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Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, livre un constat sans appel sur l’état de nos océans. Au-delà de l’urgence climatique et du rôle vital des baleines pour notre survie, elle analyse notre déconnexion profonde avec le vivant. Entre hyperconsommation et destruction des écosystèmes marins par la surpêche, ce dialogue avec Thinkerview explore les limites d’un système qui sacrifie le réel pour des fictions financières. Une réflexion nécessaire sur l’éthique, la résistance et la place de l’humain dans la nature pour éviter un naufrage collectif imminent.

#Essemlali #Océan #Écologie #SeaShepherd #Survie

00:00 Intro
00:24 Lamya Essemlali
08:07 Outro

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Quel organisme marin produit plus de la moitié de notre oxygène ?
➡ Le phytoplancton.

Quel type de médicaments la France consomme-t-elle massivement ?
➡ Des antidépresseurs.

Quel type de pêche est jugé éthiquement justifiable par Lamya Essemlali ?
➡ La pêche de subsistance.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Quand on dit si l'océan meurt, nous mourrons, c'est parce que, très clairement,
00:03c'est l'océan qui régule le climat, justement.
00:05C'est le premier puits de carbone, c'est le phytoplankton qui a créé plus de la moitié de l
00:10'oxygène qu'on respire.
00:11Et c'est pour ça qu'on dit aussi que les baleines, elles sont les maraîchères de l'océan,
00:14parce que c'est elles qui fertilisent le phytoplankton.
00:25Une chose que les gens ne savent pas trop, c'est que la baleine, quand elle meurt,
00:29elle participe à tout un écosystème des grandes profondeurs
00:32qui permet la migration et la colonisation des espèces de gros cafards du fond des mers.
00:41Grâce à ça, c'est aussi un biotope qui est très très mal connu.
00:45Mais complètement, et puis elle séquestre aussi beaucoup de carbone,
00:48et surtout de leur vivant, elle fertilise le phytoplankton
00:52qui en fait régule le climat encore plus que les forêts.
00:56Et donc, sans les baleines, sans les top prédateurs marins,
01:00la machine climatique est complètement détractée.
01:01Je parle des déjections des baleines ?
01:03Je parle des déjections des baleines qui comportent beaucoup d'azote et de fer,
01:06et qui est indispensable au phytoplankton.
01:08C'est pour ça que je dis que c'est les maraîchères.
01:09Les maraîchères de l'océan, c'est les baleines.
01:12Mais là, ça c'est une dimension très biologique,
01:17presque utilitariste j'ai envie de le dire.
01:19C'est-à-dire que quand on dit, oui mais un monde sans baleines, qu'est-ce que c'est
01:21?
01:22Un monde sans baleines, en fait, c'est un monde sans nous,
01:24parce que si on ne les a pas sauvées elles, est-ce qu'on n'a pas sauvé l'océan
01:26?
01:26Donc à la limite, on ne le verra pas.
01:29Mais je trouve qu'il y a aussi une notion philosophique hyper importante,
01:33c'est-à-dire que tu vois bien que ça va mal, on va mal en tant qu'espèce.
01:38On n'est pas bien, on est complètement détraqué, on se met sur la gueule,
01:41on est bourré d'antidépresseurs, on est complètement perdu.
01:45On est une espèce complètement perdue.
01:46Et en plus, on voit bien que ce n'est même pas proportionnel au niveau de vie.
01:51Regarde en France, on fait partie des pays les plus riches du monde,
01:53on est dans le top des antidépresseurs.
01:56On n'est plus le leader mondial, je crois, mais on est quand même dans le peloton de tête.
01:59Donc tu vois bien qu'en fait, il y a un truc qui s'est perdu.
02:03Et je pense qu'en fait, c'est cette déconnexion justement aux vivants,
02:08le sens de la vie, qu'est-ce qu'on est venu faire sur cette planète ?
02:11En fait, on détruit notre propre famille, ça n'a pas de sens.
02:15Il n'y a rien qui a de sens en fait.
02:18Quel regard tu portes sur l'hyper-financiarisation, l'hyper-consommation ?
02:23Quel regard tu portes sur les marchés financiers ?
02:26Comment tu regardes ce qui se passe en politique intérieure ?
02:31Moi je te parlerais plutôt de l'hyper-consommation justement,
02:34l'hyper-financiarisation.
02:35L'hyper-consommation, je pense que ça répond à un vide intérieur
02:41où tu essayes de compenser quelque chose.
02:45Mais parce qu'on court après des chimères,
02:49c'est une consommation du monde parce que justement,
02:52on a perdu de vue l'essentiel.
02:54Et sur une planète aux ressources finies,
02:57c'est suicidaire.
02:59C'est suicidaire et puis surtout,
03:01c'est aussi creuser les inégalités,
03:03creuser les guerres.
03:04Et c'est courir après quelque chose qui n'existe pas.
03:07En fait, on détruit, on sacrifie le réel pour de la fiction.
03:11L'argent, c'est fictionnel.
03:13Ça n'existe que parce qu'on y croit.
03:15La seule chose qui est réelle,
03:17c'est le monde naturel.
03:19Tu vois ?
03:20C'est l'oxygène qu'on respire.
03:21C'est les arbres.
03:23C'est les animaux.
03:25C'est nous.
03:25C'est l'humain.
03:27Tu vois ?
03:28C'est ça qui est réel.
03:29C'est la seule chose qui est réelle.
03:30Et on sacrifie le réel pour l'imaginaire.
03:32C'est pour ça aussi qu'on est complètement fou.
03:34Et qu'on est en train de tout détruire.
03:36Quel regard tu portes sur l'écologie politique ?
03:39Sur, par exemple, de Greta Thunberg
03:41à ceux qui vont aller faire la guerre
03:44avec les méga-bassines
03:45et les forces de l'ordre en face.
03:47Quel regard tu portes sur tout ça ?
03:49Est-ce que toi, depuis ton bateau
03:51et ton permis au tuorier
03:54au 40e rangissant,
03:56quand tu vois
03:57les parties écologistes,
04:00quel regard tu portes sur eux ?
04:01Il y a à boire et à manger dans tout ça.
04:03Je ne peux pas mettre tout le monde
04:04dans le même panier.
04:06Tu vois, si tu me dis
04:07les parties écologistes,
04:08c'est...
04:09Moi, je ne me retrouve pas particulièrement
04:11dans les verres, par exemple.
04:12Parce que tu les connais bien,
04:13mais pour l'ensemble de la population,
04:14les écolos,
04:15ça reste les hippies un peu attardés
04:18qui défendent les petits oiseaux.
04:20Oui, je veux dire,
04:24un écologiste,
04:24dans le sens réel du terme,
04:28c'est quelqu'un qui défend la vie,
04:29en fait.
04:31Ce n'est pas une étiquette,
04:33c'est pas...
04:34C'est juste l'essentiel.
04:36Si tu dis l'écologie,
04:37je m'en fous,
04:38c'est comme si tu dis la vie,
04:38je m'en fous.
04:39En fait, moi,
04:40j'ai fait des enfants,
04:40mais je m'en fous.
04:41S'ils crèvent demain,
04:41ce n'est pas grave.
04:42Je n'ai pas besoin de respirer,
04:44je n'ai pas besoin de boire.
04:45C'est complètement...
04:47C'est ce qu'on n'a pas compris,
04:48en fait.
04:49L'écologie,
04:50c'est...
04:51C'est pour ça que je trouve
04:51que c'est réducteur comme terme.
04:54Maintenant,
04:55des combats comme les bassines,
04:58je pense que c'est des combats
04:59qui sont hyper importants.
05:01Il y a une forme de résistance
05:03face à une énorme machine
05:06qui broie à la fois
05:07les écosystèmes,
05:08les espèces,
05:08mais aussi les humains.
05:09C'est certain aussi
05:10les méga-bassines.
05:13Après,
05:13tout dépend comment tu fais ça.
05:16Tu peux toujours justifier.
05:17Ça peut servir aussi
05:19de la légine australe
05:20dans un restaurant chic
05:21aux Etats-Unis
05:21parce qu'il y a des gens
05:22qui y travaillent,
05:23ça crée des emplois.
05:24Tu peux toujours tout justifier
05:25à partir du moment
05:26où tu as de l'économique.
05:28La question,
05:29c'est est-ce que tu n'es pas
05:30en train de sacrifier
05:30l'essentiel pour le superflu ?
05:32Est-ce que tu n'es pas
05:32en train de sacrifier
05:33l'intérêt du plus grand nombre
05:34pour un intérêt restreint ?
05:36Est-ce que tu n'es pas
05:37en train de sacrifier demain
05:38pour quelque chose d'immédiat ?
05:42Et un bon steak
05:43sauce Roquefort,
05:44ça se sacrifie
05:45ou ça ne se sacrifie pas ?
05:48Avec une bête
05:49bien élevée,
05:50qui a bien mangé,
05:52qui a été bien abattue,
05:53sans souffrance ?
05:54Oui,
05:55alors,
05:56il y a plusieurs niveaux
05:57de réponse à ça.
05:58Déjà,
05:58tu ne peux pas faire ça
05:59pour 8 milliards d'êtres humains.
06:01Là, c'est compliqué.
06:03Il n'y a pas assez de Roquefort
06:04et puis il n'y a pas assez
06:05de planètes,
06:06en fait.
06:07Tu vois ?
06:08La première cause
06:09de déforestation en Amazonie,
06:10c'est l'élevage.
06:12C'est le soja
06:13qu'on va faire pousser
06:13pour nourrir les animaux
06:14d'élevage.
06:15Moi, ça me fait rire
06:15quand il y a des omnivores
06:16qui me disent
06:17« Non, mais vous vous rendez compte
06:18quand même,
06:18tous les légumes que vous mangez,
06:19les végétariens ? »
06:20Non, mais en fait,
06:22ils ne se rendent pas compte
06:23que pour faire un kilo
06:24de bœuf,
06:25tu utilises beaucoup plus
06:26de céréales
06:28que ne va en manger
06:28un végétarien.
06:29Donc,
06:30d'un point de vue écologique,
06:31il n'y a pas photo,
06:32mais je trouve que même
06:33d'un point de vue éthique,
06:34si tu veux.
06:35Moi, j'ai arrêté
06:36de manger des animaux
06:37à partir du moment
06:38où je me suis sentie hypocrite
06:40avec mes valeurs.
06:41C'est-à-dire que
06:43je sais que je n'ai pas besoin
06:44de prendre la vie
06:45pour être en bonne santé,
06:46pour bien manger.
06:47Tu n'as aucune carence ?
06:48J'en ai moins
06:49que quand j'étais omnivore.
06:52Je sais que
06:53moi, cet agneau,
06:55ce cochon,
06:56ou même ce poulet,
06:57je serais incapable
06:58de le tuer.
06:59Pourquoi ?
07:01Parce que
07:01j'ai trop d'empathie pour lui.
07:03Parce que
07:04je sais que ma vie
07:05ne dépend pas de la sienne.
07:07Tu vois ?
07:07Et donc,
07:08je sais que je peux
07:08très bien manger
07:09du végétal,
07:11que ça sera bon,
07:12que je ne vais pas
07:13me sentir punie,
07:14parce qu'il y a
07:14du très bon végétal.
07:15Il ne faut pas avoir
07:17l'impression d'être punie
07:17parce que c'est important
07:19de bien manger.
07:20Et donc,
07:21je ne serais pas capable
07:22de les tuer.
07:23Donc,
07:23je n'ai pas envie
07:24de payer d'autres personnes
07:24pour les tuer à ma place.
07:26Tu vois ?
07:26Je me dis qu'à la limite,
07:28je ne devrais manger des animaux
07:29que ceux qui sont capables
07:30de les tuer eux-mêmes.
07:31Je peux te dire
07:32qu'il y aurait beaucoup plus
07:32de végétariens sur Terre.
07:33Un peu comme la guerre, non ?
07:35Ceux qui créent les guerres.
07:36Qu'ils aillent l'affaire eux-mêmes
07:38plutôt que d'envoyer les autres.
07:40Voilà.
07:41La pêche,
07:42pour moi,
07:43à mon sens,
07:43la pêche qui se justifie éthiquement,
07:46c'est la pêche de subsistance.
07:47Parce qu'effectivement,
07:48il y a des populations,
07:49ce n'est pas ici,
07:50mais dans certains pays,
07:51il y a des populations
07:52où ils ont besoin du poisson
07:53pour survivre.
07:54Ça va venir.
07:55Ici aussi.
07:56Ça va venir ici aussi.
07:57Il ne faut pas qu'on compte
07:58sur les poissons.
07:58Parce que je vais te dire,
07:59vu ce qu'on a déjà surpêché
08:00sur nos côtes,
08:01on importe plus de 80%
08:02du poisson qui est consommé ici.
08:03Parce qu'on a déjà tout désingué.
08:05Donc, il va falloir compter
08:06sur autre chose que les poissons.
08:35Sous-titrage Société Radio-Canada
08:39Sous-titrage Société Radio-Canada
08:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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