00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Léa Dauphins nous rejointe, TAC Economics. Bonjour Léa.
00:07Bonjour Guillaume.
00:08Dédolarisation ou pas, on a une économie américaine qui, même si elle ralentit un peu, tient toujours plutôt pas mal.
00:13On a les chiffres de l'emploi là aujourd'hui aux Etats-Unis, le rapport ADP avant le grand rapport
00:16mensuel qui sera publié après-demain.
00:17Que nous dit cette enquête ADP aujourd'hui, Léa ?
00:20Pour l'instant, les chiffres ADP sont assez clairs. Ils sortent à 109 000 transactions d'emploi privées en avril.
00:25On était à 61 000 en mars révisés. Donc clairement, on n'est pas dans un scénario d'effondrement du
00:30marché du travail américain.
00:32Par contre, effectivement, on est sur un marché du travail qui est plus lent que ce qu'on connaît il
00:36y a deux ans.
00:37Par contre, c'est là où il faut mettre beaucoup guillemets désormais aux chiffres, que ce soit ADP ou même
00:41aux chiffres NFP.
00:42Pendant longtemps, on disait que les Etats-Unis avaient besoin de créer entre 100 et 150 000 emplois par mois
00:46pour stabiliser le chômage.
00:48Mais en fait, avec les politiques à la fois de baisse de l'immigration et ce ralentissement démographique,
00:53ce qu'on appelle le break-even d'emplois, donc le nombre d'emplois nécessaires pour stabiliser le chômage,
00:58lui, il a fortement baissé. Les travaux de la Fed le montrent.
01:01Alors selon les estimations, entre 10 000 à 50 000 créations d'emplois.
01:05Donc aujourd'hui, il ne faut plus du tout interpréter les chiffres d'emplois comme on a pu le faire
01:09par le passé.
01:10On a beaucoup moins besoin de création d'emplois sur la dynamique.
01:13Et c'est vrai, c'est un sujet intéressant, la décorrelation entre croissance et emploi aux Etats-Unis.
01:18Léa, d'autant qu'effectivement, ces chiffres de l'emploi, de plus en plus, on y lit l'impact de
01:23la mise en place de l'intelligence artificielle dans les entreprises.
01:27Alors, ces fameux gains de productivité que nous garantit l'IA, est-ce qu'ils sont quantifiables ?
01:33Est-ce qu'on commence à en percevoir des signaux, mais vraiment concrets ?
01:38Oui, c'est ça. Le vrai sujet, Antoine, c'est la question du narratif pur autour de l'IA.
01:42Donc, en fait, pour mesurer les gains de productivité, on peut regarder des variables très concrètes.
01:47Est-ce que le PIB accélère alors que l'emploi et les heures de travail ralentissent ?
01:51Et ça, effectivement, on le voit bien, on l'observe depuis 2025 aux Etats-Unis.
01:55Le deuxième point, c'est les coûts salariés unitaires.
01:58Si les salaires continuent de progresser, mais que la productivité accélère plus vite,
02:02le coût par unité produite ralentit.
02:04Donc ça, ça peut devenir désinflationniste.
02:06Et ça, c'est la thèse défendue par Kevin Walsh, le prochain gouverneur de la Fed.
02:10L'IA pourrait devenir un choc d'offres positif avec plus de productivité et moins d'inflation.
02:16Maintenant, effectivement, je pense qu'il faut rester un peu plus grand.
02:19On voit déjà les gains de productivité dans certains secteurs.
02:21La vraie question, ça va être est-ce que cette productivité attendue crée un site durable de croissance plus forte
02:28ou au contraire un vrai problème de demande lié à la destruction progressive des emplois intermédiaires,
02:33lié à cette vague d'IA générative ?
02:35Et ça, ça va être le débat macro des prochaines années.
02:37Oui, et OpenAI, d'ailleurs, a publié justement un rapport là-dessus
02:40sur à quoi devrait ressembler l'économie dans un monde doté plein d'IA, gorgé d'IA.
02:45Peut-être faire revenir l'idée d'un revenu universel.
02:48Ah oui, oui, c'est OpenAI qui parle de ça.
02:50En tout cas, en attendant, c'est l'IA qui porte la croissance.
02:52Aux Etats-Unis, les investissements représentent, l'IA, 55% de la croissance américaine.
02:5855%, c'est-à-dire que les investissements portent davantage la croissance que la consommation.
03:01C'est assez majeur là.
03:02Est-ce qu'on entre dans une forme de nouvelle ère ?
03:04Comment est-ce que vous regardez ce qui se passe, la part des investissements ?
03:07C'est une parenthèse ou peut-être un nouveau train, une nouvelle façon de peut-être progresser
03:12sur d'autres pliés que par le passé ?
03:16En tout cas, c'est un changement de régime économique.
03:18Le fait que l'investissement lié à l'IA contribue davantage à la croissance que la consommation.
03:24Après, il faut faire attention dans les chiffres.
03:25Ça, c'est sur le dernier chiffre de PIB.
03:27Il faut plutôt prendre souvent des moyennes.
03:28Mais en tout cas, on voit bien qu'il y a un changement profond.
03:31Et cette nouvelle phase, elle est quand même différente des sites précédents de sites technos qu'on avait eus.
03:35La croissance, elle est aussi beaucoup plus concentrée.
03:38Concentrée dans quelques secteurs, dans quelques entreprises,
03:40quelques ménages exposés aux actifs financiers, cet effet richesse.
03:44Et donc, les gains liés à l'IA, ils soutiennent en fait surtout les ménages qui détiennent les actions
03:48et les actifs technologiques.
03:49Donc, on pourrait avoir en fait simultanément cette croissance robuste.
03:52Des marchés actions qui restent forts, les gains de productivité élevés,
03:56mais aussi un marché du travail qui est plus polarisé,
03:58avec davantage une égalité comme on vient d'en parler.
04:01Et donc, l'IA pourrait produire un choc de croissance,
04:03mais sans produire un choc, on va dire, inclusif socialement.
04:07Et ça, c'est un peu cette logique-là de rupture de régime qu'on est en train d'observer
04:11aux Etats-Unis
04:12et qu'il va falloir continuer à observer.
04:14Merci Léa.
04:14Léa, avec nous, Léa Dauface pour TAC Economics.
04:17Bon après-midi, Léa.
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