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Découvrez l'analyse percutante de Pablo Servigne sur les forces qui soudent ou détruisent nos collectifs. L’ingénieur agronome et auteur explore comment l'abondance actuelle favorise une compétition toxique au détriment de l’entraide naturelle.
En s'appuyant sur les principes du vivant et de l'évolution, il explique pourquoi notre culture de la performance devient un danger mortel en période de pénurie. Un constat radical sur la nécessité de retrouver le sens du lien et du récit commun.
Vidéo réalisée en partenariat avec la chaîne Sator.

#Servigne #Entraide #Société #Évolution #Résilience

Sources:
Cours complet de Pablo Servigne disponible ici : https://www.sator.fr/cours/la-puissance-de-lentraide

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Réponses au quiz de fin :
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Selon Servigne quel événement tragique a soudé les Français tout à coup ?
➡ Le Bataclan.

Quelle culture rend la pénurie particulièrement dangereuse ?
➡ Culture de compétition.

Que devient la compétition si elle n'est pas strictement cadrée ?
➡ Elle détruit la vie.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Pourquoi en milieu d'abondance, il y a la compétition qui revient ? C'est bizarre, c'est contre-intuitif.
00:05En fait non, ça s'explique parce qu'en milieu d'abondance, il peut y avoir de l'entraide, pourquoi
00:12pas ?
00:13Sauf qu'il peut y avoir de la compétition. Et quand on a le choix entre les deux, c'est
00:18quoi qui est le plus efficace ?
00:20C'est la performance, l'optimisation, la compétition.
00:23Et on revient sur ce que dit Olivier Hamant, ça permet de gagner.
00:28Les individus les plus performants, les plus forts, les plus intelligents, les plus rapides, les plus machins, ils gagnent.
00:33Ils sont sur leur petit podium, ils écrasent la gueule des autres, ils arrivent à gagner.
00:38Mais ce faisant, ils détruisent le groupe.
00:47Quand on a un groupe, il y a des forces extérieures qui permettent de souder les groupes.
00:54Tu l'as dit, le grand méchant loup, un ennemi commun, ça c'est radical, c'est hyper fort, hyper
01:00puissant.
01:01Ça peut être le milieu hostile, un milieu de pénurie, une catastrophe, la faute à pas de chance.
01:06Là, ça soude. Par exemple, le Bataclan, il y a eu une catastrophe.
01:11Ça a soudé les Français tout à coup.
01:15Bref, il y en a plein. L'histoire de l'humanité, c'est que ça.
01:18Mais il y a une troisième force, c'est un projet commun.
01:22C'est quoi le point commun entre les trois ?
01:26Un ennemi commun, un milieu hostile ou un projet ?
01:30C'est le sens, c'est le récit.
01:35En fait, la guerre donne du sens au monde.
01:40Radicalement, c'est un boost de sens.
01:42Il ne faut pas oublier ça.
01:44C'est très puissant, la guerre.
01:45Et c'est pour ça que c'est dangereux, parce que c'est un...
01:50Nous, les humains, on adore le sens et le lien et la joie.
01:54C'est ça qui nous apaise et qui nous permet de nous mettre en mouvement et en collectif.
01:58Le lien, le sens, la joie.
01:59Et il ne faut pas oublier que la guerre, c'est un boost de sens et ça permet de mettre
02:04tout le monde au diapason
02:05et d'emmener un groupe à l'unisson, de le mettre à l'unisson, etc.
02:10Mais ça peut être un projet commun.
02:11Et finalement, le point commun entre les trois, qui sont trois boosts, shoots de sens, c'est le stress.
02:19Le stress, les trois, c'est du stress.
02:21Un projet, il faut une deadline, il faut réussir quelque chose.
02:25L'ennemi commun, il y a un stress de survie et puis il est hostile aussi.
02:29Et bien quand on met les organismes en stress, ils sont obligés de se renforcer.
02:34Et puis, surtout, ceux qui ne le font pas, ils meurent.
02:43Donc, c'est dur de ne pas partir dans une conférence, mais le principe dans le monde vivant, c'est
02:50que l'entraide émerge en milieu hostile.
02:56La compétition peut émerger en milieu d'abondance.
02:59Ça, c'est contre-intuitif pour nous, nous libéraux.
03:04Philosophie libérale, qui veut que, bah, s'il y a la pénurie, on va se foutre tous sur la gueule.
03:09Non.
03:12Et ça, justement, notre culture, c'est ça qui est dangereux, en fait.
03:15C'est notre culture de la compétition.
03:18Pour le dire autrement, ce qui est dangereux, c'est pas la pénurie.
03:22C'est d'arriver dans la pénurie avec une culture de la compétition.
03:26Ça, c'est dangereux.
03:27Ça, c'est une bombe à retardement qui peut tuer plein de gens.
03:30Mais nous, les humains, on sait traverser la pénurie, on sait faire depuis des centaines de milliers d'années.
03:37C'est pas un problème, la pénurie.
03:39Ça soude les groupes.
03:40Et d'ailleurs, les groupes les moins soudés sont ceux qui survivent le moins.
03:44Donc, un des principes du vivant, et c'est pour ça que c'est finalement simple à comprendre,
03:48pourquoi en milieu hostile, l'entraide émerge ?
03:51Parce que si elle n'émerge pas, bah, les gens meurent.
03:55Les égoïstes meurent en premier, en milieu hostile.
03:58Et ceux qui survivent, c'est les plus coopératifs.
04:02Principe du vivant majeur, principe de l'évolution.
04:04Ceux qui s'entraident sont ceux qui survivent.
04:09Pourquoi alors ?
04:10Du coup, c'est un peu plus compliqué à comprendre.
04:12Pourquoi en milieu d'abondance, il y a la compétition qui revient ?
04:15C'est bizarre, c'est contre-intuitif.
04:17En fait, non.
04:19Ça s'explique parce qu'en milieu d'abondance, il peut y avoir de l'entraide.
04:24Pourquoi pas ?
04:25Sauf qu'il peut y avoir de la compétition.
04:29Et quand on a le choix entre les deux, c'est quoi qui est le plus efficace ?
04:33C'est la performance, l'optimisation, la compétition.
04:36On revient sur ce que dit Olivier Hamant.
04:39Ça permet de gagner.
04:40Les individus les plus performants, les plus forts, les plus intelligents, les plus rapides, les plus machin,
04:44ils gagnent.
04:45Ils sont sur leur petit podium, ils écrasent la gueule des autres, ils arrivent à gagner.
04:51Mais ce faisant, ils détruisent le groupe.
04:55Et en fait, il y aura toujours deux forces opposées,
05:01comme le ying et le yang dans le vivant.
05:04Compétition, coopération.
05:05L'une, où les individus les plus égoïstes gagnent en premier,
05:10mais détruisent les groupes.
05:11Et l'autre, où les groupes les plus coopératifs survivent mieux.
05:17Et donc ça dépend du milieu.
05:19Tu vois ?
05:19C'est pour ça qu'un milieu hostile, c'est très facile de faire développer l'entraide.
05:24Sauf que quand tout le monde est riche,
05:27il peut y avoir une personne qui se dit « bah moi je suis riche »,
05:30comme dit Jean Covici, moi j'ai 500 esclaves énergétiques,
05:32on a tous 500 esclaves énergétiques grâce au pétrole.
05:35Et tous hyper riches.
05:37Donc on peut se permettre de dire à son voisin « bah mec, j'ai pas besoin de toi ».
05:43Et même, tu sais quoi ? Je t'emmerde.
05:46C'est un luxe de riche de dire « je t'emmerde ».
05:48Parce que quand en milieu hostile, si vous dites ça, vous mourrez.
05:52Donc en milieu d'abondance, la compétition peut émerger.
05:58En milieu hostile, elle ne peut pas.
06:00En fait, il y a un grand renversement à faire, là je vous livre un des grands secrets,
06:05qui m'a fait débloquer ces derniers mois, j'ai découvert il n'y a pas longtemps.
06:10On a appris depuis tout petit que la vie, c'est un paysage de compétition.
06:15Darwin, machin, alors que Darwin n'a pas dit ça.
06:19Et qu'il y a des petits îlots de coopération.
06:23Et c'est la civilisation, la culture qui amènent la coopération.
06:27Et que si on enlève ça, c'est la barbarie, la loi de la jungle, tout le monde s'étripe.
06:31Ce n'est pas du tout ça.
06:32La nature, elle existe et il n'y a pas de civilisation, mais tout le monde survit.
06:35Mais bon, bref.
06:37Donc nous, on a appris qu'il y a un paysage de compétition et des petits îlots de coopération.
06:40Et c'est complètement faux.
06:42C'est exactement l'inverse.
06:44La vie, en fait, mais il faut du temps pour démontrer ça et pour arriver à y croire,
06:49c'est un paysage de coopération et des petits îlots de compétition.
06:55La compétition, elle doit se cadrer.
06:57Elle doit rester cadrée.
06:59Sinon, elle envahit tout et elle détruit les groupes.
07:01Elle détruit la vie, elle détruit les écosystèmes.
07:04La compétition, c'est l'efficacité, c'est l'individu, c'est écraser les autres, c'est détruire le lien.
07:10C'est le stress.
07:15Par exemple, prenez les Jeux Olympiques.
07:16Vous allez me dire, ouais, mais c'est cool, en fait, la compétition.
07:19Ça permet de se dépasser, d'être meilleur et tout ça.
07:22Ben non.
07:23Enfin oui, mais si c'est cadré.
07:25Si on prend les Jeux Olympiques, c'est très cadré.
07:28Et les sportifs, ils arrivent, ils sont bien préparés, ils ont des super godasses.
07:32Ils sont entraînés, ils ont envie d'y aller.
07:35Ils ont envie d'y aller.
07:36Et leur truc dure un quart d'heure.
07:38Ils sont au taquet, ils se donnent, ils font des records.
07:41Et après, ils reviennent.
07:42Petit resto, petit hôtel, tout va bien.
07:45Massage, douche.
07:46Et on revient.
07:47Et c'est plus la compétition.
07:49La compétition, c'est cadré.
07:51Et on a envie d'y aller.
07:52Et oui, ça permet, dans le monde animal, de définir des territoires, de l'accès à la reproduction.
07:59Il y a de la compétition.
08:00Mais cadré.
08:01Et les animaux, ils font ça pas beaucoup, une minute, parce que c'est hyper risqué, c'est fatigant.
08:05On risque de mourir.
08:06Et donc, on le cadre.
08:08Mais si on déploie la compétition partout, tout le temps, entre étudiants, entre chômeurs, entre retraités, entre entreprises, entre universités,
08:17entre écoles, mais n'importe quoi, entre pays.
08:20Et du coup, on épuise tout le monde.
08:22Et ça s'arrête jamais.
08:23En plus, on n'a pas envie d'y aller.
08:25Les chômeurs, ils n'ont pas envie d'être en compétition.
08:27Les doctorants, entre eux, tout le monde.
08:29Et donc, tout le monde est épuisé.
08:31Pas bien armé.
08:31On n'a pas envie d'y aller.
08:33Et bien, ulcère, cancer, on détruit les organismes et on détruit les super-organismes, qui sont les sociétés.
08:37La compétition débridée, ça détruit tout.
08:41Et c'est cette grande course à l'échalote dont je parlais au début, que Trump remet à la mode.
08:47C'est ça.
08:48Ça va permettre des petits gagnants, enfin des gros gagnants sur le court terme.
08:52Certains qui vont être sur le podium.
08:55Plein, plein de perdants.
08:56Et une destruction des sociétés.
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