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  • il y a 16 heures
Ce mercredi 15 avril, Léa Dauphas, chef économiste chez TAC ECONOMICS, a abordé le baril de pétrole à 100 dollars comme une éventuelle nouvelle norme, le FMI prévoyant une croissance toujours deux fois plus importante aux USA qu'en Europe, ainsi que les "PIIGS" remplacés par les "BIFS" en tant que nouvel acronyme pour désigner les pays européens les plus mal gérés sur le front des finances publiques, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00VFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Eléa Dauphasse nous rejoint, chef économiste pour TAC Economics.
00:06Bonjour Léa.
00:08Imaginons, parce que Donald Trump dit que la guerre est quasiment terminée,
00:11on va faire comme si c'était le cas, peut-être que ce sera le cas,
00:14c'est la douzième ou treizième fois qu'il le dit depuis le début de la guerre,
00:16mais voilà, imaginons la guerre est quasiment terminée,
00:19imaginons même la paix est annoncée dans les prochains jours.
00:22Est-ce que forcément les cours du pétrole reculeront
00:25ou au contraire on doit craindre qu'ils restent proches des 100 dollars durablement malgré la paix ?
00:30Non, ils resteront en tout cas pendant un temps proche des 100 dollars,
00:33ce qu'on voit c'est avant le compil on était autour de 60 dollars,
00:37c'était un prix d'équilibre, aujourd'hui on est à 95 dollars,
00:40c'est-à-dire qu'on a une prime géopolitique qui est existante
00:43et en réalité une trêve fragile ça peut se comprendre,
00:46et donc il y aura de toute manière un scénario dans lequel le marché restera incertain
00:51et cette incertitude à un prix, c'est-à-dire que si on a une trêve fragile
00:56plutôt qu'une prêve durable, même après la réouverture physique du Détroit,
00:59les prix restent significativement élevés,
01:02et puis en plus de ça on a la logique physique,
01:04tant que le Détroit n'est pas sécurisé,
01:06tant que les assureurs maintiennent des primes,
01:08le flux de pétrole reste contraint,
01:10il y a un baril qui ne sort pas du Golfe,
01:12c'est un baril qui manque sur le marché mondial,
01:13donc ce qui soutient les prix.
01:15Il y a un scénario central qui est plutôt,
01:17il faut aller lire le papier de la FED qui vient de faire tout un travail assez fort dessus,
01:20ce qu'on a qui correspond à nos modèles,
01:22c'est plutôt quelque chose qui stabilise autour de 90 dollars le baril
01:26dans les prochaines semaines, qui refluera derrière,
01:29mais il ne faut pas s'attendre tout de suite à un retour de 90,
01:31même une paix durable sera potentiellement rompue.
01:35Et du coup, alors voilà, imaginons, retour à la paix,
01:37quelles seraient les conséquences économiques,
01:39dans la mesure où le baril de pétrole resterait proche des 100 dollars,
01:41vous nous le dites, du coup,
01:42quelles autres conséquences ou bénéfices peut-on malgré tout espérer de cette paix ?
01:47Alors là, le point positif, c'est que si ça arrive maintenant,
01:50l'impact sur l'économie sera en fait absorbable.
01:52Nous, ce qu'on voit dans les modèles,
01:53c'est que c'est plutôt des impacts à un ou deux trimestres,
01:55mais derrière, les effets de second tour ne se matérialisent pas.
01:58Donc à court terme, et c'est un peu le sentiment qu'on a depuis une semaine,
02:01c'est le rebond de confiance sur les marchés.
02:03Les bourses, elles aiment bien les fins de guerre.
02:05Côté inflation, il va falloir effectivement la diffusion,
02:08mais on peut espérer un reflux progressif d'ici 3-4 mois
02:13à mesure que les prix de l'énergie se détendent.
02:15Donc c'est plutôt un soulagement pour les banques centrales
02:16qui n'ont pas à agir, qui attendent, mais qui n'ont pas à agir.
02:19Après, il faut rester lucide.
02:21Une paix signée, ce n'est pas une stabilité requiert trouvée.
02:24Les fractures régionales, les équilibres de puissance,
02:27tout ça, ça reste ouvert.
02:28Et donc la question de confiance,
02:29elle nous mettra plus de temps, confiance entreprise,
02:31confiance ménage, mais en tout cas,
02:33un gros choc n'aura pas suffisamment de temps pour se matérialiser.
02:36Donc on peut espérer un scénario à quelques virgules,
02:39enfin décimales près, celui qu'on pouvait avoir en début d'année.
02:44Léa, il y a quand même les prévisions du FMI
02:48qui ont marqué les esprits absolument noirissimes.
02:51Le FMI qui parle d'éventuels risques de liquidité sur les marchés,
02:56qu'il va falloir s'y préparer.
02:58Enfin, vraiment des prévisions très, très pessimistes.
03:01Cela dit, ils ont abaissé leurs prévisions économiques
03:04pour à peu près le monde entier,
03:05sauf pour les États-Unis.
03:07Comment se fait-il ?
03:09Alors, il faut faire attention dans la manière dont on lit les choses,
03:13c'est-à-dire que ces questions de liquidité,
03:14ces questions négatives,
03:16on les avait en fait avant le conflit en Iran.
03:18Ces questions de fragilité du système bancaire,
03:21ça fait plusieurs trimestres que le FMI le met en avant.
03:24Sur les États-Unis, c'est assez simple,
03:26ils bénéficient déjà de leur FIA, de leur rebond,
03:28et on le voit toujours dans les modèles.
03:29À un trimestre, si le scénario est de perturbation et un temps court,
03:33les États-Unis bénéficient du contexte actuel.
03:37En plus de ça, je rajoute, le One Big Beautiful Bill de l'année dernière
03:40arrive à plein sur les économies.
03:42Un papier de la Fed montre qu'aujourd'hui, le break-even de l'emploi,
03:45donc le niveau d'emploi créé tous les mois,
03:47qui permet de ne pas augmenter le chômage,
03:50il est proche de zéro.
03:51Donc les États-Unis arrivent avec une combinaison de soutien structurel,
03:55bénéficient de leur rôle d'exportateur,
03:57et en plus ont cet effet IA et productivité qui reste présent.
04:00Encore une fois, si on est dans le scénario où on a un conflit
04:03qui s'arrête à ce stade, si ce n'est pas le cas,
04:05ce sera effectivement beaucoup plus sévère.
04:07– Oui, les prévisions du FMI dont on parle beaucoup.
04:09La guerre, pour l'instant, se poursuit.
04:12On verra si elle finit par passer, passer rapidement.
04:14Les dettes, elles, en revanche, risquent de rester.
04:16Alors c'est vrai pour tous les pays et pour nous, Européens.
04:18Après les pigs, vous vous souvenez les pigs,
04:20l'époque de la crise des dettes il y a une dizaine d'années ?
04:22Eh bien, on découvre aujourd'hui qui ?
04:23Les BIF, nouvelle invention du Financial Times.
04:25Aujourd'hui, les BIF, c'est qui ?
04:27BIF, le B de Britain, Italie et le F, c'est…
04:32Oui, c'est d'où ? C'est la France.
04:33Les BIF, voilà, après les pigs, les BIF, voilà.
04:36Bon, ces trois pays qui, d'après le FT,
04:39aujourd'hui présentent la pire gestion financière en Europe,
04:41les pires trajectoires de finances publiques, les BIF.
04:44Voilà, on n'était pas dans les pigs il y a une dizaine d'années,
04:46mais on est dans les BIF cette fois, Léa.
04:49Alors, on peut rajouter, on pourrait rajouter un B,
04:51rajouter la Belgique aussi.
04:53Là encore, ce n'est pas une surprise.
04:55Notre surprise, c'est toujours de trouver des acronymes.
04:58Mais en réalité, qu'un conflit tel fasse réémerger ces questions,
05:02ça va être le point le plus intéressant.
05:03Et c'est là que les décisions de Banque centrale vont être importantes.
05:05C'est si, sur ce conflit, on agit en resserrant les conditions monétaires,
05:09comment ces questions-là ressurgissent.
05:11On savait qu'elles allaient ressurgir.
05:12On était tranquille quelques mois sur la dette française.
05:15On sait bien qu'en plus, à l'approche des élections,
05:17le sujet va être d'autant plus important.
05:19Effectivement.
05:20On fait partie des BIF, mais on cuit mieux le bœuf que les Britanniques quand même.
05:23Et ça, on saura leur dire.
05:24Merci beaucoup, Léa, de nous avoir accompagnés.
05:25Léa Dauface pour TAC Economics.
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