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Philippe Pascot, administrateur d'Anticor et auteur de renom, et Fabrice Arfi, journaliste d'investigation chez Médiapart, notamment connu pour ses enquêtes par rapport aux affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy nous démontrent ici l'évolution de la corruption dans le pays. Quand est-ce que l'on comprendra que c'est pas un problème de personnes, mais de système ? La soupe est bonne comme dirait Pascot.

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Sources
Arfi https://www.youtube.com/watch?v=YtVJ-qeEfUY
pascot https://www.youtube.com/watch?v=yz6jjJ61sdE
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

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Quelle a été l'évolution des atteintes à la probité en 2017 et 2022 ?
+26%.

En 2018, combien de ministres macronistes avait déjà eu affaire à la justice ?
21.

Combien de députés macronistes ne sont pas venus du tout à l'Assemblée nationale en 2017 ?
87.

#pascot #arfi #politique #corruption #anticor #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Les atteintes à la probité, donc c'est plus que la corruption, entre 2017 et 2022, elles ont augmenté de
00:0526% les infractions constatées.
00:08Je veux dire, il y aurait 26% de plus d'accidents de la route, il y aurait un plan
00:11national de lutte contre l'insécurité routière.
00:13Et le gouvernement s'en emparait. Bon, en fait, il ne se passe rien, le gouvernement regarde ailleurs de ce
00:18point de vue-là.
00:25Je me suis rendu compte, il n'y a pas longtemps, d'un truc de fou en France qui ne
00:30frappe pas les gens.
00:31Nous sommes le seul pays au monde, au monde, on the world, à avoir deux présidents de la République qui
00:42ont été condamnés par la justice
00:44et à avoir deux premiers ministres qui ont été condamnés par la justice.
00:50Ça me pose question quand même. Et on est le seul pays au monde à avoir deux gardes d'essos
00:54qui ont été en mis d'examen pour escroquerie et autres babioles.
01:00Ça pose quand même question par rapport à l'éthique de nos gouvernants.
01:03Je le rappelle quand même, et je le mets dans le bouquin, preuve à l'appui, qu'en 2018...
01:08Ça va, 2018, c'est pas trop loin ? Tu sais, c'est juste après mai 2017.
01:14C'est le juge de 2018.
01:14Oui, je connais bien. Il y a un mec qui a été élu, comment il s'appelait ? Un petit
01:19jeune qui couchait avec une petite vieille.
01:22Macron. Je cherche son nom à chaque fois, c'est dingue.
01:25Donc il y a un type qui s'appelle Macron...
01:2625 ans d'écart dans le couple.
01:28Il y a un type qui s'appelle Macron, qui avait été élu en mai 2017 pour changer la politique
01:33en France.
01:34Moi, je me rappelle de ses slogans.
01:35On va se débarrasser de tous les politicards, la vieille politique c'est de la daube, on met tout ça
01:40à la poubelle.
01:40Tout va changer, votez pour nous, ça va aller mieux, vous inquiétez pas.
01:44Et toi, tu dis oui, tout a changé.
01:45Ah bah c'est clair, tout a changé.
01:46En 2018...
01:47En pire.
01:49En 2018. Et encore une fois, ce que je dis est factuel.
01:52En 2018, 21 ministres du gouvernement Macron avaient déjà eu affaire à la justice ou au fisc.
02:0121 ministres.
02:02Pour quelqu'un qui voulait changer les choses, je trouve qu'il fait quand même assez fort.
02:06Et bien, il faut que les gens le sachent.
02:08Parce que ce qu'on nous a vendu, en fin de compte, c'est à l'heure.
02:11Ce qu'on nous a vendu, c'est un mensonge et honté.
02:13Et j'ai eu les preuves, et je l'ai mis dans mes bouquins, 87 députés macronistes,
02:17dans le premier gouverneur Macron, ne sont pas venus à l'Assemblée nationale pendant un an et demi.
02:23C'est-à-dire que les mecs...
02:24Élus.
02:25Ah oui, oui. Par contre, ils ont touché leur salaire.
02:27Pardon, leur indemnité.
02:29C'est pas des salaires.
02:31Ça va, toi, si tu ne vas pas bosser à l'usine, qu'est-ce qui se passe ?
02:33Ton patron, il te paye quand même ?
02:35Toi, si tu es secrétaire dans une mairie, tu ne vas pas taper tes rapports,
02:39le maire, il te paye quand même ?
02:41Et bien, eux, ils ne se sont pas pointés pendant un an et demi à l'Assemblée nationale.
02:45Et quand je dis pas pointés, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas venus.
02:48Les lois, ils n'ont pas voté.
02:50Le travail, ils ne l'ont pas fait.
02:51Ils te disent ce qu'ils l'ont fait.
02:53Ils te disent qu'ils étaient en commission.
02:54Ils te disent qu'ils étaient sur leur département.
02:56Mais attends, tu n'es pas payé pour ça, mon bonhomme.
02:59Est-ce qu'un maître d'école peut dire...
03:02Moi, je suis trop de boulot.
03:04En fin de compte, je fais des devoirs à la maison, je n'ai pas besoin d'aller en classe.
03:07Et bien, eux, c'est ce qu'ils font.
03:09Je le mets dans le bouquin.
03:10J'ai des lois qui ont été votées avec 20 députés.
03:13Des lois importantes.
03:15Des lois qui obèrent notre vie pour les 20 ans à venir.
03:19Ce n'est pas la petite loi de plantation de plantes dans un jardin.
03:23Ce sont des lois sur la sécurité sociale.
03:25Ce sont des lois sur notre vie future pendant 20 ans.
03:2720 députés.
03:2920 sur 577.
03:31Mais ça, on entend ça depuis...
03:33Je suis un peu moins d'expérience de la vie que toi.
03:37On a commencé à se tutoyer.
03:38On peut se tutoyer.
03:39Moi, je tutoie toujours.
03:41Voilà.
03:41J'ai l'âge.
03:42De toute manière, il n'y a pas de problème sur le respect là-dessus.
03:47Mais sur la partie, les députés ne viennent pas.
03:49On entend ça depuis...
03:51J'ai toujours entendu ça.
03:52Les députés ne viennent pas.
03:53À l'époque, on disait David Douillet ou n'importe qui.
03:55Il y en a plein qui...
03:56Et encore lui, parce qu'il était célèbre.
03:59Pourquoi on ne fait rien sur une loi comme ça ?
04:01Est-ce que ça devrait être la base de...
04:02Parce que c'est eux qui font les lois.
04:04C'est eux qui font les règlements.
04:06J'ai un hyper copain qui a écrit des bouquins,
04:08qui s'appelle Yvan Stefanovitch,
04:10qui lui aussi écrit des bouquins sur les élus et sur le Sénat.
04:14Il a réussi à prouver, entre guillemets,
04:16que les sénateurs ne venaient pas sur certaines séances.
04:19Du coup, M. Gérard Larcher,
04:21c'est le nom de tout à l'heure que je n'ai pas donné exprès,
04:23M. Gérard Larcher a institué dans le règlement
04:26que si les sénateurs ne viennent pas,
04:29on leur retirait un quart de leur indemnité,
04:31dixième, enfin, il y a tout un barème,
04:33qu'ils viennent ou viennent pas.
04:34Sauf que...
04:35Il ne l'applique pas.
04:38Ah si, j'ai oublié.
04:39Parce que M. Gérard Larcher, quand même, il est futé.
04:41Donc, si tu envoies un petit mot d'excuse,
04:45comme quoi tu es malade, etc.,
04:47on ne te retire pas en indemnité.
04:50Donc, Yvan, qui est un type
04:52mille fois plus rigoureux que moi,
04:54a creusé,
04:55et il s'est aperçu qu'un jour,
04:56M. le sénateur, président Gérard Larcher,
05:00n'était pas venu au Sénat
05:02parce qu'il était malade.
05:04Ça arrive, hein.
05:05T'as le droit.
05:06Donc, il avait envoyé un certificat médical, hein.
05:08Et je ne sais pas pourquoi,
05:09le même jour où on a vérifié,
05:11il était en train de voter
05:13des trucs en séance à Rambouillet.
05:16J'ai du mal à comprendre.
05:17Parce que même quand ils fournissent
05:18un interfé médical et qu'on s'appelera que c'est faux,
05:20ils ne sont pas.
05:21Et on n'a jamais...
05:22Ils ne sont pas contrôlés.
05:23Et on n'a jamais pu savoir
05:26quels sénateurs venaient,
05:27quels sénateurs ne venaient pas,
05:28à qui ils avaient retiré des indemnités.
05:30Donc, même s'ils posent ça,
05:31c'est eux qui font la loi,
05:32c'est eux qui décident.
05:33Donc, le problème,
05:34c'est qu'on n'arrive pas à contrôler.
05:36Le déontologue.
05:37C'est qu'il y a des progrès.
05:38On s'est battu pour l'IRFM,
05:39indemnité représentative de frais de mandat.
05:41Maintenant, ça s'appelle
05:42l'avance sur frais de mandat, AFM.
05:45C'est une grosse galéjade.
05:48Ces gens-là se couvrent les uns les autres.
05:49Ils ont changé les choses
05:50parce que ça se voyait trop
05:51et parce que quelque part,
05:53dans la presse,
05:53on a réussi à faire paraître
05:54il y a encore des journaux
05:56comme les vôtres
05:56qui arrivent à dire des vérités
05:58sans être contrôlés
05:59par un parti politique
06:00ou par un organisme économique.
06:03Mais en fin de compte,
06:04ça ne servit à rien.
06:05Parce que le déontologue
06:07de l'Assemblée nationale
06:08ne peut contrôler les députés
06:10qu'une fois par mandat.
06:13Une fois que le mec
06:14a été contrôlé une fois,
06:17il est sûr de ne pas être contrôlé
06:19le reste de son mandat.
06:20Donc aujourd'hui,
06:21ils se battent tous
06:22pour être contrôlés
06:23dans la première année.
06:24Je le mets dans le bouquin.
06:25Il y a quand même encore
06:25des sénateurs et des députés
06:27aujourd'hui
06:27qui se font rembourser
06:28trois fois leurs notes de restaurant.
06:31Trois fois.
06:32Alors qu'ils ont des frais
06:33de représentation.
06:35Il y a un moment donné
06:35à faire que ça s'arrête.
06:36Toi, tu es dans une entreprise.
06:38Toi, tu es journaliste.
06:39Comme là.
06:40Quand tu vas au restaurant,
06:42c'est toi qui avances l'argent
06:43et tu es obligé
06:44de mettre derrière ton ticket
06:45avec qui tu déjeunais
06:47et pourquoi tu déjeunais.
06:48Parce que sinon,
06:49tu peux être mis en examen
06:49pour abus de pouvoir
06:51et abus de biens sociaux.
06:52Surtout les médias indépendants,
06:53on est souvent
06:55plus contrôlés que d'autres.
06:56Eh bien, les députés,
06:57non, ils peuvent aller au restaurant.
06:58Ils n'ont pas besoin de le mettre.
06:59Ils ne mettent rien du tout.
07:00Ils dépensent notre argent.
07:01Et en plus,
07:01ils font des duplicates
07:02en trois exemplaires
07:03pour se les rembourser.
07:03Et ça, du coup,
07:05Claire Régard et François Liberton,
07:06c'est des professeurs
07:07de sciences politiques
07:08qui disent
07:08ça, ça n'est pas normal.
07:09En Suisse, par exemple,
07:10on contrôle avec qui on déjeune.
07:11Parce que du coup,
07:12là, ça veut dire
07:12que les députés
07:13peuvent déjeuner
07:14avec, par exemple,
07:15des représentants
07:15de grandes entreprises
07:18qui vont ensuite
07:19les influencer
07:20pour faire passer des lois
07:21sur le glyphosate
07:22ou que sais-je.
07:23Et en fait,
07:24on ne sait pas
07:24combien de rendez-vous
07:26de ce type ils ont.
07:27Non, il n'y a aucun contrôle.
07:28Et c'est un gros problème
07:29en France.
07:29C'est dingue.
07:30Et en plus,
07:31encore une fois,
07:32on voulait,
07:33quand on a essayé
07:33de faire changer la loi
07:34avec Hervé Le Breton
07:35et un autre monsieur
07:37du côté de Grenoble,
07:38qu'ils avancent l'argent
07:40et qu'on leur rembourse.
07:41Eh bien non.
07:42On leur donne l'argent
07:44sur un compte spécial.
07:46Et c'est pour ça
07:46que, par exemple,
07:47il y a un député
07:48qui se payait
07:49de la drogue sans problème
07:50puisqu'il avait une carte.
07:51Une carte au distributeur
07:53et sortait de l'argent liquide
07:54et il se payait
07:55sa petite grove.
07:55C'est pour ça
07:56qu'on a gaulé...
07:57En cash, du coup.
07:58Oui, en cash.
07:59On en a gaulé un,
08:00il est dans le bouquin,
08:01qui a détourné
08:01plus de 100 000 euros
08:02de frais de restauration
08:04et 186 000 euros
08:05en liquide.
08:06Donc, il faudrait empêcher
08:07que les députés
08:08puissent retirer en cash
08:09de l'argent.
08:10Non, non, non.
08:11Mais il faudrait simplement
08:12que ça soit leur argent
08:13et que si il y a
08:14des justificatifs,
08:15on les rembourse.
08:16Comme dans n'importe
08:17quelle entreprise.
08:19Mais là, c'est là
08:20où on marche sur la tête.
08:22Je vais donner un autre exemple
08:22que personne ne se rend compte.
08:25Personne.
08:26Aujourd'hui,
08:27dans n'importe quoi
08:28en France,
08:29quand tu fais tes comptes,
08:31ils doivent être équilibrés.
08:35C'est la loi.
08:37Budget personnel,
08:39budget de l'entreprise,
08:40associations,
08:41grosses boîtes,
08:43le budget doit être équilibré.
08:47Le seul truc
08:48où ce n'est pas équilibré,
08:49c'est l'État.
08:50Ah oui, complètement.
08:513 milliards,
08:53300,
08:543 000,
08:55300 milliards.
08:56Oui, voilà.
08:57C'est le seul endroit
08:59où le budget
09:00n'a pas à être équilibré.
09:02Expliquez-moi.
09:03Et on s'en félicite.
09:05Et donc,
09:05c'est des gens
09:06qui nous expliquent
09:07que notre budget
09:09doit être hyper équilibré.
09:10On n'a pas le droit
09:11d'avoir un budget en déficit.
09:13Et eux,
09:14c'est les premiers
09:15à être en déficit.
09:16Il y a un moment donné,
09:17il va falloir que ça change.
09:18Parce que le déficit,
09:19en plus,
09:20il faut que les gens le sachent.
09:21C'est ton pognon.
09:22C'est mon pognon.
09:24C'est même pas le leur.
09:26Et ça représente
09:27que tu habites
09:28dans un pays
09:28qui n'est pas capable
09:29de rembourser.
09:31Mais ils vivent sur...
09:32Ça s'appelle
09:33vivre sur le dos de la bête.
09:34D'ailleurs,
09:35ce qui est assez intéressant,
09:36c'est...
09:36Et c'est pas nous
09:36qui vivons sur le dos de la bête.
09:38C'est eux.
09:39À quel point la France
09:39est un pays corrompu, en fait ?
09:41Parce qu'on se croit
09:42dans une démocratie
09:43qui fonctionne relativement bien.
09:44On peut imaginer, en tout cas,
09:45qu'on a un système
09:47à peu près sain
09:48par rapport à d'autres pays,
09:50ne serait-ce qu'européens.
09:51Mais en fait,
09:52ce que montrent
09:52de plus en plus de travaux,
09:53c'est que la France
09:54est un pays
09:54de plus en plus corrompu.
09:55C'est pas qu'un sentiment.
09:57Comment est-ce que tu peux
09:59dresser un portrait
10:00de la corruption en France
10:01aujourd'hui ?
10:01En fait,
10:03il y a une phrase
10:04de Charles Péguy
10:04que j'aime beaucoup,
10:05qu'il avait écrite
10:06au début du XXe siècle
10:08dans Notre Jeunesse.
10:09Il dit...
10:10C'est une phrase
10:10très journalistique.
10:12Une sorte de mantra
10:13qui pourrait être
10:13celui du journaliste
10:14qui dit
10:14il faut dire ce qu'on voit
10:16et il faut,
10:16mais c'est nettement plus difficile,
10:18voir ce qu'on voit.
10:19Et donc, c'est vrai
10:20qu'il y a parfois
10:21un aveuglement
10:22collectif, politique,
10:24médiatique,
10:25de ne pas voir
10:26la réalité
10:27de la corruption,
10:28des atteintes
10:28à la probité en France.
10:29Alors, pour répondre
10:30à ta question,
10:31en fait,
10:31on a des indicateurs.
10:33Il y a un service
10:34de statistique
10:35au ministère de l'Intérieur,
10:36qui a un super service
10:37de statistique
10:38qui rend des rapports
10:39assez régulièrement
10:39et qui en a rendu
10:40ces dernières années
10:41sur l'explosion
10:42de la corruption en France
10:44qui a été multipliée
10:45par deux
10:46ces dernières années.
10:47Les atteintes
10:48à la probité,
10:48donc c'est plus
10:49que la corruption
10:49entre 2017 et 2022,
10:52elles ont augmenté
10:53de 26%
10:54les infractions
10:55constatées.
10:55Je veux dire,
10:56il y aurait 26%
10:57de plus d'accidents
10:58de la route,
10:58il y aurait un plan national
10:59de lutte contre
11:00l'insécurité routière.
11:01Et le gouvernement
11:02s'en emparait.
11:02Bon, en fait,
11:03il ne se passe rien,
11:04le gouvernement regarde
11:05ailleurs de ce point de vue-là.
11:06c'est si vrai,
11:07deuxième indicateur factuel,
11:09que la Cour des Comptes,
11:10ce n'est pas un repère
11:13de Bolchevique,
11:14la Cour des Comptes
11:15a mené une longue enquête
11:17sur la lutte
11:18contre la corruption
11:19en France,
11:20a rendu un rapport
11:21en décembre dernier
11:22qui est très dur
11:24contre l'absence
11:25de volonté politique,
11:27qui n'est pas de droite
11:28ou de gauche,
11:28de mettre à l'agenda public
11:30ces questions-là.
11:32Et pour complètement
11:34répondre à ta question,
11:36on peut regarder
11:37le panorama français
11:39de deux manières.
11:40Et je pense qu'il faut
11:41le regarder
11:41des deux manières.
11:43La première manière,
11:44c'est le verre
11:45à moitié plein.
11:46On a quand même
11:48des policiers
11:49anticorruption,
11:50alors qu'ils ont
11:50peu de moyens,
11:52des magistrats
11:52qui s'en prennent
11:53plein la poire
11:54toute la journée,
11:55des procureurs,
11:56des juges,
11:56qui font leur travail.
11:57Alors les délais
11:58sont longs,
11:59la pédagogie
12:00des jugements
12:01est parfois difficile,
12:02l'institution judiciaire
12:03a peut-être
12:04un énorme travail
12:05à faire
12:05sur expliquer
12:06les jugements
12:08à l'opinion publique,
12:09de ne pas déléguer ça
12:10à quelques journalistes
12:11qui étaient présents
12:12dans la salle d'audience.
12:14Mais quand même,
12:14ils font leur travail
12:16de manière indépendante
12:17et courageuse.
12:18Et puis il y a une façon
12:19de voir le verre
12:21à moitié vide
12:22de mon point de vue,
12:24c'est que si on fait
12:24une photographie française,
12:26quand on est citoyenne
12:27et citoyen de ce pays,
12:29on a eu un président
12:30de la République
12:30condamné pour atteinte
12:31à la probité,
12:32définitivement,
12:32Jacques Chirac,
12:33son premier ministre,
12:34Alain Juppé,
12:35condamné définitivement
12:36pour atteinte
12:36à la probité,
12:38le successeur de Jacques Chirac,
12:39Nicolas Sarkozy,
12:41multicondamné,
12:41là c'est le carnaval
12:42des condamnations,
12:43et le premier ministre
12:44de celui-ci,
12:44François Fillon,
12:45définitivement condamné
12:46pour une atteinte
12:47à la probité.
12:47Ça veut dire
12:48deux chefs d'État,
12:49deux chefs de gouvernement.
12:51Il se trouve
12:52que ce sont des gens
12:53de droite.
12:54Si on avait
12:55la bêtise statistique
12:56d'un Éric Zemmour,
12:57on dirait
12:57la droite
12:58égale la corruption.
12:59Non,
13:00parce qu'on pourrait
13:00aller chercher
13:00à gauche,
13:01et la gauche
13:02n'a pas le monopole
13:03de la morale publique.
13:04Tu connais bien
13:04Jérôme Cahuzac.
13:05Voilà,
13:05Jérôme Cahuzac,
13:06ministre du budget,
13:06socialiste,
13:07c'était en fait
13:07un fraudeur fiscal.
13:09On pourrait parler
13:09de M. Guérini
13:10dans le sud,
13:11M. Cucheda
13:12dans le nord,
13:13des socialistes,
13:14y compris,
13:15alors ils sont toujours
13:16présumés innocents,
13:17mais il y a des enquêtes
13:17en cours
13:18sur des responsables
13:19de la France insoumise.
13:20Donc,
13:21moi,
13:21je n'ai pas une vision
13:22du tout,
13:23comment dire,
13:24partisane
13:25de ces questions-là.
13:26Et je ne crois pas
13:26que la gauche
13:27a la main
13:29sur la morale publique.
13:30Ce n'est pas là
13:31que ça se joue.
13:32Mais quand même,
13:33deux chefs d'État,
13:34deux chefs de gouvernement
13:35condamnés,
13:36quelle leçon on en tire ?
13:37Et bien,
13:38collectivement,
13:38on en tire
13:39dans le débat public.
13:40Si vraiment,
13:41notre esprit
13:42n'était que
13:44à regarder la télévision,
13:45à se dire,
13:46mais est-ce qu'il ne faudrait
13:47pas supprimer
13:48le parquet national financier ?
13:49Est-ce que les juges
13:50sont un peu rouges ?
13:50Et là,
13:51on se dit,
13:51on vit dans un monde
13:52mais complètement dingue.
13:54C'est-à-dire que
13:56quand des policiers
13:58chopent,
13:58je ne sais pas moi,
13:5920 kilos de cocaïne,
14:01il n'y a pas un débat
14:01à la télé
14:02sur faut-il supprimer
14:03la brigade des stups ?
14:04Alors pourquoi
14:05quand des délinquants
14:06fustiles en col blanc
14:07sont confondus
14:08par des enquêtes
14:09de justice,
14:10le débat public,
14:10c'est les juges
14:11sont-ils militants ?
14:12La justice est-elle politique ?
14:13Faut-il supprimer
14:16le parquet national financier ?
14:17Ça correspond à casser
14:18le thermomètre
14:18quand il fait trop chaud.
14:20Exactement.
14:21Les juges,
14:22les journalistes.
14:23C'est exactement ça.
14:24Pour que la délinquance
14:25en col blanc
14:26puisse prospérer,
14:28il faut pouvoir
14:28détruire le réel.
14:29Il faut pouvoir
14:30détruire les mots,
14:31effacer les faits
14:32et créer un monde
14:34parallèle dans lequel
14:35ils se sentent confortables.
14:36Et bon,
14:37que des gens agissent
14:38comme des parrains
14:39à l'œuvre
14:41qui ont été pris
14:42dans les raies
14:43de la justice,
14:44c'est une chose.
14:44Et il y a une forme
14:45de rationalité à ça.
14:46Des délinquants se défendent
14:47comme des délinquants.
14:48Très bien.
14:48mais qu'une partie
14:50de l'espace médiatique
14:52deviennent
14:52l'espèce d'otage
14:53consentant
14:54de cela.
14:56Moi, c'est vrai
14:56que là,
14:57je vois quelque chose
14:58où on a un peu
14:59l'impression
15:00que le sol
15:01se dérobe
15:02sous nos pieds.
15:03Je veux dire,
15:03si des juges
15:04condamnent un boucher
15:05qui commet un délit,
15:06il n'y a pas un débat
15:07à la télé pour dire
15:08est-ce qu'il ne serait pas
15:08vegan, le juge ?
15:09Si on condamne,
15:12je ne sais pas moi,
15:13un chauffeur de bus
15:15qui fait n'importe quoi,
15:15on dit mais en fait,
15:16le juge est aux mains
15:19du lobby automobile.
15:20Si vous poursuivez
15:21un commissaire priseur
15:22qui détourne des œuvres d'art,
15:23il n'y aura pas de débat
15:24sur BFM pour savoir
15:25si les juges détestent
15:26la peinture.
15:28Mais en fait,
15:29c'est pour ça que moi,
15:30j'ai un petit tips
15:30par rapport aux affaires
15:32d'atteinte à la probité.
15:33Il faut toujours,
15:34quand on parle d'atteinte
15:35à la probité,
15:36de délinquance en col blanc,
15:38décalée avec un autre type
15:39de délinquance.
15:39Est-ce qu'on dirait
15:40la même chose
15:41avec un autre type
15:42de délinquance ?
15:42Et en fait,
15:43quand on fait
15:43ce petit décentrage,
15:45on voit l'absurdité
15:46du débat public français
15:47en la matière.
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