonhomme.
09:29Et là,
09:30il a tué Tahar Jaoud.
09:31Et il était le chef
09:32de ce que des islamistes
09:34appelaient le FIDA.
09:35C'est un groupe spécial
09:40désigné pour assassiner
09:41les intellectuels.
09:42Donc,
09:43il a tué à peu près
09:44120 journalistes.
09:45Tout ce que l'Algérie
09:46comptait d'artistes,
09:47de dramaturges,
09:48d'acteurs de cinéma,
09:51etc.,
09:51écrivains,
09:52et puis ceux qui ont compris
09:54qu'ils étaient un peu
09:55dans la cible
09:56de ce truc-là.
09:57Ils ont fui,
09:57ils sont partis.
09:58Alors,
09:58il était en face,
09:59en face,
10:00l'heure de rien.
10:01Franchement,
10:01je me suis senti mal à l'aise.
10:03Et j'ai tout de suite,
10:06dans les jours qui ont suivi,
10:07j'ai demandé
10:08au chef gardien
10:09de me changer.
10:10Je ne veux pas rester,
10:11ce n'est pas possible.
10:11La prison,
10:12on a tout le temps peur.
10:13On a peur de ce qu'on mange,
10:14de ce qu'on voit,
10:15de ce qu'on entend.
10:16Les rumeurs,
10:17c'est une prison,
10:17c'est une casse de résonance.
10:19Les rumeurs,
10:20les trucs,
10:21et puis,
10:23voilà,
10:23on vit dans la peur.
10:25On a une télévision
10:26en circuit fermé.
10:27Ah bon ?
10:28Oui.
10:28Il y a quatre chaînes.
10:30Oui.
10:31Une,
10:31c'est la chaîne du président,
10:32blablabla,
10:33c'est la Corée du Nord.
10:35La deuxième,
10:36c'est le Coran,
10:37le Coran,
10:37le Coran,
10:38le Coran,
10:38le Coran,
10:39c'est les chaînes
10:41satellitaires islamiques.
10:43Le troisième,
10:43c'est foot,
10:44foot,
10:44foot,
10:45foot,
10:45foot.
10:46Et le quatrième,
10:48alors c'est vraiment étonnant,
10:49c'est une vraie torture,
10:50c'est la cuisine.
10:52On voit donc des grands cuisines.
10:55Et nous,
10:56alors,
10:56on a que du pain sec
10:57et de l'eau,
10:58et on voit des machins,
11:00préparer des chapons,
11:02des trucs,
11:03des plats merveilleux,
11:04c'est terrible.
11:05Oui.
11:06Et donc,
11:07eux savaient beaucoup de choses,
11:08et eux,
11:08ils ont l'avocat.
11:09Oui, évidemment.
11:10Et eux,
11:11eux savaient tout.
11:13Et donc,
11:13moi j'arrive,
11:14je ne sais rien.
11:15J'étais au secret.
11:16C'est eux qui m'ont informé.
11:18Vous ont dit que Bruno Rotaillot
11:19a été nommé ministre de l'Intérieur.
11:21Quand Bruno Rotaillot
11:22a été nommé ministre,
11:24et puis qu'ils voyaient,
11:25parce que la télévision,
11:28la salle du président,
11:30le montrait tous les soirs
11:31pour le discréditer.
11:32Regardez ce chien de Rotaillot,
11:34truc,
11:34etc.
11:34L'extrême droite,
11:36et patati patata.
11:37Mais les prisonniers,
11:39pour eux,
11:39ils ont fait une chanson pour lui.
11:43Bruno Rotaillot,
11:44De Beauvau à l'Elysée,
11:46boulevard Rotaillot.
11:49Ils ont inventé une chanson.
11:51Incroyable.
11:52C'est incroyable.
11:53L'Algérie,
11:54une dictature,
11:55c'est une dictature.
11:56Et comment ?
11:57Et la pire de toutes,
11:58parce que je vous fais remarquer
12:00que toutes les dictatures
12:01sont tombées,
12:01sauf celles-là.
12:03Oui.
12:04Oui.
12:04C'est ce que vous allez dénoncer
12:06dans votre livre ?
12:07Oui.
12:07Ça va être ça,
12:08le cœur du livre ?
12:09C'est le cœur du livre,
12:10oui, absolument.
12:10L'Algérie,
12:11une dictature.
12:11Oui.
12:12Et vous allez expliquer
12:12pourquoi c'est une dictature.
12:14Ah ben,
12:14c'est une dictature.
12:15Et en quoi c'est une dictature ?
12:16Oui,
12:16c'est une dictature militaire,
12:17c'est pour le pouvoir,
12:18tout simplement.
12:20Oui.
12:20Et qui utilise tantôt...
12:21Avec un bouc émissaire,
12:22la France.
12:23Ah ben oui.
12:25Alors,
12:25la France est un bouc émissaire,
12:26mais il y a cette raison
12:28qui fait que la France,
12:29à un moment donné,
12:30qui soutenait l'Algérie.
12:31Oui.
12:32Enfin,
12:32soutenait la position algérienne,
12:34qui est la position
12:35des Nations Unies.
12:38C'est-à-dire
12:38l'autodétermination
12:39des Sahraouis.
12:41La France était aussi
12:42sur cette ligne.
12:43Et puis,
12:44subitement,
12:46elle soutient
12:47la marocanité.
12:48La marocanité.
12:49Et là,
12:49c'est la guerre.
12:50Merci à toutes et à tous.
12:51Vous êtes de plus en plus nombreux.
12:52Et n'hésitez pas
12:53à vous abonner.
12:54C'est gratuit.
12:55Vous vous abonnez
12:55et puis,
12:56vous nous encouragez.
12:57Un petit pouce,
12:58un petit commentaire.
12:59Nous irons voir vos commentaires.
13:01Merci à vous.
13:01Christophe Glaze.
13:03Christophe Glaze...
13:03Est-ce qu'il est en danger ?
13:05Non,
13:05je crois qu'il a
13:07un mental solide.
13:09Qu'est-ce qu'il risque ?
13:11Pas grand-chose
13:12de la part de l'administration.
13:14C'est une prison quand même
13:15qui fonctionne sur des règles
13:16et tout ça.
13:18mais il peut être tenté
13:21par exemple par le suicide.
13:22Beaucoup de prisonniers
13:23sont tentés
13:23par l'automitulation
13:26pour échapper à la prison.
13:28Mais je crois qu'il est solide.
13:29C'est un gars qui a montré
13:30qu'il était courageux
13:32et qu'il a bien résisté.
13:33Il a résisté déjà
13:34à la prison de Tiziouzou
13:35qui est une vieille prison.
13:38Ça devait être absolument horrible.
13:40Là, il est à Coléa où j'étais.
13:41Peut-être même qu'ils ont poussé,
13:43que l'administration a poussé
13:44l'arrogance jusqu'à...
13:46Ou l'arrogance
13:47ou peut-être juste le plaisir
13:48de le mettre dans ma cellule.
13:50Parce qu'il est dans un quartier
13:51de haute sécurité.
13:52Et donc, c'est possible.
13:53Ou vous étiez
13:53dans un quartier de haute sécurité.
13:56Il est possible
13:56qu'il soit dans votre cellule.
13:58Oui, je connais l'arrogance.
13:59Vous avez des informations ?
14:00Oui, c'est quoi ?
14:01C'est une...
14:01Non, je n'ai pas.
14:02Mais je le sens
14:03parce que, bon,
14:04moi, j'ai la configuration
14:06de trucs.
14:07Il y a deux quartiers.
14:08Le 18A et 18B.
14:10Alors, le 18A,
14:11c'est vraiment les islamistes,
14:12les terroristes,
14:13les trucs.
14:14J'ai passé quelques semaines
14:15là-dedans.
14:17Et puis, le 18B,
14:18on va dire,
14:19c'est quand même plus poli,
14:20c'est plus...
14:21Il y a des islamistes
14:22et des terroristes.
14:22Mais des gens,
14:23enfin, bon,
14:25des islamistes,
14:26je dirais,
14:27pas modérés,
14:27mais pas loin.
14:29Des terroristes
14:29qui, peut-être,
14:30un peu repentis,
14:31un peu tru...
14:31C'est vivable.
14:33Et peut-être
14:33qu'ils l'ont mis là-dedans.
14:34Les islamistes en prison,
14:36les djihadistes,
14:37notamment ceux
14:37qui étaient à Daesh,
14:39et ils sont toujours
14:40dans la guerre.
14:42Ils fonctionnent
14:43comme une troupe
14:44dans une caserne
14:45qui s'entraîne,
14:46qui...
14:46Ils sont là.
14:47Vous les avez croisés ?
14:48Vous les avez croisés ?
14:49Oui, j'ai passé
14:5015 jours avec eux,
14:52même un peu plus,
14:53les premiers temps.
14:54Ils me regardaient
14:55un peu
14:55avec beaucoup d'appétit.
14:57Ils m'ont tellement
15:00zigouillé.
15:01Mais...
15:02Est-ce que vous avez l'impression
15:03que la France
15:03s'occupe bien de lui ?
15:04Je parle de Christophe Gleize.
15:06Le cas de Christophe
15:07est un peu compliqué.
15:08Parce que d'abord,
15:09il y a mon histoire.
15:10Et oui,
15:11qui pèse.
15:12Voilà, qui pèse.
15:13C'est vrai que Gleize,
15:14au départ,
15:14a été, je peux dire,
15:15presque totalement négligé.
15:17Y compris par les journalistes.
15:19Personne.
15:20A part sa famille.
15:21Oui.
15:21A part sa fille,
15:22mais personne.
15:22Il n'a pas obtenu
15:23le soutien que vous avez obtenu ?
15:25Ah ben pas du tout.
15:26Mais moi,
15:27ça m'avait surpris
15:27quand j'avais appris
15:28qu'il était en prison
15:30et tout ça.
15:30J'ai dit,
15:31mais ils ne font rien,
15:32mais ce n'est pas possible.
15:33Même pas la presse,
15:35même pas les journalistes,
15:36les sportifs,
15:38personne.
15:38Et le gouvernement français
15:40semblait être aussi très...
15:42Pas très concerné,
15:44comme si peut-être...
15:45Mais...
15:46Il pensait que Gleize
15:47était coupable
15:47de quelque chose.
15:49Oui.
15:49C'est la seule explication.
15:51Mais pourquoi
15:51ils ne le soutiennent pas ?
15:53C'est peut-être
15:53parce qu'il pense que,
15:54bon,
15:55il a commis quelque chose.
15:57Et que,
15:58ben,
15:58justice est passée.
15:59Du coup,
16:00tu es algérien,
16:00évidemment,
16:01je suis l'ennemi,
16:02le traître absolu.
16:05Et il semble que,
16:07dans la voie
16:09de la réconciliation
16:10entre l'Algérie
16:11et la France
16:11et les gouvernements,
16:13je gêne par mon discours.
16:15Mais je recevais
16:16tous les jours des coups.
16:17Mais non,
16:18mais attention à ce que vous dites,
16:19qu'Édouard Cé,
16:20il sort d'une colère noire,
16:21le président,
16:22et tata,
16:22tata,
16:23etc.,
16:24etc.
16:25Il faut faire profil bas,
16:26on est en train de négocier
16:27la libération de Christophe.
16:29Qu'est-ce qui s'est passé ?
16:30C'est qu'un an auparavant,
16:31deux années auparavant,
16:33Macron,
16:34je ne sais pas ce qu'il lui a appris,
16:35alors qu'il était complice
16:36avec Teboun sur la question
16:37du Sahara occidental,
16:39un bon matin,
16:40il se lève,
16:40il dit,
16:41je reconnais la marocanité
16:42du Sahara occidental.
16:44Et ça,
16:44en Algérie,
16:45on touche,
16:46enfin,
16:46pour le pouvoir algérien,
16:47on touche à tout,
16:48ça fait un Sahara.
16:49C'est le sacré du sacré.
16:50– Vous aussi,
16:51vous reconnaissez la marocanité ?
16:53– Oui, oui, oui.
16:54– Oui, vous l'avez dit ?
16:55– N'importe qui
16:56prend des livres d'histoire,
16:57il éprouche un peu,
16:58il va voir que ça a tout...
16:59Parce qu'à l'époque,
17:00les États n'existaient pas.
17:02– C'est ce que l'État algérien
17:03vous a reproché, d'ailleurs.
17:04– C'est des allégeances tribales,
17:06c'est tel tribut
17:06qu'il fait allégeance
17:07à tel roi,
17:08mais ça dure un temps,
17:09il peut faire allégeance
17:10à un autre roi,
17:11c'est comme ça,
17:11comme en Europe au Moyen Âge,
17:13ça se passait comme ça.
17:14– Alors, Boilem sans salle,
17:15je vais venir à ça.
17:17Vous êtes né le 15 octobre 1949,
17:19vous avez donc 76 ans.
17:21– Oui.
17:21– On a dit que vous avez
17:22plus de 80 ans et tout.
17:23– Ah oui, mais presque pas.
17:24– Bon, on ne sait pas pourquoi.
17:26– Bon, vous avez,
17:28je rappelle,
17:28je rappelle que votre premier roman
17:30est paru,
17:32premier roman,
17:33c'était le serment des barbares.
17:34– Oui, en 1999.
17:36– En 1999,
17:38vous avez connu un énorme succès
17:39avec 2084,
17:41la fin du monde,
17:42un monde totalitaire,
17:44religieux.
17:45Vos livres sont interdits en Algérie ?
17:46– Non, alors...
17:48– Est-ce que vos livres
17:49sont encore vendus en Algérie ?
17:50– Je me pose la question.
17:53Alors,
17:54jusqu'à mon arrestation,
17:56on trouvait certains,
17:58pas tous,
17:58certains de mes livres,
18:00on les trouvait,
18:00mais seulement
18:01dans les grands hôtels
18:03ou à l'aéroport,
18:04en zone internationale.
18:06On les trouve très peu
18:08dans les librairies
18:11privés,
18:12très très peu.
18:14Si on les trouve
18:15et ils se vendent
18:16sous la table,
18:17c'est-à-dire,
18:17c'est des lecteurs
18:18qui demandent aux librairies
18:19« Est-ce que tu as
18:20le dernier 2084
18:22de Sansal ? »
18:22Non, mais je peux
18:23t'en ramener, hein ?
18:25Et donc,
18:25il y avait une histoire
18:25de commerce.
18:26– Marché noir, quoi.
18:27– Oui,
18:28un marché noir,
18:28donc ils se vendaient.
18:29Et puis,
18:29les gens faisaient
18:30des photocopies,
18:31des trucs,
18:32voilà.
18:32– Boilem Sansal,
18:33est-ce que vous êtes devenu
18:36le héros,
18:36H-E-R-A-U-T,
18:38de la droite
18:39en France ?
18:41– Apparemment,
18:41on le dit,
18:42mais pas que d'aujourd'hui.
18:44Depuis longtemps.
18:45– Depuis longtemps.
18:46– Mais vous,
18:47vous l'acceptez ?
18:49– Non,
18:50moi,
18:50qu'est-ce que je peux faire
18:51contre l'opinion ?
18:53– Oui.
18:53– Qu'est-ce que,
18:54pour faire des démentis ?
18:55Quelqu'un a trouvé
18:56la bonne réponse.
18:57C'était en Belgique,
18:59parce que vous disiez,
18:59voilà,
19:00Boilem Sansal,
19:01il a un peu...
19:02– Oui,
19:03c'est le porte-parole
19:03de l'extrême droite.
19:04– Oui,
19:05il dit,
19:05écoutez,
19:05c'est simple,
19:06il suffit de lire
19:06ses livres,
19:08pour voir que non.
19:10Pour voir que non.
19:12Mais alors...
19:12– Pour certains,
19:13vous seriez même,
19:14pardon l'expression,
19:15l'algérien de service.
19:17Vous comprenez
19:17ce que je veux dire ?
19:18– Oui,
19:18mais j'ai entendu
19:18tout ça,
19:19bien entendu.
19:20– Vous l'avez entendu ?
19:21– Oui,
19:21bien sûr,
19:22et je l'entends encore
19:23aujourd'hui.
19:24Je l'entends.
19:26Qu'est-ce qui s'est passé ?
19:27C'est que quand
19:28j'ai publié
19:28mon premier roman,
19:31dans lequel,
19:33bon,
19:35c'est une phrase,
19:36quelque part,
19:37un roman qui fait
19:37400 pages,
19:38il y a une phrase
19:38qui a eu un retentissement
19:41extraordinaire
19:41dans les milieux
19:42pieds noirs,
19:43dans lequel je dis
19:44qu'il ne faut pas
19:46confondre la guerre
19:48entre l'Algérie
19:49et la France.
19:50C'est une chose,
19:50il ne faut pas...
19:51Les peuples,
19:52c'est autre chose.
19:52Les pieds noirs,
19:54les pieds noirs,
19:54ne sont pas des colonisateurs.
19:56C'est ce que je disais.
19:57C'est des gens
19:58qui sont venus,
19:58qui sont installés là-dedans.
19:59C'est des petits fermiers,
20:00des petits...
20:02qui étaient au chômage
20:03dans leur pays,
20:04Grèce,
20:05l'Espagne,
20:07etc.
20:07Ils ont voulu chercher
20:08du travail
20:09et puis se sont installés.
20:12Les colonisateurs,
20:13on les connaît.
20:14C'est les gros colonisateurs,
20:15évidemment,
20:15qui avaient des millions
20:16d'hectares...
20:17Est-ce que la colonisation
20:19était une chance
20:20pour l'Algérie ?
20:21En tous les cas,
20:22la sortie,
20:22l'Algérie,
20:23d'une ornière,
20:26puisque l'Algérie
20:27a été colonisée
20:28pendant quatre siècles
20:30par les Ottomans
20:31et que nous étions
20:33moins que des chiens
20:34pour les Ottomans.
20:36La colonisation ottomane
20:37sur toute l'Afrique du Nord,
20:39sauf le Maroc,
20:40l'Algérie,
20:41etc.,
20:42l'Égypte,
20:44l'Irak,
20:45la Syrie,
20:45tout le Moyen-Orient,
20:46c'était absolument
20:47terrifiant.
20:49C'était terrifiant.
20:50Et donc,
20:54la France
20:55qui a attaqué
20:56l'Empire ottoman,
20:57c'était pour...
20:58Voilà,
20:58c'est la guerre
20:59en 1830,
21:00c'était ça,
21:01c'était libérer
21:01la Méditerranée
21:03de l'emprise ottomane.
21:04Donc,
21:05ça,
21:06ça a permis
21:06justement aux Algériens
21:07de sortir
21:08de cette ornière
21:09ottomane.
21:10Est-ce qu'on peut
21:11estimer que nous sommes
21:12pas une guerre
21:14militaire
21:14sur le terrain,
21:15mais est-ce que nous sommes
21:16en guerre avec l'Algérie ?
21:17Oui, oui, absolument.
21:18Une guerre sur le terrain,
21:19à la limite,
21:20ça éclaircit la situation.
21:22Oui.
21:22Mais là,
21:23c'est...
21:23C'est une guerre.
21:24La France est en guerre
21:25avec l'Algérie.
21:26Oui, oui.
21:27Je dirais plutôt l'inverse.
21:28C'est l'Algérie
21:29qui est en guerre
21:30avec la France.
21:31À cause de ça.
21:32À cause de ça
21:33et puis parce que
21:35je crois que
21:37le président Tebboune,
21:39pour se légitimer,
21:41il y a la Palestine,
21:43le Sartre occidental,
21:44mais pour se légitimer,
21:46il avait besoin
21:47d'un coup de main
21:48de la France
21:49qui reconnaît
21:50que la colonisation
21:51a été un crime
21:52contre l'humanité.
21:55Macron l'a dit,
21:57mais pas de cette manière-là.
21:58Il a dit
21:58la colonisation
21:59est un crime
22:00contre l'humanité.
22:01Il n'a pas dit
22:01la colonisation française
22:02en Algérie
22:03est un crime
22:04contre l'humanité.
22:05Alors,
22:05il se moque de nous,
22:07mais tout le monde
22:08dit que la colonisation
22:09c'est un crime
22:10contre l'humanité.
22:10Mais nous,
22:11on veut qu'ils disent
22:12que la colonisation française
22:14en Algérie
22:15est un crime
22:15contre l'humanité.
22:16Macron ne l'a pas dit.
22:17Il a dit,
22:18non,
22:18moi j'ai déjà dit
22:18que la...
22:19Oui,
22:19mais ça c'est un générique,
22:20c'est une expression générique
22:21qu'il faut reconnaître.
22:23Et à partir de là,
22:24tout ça...
22:24L'Algérie a désigné
22:25son ennemi,
22:26la France.
22:26C'est ce que vous allez raconter
22:28dans votre livre,
22:28donc.
22:30Est-ce que vous êtes croyant ?
22:32Non,
22:32non,
22:32pas du tout.
22:33Pas du tout ?
22:34Non.
22:35Quand la dépendance est arrivée,
22:36donc on était encore très jeunes,
22:38l'Algérie était communiste,
22:39donc athée.
22:40Oui.
22:41Jusque dans les années 88,
22:43quand les islamistes...
22:44Il fut même un temps
22:46où l'on dévoilait
22:47les jeunes filles,
22:48les jeunes femmes,
22:49comme en Tunisie.
22:50Comme en Tunisie.
22:51Sous Bourguiba,
22:52on a dévoilé
22:53les jeunes femmes,
22:54Bourguiba dévoilait lui-même
22:55des jeunes femmes
22:56quand il allait dans la rue.
22:57Je me souviens de l'image
22:58qui était très forte.
23:00Mais absolument.
23:01Dans les années de 1962,
23:04on arrive à l'indépendance.
23:05En plus,
23:06l'Algérie se lance
23:06dans un développement moderne.
23:08L'industrie,
23:09les investissements,
23:11etc.
23:12Et donc,
23:13on avait besoin
23:14de faire travailler les femmes.
23:16Les hommes ne suffisaient pas.
23:17On n'était pas nombreux.
23:19Donc, il fallait...
23:19Et donc,
23:20ça a été presque obligatoire
23:22de libérer les femmes
23:24et qu'elles travaillent.
23:25Et elles ont évolué.
23:28Aujourd'hui,
23:28le président Tebboune,
23:30président algérien,
23:32utilise l'islamisme ?
23:33Non.
23:34Honnêtement,
23:35non.
23:35Moins.
23:36Moins ?
23:36Oui, absolument.
23:38Pourquoi ?
23:38Parce qu'avec
23:39Boutilika,
23:40parce qu'il faut revenir un peu...
23:43Boutilika arrive
23:44en 2091
23:48au pouvoir
23:50et il fait un deal
23:51avec les islamistes.
23:53Il leur dit,
23:53le peuple,
23:54vous,
23:54ce qui vous intéressez,
23:55le peuple,
23:56vous l'avez.
23:57Nous,
23:58on garde l'état utile,
23:59le pétrole,
24:00le truc.
24:01Il y a eu donc ce deal.
24:03Et donc,
24:04il a utilisé
24:05en construction
24:06de mosquées,
24:07d'instituts islamiques.
24:09Pendant ses 20 ans de règne,
24:10l'Algérie s'est couverte
24:11de boutiquas,
24:13s'est couverte
24:14de mosquées,
24:15de trucs.
24:16Et les islamistes,
24:17ils se sont dit,
24:17mais c'est beaucoup plus intéressant
24:18que de faire la guerre.
24:20Boutilika,
24:21on lui a donné son pétrole
24:22et tout ça,
24:23mais nous,
24:23il nous a donné
24:24ce que nous,
24:24nous cherchons.
24:26Ce n'est pas la terre,
24:27ce n'est pas le truc,
24:27c'est l'âme des gens.
24:30Et là,
24:30et du coup,
24:31maintenant,
24:32l'islamisme,
24:33il est partout maintenant.
24:34Il est partout.
24:35Et toutes les filles,
24:35quasiment,
24:35sont voilées.
24:36Celles qu'on avait dévoilées
24:38pendant 20 ans,
24:39aujourd'hui,
24:40sont toutes voilées.
24:40Aujourd'hui,
24:41sont voilées.
24:42L'islamisme
24:43qui est en train de,
24:46selon vous,
24:47selon vous,
24:48de gangréner la France ?
24:49Mais absolument.
24:52L'islamisme,
24:53alors,
24:54au départ,
24:54c'est une démarche
24:56naturelle.
24:58Vous faites le rapprochement
24:59entre islam et islamisme,
25:01pour vous,
25:01c'est pareil ?
25:02C'est une différence de degrés,
25:03pas de nature.
25:04Oui.
25:05Une différence de degrés.
25:07Toute religion,
25:08dans son principe,
25:09est expansioniste.
25:10C'est le normal.
25:11On convertit,
25:12on arrive avec ses idées,
25:14on essaie de passer.
25:14Les conquérantes.
25:15Oui,
25:15tout simplement.
25:17Jusque-là,
25:17c'est normal.
25:19Mais ça va nous emmener
25:20trop loin,
25:21une conversation
25:21très compliquée,
25:22mais qui date
25:23d'être 3 ou 4 siècles,
25:24c'est quand
25:26le monde musulman
25:27a été détruit
25:28par l'Occident.
25:29Oui.
25:30Démantèlement de l'Empire Ottoman,
25:32et tous les empires musulmans
25:33sont tombés.
25:34Et tous les pays musulmans
25:36ont été colonisés.
25:39à cette étape,
25:41un mot a été inventé
25:43qui naît d'ailleurs
25:45en Afghanistan.
25:45C'est pour ça
25:46qu'on tourne,
25:47on tourne,
25:47on revient toujours
25:48à l'Afghanistan.
25:49C'est le mot
25:50de la Nahda,
25:50c'est-à-dire la renaissance.
25:52Oui, la renaissance.
25:53Il faut maintenant
25:55recouvrir
25:56notre islamité
25:57et punir
25:59ceux qui ont
26:01occupé
26:02la terre musulmane
26:03et dévoyer,
26:04etc.
26:05Donc, on est
26:06dans cette logique.
26:08Les musulmans,
26:09à l'époque,
26:09les islamistes
26:11n'existaient pas.
26:11Les musulmans,
26:13ils ont vu
26:143 ou 4 possibilités
26:16de le faire.
26:17La première,
26:19nous,
26:20d'abord,
26:20on revient à l'islam.
26:21C'est les salafistes.
26:22On revient
26:23à l'islam ancestral.
26:25Le mot
26:26salaf
26:26veut dire
26:27ancestral.
26:28C'est les salafistes.
26:30Donc, on revient
26:30au Coran,
26:31on s'habille
26:31comme le prophète,
26:32on vit comme le prophète,
26:34etc.
26:34C'est les salafistes.
26:36Et puis,
26:36il y a ceux
26:37qui disent
26:37non,
26:37mais c'est les djihadistes.
26:40Et nous allons
26:41propager l'islam
26:43par le sabre.
26:44C'est ce qu'a fait
26:44le prophète.
26:45Il est monté
26:46sur son cheval
26:46et il a conquis
26:48l'Arabie et truc.
26:50Et puis,
26:51il y a ceux
26:51qui disent
26:54non,
26:55on va quand même,
26:56on ne va pas revenir
26:57au VIe siècle.
26:59On va utiliser
26:59ce que les Européens
27:00ont inventé,
27:01c'est-à-dire
27:01les lumières.
27:03Et on va mélanger
27:05ça avec l'islam.
27:06Ça a donné
27:06l'islam des lumières
27:07pour lesquelles
27:08des Harkoune
27:10en France
27:11et d'Abdeloua
27:11Medeb
27:12et Malek Chebel
27:13ont beaucoup bataillé.
27:14C'est l'islam
27:15des lumières.
27:17L'islam tolérant.
27:18Oui,
27:19voilà.
27:20Oui,
27:21l'islam,
27:22ouvert aux démocrates.
27:23Voilà.
27:25Et puis,
27:28il y a ceux qui,
27:30alors,
27:30c'est ceux-là
27:31les plus dangereux.
27:32On peut penser
27:33que les autres le sont aussi.
27:35Mais celui-là,
27:35le plus,
27:36ceux-là se disent
27:37non,
27:37on ne prend pas
27:37les lumières.
27:38On prend ce qu'ont inventé
27:40les Russes
27:41et les Chinois
27:42à l'agite propre.
27:43L'agite propre.
27:44Ça devient
27:44l'islam politique.
27:45L'islam politique.
27:46C'est-à-dire qu'on va
27:47sur le souterrain,
27:49les syndicats,
27:50les trucs,
27:51on s'infiltre
27:52dans la base.
27:53Vous avez vu
27:53les résultats
27:54dans certaines
27:56municipalités françaises ?
27:58Ça va à droite
27:59un peu.
28:00Ça va à droite
28:00ou dans certaines,
28:02ça va très éléphiste.
28:04Ah bah oui.
28:05Est-ce que vous croyez
28:05qu'il y a une influence
28:06islamiste aujourd'hui
28:07qui commence à...
28:08Mais c'est normal.
28:10Si vous faites
28:14quelque chose d'extrême ici,
28:16en réaction,
28:17il y aura un extrême.
28:17En réaction,
28:18il y aura un extrême.
28:18Tout naturel.
28:19L'action et la réaction.
28:20Est-ce que vous demandez
28:21l'interdiction
28:22des frères musulmans
28:23en France ?
28:23Oui,
28:24ça fait longtemps
28:24que je les demande.
28:26Comme aux Pays-Bas ?
28:26Comme aux Pays-Bas.
28:27Mais sur les faits,
28:29ça n'aura aucun impact.
28:30Oui.
28:31Parce que les islamistes
28:32savent passer en souterrain.
28:34Vous les interdissez là,
28:35chut,
28:35vous les retrouvez.
28:36En étant dans
28:37la société française
28:37est en danger ?
28:38Elle est très en danger.
28:40Elle est très en danger
28:41pour deux raisons.
28:42Allez-y,
28:43pourquoi ?
28:44Parce que le monde musulman
28:45est sur une pente ascendante.
28:49Ils sont en train
28:49de gagner partout.
28:50Ils ont chassé
28:51la colonisation.
28:52C'est fini.
28:53Ils ont chassé
28:54les dictateurs.
28:55Maintenant,
28:55ils ont les peuples.
28:57Ça leur a fait
28:57à ma force.
28:58Et continue maintenant.
29:00Vous disiez tout à l'heure
29:01que l'Algérie
29:01a fédéré
29:03autour d'elle
29:04plusieurs pays
29:06subsahariens.
29:06Oui,
29:07absolument.
29:08Alors ça,
29:09c'est une des raisons.
29:09Ils sont portés
29:10par quelque chose.
29:11C'est exaltant.
29:13Ça fonctionne.
29:14Regardez la Syrie.
29:15Tout le monde courtise
29:16le Joulani,
29:17le nouveau président.
29:18Tout le monde croit
29:18que c'est possible.
29:20Et tout.
29:21Et l'autre raison,
29:22c'est les phénomènes
29:22qui rongent
29:23la société occidentale.
29:25Le wokisme,
29:26le truc,
29:27le machin.
29:29Voilà.
29:30On bat sa coupe
29:31à longueur d'année.
29:33Etc.
29:33Etc.
29:34Et l'affaiblissement
29:35de la démocratie.
29:37Je relis
29:38ce que disait
29:38Elisabeth Badinter.
29:40Elisabeth Badinter
29:41disait
29:41« Ce que je souhaite,
29:42c'est qu'on enseigne
29:43à toutes les petites françaises
29:45de toutes origines
29:46qu'elles ont le droit
29:47de ne pas être vierges,
29:48que leur corps est à elles,
29:50qu'il n'appartient
29:50ni au père,
29:51ni au mari,
29:52ni à personne. »
29:54Elle a raison de dire ça.
29:56Oui, c'est ça.
29:56Il faut restaurer
29:57l'idée de la liberté individuelle.
30:00Alors déjà,
30:01on n'a plus de liberté collective
30:02parce que, bon,
30:03les structures financières
30:05et industrielles font que...
30:06Mais la liberté individuelle,
30:07c'est aussi le droit
30:08de porter le voile.
30:10Oui, bien sûr.
30:11Mais vérifions
30:12qu'elle le porte par elle-même.
30:14On voit bien
30:14qu'elle est connexion.
30:16On voit bien que non.
30:17Qu'elles sont contraintes
30:20et forcées de manière...
30:21C'est un signe religieux.
30:22Oui.
30:22C'est clair.
30:23Souvent de manière très intelligente.
30:24C'est-à-dire que...
30:25Je ne sais pas,
30:25la fille...
30:26Les filles, d'ailleurs,
30:27quand on la pose la question,
30:27disent « Non, non,
30:28j'ai choisi moi-même. »
30:29Enfin, oui,
30:30on sait bien
30:31qu'on l'a mise
30:31dans une situation
30:32où elle allait aboutir à cela.
30:35Est-ce qu'il y a une parenté
30:37entre l'islamisme
30:38et le fascisme ?
30:39Il y a des considérations
30:41historiques
30:42avérées,
30:42vérifiées.
30:43Quand l'islam...
30:45Hitler arrive au pouvoir.
30:47Il n'est pas encore au pouvoir.
30:48Il n'est pas encore chancelier,
30:49mais le nazisme est installé
30:51et tout ça.
30:51Et il cherche des alliés.
30:54Alors, il les a trouvés
30:55en Italie,
30:56en Turquie,
30:57au Japon.
30:58Il a trouvé des alliés,
30:59même un peu en Espagne aussi.
31:01Et puis, il dit
31:01« Ah, tiens,
31:03je vais... »
31:04Les Arabes,
31:06les musulmans,
31:07parce qu'on a le même ennemi.
31:09Leur ennemi,
31:09c'est la France et l'Angleterre
31:10qui les ont colonisés.
31:11Et c'est notre ennemi
31:12à nous aussi.
31:14Donc, Hitler envoie
31:15des délégations
31:16dans tous les pays
31:16contacter les pays,
31:18les partis
31:20arabes et musulmans.
31:21qui tous ont refusé.
31:23On disait
31:23« Mais il est hors de question,
31:24qu'on travaille, vous ? »
31:26Et là, il a eu un coup de génie.
31:27Mais non, il se dit
31:28« Je me suis trompé. »
31:29Ce n'est pas avec les laïcs.
31:32Il faut aller voir les religieux.
31:33Parce que le non-nazisme,
31:34quand il a étudié,
31:36ses conseillers ont étudié l'islam,
31:39il voyait que ça se superposait.
31:41Les idées sont les mêmes.
31:42Et donc, il envoie une délégation
31:45à Jérusalem
31:46pour rencontrer
31:47le pape musulman,
31:49le grand mufti de Jérusalem.
31:51Et il fait un accord.
31:52Et le grand mufti lance un appel
31:54dans tous les pays musulmans
31:55« Rejoignez Hitler ! »
31:57Et il rejoint l'ici.
31:58Lui-même est parti à Berlin.
32:01Il a été nommé ministre d'État.
32:04Et il a formé une armée arabe
32:07qu'on appelait les bataillons arabes
32:08qui se sont battus,
32:09y compris en France,
32:10du côté de...
32:12Je ne sais...
32:13Ça va me dire.
32:14Oui, oui, oui.
32:16Ils se sont battus.
32:19Et dans les écoles nazies,
32:22à l'époque,
32:23ont formé les jeunes,
32:24les enfants,
32:24les militants,
32:27l'islamisme,
32:28l'islamisme qui était purement musulman,
32:31s'est imprégné de ces idées-là.
32:34Pendant ce temps,
32:35d'autres musulmans
32:36s'imprégnaient des idées de Moscou.
32:37Ce qui se passe dans l'actualité,
32:38vous suivez cette guerre
32:41conduite par les Américains
32:42et les Israéliens,
32:43ces bombardements.
32:44Qu'est-ce que vous en pensez ?
32:45D'abord,
32:47je sais très peu de choses.
32:48Oui, bien sûr.
32:50Je n'avais pas de télévision,
32:52je n'avais même pas de téléphone.
32:53Je n'avais strictement rien.
32:54Mais là, maintenant,
32:54vous suivez là ?
32:56Depuis un mois,
32:58maintenant, j'ai un téléphone,
32:59j'arrive à suivre un peu sur un téléphone.
33:01Je n'ai pas encore de télé,
33:02donc je ne vois pas.
33:04Mais on est tout simplement,
33:07c'est-à-dire qu'il ne faut pas s'affoler,
33:09on est tout simplement
33:10dans la même période
33:11que dans les années 30.
33:12C'est-à-dire,
33:12les tensions internationales
33:14sont si fortes
33:15que,
33:17ça sort de partout.
33:19Ça sort de partout.
33:21On voit où ça a conduit quand même
33:22dans les années 30.
33:24Ben oui,
33:24ça a été...
33:25Là aussi,
33:26on ne fait pas...
33:26On est carrément
33:27dans les années 30.
33:28C'est-à-dire que
33:29les tensions internationales
33:31sont tellement vives
33:32qu'à tout moment,
33:33ça expose.
33:36Et on se retrouve
33:37comme à cette époque-là,
33:38il n'y a pas d'institution internationale
33:40capable de réguler.
33:42C'est vrai.
33:42La société des nations,
33:44c'était rien du tout.
33:45L'ONU,
33:46c'était rien.
33:47Et l'ONU,
33:48on voit que c'est rien du tout.
33:49Alors,
33:49qui va réguler ça ?
33:51Qui va mettre de...
33:53Et on a maintenant
33:54des personnages qui apparaissent,
33:56ils sont tous de la...
33:58C'est Mussolini,
33:59c'est Hitler,
33:59c'est des personnages
34:02complètement...
34:02C'est des comptes,
34:03quoi.
34:03des comptes de cauchemars.
34:05C'est Trump,
34:06par exemple.
34:08C'est ça qui...
34:10Oui.
34:11C'est Trump,
34:12c'est Poutine,
34:12c'est...
34:13L'autre,
34:13le Chinois,
34:14il est beaucoup plus...
34:15Il ne s'inscrit pas
34:16dans ce jeu,
34:17il s'inscrit dans
34:18la décennie à venir.
34:19Il attend que...
34:21Ici,
34:21on se casse tous la gueule,
34:22fatigué,
34:23et là,
34:24il va venir ramasser les...
34:25Pourquoi avez-vous changé
34:26d'éditeur ?
34:27Oui.
34:28De Gallimard
34:29à Grasset ?
34:30Oui.
34:30Pourquoi ?
34:31Moi,
34:31j'ai une relation
34:32d'amitié,
34:33de 27 ans
34:34avec Gallimard.
34:35Et donc,
34:35c'était vraiment
34:36très bien.
34:37J'étais comme
34:37un co-compagne
34:39chez Gallimard.
34:40Jean-Marie
34:40est un grand ami.
34:43Antoine aussi.
34:44Moi,
34:44on avait...
34:45votre contact,
34:46c'était Jean-Marie
34:46Lagrafthine.
34:47Et puis,
34:48c'est tous les gens
34:51avec lesquels je travaille.
34:52C'est le service de presse,
34:53Pascal Richard,
34:54compagnie.
34:55Ce sont tous des amis,
34:56quoi.
34:57Bon,
34:57voilà.
34:58Mais,
34:59oh,
34:59puis,
34:59il se passe quelque chose.
35:00C'est que je suis arrêté,
35:01je suis en prison.
35:02Et que là,
35:03ma vie a basculé.
35:05Il m'a basculé.
35:06Je me retrouve,
35:07après une année,
35:08dehors.
35:09Je ne sais pas.
35:10J'ai expulsé
35:12de mon pays.
35:14On m'a allé
35:15à mon passeport.
35:17On me,
35:17paraît-il,
35:19je suis déchu
35:19de ma nationalité.
35:21Et je me retrouve,
35:22mais vraiment,
35:23mais sans rien.
35:24Pas un sou,
35:25pas un truc,
35:25rien,
35:26rien de rien de rien.
35:27Comment je vais vivre ?
35:29Bon,
35:29très bien.
35:30Je suis hébergé
35:32par Antoine Gallimard.
35:33Il m'héberge.
35:34Et puis,
35:34moi,
35:35j'étais en train
35:35de travailler sur...
35:37en train d'écrire
35:38ce livre-là,
35:39sur ma détention.
35:40Je me rends compte
35:41que ceux qui m'ont libéré,
35:43qui vraiment ont été...
35:45C'est mon jugement.
35:46C'est ce qu'on appelait
35:47le comité de soutien
35:48à Boilem Sansal.
35:49C'est-à-dire
35:51Noël Lenoir,
35:53Arnaud Benetti,
35:54Jean-Michel Blanquer,
35:57Stéphane Roset,
35:58ses compagnies.
35:58Voilà,
35:59c'est des...
36:00Ils sont des centaines
36:01qui ont...
36:01Et qui se sont battus
36:02partout,
36:03partout,
36:03partout,
36:04partout.
36:05Et le discours
36:06que moi,
36:07je tenais là-bas
36:08en prison.
36:09Vous voulez dire
36:09que Gallimard
36:10ne s'est pas battu ?
36:10Non,
36:11Gallimard s'est beaucoup battu.
36:13Mais pas sur cette ligne.
36:14C'est la ligne
36:15de la conciliation.
36:16Gallimard s'est battu
36:17sur la ligne
36:18de la conciliation,
36:18en accord
36:19avec le gouvernement français,
36:21avec le président
36:22de la République.
36:22Je pense.
36:23Il a influencé.
36:24Il y a Boilem Sansal,
36:26mais la relation
36:27algéro-française.
36:27Les intérêts économiques,
36:29stratégiques...
36:29C'est passé après.
36:30Et c'est beaucoup
36:31plus important.
36:32Et donc,
36:33on se battait sur...
36:35Oui,
36:35Boilem Sansal,
36:36vous savez,
36:36c'est un grand écrivain,
36:38et puis les gens qui...
36:40Mais on ne comprend pas
36:42qu'il était arrêté.
36:43Non, non, non,
36:43monsieur, non, non.
36:44Moi, je veux faire...
36:45Je veux me...
36:47Je veux me battre.
36:48Et j'irai jusqu'au...
36:49Refuser toute concession.
36:51Toute concession.
36:52Toute conciliation
36:52avec un régime pourri.
36:54Résistance et combat.
36:55Résistance et combat.
36:56Et c'est ce que j'ai écrit.
36:57Et du coup,
36:57moi, je suis mal allé,
36:58cher Antoine,
36:59parce que je suis en train
37:00d'écrire ce livre
37:01comme je suis en train
37:02de vous parler.
37:03Oui.
37:03De manière très...
37:05Radicale.
37:05Oui.
37:07Oui, non,
37:08mais alors,
37:08qu'est-ce que j'entends
37:09chez Gallimard
37:10toute la journée ?
37:11Non, bon,
37:11un petit truc,
37:12maintenant...
37:13Et ensuite,
37:14je me rends compte
37:14que je ne pouvais pas
37:15recevoir mes amis.
37:16Ben, voilà.
37:17Moi, les gens
37:18qui m'ont défendu,
37:19j'avais envie de...
37:19Comment vous interdisiez
37:21de recevoir vos amis ?
37:22Oui, oui.
37:22Je n'avais pas le droit
37:23de recevoir des gens,
37:24n'importe qui,
37:25là où j'habitais,
37:26chez Antoine.
37:27Chez Antoine.
37:28Oui, c'est intéressant.
37:28Chez Antoine Gallimard,
37:29vous n'aviez pas
37:29le droit de recevoir ?
37:30Donc, j'ai vécu
37:31pendant quatre mois,
37:33ma foi de mémoire,
37:34quasiment,
37:35quand je veux voir
37:36un copain,
37:36je sors.
37:37Oui, donc,
37:37il y a ça.
37:38Et puis, constamment,
37:40les coudes d'orceilles
37:41sont en colère,
37:42à l'Élysée,
37:42oh là là,
37:43les trucs,
37:44Boulême,
37:44il faut penser
37:45à Christophe.
37:46J'ai dit...
37:47Bon, voilà.
37:47Est-ce que ça vous a...
37:48Ça vous a exaspéré
37:51au bout d'un certain temps ?
37:52Ça m'a exaspéré,
37:53d'autant que
37:54c'était complètement...
37:56J'ai écrit au vitriol
37:58et j'entends des trucs
37:59au miel.
38:00C'était une situation
38:02pénible pour moi.
38:04Et donc,
38:04je m'en suis ouvert
38:05et j'ai dit,
38:07donc,
38:09à Antoine,
38:10à Jean-Marie,
38:12à Pascal Richard
38:13et à Karina,
38:15qui est la directrice,
38:16je leur ai dit
38:17je vais partir.
38:18Je ne suis pas à l'aise.
38:20Il a été écrit
38:21beaucoup de choses
38:21concernant ce départ.
38:23Est-ce que votre rencontre
38:24avec Nicolas Sarkozy
38:25en décembre
38:25vous a poussé
38:26à prendre cette décision ?
38:27Pas du tout.
38:28J'ai lu ça.
38:29Vous aussi, d'ailleurs.
38:30Je l'ai entendu
38:32mille fois.
38:32Mais c'est rigolo
38:33parce que pas du tout.
38:34On a parlé de son livre.
38:37On a parlé surtout
38:38de notre expérience
38:39de prisonnier.
38:40Et moi,
38:41je m'en moquais de lui.
38:41Elle était différente
38:42de la sienne,
38:43la vôtre.
38:43Oui, mais je l'écoute
38:44dix-mêmes jours.
38:45Moi, on parlait de ça.
38:49C'était ça.
38:51Et puis,
38:52alors, il voulait savoir,
38:54effectivement,
38:54la question qu'il me posait,
38:55est-ce que Macron
38:57a fait quelque chose
38:58pour tous les vins ?
38:58Mais j'ai dit,
38:59mais écoute,
39:00comment,
39:00comment,
39:01au-dessus que je sache,
39:03Macron ne me fait pas
39:04confiance ?
39:05Qu'est-ce qu'il a fait ?
39:06Il n'a pas fait ?
39:07Moi, je constate que,
39:10j'ai quand même passé
39:11une allure en prison.
39:12Et qu'il a fallu
39:13une intervention
39:14du président allemand
39:15pour que...
39:16C'est le chef
39:18du gouvernement allemand
39:19qui a obtenu votre...
39:20Non, le président.
39:20Le président allemand
39:21qui a obtenu votre libération ?
39:22Avec Emmanuel Macron.
39:23Avec Macron.
39:24Oui, je pense.
39:25Oui, oui.
39:25Ah ben, c'est entre-chef d'État.
39:26Il ne peut pas faire des choses.
39:27Bien sûr.
39:29Surtout à un citoyen français.
39:30Voilà.
39:31Donc, il a dû l'appeler.
39:32Mais pourquoi ?
39:32Parce que moi,
39:33j'ai fait contacter
39:36Stalmayer
39:36par mes filles.
39:38Mes filles sont
39:38tchéco-allemandes.
39:40Ma première fois,
39:41mais tchéco-allemandes.
39:42Ah oui, d'accord.
39:43Donc, vous avez fait intervenir, oui.
39:45Donc, elles ont fait
39:45beaucoup de tapages
39:46en Allemagne.
39:48Il y a eu beaucoup.
39:50Évidemment,
39:50je suis très, très connu
39:51en Allemagne
39:53depuis toujours.
39:54Et donc,
39:54il y a eu une mobilisation
39:55qui s'est arrivée
39:56jusqu'à Stalmayer.
39:59Et là,
39:59il a...
40:01Mes filles ont fait
40:02le siège
40:03du président tchèque
40:04qui a fait le siège
40:05du président allemand.
40:06et bon,
40:07ils ont concouru
40:08tout ça à trois.
40:11Mais au moins,
40:12on ne m'a rien dit,
40:12c'est après.
40:13Après coup.
40:15Lorsque vous avez été libéré,
40:17Emmanuel Macron,
40:18comment s'est comporté
40:19Emmanuel Macron ?
40:20Très bien.
40:20On a été reçus
40:21directement de Berlin.
40:22On est arrivés
40:23à l'Élysée.
40:24Et il nous a reçus,
40:25ma femme et moi.
40:26D'abord,
40:27on a été reçus
40:28par Brigitte.
40:29Vraiment,
40:29très, très bien.
40:30Elle nous a fait visiter
40:32ton truc.
40:33C'est plein d'œuvres d'art.
40:34C'est très beau.
40:36Et puis ensuite,
40:37on a vu Macron
40:39tête à tête
40:40avec mon épouse,
40:41évidemment.
40:42On a parlé,
40:43évidemment,
40:44de cette crise
40:46franco-algérienne.
40:47Voilà.
40:49qui, non seulement
40:49s'aggrave,
40:50mais s'étend.
40:51Parce que maintenant,
40:51l'Algérie a mobilisé
40:53une dizaine de pays africains.
40:56Je vais y venir.
40:57Je vais y venir.
40:58Je vais y venir.
40:59Mais j'en termine.
41:00Je voudrais lire
41:01ce qu'écrit
41:02Jean-Marie Laclaftine.
41:04Qui vous écrit,
41:05d'ailleurs.
41:05Je lis.
41:06J'espère que ton prochain livre
41:07fera entendre,
41:08comme les précédents,
41:09la voix du peuple algérien.
41:11Plus loin,
41:11il ajoute.
41:12La voix de l'Algérie
41:13qui crie et qui chante,
41:14qui désespère et qui espère.
41:15La voix de ce peuple
41:16en soif de mémoire
41:17et de justice
41:17dont tu t'es fait le héros.
41:19Ce peuple
41:20qui fait l'objet
41:20de propos méprisants
41:21chaque jour
41:22sur le plateau de CNews,
41:24la chaîne de ton nouvel ami.
41:26Et il conclut.
41:27Voilà.
41:27Tu as largué les amarres.
41:29Je te regarde t'éloigner.
41:30Bonne route,
41:30mon vieux sachem.
41:31Ne te perds pas.
41:33Ouais, voilà.
41:34C'est bêtement méchant.
41:36Voilà.
41:39Parce que...
41:40Où est-ce qu'il m'a vu ?
41:41Je ne suis jamais allé
41:42chez CNews.
41:43C'est ça qui est terrible.
41:45Borloo.
41:47Je ne le connais pas du tout.
41:48Je ne sais même pas
41:48comment il est fait.
41:50C'est ça.
41:50C'est ça.
41:50Non mais il veut dire
41:51que sur CNews,
41:53le peuple algérien,
41:54les Algériens
41:55sont montrés du doigt
41:56en permanence.
41:57Ah.
41:59Ce que vous n'acceptez
42:01peut-être pas.
42:02Mais je ne l'accepte pas.
42:03Bien entendu.
42:04Il suffit là aussi
42:04de lire mes livres.
42:05Mais bien sûr
42:06que je ne l'accepte pas.
42:07Mais qu'est-ce que
42:08je ne vais pas faire
42:10mes CNews.
42:11Je n'ai pas la possibilité
42:12de le faire.
42:13Moi, je n'y suis jamais allé
42:14à CNews.
42:15Je n'ai ni un truc.
42:16Je ne connais pas
42:17mon loré.
42:17Je pourrais terminer
42:18avec tout ça.
42:19Certains ont écrit aussi
42:21que c'est une question
42:21d'argent.
42:22Boalem Sansa
42:23aurait touché
42:24un million d'euros
42:25d'Avaloir
42:26chez Grasset
42:28pour son prochain livre.
42:29C'est vrai
42:30ou c'est faux ?
42:30Non, non.
42:31C'est faux.
42:31Évidemment.
42:32J'ai entendu pire.
42:34Un million,
42:35j'ai entendu
42:36deux millions,
42:36trois millions.
42:37Ah oui.
42:38Ah oui.
42:40J'ai entendu dire
42:41que les négociations
42:42ont été en train de...
42:43Mais pourquoi ?
42:44Mais pourquoi ?
42:46D'abord,
42:46Grasset n'a pas
42:47les moyens de faire ça.
42:48Je ne pense pas.
42:48Et pourquoi Bollery
42:49le ferait pour moi ?
42:50Pourquoi il le ferait ?
42:52À ceux qui disent ça,
42:54posez-le la question.
42:54Quel est son intérêt
42:55avec moi ?
42:56Parce que vous seriez
42:58devenu le héros
42:58de l'extrême droite,
43:00l'héros d'une droite
43:01très nationale,
43:02très...
43:03Ils ont ce qu'ils font.
43:04Ils ont Zemmour,
43:05ils ont Knafaut,
43:06ils ont l'entendé plus.
43:08Oui.
43:10Boilem Sansal
43:11tient un discours
43:12qui lui est soufflé
43:13par je ne sais qui,
43:14mais qui est vraiment
43:14d'une grande injustice
43:15et très insultant.
43:16Ça, c'est ce qu'écrit aussi
43:18Jean-Marie Laclavetine.
43:20Vous êtes toujours ami
43:21avec lui ?
43:23Ben...
43:24Oui.
43:25Je ne sais pas,
43:25maintenant c'est lui qui a...
43:28Moi,
43:29je l'ai appelé,
43:29je lui dis,
43:31pourquoi tu as publié ça ?
43:32Pourquoi tu n'es pas venu
43:33me parler ?
43:34Vous l'avez appelé
43:35quand il a écrit ça ?
43:36Je l'ai...
43:37C'est moi qui l'ai invité
43:38une semaine avant
43:39pour lui dire,
43:40écoute Jean-Marie,
43:41je m'en vais,
43:41je m'en vais
43:42parce que
43:44ce livre,
43:44pour moi,
43:45c'est le livre de ma vie.
43:46Je me bats contre un régime.
43:48Le reste ne m'intéresse pas
43:49à ce qu'il y a en France,
43:50ça ne m'intéresse pas.
43:51Moi,
43:52je vais me battre
43:54contre un régime
43:55et je ferai tout
43:55pour le faire tomber.
43:57Donc,
43:58je pars.
43:59Est-ce que Gallimard
43:59va le publier ?
44:00Non.
44:00Tu le sais bien.
44:02Tu le sais bien que...
44:05Vous pensez que Gallimard
44:07n'aurait pas publié
44:08le livre dont on va parler ?
44:09Oui,
44:09je pense.
44:10Je pense que si,
44:11une fois fini,
44:12j'ai dit tiens voilà,
44:13ça aurait fait un truc
44:15et on aurait remonté le livre
44:16peut-être
44:17à l'Elysée
44:18pour l'expertiser.
44:20Là,
44:21vous écrivez...
44:22C'est vrai qu'on peut penser
44:23que ça met à mal
44:24les relations
44:25à l'heure française.
44:26Ça va les aggraver peut-être.
44:27Je vais y venir.
44:30Qu'en paraîtra-t-il ?
44:32Je ne sais pas.
44:32Pour le moment,
44:33je travaille là-dessus.
44:35Je peaufine.
44:36Vous en êtes où ?
44:37J'ai un travail
44:39de 30 jours.
44:40Moi,
44:40en général,
44:41mes livres,
44:42c'est deux années de travail
44:43et là,
44:4440 jours.
44:45Oui.
44:46Mais vous êtes bien avancé ?
44:48Oui,
44:49on peut dire
44:49que l'architecture
44:51est faite.
44:51Oui.
44:52Il reste maintenant...
44:54Alors,
44:55en plus,
44:55je sors,
44:55je n'ai plus de mémoire.
44:56C'est la grande difficulté.
44:58Je n'ai plus de mémoire.
45:00Je mets beaucoup de temps
45:01pour reconstituer
45:02des choses,
45:05des conversations.
45:06Je n'arrive pas
45:07à les situer dans le temps.
45:08Ça va beaucoup mieux
45:09parce que je suis en traitement
45:11au niveau
45:11de l'hôpital militaire
45:14de Bégin
45:14et donc,
45:15quand même,
45:16ça va déjà mieux physiquement.
45:17Même là-dedans,
45:18ça commence un peu
45:19à fonctionner.
45:20Quel titre ?
45:21Mais...
45:22Le titre circule,
45:23je ne sais pas
45:23d'où les gens sont.
45:24Oui, bien.
45:26Bohème Sansal,
45:27merci d'être venu nous voir.
45:28Merci.
45:29Le livre,
45:29donc,
45:30vous ne savez pas encore,
45:31dans quelques mois
45:31avant la fin de l'année ?
45:32Je ne sais pas.
45:33J'en ai parlé hier
45:35avec Olivier Noura,
45:37le PDG de Corassé.
45:39Il est en train de réfléchir.
45:40Lui pense peut-être
45:42peut-être à la rentrée.
45:43À la rentrée littéraire.
45:45Enfin, littéraire,
45:45oui, septembre.
45:47Non, pas en septembre.
45:50En janvier.
45:52Non, non, non, non.
45:53Son idée,
45:53c'est que j'ai été arrêté
45:54le 12 novembre.
45:55J'ai été libéré le 12 novembre.
45:56Ce serait bien
45:57que le 12 novembre...
45:58Le livre sorte.
45:59Sorte.
46:00La légende.
46:01Il joue sur des...
46:03sur une symbolique
46:04comme ça de date.
46:05Le 12 novembre,
46:06comme la légende.
46:07Voilà.
46:08Moi, je suis indifférent.
46:11Merci Boalem Sansal.
46:13Merci beaucoup.
46:13Merci beaucoup.
46:14Merci.
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