00:00Quand on dit si l'océan meurt, nous mourrons, c'est parce que, très clairement,
00:03c'est l'océan qui régule le climat, justement.
00:05C'est le premier puits de carbone, c'est le phytoplankton qui a créé plus de la moitié de l
00:10'oxygène qu'on respire.
00:11Et c'est pour ça qu'on dit aussi que les baleines, elles sont les maraîchères de l'océan,
00:14parce que c'est elles qui fertilisent le phytoplankton.
00:25Une chose que les gens ne savent pas trop, c'est que la baleine, quand elle meurt,
00:29elle participe à tout un écosystème des grandes profondeurs
00:32qui permet la migration et la colonisation des espèces de gros cafards du fond des mers.
00:41Grâce à ça, c'est aussi un biotope qui est très très mal connu.
00:45Mais complètement, et puis elle séquestre aussi beaucoup de carbone,
00:48et surtout de leur vivant, elle fertilise le phytoplankton
00:52qui en fait régule le climat encore plus que les forêts.
00:56Et donc, sans les baleines, sans les top prédateurs marins,
01:00la machine climatique est complètement détractée.
01:01Je parle des déjections des baleines ?
01:03Je parle des déjections des baleines qui comportent beaucoup d'azote et de fer,
01:06et qui est indispensable au phytoplankton.
01:08C'est pour ça que je dis que c'est les maraîchères.
01:09Les maraîchères de l'océan, c'est les baleines.
01:12Mais là, ça c'est une dimension très biologique,
01:17presque utilitariste j'ai envie de le dire.
01:19C'est-à-dire que quand on dit, oui mais un monde sans baleines, qu'est-ce que c'est
01:21?
01:22Un monde sans baleines, en fait, c'est un monde sans nous,
01:24parce que si on ne les a pas sauvées elles, est-ce qu'on n'a pas sauvé l'océan
01:26?
01:26Donc à la limite, on ne le verra pas.
01:29Mais je trouve qu'il y a aussi une notion philosophique hyper importante,
01:33c'est-à-dire que tu vois bien que ça va mal, on va mal en tant qu'espèce.
01:38On n'est pas bien, on est complètement détraqué, on se met sur la gueule,
01:41on est bourré d'antidépresseurs, on est complètement perdu.
01:45On est une espèce complètement perdue.
01:46Et en plus, on voit bien que ce n'est même pas proportionnel au niveau de vie.
01:51Regarde en France, on fait partie des pays les plus riches du monde,
01:53on est dans le top des antidépresseurs.
01:56On n'est plus le leader mondial, je crois, mais on est quand même dans le peloton de tête.
01:59Donc tu vois bien qu'en fait, il y a un truc qui s'est perdu.
02:03Et je pense qu'en fait, c'est cette déconnexion justement aux vivants,
02:08le sens de la vie, qu'est-ce qu'on est venu faire sur cette planète ?
02:11En fait, on détruit notre propre famille, ça n'a pas de sens.
02:15Il n'y a rien qui a de sens en fait.
02:18Quel regard tu portes sur l'hyper-financiarisation, l'hyper-consommation ?
02:23Quel regard tu portes sur les marchés financiers ?
02:26Comment tu regardes ce qui se passe en politique intérieure ?
02:31Moi je te parlerais plutôt de l'hyper-consommation justement,
02:34l'hyper-financiarisation.
02:35L'hyper-consommation, je pense que ça répond à un vide intérieur
02:41où tu essayes de compenser quelque chose.
02:45Mais parce qu'on court après des chimères,
02:49c'est une consommation du monde parce que justement,
02:52on a perdu de vue l'essentiel.
02:54Et sur une planète aux ressources finies,
02:57c'est suicidaire.
02:59C'est suicidaire et puis surtout,
03:01c'est aussi creuser les inégalités,
03:03creuser les guerres.
03:04Et c'est courir après quelque chose qui n'existe pas.
03:07En fait, on détruit, on sacrifie le réel pour de la fiction.
03:11L'argent, c'est fictionnel.
03:13Ça n'existe que parce qu'on y croit.
03:15La seule chose qui est réelle,
03:17c'est le monde naturel.
03:19Tu vois ?
03:20C'est l'oxygène qu'on respire.
03:21C'est les arbres.
03:23C'est les animaux.
03:25C'est nous.
03:25C'est l'humain.
03:27Tu vois ?
03:28C'est ça qui est réel.
03:29C'est la seule chose qui est réelle.
03:30Et on sacrifie le réel pour l'imaginaire.
03:32C'est pour ça aussi qu'on est complètement fou.
03:34Et qu'on est en train de tout détruire.
03:36Quel regard tu portes sur l'écologie politique ?
03:39Sur, par exemple, de Greta Thunberg
03:41à ceux qui vont aller faire la guerre
03:44avec les méga-bassines
03:45et les forces de l'ordre en face.
03:47Quel regard tu portes sur tout ça ?
03:49Est-ce que toi, depuis ton bateau
03:51et ton permis au tuorier
03:54au 40e rangissant,
03:56quand tu vois
03:57les parties écologistes,
04:00quel regard tu portes sur eux ?
04:01Il y a à boire et à manger dans tout ça.
04:03Je ne peux pas mettre tout le monde
04:04dans le même panier.
04:06Tu vois, si tu me dis
04:07les parties écologistes,
04:08c'est...
04:09Moi, je ne me retrouve pas particulièrement
04:11dans les verres, par exemple.
04:12Parce que tu les connais bien,
04:13mais pour l'ensemble de la population,
04:14les écolos,
04:15ça reste les hippies un peu attardés
04:18qui défendent les petits oiseaux.
04:20Oui, je veux dire,
04:24un écologiste,
04:24dans le sens réel du terme,
04:28c'est quelqu'un qui défend la vie,
04:29en fait.
04:31Ce n'est pas une étiquette,
04:33c'est pas...
04:34C'est juste l'essentiel.
04:36Si tu dis l'écologie,
04:37je m'en fous,
04:38c'est comme si tu dis la vie,
04:38je m'en fous.
04:39En fait, moi,
04:40j'ai fait des enfants,
04:40mais je m'en fous.
04:41S'ils crèvent demain,
04:41ce n'est pas grave.
04:42Je n'ai pas besoin de respirer,
04:44je n'ai pas besoin de boire.
04:45C'est complètement...
04:47C'est ce qu'on n'a pas compris,
04:48en fait.
04:49L'écologie,
04:50c'est...
04:51C'est pour ça que je trouve
04:51que c'est réducteur comme terme.
04:54Maintenant,
04:55des combats comme les bassines,
04:58je pense que c'est des combats
04:59qui sont hyper importants.
05:01Il y a une forme de résistance
05:03face à une énorme machine
05:06qui broie à la fois
05:07les écosystèmes,
05:08les espèces,
05:08mais aussi les humains.
05:09C'est certain aussi
05:10les méga-bassines.
05:13Après,
05:13tout dépend comment tu fais ça.
05:16Tu peux toujours justifier.
05:17Ça peut servir aussi
05:19de la légine australe
05:20dans un restaurant chic
05:21aux Etats-Unis
05:21parce qu'il y a des gens
05:22qui y travaillent,
05:23ça crée des emplois.
05:24Tu peux toujours tout justifier
05:25à partir du moment
05:26où tu as de l'économique.
05:28La question,
05:29c'est est-ce que tu n'es pas
05:30en train de sacrifier
05:30l'essentiel pour le superflu ?
05:32Est-ce que tu n'es pas
05:32en train de sacrifier
05:33l'intérêt du plus grand nombre
05:34pour un intérêt restreint ?
05:36Est-ce que tu n'es pas
05:37en train de sacrifier demain
05:38pour quelque chose d'immédiat ?
05:42Et un bon steak
05:43sauce Roquefort,
05:44ça se sacrifie
05:45ou ça ne se sacrifie pas ?
05:48Avec une bête
05:49bien élevée,
05:50qui a bien mangé,
05:52qui a été bien abattue,
05:53sans souffrance ?
05:54Oui,
05:55alors,
05:56il y a plusieurs niveaux
05:57de réponse à ça.
05:58Déjà,
05:58tu ne peux pas faire ça
05:59pour 8 milliards d'êtres humains.
06:01Là, c'est compliqué.
06:03Il n'y a pas assez de Roquefort
06:04et puis il n'y a pas assez
06:05de planètes,
06:06en fait.
06:07Tu vois ?
06:08La première cause
06:09de déforestation en Amazonie,
06:10c'est l'élevage.
06:12C'est le soja
06:13qu'on va faire pousser
06:13pour nourrir les animaux
06:14d'élevage.
06:15Moi, ça me fait rire
06:15quand il y a des omnivores
06:16qui me disent
06:17« Non, mais vous vous rendez compte
06:18quand même,
06:18tous les légumes que vous mangez,
06:19les végétariens ? »
06:20Non, mais en fait,
06:22ils ne se rendent pas compte
06:23que pour faire un kilo
06:24de bœuf,
06:25tu utilises beaucoup plus
06:26de céréales
06:28que ne va en manger
06:28un végétarien.
06:29Donc,
06:30d'un point de vue écologique,
06:31il n'y a pas photo,
06:32mais je trouve que même
06:33d'un point de vue éthique,
06:34si tu veux.
06:35Moi, j'ai arrêté
06:36de manger des animaux
06:37à partir du moment
06:38où je me suis sentie hypocrite
06:40avec mes valeurs.
06:41C'est-à-dire que
06:43je sais que je n'ai pas besoin
06:44de prendre la vie
06:45pour être en bonne santé,
06:46pour bien manger.
06:47Tu n'as aucune carence ?
06:48J'en ai moins
06:49que quand j'étais omnivore.
06:52Je sais que
06:53moi, cet agneau,
06:55ce cochon,
06:56ou même ce poulet,
06:57je serais incapable
06:58de le tuer.
06:59Pourquoi ?
07:01Parce que
07:01j'ai trop d'empathie pour lui.
07:03Parce que
07:04je sais que ma vie
07:05ne dépend pas de la sienne.
07:07Tu vois ?
07:07Et donc,
07:08je sais que je peux
07:08très bien manger
07:09du végétal,
07:11que ça sera bon,
07:12que je ne vais pas
07:13me sentir punie,
07:14parce qu'il y a
07:14du très bon végétal.
07:15Il ne faut pas avoir
07:17l'impression d'être punie
07:17parce que c'est important
07:19de bien manger.
07:20Et donc,
07:21je ne serais pas capable
07:22de les tuer.
07:23Donc,
07:23je n'ai pas envie
07:24de payer d'autres personnes
07:24pour les tuer à ma place.
07:26Tu vois ?
07:26Je me dis qu'à la limite,
07:28je ne devrais manger des animaux
07:29que ceux qui sont capables
07:30de les tuer eux-mêmes.
07:31Je peux te dire
07:32qu'il y aurait beaucoup plus
07:32de végétariens sur Terre.
07:33Un peu comme la guerre, non ?
07:35Ceux qui créent les guerres.
07:36Qu'ils aillent l'affaire eux-mêmes
07:38plutôt que d'envoyer les autres.
07:40Voilà.
07:41La pêche,
07:42pour moi,
07:43à mon sens,
07:43la pêche qui se justifie éthiquement,
07:46c'est la pêche de subsistance.
07:47Parce qu'effectivement,
07:48il y a des populations,
07:49ce n'est pas ici,
07:50mais dans certains pays,
07:51il y a des populations
07:52où ils ont besoin du poisson
07:53pour survivre.
07:54Ça va venir.
07:55Ici aussi.
07:56Ça va venir ici aussi.
07:57Il ne faut pas qu'on compte
07:58sur les poissons.
07:58Parce que je vais te dire,
07:59vu ce qu'on a déjà surpêché
08:00sur nos côtes,
08:01on importe plus de 80%
08:02du poisson qui est consommé ici.
08:03Parce qu'on a déjà tout désingué.
08:05Donc, il va falloir compter
08:06sur autre chose que les poissons.
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