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  • il y a 6 heures
Ce mercredi 6 mai, Léa Dauphas, chef économiste chez TAC ECONOMICS, a abordé la création de 109 000 emplois par le secteur privé en avril aux USA contre seulement 61 000 en mars, la question de l'IA en tant que moteur ou destructeur d'emploi, ainsi que les investissements comme catalyseur de croissance aux États-Unis, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Léa Dauphins nous rejointe, TAC Economics. Bonjour Léa.
00:07Bonjour Guillaume.
00:08Dédolarisation ou pas, on a une économie américaine qui, même si elle ralentit un peu, tient toujours plutôt pas mal.
00:13On a les chiffres de l'emploi là aujourd'hui aux Etats-Unis, le rapport ADP avant le grand rapport
00:16mensuel qui sera publié après-demain.
00:17Que nous dit cette enquête ADP aujourd'hui, Léa ?
00:20Pour l'instant, les chiffres ADP sont assez clairs. Ils sortent à 109 000 transactions d'emploi privées en avril.
00:25On était à 61 000 en mars révisés. Donc clairement, on n'est pas dans un scénario d'effondrement du
00:30marché du travail américain.
00:32Par contre, effectivement, on est sur un marché du travail qui est plus lent que ce qu'on connaît il
00:36y a deux ans.
00:37Par contre, c'est là où il faut mettre beaucoup guillemets désormais aux chiffres, que ce soit ADP ou même
00:41aux chiffres NFP.
00:42Pendant longtemps, on disait que les Etats-Unis avaient besoin de créer entre 100 et 150 000 emplois par mois
00:46pour stabiliser le chômage.
00:48Mais en fait, avec les politiques à la fois de baisse de l'immigration et ce ralentissement démographique,
00:53ce qu'on appelle le break-even d'emplois, donc le nombre d'emplois nécessaires pour stabiliser le chômage,
00:58lui, il a fortement baissé. Les travaux de la Fed le montrent.
01:01Alors selon les estimations, entre 10 000 à 50 000 créations d'emplois.
01:05Donc aujourd'hui, il ne faut plus du tout interpréter les chiffres d'emplois comme on a pu le faire
01:09par le passé.
01:10On a beaucoup moins besoin de création d'emplois sur la dynamique.
01:13Et c'est vrai, c'est un sujet intéressant, la décorrelation entre croissance et emploi aux Etats-Unis.
01:18Léa, d'autant qu'effectivement, ces chiffres de l'emploi, de plus en plus, on y lit l'impact de
01:23la mise en place de l'intelligence artificielle dans les entreprises.
01:27Alors, ces fameux gains de productivité que nous garantit l'IA, est-ce qu'ils sont quantifiables ?
01:33Est-ce qu'on commence à en percevoir des signaux, mais vraiment concrets ?
01:38Oui, c'est ça. Le vrai sujet, Antoine, c'est la question du narratif pur autour de l'IA.
01:42Donc, en fait, pour mesurer les gains de productivité, on peut regarder des variables très concrètes.
01:47Est-ce que le PIB accélère alors que l'emploi et les heures de travail ralentissent ?
01:51Et ça, effectivement, on le voit bien, on l'observe depuis 2025 aux Etats-Unis.
01:55Le deuxième point, c'est les coûts salariés unitaires.
01:58Si les salaires continuent de progresser, mais que la productivité accélère plus vite,
02:02le coût par unité produite ralentit.
02:04Donc ça, ça peut devenir désinflationniste.
02:06Et ça, c'est la thèse défendue par Kevin Walsh, le prochain gouverneur de la Fed.
02:10L'IA pourrait devenir un choc d'offres positif avec plus de productivité et moins d'inflation.
02:16Maintenant, effectivement, je pense qu'il faut rester un peu plus grand.
02:19On voit déjà les gains de productivité dans certains secteurs.
02:21La vraie question, ça va être est-ce que cette productivité attendue crée un site durable de croissance plus forte
02:28ou au contraire un vrai problème de demande lié à la destruction progressive des emplois intermédiaires,
02:33lié à cette vague d'IA générative ?
02:35Et ça, ça va être le débat macro des prochaines années.
02:37Oui, et OpenAI, d'ailleurs, a publié justement un rapport là-dessus
02:40sur à quoi devrait ressembler l'économie dans un monde doté plein d'IA, gorgé d'IA.
02:45Peut-être faire revenir l'idée d'un revenu universel.
02:48Ah oui, oui, c'est OpenAI qui parle de ça.
02:50En tout cas, en attendant, c'est l'IA qui porte la croissance.
02:52Aux Etats-Unis, les investissements représentent, l'IA, 55% de la croissance américaine.
02:5855%, c'est-à-dire que les investissements portent davantage la croissance que la consommation.
03:01C'est assez majeur là.
03:02Est-ce qu'on entre dans une forme de nouvelle ère ?
03:04Comment est-ce que vous regardez ce qui se passe, la part des investissements ?
03:07C'est une parenthèse ou peut-être un nouveau train, une nouvelle façon de peut-être progresser
03:12sur d'autres pliés que par le passé ?
03:16En tout cas, c'est un changement de régime économique.
03:18Le fait que l'investissement lié à l'IA contribue davantage à la croissance que la consommation.
03:24Après, il faut faire attention dans les chiffres.
03:25Ça, c'est sur le dernier chiffre de PIB.
03:27Il faut plutôt prendre souvent des moyennes.
03:28Mais en tout cas, on voit bien qu'il y a un changement profond.
03:31Et cette nouvelle phase, elle est quand même différente des sites précédents de sites technos qu'on avait eus.
03:35La croissance, elle est aussi beaucoup plus concentrée.
03:38Concentrée dans quelques secteurs, dans quelques entreprises,
03:40quelques ménages exposés aux actifs financiers, cet effet richesse.
03:44Et donc, les gains liés à l'IA, ils soutiennent en fait surtout les ménages qui détiennent les actions
03:48et les actifs technologiques.
03:49Donc, on pourrait avoir en fait simultanément cette croissance robuste.
03:52Des marchés actions qui restent forts, les gains de productivité élevés,
03:56mais aussi un marché du travail qui est plus polarisé,
03:58avec davantage une égalité comme on vient d'en parler.
04:01Et donc, l'IA pourrait produire un choc de croissance,
04:03mais sans produire un choc, on va dire, inclusif socialement.
04:07Et ça, c'est un peu cette logique-là de rupture de régime qu'on est en train d'observer
04:11aux Etats-Unis
04:12et qu'il va falloir continuer à observer.
04:14Merci Léa.
04:14Léa, avec nous, Léa Dauface pour TAC Economics.
04:17Bon après-midi, Léa.
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