00:00Mais vous savez, ce qui me met moi en colère, c'est qu'on a connu des installations de cette
00:05ampleur-là au même endroit en 2015.
00:08Au même endroit en 2015.
00:10Tout le nord-est parisien est concerné.
00:12Je vous rappelle aussi, ça a été dit dans votre reportage, que le nord-est parisien est en proie aujourd
00:16'hui, depuis quelques années, à un fléau qui s'appelle le fléau du krach,
00:19qui est la drogue du pauvre, extrêmement addictive, extrêmement violente.
00:24Et en fait, quand vous concentrez comme ça des populations en extrême précarité, en extrême souffrance, en extrême fragilité,
00:31avec des populations de dealers, de toxicomanes, forcément, forcément, à un moment ou à un autre, vous avez des liens
00:40qui se font.
00:41Et c'est ce qu'on a constaté d'ailleurs du côté de la Porte de la Chapelle il y
00:44a quelques années.
00:45Et ce qui me met en colère, c'est qu'il s'est passé 10 ans, 11 ans maintenant, 11
00:50ans sans que rien n'ait changé depuis.
00:52Rien n'a changé depuis. Les alertes des riverains et ce que vivent les riverains sont exactement les mêmes choses
00:59aujourd'hui qu'il y a 10 ans.
01:00C'est-à-dire que vous avez effectivement des rixes parce que vous avez des migrants qui sont installés.
01:07C'est tout le quotidien qui est chamboulé, du matin au soir.
01:10Du matin au soir, toute la nuit.
01:12Toute la nuit, vous avez des rixes, vous avez des migrants qui sont installés aussi par communauté.
01:17Vous avez les afghans d'un côté, les érythréens de l'autre, les soudanais un peu plus haut, etc.
01:22Et donc avec des confrontations qui sont pas très violentes.
01:24Sans compter ceux qui sont sous la drogue qui viennent de prendre et qui ont des comportements...
01:27Certains. Aujourd'hui, les migrants qui sont installés sous ce métro-là, entre Barbès et Stalingrad,
01:34ne sont pas encore complètement exposés au krach.
01:35Mais c'est une crainte, forcément.
01:39Et juste pour la petite histoire, après les premières installations en 2015 de ces camps de migrants,
01:45la ville de Paris avait annoncé un réaménagement total de cette fameuse promenade urbaine entre la chapelle et Stalingrad,
01:51qui a coûté quand même...
01:52C'est sous le métro aérien, on est d'accord.
01:54C'est ça.
01:54...qui a coûté 11 millions d'euros.
01:56Il y a 11 millions d'euros en 2016-2018 qui ont été injectés dans ce quartier-là
02:01pour permettre aux habitants de se réapproprier leur quartier,
02:05pour permettre aux habitants justement d'en finir avec ces occupations sauvages illégales
02:10qui pourrissent la vie de tout un quartier.
02:13Aujourd'hui, on en est exactement au même point.
02:16C'est pour ça que quand je vous disais tout à l'heure, il y a une forme d'amateurisme,
02:19c'est que le constat que vous faites aujourd'hui, on le faisait il y a 10 ans,
02:23et rien n'a été fait depuis.
02:24Rien n'a jamais appris, la ville n'a jamais appris de ses erreurs.
02:28C'est pour ça que je dis aujourd'hui que le discours de dire que Paris,
02:31c'est une ville refuge pour les migrants,
02:34n'est pas un discours qui peut-être plaît beaucoup dans les meetings du Parti Socialiste,
02:38mais qui se confronte violemment à la réalité du terrain.
02:42Parce qu'il n'y a aucune dignité à dire que Paris est une ville refuge
02:45et accueillir des migrants sous les ponts du métro aérien de La Chapelle
02:49et de Barbès et de Stalingrad.
02:51Il n'y a aucune dignité.
02:52Si être socialiste c'est ça, alors permettez-moi d'être fier de ne pas être socialiste.
02:56C'est un discours de posture.
03:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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