00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et des indicateurs américains, on en a d'autres aujourd'hui.
00:06Bien sûr, il y a la pink economy, mais pas que.
00:08Bien sûr, aussi des indicateurs officiels qu'on suit et dont on vous fait part chaque jour.
00:12Anthony Morlet de la Vidalie nous rejoint pour BSE Economics.
00:15Bonjour Anthony.
00:16Le chiffre concerne l'emploi, l'enquête JOLS du mois de septembre et du mois d'octobre.
00:21Voilà, on a deux mois qui sont compilés dans cette enquête qui vient d'être publiée.
00:24Que nous dit-elle, que nous apprend l'enquête JOLS sur la dynamique de l'emploi désormais ?
00:28Alors, les données publiées sont plutôt bonnes.
00:30On voit les offres d'emploi qui remontent nettement au-dessus de ce qu'on avait les mois précédents.
00:36Ça se tempère, en revanche, du côté des jobs quits.
00:40Donc, ce que l'on voit au fond, je pense qu'il faut aller un peu au-delà de la volatilité de court terme.
00:45C'est un marché du travail qui, dans sa globalité, ralentit.
00:49Néanmoins, on voit bien qu'au mois de mois, on peut quand même avoir des surprises positives,
00:52comme ça a été le cas en septembre, en octobre.
00:54Ça nous montre bien que, oui, probablement, il y a ralentissement.
00:58L'économie américaine, il ne faut néanmoins pas le surjouer.
01:01On a des fondamentaux qui restent très solides.
01:03Alors, tirés par certains secteurs, on sait bien que ce n'est pas toute l'économie américaine qui en profite.
01:07C'est essentiellement les secteurs des services et de la tech, notamment,
01:10qui font ces fameux gains de productivité et qui permettent à l'économie américaine
01:13de tourner toujours à des rythmes bien supérieurs à ce qu'on observe partout dans le reste de l'OCDE.
01:18Néanmoins, voilà, un marché du travail qui, en tendance, ralentit.
01:22Même si là, j'allais dire, les grandes inquiétudes qui pouvaient y avoir sur le marché du travail
01:26avec un retournement peut-être plus brutal qu'on pouvait le craindre,
01:31désormais sont un petit peu moins prégnants.
01:33Donc, un petit peu de moins de place pour la Fed pour baisser les taux,
01:36mais en même temps, une forme de… ça rassure quand même un petit peu sur l'état de l'économie américaine.
01:40Alors, demain, la Fed, justement, elle devrait annoncer une baisse de taux.
01:4489% de probabilité, c'est ce que nous dit l'outil FedWatch, là, à l'instant.
01:4789,4% de probabilité d'une baisse de taux demain.
01:50Mais la question, c'est plutôt 2026.
01:52Et là, sur 2026, on sent que le marché craint d'être déçu.
01:55Demain soir, les membres de la Fed publieront les dot plots,
01:58donc le nuage de points, les anticipations, les projections de baisse de taux
02:01de la part de chaque membre de la Fed pour l'an prochain.
02:03On imagine que peut-être plus que la baisse de taux déjà précée et attendue
02:07sont les dot plots qu'il faudra regarder, Anthony, demain soir ?
02:09– Je pense que le sujet, effectivement, c'est surtout 2026
02:13et ces fameux dot plots, parce qu'en réalité, on sent bien
02:16que le quart de points va être accordé à la prochaine réunion de la Fed.
02:21En revanche, ce qui va être annoncé pour 2026,
02:23comme il y a beaucoup de dissensus au sein du Conseil,
02:26peut là surprendre les marchés négativement.
02:28C'est-à-dire que les marchés ont quand même en tête
02:30et l'espoir d'avoir quatre baisses de taux en 2026,
02:34on pourrait en avoir moins.
02:35Donc là, il y a un vrai risque de déception des marchés,
02:37puisqu'il faut bien avoir en tête que les niveaux de cours aujourd'hui
02:40sont quand même assis sur l'idée qu'on va avoir de la détente monétaire
02:44aux États-Unis, qui va permettre justement d'éviter
02:46un ralentissement trop brutal de l'économie américaine.
02:49Donc, effectivement, prudence et à suivre de très près.
02:51Faisons un peu d'économie fiction.
02:56Admettons que l'année prochaine suivent certaines tendances
02:59qu'on a pu observer ces dernières semaines,
03:01c'est-à-dire de la croissance, oui,
03:03mais un emploi qui ne s'améliore pas
03:05et une situation d'inflation qui recule.
03:08J'en veux pour preuve quand même les derniers chiffres
03:11qui ont prouvé que l'intelligence artificielle
03:13commençait à avoir un impact sur les emplois.
03:16Qu'est-ce qui se passe en 2026 si ce cas de figure se présente ?
03:20Alors, c'est un cas de figure qui est déjà complètement probable
03:22et c'est assez difficile d'en estimer les impacts.
03:26Pourquoi ? Parce que d'une part, ça laisserait
03:27beaucoup moins de place pour la Fed
03:29pour baisser davantage ses taux,
03:31donc probablement une détente monétaire moins forte que prévu.
03:34Mais en même temps, si on a de la croissance et peu d'emplois,
03:37ça veut dire qu'on fait des gains de productivité très élevés
03:40et ça veut dire que les marges des entreprises
03:42seraient également plutôt très bonnes.
03:44Donc, c'est un petit peu le double paradoxe.
03:46C'est-à-dire qu'on aurait des fondamentaux
03:47du côté des entreprises plutôt positifs
03:49avec des surprises à venir du côté des profits
03:52et des résultats délivrés
03:53et en même temps, moins d'espace
03:55pour assouplir la politique monétaire.
03:58Donc, ça serait une espèce de contrepoids
04:00et savoir où le marché se positionnerait
04:01reste très difficile à ce stade.
04:03Isabelle Schnabel, elle, pour la BCE,
04:05alors là, nous surprend totalement,
04:08ou pas d'ailleurs.
04:09Isabelle Schnabel, c'est une voix forte,
04:11mais allemande au sein de la BCE
04:12et il se trouve qu'Isabelle Schnabel,
04:14plutôt que de parler d'une possible baisse de taux
04:16de la Banque Centrale Européenne en 2026,
04:17parle d'une possible hausse de taux.
04:19Elle dit, Isabelle Schnabel,
04:20qui est candidate en plus à la succession
04:22de Christine Lagarde,
04:23elle dit que quand la BCE bougera,
04:25quand elle sortira de son statut coût actuel,
04:27ce sera peut-être par une hausse de taux
04:29plutôt que par une baisse de taux.
04:30Pourquoi dit-elle ça ?
04:33Alors effectivement, ça c'est un petit peu
04:34l'éternel débat désormais qu'on a en zone euro,
04:37de voir qu'on a une Banque Centrale Européenne
04:39qui est absolument focalisée sur son objectif d'inflation
04:43et rien d'autre,
04:44et qui dès lors qu'on a une inflation
04:46qui ne dépasse, ne serait-ce que d'un cheveu,
04:48son objectif est prête presque à tout,
04:51en quelque sorte, pour la ramener proche,
04:54mais inférieure à 2%.
04:55Et là, on reconnaît bien le caractère très faux
04:57d'Isabelle Schnabel qui nous montre en quelque sorte
05:00les prémices de ce qu'on pourrait connaître
05:02si elle était la prochaine gouverneure
05:04de la Banque Centrale Européenne.
05:06C'est une Banque Centrale en réalité
05:07beaucoup plus orthodoxe
05:09et très peu en soutien de la croissance.
05:11Et ça interroge quand même très honnêtement
05:13dans un monde où une Fed pourrait être
05:14beaucoup plus proche du pouvoir politique
05:16et de l'autre côté, côté chinois,
05:18une PBOC qui elle aussi agit
05:21pour soutenir la croissance économique.
05:23À suivre, Isabelle Schnabel qui a donc déclaré
05:25qu'elle se tenait prête
05:26pour éventuellement succéder à Christine Lagarde.
05:29Ce sera en 2027, la fin du mandat de Christine Lagarde.
05:32Et celui de Jérôme Powell, vous le savez,
05:33dès le mois de mai prochain pour la Fed.
05:34Merci beaucoup de nous avoir accompagnés aujourd'hui.
05:36Anthony Morley-Lavidali pour BSI Economics.
05:38BSI Economics.
05:39BSI Economics.
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