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Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po Paris, est invité sur le plateau de Tout est politique sur Franceinfo. Il y explique les difficultés auxquels font face les pays du monde entier pour mettre un terme à ce conflit, il y exprime son regret de ne pas avoir les forces diplomatiques parler plus des victimes iraniennes.

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Sources
Badie https://www.france.tv/franceinfo/tout-est-politique/8369778-emission-du-samedi-25-avril-2026.html
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

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Quelles sont les difficultés pour arrêter le conflit entre les États-Unis et l'Iran ?
Chaque pays croit que l'autre veut arrêter le conflit le plus rapidement possible.
Réussir à exprimer le quasi-consensus des pays pour l'arrêt du conflit.

Combien y a-t-il d'États représentés aux Nations Unies ?
193.

Qu'est censé faire Trump dans les prochains jours ?
Visite officielle à Pékin.

#badie #politique #guerre #iran #USA #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:05Vous venez d'écrire un livre qui raconte votre itinéraire et donc on apprend, certains le
00:13savaient déjà, que vous avez des origines iraniennes pour la moitié de votre famille.
00:20D'ailleurs vous préférez dire persan. Comment vous vivez cette guerre ? Est-ce que ça modifie,
00:27est-ce que ça vous touche plus particulièrement ce qui se passe autour du Golfe ?
00:32Évidemment que ça me touche. J'ai encore plus beaucoup d'éléments de ma famille en Iran,
00:39mais quelques-uns, un cousin auquel je suis très attaché. Et puis j'ai une sensibilité qui,
00:46comme aurait dit Victor Hugo, me porte à l'empathie vis-à-vis des souffrances du peuple iranien.
00:53Bien, ça c'est évident et c'est tous les matins quand j'ouvre le poste vers 5h30 pour écouter
01:01les
01:01nouvelles pourvu qu'il n'y ait pas encore une tragédie en Iran. Et ces tragédies, elles sont
01:06autant internes qu'externes. Je n'ai pas besoin de développer ce point. Mais le deuxième élément,
01:13c'est que ce qui me fait le plus souffrir, c'est que je suis pratiquement le seul à souffrir
01:17de ce qui
01:18se passe en Iran. C'est-à-dire qu'il y a d'une part de l'indifférence gigantesque pour
01:24les souffrances
01:25Vous parlez du peuple iranien.
01:27Du peuple iranien.
01:28Une fois qu'on a enlevé le pétrole.
01:30Et s'il n'y a pas d'indifférence, il y a pire encore, il y a de l'instrumentalisation.
01:34Et ça, ça me choque beaucoup.
01:35Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
01:37Je veux dire par exemple qu'au premier jour, l'armée étatsunienne a tué 180 jeunes collégiennes
01:46Dans une école.
01:46Dans une école du sud de l'Iran, à Minab. Qui en a parlé ? Quel chef d'État ?
01:52Quel chef de gouvernement ?
01:54Nous en avons parlé.
01:55Les journaux, les télévisions en avaient parlé.
01:57Largement.
01:58Largement, on pourrait faire un débat sur l'adverbe.
02:01Mais je veux dire que si vous prenez...
02:06Moi, je suis professeur de relations internationales.
02:08J'écoute les chancelleries.
02:09J'écoute les chancelleries.
02:11Est-ce que vraiment, il y a une chancellerie au monde ?
02:13Et voyez que pour moi, ce n'est ni Est, ni Ouest, ni Nord, ni Sud
02:16qui vraiment se soit...
02:20et réagit à cette horreur.
02:24Imaginez que le même drame se fût produit dans d'autres pays.
02:28Dans d'autres pays.
02:29Et vous imaginez les réactions indignées.
02:31Les sanctions, les sanctions qui eussent été prises.
02:34Mais pourquoi d'après vous ?
02:35Mais pourquoi d'après vous ?
02:37Bertrand m'a dit comment...
02:38Vous êtes professeur de relations internationales à Sciences Po.
02:40Vous les connaissez, les diplomaties.
02:42Vous les connaissez, les diplomates.
02:43Vous les connaissez, les chefs d'État.
02:45Comment est-ce que vous l'expliquez ?
02:47Ah ben moi, je l'explique de manière, hélas, très froide.
02:51Il y a un principe de verticalité qui organise le système international.
02:58Il y a des humains qui sont plus humains que d'autres et d'autres qui le sont moins.
03:04Il n'y a pas une égalité devant la vie.
03:06Il n'y a pas une égalité devant la mort.
03:08Il n'y a pas une égalité devant la souffrance.
03:10Vous savez, j'ai écrit avant le livre auquel vous faites référence un autre qui s'appelle
03:14« Le temps des humiliés » où j'explique que l'humiliation est un des paramètres essentiels
03:18des relations internationales.
03:21L'humiliation est probablement le facteur qui a été le plus belligène dans notre histoire contemporaine.
03:30Eh bien, quand vous avez le sentiment, parce que ce sentiment-là, je l'ai entendu, perçu,
03:35que la mort des vôtres n'est pas prise en compte.
03:41Eh bien, à ce moment-là, vous avez la rage.
03:43Et la rage n'est pas bonne conseillère en relations internationales.
03:47– Mais vous ne pensez pas que cette relative indifférence est liée aussi à la détestation
03:52que suscitent, non pas les Iraniens, évidemment, mais le régime.
03:58– Les Mollahs.
03:58– Alors, il ne faut pas dire les Mollahs, parce que ce régime n'est pas le régime des Mollahs.
04:02Vous savez, Mollah, la fin de...
04:03– Disons la République islamique.
04:04– Voilà.
04:05– Les gardiens de la révolution.
04:05– La République islamique fait l'horreur à beaucoup de gens qui se disent
04:08« Bon, ben oui, c'est vrai, ce bombardement est tragique,
04:12– Mais enfin bon, ils l'ont bien cherché aussi. »
04:14– Comment expliquez-vous, Laurent Geoffrin,
04:16que des régimes dictatoriaux sanguinaires
04:21qui ont le privilège d'être alliés de certaines superpuissances,
04:26eux, se voient tout permis ?
04:28– Alors, ce n'est pas une question de hiérarchie, parce que...
04:31– Ah ben si, justement, les Saoudiens, vous faites référence aux dictatures du même genre
04:37en Arabie Saoudite ou dans les Émirats, etc.
04:40– Oui, je fais référence à l'explication que vous donnez en disant
04:44« Le régime n'étant pas sympathique, ce qui est d'ailleurs tout à fait vrai,
04:48nous nous retrouvons là-dessus,
04:50eh bien, ceux qui meurent sous son couvercle,
04:55eh bien, c'est bien fait pour eux,
04:56alors que les pauvres, non seulement ils y sont pour rien. »
04:58– C'est parce que j'ai voulu dire.
04:59– Oui, mais enfin, vous voyez la pente, vous voyez la pente.
05:03– On imagine la pente.
05:04Et justement, si on se remplace d'un point de vue de ce conflit,
05:08parce qu'on l'aura compris,
05:10et vous avez parfaitement raison, Bertrand m'a dit,
05:12la réalité du conflit, c'est que c'est un conflit qui est économique.
05:16Aujourd'hui, au moment où l'on se parle,
05:18les États-Unis exercent toujours un blocus sur le détroit d'Hormuz.
05:22Les Iraniens expliquent que si le blocus continue,
05:25ils vont taper à nouveau les Américains.
05:28Cette diplomatie n'arrive pas à avancer.
05:32Vous évoquiez en préambule de notre conversation
05:36le fait que ces négociations, comme on l'entend,
05:40ne sont plus aujourd'hui d'actualité.
05:42Certes, comme on l'entend,
05:44qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on met sur la table,
05:46comment est-ce qu'on se parle,
05:48ou est-ce qu'en réalité l'issue la plus probable,
05:50c'est le retour des hostilités et la fin du cessez-le-feu ?
05:53Ce n'est pas dit, c'est un risque que je prends très au sérieux,
05:57mais ce n'est pas dit.
05:58Pourquoi ?
05:59Parce que dans ce conflit actuel,
06:01à l'exception peut-être d'Israël,
06:03qui a une stratégie, enfin de Netanyahou,
06:05qui a une stratégie jusqu'au boutiste,
06:08il y a 192 États sur 193 membres des Nations Unies
06:12qui ont intérêt, et plus qu'intérêt,
06:14un intérêt perçu,
06:16donc une volonté d'arrêter ce conflit.
06:18Parce que ce conflit dégénère et coûteux,
06:23parce que ce conflit ne peut pas aboutir à une victoire claire,
06:27cette idée a déjà été brevetée,
06:30hélas, de manière dramatique.
06:32Donc il y a un très curieux consensus,
06:34comme on en trouve rarement dans les conflits
06:37qui ont marqué notre histoire,
06:39pour y mettre un terme.
06:41– Alors comment on fait ?
06:42– Comment ?
06:42– Comment on fait ?
06:43Parce qu'on ne parle pas la même langue.
06:45– La difficulté, elle est double.
06:47Elle est que des deux protagonistes essentiels,
06:50les États-Unis et l'Iran,
06:52l'un et l'autre sont certains
06:55que le vis-à-vis veut arrêter le plus vite possible.
06:58Et ça, c'est très dangereux.
06:59Quand vous êtes dans une situation
07:00où vous êtes persuadé que celui qui vous fait face
07:03est désireux d'arrêter le plus vite possible,
07:07vous faites monter les enchères.
07:08– Oui, c'est le dernier quart d'heure.
07:09– Maintenant, le deuxième élément,
07:12c'est de se demander,
07:13et c'est ça la vraie équation,
07:15comment convertir ce consensus quasiment général
07:20de cette volonté d'arrêter,
07:22comment la transformer ?
07:24– La matérialiser.
07:25– La matérialiser, exactement.
07:27– Pourquoi est-ce qu'il ne s'exprime pas publiquement,
07:28cette volonté générale ?
07:30– Écoutez, on l'a dit,
07:31on l'a découvert, d'abord parce que le langage
07:34de la négociation n'est surtout pas celui-là.
07:36Vous imaginez aller à une table de négociation,
07:39oh, je voudrais que ça s'arrête,
07:40je voudrais que ça s'arrête.
07:41Non, évidemment.
07:41– Non, non, je ne parle pas des deux protagonistes,
07:42mais par exemple, les Chinois ne disent rien.
07:45– Ah non, c'est pas ce que vous voulez.
07:46– Ils pourraient dire et arrêter cette phrase.
07:48– Peut-être qu'on n'entend pas les bons canaux.
07:51– Mais vous savez, la parole chinoise en diplomatie
07:53est tout à fait différente de la parole occidentale.
07:55La parole occidentale, c'est la parole tenitruante.
07:59C'est Trousse Social, c'est…
08:02– C'est Donald Trump.
08:03– Voilà, exactement.
08:04– Qui nous les médias.
08:05– Les Chinois, ce n'est pas du tout ça.
08:07Les Chinois vous parlent à l'oreille,
08:09et vous passent des messages.
08:11Il y a par exemple quelque chose dont on parle assez peu.
08:14En mai prochain, le mois prochain,
08:16dans quelques jours même,
08:18le président des États-Unis est censé aller
08:20en visite officielle à Pékin.
08:21Bon, les Chinois disent
08:24« Si la guerre continue, ça ne sert à rien
08:27que vous veniez chez nous ».
08:28Ça, c'est une pression…
08:30– Pression sur les Américains.
08:31– C'est une pression,
08:31c'est ce que j'appelle une pression systémique.
08:33– Alors, si les Américains…
08:34– Est-ce que Trump peut se payer
08:37un deuxième report, puisqu'il y en a déjà eu un,
08:39de son voyage à Pékin ?
08:41Et est-ce qu'un deuxième report
08:44ne signifierait pas la mise en congé,
08:48en quelque sorte, du dossier asiatique
08:49par la diplomatie américaine ?
08:51– Alors, je sais que vous n'avez pas
08:52de boule de cristal ce soir.
08:54Néanmoins, pas d'Islamabad
08:55pour les deux émissaires américains ?
08:57– Mais pourquoi pas d'Islamabad ?
08:59– Parce qu'ils ne sont pas allés à Islamabad.
09:01Mais vous nous expliquez qu'on peut discuter…
09:02– Alors, il y est allé,
09:03il a probablement fait autre chose que du golfe, lui.
09:06Il a dû parler à tout un tas de gens.
09:09– Il leur a parlé,
09:10il a donné effectivement les contagens iraniens.
09:12– La vraie diplomatie, c'est parler…
09:14J'allais dire, c'est parler en silence,
09:16si vous acceptez l'oxymore.
09:18– C'est pas le public.
09:18– Ne pas, effectivement, publier
09:20ce que vous dites.
09:21Donc, on n'en sait rien.
09:22– Alors, comment est-ce que vous vous imaginez ?
09:24– Il est là, c'est-à-dire les gens qui disent
09:26« Ah ben non, c'est raté, ça n'a pas marché. »
09:28– On n'a pas dit ça, mais néanmoins,
09:30on essaie de se projeter…
09:30– Oui, bien sûr, Bertrand Baddy,
09:32je ne le prends pas personnellement.
09:33Mais si on essaie de se projeter
09:35un instant tout de même
09:36parce que le monde attend des réponses,
09:37ça n'est pas rien,
09:38un des trois d'Hormuz qui est bloqué.
09:39Il y a des conséquences catastrophiques,
09:41il n'y a pas que le pétrole,
09:42il y a les engrais,
09:42il y a tout un système alimentaire mondial
09:45qui est impacté
09:47et qui est sous tension
09:48avec une vraie épée de Damoclès au-dessus du monde.
09:51Comment est-ce qu'on débloque cette situation ?
09:54Quels sont les signaux peut-être faibles
09:56que nous ne percevons pas ?
09:57Peut-être que nous n'entendons pas les bons canaux.
09:59Quels sont les signaux faibles
10:00qui laissent présager
10:02que le conflit se résoudrait par la diplomatie ?
10:05– Alors, encore une fois, je n'en sais rien
10:07parce que la reprise des hostilités,
10:10une reprise violente avec montée aux extrêmes,
10:14n'est pas du tout à exclure.
10:15Ce qu'en revanche je dis,
10:16c'est qu'il faut suivre attentivement
10:18plutôt que les billets d'avion
10:20des négociateurs potentiels,
10:22l'accumulation de paramètres
10:24qui rendent de plus en plus dangereuses,
10:29inefficaces et contre-productives cette guerre.
10:31Si vous comparez la situation d'aujourd'hui,
10:3425 ou 26, je ne sais pas, avril.
10:36– 25. – Avant la guerre.
10:38– Au 28 février dernier,
10:40le rapport coût-gain s'est totalement inversé.
10:44Alors, il y a des dirigeants du monde…
10:46– Mais du coup, c'est un échec américain manifeste
10:48ou bien il est trop tôt pour le dire ?
10:50– Très clairement.
10:51Qu'est-ce que c'est un échec américain ?
10:53C'est quand le rapport de force
10:55ne donne pas un résultat clair
10:58permettant de distinguer un vainqueur d'un vainqueux.
11:02La superpuissance américaine,
11:04il ne faut pas oublier, c'est 1 500,
11:05ça va être 1 500 milliards de dollars par an de budget militaire.
11:12– C'est une quête qui a de telles ressources
11:14et qui, au bout de 40 jours,
11:17ne parvient pas à faire plier un nain militaire
11:20et un faible est en situation d'échec.
11:23Maintenant, ce qu'il faut méditer,
11:25et là aussi je suis étonné que personne ne le fasse,
11:27c'est les ressources énormes que depuis 1945,
11:31le nouveau jeu international a donné aux faibles contre les forts.
11:35Et ça, c'est des choses que la pensée stratégique
11:38n'arrive pas à intégrer et que, notamment aux États-Unis,
11:41on n'arrive pas à comprendre.
11:42– Les faibles sont toujours les faibles ?
11:44– Pardon ?
11:45– Les faibles sont toujours les faibles ?
11:47Une fois qu'on a dit tout cela ?
11:49– Il y a des faibles, il y a des forts ?
11:51On parlait de la symétrie de la guerre.
11:52– Il y a en tous les cas des dotés et des non dotés,
11:54des ressources et des non-ressources.
11:56– Mais les atouts dont vous parlez, par exemple ?
11:58– Alors, c'est d'une part, il y a des atouts techniques,
12:02il y a des atouts sociologiques et des atouts globaux.
12:06– Au-delà de la résilience ?
12:07– Alors, les atouts techniques, c'est par exemple utiliser des armes
12:12qui coûtent très peu cher et qui sont d'une efficacité remontable.
12:15Les moustiques, c'est le dernier épisode dont on a parlé.
12:19Il y a ensuite des atouts sociaux, c'est-à-dire la manière
12:23dont on peut gérer les opinions publiques et notamment gérer
12:28cette espèce de fibre nationaliste dans une société civile
12:33qui, par ailleurs, déteste le régime politique en place aujourd'hui
12:36à Téhéran, mais c'est quelque chose qu'il faut suivre.
12:39Et puis, il y a surtout des ressources globales,
12:42c'est-à-dire la conviction que la mondialisation a un talon d'Achille
12:49qui se confond avec le corps étatsunien
12:51et qu'en touchant à ce talon d'Achille,
12:54on peut paralyser le monde entier.
12:57Ça, alors, vous diriez, c'est une faiblesse qui devient force.
13:00Moi, je ne dirais pas que ça devient force,
13:02parce que c'est plus compliqué que ça.
13:03La force, c'est relationnel.
13:04Nous avons quitté ce monde relationnel, ce monde du bras de fer,
13:08ce que le président des États-Unis ne veut pas comprendre.
13:11Que Barack Obama avait déjà deviné dans sa pensée,
13:15c'est pour ça qu'il disait leadership from behind,
13:19no boots on the ground, etc.
13:21Là, on a un retour à la puissance nue, la puissance pure,
13:26et celle-ci, elle échoue.
13:28Ça ne vous paraît pas efficace.
13:29– Dix dernières secondes.
13:31– Où est-ce que ça a été efficace depuis 1945 ?
13:35Nulle part.
13:35– L'histoire nous l'a prouvé.
13:37– Et pour nous au Sahel, mais aussi jusqu'en Kanaki,
13:41on a vu que le rapport de force ne résout rien.
14:12– Sous-titrage ST' 501,
14:14– Sous-titrage ST' 501,
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