- il y a 13 heures
Mardi 5 mai 2026, retrouvez Thierry Le Clercq (Président – Fondateur, Alphajet Fair Investors), Gilles Etcheberrigaray (Cofondateur, président et directeur des investissements, Elkano Asset management) et Benoit Peloille (CIO, Natixis Wealth Management) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:10Et c'est parti pour Planète Marché, une quarantaine de minutes ensemble pour tenter de comprendre ce qui se joue
00:16sur la planète marché, la planète bourse, en lien évidemment avec les enjeux géopolitiques.
00:21Pour en parler ce soir, nous avons le plaisir d'accueillir Benoît Pelloyle. Bonsoir Benoît.
00:24Bonsoir.
00:25CIO chez Natixis Wealth Management. On a le plaisir d'accueillir également Thierry Leclerc. Bonsoir Thierry.
00:30Bonsoir Nicolas.
00:31Président et fondateur d'Alpha Jet Fair Investor. On a le plaisir d'accueillir également Gilles Elcheberi-Garay. Bonsoir Gilles.
00:36Bonsoir.
00:37Co-fondateur, président et directeur des investissements d'Elcano Asset Management. On va peut-être commencer avec vous Gilles pour
00:43tenter de comprendre ce qui se joue.
00:45Tous les économistes, tous les investisseurs ont les yeux rivés vers ce détroit d'Ormouz et le moins qu'on
00:50puisse dire c'est qu'on y voit flou sur l'issue du conflit ou ne serait-ce que sur
00:55la durée du conflit.
00:56Puisque, il y a quand même une question qu'on peut se poser, c'est faut-il croire, faut-il
01:01prendre au pied de la lettre les communications étatiques qu'elles soient du côté Etats-Unis ou du côté iranien
01:06?
01:06C'est un dicton qui dit que dans la guerre, la principale victime c'est la vérité et là on
01:10y est.
01:11On y est pleinement, oui.
01:12On y est pleinement. Je dirais pas tous les investisseurs. Les investisseurs américains font abstraction. En tout cas, le rythme
01:17et l'américain font abstraction du détroit d'Ormouz.
01:19On en reparlera, je pense, abondamment tout à l'heure.
01:23Non, on est dans une impasse. On est dans une guerre qui aurait jamais dû avoir lieu, qui a été
01:27décidée pour de mauvaises raisons et sans en avoir pensé.
01:30On est dans une impasse stratégique, ce qu'on appelle le blocage du blocage ou le blocus du blocus.
01:34Bien sûr.
01:34Et avec quelque chose de plus faible intensité. Même si hier, les sept bateaux coulaient, c'est des embarcations de
01:41pirates.
01:41C'est des bateaux, des hors-bords. C'est ce qu'utilise aujourd'hui la marine iranienne pour essayer de
01:48faire reculer les navires commerciaux du Golfe.
01:50Mais ce n'est pas des navires militaires qui sont découlés.
01:54Donc, on est dans une impasse stratégique où chacun des combattants, je veux dire, ne sait pas comment passer à
01:59l'étape suivante,
02:01pense qu'il a plus de patience que le temps en jouant à sa faveur, à la fois à travers
02:05la pression sur l'économie mondiale pour les Iraniens
02:07et à travers la pression sur l'économie iranienne, parce que le blocus américain fonctionne quand même
02:11et empêche l'économie iranienne de fonctionner pleinement, en plus de tous les bombardements qui ont été perçus.
02:16Et les deux ont raison de penser qu'ils ont raison ?
02:18Alors, les deux ont raison de penser qu'ils ont raison, mais on risque d'avoir tort dans le fait
02:23de...
02:23Dans les deux cas ?
02:24Dans les deux cas, et de la puissance de leur position.
02:28Je veux dire, bon, clairement, les Américains, Trump ne veut pas envoyer trop au sol,
02:31donc ils débloqueraient les choses sur la conquête en mode.
02:35Et inversement, les Iraniens, le pouvoir est...
02:38Et clairement, l'otage est plus dur, je veux dire, la stratégie de décapitation israélo-américaine
02:43a fait qu'aujourd'hui, c'est les gardiens qui sont devenus...
02:46Enfin, c'est plus les Mollars. Enfin, les Mollars étaient déjà une vitrine, mais là, c'est clairement le cas.
02:49C'est les gardiens et la partie la plus dure des gardiens de la Révolution
02:52qui a aujourd'hui le pouvoir et qui est donc dans un certain âge jusqu'au boutisme
02:55en ce qui concerne le contrôleur mousse et la non-négociation des armes nucléaires.
02:59Donc, aujourd'hui, on est dans... Oui, le blocus du blocus, le blocage du blocage.
03:03Le risque, c'est que dans trois semaines... Enfin, qu'un des deux protagonistes décide de lancer un dé
03:09pour essayer de sortir de cette situation.
03:13C'est ça, le risque. Si je regarde ça d'un point de vue boursier et économique,
03:17parce qu'il y a un risque de durée du conflit, notamment en lien avec l'impact sur nos économies
03:21occidentales
03:22qui seraient amenées par un cours du pétrole toujours plus élevé et donc qui se traduirait en inflation.
03:27Mais là, ce que vous nous dites, c'est qu'il y a aussi un sujet d'escalade dans une
03:31situation...
03:32Pour l'instant, on est dans un cessez-le-feu théorique, mais dans un cessez-le-feu, quand même.
03:35On est dans un cessez-le-feu, mais dans un blocage stratégique.
03:37C'est-à-dire qu'on est dans une impasse stratégique.
03:38Des deux côtés, on ne sait pas. Voilà. Chacun en cove le lacet.
03:41Parce que chacun pense que sa position est meilleure que celle de l'adversaire.
03:45Je veux dire, le risque, c'est qu'effectivement, il y a une dichotomie entre l'économie asiatique et européenne
03:51et l'économie américaine, quand même, où l'inflation est un problème partout.
03:55Mais les quantités, les problèmes de manque de pétrole et de kérosène...
03:58Je veux dire, il y a des chiffres plus alarmistes. On n'a plus que 45 jours de kérosène à
04:03consommation identique.
04:04Donc, avec des annulations, on est pratiquement à 2 millions de sièges annulés au mois de mai.
04:09Oui, on voit les impacts économiques.
04:11Mais c'est surtout l'Asie et l'Europe.
04:14Je veux dire, les États-Unis sont touchés à travers la hausse du prix, à travers l'inflation.
04:17Mais ils ne sont pas clairement dans une dynamique économique assez forte.
04:21Et on voit ça de très loin.
04:23Donc, c'est la théorie...
04:25Enfin, je veux dire, ils ont cassé le vase, mais ils laissent un peu les autres payer l'addition, quelque
04:30part.
04:31Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il ne faut pas s'attendre à ce qu'un revirement
04:33politique de Donald Trump au mid-terme
04:36vienne potentiellement jouer sur l'évolution du conflit.
04:40Ou en tout cas, la crainte d'un revirement politique vienne jouer sur l'évolution du conflit.
04:44Le problème, c'est qu'aujourd'hui, le risque, c'est qu'il y ait une accélération militaire.
04:48Mais on sent qu'il n'y a vraiment pas envie.
04:49Je veux dire, on n'a pas envie de mettre des troupes au sol.
04:52Donc, ça veut dire reprise.
04:53L'Israélien a envie de reprendre le bon point de bombardement.
04:55Donc, essayer de faire une dernière campagne de bombardement.
04:57Mais probablement que l'Iran a résisté que le président et résistera sous sa forme actuelle aussi.
05:02Donc, comme je dis, aujourd'hui, ce sont les plus durs.
05:05Je veux dire, il y a eu une espèce de...
05:06Et puis, il faut être volontaire, je veux dire, en Iran, d'être au pouvoir.
05:09Puisque la durée de vie au pouvoir en Iran était quand même assez limitée.
05:12Bien sûr, oui.
05:13Il y a quelques mois.
05:13Et donc, je veux dire, c'est vraiment les gens les plus motivés idéologiquement qui sont là.
05:17Et qui, donc, dictent la loi.
05:19On sent bien que le président du Parlement, qui est annoncé comme un leader potentiel,
05:23qui était plus modéré, est l'otage des gardiens.
05:27Et aujourd'hui, c'est un régime de gardiens.
05:29Benoît Pelloyle, alors, je ne sais pas si vous faites des scénarios sur le sujet.
05:32C'est une attaque sur Wealth Management.
05:34Mais chaque jour qui passe laisse quand même entendre que le conflit peut être amené à durer.
05:40Moi, j'ai souvent ce chiffre des trois mois qui m'est donné de...
05:45Si on est sur un pétrole haut pendant trois mois, on commencera à avoir des effets concrets dans l'économie.
05:50Chaque jour qui passe, on s'en rapproche.
05:52Est-ce que vous, vous commencez à anticiper, chez Natixis Wealth Management,
05:57un scénario avec un pétrole élevé sur une durée plus longue et donc une inflation plus présente ?
06:02Oui, c'est ça. On est progressivement en train de s'acheminer vers ce qu'on a qualifié comme le
06:07scénario adverse.
06:08Alors, ce n'est pas le scénario sévère, mais le scénario adverse, c'est à peu près, grosso modo, trois
06:11mois de perturbation.
06:13Ce qui amènerait, et c'est important, plus que simplement le niveau du prix du baril,
06:17c'est le niveau moyen sur l'ensemble de l'année.
06:19En fait, c'est vraiment ça qu'il faut regarder.
06:20Parce qu'au final, malgré les perturbations qu'on a aujourd'hui,
06:23on reste sur un niveau de prix moyen depuis le début de l'année qui est en dessous de 90.
06:26Ce qui n'est pas un drame pour l'économie mondiale, en réalité, pour l'instant.
06:30Mais effectivement, chaque jour qui passe, nous approche d'un scénario avec un prix du pétrole
06:33qui, en moyenne, restera probablement plus élevé.
06:37Donc, c'est vraiment ça qui est important.
06:38Et c'est vrai que la situation aujourd'hui semble dans l'impasse.
06:42La rhétorique a beau être belliqueuse,
06:44mais en fait, les marchés se sont convaincus qu'il ne peut plus se passer grand-chose.
06:47En tout cas, c'est plus un facteur de volatilité qu'un vrai facteur de retournement en l'état actuel.
06:51C'est-à-dire qu'en réalité, les deux parties, personne n'a intérêt et personne n'a envie d
06:55'aller plus loin dans le conflit.
06:56Du côté iranien, c'est très difficile d'aller plus loin.
07:00Leur économie souffre significativement du blocus actuel.
07:03Du côté américain, évidemment, ils n'ont pas envie d'aller sécuriser le détroit de façon durable
07:09parce que ça impliquerait des troupes au sol et une opération militaire extrêmement importante,
07:12très coûteuse, très coûteuse en vies humaines,
07:15alors que le conflit fait l'objet d'un rejet assez important dans l'opinion américaine.
07:19En année électorale, il suffit de regarder la cote de popularité de Trump sur l'ensemble des grands sujets.
07:24Chaque jour qui passe, elle baisse.
07:27Donc les marchés se sont plutôt convaincus qu'il y avait des limites à l'action,
07:31il y a des limites à ce conflit.
07:31Donc c'est plus un facteur de volatilité.
07:33On voit que c'est ce qui se passe actuellement.
07:35Maintenant, la situation de nouveau a tendance à être un peu plus anxiogène aujourd'hui.
07:41La corrélation entre notamment les marchés actions et justement le prix du baril reste encore très importante, négative.
07:46On est à plus de 90% de corrélation entre les actions américaines et le prix du baril.
07:50Donc ça montre que c'est quand même un sujet encore de tension importante.
07:54Et effectivement, maintenant, ce qui va faire l'action, plus que la rhétorique,
07:59c'est si on constate une dégradation macro en réalité de ce qui est en train de se passer,
08:02qu'on n'a pas encore véritablement constaté, ce qui est normal.
08:04Ça va venir dans un second temps.
08:06Et ça, plus on avance là-dedans, plus on risque d'avoir des chiffres macro qui vont se dégrader
08:10si la situation ne s'améliore pas.
08:12Et à mon avis, c'est ça qui va faire réagir les marchés.
08:14Parce que jusqu'à présent, les marchés ont réagi de façon assez cohérente.
08:17On est allé sur les marchés actions quasiment valoriser ce scénario adverse qu'on évoquait,
08:21d'un prix du baril moyen à 90 dollars.
08:23Sur les marchés taux, sur les taux souverains, on est encore pas loin de ces niveaux-là.
08:28C'est à peu près cohérent avec ce type de scénario.
08:31Donc maintenant, les développements, ça va être quel est l'impact macro
08:34qu'il va falloir évaluer pour les marchés.
08:35Et ça, seul l'avenir nous le dira.
08:37Pour l'instant, les statistiques macroéconomiques ne montrent pas spécialement de dégradation.
08:41Alors justement, on avait un invité hier dans Smart Bourse qui nous disait
08:44qu'il fallait faire attention à ça.
08:45Et j'aimerais savoir si vous êtes d'accord avec ça ou non.
08:47Puisqu'il nous disait, les économistes ne veulent pas se tromper.
08:50Donc ils attendent d'avoir les dernières informations pour affirmer des choses
08:54dans un monde qui change très vite.
08:56Ça ne veut pas dire qu'il ne se passe rien réellement dans l'économie à l'heure actuelle.
08:59Exactement.
09:00Alors c'est pour ça qu'on regarde beaucoup ce qu'on appelle les soft data,
09:02c'est-à-dire les données d'enquête.
09:04Et en fait, on voit que les données d'enquête, elles ne sont pas géniales,
09:06mais ce n'est pas la catastrophe pour l'instant.
09:07On voit effectivement le moral du consommateur américain.
09:11Mais il était déjà très bas auparavant.
09:12Il s'est un peu amélioré.
09:14Il rebaisse un petit peu.
09:15Là, on vient d'avoir l'ISM dans les services.
09:17Ce n'est absolument pas cata.
09:18Et notamment la composante prix, elle n'est finalement pas si mal que ça
09:21par rapport à ce qui était attendu.
09:22En fait, on sait que ça renforce un équilibre stagflationniste,
09:27ce qui est en train de se passer,
09:28c'est-à-dire un peu moins de croissance, plus d'inflation.
09:31Mais pour l'instant, ce n'est pas quelque chose qui est game changer
09:33par rapport à un scénario d'une croissance américaine
09:36qui est censée relativement freiner,
09:37une croissance européenne qui est relativement molle.
09:40Voilà, on revoit un peu tout en baisse,
09:42mais pour l'instant, il n'y a pas de catastrophe
09:43quand on regarde pour l'instant les données d'enquête.
09:45Maintenant, effectivement, plus ça dure,
09:47plus on risque d'avoir une dégradation qui va être marquée.
09:49Et donc, c'est ça qu'on surveille,
09:50c'est ces fameuses données d'enquête.
09:52Si on voit un retournement un peu plus important,
09:53c'est là où on va avoir des risques plus importants sur le scénario.
09:55Donc, il y a un sujet où, effectivement,
09:57enlisement, mais intégré par le marché.
09:59Mais en même temps, si on arrive à ce sujet des 3 mois ou des 6 mois,
10:02là, pour le coup, on verra concrètement, économiquement,
10:05des impacts et ça posera d'autres questions.
10:07Alors, il y a quand même une limite assez intéressante à surveiller,
10:09c'est qu'il ne faut pas oublier que l'Iran,
10:10on arrive quasiment à la saturation des capacités de stockage de pétrole.
10:13Ça, c'est un sujet important. Pourquoi ?
10:15Parce que si on arrive à la saturation de ses capacités,
10:19le régime iranien va devoir arrêter la production de pétrole.
10:21Sauf qu'arrêter la production de pétrole,
10:23c'est une décision très, très lourde.
10:23Parce que quand il faut la relancer,
10:25ce n'est pas comme un interrupteur.
10:26Ça prend du temps à se relancer.
10:27Or, c'est la principale source de revenus pour le pays.
10:30Donc, c'est peut-être ça qui est un élément
10:32qui peut faire changer,
10:34ou en tout cas accélérer les choses
10:35dans la négociation pour une sortie de crise.
10:37Mais à l'inverse, si on touche cette limite,
10:39c'est là où ça peut précipiter aussi
10:41un scénario qui est un peu plus négatif.
10:42Parce qu'on va se rendre compte
10:43que le redémarrage ensuite du pétrole
10:45et la réalimentation des flux pétroliers
10:47peut avoir un impact plus négatif sur la croissance.
10:49Donc, ça, c'est probablement un point à surveiller
10:51dans les prochaines semaines.
10:52Thierry Leclerc, comment est-ce que vous regardez
10:54la situation à la lumière de ce qui a été dit ?
10:56Comment est-ce que vous analysez
10:57si on peut avoir une analyse ?
10:59Ou en tout cas, si on est obligé de se forger
11:01une opinion sur la situation actuelle
11:02d'un point de vue économique et boursier ?
11:04Une opinion, on peut toujours en avoir.
11:06Il n'y a pas de fait derrière pour étayer.
11:08Donc, pour le coup, mon opinion,
11:11c'est que je pense que ça va se terminer
11:13assez rapidement.
11:16Simplement, une sorte de lassitude
11:18de Donald Trump.
11:20On sait que c'est quelqu'un
11:21qui saute d'un sujet à l'autre.
11:24Donc là, je pense qu'il trouve
11:26que c'est peut-être un peu long.
11:27Donc, il y a son voyage en Chine
11:29dans une dizaine de jours.
11:32Bien sûr, il y a les mi-termes.
11:33Mais là, le voyage en Chine,
11:35voir s'il veut vraiment arriver
11:37avec cette situation dans le Détroit,
11:40je ne suis pas sûr.
11:41Donc là, en fait, on est...
11:43en lien avec l'impact sur l'économie chinoise,
11:44notamment, ou...
11:46Ah ben, en lien avec l'économie...
11:47Oui, oui.
11:48Surtout que lui, il arrive,
11:49il est un peu embourbé, quand même,
11:51dans le Détroit d'Hormuz.
11:52Alors qu'il y a deux mois,
11:53il n'était pas du tout, quoi.
11:54Et c'est lui qui s'est mis la tête dedans,
11:56qui s'est jeté à pieds joints
11:57dans cette situation-là.
11:59Donc, bon, voilà.
12:01Après, voilà, c'est vraiment du...
12:03C'est de l'analyse de comportement
12:05de Donald Trump.
12:06Donc, vous voyez, on va quand même assez loin.
12:07Déjà, c'est une science à part.
12:09Voilà, on va quand même assez loin.
12:10Mais intuitivement, je me dirais que ça...
12:13Ça peut jouer.
12:14Après, plus factuellement,
12:15le baril de pétrole,
12:16c'est quand même le meilleur indicateur à suivre
12:18pour savoir comment les investisseurs
12:22appréhendent la situation.
12:24Donc là, on est passé de 60 à 100,
12:26puisqu'effectivement,
12:27il y a à peu près 20 millions de barils
12:31qui n'arrivent pas vraiment à être écoulés,
12:34qui restent quelque part bloqués.
12:38Donc, ça pèse évidemment énormément sur l'offre.
12:41Mais on n'est pas non plus dans un scénario
12:44où on atteint les 150, voire plus.
12:46Certains parlent de 250 à court terme, etc.
12:49Donc, on voit bien qu'on est quand même
12:50un peu dans un ventre mou
12:52où, oui, effectivement,
12:53le marché intègre le fait
12:54que la situation est enlisée,
12:55mais il ne bascule pas non plus
12:57sur un scénario catastrophe,
12:58ce qui vient d'être dit,
13:00que je ne peux que corroborer.
13:02Donc, voilà, on est un peu dans un ventre mou.
13:04Donc, factuellement, nous,
13:05on regarde tous les jours le baril de pétrole.
13:07Effectivement, c'est la composante la plus importante.
13:10Et donc, par rapport à l'intuition
13:12que je vous ai donnée précédemment,
13:13je pense que celui-ci va décroître
13:16au fur et à mesure que la situation va se normaliser.
13:19Et là, pile poil maintenant,
13:21on est vraiment dans une situation
13:22un peu de poker menteur.
13:23C'est-à-dire que les Iraniens ont des cartes,
13:26les Américains ont des cartes aussi en main.
13:29Donc, ce qu'on a dit,
13:30c'est-à-dire que là,
13:31ils sont en train d'étrangler
13:32la production iranienne, les Américains.
13:35Et effectivement,
13:36ça peut endommager assez profondément les puits,
13:38l'extraction,
13:39et ça prendra énormément de temps
13:41à se remettre en place.
13:43Et puis, la population iranienne,
13:45c'est vrai qu'on en...
13:45Mais il y a de l'hyperinflation,
13:48il y a des denrées qui commencent à manquer.
13:49Alors, on a très peu d'informations.
13:51Bien sûr.
13:51C'est assez parcellère,
13:52mais en tout cas,
13:53les informations qui arrivent,
13:54c'est que la situation,
13:55c'est quand même...
13:56Au jour le jour,
13:57des Iraniens,
13:58c'est énormément dégradé
13:59en quelques semaines,
14:00avec le blocus et la situation.
14:02Donc ça,
14:03c'est la pression
14:04que mettent les Américains.
14:06Et de l'autre côté,
14:07effectivement,
14:08les Iraniens,
14:08ils ont une carte maîtresse,
14:09c'est le détroit d'Ormouz.
14:12Et ça n'implique pas
14:14d'accélération militaire,
14:19ça n'implique pas
14:20de ce qu'ils ont fait au début,
14:21de saupoudrer toute la région
14:23avec leurs drones
14:24ou leurs missiles.
14:25Voilà.
14:26Donc c'est eux,
14:28ce qu'ils peuvent faire
14:28pour contraindre les Américains,
14:30de manière la plus simple.
14:31Maintenant,
14:32je pense qu'aucune des deux parties
14:34n'a vraiment intérêt
14:35à ce que ça dure,
14:36d'où le fait que
14:38je pense que ça va se normaliser.
14:40C'est une intuition.
14:41Revenez pas dans trois mois
14:42en disant
14:42« Non, non. »
14:44Mais bon,
14:44Donald Trump le connaissant,
14:46il va passer à autre chose.
14:47On a vu la séquence
14:49Groenland, etc.
14:50Et puis tout d'un coup,
14:51on nous sort ça.
14:51C'est passé quand même
14:52en trois jours
14:53la situation iranienne.
14:54Elle est sortie de son chapeau.
14:56Oui,
14:56il y avait des tensions.
14:58Enfin,
14:58ça a toujours existé
14:59quand même
14:59depuis 1979.
15:05L'ambassade américaine
15:06en 1980.
15:07Ça fait très longtemps
15:08qu'on est dans cette situation-là.
15:09par rapport aux Etats-Unis.
15:11Donc là,
15:12pourquoi il y avait
15:12un impératif ?
15:13Un besoin d'y aller.
15:15Bon,
15:15à part peut-être...
15:17Donc voilà.
15:17Donc on est dans une situation
15:20de ventre mou,
15:21mais aucune des deux parties
15:22n'a intérêt
15:22à ce que ça dure.
15:25Donc ça devrait,
15:26je pense,
15:26se normaliser.
15:27En tout cas,
15:27le baril de pétrole,
15:28on voit qu'il reflue un petit peu,
15:30ne part pas
15:31sur un scénario extrême
15:34et reste assez mesuré
15:35quand même
15:35par rapport
15:36à ce qui est pressé.
15:37Benoît Pellerelle.
15:38Justement,
15:38quand on regarde
15:38le baril
15:40dans les contrats
15:40attendus à décembre,
15:41donc à la fin de l'année,
15:42il est à 90.
15:43On est en train
15:44de passer légèrement au-dessus.
15:45Donc au final,
15:45quand on regarde
15:46ce que ça nous donne
15:46comme moyenne
15:47par rapport au niveau actuel,
15:49début d'année
15:49et si on est à 90
15:50à la fin d'année,
15:51on n'est pas très loin
15:52de ce scénario
15:53qu'on a qualifié
15:54d'adverse modélisé,
15:55c'est-à-dire
15:55trois mois de perturbation
15:56et au final,
15:57pas très loin
15:57de cette moyenne
15:58à 90 dollars,
15:59grosso modo,
16:00le marché a été cohérent.
16:00C'est ce qu'on a à peu près
16:01valorisé avec le choc
16:02sur les marchés actions
16:03et c'est à peu près
16:04ce qui est valorisé
16:04quand on regarde
16:05le 10 ans américain,
16:06le 10 ans boom
16:06quand on essaye
16:07de modéliser ça.
16:08Donc on est vraiment,
16:08le marché a fait
16:09un travail assez cohérent.
16:10On est toujours là-dedans.
16:11Maintenant,
16:12ce qui est important,
16:13c'est quel est l'élément
16:14qui peut faire basculer
16:14d'un côté ou de l'autre.
16:15On a probablement évacué
16:17aussi le scénario
16:17le plus optimiste,
16:18c'est-à-dire
16:18un retour au prix auparavant,
16:27économique à venir
16:28sur la croissance
16:29et à l'inverse en hausse
16:30en plus.
16:31Donc le scénario optimiste
16:32à l'heure actuelle des choses,
16:33c'est un baril à 90.
16:35Voilà,
16:35ce scénario plutôt adverse
16:37est en train progressivement
16:37d'être quand même
16:38le scénario central.
16:40Là où c'est relativement rassurant,
16:41c'est que ça a été déjà
16:42valorisé par le marché.
16:44Gilles Elcheberigar,
16:44une petite question,
16:46c'est peut-être un détail,
16:47mais quand on suit
16:48le baril de pétrole
16:48tous les jours,
16:49est-ce que le comportement
16:51de l'OPEP+,
16:52la sortie des Émirats Arabes Unis,
16:54le maintien d'un cap
16:55qui était fixé
16:56avant le début
16:57de la guerre en Iran,
16:58ce sont des éléments
16:58qu'on regarde à l'heure actuelle
16:59où ça devient du secondaire
17:01face au sujet
17:02du blocage du détroit d'Harmouz ?
17:04Le blocage du détroit d'Harmouz,
17:05c'est du court terme
17:06et là,
17:07le seul bémol que je ferais,
17:08c'est que les deux parties
17:09pensent avoir le temps
17:10en leur faveur,
17:11ce qui éloigne
17:13la perspective de règlement.
17:15Mais oui,
17:15sur le long terme,
17:16on voit que le prix du pétrole
17:17est rentré à la baisse.
17:18Ce qu'il faut voir aujourd'hui,
17:19on a un pétrole
17:19à 90 dollars le baril.
17:22Anticipé, oui.
17:23Anticipé,
17:23même à 400,
17:26en 2005 ou 2006
17:28pour ceux qui s'en souviennent,
17:30alors que la production russe
17:31est en ligne,
17:33la production vénézuélienne
17:34est au tiers
17:35de ce qu'elle était
17:36il y a 10 ans,
17:38le détroit d'Harmouz
17:39qui était le graal du pétrole
17:41est bloqué
17:42et on a 110 dollars le baril
17:44et les Émirats
17:46sont en train de sortir.
17:47Mais pourquoi
17:47ils sont en train de sortir ?
17:48Parce que les producteurs
17:49se rendent compte
17:49qu'il y a quelqu'un
17:50qui a écrit
17:53la fin du pétrole
17:54en disant qu'on n'aurait pas
17:55assez de pétrole
17:55que la dernière goutte
17:56de pétrole
17:57vaudrait une fortune.
17:58Là, on arrive
17:58vers la fin du pétrole
17:59mais inversement,
17:59on aura trop de pétrole.
18:00Et quelque part,
18:01je pense qu'une fois
18:02que le détroit d'Harmouz
18:03sera ouvert
18:03et promenant
18:04le conflit iscrénien
18:05réglé,
18:07on aura une course
18:08pour extraire
18:08le plus de pétrole
18:09tant que ça vaut encore
18:10quelque chose.
18:10Pour le vendre
18:10le plus cher possible
18:11avant que le crypto
18:12baisse trop.
18:12Voilà.
18:13D'accord.
18:13Pour moi,
18:13le fait qu'on soit
18:14à 110 dollars le baril
18:15avec tout ça,
18:17si on allait
18:17les Vénézuels
18:18à la Russie,
18:19par rapport aux gens
18:20qui suivent le pétrole
18:21depuis 25 ans,
18:22ça montre que ça vaut
18:23déjà moins quelque part.
18:25Ça montre que ça vaut
18:26déjà moins
18:26parce qu'ils auraient dû
18:27monter beaucoup plus haut.
18:28On est à 110 dollars
18:29en 150 dollars.
18:30Moi, j'ai fait des trucs
18:31pétrole de 150-200 dollars,
18:33c'était 2006-2007
18:34dans la croissance,
18:36pour ceux qui s'en souviennent.
18:37Là, on est quand même
18:38deux tiers de ce que c'était
18:39il y a 20 ans.
18:42Oui, bien sûr.
18:44Et là, on était
18:44il y a 20 ans
18:45dans The End of Oil,
18:46dans la fin du pétrole
18:47avec On va manquer de pétrole.
18:48Là, aujourd'hui,
18:49on n'est plus dans la fin.
18:50On est plutôt dans...
18:51Le dernier qui n'a pas pompé
18:53a perdu.
18:55Et la sortie des Émirats arabes
18:56d'Ideo-PEP, c'est ça.
18:57D'essayer de sortir
18:59avant...
18:59Pour produire plus, oui.
19:00Pour produire plus
19:00avant que les Russes reviennent,
19:01avant que l'Iran revienne,
19:03avant que tout le monde revienne.
19:04Je veux dire...
19:06Donc, effectivement,
19:09on suit le détroit d'Ambros
19:10à court terme
19:10parce qu'en plus,
19:11on parle du pétrole,
19:12mais il y a aussi
19:12l'uré, l'hélium.
19:14Bien sûr.
19:14Toute une partie
19:15de la pétrochimie mondiale
19:16a été déplacée dans le Golfe.
19:19L'Asie est quand même touchée.
19:20Je pense que le voyage en Chine,
19:21c'est important
19:22parce que je pense
19:22que quelque part,
19:23il y a une forme de chantage
19:24des Américains en disant
19:24vous, Chinois,
19:25vous êtes les plus touchés
19:26ou avec les quoi.
19:27Et donc,
19:28allez faire pression.
19:29D'ailleurs,
19:29le ministre des Affaires étrangères
19:30iranien était en Chine
19:31aujourd'hui.
19:33Donc, voilà.
19:33Donc,
19:35on est sur un choc,
19:37mais on est dans un choc
19:39dans ce trend
19:39qui, pour moi,
19:40est clair
19:42de baisse du pétrole.
19:43Une fois que ça sera
19:44tout ça fini,
19:45oui,
19:45on aura sur le pétrole
19:4630-40 dollars le baril
19:47parce que
19:49les disciplines de l'OPEP
19:50vont éclater.
19:51La sortie des Émirats
19:53est claire
19:54de ce côté-là.
19:55Je veux dire,
19:56tant que l'OPEP
19:57tient un peu le marché,
19:58j'essaie de produire
19:58plus que les autres
19:59parce que je sais
20:00que de toute façon,
20:00il y aura trop de pétrole
20:01sous terre.
20:03Voilà.
20:04Et ça,
20:04c'est un peu
20:05ce qu'on arrive.
20:06En plus,
20:07il faut voir
20:07que cet épisode
20:08accélère encore
20:09à l'électrification.
20:10Oui,
20:11j'allais y venir
20:11sur la souveraineté européenne,
20:12bien sûr.
20:13La souveraineté européenne,
20:13l'asiatique,
20:14je veux dire,
20:15il y a un pays comme le Pakistan
20:16qui avait des problèmes
20:17d'électricité
20:18et maintenant
20:18qui est en train
20:19de s'électrifier au solaire
20:20et qui a divisé par,
20:21enfin,
20:22pas divisé par deux,
20:22qui a perdu 20%
20:24de sa déficit commercial.
20:26Voilà,
20:26on est en train
20:27d'accélérer
20:27pour des raisons stratégiques,
20:28pour des raisons économiques,
20:29on est en train
20:29d'accélérer l'électrification
20:31et donc la diminution
20:33de la demande structure
20:33et le pétrole.
20:35Thierry Leclerc,
20:37aujourd'hui,
20:37vous nous l'avez dit vous-même,
20:38aujourd'hui,
20:38vous regardez le baril
20:39de pétrole tous les jours,
20:40le scénario,
20:40c'est que dans deux ans,
20:41ce ne soit pas forcément
20:41l'indicateur principal
20:42pour prendre le pouls
20:44de l'économie.
20:45Alors,
20:45si tant est qu'on ait réussi
20:46en Europe,
20:47notamment,
20:48à électrifier peut-être
20:49un petit peu plus
20:49et aller vers plus
20:50d'énergie renouvelable,
20:51mais on va vers un scénario
20:53d'un pétrole
20:54qui ne pourrait faire
20:56plus que baisser
20:56en lien avec plus d'offres
20:58que de demandes ?
20:59Sur les deux prochaines années,
21:01on va quand même
21:01continuer de regarder
21:02le baril, clairement,
21:04ça ne va pas disparaître
21:05de l'équation
21:05puisqu'en fait,
21:08le picoil,
21:09ça fait effectivement,
21:09c'était une théorie
21:11qui était développée
21:11dans les années 70
21:12et qui prévoyait
21:14le picoil vers maintenant.
21:15Donc,
21:16en fait,
21:16dans les faits,
21:17on n'est pas si loin que ça.
21:18Néanmoins,
21:19aujourd'hui,
21:19la demande ne fait
21:21qu'augmenter
21:22à peu près un million
21:22de barils de pétrole
21:24par an.
21:25Donc,
21:25c'est la tendance
21:26ces dernières années.
21:27Donc,
21:28on n'y est pas encore
21:28complètement,
21:30mais là,
21:30on arrive vraiment
21:31à l'asymptote.
21:32Et donc,
21:32ça va devenir
21:33effectivement moins clé
21:34pour que la croissance
21:37puisse perdurer.
21:38D'accord.
21:39Donc,
21:39c'est ça la notion importante,
21:41c'est-à-dire qu'on aura
21:41toujours besoin
21:42du baril,
21:43enfin du pétrole,
21:44de barils
21:45pour fournir
21:46de l'énergie.
21:47C'est à peu près
21:4730% de l'énergie mondiale,
21:49aujourd'hui,
21:49le pétrole.
21:51Donc,
21:51on aura toujours besoin,
21:52mais ça ne sera plus,
21:53la croissance incrémentale
21:54ne sera plus grâce
21:56au baril de pétrole,
21:56elle se fera grâce
21:57à l'électrification.
21:58Donc,
21:58on va sortir de nos...
21:59puisque nous,
22:00c'est vrai que sur les marchés,
22:01on s'intéresse principalement
22:02à la croissance.
22:04Donc,
22:04l'équation,
22:05aujourd'hui,
22:06tient grâce au pétrole,
22:07elle tiendra moins
22:07dans le futur
22:08grâce au pétrole.
22:09Donc,
22:09ça sera...
22:10Oui,
22:10ça va être un peu...
22:11ça va un peu disparaître
22:12de notre champ
22:13de préoccupations.
22:14Ça fait 40 ans,
22:1550 ans que c'est dedans,
22:16enfin depuis le début
22:17des années 70,
22:18avec l'Arabie saoudite
22:19qui était sortie,
22:20justement,
22:21qui avait fait un bloqué...
22:23Voilà,
22:23le premier choc pétrolier
22:25qui avait annoncé
22:25qu'il...
22:26C'est fou,
22:27quand même,
22:28c'était il y a 50 ans,
22:29mais leur objectif,
22:31c'était de mûrir aux Etats-Unis.
22:32Aujourd'hui,
22:33ils sont quand même très proches,
22:33ces deux pays sont très proches,
22:34mais bon.
22:35Bref,
22:35les choses changent quand même.
22:36Bien sûr, oui.
22:37Mais,
22:38donc,
22:38ça fait 50 ans
22:39qu'on est face
22:39à cette question du pétrole.
22:41Je pense que,
22:42effectivement,
22:44beaucoup de pays
22:45ont intégré
22:45ce que ça soit moins
22:46en tête de gondole
22:48de leurs préoccupations
22:49et,
22:49en tout cas,
22:50quand on se projette
22:51sur les 5-10 prochaines années,
22:52ça sera certainement le cas.
22:54Je peux compléter,
22:55l'année dernière,
22:55il y a eu une guerre,
22:56parce qu'il y avait une guerre,
22:57le pétrole n'avait pas bougé,
22:58on avait dit
22:59guerre au Moyen-Orient,
22:59le pétrole ne bouge pas.
23:00Là,
23:01on a quand même
23:01le tabou absolu,
23:02la fermeture d'Hormuz,
23:03première fois même
23:04pendant la guerre Iran-Irak.
23:05Oui,
23:05c'est la crainte absolue,
23:06là,
23:06elle est présente.
23:08Elle est présente
23:08et c'est continu
23:09et l'impact est quand même limité.
23:11Donc,
23:11ça montre bien
23:11que le pétrole
23:12est en train de sortir,
23:13pour moi,
23:15de la géopolitique mondiale
23:17en partie.
23:19Benoît Pellois,
23:19alors,
23:19sans transition,
23:20mais on parlait de croissance
23:21quand on voit
23:22que la croissance américaine
23:23est portée à 75%
23:24par l'intelligence artificielle.
23:26On va sur le deuxième filier.
23:29La construction de data center.
23:30La construction de data center,
23:32effectivement.
23:33Mais,
23:33en tout cas,
23:33la thématique
23:34intelligence artificielle,
23:36est-ce que quand on est
23:37sur les marchés,
23:38finalement,
23:39on ne regarde plus
23:40que les résultats
23:42des GAFAM
23:42la semaine dernière,
23:43la publication de Palantir
23:44hier
23:45et cette thématique
23:47qui donne l'impression
23:49que si on veut aller
23:50chercher de la croissance,
23:51en fait,
23:52il faut aller sur
23:54sur ces acteurs
23:54qui arrivent encore
23:56à surprendre le marché
23:56ou les investisseurs
23:58aujourd'hui
23:58ou en tout cas
23:59les anticipations
23:59des économistes
24:00dans leur publication
24:01de résultats.
24:02Non,
24:02c'est vrai que c'est assez
24:03frappant
24:04quand on regarde
24:04cette saison
24:05des publications.
24:06C'est ça le seul sujet
24:08en réalité.
24:09On voit qu'on a
24:11plus de 80%
24:11de bonnes surprises
24:12aux Etats-Unis,
24:14c'est 50% en Europe,
24:15mais surtout,
24:16c'est la croissance
24:17qui est réalisée.
24:18Quand on regarde,
24:19on fait un peu le bilan
24:19de ces publications
24:20aux Etats-Unis,
24:20on est à plus de 25%
24:21de croissance
24:22par rapport au même trimestre
24:22l'année dernière.
24:23Avant le démarrage
24:24de la saison
24:24des publications,
24:25il était autour
24:25de 12-13%.
24:26C'est ce qui était attendu.
24:27Donc,
24:28il y a quand même
24:28un vrai mouvement
24:29et ce qui est assez intéressant,
24:31c'est que la tech
24:32joue un rôle majeur
24:33là-dedans.
24:34Quand on regarde
24:35la dynamique de révision
24:36du consensus
24:37des analystes,
24:38elle est frappante
24:39parce qu'on est quasiment
24:40sur une dynamique
24:41de sortie de récession,
24:43comme si l'économie
24:43avait significativement freiné
24:45et que derrière,
24:46les perspectives
24:47s'amélioraient très largement.
24:48Et quand on regarde
24:49ce qui est dans cette dynamique
24:51de révision en hausse,
24:52qui est significative,
24:53aujourd'hui,
24:53sur l'ensemble
24:54de l'année 2026,
24:55le consensus
24:56pour les bénéfices
24:58par action aux Etats-Unis
24:59attend à peu près
24:5920% de croissance.
25:01Il faut bien avoir en tête
25:01que début d'année,
25:02on était à 15%
25:03et c'était déjà considéré
25:04comme optimiste.
25:04On voit bien
25:05que le scénario
25:06le plus optimiste
25:06est finalement
25:07en train d'être dépassé.
25:08Et derrière,
25:09c'est cette dynamique
25:10de la tech.
25:11Sur les révisions
25:12des trois derniers mois
25:13dans ce consensus
25:14des analystes,
25:15la tech joue un rôle essentiel.
25:16Si on prend
25:17la tech hardware,
25:18on y inclut
25:19les semi-conducteurs,
25:20c'est plus de 80%
25:22de cette dynamique
25:23de révision.
25:24Si on ajoute
25:24l'effet pétrole
25:25qui profite
25:26au secteur de l'énergie,
25:27c'est l'intégralité
25:28des révisions
25:29sexuelles
25:29par ces deux secteurs.
25:30Et donc,
25:31en fait,
25:32c'est ça qui éclipse tout,
25:34notamment
25:34même la géopolitique.
25:36On l'a vu,
25:36les marchés ont essentiellement
25:37réagi à ça.
25:38Et donc,
25:39il y a cet effet
25:39de concentration
25:40où tout se concentre
25:41autour de la tech.
25:42Alors maintenant,
25:42il y a quand même
25:43une problématique
25:44sur le secteur de la tech
25:45parce qu'on voit
25:46que certains acteurs
25:47ont plus au marché
25:48dans leurs communications,
25:49dans les résultats,
25:50d'autres beaucoup moins.
25:51Alors même parfois,
25:52si on regardait juste
25:53les capex,
25:53c'était assez similaire.
25:54Donc,
25:55les investisseurs
25:55sont allés regarder autre chose.
25:56Ce n'était pas
25:56à qui investirait le plus
25:57en intelligence artificielle.
25:58C'est ça.
25:59En fait,
26:00ce n'est pas une course
26:00à qui investira le plus
26:01et qui a le plus de chances
26:03de rentabiliser
26:03ses investissements
26:04en réalité.
26:05Et c'est très important
26:06puisque le secteur de la tech,
26:07déjà depuis l'année dernière,
26:08en réalité,
26:09il est en train
26:09de changer de statut.
26:10C'est un secteur
26:10qui était un secteur
26:11de croissance,
26:12qualité,
26:12très visible.
26:13Et en fait,
26:14sur la plupart des points
26:15qui faisaient sa qualité,
26:15il se dégrade un petit peu
26:16en réalité.
26:17Il y a un peu moins
26:18de visibilité sur les profits
26:19parce que quand on fait
26:20de telles dépenses de capex,
26:21on est un peu moins sûr
26:22de ce qu'on va générer
26:22comme profit.
26:23On a une intensité
26:24capitalistique
26:25beaucoup plus importante.
26:26On achète des data centers,
26:27ce n'est pas de l'immatériel,
26:29c'est des biens
26:29tout à fait tangibles.
26:31Puis,
26:31il y a de l'endettement maintenant.
26:32On n'investit pas directement
26:33dans des producteurs d'énergie
26:34pour certains,
26:35mais...
26:35Ce qui nous semble
26:36en tout cas important,
26:37c'est qu'il commence
26:38à y avoir un peu plus
26:38de discrimination
26:44cette année,
26:44quand on prend
26:45ce qu'on appelle
26:45les hyperscalers,
26:46donc ceux qui font
26:46les dépenses,
26:47les data centers,
26:49etc.,
26:49dans leur ensemble,
26:51le free cash flow
26:52attendu par les analystes
26:53qui était la grande force
26:54de ce secteur,
26:55c'est-à-dire d'avoir
26:55plein de cash
26:56et beaucoup de visibilité
26:56sur ce cash,
26:57va passer en négatif
26:58dans l'ensemble
26:58au cours de l'année
26:59d'après les anticipations
27:00des analystes.
27:01Et donc,
27:01quand on regarde
27:02ceux qui ont été
27:03plutôt sanctionnés,
27:04c'est ceux pour lesquels
27:04ça se dégrade plus
27:05et ceux qui ont été
27:07salués par le marché
27:07malgré des capex importants
27:09comme Google,
27:10c'est ceux justement
27:11qui arrivent à limiter
27:11cette baisse
27:12de leur free cash flow
27:13d'après le consensus
27:14des analystes.
27:14Donc on voit bien
27:15qu'en gros,
27:16ceux qui vont être capables
27:17de garder cette dimension
27:18croissance, qualité,
27:19visibilité seront probablement
27:22récompensés par les marchés,
27:23parviendront à maintenir
27:24des multiples de valorisation
27:25relativement importants
27:26alors que les autres
27:26vont progressivement
27:28s'apparenter à quelque chose
27:30d'un peu plus value
27:30en réalité,
27:31avec un peu plus de dettes,
27:32un peu plus d'intensité
27:33capitalistique
27:33et donc des multiples
27:34de valorisation
27:34un peu plus modérées.
27:36Ça veut dire,
27:37Thierry Leclerc,
27:38vu le temps
27:39qui nous reste,
27:40je change la question
27:41que je voulais poser
27:42à Benoît Pell,
27:42mais on peut s'attendre
27:43à des accidents
27:44avec un tel niveau
27:45d'investissement
27:46de la part de valeurs
27:48qui en fait ne font
27:49que surprendre à la hausse
27:50quand même en matière
27:50de résultats.
27:51J'entendais tous les analystes
27:52dire ce qui est quand même
27:53impressionnant,
27:53c'est un,
27:54la progression des résultats
27:54et deux,
27:55que des entreprises aussi
27:56énormes réussissent
27:57à afficher de telles progressions.
27:59Mais en même temps,
27:59c'est vrai qu'on parle
28:00de centaines de milliards
28:01de dollars investis
28:03dans l'intelligence artificielle,
28:05la thématique
28:05de l'intelligence artificielle.
28:06Meta a notamment
28:07été particulièrement sanctionnée
28:08en bourse ?
28:09En fait,
28:10si vous vous souvenez bien,
28:11en septembre dernier,
28:12il y avait déjà eu
28:13des craintes sur le secteur
28:16et bon,
28:17finalement,
28:18oui,
28:19plus de six mois,
28:21huit mois plus tard,
28:23les craintes
28:24ne se sont pas révélées
28:25justifiées.
28:26Alors après,
28:26les craintes,
28:27ça reposait aussi
28:27sur le fait que
28:29des sociétés
28:30qu'on ne voyait jamais
28:30sur le marché du crédit
28:32allaient effectivement
28:33trouver des ressources financières.
28:35Moi,
28:36à cette époque-là,
28:36je lui ai dit
28:36que c'était plutôt
28:37une bonne décision saine.
28:38Ça ne veut pas dire
28:39qu'on était pris à la gorge.
28:40Je veux dire
28:40qu'on cherche
28:42à ce que son passif
28:43soit à peu près équilibré.
28:45Peut-être que certaines boîtes
28:46ont été un peu trop loin,
28:48un peu trop agressives,
28:49trop rapidement.
28:50Je pense à Oracle.
28:51Mais en tout cas,
28:52ce n'est pas du tout...
28:53Moi,
28:54j'avais dit...
28:55Déjà,
28:55en septembre,
28:56octobre,
28:56on se disait
28:57que ça fait deux ans
28:59que ça tire vachement.
29:01Est-ce que ce n'est pas
29:02le moment de prendre des profits ?
29:03Je lui ai dit
29:03que pour moi,
29:04la dynamique,
29:05c'est le...
29:06Si vous voulez,
29:07le marché fonctionne
29:08sur des leaderships.
29:09Le leadership,
29:10aujourd'hui,
29:10je ne vous apprends rien,
29:11c'est l'IA.
29:13Et aujourd'hui,
29:14même,
29:14ce qu'on a,
29:15c'est qu'on a
29:15plutôt une phase
29:17qui est intéressante
29:18pour le marché,
29:18c'est-à-dire
29:19où,
29:19pour le moment,
29:20c'était concentré
29:21sur quelques boîtes,
29:22très hégémoniques
29:23et iconiques.
29:25Mais aujourd'hui,
29:26c'est en train
29:27de se répandre
29:28sur le reste,
29:29pas tout le marché,
29:30mais il y a
29:30d'autres sociétés
29:31qui en bénéficient,
29:32notamment les semi-conducteurs.
29:34Les semi-conducteurs,
29:35voilà.
29:36Et on va même passer
29:37aux grands gagnants
29:38en termes de productivité
29:40de cette thématique
29:41d'agents IA,
29:42puisque ça,
29:43c'est en train
29:43de se répercuter
29:44dans l'économie.
29:45Enfin bon,
29:45bref,
29:45ça,
29:45c'est un troisième état.
29:46Donc,
29:47on est dedans.
29:49Moi,
29:50la question,
29:51pardon,
29:51c'était une réponse
29:52un peu longue,
29:52est-ce qu'il va y avoir
29:53des accidents ?
29:54C'était la première question.
29:54Oui,
29:55ce qu'il va y avoir
29:55des accidents,
29:56c'est pour ça
29:57que j'ai commencé
29:58en septembre,
29:58déjà on me disait
29:59regardez,
30:00ça sent bon l'accident.
30:01aujourd'hui,
30:02moi en tout cas,
30:03je n'en vois pas,
30:04je vois toujours
30:04des résultats qui,
30:05on est vraiment
30:06en plein dans ce qu'on appelle
30:07le beat and race,
30:08c'est-à-dire,
30:08on bat les attentes
30:09et on les monte,
30:10on monte pour le prochain,
30:12globalement,
30:13il y a quelques boîtes
30:14effectivement qui sont
30:15encore meilleures,
30:16d'autres qui sont
30:16un peu moins bonnes.
30:18On a vu Palantir hier
30:19justement qui a plutôt déçu
30:20sur la croissance à venir,
30:22même si les résultats
30:23étaient complètement exceptionnels
30:25et pulvérisés.
30:26C'est eux qui le disent.
30:28Je suis assez d'accord.
30:29Surtout,
30:29arriver à délivrer
30:30cette qualité de résultat
30:31avec top line
30:32et croissance bottom line
30:34qui est deux fois supérieure,
30:35c'est quand même remarquable
30:37ce qu'ils ont eu.
30:39Je n'ai pas de jugement
30:40de valeur plus que ça
30:40mais en tout cas,
30:42la boîte,
30:42les résultats sont
30:43vraiment très bons.
30:45Juste regardez,
30:45on était à le 8 août dernier,
30:48le PER de Palantir,
30:49c'était 245 fois.
30:51Aujourd'hui,
30:52on est à 95 fois.
30:53Alors le titre,
30:54entre temps,
30:54je pensais que le titre
30:55avait monté dans la période
30:57et je me disais
30:57on peut quand même
30:58acheter une boîte
30:59à 245 et gagner de l'argent.
31:01Non,
31:02le titre a baissé de 20%
31:03avant la séance d'aujourd'hui,
31:05donc un peu plus maintenant
31:06mais on a quand même
31:07eu un écrasement
31:08des multiples
31:09très importants.
31:10Donc oui,
31:11effectivement,
31:11la valo,
31:12à un moment,
31:13même pour des boîtes
31:13aussi qui sont un peu à part
31:16et c'est le cas,
31:18il faut quand même
31:18faire attention à la valo,
31:19je ne vous apprends rien
31:20mais ça n'a pas été non plus
31:22l'accident,
31:22vous voyez,
31:23pour une boîte
31:23qui était à 245 fois,
31:24on se dit bon,
31:25mais là,
31:25on est en pleine bulle TMT,
31:27ça va être un bain de sang,
31:29on va finir à moins 90%
31:30dans les six prochains mois,
31:31ça n'a pas été le cas.
31:33Bon,
31:33elle délivre,
31:34elle normalise sa valorisation
31:36et puis certainement,
31:37enfin,
31:37on verra bien,
31:38elle va repartir
31:40sur un bon rythme de croissance
31:41mais donc pas d'accident.
31:43Je rebondis sur ce que nous dit
31:46Thierry Leclerc,
31:46est-ce que la question
31:47sur les hyperscalers,
31:49sur la tech,
31:49c'est comment valoriser
31:51les résultats
31:52et profits exponentiels
31:53de ces boîtes-là ?
31:54Moi,
31:54je ne ferais que de remarques
31:55par rapport au résultat.
31:56Un,
31:56si on regarde Google,
31:57la surprise,
31:58la moitié,
31:58c'est la revalorisation
31:59d'Anthropic,
32:00qui n'est pas,
32:00enfin,
32:01une grosse partie,
32:01c'est la revalorisation,
32:02c'est des choses
32:03qui ne sont pas dans le business
32:04et qui sont prises
32:04pour des surprises positives.
32:06Donc ça,
32:06question.
32:07Après,
32:07si on regarde globalement
32:08qu'est-ce que c'est
32:09le SP500 aujourd'hui,
32:10c'est 700 milliards de dollars
32:11d'investissement maintenus
32:12qui sont amortis sur 15 ans
32:14et qui sont valorisés
32:15comme des profits
32:16par tous les fournisseurs
32:18et effectivement,
32:19on assiste à un élargissement
32:21de l'impact des data centers.
32:22Moi,
32:22je parle des data centers
32:23plus que de l'IA
32:24parce qu'aujourd'hui,
32:25on a Caterpillar
32:25qui fait d'excellents résultats
32:26parce qu'il est construction,
32:27on a l'énergie solaire
32:28qui alimente les choses,
32:29on a les fournisseurs
32:31de mémoire en Corée
32:32qui ainsi de suite.
32:33Je veux dire,
32:33aujourd'hui,
32:33on a 700 milliards de dollars
32:34d'investissement par an
32:36financés plus ou moins à crédit
32:38mais qui sont amortis
32:39en plus sur 15 ans
32:40et qui font des résultats
32:42immédiats
32:42pour tous les fournisseurs
32:43qui alimentent la chaîne.
32:44D'accord.
32:44Et pour moi,
32:45c'est ça aujourd'hui la réalité
32:46et la question de savoir
32:47ces 700 milliards de dollars
32:48est-ce qu'ils vont se mettre à l'intérieur
32:49et quand est-ce qu'ils vont s'arrêter ?
32:50Parce que même si,
32:52comme je crois que c'est ça
32:53le Gain Brin qui a dit
32:54de Google,
32:55je préfère risquer la banqueroute
32:56que de louper le trend.
32:58Ok ?
32:58Mais ça,
32:59on l'a déjà vu en Angleterre
33:00dans les chemins de fer,
33:00on a vu,
33:00c'est qu'à l'arrivée,
33:01vous construisez des surcapacités.
33:03D'accord.
33:04Et donc,
33:04vous n'avez pas de rentabilité
33:06qui corresponde.
33:07Donc aujourd'hui,
33:07effectivement,
33:0995 pour le construction
33:10de data center
33:11est supérieur
33:11à la construction
33:12de maisons individuelles
33:13aux Etats-Unis.
33:1475 mois, voilà.
33:15Donc on a une économie
33:16en plein boom
33:17à l'alimentaire
33:17à la fois par un déficit budgétaire
33:19mais aussi par ce déficit privé,
33:21enfin cet investissement privé.
33:23Tant que c'est financé,
33:23c'est financé.
33:25Ça fait du chiffre d'affaires
33:26pour les autres.
33:26Oui.
33:27Mais après,
33:27la question c'est
33:28comment est-ce qu'on rentabilise
33:28l'investissement
33:29pour ceux qui le font ?
33:30Il faut s'agir
33:31qu'en plus,
33:31on ne connaît pas
33:32ce qui est le sommet
33:33aujourd'hui de la pyramide
33:35en tropique avec ça
33:36et on ne connaît pas
33:37la rentabilité
33:37et on a vu des choses
33:39cette semaine
33:39sur les repricings
33:41des jetons,
33:42des tokens.
33:43On sait qu'une partie,
33:45je veux dire,
33:46l'abonnement à 20 euros
33:47par accessionnement
33:48fait par la maison
33:49lui est rentable pour eux
33:50parce qu'on consomme moins
33:51mais il y a des gens
33:52qui pour 200 dollars
33:53consomment pour entre 8 000
33:54et 15 000 dollars
33:55en jetons.
33:56Et puis on voit d'ailleurs
33:57en tropique,
33:57je crois,
33:58qui cette semaine
33:59a annoncé une joint venture
34:00avec Blackstone
34:00et Goldman Sachs
34:01justement pour aller
34:01vendre des services
34:02aux entreprises.
34:03C'est là où la bataille
34:04va jouer.
34:04Aujourd'hui,
34:05on sait que l'AI
34:05n'est pas pricée
34:07au prix de revient.
34:08Donc vous avez,
34:09parce qu'on voit
34:10les levées de 100,
34:10je vois,
34:11entrepique,
34:12c'est 50 milliards de dollars
34:12tous les 3 mois
34:15parce que c'est vendu à perte.
34:16Oui, bien sûr.
34:17Donc voilà,
34:18vous avez quelque chose
34:18qui est à perte au sommet
34:19où vous avez des investissements
34:20en 700 milliards de dollars
34:21dans les data centers
34:22et derrière,
34:23tous les gens
34:23qui fabriquent des choses
34:24pour les data centers
34:25qui se font la fête
34:26parce qu'eux,
34:27ils enregistrent
34:27le chiffre d'affaires
34:28tous les jours.
34:29Donc tant mieux
34:29pour ceux qui font
34:29de l'infra ou de l'énergie.
34:30La question,
34:31c'est est-ce qu'il y a
34:31une bulle tout en haut,
34:32c'est ça ?
34:32Combien de temps
34:33ça va durer ?
34:33Combien de temps
34:34ça va durer ?
34:35Parce qu'aujourd'hui,
34:35voilà,
34:37et quelque part,
34:38aujourd'hui,
34:38le fait que tout le monde
34:39soit en fricage
34:39ou négatif,
34:41c'est que c'est le marché
34:42obligataire qui va décider
34:44d'arrêter un jour
34:45ou pas la fête
34:46parce qu'aujourd'hui,
34:47avec des fricages
34:47ou négatifs,
34:48ils sont dépendants
34:48des financements obligataires
34:49et ce qui est une nouveauté.
34:51Est-ce que,
34:51je rebondis
34:52parce que Thierry Leclerc
34:53nous évoquait effectivement
34:55les questionnements
34:55qu'on pouvait avoir
34:56en septembre dernier
34:57sur le sujet,
34:57il y avait aussi
34:58ces questionnements
34:59qu'on avait ne serait-ce
35:00qu'au mois de janvier
35:00sur la concurrence
35:01de ces levées
35:03sur les marchés obligataires
35:04pour aller financer
35:05du coup des data centers
35:07par rapport à d'autres investissements.
35:09Est-ce que là,
35:09ces annonces de CAPEX
35:10encore à la hausse
35:11peuvent venir concurrencer
35:12des investissements souverains ?
35:15– Ça tire les obligations
35:17à la hausse,
35:17c'est clair,
35:19ça fait une source
35:19de demandes de capitaux
35:22importantes.
35:22Et pour moi,
35:23je veux dire,
35:24aujourd'hui,
35:24le fait que le marché
35:25rebondit,
35:26le rebond du marché
35:27de jeudi
35:27est lié au fait
35:28qu'on est même,
35:29on est passé à 600 milliards
35:30de dollars en 26,
35:31on est passé à 700 milliards
35:32de dollars pour les quatre.
35:34Donc, je veux dire,
35:35aujourd'hui,
35:36le marché est obnubilé
35:37par le montant
35:38de ces CAPEX data centers
35:39et c'est ce qui tient
35:40l'économie américaine.
35:42En tout cas, voilà.
35:43Et donc,
35:44tant que ça continue,
35:46le marché va tenir,
35:47il n'y a pas de problème.
35:48Le seul sujet,
35:49effectivement,
35:49c'est les amortissements.
35:51– Peut-être une dernière
35:51question pour vous,
35:52Benoît Pelloyle,
35:54il y en a un
35:54dans les GAFAM
35:55qui n'investit pas,
35:56il s'appelle Apple,
35:59et qui n'est pas sanctionné
36:00par le marché,
36:01dont on applaudit
36:02même les résultats,
36:02parce qu'ils vont plus
36:03d'iPhone que prévu
36:04et que certains modèles
36:05de ces MacBooks
36:06sont utilisés beaucoup,
36:07notamment en lien
36:08avec l'intelligence artificielle.
36:09Est-ce que finalement,
36:10la bonne stratégie,
36:11ce n'est pas de ne pas investir
36:13en intelligence artificielle
36:14et de voir où ça va
36:15avant de se positionner ?
36:16– Manifestement,
36:17leur stratégie,
36:17c'est d'essayer
36:18de conserver autant
36:19que faire se peut
36:19ce statut qui a fait
36:20leur succès,
36:21c'est-à-dire ce statut
36:22très qualité,
36:23croissance au sens qualité,
36:25c'est-à-dire très resté
36:25asset light,
36:26donc peu d'intensité
36:29capitalistique,
36:30de cultiver
36:30cette visibilité
36:31sur les revenus futurs.
36:32Alors, bien évidemment,
36:33ils se coupent peut-être
36:33aussi d'une opportunité
36:34que les autres
36:35essayent de saisir,
36:38mais vraisemblablement,
36:39c'est ce qui semble être
36:39la stratégie,
36:40c'est d'essayer
36:41de résister au maximum
36:42à ce changement de statut
36:44des valeurs de technologie,
36:45donc c'est une stratégie
36:47qui a l'air vraisemblablement
36:48de payée en l'occurrence,
36:49donc ce n'est pas du tout,
36:50effectivement,
36:51ça ressort par rapport
36:52au reste.
36:53Ça nous semble
36:54d'autant plus important,
36:55encore une fois,
36:56ce qui a fait le succès
36:57de la tech,
36:57c'est cette dimension qualité
36:58sur les revenus,
37:00et justement,
37:01quand on regarde de nouveau,
37:02on a deux,
37:03trois signes comme ça,
37:04un peu,
37:04qui soulève des questions,
37:06encore une fois,
37:06d'un point de vue macroéconomique,
37:08le poids des profits
37:09du fait de la tech,
37:10le poids des profits
37:11des sociétés américaines
37:12a rarement été aussi important
37:13dans l'économie américaine,
37:14on est sur un niveau
37:15de profit rapporté au PIB
37:16de l'ordre de 16%,
37:17on n'a jamais vu ça,
37:19or,
37:19le post-Covid
37:20et les années 50,
37:22quand on regarde
37:23les marges anticipées
37:24par le consensus
37:25et les marges se réalisent,
37:26alors elles sont toujours bonnes,
37:27mais on voit
37:28qu'il y a quand même
37:28un petit sujet
37:29qui laisse à penser
37:31qu'attention,
37:31il y a peut-être
37:32un engouement
37:32qui apparaît un peu excessif,
37:34en tout cas,
37:34ce qui nous interpelle,
37:35c'est que le marché
37:36semble s'être positionné
37:37en termes de valorisation,
37:38alors c'était un peu moins
37:38le cas que ça vient de se passer,
37:39mais dans une dynamique
37:40où on va rester durablement
37:42dans une logique
37:43de rentabilité
37:44quasi exceptionnelle
37:45par rapport
37:45au cycle économique.
37:47Rapidement,
37:47vous vouliez réagir ?
37:48Non, moi je ne dois pas avoir
37:50tout à fait les mêmes données
37:51parce que pour la big tech,
37:55hyperscaler,
37:56appelons ça comme...
37:58Moi j'ai des free cash flow
37:59et des attentes
38:00de free cash flow
38:01positives
38:01en 2026,
38:03donc le free cash flow
38:03c'est bien après les CAPEX,
38:06donc en fait,
38:07on est à zéro,
38:08pratiquement à zéro
38:09pour Meta et Amazon,
38:10mais 65 milliards de dollars
38:13par nom pour Microsoft,
38:15138 pour Apple,
38:16donc ça répond à votre question,
38:17qui ne dépenseraient
38:19que 12 milliards cette année
38:20et pour Google,
38:2327 milliards pour Google
38:25de free cash flow.
38:26Donc en fait,
38:26ce qu'on est en train de dire,
38:27c'est que c'est des boîtes
38:28qui ont des très bons business,
38:31tout simplement,
38:31si on devait se mettre
38:32autour de la table
38:33et dire tiens,
38:33qu'est-ce qu'on va faire
38:34comme business
38:34en termes de croissance,
38:35de marge,
38:36de visibilité,
38:37on arriverait certainement
38:38à peu près,
38:39pas très loin de ça
38:40et ils sont en train
38:41de réinvestir massivement.
38:42Alors oui,
38:42il y a une partie Paris
38:43parce que moi,
38:44ce que je dis aussi
38:45depuis très longtemps,
38:46on ne connaît pas les returns,
38:47on n'a pas vraiment de...
38:48Donc investir sans avoir
38:50cette métrique dans l'équation,
38:51c'est un peu compliqué,
38:52mais bon,
38:53on peut quand même dire
38:54qu'ils ne sont peut-être
38:55pas non plus complètement idiots
38:56et qu'ils savent
38:56à peu près ce qu'ils font
38:57et en tout cas,
38:58ils ne se mettent pas en danger
38:59parce que dans les années 2000,
39:01il n'y avait pas tout ce cash
39:02qui était généré en haut
39:03qui permettait d'irriguer le système.
39:06Donc là,
39:06on a quand même...
39:07Et plutôt que de racheter des actions,
39:09alors c'est bien aussi,
39:10ça fait monter le marché,
39:12mais là,
39:13on est dans une logique
39:14vraiment très capitalistique
39:15et c'est pour ça
39:17qu'on est peut-être
39:17dans un nouvel,
39:18nouveau paradisque de remarque.
39:19Gilles et après,
39:20je clôture,
39:20On vient de 400 milliards
39:22à 500 milliards
39:22de fric-achefaux,
39:23on descend à 100
39:24et avec des amortissements
39:25qui sont passés
39:26de 5 à 10 ans
39:27ou 7 ans
39:27sur des choses
39:28qui devraient être amorties
39:29sur 4 ans
39:29donc qui viennent
39:30des fric-achefaux,
39:31pas forcément
39:32le reflet de la vraie réalité.
39:34On va devoir malheureusement
39:35s'arrêter là,
39:36on aurait pu continuer le débat,
39:37on aurait dû commencer par ça
39:37tiens-même.
39:38Merci beaucoup en tout cas
39:39Benoît Pellois,
39:39merci Thierry Leclerc,
39:40merci Gilles Etchéberi-Garaï
39:42et quant à nous,
39:43on se retrouve tout de suite
39:45dans le dernier quart d'heure
39:46de Smart Bourse.
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