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Jean-Marc Jancovici, ingénieur et président du Shift Project, analyse l'insoutenabilité de notre modèle face au dérèglement climatique.
Entre sécheresses éclair et inondations massives, la France n'est pas prête pour la variabilité violente de l'eau.
Cet échange issu de RTL et Thinkerview avec l'analyse d'Haziza révèle l'impasse de notre système agricole hérité de l'après-guerre et la menace thermique sur le refroidissement de nos centrales nucléaires. Le pétrole et l'énergie dépendent de ressources hydriques que nous ne savons plus gérer.
Nous devons d'urgence passer en ordre de bataille pour adapter nos infrastructures et nos modes de consommation avant la crise généralisée.

#Jancovici #Sécheresse #Climat #Énergie #Agriculture

Sources:
Vidéo complète disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=pbtfc2u7Diw
https://www.youtube.com/watch?v=5ysUySSNW3M
Pour s’abonner : https://www.youtube.com/@thinkerview
https://www.youtube.com/@rtl_france
Musique: https://youtu.be/RNsyw2tfPnk
Montage: lakl42

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Réponses au quiz de fin :
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Depuis combien d'années subissons-nous des sécheresses historiques ?
➡ Cinq ans

Quelle année a été marquée par une pluie constante sur la métropole ?
➡ 2021

Quelle ressource est indispensable pour extraire du pétrole ?
➡ L'eau

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00On démarre l'été plutôt assez confiant, sauf qu'on se prend une vague de chaleur ou une canicule
00:05et ça génère une sorte de sécheresse éclair qui va transformer le territoire en l'espace de 15 jours, une
00:12semaine.
00:13Et en fait, à ce moment-là, tu as une chute des rendements agricoles, tu as tous les cours d
00:17'eau qui s'effondrent,
00:19les nappes phréatiques aussi, on bascule dans un système de crise généralisée.
00:24Et là, on ne l'avait pas vu venir.
00:25Et chaque année, on recommence en disant, ça ira mieux l'année prochaine.
00:34On va parler sécheresse, Jean-Marc, ensemble.
00:37Je ne pensais pas prononcer ce mot si tôt après toute la pluie tombée en ce début d'année.
00:42Oui, on a connu 45 jours, si ma mémoire est bonne, de pluie consécutive sur le territoire.
00:46Et, allez, on va dire un peu plus d'un mois derrière,
00:50il commence à y avoir des problèmes de sécheresse superficielle des sols.
00:53On pourrait se dire que quand même, c'est étonnant.
00:56Alors, en fait, malheureusement, c'est la conséquence du fait qu'il a fait assez chaud, globalement.
01:02Il a fait sec, parce qu'après ces 45 jours de pluie consécutive, il a quasiment plu, ou pas beaucoup.
01:08Il y a eu du vent qui assèche la surface.
01:11Et donc, la combinaison de tout ça fait que...
01:13Alors, en profondeur, non.
01:15Ça n'a pas impacté les nappes.
01:17Mais par contre, superficiellement, oui, il commence à y avoir des problèmes de sécheresse.
01:21Et comme c'est l'époque des semis, il y a un certain nombre d'endroits où les semis peuvent
01:26avoir un peu de mal à prendre à cause de ça.
01:28Et du coup, qu'est-ce qu'on fait face à ce constat ? Comment on peut s'adapter ?
01:32Alors, il faut déjà se faire à l'idée que, malheureusement, cette variabilité du climat, elle est inscrite dans le
01:39réchauffement ou le dérèglement.
01:41Je préfère parler de dérèglement climatique.
01:44Parce qu'il est maintenant de mieux en mieux documenté que ce dérèglement augmente, justement, ce qu'on appelle la
01:50variabilité.
01:50C'est-à-dire le fait qu'on passe d'un état à un état très éloigné, très vite, un
01:55peu sans prévenir, comme ça.
01:57Et la disponibilité de l'eau, ça va faire partie des gros sujets dans ce climat qui change.
02:03Alors, cette disponibilité de l'eau, elle va impacter l'agriculture.
02:06Donc, il y a un débat récurrent sur les surfaces irriguées, sur le type de végétal qu'on cultive.
02:13Parce que certains demandent plus ou moins d'eau.
02:15Sur le fait qu'on va peut-être planter des abricotiers en Ile-de-France et des pistachiers dans le
02:21sud-ouest.
02:23Ça pose également la question des réserves et le fameux débat sur les stockages.
02:31Ça pose également la question sur la consommation à l'aval.
02:34On a souvent des débats sur est-ce qu'on a le droit de remplir ces piscines l'été ou
02:37pas, etc.
02:38En fait, il faut quand même rappeler que le gros de la consommation d'eau, c'est l'agriculture.
02:41Et donc, ça pose des questions sur tout un tas de choses qu'il faut idéalement anticiper.
02:46Alors, sur un autre terrain, si on prend le pétrole, on voit bien que si on attend que les ennuis
02:50arrivent, on risque d'être pris un peu de cours.
02:52Il serait souhaitable qu'en ce qui concerne le changement climatique, où là, pour le coup, on n'est pas
02:56pris de cours du tout sur l'évolution.
02:58Parce qu'il y a tout un tas de projections et qu'on voit très bien ce qui va nous
03:01arriver dessus.
03:03On ne tarde pas trop à se mettre en ordre de bataille pour avoir une organisation qui résiste le mieux
03:09possible à ces perturbations qui vont venir.
03:11Sur le risque sécheresse, en fait, on ne l'a pas vu venir et on n'était pas prêt.
03:15On n'était pas prêt parce que derrière, ça fait cinq ans qu'on a des sécheresses historiques.
03:20À chaque fois, c'est différent.
03:22Chaque année, on a beaucoup d'eau l'hiver, voire même des fois des années excédentaires.
03:28Parce qu'on a eu des grandes inondations.
03:29En 2018, on a eu des inondations de la Seine.
03:31Et donc, on démarre l'été plutôt assez confiant, sauf qu'on se prend une vague de chaleur ou une
03:37canicule.
03:38Et ça génère une sorte de sécheresse éclair qui va transformer le territoire en l'espace de 15 jours, une
03:44semaine.
03:45Et en fait, à ce moment-là, tu as une chute des rendements agricoles, tu as tous les cours d
03:50'eau qui s'effondrent, les nappes phréatiques aussi.
03:53On bascule dans un système de crise généralisée.
03:56Et là, on ne l'avait pas vu venir.
03:57Et chaque année, on recommence en disant, ça ira mieux l'année prochaine.
04:01Derrière, on démarre bien parce qu'on a tendance à oublier.
04:04Et je trouve que le plus dangereux, c'est 2021.
04:07Parce que 2021, il a plu sur quasiment toute la métropole.
04:11Pourquoi ? Parce que tu as eu tellement de masses d'air chaude bloquées sur la Scandinavie.
04:17Tu avais un énorme anticyclone.
04:18Et puis, à un moment donné, que le vortex polaire, c'est en fait, si tu veux, à un moment
04:27donné, a généré une goutte froide.
04:28Cette goutte froide, c'est une anomalie thermique très haut dans l'atmosphère qui va générer des dépressions.
04:34On en a eu six de gouttes froides successives, à peu près positionnées sur l'Atlantique vers la Bretagne.
04:38Et donc, en fait, ça a généré l'arrivée d'air froid, qui ont ensuite rencontré l'air chaud de
04:44la mer Méditerranée et l'air de la mer Adriatique.
04:47Et puis, ça a donné quoi ?
04:48Comme la dépression était contrainte de remonter en direction de l'Allemagne et de la Belgique.
04:54Pourquoi ? Parce que bloquée par l'anticyclone de la Scandinavie, ça a donné les inondations qu'on a eues.
04:59Donc, en réalité, qu'on a eues en Belgique et en Allemagne, mais qu'on aurait très bien pu avoir
05:03en France.
05:03Il aurait suffi de décaler le système dépressionnaire pour qu'on vive la même chose.
05:07En fin de compte, on a eu beaucoup de chance.
05:08Et on a eu un été maussade, gris, pluvieux.
05:12Et quand tu regardes juste la zone qui n'était pas dans cette bulle bleue,
05:16tu as l'Aude, l'Hérault, l'Épyrène-Oriental, le Var.
05:19Et là, tu te rends compte que c'est des systèmes qui ont été complètement très secs.
05:23Et surtout, on a eu des villages qu'on alimentait en camions-citernes,
05:27parce qu'il n'y avait plus d'eau dans les villages.
05:29Parce qu'on additionnait quatre années de sécheresse historique.
05:32Et puis, tu as le Var, où il y a eu des feux incontrôlables.
05:36Et donc, ça pose la question du fait que tout cramait tout autour.
05:41Tu as Athènes qui n'arrivait pas à gérer ses feux.
05:43Tu as l'Algérie, pareil, qui a eu des feux ingérables.
05:49Et puis, en même temps, tu vois, la Sicile était à 48,8 degrés.
05:52En fin de compte, tu avais un dôme de chaleur sur l'Espagne.
05:55Tout était chaud, mais la France était dans sa bulle.
05:57Et on a eu un peu l'impression que finalement, en termes de politique de sécheresse,
06:00on va pouvoir prendre le temps, on va monter des comités,
06:04on va faire des rapports, on va essayer d'analyser, d'évoluer.
06:07Mais en fait, on n'a pas compris.
06:08On n'a pas compris parce qu'en fait, il faut réagir tout de suite.
06:11Parce que même si tu plantes un arbre, derrière, dans trois ans, il fera un mètre cinquante maximum.
06:16Mais encore, derrière, ça dépend quel arbre tu plantes.
06:18Et puis, je ne suis pas sûre que cet arbre-là, il puisse tenir avec les nouvelles températures.
06:21Donc, il va falloir faire des tests.
06:22Il y a des choses qui fonctionneront, il y a des choses qui ne fonctionneront pas.
06:25Mais il faut tester partout, massivement.
06:27Et donc, ça pose la question de qu'est-ce qu'on a fait pendant toutes ces années ?
06:31Qu'est-ce qui s'est passé pendant les Trente Glorieuses, dans cette période de l'après-guerre ?
06:36Eh bien, en réalité, on a fait une révolution agricole.
06:39C'était magnifique.
06:41On allait alimenter, on allait croître massivement.
06:45On allait exporter nos savoirs.
06:48Et puis, on a développé un système qui fait qu'aujourd'hui, tu manges du saumon dans ton panini quasiment
06:53tous les jours.
06:54Alors qu'avant, on mangeait du saumon à Noël.
06:57Et pareil pour la viande.
06:59Et en fait, le problème, c'est qu'on a développé un système insoutenable.
07:03Et on s'est appuyé sur quoi ? Sur l'eau.
07:05Sur le pétrole.
07:07Bien sûr, sur le pétrole.
07:08D'ailleurs, pour extraire du pétrole, il faut de l'eau aussi.
07:11Et on a tendance à l'oublier.
07:13Pour le nucléaire aussi, il faut de l'eau.
07:15Pour le nucléaire, c'est une vraie question.
07:17Parce que moi, quand j'ai commencé à voir, ça fait longtemps que je regarde la question du nucléaire,
07:21je suis retombée sur un rapport de l'Académie des sciences d'il y a 15 ans,
07:24qui disait, si jamais l'évolution climatique et le scénario s'avèrent tel que la trajectoire semble vouloir...
07:36Que les névrosés du GIEC sont en train de nous présenter, c'est ça ?
07:38Notamment.
07:39En tous les cas, c'était à l'époque.
07:41Du coup, ils nous disent deux choses.
07:43Ils nous disent, la première chose qu'il va falloir réviser, parce que ce ne sera pas soutenable, c'est
07:47l'irrigation.
07:48Donc, notre système agricole.
07:51Et la deuxième chose, c'est qu'à un moment donné, il y aura un problème avec les centrales nucléaires.
07:55Et pourquoi il y a un problème ?
07:57Parce qu'en fait, il faut choisir entre le fait d'avoir des circuits de refroidissement
08:02qui font ressortir une eau beaucoup plus chaude, qui va atteindre le milieu récepteur,
08:07et toute la biodiversité, la population piscicole, etc., qui se trouve là.
08:11Et le fait de soutenir le principe qu'on a des vagues de chaleur,
08:15et donc il va falloir alimenter en énergie les clims.
08:18Il va falloir choisir.
08:19Je pense qu'on va plutôt choisir les clims que le poisson.
08:22Parce que le poisson, de toutes les façons, ça fait longtemps quand même qu'on ne s'y intéresse pas
08:26trop.
08:26La plupart de nos cours d'eau ont des chutes draciques de toutes les populations piscicoles.
08:31Ça n'a ému personne ces 30 dernières années.
09:10Sous-titrage Société Radio-Canada
09:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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