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  • il y a 16 heures
Ce mercredi 25 mars, Léa Dauphas, chef économiste chez TAC ECONOMICS, a abordé l'éventualité d'une flambée générale des prix dans l'avenir avec la montée du cours du pétrole, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Larry Fink vient ajouter du stress dans le marché, le patron de BlackRock.
00:07Si le prix du baril atteint 150 dollars, dit-il, ça déclenchera une récession globale.
00:12Rien de moins, Antoine.
00:13Il ajoute du stress au marché. Le pétrole à 150, c'est un stress en soi.
00:18Bon, ok, d'accord, il fait des prévisions, il met des étiquettes de prix, ça se mérite là.
00:23Léa va nous dire ce qu'elle en pense, elle aussi, l'Oadoface pour TAC Economics.
00:26Bonjour Léa. Si le prix du baril, dit-il, atteint 150 dollars, ça déclenchera une récession globale.
00:33Il le dit pour faire pression sur Donald Trump ou vous y croyez aussi à cette récession globale ?
00:38Alors les deux à la fois, c'est un signal très clair à l'administration américaine de ne pas laisser
00:42le conflit s'emballer
00:43et avec un coût économique qui est insupportable.
00:45Mais il faut quand même être précis sur ce que font les marchés aujourd'hui.
00:48Et vous venez de le mentionner, à ce stade, les marchés absorbent le choc comme un événement qui est plutôt
00:53temporaire.
00:53Et on voit bien avec les futurs sur le pétrole, ils s'inclinent fortement vers 2027.
00:58Donc il y a bien le côté des investisseurs qui parient sur la désescalade et le retour progressif à la
01:02normale.
01:02Et le vrai sujet, c'est effectivement le risque de non-minéarité.
01:05Ça marche bien tant que les signaux restent dans les zones connues.
01:08Ça va dépendre encore une fois des hypothèses qu'on met sur ce conflit.
01:11Si elles s'étirent, si on a des dommages sur les infrastructures énergétiques du Golfe et surtout la question d
01:17'Hormuz,
01:17le pétrole à 150 est une possibilité.
01:20Et cette possibilité-là, effectivement, un pétrole à 150 de manière durable.
01:25La BCE l'a bien fait dans ses projections la semaine dernière.
01:27Même pour la zone euro, c'est des trimestres négatifs de croissance.
01:31Une inflation qui est… c'est son scénario adverse.
01:33L'inflation, elle est au-delà de 4%.
01:35Elle le reste en 2027.
01:37Et donc, effectivement, c'est des États-Unis qui ralentissent,
01:40l'Europe qui est proche de la récession
01:42et l'Asie qui est effectivement touchée de par ses vulnérabilités à la zone.
01:46Donc, ce n'est pas encore un scénario central,
01:47mais en tout cas, c'est un scénario qu'il faut considérer
01:49si le pétrole est à 150 de manière durable.
01:52Christine Lagarde s'est exprimée tout à l'heure.
01:53Elle dit Christine Lagarde, je la cite, ce sont ses propos ce matin.
01:56« Nous devons identifier le moment où la hausse des coûts de l'énergie
01:59risque de se traduire en inflation globale. »
02:02Et elle ajoute que la BCE se tient prête à relever ses taux à tout moment,
02:05« at any moment », voilà ce qu'elle a dit tout à l'heure, Christine Lagarde,
02:08« une inflation globale par la hausse des prix de l'énergie, vous y croyez ? »
02:14Là encore, ça va dépendre.
02:15L'énergie peut entraîner une hausse des prix.
02:17Et c'est déjà le baseline qui a mis la BCE.
02:19Elle est à une inflation à 3,1 ou T2 2026.
02:23On était autour de 2.
02:24La question, c'est en fait plutôt sur le temps long.
02:26Est-ce que ça dérape ?
02:27Et encore une fois, c'est les hypothèses du conflit.
02:29La BCE, dans ses projections, a des salaires qui ralentissent.
02:32On est à 3,9 en 2025, on passe à 3,5 en 2026.
02:35Donc on n'a pas les spirales prix-salaire qu'on avait eues en 2022.
02:38Et le corps est en gros assez stable, légèrement au-dessus d'eux.
02:41Donc c'est gérable.
02:42Par contre, si le choc énergétique qui dure,
02:44si les entreprises répercutent massivement les coûts,
02:46et encore une fois, vous venez de mentionner,
02:48même si c'est des entreprises américaines,
02:49et c'est ce que les PMI d'hier commencent à montrer,
02:52effectivement, on pourrait avoir des effets de second tour
02:54qui vont se déclencher,
02:56même si les salaires ne tirent pas dans ce sens-là.
02:58Mais encore une fois, dépendant des hypothèses du conflit.
03:01– Bon, la croissance américaine,
03:03est-ce qu'elle est moins exposée que la croissance européenne
03:06ou est-ce qu'ils dépendent également du pétrole du Moyen-Orient ?
03:09Tout est question de qualité de pétrole.
03:12– Oui, effectivement, et on le voit bien.
03:14Aujourd'hui, on a des scénarios qui sont plus forts
03:16pour l'économie asiatique et zone euro que les US.
03:19Effectivement, le brut du Golfe,
03:20qui est plutôt léger, doux et faible en source,
03:23il est en fait plus facile à raffiner pour l'essence.
03:25Et donc, certaines raffineries américaines
03:27ont été conçues pour ce type de brut.
03:28Mais aujourd'hui, les États-Unis,
03:30ils ont adapté les capacités au pétrole de schiste.
03:33Après, c'est là où il faut faire attention au marché mondial.
03:35Quand on a une grosse du Brent, le WTI y suit.
03:38Les prix à la pompe américaine y montent aussi.
03:41Et donc, l'impact sur la croissance américaine,
03:43elle sera plus indirecte que le canal qu'on aura en zone euro.
03:46C'est plutôt la confiance des ménages,
03:47les prix, la perception de l'inflation,
03:49le ralentissement des partenaires commerciaux.
03:51Et on voit bien, c'est aussi la logique de la Fed,
03:53de maintenir ces taux et que la baisse des lois et le canal
03:56ne sera pas le même,
03:57mais il y aura quand même un effet sur la croissance américaine.
04:00Merci beaucoup.
04:00Léa Dauface avec nous pour TAC Economics.
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