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  • il y a 12 heures
L'affaire Samuel Paty a bouleversé la France en 2020. Ce professeur d'histoire-géographie fut victime d'un attentat, après avoir montré des caricatures à ses classes de 4e. Une campagne diffamatoire en ligne, alimentée par les mensonges d'une élève, a précipité sa fin tragique. Le film suit l'enquête de sa sœur Mickaëlle, déterminée à faire la lumière sur ce drame.

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Transcription
00:00:02Une nouvelle attaque terroriste donc s'est produite en fin d'après-midi à Conflans-Saint-Honorin dans les Yvelines.
00:00:09Il était peu après 17h, un professeur du collège du Bois d'Aulne qui avait montré les caricatures de Mahomet
00:00:17à ses élèves a été décapité devant l'établissement
00:00:20et son assaillant âgé de moins de 20 ans a battu par la police.
00:00:25Je veux dire ce soir, de manière très claire, ils ne passeront pas.
00:00:32Quand je l'ai vu sur cette table en métal froid avec cet halo lumineux au-dessus de lui
00:00:40et des détails que je ne savais pas avant de pénétrer dans cette pièce, c'est qu'il a été
00:00:45aussi massacré avec des plaies délabrantes au niveau du visage,
00:00:48ce qui fait que je ne l'ai pas reconnu.
00:00:51Moi je suis restée fixée à le regarder et ma mère répétait en boucle
00:00:58ils me l'ont massacré, ils me l'ont massacré, ils me l'ont massacré.
00:01:05Nous sommes d'abord et avant tout des citoyens unis par des mêmes valeurs, une histoire, un destin.
00:01:40Sous-titrage Société Radio-Canada
00:02:06Comme quiconque, je n'étais pas préparée à subir la violence d'un attentat terroriste
00:02:10ni de surcroît à entendre le hurlement de ma mère m'annonçant que mon frère avait été décapité.
00:02:16Il y a eu cet état de peine et de tristesse innommable.
00:02:19Comment pourrais-je les nommer n'ayant jamais ressenti une telle douleur auparavant ?
00:02:23Il y a eu cet état de choc post-traumatique, altérant toute capacité de penser et d'agir.
00:02:28La sidération passée ne me reste plus que la douleur et des questions.
00:02:32Ces questions pourtant légitimes ont obtenu jusqu'à présent pour seule réponse.
00:02:36Il ne faut pas se tromper d'ennemis.
00:02:4520h04, je reçois le SMS de ma mère m'expliquant
00:02:51« Samuel s'est sans doute fait tuer devant son collège. Rappelle-moi sur le fixe. »
00:02:56Dès que j'ai reçu ce message, je pense que j'ai suffoqué.
00:03:01Et il fallait absolument que je m'extirpe de cet espace qui est très clos.
00:03:06J'ai embrayé sur une sorte de cursive qui nous permet d'accéder à ce qu'on appelle l'issue
00:03:12de secours.
00:03:13Je n'ai pas eu d'appel d'air qui m'a réconfortée.
00:03:17Et pendant ce trajet dans la cursive, je me suis mis machinalement à taper de mémoire le numéro de fixe
00:03:23de mes parents que je n'avais plus tapé.
00:03:27Parce qu'avec les téléphones portables, on est toujours en train de rechercher dans le répertoire le numéro de quelqu
00:03:32'un.
00:03:32Alors que là, taper, c'était vraiment... J'avais l'impression véritablement de gagner du temps.
00:03:38Et c'est vrai qu'à l'appel avec ma mère à ce moment-là, ce qui est tout à
00:03:46fait étonnant,
00:03:46c'est qu'elle m'expliquait les informations qu'elle pouvait détenir, qui effectivement confortaient cette hypothèse.
00:03:53Et pour qu'elle finisse totalement cette conversation par dire, ils lui ont coupé la tête.
00:04:02Quand j'ai commencé à mener enquête, j'ai été sollicité des personnes.
00:04:09Pour m'aider à mener quelque part un combat républicain, laïc, et qui mène parallèlement des combats similaires aux miens.
00:04:20Elle a compris que la figure de Samuel Paty pouvait servir à construire le sursaut de notre liberté.
00:04:29C'est un combat qui m'émeut beaucoup.
00:04:31Je sens cette douleur, je sens cette colère aussi.
00:04:34Et pour moi, cette colère, elle est totalement légitime.
00:04:37En fait, on a l'impression que ça n'a pas...
00:04:39Quelque chose n'a pas été pris au sérieux, n'a pas été...
00:04:42Et donc je comprends cette colère chez Michael Paty.
00:04:45Le combat de Michael Paty, c'est un combat pour la vérité.
00:04:49Elle estime que la vérité n'a pas été faite.
00:04:51Elle pense aussi que le procès pénal ne fera pas la lumière sur les responsabilités administratives.
00:04:57En fait, le combat de Michael Paty, c'est un combat pour la sépulture de son frère.
00:05:02C'est comme Antigone.
00:05:03C'est un combat pour une sépulture symbolique.
00:05:06Et c'est comme ça que Michael Paty se retrouve à inaugurer, évidemment, des monuments Samuel Paty.
00:05:11Mais pas seulement.
00:05:12Elle est là aussi pour mordre les mollets de la classe politique.
00:05:16Elle est là aussi pour réveiller nos consciences.
00:05:18Et pour nous dire, c'est notre combat.
00:05:22Quand elle va secouer le Sénat, c'est aussi une façon de réveiller les consciences
00:05:28pour que de la lumière jaillisse de l'horreur du crime de son frère.
00:05:32Messieurs les présidents, je viens ici vous demander l'ouverture d'une enquête parlementaire
00:05:36afin d'établir les failles de ce drame et de tenter d'en colmater les brèches.
00:05:41L'État ne peut s'affranchir du principe de responsabilité qui est la base du droit civil
00:05:45en se créant une immunité de fait.
00:05:47Messieurs les présidents, ainsi que l'ensemble des sénateurs,
00:05:50vous qui avez condamné à l'unanimité l'assassinat de Samuel Paty,
00:05:54délaissant votre traditionnel clivage,
00:05:56j'espère que vous agirez aujourd'hui dans le même esprit d'unité.
00:06:02Je dédie ce texte à celui qu'on n'a pas sauvé, M. Dominique Bernard.
00:06:06Mon frère a été décapité le 16 octobre 2020,
00:06:10trois ans après, étant de réaliser que la fameuse phrase lancée par M. Blanquer,
00:06:14« Il y aura un avant et un après Samuel Paty » n'a pas eu les effets attendus.
00:06:17« J'en veux à ces éternels adeptes de l'idéologie du padvagisme,
00:06:21ceux qui sont les premiers à se mettre à genoux et à regarder tomber,
00:06:24ceux qui sont restés debout. »
00:06:26Se murmura à l'oreille, « Ah, tu vois, on a bien fait de se coucher. »
00:06:30Mon frère a été reconnu par certains et a tort coupable de déloyauté.
00:06:34Le coup de sa désobéissance sera qu'il finira seul
00:06:36et que l'État n'en aura pas sa part du contrat social en lui assurant protection.
00:06:42Combien de temps vous faudra-t-il pour comprendre
00:06:44que la culture de la Libye, soit religieuse, soit ethnique,
00:06:47est utilisée pour commettre les pires exactions ?
00:06:50Le dernier condamné à mort pour blasphème en France
00:06:53n'est plus François-Jean, le fèvre de la barre,
00:06:55exécuté en 1766 à Abeuville.
00:06:58C'est désormais Samuel Paty, exécuté en 2020 à Conflans-Saint-Honorin.
00:07:03« Quand on vient du peuple et qu'on a l'opportunité
00:07:06de pouvoir monter au Sénat pour pouvoir leur dire ce qui ne va pas,
00:07:10moi je l'ai vécu déjà comme une chance au départ.
00:07:13J'étais sereine.
00:07:14Je savais ce que je voulais dire.
00:07:16Je savais que ce que j'allais dire, c'était la vérité.
00:07:20Et je pense que quand on dit la vérité,
00:07:22en fait on n'a pas d'inquiétude à avoir.
00:07:24J'ai le sentiment de parler au nom de mon frère.
00:07:27Des fois, je pense que je parle véritablement en son nom,
00:07:31voire cesser maux.
00:07:33Oui, je pense que je véhicule qui il était.
00:07:36Ce n'était pas un militant.
00:07:38Il n'était pas militant laïc.
00:07:39Il n'était pas dans des associations.
00:07:40Il n'était pas en train de faire...
00:07:42Voilà, il n'était pas dans cette forme en tant que professeur.
00:07:46C'est moi à la base, je ne suis ni professeur ni laïque non plus.
00:07:51Et pour autant, maintenant effectivement, je porte un combat laïque.
00:07:54Dans le cas de l'assassinat de mon frère,
00:07:56l'absurdité de cette situation est illustrée
00:07:58par la volonté en amont de ne pas faire de vagues.
00:08:00Générant une minoration des menaces qui pesaient contre mon frère
00:08:03et une absence de protection.
00:08:06La descente aux enfers de Samuel aura duré 11 jours.
00:08:09Et nul ne pouvait l'ignorer.
00:08:12Les derniers jours de Samuel Paty,
00:08:14c'est avant tout un engrenage implacable
00:08:17qui va durer du lundi 5 octobre au vendredi 16 octobre 2020.
00:08:22Et c'est une succession de fautes de l'administration,
00:08:25tant du ministère de l'Intérieur que d'Éducation nationale,
00:08:27qui permet de dire que c'est aussi un scandale d'État.
00:08:31Ce qui m'a fortement agacée et qui m'a sans doute poussée
00:08:35à essayer de retrouver cette chronologie millimétrée,
00:08:42presque seconde par seconde, minute par minute, des 11 jours,
00:08:47c'est que déjà, moi, je n'avais aucune information de ces 11 jours.
00:08:50Donc c'était capital pour moi de réécrire un pan,
00:08:54le dernier pan de l'histoire de Samuel.
00:08:57Dès le lendemain de l'attentat de mon frère,
00:09:00Jean-Michel Blanquer, à l'époque ministre de l'Éducation nationale,
00:09:04a commandité ce qu'on appelle une enquête administrative.
00:09:06C'est effectivement plus un rapport axé
00:09:11qui sert à dédouaner l'institution
00:09:14plutôt qu'à retranscrire les faits réels.
00:09:16Et ce rapport, il a été bâclé.
00:09:18Ce n'est pas en 15 jours qu'on va réussir
00:09:19à retracer les 11 jours d'engrenage.
00:09:21Moi, j'ai mis plus de deux ans à le faire.
00:09:23Et pourtant, j'étais particulièrement investie sur le sujet.
00:09:31Le lundi 5 octobre,
00:09:33il va avoir ses deux classes de quatrième.
00:09:36Donc le matin, il aura la quatrième 5
00:09:39où il va faire le cours
00:09:41qui est situation de dilemme, être ou ne pas être Charlie.
00:09:44Le cours de Samuel Paty n'est pas fait
00:09:46à partir d'un matériau qu'il serait allé pêcher lui-même, etc.
00:09:51Mais à partir du matériau offert
00:09:54par les bases de données pédagogiques de l'Éducation nationale.
00:09:58Donc il s'agit bien d'un cours
00:10:00qui s'inscrit entièrement dans le projet
00:10:04de construction du citoyen
00:10:06par rapport à la liberté de conscience
00:10:08et à la liberté d'expression.
00:10:15En octobre 2020,
00:10:16on est en plein procès Charlie.
00:10:18Et il pense que c'est important
00:10:20d'expliquer ce qui avait pu se passer,
00:10:23ce qui avait pu déranger.
00:10:24Donc il va faire un cours,
00:10:26donc monter, être ou ne pas être Charlie.
00:10:28Il y avait une première colonne
00:10:29où c'est indiqué être Charlie
00:10:32ou ne pas être Charlie.
00:10:34Et il invitait donc les élèves de sa classe
00:10:36à formuler des arguments pour
00:10:38et des arguments contre.
00:10:40Il savait que son cours allait potentiellement
00:10:43déranger un certain nombre de ses élèves,
00:10:45mais il le faisait quand même.
00:10:46C'est-à-dire qu'il avait quand même conscience
00:10:47que son devoir d'enseignant,
00:10:49c'était néanmoins de faire ce cours,
00:10:50fut-il dérangeant,
00:10:52parce qu'il était de son devoir
00:10:54d'apporter ses lumières à ses élèves,
00:10:56les lumières selon lesquelles
00:10:59il expliquait que la liberté d'expression,
00:11:01c'était aussi potentiellement
00:11:03de choquer, de choquer les croyances,
00:11:05de choquer un public
00:11:06pour faire réagir.
00:11:08Parce que le but de Samuel,
00:11:09ce n'est pas de choquer ses élèves,
00:11:12c'est de créer la discussion.
00:11:16Samuel Paty a montré
00:11:17cinq caricatures de Charlie Hebdo.
00:11:20Ça a duré, donc c'était une diapositive,
00:11:21ça a duré seulement quelques secondes,
00:11:22elles ont été présentées seulement quelques secondes.
00:11:24Et par délicatesse,
00:11:27sans nommer aucun élève,
00:11:28il leur a dit
00:11:28« Si vous êtes mal à l'aise
00:11:30avec ces caricatures que je vais présenter,
00:11:32vous pouvez détourner le regard »,
00:11:33ce sont ces mots,
00:11:34« ou alors sortir de classe ».
00:11:35Donc il propose à des élèves
00:11:37de sortir avec une adulte
00:11:39qui est présente dans son cours,
00:11:40c'est une AESH,
00:11:42c'est une adulte qui s'occupe
00:11:43des élèves Ulysse,
00:11:44donc en situation de handicap,
00:11:46et il leur dit
00:11:47« Vous pouvez sortir »
00:11:48et il reste quelques instants,
00:11:50trois minutes, quatre minutes,
00:11:51aucun bruit n'est à déplorer,
00:11:53rien ne se passe,
00:11:53aucune agitation.
00:11:54À aucun moment,
00:11:56il ne stigmatise les élèves
00:11:59de sa classe
00:11:59qui pourrait être de confession musulmane.
00:12:01Il ne dit pas
00:12:02« Les élèves de confession musulmane,
00:12:04levez la main,
00:12:05attention,
00:12:06ces images pourraient vous choquer ».
00:12:07Pas du tout.
00:12:08Il dit que ces images
00:12:09ont fait l'objet de polémiques
00:12:11et évidemment
00:12:12que ceux qui ne souhaitent pas les voir
00:12:14peuvent ne pas les voir.
00:12:17L'après-midi,
00:12:19il va faire le cours
00:12:21à la quatrième quatre
00:12:22et il va annoncer
00:12:23à la fin du cours
00:12:25que le lendemain,
00:12:26il montrerait les caricatures.
00:12:28Et donc cette quatrième quatre,
00:12:29le lundi après-midi,
00:12:30c'est la classe
00:12:30où il y a celle que moi,
00:12:31j'appelle Zed,
00:12:33qu'on va prendre
00:12:33pour prénom Zora.
00:12:35C'est le lundi 5 octobre,
00:12:37c'est le début
00:12:37des ennuis pour lui.
00:12:40Personne ne le sait encore,
00:12:41mais il va y avoir
00:12:43déjà des contestations
00:12:45sur ce cours.
00:12:51La principale,
00:12:52Mme Audrey Fouillard,
00:12:53reçoit un appel téléphonique
00:12:54de Mme N.
00:12:56Cette mère de famille
00:12:57reproche à Samuel Paty
00:12:59d'avoir écarté,
00:13:02d'avoir exclu
00:13:02des élèves
00:13:03de confession musulmane,
00:13:04ce qui n'est absolument pas le cas.
00:13:08Elle avait le sentiment
00:13:09que sa fille
00:13:10a été discriminée
00:13:11en raison de sa foi.
00:13:13Ce serait bien
00:13:14que vous puissiez
00:13:14vous entretenir avec elle,
00:13:16échanger par téléphone,
00:13:17éventuellement vous excuser,
00:13:18lui demande quand même
00:13:19de s'excuser,
00:13:20ce que fait Samuel Paty.
00:13:22Et il lui dit,
00:13:22écoutez,
00:13:23voilà ce qui s'est passé,
00:13:23j'ai simplement proposé
00:13:24par délicatesse
00:13:26à certains élèves
00:13:26de sortir
00:13:27ou de détourner le regard.
00:13:28La mère de famille
00:13:29en question
00:13:29accepte les excuses
00:13:30de Samuel Paty,
00:13:31on en reste là.
00:13:32Et donc le mardi après-midi,
00:13:34donc toujours le 6 octobre,
00:13:35il fait cours l'après-midi
00:13:36avec sa classe de 4e-4
00:13:37et il fait son cours
00:13:38à l'identique,
00:13:39exactement,
00:13:40il présente les mêmes caricatures.
00:13:41Et cette fois-ci,
00:13:42il n'y a pas d'assistante
00:13:43de vie scolaire
00:13:44pour permettre aux élèves
00:13:45de sortir.
00:13:46Donc,
00:13:46il va demander aux élèves
00:13:48qui pourraient être gênés
00:13:50par la vision
00:13:51de ces caricatures
00:13:52de simplement tourner la tête.
00:13:54Et comme la veille,
00:13:55ça va se passer très bien.
00:13:56C'est pourtant
00:13:57en fin de cette journée,
00:13:58très calme en apparence,
00:14:00que le problème
00:14:01est en germe.
00:14:06De longue date,
00:14:08la maman de Zora
00:14:09était donc conviée
00:14:10par l'établissement
00:14:12par la principale adjointe
00:14:13pour discuter
00:14:15avec elle
00:14:16de ses problèmes
00:14:16de comportement.
00:14:17Alors,
00:14:18il faut savoir que Zora
00:14:18Chlina,
00:14:19c'est une élève
00:14:19très dissipée,
00:14:20très turbulente.
00:14:21Elle a énormément
00:14:21de retenues
00:14:22depuis le début de l'année.
00:14:23Elle en a 12
00:14:23en seulement l'espace
00:14:25d'un mois.
00:14:25Et donc,
00:14:26elle convoque
00:14:26la maman de Zora
00:14:28pour lui parler
00:14:29des problèmes de comportement
00:14:30de sa fille
00:14:31qui sont répétés.
00:14:32pour une raison
00:14:33peu inexpliquée.
00:14:34En tout cas,
00:14:35la maman de Zora
00:14:37prévient la loge.
00:14:38C'est important
00:14:39parce qu'elle ne souhaite
00:14:40pas discuter
00:14:41directement
00:14:42avec la principale adjointe
00:14:43ni avec la principale.
00:14:45Non,
00:14:45sur une certaine insolence,
00:14:47elle va annoncer
00:14:48qu'elle ne viendrait pas
00:14:49au rendez-vous.
00:14:50Avec son adjointe,
00:14:52Audrey Foyard
00:14:52décide d'exclure
00:14:53pour deux jours
00:14:55Zora Chnina
00:14:56la journée du 13
00:14:57et du 14 octobre.
00:14:58Et donc,
00:14:59ça, ça va très vite
00:14:59dans ces cas-là.
00:15:00Il y a une notification
00:15:01sur l'espace numérique
00:15:02des parents d'élèves,
00:15:03un SMS aux parents
00:15:04et un courrier
00:15:05aussi recommandé.
00:15:06Donc,
00:15:06ils sont notifiés
00:15:07quasi immédiatement.
00:15:11Elle va préférer
00:15:12mentir
00:15:13sur sa présence
00:15:14et sur le comportement
00:15:15de Samuel Paty
00:15:16plutôt que de dire
00:15:18à ses parents
00:15:19la vérité.
00:15:20Elle a,
00:15:21en un mois d'école,
00:15:23déjà cumulé
00:15:24huit jours
00:15:25d'absence.
00:15:27Donc,
00:15:27c'est difficile
00:15:27pour la directrice
00:15:29de savoir
00:15:30comment elle est cadrée
00:15:32à la maison.
00:15:32C'est un vrai problème.
00:15:34Et cette gamine,
00:15:35elle va mentir
00:15:36sur le déroulé
00:15:37du cours
00:15:38de Samuel Paty.
00:15:39Ça va être
00:15:40le début de l'engrenage.
00:15:46Ils vont réellement croire
00:15:48que leur fille
00:15:49sera exclue
00:15:50de l'établissement
00:15:51deux jours
00:15:52par la volonté
00:15:54de mon frère
00:15:54ce qui est totalement
00:15:55fallacieux
00:15:56puisqu'il n'y a aucun
00:15:56professeur
00:15:57qui peut
00:15:59avoir cette légitimité.
00:16:00Et elle va même
00:16:02imaginer
00:16:02son propre comportement
00:16:04et qui est un comportement
00:16:06totalement hallucinant
00:16:07puisqu'elle n'est pas
00:16:08en cours
00:16:08mais elle va dire
00:16:09qu'elle y était
00:16:10et qu'elle a refusé
00:16:12de tourner la tête
00:16:13et qu'elle a vu
00:16:14des choses horribles,
00:16:15pornographiques.
00:16:16Évidemment,
00:16:16ça va faire totalement
00:16:17péter les plombs
00:16:18de son père.
00:16:18Et un peu plus tard
00:16:19dans la journée,
00:16:20on est le soir,
00:16:21le mercredi soir,
00:16:22un premier message
00:16:23Facebook
00:16:23est posté par
00:16:24Brian Shnina,
00:16:25le père de Zora.
00:16:26Incroyable,
00:16:26mais vrai.
00:16:27Le prof d'histoire
00:16:28de ma fille
00:16:28en quatrième
00:16:29demande à toute la classe
00:16:30que tous les élèves musulmans
00:16:31de la classe
00:16:32lèvent la main.
00:16:34Ensuite,
00:16:34il leur dit
00:16:34de sortir de la classe
00:16:36car il va diffuser
00:16:37une image
00:16:37qui va les choquer.
00:16:39Ce professeur
00:16:40diffuse l'image
00:16:41de notre cher bien-aimé
00:16:42prophète,
00:16:43tout nu.
00:16:44Pour ma part,
00:16:45je ne laisse pas passer.
00:16:46Demain,
00:16:46je vais aller voir le directeur
00:16:47car ma fille
00:16:47est exclue deux jours.
00:16:48Vous pouvez écrire
00:16:49un courrier au directeur
00:16:50de l'école
00:16:50pour virer ce malade
00:16:51et je vous donne l'adresse.
00:16:53Brahim Shnina,
00:16:54c'est un Marocain
00:16:54de 48 ans,
00:16:55un père de famille.
00:16:56Il a six enfants
00:16:56mais il ne vit plus
00:16:57avec sa femme
00:16:58et c'est quelqu'un
00:16:59qui a en revanche
00:17:01un passé déjà
00:17:02qui ressemble
00:17:03à une collection
00:17:04de petits délits.
00:17:05Mais c'est quelqu'un
00:17:06qui a oublié
00:17:08la petite délinquance
00:17:09au profit
00:17:10d'une pratique
00:17:11rigoriste
00:17:12de l'islam.
00:17:13Selon moi,
00:17:14le père Shnina
00:17:14joue un rôle
00:17:15très important
00:17:17parce que c'est lui
00:17:18qui va donner
00:17:19le récit
00:17:20de la persécution
00:17:22et donc c'est lui
00:17:22qui va donner
00:17:23l'incarnation
00:17:24d'une islamophobie
00:17:25en acte
00:17:26de leur point de vue.
00:17:28Et donc à ce moment-là,
00:17:29il fournit
00:17:29la légitimation
00:17:30et une réaction
00:17:31certes
00:17:31qui n'anticipe pas
00:17:33comme violente
00:17:34même s'il peut
00:17:35quand même réfléchir
00:17:36un peu
00:17:36aux conséquences
00:17:37de son acte.
00:17:42A 23h,
00:17:43un second post
00:17:44est publié
00:17:45sur Facebook.
00:17:46Ebrahim Shnina
00:17:47n'en reste pas là
00:17:47puisqu'il publie
00:17:48à 23h22
00:17:49un troisième message.
00:17:51Et cette fois-ci,
00:17:52il parle,
00:17:53il donne le nom
00:17:54de Samuel Paty
00:17:55et la localité,
00:17:56la localité
00:17:57Conflans-Saint-Honorin
00:17:58et même
00:17:59le nom
00:18:00du collège
00:18:01du Bois-Dolme.
00:18:02Donc cette fois-ci,
00:18:03il y a rupture d'anonymat.
00:18:04La cible est mise
00:18:05sur le dos d'enseignants.
00:18:09Ça circule très vite,
00:18:11tous ces contacts
00:18:11sont tout de suite
00:18:12au courant
00:18:12et sur Facebook,
00:18:14encore une fois,
00:18:15toutes les informations
00:18:16sont données.
00:18:17Il donne son numéro
00:18:18de téléphone
00:18:18et il appelle
00:18:19les gens à témoigner
00:18:20par rapport
00:18:21à Samuel Paty,
00:18:22savoir si d'autres
00:18:23parents d'élèves
00:18:23ont été concernés
00:18:24par les agissements
00:18:26de Samuel Paty.
00:18:30Abdelhakim Sifrioui,
00:18:31c'est un activiste
00:18:32qui va très rapidement
00:18:33l'appeler
00:18:34pour lui expliquer
00:18:35qu'il se chargerait
00:18:36de venir effectivement
00:18:37avec lui
00:18:38dès le lendemain
00:18:39devant le collège.
00:18:41La phrase qu'il a mentionnée
00:18:42qui est intéressante,
00:18:43c'est qu'il lui a dit
00:18:44« T'inquiète pas,
00:18:46je sais y faire. »
00:18:52Jeudi 8 octobre,
00:18:53c'est la journée
00:18:53où les choses dérapent
00:18:55et dégénèrent très rapidement.
00:18:56L'ex-femme de M. Chilina,
00:18:58donc la maman de Zora,
00:19:00se présente furieuse
00:19:01devant l'établissement,
00:19:02saufusque que sa fille
00:19:04ait pu être exclue
00:19:05par mon frère.
00:19:06Elle est très énervée,
00:19:07elle est ivre de rage même
00:19:08et elle demande des explications
00:19:10à la principale
00:19:11en lui disant
00:19:11« Mais pourquoi est-ce
00:19:12que ma fille a été exclue ? »
00:19:13« J'ai appris par ailleurs
00:19:14que M. Paty,
00:19:15son professeur d'histoire-géographie,
00:19:16avait présenté
00:19:17des caricatures du prophète,
00:19:18c'est scandaleux. »
00:19:19Elle a déjà une mauvaise réputation,
00:19:20cette mère de famille
00:19:21dans le collège.
00:19:22La maman de Zora reproduit
00:19:24donc effectivement le mensonge
00:19:25que sa fille a créé la veille.
00:19:29Et Audrey Foyard,
00:19:31qui avec son adjointe
00:19:32à ce moment-là lui dit
00:19:33« L'exclusion de votre fille
00:19:34n'a rien à voir
00:19:35avec le cours de M. Paty,
00:19:37elle a été exclue
00:19:38pour des raisons purement disciplinaires. »
00:19:40Effectivement à ce stade,
00:19:41Audrey Foyard ne sait même pas
00:19:42que Zora n'a même pas assisté
00:19:44au cours de la veille
00:19:45de Samuel Paty
00:19:45et elle prévient à l'issue
00:19:47de ce rendez-vous
00:19:47« Les choses ne vont pas en rester là,
00:19:49mon mari va revenir
00:19:51quelques heures plus tard
00:19:52et il sera accompagné. »
00:19:58Vers 10h30,
00:20:00on a M. Chlina
00:20:02qui se présente
00:20:04devant l'établissement
00:20:04accompagné
00:20:05de M. Abdelhakim Sifrioui
00:20:08qui a la particularité
00:20:10de venir en Camille.
00:20:12Il se présente
00:20:13à la principale
00:20:14en tant que représentant
00:20:15des imams de France.
00:20:17Lorsque quelqu'un
00:20:18qu'on ne connaît pas
00:20:20accompagne un parent
00:20:21pour se faire en quelque sorte
00:20:23son avocat,
00:20:23son défenseur,
00:20:24c'est tout à fait possible
00:20:26à condition
00:20:27de s'assurer
00:20:28préalablement
00:20:28de qui est cette personne
00:20:30et de ne pas se contenter
00:20:32d'une déclaration
00:20:33en disant
00:20:33« Je suis le représentant
00:20:34des imams de France. »
00:20:36C'était quelqu'un
00:20:36qui était connu
00:20:37comme le loup blanc,
00:20:38comme un agitateur islamiste.
00:20:41Sifrioui
00:20:41était un spécialiste,
00:20:43on le connaissait déjà,
00:20:44de l'agite propre islamiste
00:20:46dans les quartiers.
00:20:48Il essaie de faire du bruit.
00:20:50Il avait engagé
00:20:51une campagne
00:20:51contre la mosquée de Paris,
00:20:53contre son ancien recteur
00:20:54Dalil Boubacar.
00:20:55On l'a laissé rentrer.
00:20:57S'inviter,
00:20:57c'est une chose,
00:20:58rentrer,
00:20:59on est une autre.
00:21:00C'est cautionné
00:21:01le séparatisme, ça.
00:21:02Quand un imam
00:21:04vient dans une école
00:21:05pour régler des problèmes,
00:21:07la République,
00:21:07elle a failli.
00:21:09Je suis désolée.
00:21:10Alors,
00:21:10qui est Abdelhakim
00:21:12Sifrioui,
00:21:12ce n'est pas du tout
00:21:13un représentant
00:21:13des imams de France.
00:21:14En réalité,
00:21:15c'est totalement faux
00:21:15ce qu'il dit.
00:21:16Il a effectivement été membre
00:21:18du conseil des imams de France
00:21:19quelques années plus tôt.
00:21:21Et en revanche,
00:21:21il a un vrai parcours
00:21:22de militant islamiste.
00:21:23Il est décrit
00:21:24comme un vieux routard
00:21:24de l'islamisme.
00:21:25Il est âgé
00:21:26d'une soixantaine d'années,
00:21:27à peu près.
00:21:28Il est né en 1957
00:21:28à Fès,
00:21:29donc au Maroc.
00:21:30Il a pris la nationalité française
00:21:32en se mariant
00:21:33avec une française
00:21:33convertie à l'islam.
00:21:35Il a créé en 2004
00:21:36le collectif
00:21:37Cheikh Yassine,
00:21:38qui est un collectif
00:21:40pro-Palestine
00:21:40et surtout pro-Hamas,
00:21:41puisque c'est en référence
00:21:44au Cheikh Yassine,
00:21:45donc il a été assassiné
00:21:45par Tsaal en 2004.
00:21:47Et un fait important,
00:21:48en 2011,
00:21:49au collège
00:21:49Saint-Ouen-Auguste-Blanky,
00:21:52le proviseur interdit
00:21:53le port de l'Abaïa.
00:21:54Il se fait passer
00:21:55pour l'oncle
00:21:55d'une des collégiennes
00:21:57concernées par cette interdiction.
00:21:59Et donc il va se plaindre
00:22:01auprès de l'approviseur,
00:22:02auprès du rectorat.
00:22:03Il fait pression
00:22:04sur l'approviseur
00:22:05qui finit par céder.
00:22:06Il va même
00:22:07sur son site internet
00:22:08diffuser le nom
00:22:09de la professeure principale
00:22:12de l'élève concerné.
00:22:13Donc neuf ans plus tôt,
00:22:14il fait exactement
00:22:15la même chose
00:22:15que ce qu'il s'apprête
00:22:16à organiser
00:22:17contre Samuel Paty.
00:22:18Il a été rapidement,
00:22:20il a vu tout de suite
00:22:21le bon coup.
00:22:22Parce que le père
00:22:24de famille en question
00:22:25baignait déjà
00:22:26dans ce milieu associatif.
00:22:27et donc il n'a pas eu
00:22:29le moindre doute
00:22:32quand l'autre
00:22:33est venu s'associer
00:22:34à lui
00:22:34pour mettre
00:22:35sa puissance médiatique
00:22:37à son service.
00:22:38Vous voyez,
00:22:39tout ça s'est fait
00:22:40très très vite
00:22:41en quelques jours.
00:22:41Et c'est cet emballement
00:22:43qui est lui-même douteux.
00:22:45Et cet emballement
00:22:45n'aurait pas pu
00:22:47se faire
00:22:48pas seulement
00:22:49parce qu'il y a
00:22:50les réseaux sociaux,
00:22:51mais parce qu'il y a
00:22:52ces représentations
00:22:52de la société française
00:22:53que les réseaux islamistes
00:22:55ont fait circuler.
00:22:56Et encore une fois,
00:22:57ils le font circuler
00:22:58en prêche,
00:22:59ils le font circuler
00:23:00dans des cours
00:23:01de religion,
00:23:02ils le font circuler
00:23:04dans des échanges
00:23:05multiples et informels,
00:23:06ils le font circuler
00:23:08à chaque fois
00:23:08qu'ils en ont l'occasion.
00:23:13Donc on les sent
00:23:14effectivement très agacés.
00:23:15Donc ils attendent
00:23:16pendant une heure
00:23:17la principale
00:23:18qu'on sent
00:23:18à les recevoir
00:23:19dans son bureau.
00:23:20Brahim Shina parle
00:23:21assez peu
00:23:22pendant ce rendez-vous.
00:23:23C'est surtout
00:23:23Abdelhakim Sefrioui
00:23:24qui prend la parole.
00:23:25Abdelhakim Sefrioui
00:23:26se fait très menaçant.
00:23:27Il décrit Samuel Paty
00:23:28comme un voyou
00:23:29et il demande son exclusion.
00:23:31Il demande
00:23:31à ce qu'il soit puni
00:23:32et il menace même
00:23:34d'organiser
00:23:35des manifestations
00:23:35de toute la communauté
00:23:37musulmane
00:23:38du département
00:23:39devant le collège
00:23:40du Bois d'Aune
00:23:40pour protester
00:23:41contre le cours
00:23:42donné par Samuel Paty.
00:23:44Ils sont persuadés
00:23:46d'être dans leur bon droit.
00:23:48Ils sont réellement
00:23:50persuadés
00:23:50qu'une injustice
00:23:51leur est faite.
00:23:54Qu'il existe
00:23:55un groupe de privilégiés,
00:23:57les juifs.
00:23:57Quand ils sont
00:23:58dans le commissaire,
00:23:59quand ils attendent
00:24:00l'improviseur,
00:24:00ah si on avait été juifs,
00:24:02ça ne serait pas
00:24:02passé comme ça.
00:24:03On aurait dit
00:24:04l'un des deux,
00:24:04probablement c'est Freeway.
00:24:06Vous voyez,
00:24:07ça c'est une représentation
00:24:09de la société
00:24:09où il y a un petit groupe
00:24:10de privilégiés
00:24:11et puis tout en bas
00:24:12des musulmans
00:24:14persécutés.
00:24:18À l'issue de ce rendez-vous,
00:24:20ce que fait la principale
00:24:21du collège du Bois d'Aune,
00:24:23elle a le bon réflexe,
00:24:23elle passe tout de suite
00:24:24un coup de fil
00:24:25au Dazen.
00:24:26Donc là,
00:24:26on se perd un peu
00:24:27dans les méandres
00:24:28du mammouth
00:24:28de l'éducation nationale.
00:24:29Le Dazen,
00:24:30c'est le directeur académique
00:24:31adjoint des services
00:24:32de l'éducation nationale
00:24:33du 78,
00:24:34donc des Yvelines.
00:24:35Il est tout de suite
00:24:36prévenu de la situation
00:24:37et de l'ampleur
00:24:38qu'elle est susceptible
00:24:38de prendre
00:24:38puisque Audrey Fouillard
00:24:39comprend tout de suite
00:24:40que les choses
00:24:41peuvent échapper
00:24:42à son contrôle
00:24:43et dépasser
00:24:43le cadre
00:24:44et les limites
00:24:45de l'établissement
00:24:46du collège
00:24:47du Bois d'Aune.
00:24:47Et à l'issue aussi,
00:24:49ce qui est décidé
00:24:50à l'issue de cette journée,
00:24:51c'est qu'un référent laïcité,
00:24:52un inspecteur académique
00:24:53sera dépêché
00:24:54très rapidement
00:24:55au sein du collège
00:24:56pour essayer de revenir
00:24:57sur l'incident
00:24:58occasionné à l'époque
00:24:59par Samuel Paty.
00:25:00Audrey Fouillard
00:25:01commet peut-être
00:25:02une erreur,
00:25:03c'est qu'elle déclenche
00:25:04une procédure
00:25:04fait établissement,
00:25:05donc c'est sur l'espace numérique,
00:25:07de niveau 3,
00:25:08qui est le niveau le plus haut,
00:25:09une menace grave.
00:25:11Et en revanche,
00:25:12elle désigne Samuel Paty,
00:25:13en tout cas un professeur
00:25:14de l'établissement,
00:25:15comme responsable
00:25:16d'un incident
00:25:17dont la victime
00:25:18serait un groupe d'élèves.
00:25:19Ce qui fait qu'en lecture,
00:25:20on a l'impression
00:25:21que c'est mon frère
00:25:22qui a commis une atteinte
00:25:23à la laïcité
00:25:24et non pas les élèves.
00:25:27Je pense que le traitement
00:25:29de la situation
00:25:30qui en a suivi
00:25:31a été totalement erroné
00:25:34puisqu'il est parti
00:25:35de ce fait.
00:25:38Et donc à 17h,
00:25:39à la sortie de l'établissement,
00:25:41Audrey Fouillard
00:25:41vient s'entretenir
00:25:42avec Samuel Paty.
00:25:43Elle essaie de revenir
00:25:44sur la journée
00:25:45du jeudi 8 octobre
00:25:47et Samuel Paty
00:25:47lui dit
00:25:48de manière totalement
00:25:50incidente
00:25:51qu'en réalité,
00:25:52il ne comprend pas
00:25:53pourquoi il y a cette polémique
00:25:54puisqu'en fait,
00:25:55Zora n'était même pas présente
00:25:56au cours du mardi.
00:25:58Donc Audrey Fouillard
00:25:59l'apprend à ce moment-là
00:26:00le jeudi soir.
00:26:01On avait tout
00:26:03et la preuve
00:26:04pour dire qu'elle mentait.
00:26:05C'est ne pas avoir utilisé
00:26:07l'argument
00:26:09que le mensonge
00:26:09était infondé
00:26:10puisqu'elle était absente
00:26:12qui n'a jamais été exploitée
00:26:14à aucun moment.
00:26:15C'est plus ça,
00:26:16c'est même pas le mensonge
00:26:17qui pose problème.
00:26:18C'est le fait que personne
00:26:19ait dit
00:26:19mais elle a menti.
00:26:23Vers 20h,
00:26:24Brahim Ushlina
00:26:24cette fois-ci
00:26:25ne fait non plus
00:26:26un message Facebook
00:26:27mais carrément une vidéo.
00:26:28Ma fille,
00:26:29elle a été choquée
00:26:30suite au comportement
00:26:32de son prof.
00:26:33C'est un voyou.
00:26:35Alors cette semaine,
00:26:35il s'est permis
00:26:36de leur dire
00:26:38les musulmans,
00:26:39les élèves musulmans
00:26:40lèvent la main
00:26:40et il leur a dit
00:26:41voilà, vous sortez.
00:26:43Effectivement,
00:26:44il a montré
00:26:44un homme tout nu.
00:26:46Il a dit
00:26:46que c'était
00:26:47le prophète des musulmans.
00:26:48Ce voyou
00:26:49ne doit plus rester
00:26:50dans l'éducation nationale,
00:26:52ne doit plus éduquer
00:26:52des enfants
00:26:53et il doit aller
00:26:54séduquer lui-même.
00:26:55On ne peut pas
00:26:56avoir vu cette vidéo
00:26:58sans avoir compris
00:27:01la menace
00:27:02qui allait bientôt
00:27:03tomber sur mon frère.
00:27:05C'est un appel
00:27:07à la haine.
00:27:09En fait,
00:27:10cette volonté
00:27:12engendrée,
00:27:12c'est les mécanismes
00:27:13de la fatwa.
00:27:14On va utiliser
00:27:14le terme voyou.
00:27:15Voyou,
00:27:16ça peut être traduit
00:27:17en arabe marocain
00:27:19par safrara
00:27:20et qui veut dire
00:27:21assassin-égorgeur.
00:27:23Ma fille
00:27:23est totalement traumatisée.
00:27:26On lui a présenté
00:27:27des caricatures
00:27:28du prophète,
00:27:28de notre prophète
00:27:29bien-aimé,
00:27:30etc.
00:27:30Et donc,
00:27:31il s'indigne
00:27:31et il donne
00:27:32son numéro de téléphone
00:27:33et il dit
00:27:33si vous êtes comme moi
00:27:34indigné,
00:27:35contactez le CCIF,
00:27:37le collectif
00:27:37contre l'islamophobie.
00:27:39Il va essayer
00:27:40de recruter des personnes
00:27:41qui lui donnent raison
00:27:43parce que c'est
00:27:44ce qu'il cherche.
00:27:45Et cette propagande,
00:27:46il va l'amener
00:27:46pendant effectivement
00:27:48les 11 jours
00:27:48jusqu'à la mort
00:27:49de mon frère,
00:27:51même jusqu'au 16 octobre
00:27:53au matin
00:27:55où il sera encore
00:27:56devant le collège
00:27:57en train d'essayer
00:27:58de rabattre
00:27:59des parents d'élèves,
00:28:00des anciens parents d'élèves.
00:28:01Ça l'a occupé 11 jours.
00:28:03L'école est particulièrement
00:28:05attaquée
00:28:05par ces milieux islamistes
00:28:07parce qu'ils considèrent
00:28:09que l'école républicaine
00:28:10est une machine de guerre
00:28:11contre l'islam.
00:28:12C'est le lieu
00:28:13de l'universalité,
00:28:14l'école.
00:28:14C'est le lieu
00:28:15où on essaie
00:28:15d'oublier
00:28:16ou de mettre entre parenthèses
00:28:18les diverses appartenances
00:28:19sociales,
00:28:20religieuses,
00:28:20philosophiques
00:28:21pour s'adresser
00:28:22à la raison
00:28:23de l'individu.
00:28:24L'idée que l'école
00:28:25est le lieu emblématique
00:28:26de la laïcité
00:28:27et que la laïcité,
00:28:29c'est pour eux
00:28:30la négation de l'islam.
00:28:32C'est comme ça
00:28:33qu'ils la décrivent.
00:28:34Il faut bien leur reconnaître
00:28:35ça.
00:28:36Ils font preuve
00:28:36d'une lucidité
00:28:37très grande
00:28:38en ciblant
00:28:39l'école républicaine
00:28:40parce qu'ils ont compris
00:28:40que l'école républicaine
00:28:42elle est celle
00:28:43qui offre
00:28:45et même,
00:28:46il faut le dire,
00:28:46qui impose
00:28:47la liberté de choix,
00:28:49de conscience,
00:28:50de croyance,
00:28:52de philosophie,
00:28:53de culture.
00:28:55Et cette liberté
00:28:56de choisir
00:28:57qui on veut être
00:28:58et ce qu'on veut croire
00:28:58ou ce qu'on veut penser,
00:28:59c'est évidemment
00:29:02l'ennemi mortel
00:29:03de l'obscurantisme
00:29:04qui par définition
00:29:05est là pour imposer
00:29:06un seul dogme,
00:29:07une seule façon
00:29:07de voir le monde,
00:29:08une seule façon
00:29:08de penser.
00:29:09Et ça,
00:29:10c'est inadmissible,
00:29:11c'est insupportable
00:29:12la liberté.
00:29:13C'est la liberté
00:29:14en fait
00:29:14que ne supportent pas
00:29:15les islamistes,
00:29:16c'est-à-dire la capacité
00:29:17à se déterminer soi-même.
00:29:24La journée commence
00:29:25par une réunion
00:29:26entre les professeurs
00:29:27d'histoire-géographie
00:29:28du Conej,
00:29:28du Bois d'Aulne.
00:29:29Précision importante,
00:29:30Samuel Paty
00:29:30n'est pas présent
00:29:31au début de cette réunion.
00:29:32Il y a trois professeurs
00:29:33d'histoire-géographie,
00:29:33donc des collègues
00:29:34de Samuel Paty,
00:29:36et ils échangent,
00:29:37ils débattent
00:29:37sur le contenu
00:29:38du cours de Samuel Paty.
00:29:39A-t-il eu raison
00:29:40de présenter les caricatures,
00:29:41fallait-il le faire ?
00:29:42Il y a un certain mouvement
00:29:43de professeurs,
00:29:44notamment deux de ses collègues
00:29:47d'histoire-géographie,
00:29:49qui se désolidéralisent
00:29:50de ce qu'il avait pu faire
00:29:52sans même savoir
00:29:53ce qu'il avait fait.
00:29:54Il y a même
00:29:55une des collègues
00:29:56de Samuel Paty
00:29:56qui veut écrire
00:29:57à l'inspection académique
00:29:58parce qu'elle a envie
00:29:59de se justifier.
00:30:00Oui,
00:30:01Samuel Paty a merdé.
00:30:02Nous autres professeurs
00:30:03d'histoire-géographie,
00:30:05nous, on ne montre pas
00:30:06les caricatures.
00:30:08Elle a entendu dire
00:30:08que Samuel Paty
00:30:09se justifierait comme ça
00:30:11en disant
00:30:11que les autres profs
00:30:13utilisent aussi
00:30:14ces caricatures.
00:30:15Et évidemment,
00:30:15elle a envie de dire
00:30:16non, non, pas nous,
00:30:17pas nous.
00:30:17Et ça,
00:30:18c'est ce qu'on appelle
00:30:20se désolidariser
00:30:21d'un de ses collègues.
00:30:26Samuel a merdé
00:30:27cette phrase épouvantable
00:30:29parce que Samuel a merdé,
00:30:30ça veut dire trois choses.
00:30:31Ça veut dire premièrement
00:30:32qu'il y a des profs
00:30:34qui considèrent
00:30:35qu'il a commis
00:30:35une faute pédagogique,
00:30:37ce qui est absolument faux.
00:30:38Il était complètement
00:30:39dans son rôle pédagogique,
00:30:40il était complètement
00:30:41dans ce qu'attendent de lui
00:30:42les programmes scolaires
00:30:43de l'éducation nationale.
00:30:44La deuxième chose
00:30:45que véhicule
00:30:46cette horrible phrase
00:30:46Samuel a merdé,
00:30:47c'est tout simplement
00:30:48la peur dans laquelle
00:30:50se sont retrouvés
00:30:50un certain nombre
00:30:51de ses collègues
00:30:52qui se sont dit
00:30:53il nous a mis
00:30:54dans une situation délicate
00:30:55parce qu'il a ouvert
00:30:56la boîte de Pandore.
00:30:57Et la troisième des choses
00:30:58que charrie cette épouvantable
00:30:59phrase Samuel a merdé,
00:31:01ça trahit
00:31:02l'absence de solidarité.
00:31:04Donc cette phrase,
00:31:05elle est triplement épouvantable.
00:31:07Elle est épouvantable
00:31:07pédagogiquement,
00:31:09politiquement et humainement.
00:31:15Et donc au cours
00:31:16de l'après-midi
00:31:16du vendredi 8 octobre,
00:31:18il y a l'arrivée
00:31:19cette fois-ci
00:31:19du référent laïcité
00:31:21Emmanuel Roy
00:31:22qui est dépêché
00:31:23sur place par l'académie.
00:31:24Il vient effectivement
00:31:27désavouer l'attitude
00:31:28que Samuel
00:31:28avait pu avoir en classe
00:31:31lui expliquant
00:31:32que son attitude
00:31:33avait peut-être été perçue
00:31:35de façon erronée.
00:31:36Et donc Emmanuel Roy
00:31:37va sermonner Samuel Paty
00:31:39en considérant
00:31:39qu'il a une appréciation
00:31:40mauvaise des règles
00:31:41de laïcité
00:31:42et de neutralité
00:31:43à l'école
00:31:43et il va même citer
00:31:45un passage de la lettre
00:31:46aux instituteurs
00:31:47de Jules Ferry
00:31:47en disant
00:31:48en substance
00:31:49si votre cours
00:31:50heurte un parent d'élève
00:31:52c'est qu'il ne faut pas
00:31:53le faire en l'état
00:31:54je dis en substance
00:31:55le contenu de cette lettre
00:31:56mais en tout cas
00:31:58Samuel Paty
00:31:58encaisse le coup
00:31:59il est désavoué
00:32:00par Emmanuel Roy
00:32:02le référent laïcité
00:32:02qui est donc dépêché
00:32:03par l'éducation nationale.
00:32:08Brahim Shnina
00:32:09de son côté
00:32:10on est un jour
00:32:11après la vidéo
00:32:13Facebook
00:32:14qu'il a postée
00:32:14il reçoit énormément
00:32:15de messages de soutien
00:32:17et à 17h18
00:32:18il est entendu
00:32:19au sein de la radio
00:32:21France Maghreb 2
00:32:23donc votre fille
00:32:24est scolarisée
00:32:24en classe de 4ème
00:32:25jusque là
00:32:25tout va bien
00:32:26et c'est avec son prof
00:32:28d'histoire
00:32:28qu'il y a eu
00:32:29visiblement
00:32:29un souci
00:32:30racontez-nous
00:32:30ce qui s'est passé
00:32:31Brahim
00:32:31il a une clé SV
00:32:33il a mis la photo
00:32:34c'est une photo
00:32:35d'un homme tout nu
00:32:36j'osais espérer
00:32:37que ce n'était pas vrai
00:32:38mais malheureusement
00:32:39c'est vrai
00:32:39il leur montre
00:32:40un homme tout nu
00:32:40il leur dit
00:32:41voilà
00:32:41je vous présente
00:32:42le prophète des musulmans
00:32:43il s'agit de dénoncer
00:32:44le comportement
00:32:46provocateur
00:32:46gratuit
00:32:47d'un professeur
00:32:48vous êtes en quelque sorte
00:32:49un lanceur d'alerte
00:32:50tiens Brahim
00:32:51lanceur d'alerte
00:32:52lanceur d'alerte
00:32:54c'est quand même
00:32:55un type
00:32:55qui répète
00:32:56simplement
00:32:57ce que sa fille
00:32:58lui a dit
00:32:58et un journaliste
00:33:00qui prend argent
00:33:00comptant tout ça
00:33:01et alors évidemment
00:33:02avec les réseaux sociaux
00:33:04la puissance du digital
00:33:05et les médias
00:33:06maintenant qui s'y mettent
00:33:07et bien
00:33:08la voix de Brahim Shinina
00:33:09on l'entend de plus en plus loin
00:33:10et de plus en plus fort
00:33:11et lui-même
00:33:12reçoit
00:33:13des dizaines
00:33:14et des dizaines
00:33:14de messages
00:33:15par jour
00:33:15désormais
00:33:16de gens révoltés
00:33:17en colère
00:33:18contre Samuel Paty
00:33:19et en colère
00:33:20contre le collège
00:33:21du Bois d'Homme
00:33:21dont il commence
00:33:22à proférer des menaces
00:33:24ces énergumènes
00:33:25n'ont pas leur place
00:33:26dans la société
00:33:27bon courage à toi
00:33:28sois ferme
00:33:29contre ce port
00:33:30n'ai aucun respect
00:33:31pour lui
00:33:33salam alaikum
00:33:33pour le bien
00:33:34de tous les enfants
00:33:35je ne suis pas d'accord
00:33:35avec cet Hitler
00:33:36de l'enseignement
00:33:37et donc parmi
00:33:38les interlocuteurs
00:33:39de Brahim Shinina
00:33:40il y a un message
00:33:41et un coup de fil
00:33:42qui interpellera
00:33:43plus tard les enquêteurs
00:33:44c'est un coup de fil
00:33:45qui dure une minute
00:33:46et vingt-deux secondes
00:33:47l'appel entrant
00:33:49est localisé
00:33:49à Évreux
00:33:50et donc il s'agit
00:33:51d'un homme
00:33:52qui s'appelle
00:33:52Abdoulak Andzorov
00:33:54on ne sait pas
00:33:55ce qu'il se dit
00:33:55pendant ces une minute
00:33:56et vingt-deux secondes
00:33:57et à l'issue
00:33:58de cet appel téléphonique
00:33:59Abdoulak Andzorov
00:34:00répond par texto
00:34:01à Brahim Shinina
00:34:02en disant
00:34:03de rien mon frère
00:34:04c'est normal
00:34:04et Brahim Shinina
00:34:05va même jusqu'à
00:34:07ajouter
00:34:08Abdoulak Andzorov
00:34:09à ses contacts
00:34:10à son carnet d'adresses
00:34:16Samuel Paty
00:34:16c'est quelqu'un
00:34:17qui touche au cœur
00:34:19c'est quelqu'un
00:34:20c'est un homme
00:34:20de son époque
00:34:21il a la garde
00:34:21partagée de son fils
00:34:23il est à chaque fois
00:34:24quand il est avec son fils
00:34:25c'est le meilleur père du monde
00:34:26c'est un papa poule
00:34:28c'est pas un excité
00:34:29de la laïcité
00:34:30c'est un homme
00:34:31qui a envie
00:34:32de vivre
00:34:33simplement
00:34:34avec des règles universelles
00:34:36et en bonne intelligence
00:34:37avec tout le monde
00:34:38c'est quelqu'un qui fait
00:34:38qui a encore foi
00:34:39en l'intelligence
00:34:42le samedi 10 octobre
00:34:44il reçoit un message
00:34:45qui est posté
00:34:45sur la messagerie
00:34:46du collège du Bois-d'Aune
00:34:47qui est adressé
00:34:48à tous les professeurs
00:34:49il y a deux messages
00:34:50en réalité
00:34:50deux mails
00:34:51le premier
00:34:51c'est une professeure
00:34:52de français
00:34:53du collège du Bois-d'Aune
00:34:54qui se désolidarise
00:34:55du cours
00:34:55de Samuel Paty
00:34:56sur le plan pédagogique
00:34:58et qui dit
00:34:58je refuse de me rendre
00:34:59complice
00:35:00de ce genre de choses
00:35:01j'éprouve le besoin
00:35:02de dire que je ne soutiens
00:35:03pas notre collègue
00:35:04je refuse de me rendre
00:35:05complice par mon silence
00:35:07d'une situation
00:35:07dans laquelle je me retrouve
00:35:08plongé malgré moi
00:35:10elle est très remontée
00:35:12contre Samuel Paty
00:35:13et le deuxième mail
00:35:14qui est envoyé
00:35:14quelques minutes plus tard
00:35:15c'est par un professeur
00:35:16d'histoire-géographie
00:35:17donc un collègue
00:35:18de Samuel Paty
00:35:19de son enseignement
00:35:20et qui va jusqu'à
00:35:21placer cette fois-ci
00:35:22la polémique
00:35:23à un niveau éthique
00:35:24et il dit
00:35:24mon éthique
00:35:25m'interdit de me rendre
00:35:26complice de ce genre de choses
00:35:27un passage assez marquant
00:35:29c'est quand un de ses collègues
00:35:32prof d'histoire-géographie
00:35:33va dire qu'il a travaillé
00:35:34contre la laïcité
00:35:36en lui donnant
00:35:37l'aspect de l'intolérance
00:35:39c'est tellement à l'opposé
00:35:41de ce que Samuel
00:35:42avait pu faire
00:35:45que je pense que Samuel
00:35:46l'a vraiment vécu
00:35:47comme une extrême violence
00:35:48quand il l'a reçu
00:35:49évidemment Samuel Paty
00:35:51il est tourmenté
00:35:52par ces courriers
00:35:53de collègues
00:35:54pas franchement agréables
00:35:56mais en vérité
00:35:57ce qui se trame
00:35:58dans l'ombre
00:35:59c'est beaucoup plus grave
00:36:05Abdoulak Andzorov
00:36:06c'est un jeune homme
00:36:08qui a 18 ans
00:36:08en 2020
00:36:09qui est arrivé en France
00:36:10à l'âge de 6 ans
00:36:11et pendant toute sa scolarité
00:36:13c'est un élève
00:36:13extrêmement difficile
00:36:14c'est-à-dire
00:36:14il est vraiment
00:36:15perçu par ses enseignants
00:36:16et par ses amis
00:36:17ses camarades à l'école
00:36:18comme un élève turbulent
00:36:19difficile
00:36:20très taiseux
00:36:21c'est quelqu'un
00:36:21qui va se radicaliser
00:36:22notamment sur les réseaux sociaux
00:36:24Andzorov
00:36:24ça fait un moment
00:36:25qu'il a envie de passer à l'action
00:36:26en fait c'est un candidat
00:36:27au djihad
00:36:28il sait pas par quel bout
00:36:29y arriver
00:36:29par quel bout
00:36:30prendre les choses
00:36:30et donc il y a quelques mois
00:36:32il a vu sur les réseaux sociaux
00:36:34un type
00:36:34qui a manqué de respect
00:36:36au Coran
00:36:37puisqu'il a remplacé
00:36:38les paroles du Coran
00:36:39par des paroles
00:36:40de rappeur de Joule
00:36:41de Joule le Marseillais
00:36:42et évidemment
00:36:43ça l'a mis
00:36:44dans un état de dingue
00:36:45il se répand
00:36:47en colère
00:36:48sur les réseaux sociaux
00:36:48il cherche ce type
00:36:49il veut connaître
00:36:51comment accéder à lui
00:36:53il veut déjà
00:36:53lui régler son compte
00:36:54c'est quoi son Twitter ?
00:36:55il habite où ?
00:36:56aidez-moi à le trouver
00:36:57son adresse
00:36:58ses coordonnées
00:36:59etc
00:37:00et donc quelques jours plus tard
00:37:02il identifie
00:37:02une nouvelle cible potentielle
00:37:04il s'agit d'un jeune homme
00:37:06accusé sur les réseaux sociaux
00:37:07d'avoir fait chanter
00:37:08une jeune fille
00:37:09en disant qu'il avait
00:37:10des photos d'elle
00:37:10non voilées
00:37:11donc il la faisait chanter
00:37:12pour cette raison là
00:37:13Abdoula Kandzorov
00:37:14est fou de rage
00:37:14ivre de rage
00:37:15il essaie de le retrouver
00:37:16sur Twitter
00:37:17il s'ingénie
00:37:17il appelle tous ses contacts
00:37:18en disant
00:37:19s'il vous plaît
00:37:20retrouvez-moi l'adresse
00:37:20de ce jeune homme
00:37:21je veux absolument le retrouver
00:37:22et on comprend qu'il se met en quête
00:37:24d'une cible
00:37:24il est signalé sur Pharos
00:37:26plusieurs fois
00:37:28et encore très peu de temps
00:37:29avant l'assassinat
00:37:30de mon frère
00:37:31et pour autant
00:37:33ces informations
00:37:33ne semblent pas traitées
00:37:35il y a
00:37:36il y a des réseaux tchétchènes
00:37:38qui ont
00:37:40apparemment
00:37:40une spécificité
00:37:41qu'on connaît assez mal
00:37:42c'est que la mémoire
00:37:44des deux guerres
00:37:45de Tchétchénie
00:37:46circule dans les familles
00:37:47que les parents
00:37:48ont été
00:37:51sinon acteurs
00:37:52ils ont demandé
00:37:52l'asile politique
00:37:54en tous les cas
00:37:55ont relayé
00:37:56les discours
00:37:58de
00:37:58certains
00:38:01responsables
00:38:02et
00:38:02de ce qui était
00:38:03une résistance
00:38:04à l'époque
00:38:04résistance nationaliste
00:38:06tchétchène
00:38:06qui s'est très rapidement
00:38:07transformée
00:38:08sous l'effet
00:38:09de l'arrivée
00:38:09notamment de prédicateurs
00:38:11salafistes
00:38:11certains saoudiens
00:38:12et du commandant
00:38:14Ratab
00:38:15en djihad
00:38:16et donc
00:38:17il y a cette idée
00:38:18chez les
00:38:20chez les tchétchènes
00:38:21qu'ils ont été
00:38:21au coeur
00:38:22d'un djihad
00:38:22européen
00:38:24qu'ils ont été
00:38:24abandonnés
00:38:26qu'ils ont lutté
00:38:27pour leur foi
00:38:28et que
00:38:29eux au moins
00:38:30sont allés
00:38:31jusqu'au bout
00:38:31dans le sacrifice
00:38:33et ce qui est frappant
00:38:34c'est que cette mémoire
00:38:35elle est
00:38:36transmise
00:38:37dans les familles
00:38:37y compris
00:38:38auprès de gens
00:38:39très jeunes
00:38:40qui sont arrivés
00:38:40en France
00:38:41à l'âge de 8-10 ans
00:38:42qui ont un souvenir
00:38:43très lointain
00:38:44de cette période
00:38:45mais qui probablement
00:38:47à cause de cette transmission
00:38:48se considère
00:38:49comme
00:38:50n'ayant pas peur
00:38:53prêt à aller
00:38:53jusqu'au bout
00:38:54pour défendre
00:38:54leur conception
00:38:55de l'islam
00:38:56et vous savez
00:38:57quand vous avez été
00:38:57exposé à la violence
00:38:59dans une situation
00:39:00de guerre
00:39:01quand cette violence
00:39:02elle est racontée
00:39:03dans la famille
00:39:04vous passez
00:39:05vous-même
00:39:05plus facilement
00:39:06à la violence
00:39:06Abdoula Kandzorov
00:39:08déjà il vit son djihad
00:39:09sur les réseaux sociaux
00:39:11invectivant les femmes
00:39:12invectivant les homosexuels
00:39:15invectivant les uns
00:39:16et les autres
00:39:16avec des paroles
00:39:17d'un sexisme épouvantable
00:39:19c'est aussi quelqu'un
00:39:20qui dit ce qu'est
00:39:21haram
00:39:22et pas haram
00:39:23c'est-à-dire
00:39:24qui se croit autorisé
00:39:25à dire ce qui est bon
00:39:26pour les musulmans
00:39:27pour les mécréants
00:39:28etc
00:39:28c'est quelqu'un
00:39:29qui classe les uns
00:39:30et les autres
00:39:31et parmi les classes redoutées
00:39:33il y a les femmes
00:39:34qu'il n'appelle pas les femmes
00:39:35qu'il appelle les femelles
00:39:36et à qui
00:39:37il demande de ne jamais
00:39:38lui adresser
00:39:39de message direct
00:39:41et ça
00:39:41c'est quand même
00:39:42l'expression
00:39:43clairement
00:39:44d'un type
00:39:45qui est totalement
00:39:46embrigadé
00:39:52Samuel Paty passe la journée
00:39:53avec son fils
00:39:54Gabriel
00:39:55comme tous les dimanches
00:39:56et tous les mercredis
00:39:57en fin de journée
00:39:58Samuel Paty
00:39:59réagit cette fois-ci
00:40:00par mail
00:40:00puisqu'il prend conscience
00:40:01en fait
00:40:02de l'état de la menace
00:40:03qu'il vise
00:40:03et il va réagir
00:40:04donc aux deux mails
00:40:05des enseignants
00:40:06de ses collègues
00:40:07le dimanche soir
00:40:07et cette fois-ci
00:40:08c'est un long mail
00:40:09qui revient sur toute
00:40:10la polémique
00:40:11depuis le début
00:40:12de la semaine écoulée
00:40:14J'ai fait ce cours
00:40:15en quatrième 4
00:40:16le lendemain
00:40:17et Zora était absente
00:40:18toute la journée
00:40:19elle a apparemment raconté
00:40:20n'importe quoi
00:40:21à son père sur le cours
00:40:22sans y avoir assisté
00:40:24donc il précise effectivement
00:40:27que Zora est absente
00:40:28que son cours
00:40:29est parfaitement
00:40:31dans un respect
00:40:32de laïcité
00:40:33et de neutralité
00:40:34il essaie
00:40:35de rétablir
00:40:37la vérité
00:40:38par rapport
00:40:39effectivement
00:40:40à d'autres
00:40:40qui s'avaient colporté
00:40:42en fin de compte
00:40:42finalement
00:40:43le mensonge
00:40:44d'une gamine
00:40:45le ton est légèrement
00:40:46agressif
00:40:46le connaissant
00:40:47c'est forcément
00:40:48terrible pour lui
00:40:49d'être accusé
00:40:50à tort
00:40:50donc il est bien
00:40:52obligé de se défendre
00:40:54il est très en colère
00:40:55notamment contre son collègue
00:40:56d'histoire-géographie
00:40:57il dit que son courriel
00:40:59sera saisi
00:41:00par un huissier
00:41:01donc il va assez loin
00:41:02et à la fin de son mail
00:41:03il conclut en disant
00:41:04qu'il faut savoir
00:41:05qu'il est menacé
00:41:06par des islamistes locaux
00:41:07ainsi que tout l'établissement
00:41:09et là
00:41:10ça va être
00:41:10la traînée de poudre
00:41:11le lendemain
00:41:12les professeurs
00:41:13vont être extrêmement
00:41:14marqués
00:41:15choqués
00:41:15par les propos tenus
00:41:16par Samuel Paty
00:41:17puisque l'inquiétude
00:41:19commence à grandir
00:41:24le degré de peur
00:41:26que le collège
00:41:27puisse être attaqué
00:41:28était devenu
00:41:29omniprésent
00:41:30dans la salle
00:41:30des professeurs
00:41:31certains professeurs
00:41:32s'en pleurent
00:41:34exprimant leur crainte
00:41:35pour eux-mêmes
00:41:37il y a deux choses
00:41:38qui m'interrogent
00:41:39moi sur ça
00:41:39par rapport à
00:41:40l'équipe éducative
00:41:42il y a ceux
00:41:43qui ont eu peur
00:41:43alors moi
00:41:44je veux bien comprendre
00:41:45qu'on ait peur
00:41:45et si on commence
00:41:47à avoir peur
00:41:47dans un collège
00:41:48si on ne fait pas
00:41:49bloc
00:41:50parce que l'intérêt
00:41:51d'une équipe
00:41:51pour qu'elle puisse
00:41:52se protéger
00:41:52c'est de faire bloc
00:41:54après
00:41:55on peut se poser
00:41:56la question
00:41:57de la formation
00:41:58de certains profs
00:41:58à la laïcité
00:41:59et au respect
00:42:00de la laïcité
00:42:02viscéralement
00:42:03est-ce que tous
00:42:04les profs de collège
00:42:05défendent la laïcité
00:42:06de la même manière
00:42:07je n'en suis pas sûr
00:42:09est-ce qu'on les a formés
00:42:10à ça
00:42:10je n'en suis pas sûr
00:42:12et est-ce qu'eux-mêmes
00:42:13portent ce message-là
00:42:14je n'en suis pas sûr
00:42:15et c'est là aussi
00:42:16ils font du problème
00:42:17de l'éducation nationale
00:42:18aujourd'hui
00:42:19le mail de Samuel Paty
00:42:21qui a été envoyé la veille
00:42:22à tous les professeurs
00:42:23a fait l'effet d'une bombe
00:42:24donc l'affaire prend
00:42:25une ampleur conséquente
00:42:26et par ailleurs
00:42:26Samuel Paty
00:42:27au sein de son propre collège
00:42:29il y a des messages
00:42:30qui circulent
00:42:30sur Snapchat
00:42:31il y a des élèves
00:42:32qui discutent entre eux
00:42:33en disant
00:42:33Samuel Paty est raciste
00:42:34il déforme évidemment
00:42:36la polémique du cours
00:42:36c'est-à-dire en fait
00:42:37on considère que Samuel Paty
00:42:39est exclusif
00:42:39parce qu'ils sont musulmans
00:42:40donc les choses sont modifiées
00:42:42c'est un peu le téléphone arabe
00:42:43et Samuel Paty en fait les frais
00:42:44et il commence à être
00:42:45de plus en plus
00:42:46même atteint physiquement
00:42:47ça fait plusieurs jours
00:42:48qu'il ne s'est pas rasé
00:42:49il est vraiment très atteint
00:42:50par les menaces
00:42:51qui pèsent sur lui
00:42:57Lundi en fin de journée
00:42:59il y a cette fameuse réunion
00:43:00avec le référent laïcité
00:43:01qui revient une nouvelle fois
00:43:02sur le cours polémique
00:43:03de Samuel Paty
00:43:04alors la particularité
00:43:05de cette réunion
00:43:05c'est que Samuel Paty
00:43:06est placé
00:43:07donc les professeurs
00:43:08se tiennent dans une table
00:43:10en U
00:43:10disposée en U
00:43:11et Samuel Paty est au centre
00:43:13de la table
00:43:13un peu comme un accusé
00:43:14Monsieur Roy
00:43:15lui s'était mis en posture
00:43:16devant
00:43:17il a expliqué
00:43:18que le collège
00:43:19était sécurisé
00:43:20donc il a appuyé
00:43:22tout cet argumentaire
00:43:23comme quoi
00:43:23qu'il ne fallait pas
00:43:24s'inquiéter
00:43:26que globalement
00:43:27que la situation
00:43:28était gérée
00:43:30que c'était
00:43:32sans doute exagéré
00:43:34par rapport
00:43:34au degré de menace
00:43:36qui était
00:43:37vraiment très important
00:43:38et qu'une police municipale
00:43:40non armée
00:43:41l'effectif
00:43:42était sans doute
00:43:43un peu léger
00:43:43pour sécuriser
00:43:45l'établissement
00:43:45et il faut également
00:43:48reconnaître
00:43:48que par contre
00:43:49aucune protection
00:43:50n'a été proposée
00:43:52à Samuel
00:43:53ni aucune mesure
00:43:54de retrait
00:43:55ce qui est totalement possible
00:43:56même par le ministère
00:43:58de l'éducation nationale
00:43:59la faute la plus
00:44:00la plus grave
00:44:01la plus délétère
00:44:02et la plus condamnable
00:44:04c'est celle du représentant
00:44:05valeur de la république
00:44:06on sait que l'élève
00:44:07n'est pas en cours
00:44:07on sait que c'est pas en menti
00:44:09on sait qu'il n'a pas
00:44:10fait sortir les élèves musulmans
00:44:11donc d'une certaine manière
00:44:12qu'est-ce qu'on vient
00:44:13au final
00:44:13quand on détricote
00:44:14tout l'argumentaire
00:44:16mensonger
00:44:16des ennemis de Samuel
00:44:17de ceux qui l'ont cloué
00:44:19au pilori à tort
00:44:19qu'est-ce qu'on lui reproche
00:44:21au final
00:44:22c'est d'avoir malgré lui
00:44:25créé cette situation
00:44:27c'est-à-dire
00:44:27d'avoir fait ce cours
00:44:28d'une certaine manière
00:44:30l'intervention
00:44:31de ce fonctionnaire
00:44:33c'est presque une manière
00:44:34de l'institution
00:44:34de nous dire
00:44:36faites pas ce cours
00:44:38il nous met dans la panade
00:44:40ce qu'on a appelé
00:44:40le pas de vague
00:44:42c'est cette idée
00:44:42que moins on parle de nous
00:44:44mieux c'est
00:44:45parce qu'on ne veut pas
00:44:46perdre d'élèves
00:44:47parce qu'on tient
00:44:48à notre réputation
00:44:49parce que je tiens
00:44:50moi
00:44:51à mon futur poste
00:44:53que peut-être
00:44:54ma hiérarchie
00:44:55va me juger
00:44:55par rapport au nombre
00:44:56de conseils de discipline
00:44:58par rapport au bruit
00:45:00que je vais faire
00:45:00dans la presse
00:45:01ou au silence
00:45:03oui c'est une réalité
00:45:04cela
00:45:04c'est une réalité
00:45:06Jean-Michel Blanquer
00:45:07je crois
00:45:07a été le premier
00:45:08me semble-t-il
00:45:09à dire
00:45:09le pas de vague
00:45:09c'est fini
00:45:11Gabriel Attal
00:45:12l'a répété
00:45:13il y a quelques mois
00:45:14quelques semaines
00:45:16vous savez
00:45:16quand ça devient
00:45:17un mantra
00:45:18ça veut dire
00:45:19que ça continue
00:45:20en fait
00:45:20si on le répète
00:45:21plusieurs fois
00:45:22le pas de vague
00:45:23c'est fini
00:45:23le pas de vague
00:45:23c'est fini
00:45:24le pas de vague
00:45:24c'est fini
00:45:24c'est que le pas de vague
00:45:25il est toujours là
00:45:33il y a une nouvelle vidéo
00:45:34qui est publiée
00:45:35par Abdelhakim Seffrioui
00:45:36cette fois-ci
00:45:36sur son compte
00:45:37qui s'appelle
00:45:38Musulmans
00:45:38tout simplement
00:45:39en réalité
00:45:40c'est un montage
00:45:40de trois vidéos différentes
00:45:41il y a d'abord
00:45:42la première vidéo
00:45:43qui a été diffusée
00:45:44par Brian Mishlina
00:45:44où on le voit
00:45:45face caméra
00:45:46avec son masque chirurgical
00:45:47qui tombe
00:45:47ensuite il y a
00:45:48une deuxième vidéo
00:45:49où cette fois-ci
00:45:50c'est Zohra
00:45:51qui est interrogée
00:45:51alors elle est filmée
00:45:52uniquement au niveau du buste
00:45:54on ne voit pas son visage
00:45:54mais elle revient
00:45:55sur le compte
00:45:56le cours de Samuel Paty
00:45:57elle dit
00:45:58monsieur Paty
00:45:58nous a exclu
00:45:59du cours
00:46:00les élèves musulmans
00:46:01il fait ça
00:46:01parce qu'on est musulmans
00:46:02donc victimisation
00:46:03et ainsi de suite
00:46:04moi déjà je suis choquée
00:46:05qu'on montre ça
00:46:06un homme tout nu
00:46:07alors qu'on fait
00:46:08des cours d'histoire
00:46:09il ne nous respecte pas
00:46:10il ne nous voit pas
00:46:11comme les autres
00:46:12pourquoi il montre ça
00:46:13sur notre religion
00:46:14à nous
00:46:15en quelque sorte
00:46:16envers les autres
00:46:16ils veulent nous rabaisser
00:46:17et on apprendra
00:46:18d'ailleurs plus tard
00:46:19les enquêteurs
00:46:20découvriront les rushs
00:46:21de la vidéo
00:46:22et en fait
00:46:22c'est Frioui
00:46:23qui est un activiste
00:46:24chevronné
00:46:24même presque un influenceur
00:46:27islamiste
00:46:27demande à Zohra
00:46:28de refaire plusieurs fois
00:46:30de refaire plusieurs prises
00:46:31pour essayer d'avoir
00:46:32la meilleure prise possible
00:46:32qui aurait le plus d'impact
00:46:33et de retentissement
00:46:35médiatique
00:46:35et numérique
00:46:36et une troisième partie
00:46:37où cette fois-ci
00:46:38on voit Abdelhakim
00:46:39c'est Frioui
00:46:39lui-même
00:46:40il est devant
00:46:41une espèce
00:46:42de petit buisson
00:46:43on imagine
00:46:44qu'en pleine journée
00:46:45peut-être pas très loin
00:46:46du collège du Bois d'Aune
00:46:47ça fait 5-6 ans
00:46:48que des enfants
00:46:49de 12-13 ans
00:46:51des musulmans
00:46:54sont choqués
00:46:55sont agressés
00:46:56sont humiliés
00:46:57devant leurs camarades
00:46:58parce que c'est ce qu'ils nous ont dit
00:46:59ceux avec qui on a parlé
00:47:01on exigeait la suspension
00:47:03immédiate
00:47:03de ce voyou
00:47:04parce que c'était pas
00:47:05un enseignant
00:47:06un enseignant
00:47:06c'est autre chose
00:47:08il revient encore une fois
00:47:09sur la polémique
00:47:09et il dit à l'issue
00:47:10de cet extrait vidéo
00:47:11que le risque maintenant
00:47:13avec ce genre d'incident
00:47:15qui est provoqué
00:47:15par un voyou
00:47:16puisqu'il qualifie
00:47:17Samuel Paty de voyou
00:47:18c'est qu'il se passe
00:47:19la même chose en France
00:47:20qu'à Zbernika en Yougoslavie
00:47:22on se rappelle
00:47:22du massacre de Zbernika
00:47:23en ex-Yougoslavie
00:47:25où des milliers
00:47:26c'est 8 000 morts à peu près
00:47:27de musulmans sunnites
00:47:28bosniaques
00:47:29qui ont été assassinés
00:47:29donc il fait une comparaison
00:47:30entre le massacre de Zbernika
00:47:32et le cours de Samuel Paty
00:47:33on sait bien
00:47:35où ça mène
00:47:35ce genre de dramatisation
00:47:38d'existentialisation
00:47:40de dire que notre religion
00:47:42est en danger
00:47:42qu'elle est attaquée
00:47:44par tel ou tel individu
00:47:45ou telle ou telle institution
00:47:46ce sont les entrepreneurs
00:47:48de colère
00:47:49qui créent les conditions
00:47:50quand ils recodent l'événement
00:47:53en lui donnant
00:47:54une dimension religieuse
00:47:56quand ils le simplifient
00:47:57quand ils le dramatisent
00:47:59quand ils font appel
00:48:00à des témoignages
00:48:01quand ils mettent des cibles
00:48:03sur des intellectuels
00:48:04ou des professeurs
00:48:05ils savent qu'ils vont créer
00:48:06les conditions
00:48:07pour un passage à l'acte
00:48:08sinon ce sont des irresponsables
00:48:10quand vous avez des menaces
00:48:11qui sont réelles
00:48:12et qui circulent
00:48:13il faut les prendre au sérieux
00:48:14parce que c'est une annonce
00:48:16du passage à l'acte
00:48:17en réalité
00:48:17l'assassin est convaincu
00:48:19qu'il se défend
00:48:20et qu'il défend sa cause
00:48:21ça c'est très important
00:48:23à comprendre
00:48:23parce que ça donne
00:48:24toute légitimité
00:48:25à l'assassin
00:48:26une fois que vous avez compris ça
00:48:27vous prenez au sérieux
00:48:29ce que disent ces gens
00:48:30parce que
00:48:30le problème
00:48:31c'est de considérer
00:48:32que ces gens sont fous
00:48:33or ces gens ne sont pas fous
00:48:34leurs idées sont folles
00:48:37mais eux ne sont pas fous
00:48:38il faut prendre au sérieux
00:48:40ces gens
00:48:41même si leurs paroles
00:48:42nous paraissent complètement dingues
00:48:43ce qui va vraiment changer la donne
00:48:45c'est que
00:48:46cette fois
00:48:47les vidéos
00:48:47elles vont être republiées
00:48:49repostées
00:48:50par la mosquée de Pantin
00:48:51et la mosquée de Pantin
00:48:52c'est plus de 100 000 personnes
00:48:54qui suivent
00:48:56l'activité Facebook
00:48:57de cette mosquée
00:48:58et donc d'un seul coup
00:48:59l'ampleur
00:49:00des messages
00:49:02des vidéos
00:49:02ça dépasse largement
00:49:04les confins du département
00:49:08Alors concernant cette fois-ci
00:49:10l'évaluation de la menace
00:49:11par le renseignement
00:49:12puisque c'est un point
00:49:13très important
00:49:14dans cette affaire
00:49:15les services départementaux
00:49:18des renseignements
00:49:18du 78
00:49:19et des Yvelines
00:49:20ont parfaitement connaissance
00:49:22de l'état de la menace
00:49:22c'est-à-dire
00:49:23ils savent que
00:49:23Abdelhakim Seffréoui
00:49:24est fiché
00:49:25pour radicalisation
00:49:26à caractère terroriste
00:49:27il est connu
00:49:27de la documentation spécialisée
00:49:29ils ont parfaitement conscience
00:49:31de la menace
00:49:32qui pèse sur Samuel Paty
00:49:33mais de manière inexplicable
00:49:35ils sous-évaluent
00:49:36cette menace
00:49:37dans une note
00:49:37qui est transmise
00:49:38à la fois
00:49:38à la DGSI
00:49:40donc au service
00:49:40de renseignement intérieur
00:49:41et à la préfecture
00:49:42des Yvelines
00:49:43et cette note
00:49:44en réalité
00:49:44elle est cruciale
00:49:45parce que
00:49:45c'est elle
00:49:47qui va faire en faire
00:49:48que la DGSI
00:49:49et donc les services
00:49:50du renseignement
00:49:51ne vont pas tellement
00:49:51activer de protection
00:49:52pour Samuel Paty
00:49:53ils auraient très bien
00:49:54pu lui proposer
00:49:55d'être temporairement
00:49:57suspendu
00:49:57de manière à pouvoir
00:49:58prendre ses distances
00:49:59par rapport à la polémique
00:50:00ou d'avoir une protection fonctionnelle
00:50:01ou une escorte policière
00:50:02comme ça s'est vu
00:50:03plus tard
00:50:04pour d'autres professeurs
00:50:05mais rien n'est fait
00:50:05R.A.S.
00:50:07tout se passe bien
00:50:08on ne comprend pas
00:50:09l'attitude des services
00:50:10de renseignement
00:50:11et pourquoi
00:50:12tout se passe bien ?
00:50:13parce que simplement
00:50:14les responsables locaux
00:50:16de la communauté musulmane
00:50:17n'ont pas l'air
00:50:18de reprendre
00:50:19les menaces
00:50:20de Brahim Shnina
00:50:21et d'Abdelakim Sefrui
00:50:23depuis quand
00:50:24une fatwa
00:50:25se limite
00:50:26n'opère
00:50:27que localement ?
00:50:28ben non
00:50:28évidemment
00:50:29on le sait bien
00:50:30ça peut aller
00:50:31beaucoup plus loin
00:50:31alors que les services
00:50:33de renseignement
00:50:33sont totalement
00:50:34dans les choux
00:50:36Abdoulak Ansorov
00:50:36lui
00:50:37on le sait
00:50:38rédige une petite note
00:50:40sur son téléphone
00:50:40qu'on a retrouvé
00:50:41qui est une véritable
00:50:43feuille de route
00:50:44pour les jours
00:50:44qui vont venir
00:50:56Samuel Paty
00:50:57à partir du mardi
00:50:58il a peur en vérité
00:50:59il a réfléchi
00:51:01déjà
00:51:01à changer
00:51:02ses habitudes
00:51:03ne plus venir
00:51:05par son chemin
00:51:06habituel
00:51:06le matin
00:51:07au collège
00:51:07et il s'est dit
00:51:09tiens
00:51:09je vais peut-être
00:51:10reprendre ma voiture
00:51:11sa voiture
00:51:12qui est stationnée
00:51:12pas loin de chez lui
00:51:13mais qu'il n'utilise jamais
00:51:15et en fait non
00:51:16parce que
00:51:17il n'a pas de bip
00:51:18pour ouvrir
00:51:19la porte du collège
00:51:20il l'a signalé
00:51:21depuis longtemps
00:51:22à la direction du collège
00:51:23que son bip
00:51:24ne marchait pas
00:51:24mais il n'a toujours pas eu
00:51:26le remplacement
00:51:27de ce bip
00:51:28donc opérationnellement
00:51:29sa voiture
00:51:29il ne peut pas l'utiliser
00:51:33moi le désarroi
00:51:34c'est que
00:51:35c'est quand j'ai lu
00:51:37ses notes
00:51:37qui retrace
00:51:39toute son activité
00:51:40professionnelle
00:51:41depuis septembre
00:51:42où tu vois marqué
00:51:44en début de la deuxième
00:51:45semaine de l'engrenage
00:51:48passer pour faire changer
00:51:50le bip
00:51:50parce qu'il ne fonctionne pas
00:51:53moi ça m'a totalement sidérée
00:51:55je me suis dit
00:51:56donc en fait
00:51:58dans ce qui est arrivé
00:51:58à mon frère
00:51:59il y a eu plein d'instants
00:52:00il y a eu plein de petits événements
00:52:02qui auraient sans doute
00:52:02pu le sauver
00:52:04et même
00:52:06ce côté dérisoire
00:52:07d'avoir un bip
00:52:08qui ouvre une grille
00:52:10il ne l'a même pas eu
00:52:11et effectivement
00:52:12l'administration
00:52:13n'a pas vu
00:52:14entre guillemets
00:52:15l'urgence
00:52:16de lui procurer
00:52:16un nouveau bip
00:52:17et qu'il a demandé
00:52:19à ses collègues
00:52:19du coup
00:52:20de leur accompagner
00:52:21comme il l'a écrit
00:52:22l'escorter
00:52:26m'escorter
00:52:27pas me raccompagner
00:52:29m'escorter
00:52:31on se fait escorter
00:52:32quand on est en grave danger
00:52:34et ça
00:52:35il sait
00:52:35ce jour là
00:52:36qu'il est en grave danger
00:52:37il s'est retrouvé
00:52:38complètement isolé
00:52:39dans une situation
00:52:41où il se savait en danger
00:52:42où néanmoins
00:52:43il continue de faire court
00:52:44là où n'importe quel prof
00:52:47fut-il le plus engagé du monde
00:52:49ce serait retiré
00:52:51moi je reçois des menaces
00:52:54sérieuses
00:52:56j'ai peur pour ma vie
00:52:58je ne vais pas travailler du tout
00:52:59il porte régulièrement
00:53:00une capuche
00:53:01sur la tête
00:53:02pour se protéger
00:53:03pour éviter
00:53:03de faire une mauvaise rencontre
00:53:04et les autres jours
00:53:05quand il doit rentrer à pied
00:53:06donc effectivement
00:53:07il change son trajet
00:53:08au lieu de passer
00:53:09par un petit sous-bois
00:53:10comme il le fait habituellement
00:53:11qui mène directement
00:53:12au lotissement des Rani
00:53:13dans lequel il habite
00:53:14il va passer plutôt
00:53:15par une rue pavillonnaire
00:53:16qui est un peu plus visitée
00:53:17où il y a un peu plus de monde
00:53:19pour éviter de faire
00:53:19une mauvaise rencontre
00:53:20il craint une rencontre
00:53:21avec un père de famille
00:53:22qui serait virulent
00:53:24il craint le pire
00:53:25et en tout cas
00:53:25il prend ses dispositions
00:53:31il prend un peu une arme
00:53:34du désespoir
00:53:35parce que mettre un marteau
00:53:36c'est un peu dérisoire
00:53:39en termes de défense
00:53:41et c'est vrai que
00:53:43ce marteau
00:53:44quand je l'ai vu
00:53:46ça a été effectivement
00:53:47un choc pour moi
00:53:48j'ai raté à prendre
00:53:49qu'il ait pu prendre un marteau
00:53:51parce qu'on a souvent
00:53:52voulu me le faire passer
00:53:53pour quelqu'un
00:53:53qui n'avait pas conscience
00:53:55qu'il était menacé
00:53:56alors que là
00:53:57simplement le marteau
00:53:58c'est juste en ville
00:54:01dans leur gueule
00:54:01vous voyez bien
00:54:02ne me faites pas croire
00:54:03qu'il n'avait pas conscience
00:54:04c'est le marteau
00:54:05de la honte
00:54:06de l'institution
00:54:09de la situation
00:54:10dans laquelle il s'est retrouvé
00:54:11l'institution n'est pas
00:54:12la seule actrice
00:54:13de ce drame
00:54:14enfin en tout cas
00:54:15tous les acteurs
00:54:16qui ont mené
00:54:16à cet isolement
00:54:17dans lequel il s'est retrouvé
00:54:18et qui a fait
00:54:19qu'il est venu faire court
00:54:21avec un marteau
00:54:22parce qu'il avait peur
00:54:23mais que quand même
00:54:23il estimait que c'était
00:54:24pas aux islamistes
00:54:24de lui dire
00:54:25de rester chez lui
00:54:26ou d'aller en classe
00:54:27et bien c'est le marteau
00:54:28du courage
00:54:29mais c'est aussi
00:54:29le marteau de la honte
00:54:35dans la journée du 15 octobre
00:54:40on retrouve le caractère
00:54:42prémédité de l'acte
00:54:43d'anzarov
00:54:43où il va solliciter
00:54:46l'aide de deux amis
00:54:48un ancien
00:54:49et un plus récent
00:54:51on ne sait pas encore
00:54:52si effectivement
00:54:53ils avaient
00:54:55parfaitement conscience
00:54:56de ce qu'il est à devenir
00:54:57le procès sera là
00:54:59pour faire la lumière
00:55:00sur cet événement
00:55:01ce que l'on sait
00:55:02d'après les auditions
00:55:03de ces deux copains
00:55:05c'est qu'en fait
00:55:07il semblerait
00:55:07qu'Avdoulak
00:55:08Hanzorov
00:55:09ne soit pas très clair
00:55:10sur ses intentions
00:55:10il leur dit
00:55:11je veux chercher
00:55:13une arme à feu
00:55:14en cas d'embrouille
00:55:15avec des blacks
00:55:17est-ce que c'est exactement
00:55:18ces mots qu'il utilise
00:55:19est-ce que c'est une stratégie
00:55:21de défense
00:55:21de ces deux complices
00:55:23en tout cas
00:55:25Azim
00:55:26va se mettre
00:55:27à la recherche
00:55:28auprès d'un de ses cousins
00:55:29d'une arme à feu
00:55:31ils zonnent toute la journée
00:55:32à Rouen
00:55:33ils se prennent en photo
00:55:33ils vont au McDo
00:55:34on voit Abdoulak Hanzorov
00:55:35qui est habillé tout en noir
00:55:36des pieds à la tête
00:55:37ils vont prier à la mosquée
00:55:38tous les trois
00:55:38Abdoulak Hanzorov dépose son
00:55:40tapis de prière
00:55:41à l'arrière du véhicule
00:55:42la Golfe Blanche
00:55:43de Naïm Boudaoud
00:55:44et puis en fait
00:55:45ils vont passer la journée
00:55:46de manière totalement désœuvrée
00:55:47à un moment donné
00:55:49les deux amis
00:55:49mettent de la musique
00:55:50et Abdoulak Hanzorov dit
00:55:51non non ça c'est péché
00:55:52il ne faut surtout pas mettre de la musique
00:55:54franchement
00:55:54si on ne savait pas
00:55:55que ces trois jeunes
00:55:56sont à l'origine
00:55:57de l'assassinat de Samuel Paty
00:55:58on dirait que c'est une
00:56:00virée de pieds nickelés
00:56:02ils ne savent pas quoi faire
00:56:03de leur journée
00:56:03alors ils vont
00:56:05dans une station de lavage
00:56:07bichonner la voiture
00:56:08ils vont manger
00:56:10un hamburger
00:56:11ils vont traîner
00:56:12du côté d'une exposition
00:56:14au panorama
00:56:14mais c'est une exposition
00:56:16sur les toiles
00:56:17de la cathédrale de Rouen
00:56:18évidemment
00:56:19ça ne plaît pas trop
00:56:20à Abdoulak Hanzorov
00:56:21en fait ce sont des
00:56:22des glandus
00:56:24qui cherchent
00:56:25une arme
00:56:26et puis
00:56:26finalement
00:56:27comme ils n'ont pas trouvé
00:56:28exactement ce qu'ils recherchaient
00:56:29ils vont se rabattre
00:56:30sur une coutellerie
00:56:32et là
00:56:33Abdoulak Hanzorov
00:56:34achète une arme
00:56:35il achète un couteau
00:56:36un couteau
00:56:36mort à knif
00:56:37de 10,5 cm
00:56:39la longueur de la lame
00:56:40et ses deux amis
00:56:41qui sont un peu interpellés
00:56:42lui disent
00:56:42mais pourquoi est-ce que
00:56:43tu veux acheter une arme
00:56:44aujourd'hui à Rouen
00:56:45et il leur répond
00:56:46c'est simplement
00:56:47pour offrir un couteau
00:56:48à mon grand-père
00:56:49c'est un couteau
00:56:50qui a une très bonne prise en main
00:56:51qui a une lame courte
00:56:52d'une dizaine de centimètres
00:56:54qui est en général
00:56:55utilisé par les militaires
00:56:56dans du corps à corps
00:56:58c'est des couteaux d'assaut
00:56:59mais
00:57:00c'est ce modèle-là
00:57:01qui plaît
00:57:02à Abdoulak Hanzorov
00:57:03et on le sait
00:57:04il va lui coûter
00:57:05mais pas cher
00:57:0620,20 euros
00:57:13et donc en fin de journée
00:57:14le jeudi 15 octobre
00:57:15Abdoulak Hanzorov
00:57:16a un couteau
00:57:16à sa disposition
00:57:17mais ça ne lui suffit pas
00:57:18il veut une vraie arme
00:57:19et il charge Azim
00:57:20son ami Azim
00:57:21de lui trouver
00:57:21une arme à feu
00:57:22un pistolet
00:57:24Azim lui dit
00:57:24que malheureusement
00:57:25son cousin
00:57:25n'arrive pas à trouver
00:57:26d'arme à feu
00:57:27et faute de pouvoir
00:57:28trouver une arme à feu
00:57:28Abdoulak Hanzorov
00:57:29lui charge de trouver
00:57:30une arme airsoft
00:57:31un pistolet à air comprimé
00:57:33ce qu'ils vont mettre en oeuvre
00:57:34dès le lendemain
00:57:40Abdoulak Hanzorov
00:57:41s'est réveillé
00:57:42très tôt le matin
00:57:43il s'est habillé en noir
00:57:45il a pris un petit sac à dos
00:57:46et là
00:57:47il va mettre
00:57:48son tapis de prière
00:57:49le couteau
00:57:50qu'il a acheté la veille
00:57:51et un autre couteau
00:57:53de marque cette fois
00:57:54Laguiole
00:57:55de modèle Héritage
00:57:56qui est un couteau
00:57:57très impressionnant
00:57:57puisque c'est un couteau
00:57:58qui a une lame
00:57:59de 19 cm
00:58:05première chose que fait
00:58:06Abdoulak Hanzorov
00:58:07c'est qu'il contacte
00:58:08son ami
00:58:08Naïm Boudaoud
00:58:09pour se rendre avec lui
00:58:10à Conflans-Saint-Honorin
00:58:11mais il faut un petit crochet
00:58:12juste avant
00:58:13il se rend à Sergi
00:58:13dans la zone commerciale
00:58:15d'Hosni
00:58:15pour aller dans un magasin airsoft
00:58:17et donc il achète
00:58:18deux pistolets airsoft
00:58:19il en garde un pour lui
00:58:20qui lui servira plus tard
00:58:21et l'autre
00:58:22il l'offre à son ami
00:58:23et il demande cette fois-ci
00:58:24à Naïm Boudaoud
00:58:25de le déposer
00:58:26à Conflans-Saint-Honorin
00:58:27devant le collège
00:58:28du Bois d'Aune
00:58:29ce que va faire Naïm Boudaoud
00:58:31il va le déposer
00:58:31juste à 50 mètres
00:58:33à peu près
00:58:33du collège du Bois d'Aune
00:58:34on voit sa voiture
00:58:35sa golf blanche
00:58:36passer devant
00:58:37les caméras de vidéosurveillance
00:58:38du collège
00:58:39il va faire des repérages
00:58:41il va essayer de voir
00:58:41comment éventuellement
00:58:42il pourrait peut-être
00:58:43passer au-dessus du portail
00:58:44s'il devait vraiment
00:58:46en arriver jusque là
00:58:46et à 14h à peu près
00:58:48Abdoulak Hanzorov
00:58:49se trouve sur place
00:58:50devant le collège du Bois d'Aune
00:58:54l'information qui lui manque
00:58:55c'est un visuel
00:58:56pour savoir
00:58:57qui est Samuel Paty
00:58:59c'est comme ça
00:59:00qu'il va commencer
00:59:01à recruter des enfants
00:59:03et le premier enfant
00:59:04qu'on appellera M
00:59:05va sortir
00:59:07Abdoulak Hanzorov
00:59:08lui aurait dit
00:59:09je te donne 300 euros
00:59:12si tu me désignes
00:59:13Samuel Paty
00:59:14je vais humilier
00:59:16je vais taper
00:59:17je vais forcer
00:59:18à s'excuser
00:59:19Samuel Paty
00:59:20d'avoir offensé le prophète
00:59:22en tout cas
00:59:22ça c'est la version
00:59:23que M dira aux enquêteurs
00:59:29ce collégien de 3ème
00:59:30va ensuite
00:59:31rameuter
00:59:32ses amis
00:59:33c'est que les collégiens
00:59:34de 3ème
00:59:35qui ont eu Samuel Paty
00:59:36dans les années précédentes
00:59:37qui le connaissent
00:59:38qui sont tout à fait
00:59:38capables de l'identifier
00:59:39moyennement finance
00:59:41c'est à dire
00:59:41qu'il allait répartir
00:59:42une partie
00:59:43de la somme
00:59:44que lui a perçue
00:59:45aux autres
00:59:46pour que eux aussi
00:59:49désignent
00:59:50Samuel
00:59:50quand il sortirait
00:59:52de l'établissement
00:59:52et en fait
00:59:53ils vont organiser
00:59:54une véritable planque
00:59:55c'est à dire
00:59:55qu'il y a une patrouille
00:59:56de la police municipale
00:59:57qui vient régulièrement
00:59:58pour vérifier
00:59:59qu'il n'y ait pas de grabuge
01:00:00à la sortie
01:00:01puisqu'ils sont encore
01:00:01quand même mobilisés
01:00:02sur place
01:00:03et en fait
01:00:04ces collégiens
01:00:04vont faire en sorte
01:00:05qu'Abdoula Kandzorov
01:00:06puisse se dissimuler
01:00:07et attendre
01:00:08la sortie de Samuel Paty
01:00:09sans être repéré
01:00:10et donc ils vont se cacher
01:00:11dans une espèce
01:00:12de petite planque
01:00:13à l'abri des regards
01:00:14et ils vont communiquer
01:00:15par Snapchat
01:00:16par Messenger
01:00:17en disant
01:00:17c'est bon tu peux sortir
01:00:18à tel moment
01:00:19à tel endroit
01:00:19etc.
01:00:20Il y a un élève qui sort
01:00:21qui fait partie
01:00:23de la quatrième 4
01:00:25la classe de Zohra
01:00:26qui est également
01:00:27arrêtée par M
01:00:30qui se trouve
01:00:31à ce moment-là
01:00:31juste à côté
01:00:32d'Anzorov
01:00:33il lui dit
01:00:35si tu viens avec nous
01:00:36tu auras un peu d'argent
01:00:37il faut qu'on désigne
01:00:38un monsieur Paty
01:00:41il va expliquer
01:00:42face à eux
01:00:43que Zohra ment
01:00:46qu'elle n'était pas en cours
01:00:47et que tout ce qu'elle raconte
01:00:48depuis le départ
01:00:50c'est une invention
01:00:53et c'est à ce moment-là
01:00:55que Anzorov a un doute
01:00:57Il décide d'appeler Zohra
01:00:59Zohra Chenina
01:01:00l'élève menteuse
01:01:01celle dont est partie
01:01:02toute la polémique
01:01:03il lui passe un coup de fil
01:01:04il se trouve qu'en fait
01:01:05le premier collégien
01:01:06à avoir été abordé par Anzorov
01:01:07connaît Zohra
01:01:08puisque c'est une amie
01:01:10d'enfance
01:01:10depuis de nombreuses années
01:01:11et donc il l'appelle
01:01:12au téléphone
01:01:13Zohra
01:01:13elle a encore le moyen
01:01:15de renverser la table
01:01:17si simplement
01:01:18elle dit à ce moment-là
01:01:19qu'elle a menti
01:01:20et qu'elle n'était pas
01:01:21dans le cours
01:01:22de Samuel Paty
01:01:23les choses changent
01:01:24le destin de Samuel
01:01:25on peut dire
01:01:26est sauvé
01:01:27elle va réitérer
01:01:29son mensonge
01:01:30et va même
01:01:33pousser encore plus loin
01:01:34expliquant que ça fait
01:01:35une semaine
01:01:36qu'elle ne se rend plus
01:01:37à l'école
01:01:37tellement qu'elle se sent
01:01:38meurtrie
01:01:39elle scelle
01:01:40le destin de Samuel Paty
01:01:44il est 16h51
01:01:46on le sait grâce
01:01:46à la vidéo de surveillance
01:01:47quand Samuel Paty
01:01:48sort par la grille verte
01:01:50du parking du personnel
01:01:52il a la capuche
01:01:53sur la tête
01:01:53le masque sanitaire
01:01:55sur le visage
01:01:56il avance
01:01:57légèrement courbé
01:01:58et il crasse
01:01:59vers la rue du Bois-dolme
01:02:00en direction de son domicile
01:02:07et là tout de suite
01:02:07les élèves se précipitent
01:02:08en disant
01:02:09c'est monsieur Paty
01:02:09il est là
01:02:10il va le poursuivre à pied
01:02:12sans se précipiter
01:02:13pendant quelques mètres
01:02:14et Abdullah Kandzorov
01:02:16va arriver à son niveau
01:02:18il croise une collégienne
01:02:19une élève de 6ème
01:02:20il lui dit
01:02:20bouge de là
01:02:21dégage
01:02:22elle est effrayée
01:02:23elle comprend que
01:02:24Abdullah Kandzorov
01:02:25est très menaçant
01:02:25Samuel Paty est dos à lui
01:02:27il a encore sa capuche
01:02:28son marteau dans le sac
01:02:29et Abdullah Kandzorov
01:02:30va rapidement arriver
01:02:33à son niveau
01:02:34c'est là
01:02:34qu'Abdoulak Kandzorov
01:02:36va frapper
01:02:36Samuel Paty
01:02:3717 fois
01:02:3817 fois
01:02:39avec son couteau
01:02:40de cuisine japonais
01:02:41et la barbarie
01:02:42s'arrête pas là
01:02:42Abdullah Kandzorov
01:02:43va décapiter
01:02:45Samuel Paty
01:02:46et prendre
01:02:47cette photo
01:02:48qu'il va poster
01:02:49comme un trophée
01:02:50sur les réseaux sociaux
01:02:51et il va accompagner
01:02:52la publication
01:02:53de cette photo
01:02:54d'un commentaire
01:02:55terrible
01:02:55à l'adresse
01:02:57d'Emmanuel Macron
01:02:58j'ai exécuté
01:02:59un de tes chiens
01:03:00de l'enfer
01:03:07et ensuite
01:03:07il adresse
01:03:08deux messages audio
01:03:09sur Instagram
01:03:09à ces interlocuteurs
01:03:11qui sont en Syrie
01:03:12quelques jours plus tôt
01:03:13il avait essayé
01:03:13de les joindre
01:03:14pour se rendre sur place
01:03:15et il leur dit
01:03:16en arabe et en russe
01:03:17il alterne entre les deux langues
01:03:18et il leur dit
01:03:19c'est bon
01:03:20j'ai fait le djihad
01:03:20ici en France
01:03:21j'ai venger le prophète
01:03:38à ce moment là
01:03:39il y a une voiture
01:03:41qui arrive
01:03:41c'est un professeur
01:03:42d'EPS
01:03:43du collège du Bois d'Aulne
01:03:44il voit la scène
01:03:45et il lui dit
01:03:46qu'est-ce qui se passe
01:03:46il pensait à une scène
01:03:47d'Halloween
01:03:48il ne comprend pas
01:03:49exactement
01:03:49de quoi il est question
01:03:50et Abdoulak Andzorov
01:03:51lui dit
01:03:52glacial
01:03:53il a insulté le prophète
01:03:55il alerte
01:03:56la police municipale
01:03:57qui quelques minutes plus tard
01:03:58intervient
01:03:59tombe nez à nez
01:03:59avec Abdoulak Andzorov
01:04:01qui sort son pistolet airsoft
01:04:02eux-mêmes ne sont pas armés
01:04:03ils appellent
01:04:04leurs collègues
01:04:05de la police nationale
01:04:06et donc les policiers
01:04:07tombent nez à nez
01:04:08avec Abdoulak Andzorov
01:04:10en pleine rue
01:04:10ce dernier
01:04:11sort son pistolet airsoft
01:04:13leur tire dessus
01:04:14ce sont des balles en acier
01:04:15qui sortent
01:04:15qui peuvent quand même
01:04:16être blessantes
01:04:16pour les policiers
01:04:17ces derniers ripostes
01:04:18lui tirent dessus
01:04:19à neuf reprises
01:04:22il est blessé
01:04:23il s'effondre
01:04:24les policiers
01:04:25s'approchent de lui
01:04:26Abdoulak Andzorov
01:04:27s'en prend un policier
01:04:28il le blesse
01:04:28au niveau de la jambe
01:04:30et les autres policiers
01:04:31du coup
01:04:31l'abattent froidement
01:04:32et le tuent
01:04:38on n'est jamais venus
01:04:39sur la scène de crime
01:04:40non
01:04:42cette rue n'a aucun symbole
01:04:43pour moi
01:04:45je crois qu'en fait
01:04:46depuis trois ans
01:04:47je fais un peu en sorte
01:04:47de le faire vivre
01:04:49donc pour moi
01:04:50j'ai pas envie
01:04:50de l'enterrer là
01:04:51c'est pas sa place
01:04:53c'est pas sa hauteur
01:04:58demain matin
01:05:01au milieu de matinée
01:05:03je vois un numéro
01:05:04qui s'affiche
01:05:05je réponds
01:05:06et
01:05:09au bout de cet appel
01:05:10c'est Brice Pondel
01:05:11chef de cabinet
01:05:12de l'Elysée
01:05:15qui m'explique
01:05:18qu'ils allaient se charger
01:05:19d'assurer notre
01:05:21apatriement sur Paris
01:05:23qu'on allait avoir
01:05:23une sorte de planning
01:05:24à respecter
01:05:27et
01:05:29monsieur le président Macron
01:05:30est donc
01:05:32est venu avec son épouse
01:05:35personne n'osait spécialement
01:05:36engager la conversation
01:05:38le sujet était quand même sensible
01:05:40et lui ne savait pas non plus
01:05:41à qui il avait affaire
01:05:45donc je me suis lancé
01:05:48monsieur le président
01:05:49s'il y a bien quelqu'un
01:05:50dans notre famille
01:05:51qui aurait dû être assis
01:05:52en face de vous
01:05:53c'était mon frère
01:05:53et vous auriez eu
01:05:55à apprendre de lui
01:05:57le jour de l'attentat
01:05:58ce jour là
01:06:01personne
01:06:01dans mon hôpital
01:06:02ne savait que c'était
01:06:04mon frère
01:06:06la plupart
01:06:07l'ont appris
01:06:08le lendemain
01:06:09certains un peu plus tard
01:06:13mais ce qui
01:06:14ce qui est déjà
01:06:15a priori
01:06:16une honte de choc
01:06:17importante
01:06:18pour n'importe qui
01:06:20le fait de me connaître
01:06:21moi
01:06:22a amplifié
01:06:24pour eux
01:06:26la prise de conscience
01:06:27de cet attentat
01:06:27quand on a su
01:06:29que c'était ton frère
01:06:30Samuel
01:06:31et bien on s'est tous demandé
01:06:33comment tu allais pouvoir
01:06:34continuer ta vie
01:06:35et comment on allait pouvoir
01:06:36t'aider dans cette épreuve
01:06:38le monde a changé
01:06:39au moment de la mort
01:06:40de Samuel
01:06:40et en même temps
01:06:41il est resté identique
01:06:43et il y a quelque chose
01:06:44d'assez
01:06:45impressionnant
01:06:46à se dire que quelque chose
01:06:47tout aussi horrible
01:06:47est arrivé
01:06:48et que finalement
01:06:49ça n'a pas entraîné
01:06:51un changement
01:06:53de vision
01:06:55de ce qui se passe
01:06:56et se battre
01:06:58comme ça
01:06:58pour la laïcité
01:06:59pour l'école
01:07:00pour la fraternité
01:07:02c'est magnifique
01:07:03on a l'impression
01:07:06quelque part
01:07:07de gagner une partie
01:07:09et en fait
01:07:10d'embarquer
01:07:12quand même
01:07:12une bonne partie
01:07:13de mes collègues
01:07:14et certains plus
01:07:15que d'autres
01:07:15bien évidemment
01:07:17j'ai l'impression
01:07:18que je les fais gagner aussi
01:07:19on gagne collectivement
01:07:21elle représente
01:07:22pour nous plein de choses
01:07:22moi je me dis
01:07:23pour le futur
01:07:24pour nous
01:07:26même pour nos enfants
01:07:27pour la suite
01:07:29si elle arrive
01:07:31mais elle y arrivera
01:07:32j'en suis sûre
01:07:33à bout de tout ça
01:07:35mais en fait
01:07:36tu nous sauves tous
01:07:37en fait
01:07:48à la une
01:07:49ce matin
01:07:50les anciens collégiens
01:07:51impliqués dans l'assassinat
01:07:53de Samuel Paty
01:07:53ils seront six
01:07:54devant le tribunal
01:07:56pour enfants de Paris
01:07:57à partir d'aujourd'hui
01:07:58ceux qui ont désigné
01:07:59le professeur
01:08:00aux terroristes
01:08:01et celle qui a menti
01:08:02et déclenché
01:08:03la mécanique infernale
01:08:04détaille dans un instant
01:08:05ça fait trois ans
01:08:07que mon frère est mort
01:08:08trois ans
01:08:09qu'on nous assène
01:08:10qui a un suivi
01:08:12éducatif
01:08:13auprès de ces mineurs
01:08:14qui sont bien
01:08:14l'accusation
01:08:15si c'est des enfants
01:08:18la condamnation
01:08:19sera toujours tournée
01:08:20vers de l'éducatif
01:08:21et non pas du répressif
01:08:22après deux semaines
01:08:24d'un procès
01:08:24à huis clos
01:08:25la sentence est tombée
01:08:26le tribunal
01:08:27pour enfants de Paris
01:08:28a condamné ce vendredi
01:08:29les six ex-collégiens
01:08:30impliqués dans l'assassinat
01:08:32de Samuel Paty
01:08:32des peines
01:08:33de 14 mois de prison
01:08:34avec sursis
01:08:35à six mois de prison ferme
01:08:37aménagée sous bracelet électronique
01:08:38ont été prononcées
01:08:39une sixième adolescente
01:08:41âgée de 13 ans
01:08:41au moment des faits
01:08:42a été condamnée
01:08:43à 18 mois de sursis probatoire
01:08:45pour dénonciation calomnieuse
01:08:46le tribunal
01:08:47n'a même pas estimé
01:08:49alors qu'il disait
01:08:50que l'effet était
01:08:51extrêmement grave
01:08:53de prononcer
01:08:54le maximum de la peine
01:08:55ne serait-ce qu'avec sursis
01:08:56qui je rappelle
01:08:58était une peine
01:08:58de 30 mois
01:08:59d'emprisonnement
01:09:00avec sursis
01:09:00je pense que les français
01:09:02apprécieront
01:09:03la décision rendue
01:09:05et la volonté
01:09:06de la justice
01:09:07d'être exemplaire
01:09:09face au terrorisme
01:09:10et de sa protection
01:09:12des personnels
01:09:12de l'éducation
01:09:13voilà
01:09:14moi je pense que
01:09:15de ne pas
01:09:17effectuer
01:09:18des peines
01:09:19qui ressemblent
01:09:20à des peines
01:09:22ça ne peut
01:09:23qu'entraîner
01:09:24récidive
01:09:24c'est-à-dire
01:09:26que ce message
01:09:27où on peut
01:09:29dénoncer
01:09:30un professeur
01:09:31comme l'affiché
01:09:33le frapper
01:09:36pour n'importe
01:09:36quelle raison
01:09:37parce qu'ils ont
01:09:37quand même
01:09:38tous soutenu
01:09:38qu'ils aimaient
01:09:39Samuel Paty
01:09:40comme professeur
01:09:42donc le contraste
01:09:43est assez saisissant
01:09:44parce que du coup
01:09:44la question
01:09:45est forcément légitime
01:09:46mais alors
01:09:47qu'est-ce qui se passe
01:09:47quand ils n'aiment pas
01:09:48un prof ?
01:09:49donc globalement
01:09:50c'est ce message
01:09:50qui est envoyé
01:09:51à tous les élèves
01:09:54c'est-à-dire
01:09:54demain
01:09:55vous pouvez
01:09:57humilier
01:09:58afficher
01:09:58taper un professeur
01:10:00finalement
01:10:01vous en sortirez
01:10:02libre
01:10:04le combat
01:10:05de Michael Paty
01:10:06il est admirable
01:10:07parce que
01:10:08c'est le refus
01:10:08d'oublier
01:10:10c'est le refus
01:10:11de passer à autre chose
01:10:12elle le fait
01:10:13pour témoigner
01:10:14auprès des jeunes
01:10:15dans ses campagnes
01:10:16dans les écoles
01:10:18elle le fait
01:10:18pour
01:10:19parce qu'elle
01:10:20elle croit
01:10:21à la république
01:10:21au fond
01:10:23et que si elle
01:10:24n'y croyait pas
01:10:25elle ne le ferait pas
01:10:26en ce jour
01:10:27très particulier
01:10:28puisque cela fait
01:10:29trois ans aujourd'hui
01:10:30que mon frère
01:10:30Samuel Paty
01:10:31a été assassiné
01:10:32lors d'un attentat
01:10:33terroriste islamique
01:10:35parce que certains
01:10:36ont pour projet
01:10:37de détruire l'école
01:10:38pour détruire
01:10:39notre démocratie
01:10:39si l'identité
01:10:41se réduit
01:10:41au seul déterminant
01:10:42religieux
01:10:43on se retrouve
01:10:44avec un
01:10:44eux
01:10:44et nous
01:10:46si celui-ci
01:10:47est revendiqué
01:10:48et systématiquement
01:10:49mis en avant
01:10:49notamment en affichant
01:10:51ses convictions
01:10:51on se retrouve
01:10:53inévitablement
01:10:53avec une attitude
01:10:54provocatrice
01:10:55de nous
01:10:56contre eux
01:10:57sous la léby
01:10:58il faut
01:10:58que eux
01:10:59seraient contre nous
01:11:01le rejet
01:11:01de l'autre
01:11:02est indissociable
01:11:03de la peur
01:11:03de l'inconnu
01:11:04quand on n'a plus peur
01:11:05on comprend que l'autre
01:11:07n'est pas un ennemi
01:11:08et peut même
01:11:09devenir un ami
01:11:11c'est ce qu'on appelle
01:11:12l'empathie
01:11:13elle nous permet
01:11:14de voir les choses
01:11:15du point de vue
01:11:15d'autrui
01:11:16plutôt que d'une autre
01:11:18l'empathie ne se limite
01:11:19pas aux proches
01:11:20ou à une même communauté
01:11:21elle est valable
01:11:22pour tous
01:11:23l'empathie
01:11:24est ce qui ressemble
01:11:25le plus à la relation
01:11:26dans une fratrie
01:11:27on est différent
01:11:28on se dispute
01:11:29parfois
01:11:30mais on se respecte
01:11:31et on se tolère
01:11:44à propos de notre
01:11:46initiative
01:11:47Honoré Samuel Paty
01:11:48Honoré la République
01:11:49consistant
01:11:49à nommer
01:11:51des lieux
01:11:51du nom de Samuel Paty
01:11:52nous avons en fait
01:11:54Michael et moi
01:11:55écrit une lettre
01:11:57au président
01:11:58de l'association
01:11:59des mères de France
01:12:00en lui demandant
01:12:01son soutien
01:12:02dans cette initiative
01:12:04et nous avons
01:12:05à partir de là
01:12:06suscité l'intérêt
01:12:07des collectivités locales
01:12:11donner le nom
01:12:12de mon frère
01:12:12à un lieu
01:12:13rétablir son statut
01:12:14de victime
01:12:14supprime le oui mais
01:12:16et finis par nommer
01:12:17l'ennemi
01:12:17pour garder sans cesse
01:12:19à l'esprit
01:12:19que si nous baissons
01:12:20notre garde
01:12:21c'est lui qui reviendra
01:12:23à tous ceux
01:12:24qui savent
01:12:24mais qui ne veulent pas
01:12:26voir
01:12:26je dis qu'il vaut mieux
01:12:27que ça soit dur
01:12:28à voir
01:12:29plutôt que dur
01:12:30à vivre
01:12:30et à ces gens
01:12:32qui sont fiers
01:12:32qui ne dissimulent pas
01:12:33leurs crimes
01:12:34et qui ne veulent rien
01:12:35de ce qu'on leur offre
01:12:36on ne peut plus leur répondre
01:12:38avec une France
01:12:38qui n'est plus rien
01:12:39si on veut vraiment
01:12:41rebattre les cartes
01:12:43on ne se tient jamais droit
01:12:44dans des pantoufles
01:12:46merci de votre attention
01:13:00depuis l'attentat
01:13:01plus de 70 villes
01:13:03ont nommé un lieu
01:13:03en mémoire de Samuel Paty
01:13:08continuer à rendre hommage
01:13:09à mon frère
01:13:09encore trois ans après
01:13:10fait partie
01:13:11de ce qui permet
01:13:12de faire battre
01:13:12le pouls de la démocratie
01:13:13et peut-être aussi
01:13:15un peu le mien
01:13:15cet après-midi
01:13:17honorer les morts
01:13:18ne répare pas les vivants
01:13:19honorer les morts
01:13:20exige des vivants
01:13:23je ne pallierai pas
01:13:24son absence
01:13:24mais je ferai tout
01:13:25pour que sa mémoire reste
01:13:28merci
01:13:33j'aurais aimé vous dire
01:13:35il y a un avant
01:13:36et après Samuel Paty
01:13:38et je l'ai pensé
01:13:41et aujourd'hui en fait
01:13:43je ne le pense plus
01:13:46je pense que
01:13:47nous fabriquons
01:13:48de l'amnésie
01:13:49en permanence
01:13:50que beaucoup de gens
01:13:51n'ont pas compris
01:13:53ce à quoi nous avons affaire
01:13:55ne font pas de lien
01:13:57entre les événements
01:13:58que ce soit ici
01:13:58ou ailleurs
01:13:59et finalement
01:14:01fuit un peu
01:14:02cette réalité anxiogène
01:14:04que nous promettent
01:14:06les assassins
01:14:08moi j'ai l'impression
01:14:09que finalement
01:14:10il n'y a pas d'avant
01:14:10et après Samuel Paty
01:14:12c'est à dire qu'en fait
01:14:13la presse Samuel Paty
01:14:14c'est un monde
01:14:14où faire court
01:14:15est devenu
01:14:16pour certains sujets
01:14:18un engagement
01:14:20ou une question
01:14:22pour certains délicates
01:14:23en tout cas
01:14:25quand on aborde
01:14:25la liberté d'expression
01:14:27je suppose
01:14:28ce qu'on le fait
01:14:29avec plus de
01:14:30ou de précaution
01:14:31ou de militantisme
01:14:33ou de courage
01:14:33alors qu'en principe
01:14:36faire court
01:14:36ça devrait être simple
01:14:38je regarde la réalité
01:14:39en face
01:14:40la réalité en face
01:14:41c'est qu'on n'a pas pu
01:14:42donner le nom
01:14:43de Samuel Paty
01:14:44au collège
01:14:45du Bois d'Aune
01:14:46qu'il est devenu courant
01:14:48dans l'établissement scolaire
01:14:49lorsqu'on menace un professeur
01:14:51ou qu'on parle
01:14:51d'un professeur
01:14:52entre gamins
01:14:53on dit
01:14:53je vais lui faire
01:14:54un Samuel Paty
01:14:55et que l'évocation
01:14:57de son nom
01:14:58provoque une frayeur
01:14:59considérable
01:15:00à tel point
01:15:00qu'un enseignant
01:15:03de moins de 30 ans
01:15:05sur deux
01:15:06refuserait d'être nommé
01:15:07dans un établissement
01:15:08porte un nom
01:15:08de Samuel Paty
01:15:09moi je suis atterrée
01:15:11que le collège
01:15:12où il travaillait
01:15:12ne porte pas son nom
01:15:14si déjà
01:15:15on n'a pas le courage
01:15:15de nommer
01:15:17le collège
01:15:17Samuel Paty
01:15:18là où il a travaillé
01:15:19et là
01:15:20il a été assassiné
01:15:21enfin décapité
01:15:23ayant le paper des mots
01:15:24à quelques mètres
01:15:25de son collège
01:15:26c'est déjà
01:15:26pour moi
01:15:27de la faiblesse
01:15:27ah non mais clairement
01:15:28clairement
01:15:29c'est une page
01:15:33dramatique
01:15:33de l'éducation nationale
01:15:34qui s'est écrite
01:15:35ce jour-là
01:15:35vraiment
01:15:36vraiment
01:15:37il faut que l'éducation nationale
01:15:38en ait conscience
01:15:40il faudra bien un jour
01:15:41établir toute la vérité
01:15:42sur cette histoire
01:15:43pour éviter effectivement
01:15:44toute récidive
01:15:45c'est bien sur ce point
01:15:46que le bas blesse
01:15:47l'attentat contre mon frère
01:15:48ne ressemble pas
01:15:49aux autres attentats
01:15:50il ne s'agit pas
01:15:51d'un coup de tonnerre
01:15:52dans un ciel serein
01:15:53on ne met pas un oui mais
01:15:55après le mot décapitation
01:15:57en France
01:15:59on met un point
01:16:10il ne s'agit pas d'un coup de tonnerre
01:16:14qui s'agit d'un coup de tonnerre
01:16:17qui s'agit d'un coup de tonnerre
01:16:17qui s'agit d'un coup de tonnerre
01:16:18qui s'agit d'un coup de tonnerre
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