00:00Un chiffre que vous avez sans doute vu il y a quelques semaines, c'est le grand baromètre Sevipov pour
00:05Le Monde qui teste,
00:06non pas les intentions de vote au jour le jour, on n'est pas dans la course de chevaux, mais
00:10la popularité des différents candidats à l'Elysée.
00:14Si ces personnalités étaient élus président de la République, vous seriez très mécontents, très mécontents, 70% pour Jean-Luc
00:21Mélenchon.
00:21Il fait plus qu'Éric Zemmour, Jordan Bardella, Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe.
00:25Si on ajoute les très mécontents et un peu mécontents, il est à 81%.
00:28Ça veut dire qu'au-delà de son socle, autour de 20%, 20% c'était le score il y
00:33a 4 ans, je ne vais pas dire que tout le monde le déteste,
00:36mais il n'est pas apprécié Jean-Luc Mélenchon.
00:37Ce chiffre-là, qui fait finalement de Jean-Luc Mélenchon un très bon candidat sans doute du premier tour et
00:43un repoussoir au second,
00:45est-ce qu'il ne vous inquiète pas un tout petit peu ?
00:47Non, parce que je n'y crois pas.
00:48Vous, vous appuyez sur des sondages, et je comprends, vous vous appuyez sur des sondages pour dire si telle ou
00:53telle personne serait détestée.
00:55Nous, nous nous appuyons sur des faits.
00:57Et je rappelle que ce qui s'est passé en 2024, alors que 27 sondages sur 27 donnaient l'extrême
01:02droite en tête,
01:03c'est que c'est nous qui sommes arrivés en tête avec un programme de rupture,
01:06qui est un programme notamment qui vient de l'avenir en commun.
01:09Et que ce qui s'est passé en 2024, ce n'était pas il y a 50 ou 60 ans,
01:13ce qui s'est passé il y a deux ans tout pile, c'est que le pays a massivement voté
01:18contre l'extrême droite.
01:26Jean-Luc Mélenchon vient donc de se lancer, de se relancer dans la course à l'Elysée,
01:30ce sera sa quatrième candidature.
01:32Est-ce que ça peut être, pour lui, la bonne candidature ?
01:35Est-ce qu'il peut arriver à l'Elysée ?
01:37Il y a deux choses dans ce que vous dites.
01:39Est-ce que ça peut être la bonne candidature ?
01:41Pour dire les choses comme je les crois,
01:44Jean-Luc Mélenchon n'est jamais meilleur qu'en campagne présidentielle.
01:47Ça donne le sourire à Mathilde Panot qui vous a dit.
01:49Non, mais je ne le dis pas parce qu'elle est là.
01:51Non, non, mais je suis là.
01:53C'est un de mes thèmes.
01:55Je considère que c'est une réalité politique,
01:57donc ce n'est pas la peine de l'esquiver.
01:59En revanche, si vous me dites est-ce qu'il va être élu président de la République,
02:02je vous dis non.
02:03C'est peut-être dommage.
02:04Ça enlève le sourire de Mathilde Panot.
02:05Non, vous allez voir pourquoi j'ai un grand sourire.
02:08C'est peut-être dommage pour une partie des Français,
02:11je ne dis pas le contraire,
02:12mais ça ne me paraît pas dans l'ordre du probable.
02:15Pourquoi ?
02:16Mais parce que ce qu'il incarne avec un talent incontestable
02:21qui par-dessus le marché en période de campagne électorale irradie,
02:27parce qu'il est comme ça,
02:28bon, il est très beau en campagne,
02:31mais il est regardé comme incarnant des solutions,
02:35un style et un type de société.
02:39Ce type de société, c'est l'horizon évidemment,
02:42qui n'est pas celui auquel adhère la majorité des Français.
02:46Il y a une partie des Français qui sont d'accord avec lui.
02:48Il y a une partie spécialement importante chez les jeunes
02:53et chez, disons, ceux qui ont une licence.
02:58Voilà.
03:00Mais ça ne fait pas une majorité du tout.
03:03Mathilde Panot.
03:04Alors déjà, je vous explique, M. Duhamel, pourquoi j'ai le sourire,
03:06au-delà du fait que je suis d'accord avec vous,
03:08que Jean-Luc Mélenchon est excellent en campagne,
03:10et je le crois sera un excellent président,
03:13c'est qu'à l'instant, nous venons d'atteindre,
03:14d'atteindre sur Mélenchon 2027.fr,
03:17les 150 000 signatures citoyennes,
03:20donc parrainage citoyen qui viennent directement de la commission Jospin,
03:23et donc Jean-Luc Mélenchon,
03:24et à cet instant où je vous parle,
03:26officiellement notre candidat à l'élection présidentielle.
03:29Et j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent
03:30à continuer à nous donner de la force
03:32et à avoir une dynamique en allant continuer
03:34de soutenir cette candidature sur Mélenchon 2027.fr,
03:37et à venir au meeting,
03:39qui sera notre premier grand meeting,
03:41le 7 juin à Saint-Denis.
03:42Donc ça, c'est la première chose qui me donne le sourire.
03:45Ça, c'est le premier point.
03:47Ensuite, la deuxième chose, M. Duhamel,
03:49c'est que nous avons retrouvé avec Jean-Luc Mélenchon
03:52un article qui peut-être va vous faire sourire.
03:55Alors, c'est un article qui date d'avant l'élection de 1981
03:58sur François Mitterrand,
03:59qui dit, par exemple,
04:01je cite une des choses qu'il y a dans cet article.
04:03« Comment bien figurer dans une élection aussi personnalisée
04:06que la présidentielle,
04:07en partant avec un tel handicap,
04:09en parlant de la personnalité de François Mitterrand,
04:13qui, selon cet article,
04:15s'accroche à sa candidature,
04:16ne peut pas gagner,
04:18est une sorte de candidature usée,
04:19et vous le savez,
04:20eh bien, François Mitterrand a gagné ensuite l'élection présidentielle.
04:23J'ai remarqué.
04:24Donc, je le dis parce qu'il y a,
04:26à chaque fois que la gauche de rupture peut arriver au pouvoir,
04:29il y a une forme de barrage qui se crée
04:31en nous expliquant qu'il serait absolument impossible de le faire.
04:35Je rappelle qu'en 2022,
04:37un an avant l'élection présidentielle,
04:39Jean-Luc Mélenchon était sondé à 20 points de l'extrême-droite.
04:42Et qu'à la fin,
04:43il y a eu seulement un point d'écart entre Jean-Luc Mélenchon et l'extrême-droite
04:46et nous avons raté le second tour de l'élection présidentielle à 420 000 voix.
04:49– Je voudrais en donner juste un.
04:50Je vous ai fait avec attention, Mathilde Panot.
04:52Un chiffre que vous avez sans doute vu,
04:54il y a quelques semaines,
04:56c'est le grand baromètre Sevipov pour Le Monde,
04:58qui teste,
04:59non pas les intentions de vote au jour le jour,
05:01on n'est pas dans la course de chevaux,
05:02mais la popularité des différents candidats à l'Élysée.
05:06Si ses personnalités étaient élus président de la République,
05:09vous seriez très mécontents.
05:11Très mécontents.
05:1270% pour Jean-Luc Mélenchon.
05:14Il fait plus qu'Éric Zemmour,
05:16Jordan Bardella,
05:16Raphaël Glucksmann,
05:17Édouard Philippe.
05:18Si on ajoute les très mécontents et un peu mécontents,
05:20il est à 81%.
05:21Ça veut dire qu'au-delà de son socle,
05:23autour de 20%,
05:2420% c'était le score il y a 4 ans,
05:27je ne vais pas dire que tout le monde le déteste,
05:28mais il n'est pas apprécié Jean-Luc Mélenchon.
05:30Ce chiffre-là,
05:32qui fait finalement de Jean-Luc Mélenchon
05:33un très bon candidat sans doute du premier tour,
05:36et un repoussoir au second,
05:38est-ce qu'il ne vous inquiète pas un tout petit peu ?
05:39– Non, parce que je n'y crois pas.
05:41Je vais vous dire,
05:42d'abord sur le repoussoir quand même,
05:43je tiens à faire le parallèle,
05:45les 150 000 parrainages citoyens,
05:47nous les demandons à chaque élection,
05:48parce que nous considérons qu'il ne faut pas demander
05:50aux maires de parrainer ou de marrainer,
05:53en tout cas qu'on devra un complément de cela,
05:55puisque souvent les maires ne le demandent pas,
05:57qu'on puisse avoir une procédure de parrainage
06:00justement par 150 000 parrainages citoyens.
06:02Vous savez en combien de temps,
06:03la dernière fois pour l'élection présidentielle de 2022,
06:06nous avons eu ces 150 000 parrainages citoyens ?
06:07– Mais ça c'est entre guillemets,
06:08c'est le fan club, c'est normal.
06:10– Cette fois-ci, c'est en moins de 24 heures.
06:11Oui, mais ça montre une certaine dynamique
06:12qui moi me fait plaisir.
06:13Ensuite, la deuxième chose, M. Fauvel,
06:15pour répondre directement à ce que vous disiez,
06:17c'est que vous, vous appuyez sur des sondages,
06:19et je comprends, vous vous appuyez sur des sondages
06:21pour dire si telle ou telle personne serait détestée.
06:24Nous, nous nous appuyons sur des faits.
06:26Et je rappelle que ce qui s'est passé en 2024,
06:29alors que 27 sondages sur 27
06:31donnaient l'extrême droite en tête,
06:32c'est que c'est nous qui sommes arrivés en tête
06:34avec un programme de rupture,
06:36qui est un programme notamment
06:37qui vient de l'avenir en commun.
06:39Et que ce qui s'est passé en 2024,
06:41ce n'était pas il y a 50 ou 60 ans,
06:43ce qui s'est passé il y a deux ans tout pile,
06:45c'est que le pays a massivement voté
06:47contre l'extrême droite
06:49pour faire barrage à l'extrême droite.
06:51Donc nous expliquer maintenant
06:52que Jean-Luc Mélenchon serait l'homme le plus détesté
06:54qui est une petite musique qu'on entend
06:56avant toutes les élections,
06:57eh bien ne correspond pas aux faits que nous voyons.
06:59Et moi, je crois qu'au contraire,
07:01il y a une envie dans ce pays,
07:02un espoir dans ce pays
07:03que le pays ne soit pas scindé en deux
07:05à la fois par le racisme
07:06et par les inégalités qui ne cessent d'augmenter.
07:08Est-ce que vous êtes d'accord ?
07:10Non, je ne vois pas les choses comme ça.
07:14Je sais bien que Jean-Luc Mélenchon a,
07:18je ne dirais pas son fan club,
07:21mais une base électorale importante.
07:24Je sais bien qu'en période électorale,
07:27il a une capacité à élargir cette base
07:30plus que d'autres.
07:31Et c'est vrai que quand on reprend,
07:33comme je l'ai fait toute ma vie,
07:37l'évolution des courbes d'intention de vote
07:39pour arriver au vote réel,
07:41c'est vrai qu'en cours de campagne,
07:43il gagne proportionnellement plus que les autres.
07:46Ça, c'est un fait.
07:47Donc je ne sous-estime pas du tout
07:51les capacités de Jean-Luc Mélenchon en campagne.
07:53Je suis persuadé qu'il sait faire des bonnes campagnes
07:56et qu'il se renforce pendant les campagnes,
07:58même s'il fait peur
08:00ou s'il est considéré comme l'abomination de la désolation
08:04par une majorité de Français,
08:06il n'empêche, il est bon en campagne.
08:08Est-ce qu'il pourrait gagner au second tour pour vous
08:10face à Marine Le Pen ou face à Jordan Bardella ?
08:13Je crains que non.
08:15Pour quelles raisons ?
08:17Je pense qu'il y a plus de gens
08:20qui ne sont favorables
08:23ni à Jean-Luc Mélenchon
08:25ni à, mettons, Bardella.
08:28Je pense que
08:31les deux suscitent des oppositions très fortes,
08:34mais je pense que ceux qui, au premier tour,
08:36ne voteraient ni pour l'un ni pour l'autre
08:38seront plus nombreux.
08:40S'il y a une hypothèse de Jean-Luc Mélenchon
08:42à voter Bardella,
08:43même si ça n'est pas de gaieté de cœur.
08:45Mais, quand j'ai dit ça,
08:49c'est comme ça que je vois les choses.
08:51Mais je reconnais que, comme toujours,
08:53à presque un an de l'élection,
08:55un peu moins maintenant,
08:58les sondages ne sont pas du tout
09:00des intentions de vote réelles,
09:03et que donc, ce qu'on dit,
09:04on doit le dire en n'ayant pas le sentiment
09:07d'avoir des certitudes.
09:09Mais je pense que Jean-Luc Mélenchon
09:11progressera pendant l'élection.
09:14Je ne pense pas qu'il la gagnera.
09:16Bon, mais je me trompe peut-être.
09:19Alors, M. Duhamel,
09:21pour prendre un peu de large,
09:23quand vous regardez, par exemple,
09:24les élections qui ont eu lieu aux Etats-Unis,
09:26pourquoi, à votre avis,
09:27Kamala Harris a perdu contre Donald Trump
09:29et pourquoi l'extrême droite suprémaciste
09:31a-t-elle gagné aux Etats-Unis ?
09:33Pourtant, il y avait une candidate
09:34qui était extrêmement, on va dire ça,
09:37centriste, comme on pouvait le dire,
09:39et qui, en fait, a échoué à modérer
09:41et qui a échoué à mobiliser les gens suffisamment
09:45pour pouvoir battre l'extrême droite.
09:47Nous ne sommes pas tellement sur Donald Trump
09:48qui a accumulé tellement de voix qu'il a gagnées,
09:51nous sommes sur une candidate démocrate
09:53qui s'est, au contraire, effondrée
09:54sur le nombre de voix qu'elle aurait dû recueillir.
09:56Je pense que Kamala Harris était une femme
09:58extrêmement honorable,
10:00qui était d'ailleurs d'un bon niveau,
10:01mais que la campagne classique
10:04qu'elle a faite face à Trump,
10:08qui n'est pas forcément du même niveau intellectuel,
10:10mais qui a des capacités en campagne
10:12qui sont hors du commun,
10:15ont inversé ce qui aurait pu se produire.
10:18D'ailleurs, elle a perdu,
10:21elle avait démarré à un assez bon niveau.
10:23Kamala Harris,
10:24elle a perdu progressivement pendant la campagne,
10:27et Trump, qui était considéré
10:29comme quand même déjà,
10:32déjà, puisqu'il avait déjà été candidat,
10:35comme un agité,
10:37il n'empêche qu'il a nettement progressé
10:39pendant la campagne.
10:39En fait, ce que je voulais vous dire par là,
10:42c'est que quand vous regardez, par exemple,
10:43l'exemple italien, l'exemple étatsunien,
10:46eh bien, on voit que quand vous avez un candidat
10:47qui est modéré, comme on dit,
10:49en fait, vous n'avez pas le phénomène,
10:51justement, de dynamique et de force
10:53que nous, nous arrivons à faire dans les urnes.
10:55Et je vais vous dire, M. Duhamel,
10:56et ça, vous le savez,
10:58le moment, s'il arrive,
10:59où il y a un second tour
11:01entre la France insoumise,
11:03la gauche de rupture et l'extrême droite,
11:05sera aussi un moment
11:06où chacun et chacune devra choisir son camp.
11:08Et je crois que vous le savez,
11:10et que celles et ceux qui se diront
11:13que face à l'extrême droite,
11:15parce que Jean-Luc Mélenchon,
11:16parfois, parle fort,
11:18ou je ne sais quoi,
11:19choisiront soit de ne pas aller voter,
11:21soit d'aller voter pour l'extrême droite,
11:23porteront une lourde responsabilité.
11:25Je le dis parce que, par exemple,
11:26dans les sondages que vous prenez pour expliquer
11:28que Jean-Luc Mélenchon serait battu par l'ERN,
11:31il se trouve que dans son sondage,
11:32quand on regarde le détail,
11:33il y aurait 25% des socialistes
11:35qui voteraient pour la candidature
11:37de Jordan Bardella, en l'occurrence,
11:39face à Jean-Luc Mélenchon.
11:40Je ne le crois pas une seule seconde.
11:42Je ne le crois pas une seule seconde.
11:43Et c'est complètement antinomique
11:45par rapport à ce qui s'est passé en 2024.
11:47Nous réussirons à battre l'extrême droite
11:49dans ce pays si tout le monde va aux urnes,
11:50notamment parce qu'entre 2022 et 2027,
11:53il y a 4,2 millions de jeunes
11:55qui ont atteint l'âge de la majorité
11:57et qui ne vont pas voter.
11:59Deux mots de conclusion, Alain.
12:00Et ça signifie que les deux seraient
12:03l'un comme l'autre en finale
12:06et ça n'est pas mon pronostic ?
12:09Eh bien, nous verrons.
12:10Mais je vous dis, M. Duhamel,
12:12il n'existe de France que ce que nous en faisons.
12:14Et le futur n'existe pas,
12:15c'est ce que nous créerons.
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